mardi 24 avril 2018

NXVIM

Le sexe est quelque chose de fondamental dans la vie. Dans la seule confection de la vie humaine c'est une mécanique agréablement nécessaire.

Les psychologues/sexologues vous le diront, pour tous, le sexe représente d'abord l'attrait d'un corps, la réponse à un appétit qui en naît, la libération d'énergie, l'excitation, l'amour et idéalement le plaisir.

Chez les hommes, cet appétit est généralement plus vorace que chez les femmes.
Un appétit qui peut donner le vertige et provoquer bien des dérives.

Keith Ranière est né aux États-Unis d'un père publicitaire et d'une mère enseignante de danse. Vers 16 ans, la famille s'installe à Albany.

À un certain moment de sa vie, il fait la rencontre de Nancy Salzman. Et c'est avec elle qu'il co-fondera, avant ses 40 ans, ESP, un acronyme voulant représenter Executive Success Program. C'est plein de crédibilité, Salzman est une femme d'affaires respectable, qui s'y connait dans le domaine de la santé et du bien-être et qui a une respectable tête sur ses épaules.

Leur entreprise de bien-être cachait quelque chose de beaucoup plus pernicieux: un temple du sexe pour Keith Ranière. Celui-ci se ferait appeler "l'avant-gardiste", tandis que la présidente d'ESP serait appelée "Parfaite". Salzman, n'est pas que parfaite. Elle est aussi reine de l'hypnose.

Kristin Keefe, copine de coeur pendant un temps de Ranière, mère de son enfant, quittera ESP et leurs séminaires, considérant son ancien amoureux trop dangereux. Un des enseignants invité à l'entreprise de bien-être dira des élèves qu'il a rencontré qu'il avait eu l'impression de rencontrer davantage des proies de Ranière. Un homme qui semblait ne vouloir qu'assouvir ses envies de jeux et d'activité sexuelles. L'an dernier, une actrice canadienne, dans ESP depuis 2005, révélait qu'elle était incluse dans un programme secret, où les femmes marchaient nues, les yeux bandés, un crayon tatoueur près des parties génitales, afin de tatouer les initiales de Ranière et Salzman dans un rituel de soumission sexuelle.  Officiellement, la formation s'appelle la quête rationelle, voulant faciliter les développements personnels et professionnels.

Supposément (parce que dans le domaine de la manipulation, il faut être prudent) plus de 12 000 fidèles ont suivi des classes d'ESP entre 1998 et 2010. Parmi eux, Richard Branson, fondateur de Virgin et bizarranimal, l'actrice anciennement de Dynasty, Linda Evans, l'actrice de Smallville Allison Mack, une actrice de Superhero (et de Smallville, où elle a été recrutée), Kristin Kreuk et l'actrice Nicki Clyne.
Selon une enquête du magazine Forbes, dès 2003, 3700 personnes prenaient part aux programmes d'ESP, dont Sheila Johnson, co-fondatrice de Black Entertainment Television, Antonia Novello, ancienne chirurgienne nationale des États-Unis, Stephen Cooper, d'Enron, Ana Cristina Fox, fille de l'ancien président mexicain Vicente Fox et India Oxenberg, fille de l'ancienne actrice de la série Dynasty, Catherine Oxenberg.

Dès 2003, on parle de culte, de secte et de lavage de cerveau dispendieux. En effet, un séjour peut coûter jusqu'à 25 000$...par jour. Tous les membres doivent signer une entente de confidentialité sur ce qui s'y passe. On y évoque l'esprit d'une sorte de royaume. Axée sur la concentration. Le mot "gourou" tombe.

Deux soeurs Bronfman, filles du Montréalais Edgar Bronfman, Clare et Sara, ont placé 2 millions de leur fortune dans ESP, repayable en formation. Nancy Salzman et Clare Bronfman ont une ligne directe.

Les soeurs Bronfman et Keith Ranière ont ensemble co-fondé The World Ethical Foundation Consortium. Ils ont commandité la visite prévue du Dalaï Lama à Albany en 2009, Mais celle-ci a été annulée quand on a eu vent de l'implication de la douteuse entreprise NXVIM, (La Dalaï Lama ira quand même).

En octobre dernier, le New York Times publie des articles dans lesquels on parle de supervision de la part de Salzman des femmes qu'on lui présente comme des marchandises. On parle de société secrète où les membres féminins sont appelées esclaves, sont tatouées des initiales de Ranière et Salzman et doivent fournir des photos ou des vidéos d'elles, nues, si elles veulent joindre ESP.  On découvre aussi un passé de pédophilie potentielle à Ranière. Avant la fin de l'année, Emiliano Salinas, fils de l'ancien président mexicain Carlos Salinas, est identifié comme étant directeur de NXVIM, version Mexique.

