dimanche 21 juillet 2019

Premiers Rencarts/ Premières Rancoeurs

Déménager est toujours un rendez-vous avec des tonnes d'ajustements.

Nouveaux repères obligent, j'ai cherché la bibliothèque la plus proche. La bibliothèque, en vieillissant, est devenu, avec le temps, un lieu où je peux passer 3 fois par semaine. Pour aller y chercher quelque chose ou pour y laisser quelque chose. Les employés sur place finissait par me parler, ce qu'ils n'étaient jamais obligé de faire puisque tout est maintenant informatisé, on s'y sert en borne libre, et certaines m'ont même suggéré des films ou demandé si j'avais aimé suivant ce que je prenais ou ramenais. J'étais un client familier. Qu'on salue lorsque croisé à l'épicerie.

J'ai donc localisé la Vievli la plus proche. Ouin...7 minutes de plus loin que l'autre l'était en voiture. Deux fois plus long. Long passage sur un rang qui ne laisse deviner que de la nature.

J'ai peiné à trouver la Vievliothèque. Il y avait bien une pharmacie, il y avait bien un poste de police...tiens! c'est dans le poste de police!...ça doit être grand! (non). C'est une cellule?

J'y suis allé un jeudi. Ça devait être ouvert jusqu'à 21h. Eh ben non! contre les heures affichées sur le net, ce qui est toujours peu étonnant, mais qui l'est davantage quand on lit dans la porte, en imprimé dans la vitre, que c'est bien ouvert, les jeudis, jusqu'à 21h. Je n'y ai tellement pas cru que j'ai fait le tour du drôle de building trois fois, cherchant une porte, même si je voyais bien que les lumières étaient toutes dans le noir à l'intérieur.

Pourquoi bibliothèque et police? Mon ancienne bibliothèque avait aussi, tout juste derrière, un poste de police ou un centre d'entraînement de la police dont le terrain partageait une clôture avec le stationnement de la bibliothèque. Le stationnement, d'ailleurs, est partagé avec le poste de police. Et les places ne se comptent pas sur 2 mains. À l'autre bibli, on en avait presque 20. Presque toujours plein en raison de la Caisse Populaire qui s'était greffée au cours des années, supprimant une bonne dizaine d'autres places. Je me suis rendu pimpant à la bibli, j'en suis reparti bredouille, frustré.

Je ne sais pas si je me mettrai dans le trouble comme je l'avais fait avec la police de mon autre bibliothèque. Pour faire plus court, J'étais passé du centre commercial tout près à la bibli, en passant par le stationnement du centre de police. Un grand fada était sorti de nulle part pour me demander ce que je faisais là. Je vais à la bibli juste là que j'avais dit. Il était grand, gras, vieux, et n'entendait pas à rire. "T'as pas le droit de passer là!" avait-il cannoné, accélérant le pas vers moi. "Pourquoi! que j'avais dit, frondeur, en accélérant le mieux vers la clôture. Vieux et gras il ne m'a jamais rattrapé (pour faire quoi? me menotter grand innocent?) et en voulant sauter la clôture, mon bermuda neuf avait accroché une tige de la clôture et fait un petit trou vers ma poche gauche. Que j'ai encore et porte encore. Toutes les filles ont copié mon style du trou depuis et ont placé le leur sur leur 2 genoux.

"Si vous voulez pas qu'on passe par là, faites vos clôtures électriques!" que je lui avait dit de l'autre côté de la clôture en direction de la Vievliothèque. La police se croit toujours tout permis, même celui d'interdire le rien. Alors que c'est le citoyen qui est vraiment libre. LIBRE! Envers et contre tous.

Ma première "date" avec ma bibli était un lapin. La bibli ne s'est pas présentée comme promise.

