lundi 15 février 2010

maudit français


Quand on regarde un beigne n'y voyons nous toujours qu'un trou?

Je l'avais déjà lu cet article.

Je l'avais lu en 1984. En 1987 aussi. En 92, 93, beaucoup en 95, en 96, 98, 99, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2006, 2007, 2008, 2009, et au moins 8 fois en 2010 déjà.

Il n'y a pas assez de français.

Moi je trouve qu'il y en a trop.

Comme la minorité visible dans une entreprise qui est aussi dans le comité social et qui, chaque fois qu'il s'adresse à ses collègues, commence par "Moi, en tant qu'Égyptien...".

Ou la femme qui rapelle à tout le monde son "statut de femme", chaque fois qu'elle nous parle.

Ou le nouvel arrivant qui garde sa carte "Vous êtes racistes" dans sa poche d'en arrière pour toutes les fois où il ne sait plus quoi dire.

Cet article était écrit il y a dix ou douze ans, quand les jeux ont été attribués à Vancouver. Déjà, quelques victimes éternelles, pleines de complexes, se pratiquait à s'indigner du manque de français qu'auront les gens de B.C.

C'est très "cute" l'idée que le français soit la langue officielle des jeux Olympiques. Ça fait "concept" de relier tout ça à Pierre de Coubertin. Mais la vérité c'est que la langue française est horriblement difficile à apprendre. Presqu'autant que le chinois. Essayez deux secondes de vous mettre dans la peau de celui ou de celle qui s'attire des sourires amusés quand il n'utilise pas le bon genre en disant "La Olympic" ou "Le Meudaille". Humiliant. C'est pas tout le monde qui se plait à s'humilier comme le Québec aime le faire référendum après référendum¸.

Vous savez personnellement moi le moment qui m'a amener les larmes aux yeux lors du spectacle d'ouverture c'est ce poème du gars qui ressemblait à un membre des Barenaked Ladies. Shane Koyczan, des Territoires-du-Nord-Ouest a décrit avec merveille qui nous sommes avec des mots simples, sentis et qui étaient aussi sensibles que nous pouvons l'être au Québec.

Je ne me sens jamais Canadien. JAMAIS. Mais ce slammeur m'a ému en racontant le Canada qu'il comprenait avec des mots qui s'appliquaient autant à nous qu'à l'autre solitude. J'étais presque Canadien.

Presque.

Jusqu'au gros plan sur Stephen Harper et là aucune chance, j'étais redevenu Fleurdelysé.

C'est un ami qui m'a souligné que pendant un long moment de son poème, rien n'était sous-titré. Je n'avais pas remarqué car j'ai l'oreille qui comprend facilement l'anglais je ne lisais donc pas, j'écoutais.

C'est pas tout le monde qui comprend l'anglais semble-t-il. Même l'anglais facile.
Voilà une bonne raison d'apprendre un peu d'anglais batinsse, pas de jouer la vierge effarouchée.

Je trouve indécent de la part de gens entourés d'un océan d'anglicitude de ne pas être en mesure de comprendre un minimum d'anglais. C'est plein de mauvaise foi. Choisir de jouer la victime du méchant anglais c'est tellement rétrograde. Parce qu'on aura beau s'indigner autant qu'on peut de l'absence du français là où on croit qu'il y aurait dû en avoir on ne sera jamais plus que la mouche du coche à ce niveau.

La vraie indignation devrait se loger dans la présence des Andrei, Markov et Kostytsyn, tous deux disponibles pour leur pays aux Olympiques mais officiellement "bléssés" pour les Canadiens.

Ça, ça mérite des tonnes de huées au B.C.Coliseum.

Tout ça au fond, ça nous donne pas des raisons de plus de l'avoir notre foutu pays à nous?

2 commentaires:

famille a dit…

Le problème n'est pas le manque de français aux JO de Vancouver (ou n'importe où ailleurs au Canada). Le problème c'est que ce pays se dit bilingue simplement pour faire taire de nombreux Québécois qui n'ont besoin que de ça pour fermer les yeux sur leur métropole qui s'anglicise à un rythme renversant.

Pas de français à Vancouver? M'en fous. Mais que le Canada arrête de nous entuber en s'affirmant bilingue...

Jones a dit…

Tout à fait vrai.

Le bilinguisme est un bel écran de fumée.