En mars dernier, Ranière est arrêté sous des accusations de trafic sexuel et de travaux forcés, au Mexique et extradé au Texas.

Vendredi dernier, l'actrice Allison Mack est aussi arrêtée pour un rôle supposé de recruteuse pour NXVIM, dans le but de favoriser le trafic sexuel. On l'accuse de menaces et de chantage, entre autre chose.

Le sexe peut être la plus belle des choses.

Pas ça.

lundi 23 avril 2018

Où Est Allé Tout Ce Monde Qui Avait Que'quechose à Écouter?

Je vous ai écrit la chronique du beau-père, pro de le réno, et de moi, homme de condo, plusieurs fois.

Je ne le referai pas. Simplement vous dire, qu'après une semaine de 51 heures en 4 jours, je n'ai pas eu l'impression d'avoir de week-end avec la visite du père de ma douce. J'ai beaucoup écouté les conseils de pro de mon beau papa. Parce que c'est vrai qu'il est pro dans le domaine. Minutieux, perfectionniste, habile, patient.

Moi? désintéressé. Mais je fais l'effort de passer le marteau, tenir le westcott où poser la question qui donne l'impression d'être intéressé, même si christ que j'écouterais Pieds Nus Dans l'Aube ou Battle of the Sexes qui m'attendaient dans le sous-sol, ou je lirais ce livre que je ne trouve pas le temps de poursuivre plus loin que la 20ème page encore.

Mais justement, je l'ai écouté le beau-père. Et c'est de cela que je veux vous causer. Une chose, au souper, m'a soudainement frappé. Nous étions 5. L'amoureuse, son père, Monkee, Punkee et moi.

Et personne ne s'écoutait.

Le beau-père est à moitié sourd, il est donc à demi excusé. Un sourd ne fait pas exprès. Il n'entend pas les autres. Il ne réagit donc pas à ce que vous dites autant qu'un autre et coupe ainsi la parole facilement.

Sur ce dernier point, j'ai dû multiplier les conseils de famille pour implorer les trois autres de ne plus couper la parole aux autres (par pitié!).

Punkee et sa mère surtout. Quand nous quittons pour Québec y rencontrer famille et amis, il faut vraiment faire la recommandation de s'écouter s'il-vous-plaît! Et de ne pas couper la parole. C'est une marque de non respect titanesque selon moi. Ça peut vouloir dire un manque total d'intérêt pour ce que vous dites. Ce qui voudrait dire que je devrais couper la parole au beau-père toute la journée quand on fait des ajustements d'armoires et autres menuiseries. Mais ça dit aussi que vous n'écoutez pas ce qui se dit déjà.

Je ne coupe pas la parole. J'écoute. Même si les pentures de mon armoire, les tuyaux de mon évier ou le flextra plus ou moins bien posé dans la verrière ne m'intéressent pas du tout.

Au souper, Punkee goûtait à sa propre habituelle médecine. La pauvre ado revenait d'un séjour de trois jours à Watawinie avec l'école et elle souhaitait nous le raconter en détails. Je l'avais déjà entendu dans la voiture, j'étais donc le seul qui avait techniquement le droit de ne pas l'écouter pleinement, mais, au contraire, fût le seul à tout (ré)écouter. L'amoureuse, dès que nous sommes plus que 4, est parfaitement incontrôlable, elle perd tout repère auditif. Elle coupe absolument tout le monde. Et l'idée d'écouter quelqu'un lui raconter quelque chose est toujours dans le chemin de ce qui lui vient alors à l'esprit. L'autre tantôt, le frère d'une amie venait chercher quelque chose chez nous, et pas trois fois, elle a parlé entre 4 et 8 secondes (c'est long!) par dessus ce que l'autre disais. J'étais le troisième participant à la conversation et ne savait plus où donner de la tête.

Nous sommes appelés à devenir de plus en plus distraits et distants. Nos téléphones sont une interférence à nos conversations les plus simples. Si l'amoureuse texte ou lis quelque chose sur Facebook, impossible pour moi d'avoir une conversation dynamique comme en 1986. Faudra répéter, plusieurs fois, attendre, accepter un rythme fameusement hachuré. Oublier la conversation lorsque l'absence de rythme et d'intérêt l'aura éteinte.

Les irritants croissent.

L'amoureuse s'est rendue compte de ses viols auditifs quand notre fille s'en est plaint, mais ça ne l'a pas empêchée de nous couper la parole plusieurs autres fois aussi. Son père aussi, mais comme je vous disais, il est à moitié excusé, il est très sourd. Et n'entend parfois que sa propre voix. Peut-être que l'amoureuse, sa fille...commence à être tout aussi dure de la feuille?