J'était plein de meilleur espoir pour la nouvelle épicerie, dont le passage à l'intérieur fût d'une durée franchement trop longue parce que beaucoup plus grosse que celle que je fréquentais, plus peuplée aussi, avec les mêmes tabarnaks de sacs pas ouvrables des fruits et légumes, et avec des employées beaucoup plus jeunes. Plus éternel passage parce que je ne me retrouvais pas aussi vite que dans celle que je connaissais par coeur depuis 17 ans. Pourtant la même compagnie. J'ai jamais trouvé les patates en sachet. Me suis tanné avant.

Mais j'ai été ravi de voir qu'à la caisse, on ne m'offrait que des sacs recyclables en papier brun. Chaque fois que je le demandais ailleurs, on me faisait la tête en cherchant, parfois longtemps, les dits sacs bruns. J'avais toujours l'impression de les importuner. On me faisait passer pour l'artiste parmi les gens d'affaires. Ce qui ne serait pas fou car je serai toujours cela de toute manière.

Finalement j'ai aussi été au moins 4 fois à la même quincaillerie, habitude qui ne me plaît jamais. Je n'y retournerai pas car c'est loin, et ils ne réparent pas les portes moustiquaires. Aide dont nous avons besoin.

Ce n'est jamais agréable la quincaillerie. Les employés me parlent toujours comme si je comprenais la langue de l'homme de la maison.

"Ça te prend du 3/4, si t'as un screw 7/9 vert tu devrais être capable de gosser ça"

Mon cerveau a enregistré JHYTGFR JHYGTRLI HBGTDFCVVVDE.
Rien ne peut suivre une telle pensée.

Pas vraiment de pharmacie encore, ni de nettoyeur, qui resteront peut-être les mêmes puisque l'amoureuse travaille en face des deux.

Mes ses trois premiers rendez-vous ont été un peu amers.

Des mises à jour, ça m'écoeure toujours.
Nouveau repaire. nouveaux repères nécessaires.
Calever.



samedi 20 juillet 2019

Enrichis & Réguliers

Phénomène: Fait naturel complexe pouvant faire l'objet d'expériences ou d'études scientifiques/faits (ou ensemble de faits) observé, événement anormal ou surprenant. 

Le phénomène Trump ne devrait pas nous surprendre complètement. 

Depuis quelques 10-15 ans, les Républicains ont eu une certaine intelligence assez bien calculée. Chaque candidat présidentiel qui sortait des cadres traditionnels de ce qu'avaient toujours été les politiciens ont été tassé poliment par le bonzes du parti. Mais en 2016, ce candidat 100% intolérable en tout sens, a été accepté. Et les plus de 100 000 de supporteurs de Bernie Sanders qui ont boudé le vote parce qu'Hillary avait triché sa propre candidature aux dépens d'un Sanders qui aurait dû être élu, ont fait la différence qui a fait basculer le ridicule homme en place en ce moment, au pouvoir. 

Depuis les années 70, les deux partis, Démocrates et Républicains, ont tous deux glisser vers la droite. Dans les années 80, les Démocrates ont littéralement laissé tomber la classe ouvrière. Le dernier programme vraiment progressiste, pensant à la classe ouvrière a été celui proposé par Humbert Humphrey en 1978, mais Jimmy Carter l'a refusé. Les Démocrates, depuis les années 70, seraient plutôt des Républicains modérés. 
Les Républicains ont alors versé tant dans la droite, qu'ils sont complètement sorti de l'orbite. D'importants observateurs des États-Unis ont appelé les Républicains, il y a quelques 10 ans, les radicaux insurgés. Abandonnant les règlements parlementaires, et s'accotant sur des bases constantes comme les plus grosses fortunes des États-Unis, et les chefs d'entreprises influents. C'est vers eux que George W. Bush dit amoureusement; "... Vous êtes les fortunés et le plus fortunés encore, certains vous appellent l'élite, moi je vous appelle; ma base". 

Mais la majeure partie de la population n'est ni riche et puissants, ni chefs d'entreprise. Comment allez chercher des votes?