Le beau-père s'est mis à raconter quelques anecdotes d'enfant haïssable de son époque, où la cruauté animale a mal passée. On aurait tous préféré ne pas avoir écouté, ou avoir coupé la parole. Ça a semblé donné envie aux autres. Mon fils à raconté lui aussi, une anecdote du même genre. Ma fille et l'amoureuse l'ont coupé en pleine narration. Je ne savais plus où donner de la tête. Le grand-père parlait aussi par dessus. C'était du bruit d'Italie.

Déjà, légèrement en vertige d'avoir entendu parler de clous #6 et de clous #8, de tournevis verts et de tournevis rouge, de vice grip et de fuck'n shit, les sons se chevauchant, combiné au verre de rouge qui me coulait dans le gosier, un bout de chanson m'a débuté dans la tête.

On a mis quelqu'un au monde, il faudrait peut-être l'écouter.

Dililoumbda

dimanche 22 avril 2018

Ma Récente France Musicale

Je suis né en 1972. Au Québec.

Mes parents ont acheté deux albums de Beau Dommage, un d'Harmonium, des 33 tours, que j'ai eu la mauvaise idée d'utiliser comme patins sur un plancher de bois ("Hein! regardez les filles comme ça glisse bien!") quand j'avais 5 ans, 33 tours que mes parents n'ont jamais remplacé après la fessée de circonstances.
(J'avais épargné un bijou familial)

Passé 1975, mes parents écoutaient peu de musique francophone. Passé la défaite référendaire de 1980, l'offre musical francophone québécoise était même très pauvre. Donc entre mes 8 ans et mes 18, la francophonie musicale devait venir d'ailleurs. La France ou les pays francophones d'Afrique ou d'ailleurs. Il y a bien eu quelques morceaux qui m'ont fait craquer, mais en général, avec un père enseignant dans une rare école anglophone de la région de Québec, parlant franglais à la maison, j'étais plus naturellement tourné vers Duran Duran, Bowie, U2, les Stones, les Beatles ou Led Zep.

Même que la musique en français m'horripilait. On y comprenait les mots. Les sens, tout de suite. Et la poésie y était souvent si pauvre, ça en était gênant. En anglais, ça nous appartenait moins. Et même si on chantait des conneries comme Rock me Amadeus ou Everybody Wang Chung tonight, on avait toujours l'excuse inconsciente que c'était étranger, qu'on avait pas à prendre la niaiserie du texte aussi personnellement.

Mais il n'y avait que moi qui me souciait du texte. "Jouis donc de la musique Jones! les mots c'est accessoire aux sons!". Oui. Parfois. Mais bon...la musique franco, ça m'est venu tard.

Depuis que je suis papa, je dirais.
Plus sage.

J'ai même quelques albums en copie CD; Biolay, Benabar, Delerm, Aznavour, Chinatown, Dumas, Gainsbourg père, fille et fils, Bashung, Leloup, les Cowboys Fringants, Vallières, Arthur H, Thomas Fersen, Higelin, Catherine Major, Peter Peter, Désilets, ouin...beaucoup finalement...

Sans explication réelle, quand je suis devenu permanent de Spotify, j'ai peu à peu bâti quelques listes de lecture, principalement francophones. Peut-être parce qu'inconsciemment je me disais que dans une bibliothèque musicale mondiale, la part francophone serait moins généreuse et que j'ai vite voulu me nourrir de la langue de Molière, Hugo et Prévert en musique.

Si bien que je me suis fait une liste Québécoise, une autre de 10 chansons signées de textes de Réjean Ducharme, mais surtout, plusieurs listes d'artistes français. Au moins 6.

Thomas Fersen
J'ai trois de ses disques, 3 de ses 4 premiers (J'ai pas Les Ronds de Carotte). Sophie Durocher déteste l'homme. Ce qui devrait être suffisant pour que j'aime Fersen. Mais c'est con, je l'adore. Cheval, papillon, oiseaux, vache, cochons, lion, la chauve-souris, cigale, puce, poisson, punaise, moucheron, un iguanodon, tous les animaux y passent chez ce nouveau Jean de la Fontaine. Sur des airs de poésie enchantée, la plume agile, le banjo habile, l'accordéon fragile, la guitare tactile, le monde de Fersen semble toujours animé et place toujours la journée sous bonne augure. Même quand il joue le valet d'un assassin, ou parle d'un vagabond heureux. Il séduit même dans l'intimidation personnelle. Dérision et précision, il me plait de toute les façons. J'ai 20 titres sur ma piste.

Vincent Delerm
J'ai aussi trois disques de Delerm. Les trois premiers.  Je vous ai déjà parlé au moins deux fois de Vinny D. Fils de gens publics (Les auteurs Phillipe et Martine Delerm (aussi illustratrice)), Vincent conjugue musique classique, name dropping et pop facile d'accès. Il peut paraître pompeux. Moi je m'en moque, sa musique, fort agréable, surtout sur les deux premiers, me touche beaucoup. Les hyperliens vous en disent assez sur lui. J'ai 12 titres sur ma liste. 9 des deux premiers albums, 3 des autres.