Richard Nixon, dans les années 70, avec une stratégie sudiste, a joué la carte du racisme affiché. allant se chercher à peu près tous les votes du Sud des États-Unis. Comme le Nord, plus éduqué, avait tendance à voter en faveur du droit à l'avortement, les Républicains ont prétendu brillamment (le verbe prétendre  est important) être CONTRE l'avortement. Certains, plusieurs, le sont, mais je vous dirais que la plupart ne le sont pas. Ils font semblant. Et en faisant semblant, ramassent en même temps tous les votes des gens sous-éduqués et leurs proches qui iront voir Unplanned en salle. Et qui y croiront. C'est déjà plus de 18 millions. Du même coup, les Républicains ramassent aussi les votes religieux. Quelques millions de plus. Même si athées, ils feront croire que Dieu est à la base de tout et quelques millions cartonnent encore dans les votes. 

Reagan, George H.Bush ont tous deux dit, en début de mandat, que le gouvernement ne devait pas se mêler des vies privées et que l'avortement en le concernaient pas. Mais en cours de mandat, on leur a fait comprendre que de faire semblant, ce que Bush fils a ensuite vite fait, Trump encore plus, gagnait des millions de votes facile. 

Ils ont fait la même chose avec le droit au port d'armes. La NRA est riche et puissante. Et porter une arme aux États-Unis est dur à tolérer, mais si c'est pour vous amener au pouvoir, be it! 

Wealth & Corporate shit.
Tout ce qui entoure Donald Trump en ce moment.
Qui ose dire des choses contre "l'establishment". 
Cirque circulaire.

Rappelez vous l'école secondaire. Encore aujourd'hui. Les classes "d'enrichis" constitués de bons élèves aux bonnes notes, disons sur 11 (à l'école de ma fille, l'an dernier), il y en avait 2. De mémoire, à mon école, nous n'en avions qu'une je crois.  

2 x 30= 60
9 x 30= 270. 

Qui gagnerait dans une élection?

Et pourtant on votait tous nos présidents de niveau parmi les 60 premiers. Les États-Unis Républicains ne font plus cela. Ils visent les cancres. Car ils les savent assez nombreux pour les faire gagner.

Chaque réunion partisane, vous remarquerez, Trump dérape. Encore avant-hier. Dans la foulée de ses commentaires racistes, alors qu'il suggérait à trois femmes non blanches démocrates de "retourner d'où elles viennent" (Respectivement New York, le Michigan et le Massachussetts), il a réussi à faire crier à la foule "send her back" quand il a parlé des femmes qu'il avait agressé sur Twitter.


Travailler pour les riches et puissants, mais garder le vote des plus ignorants. Pas si facile à faire. Et pourtant, l'agent orange le réussit. 

Les Démocrates les aident beaucoup là-dedans. Le Russiagate était une cause perdue. Indétectable, Le mieux qu'on pouvait faire était de soulever un doute et c'est fait depuis longtemps. Peu importe l'influence Russe trouvée ou non, l'influence Israëlienne est très certainement beaucoup plus grande. Et personne n'a fait de chichi. 

La VRAIE interférence est le financement de campagne, soyons réalistes. L'argent achète tout. Le pouvoir d'abord. 

Et les Démocrates qui zoom-in sur une destitution...

Laissez donc le gars se noyer tout seul. Il le fait très bien.
Exposez la bête. Et les gens des États-Unis ne feront pas deux fois la même erreur. 

Si il y a plus de gens sains parmi les classes régulières.
Ce qu'il y avait dans les classes non-enrichies à l'école secondaire. 
Et qu'il y a encore c'est certain. 

vendredi 19 juillet 2019

Climats

Quand j'ai lu le livre de la victime de Roman Polanski (je vous dis pas son nom, cherchez-le, elle veut la paix de toute manière). J'ai été étonné de voir à quel point elle ne s'était jamais considérée comme victime de Polanski. Même si elle affirme qu'il a bien commis un crime.

La jeune fille avait 13 ans. Trois ans avant, avec une amie, elle jouait autour de chez elle. Un homme s'est arrêté en voiture et les as invité à monter à bord. La future victime de Polanski a tout de suite dit à son amie de déguerpir, et elle a joint l'acte à la parole. Mais son amie, elle, est restée paralysée sur place. Le vieux dégueulasse l'a kidnappée, battue et violée. La future victime de Polanski l'a appris le lendemain.

Pour elle, un viol, c'était accompagné de contraintes et de violence. Dès ses 10 ans.

Trois ans plus tard, quand elle s'est présentée chez Jack Nicholson pour la seconde session photo avec Roman Polanski, qui avait commencé à la dénuder sur pellicule dans la première session, chez Jacqueline Bisset, Roman lui a servi des qualludes et de l'alcool. Une jeune fille de 13 ans! elle a vite molli. Mais tout le reste se serait fait en douceur. Comme il n'y avait pas eu de violence, elle n'a pas compris tout de suite qu'elle était victime de viol. Elle n'avait que 13 ans. Mais elle savait que ce n'était pas normal. Qu'elle avait dit "non" à toutes ses avances. Et que la contrainte y était pour vrai. Que pouvait faire une jeune fille de 13 ans face à un homme, même chétif, de 39 ans? Sans provoquer de la violence?

Forte tout de même, elle s'est promise de ne jamais se laisser abattre dans le rôle de la victime. Ça a beaucoup joué contre elle. Elle resterait stupéfaite et déçue du monde adulte de constater que ses avocats souhaitaient qu'elle "eût souffert davantage". Qu'elle soit plus gravement "endommagée".  Elle n'était pas assez victime ce qui amenait un capital de sympathie à Roman qui disait platement "Je ne peux pas croire que j'irais en prison pour avoir fait l'amour!".

À UNE FILLE DE 13 ANS!!! Comment peut-on désirer une fille de 13 ans? C'est de l'abus absolu! Et il a altéré ses perceptions en lui faisant prendre du "Cosby special". Même en disant non, elle se retrouvait à plat ventre. 

Ça l'a humilié. Et de nos jours, elle doit s'isoler avec sa famille quand l'histoire du viol refait surface. Ce qui la place au coeur de l'histoire à chaque fois. Et l'embarrasse face à ses grands enfants. Qui savent aujourd'hui tout grâce au net. Et qui ne voient plus maman de la même manière.

Maman qui, depuis ses 13 ans, vit dans un climat différent des nôtres.

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Ce n'est pas du même ordre mais ça relève aussi de la météo intérieure.

Sue Montgomery. Vous connaissez son tourment? Il s'appelle Robert Micheal Edgar. Une sous-merde.

Edgar, un homme en besoin d'attention, a été expulsé de son église protestante il y a plus de 20 ans. Déjà, ça pue le problème. Que doit-on faire pour être expulsé pour d'une église? Faut être embarrassant en maudit. Sue Montgomery a fait la rencontre de cet homme qui faisait le pied de grue devant l'église protestante qui l'avait expulsé, criant à l'injustice. Sue était alors journaliste pour la presse écrite. Il lui a collé au cul. Parle de cette injustice lui disait-il, lui expliquant tout. Elle a vite compris que la personnalité envahissante de M.Edgar y était pour beaucoup. N'a pas jugé que son histoire valait l'imprimé. Et n'a pas raconté ce qu'il considérait comme une injustice. Ne plus avoir le droit d'être déséquilibré davantage par la religion.

Sue a été harcelée dès ce moment. Hey! tu n'as pas parlé de mon histoire! tout le temps. Sue était, elle, non seulement journaliste, mais membre de cette église protestante. Membre de ce qu'il n'était plus. Elle était la fille de l'intérieur. Qui pouvait le nourrir en nouvelles de l'intérieur ou mieux dire un mot ou deux pour lui à ceux qui le réintégreraient peut-être dans le temple religieux.  Il la harcelait.

Fatiguant mais pas encore trop grave.

En 2014, Sue a rendu publique, bien avant #MeToo, l'histoire de son grand-père à elle qui l'avait abusée sexuellement dans son enfance. Edgar, filmait les corridors des palais de justice comme si c'était son boulot. Il filmait aussi Sue, qui s'y trouvait comme chroniqueuse judiciaire. Edgar a trouvé une pirouette mentale (ou une incompréhensible excitation) à l'histoire de Miss Montgomery et l'a suivie davantage. Quand elle s'est présenté en politique, il a pris la première rangée afin de simplement la filmer. Et lui reprocher, par son blogue, sur place, ailleurs, les abus sexuels dont elle avait été victime. Jugeant qu'elle inventait une histoire si grosse que ça étoufferait la sienne à lui. Troublant.

Il l'a placé en images 17 fois sur Twitter, 6 fois sur Youtube. Le caractère obsessif devenait évident. Il la pourchassait partout et dans sa tête détraquée, il lui scandait de "se repentir" et de "s'excuser auprès de lui".

Mais de quoi? De ne pas lui accorder l'attention qu'il recherche?
Faut le voir quand les micros se tendent vers lui. Il n'est jamais plus fier. Mais les médias connaissent l'obsédé et ne diffusent assez peu ce qu'il a à raconter ou à dire. Sinon rien.

Quand Sue Montgomery l'a "croisé" dans la rue où elle habite et qu'il l'a approché pour lui parler, elle a trouvé que c'était trop. Déjà qu'elle le voyait partout et le redoutait partout. Un cauchemar prenait vie.

Elle la poursuivi. Mais, trop content d'avoir enfin une audience. Edgar a présenté fièrement ses vidéos. Et dans ceux-ci, Montgomery ne montre pas la peur qui l'envahit.

La juge a acquitté Edgar parce que Montgomery n'était pas assez victime.

Son climat intérieur n'a pas été suffisamment affiché.

Grossier et terrible.

Bien entendu, depuis hier, son équipe fait appel.   

Et Edgar doit soigner ses obsessions. Car il ne semble que poison. Pernicieux poison.

Montgomery a droit de meilleures conditions météo.

jeudi 18 juillet 2019

La Pratique de Sucker(s)

Samedi matin. On ne se doute pas encore qu'en soirée, notre soirée avec Imagine Dragons, 273 kilomètres plus loin, tombera littéralement à l'eau.

Je suis à la pratique de soccer de ma fille. En soirée, on ira rejoindre mon fils (pas vraiment, il chillera avec ses amis) et l'amoureuse au show, à Québec. Au non-show.

Dans les gradins exposés au soleil, des parents parlant de plein de choses. Le terrain est divisé en deux. Les filles de 15-16 ans pratiquent dans une moitié, des gars de 11-12 pratiquent de l'autre. Ils ne se regarderont même pas. Les adolescentes ne s'intéressent pas aux plus jeunes. Je suis le seul parent du groupe des filles "assistant" à la pratique. Je le mets entre guillemets car je lis surtout mon livre de Fanny Britt que je savoure pleinement. Tous les autres parents sont ceux liés à la pratique des gars de 11-12 ans. Ils semblent tous se connaître. Les papas dans le gradins semblent concentrés sur nos filles...

"Hey Mario! ça va? T'es sur que ça va?" Il le demande avec un accent italien. Ils sont presque tous italiens. Ils en ont le tempérament en tout cas. Il le demande vraiment. Ils se connaissent au point de vraiment vouloir savoir si il va vraiment bien ou si il fait semblant. Il marchera autour de la piste d'athlétisme qui encercle le terrain. Ce sera son semblant d'exercice. Un autre parent mâle le rejoindra. Ils marcheront ensemble autour du terrain. Ne lâchant pas souvent nos filles du regard.
Deux femmes, issues du même noyau de parents feront de même. À la marche nettement plus rapide celles-là. Leur débit de conversation est aussi beaucoup plus rapide.

"...mais depuis que j'ai eu mes enfants, la structure de mon corps a changé..."

On a beau dire qu'on identifie trop les femmes à leurs corps, elles en parlent sans cesse aussi. Pendant trois tours de terrain, elles parleront de leurs corps respectifs. Et de la chance que l'autre a, mais non, toi t'es plus comme ta soeur, mais mon père, Oh! mon père, je ne lui pardonnerai jamais ses hanches! Ils me les as donnés!

Vers le quatrième ou le cinquième tour, la conversation des femmes a pris de la vigueur. C'est que l'une des deux a commencé à parler de Francesco. Le BEAU Francesco. Et de la fois où...cette fois le ton  baisse. Car je les entends au seul endroit où se trouvent des oreilles de parents. Mais je vois bien que dans les tournants plus déserts, la conversation reprend feu et les reines du royaume des desperates housewives (que j'appelle les bienheureuses noyées) s'émoustillent définitivement en parlant du prof de gym de l'un des leurs, et de la fois où...

Les deux hommes ont pressé le pas et sont trop près. On sent les femme plus chiches de leurs commentaires sur Francesco. Si il fallait que Mars rencontre Venus! Mais justement...
Elles parlent de duperies amoureuses, mais je constate que les deux hommes font de même, et parlent de la fille de la pharmacie dans les parfums. À qui il est toujours plaisant de poser des questions. Sur sa famille surtout. Et lui faire remarquer comme celle-ci, sa famille à elle, est ennuyeuse, et comment nous, en lui parlant, on est si amusant. Charmant. Plaisant. Avec l'accent du Lac-St-Jean. Tout le monde se triche dans les conversations autour. Ironiquement Fanny Britt me parle aussi de duperies amoureuses dans son livre.

Un homme seul, qui n'en est pas à sa première course d'après sa taille sans une once de gras, court maintenant entre les deux duos. Comme on devrait toujours courir. Écouteurs sur les oreilles. Soi face à soi. Il ne marche pas, lui, il court. Il repasse donc plus souvent. Parfois entre eux, parfois autour d'eux, parfois en arrière.

"Quand il a dit que j'étais appétissante en bikini tu sais ce que j'ai fait?...je l'ai accueilli en bikini quand il est repassé chez nous, juste pour avoir les yeux sur son bas ventre!"
"Oh Non! t'as vu des ondulations sur son pantalon?"
"Chuuuuuuuuut! y était content de me voir!"
Les deux femmes rient fort.

"C'est pas que je l'aime pas...mais je la désire p'us tsé...je suis sur qu'à me désire pas plus...la fille de la pharmacie par exemple, je pas sur qu'à refuserait un cocktail..."
Les deux hommes rient fort aussi.

Ça rie fort des deux bords, mais c'est deux fins du monde.
Ado on passe d'une fin du monde à une autre, adulte, on se les réinvente.

Britt a beau me plonger en pure apesanteur, leurs conversations réelles derrière me dépriment un peu en sourdine. Toutes les trois pages que je lis, ces voix de suckers qui varient leurs popsicles.

À la fin, une des femmes lancent cette énigmatique phrase:" If you're going to have to swallow a frog, you don't want to have to look at that sucker too long!"

Rires encore. Entre femmes.

Quand la pratique se termine, les petites madames ont eu chaud.
Les petits monsieurs aussi.
Dans tous les sens du terme "chaud".

Ils ont tous des rougeurs aux joues.
Je ne les connaissais pas.
Maintenant, je sais à peu près tout.

Moi qui croyait que les deux femmes me saluaient en début de pratique pensant que j'étais un parent du club de leurs garçons.

C'était peut-être autre chose...

On filera vers Québec. Pour Imagine Dragons en soirée.
On sera plutôt charmé par Bishop Briggs. Qui jouera plus que deux chansons. Au sec. Et qui n'aura essayé de charmer que par sa voix, pas son corps. 4 de ses chansons ont maintenant fait leur chemin sur mon téléphone.
Les dragons n'auront été imaginés que le temps de 2 chansons.

Avalons des grenouilles.
Ne serais-ce que pour tenter de comprendre ce que ça veut dire.

Rajout: J'ai compris! Ça vient de Mark Twain: If you have to eat frogs, swallow  the biggest one first! dans le sens que si tu as bien des choses à faire à contrecoeur, commence par la pire...ces dames devaient parler de (re)coucher avec leurs maris.