Arthur H
Fils de Jacques Higelin, j'ai un seul album en CD de l'auteur-compositeur interprète, peintre et illustrateur français qui a étudié au Berklee College of Music de Boston. Travaillant dans l'univers musical vers la fin des années 90, je consommais souvent au boulot ses trois premiers albums. J'ai aimé son 4ème album, mais pas assez pour suivre le suivre dans ses trois efforts suivants. L'album suivant, son 8ème, Baba Love, est l'album que j'ai. Que j'ai beaucoup aimé. Au point de me rendre au spectacle de sa tournée de promo pour celui-ci. Un fameux show. Arthur et sa bande sont de grands musiciens inspirés. C'était la seconde fois que je le voyais en show (L'autre fois dans les années 90). Même plaisir. Il a une voix grave reconnaissable parmi des milliers. Et de la musique qui flirte entre le jazz, la pop, l'électrique et la musique du monde. Il est riche à entendre. Je n'ai que 12 morceaux sur ma liste, mais je revisiterai pour l'augmenter, c'est certain. Je me rendrai surement à 20 en explorant ses autres albums.

Renaud
Je n'ai aucun album de Renaud. Mais l'ai beaucoup aimé lorsque découvert en 1985. À rebours surtout. Le Renaud de 1985 et moins me plait beaucoup. J'ai une liste de lecture de 30 titres. Seulement 8 post-1985. C'est la dernière que j'ai écoutée. Beaucoup aimé Séchan.

Alain Souchon
Je n'ai aucun album de Souchon. Je ne connaissais de Souchon que 2 morceaux de musique et 1 film. Car Alain fait aussi le comédien. J'ai écouté tous ses albums (en fait, 8) disponibles sur Spotify, au volant de mon camion, en travaillant, et en ai gardé 12 morceaux. J'ai écouté à quelques occasions. Quand je me trouvais trop agité. Souchon me calme. J'ai fait dans l'allitération pour le titre de ma liste de lecture en l'appelant Chausson, Souchon...léger. Le rose qu'on nous propose.

Léo Ferré
C'est tout récent pour Léo. Pour le plus ancien de mes artistes français. Dont j'adorais la musique et le texte de Ni Dieu, Ni Maître depuis longtemps. J'ai téléchargé Léo chante Ferré et je commence tout juste à en filtrer les morceaux qui m'intéressent vraiment. Je crois pouvoir en trouver 20 facilement pour une liste de lecture. Certains pour le rythme (sage) d'autres pour les textes. Surement. Je n'ai pas d'albums de Ferré en vrai.

De plus, écoutant exclusivement Radio-Canada (première chaîne ou Espace Musique) je n'ai jamais shazamé autant de musique française aussi intéressante que je place ensuite sur d'autres listes de lecture d'été ou d'hiver (oui, ces deux listes existent).

Aussi bien m'y faire puisque mon Plateau Mont-Royal bien aimé devient tranquillement "La petite France".

samedi 21 avril 2018

"Changement" Cubain en Trompe l'Oeil

Pour la première fois en 6 décennies, Cuba sera dirigé par quelqu'un d'autre qu'un Castro.

Raul Castro, 86 ans, avait succédé à son frère en 2006, mais celui-ci n'était jamais très loin derrière. Même malade. (Ce qu'il a toujours été diront les plus cyniques.)

Depuis 2011, Raul avait lui-même instauré une nouvelle règle d'obligation de se retirer après deux mandats. Ce qui se terminait mercredi dernier, pour lui. Et annonce un changement générationnel. Une transition majeure. Miguel Diaz-Canel était vice-président. Il a 58 depuis hier. À 43 ans, il avait été le plus jeune membre du politburo à tenir des fonctions importantes au parti communiste.

Les défis de Diaz-Canel sont importants. L'économie de Cuba est très pauvre. La dualité entre les deux monnaies, Le peso cubain et le peso convertible est une vraie plaie. Le salaire moyen, en dollars d'ici, est d'environ 30$ par mois.

Le charisme du révolutionnaire Fidel avait relativement fonctionné de 1959 à 2016. C'était le pillier du régime cubain pendant facilement 6 décennies. Mais Diaz-Canel devra se mériter le respect par de vraies performances que les Catros n'ont jamais vraiment eu à livrer. Leur nom suffisait.

Et il sera au volant d'une très petite lada...de 1959... même si il souhaite rebooster l'internet.

Diaz-Canel est un pragmatique politicien. Un représentant communiste de Villa Clara depuis les années 90. Quand Cuba a été victime d'une dépression économique importante, et prolongée, Diaz-Canel prenait son vélo pour aller travailler au lieu de prendre sa voiture ou exiger un chauffeur. Il semble confortable face aux foules, mais plus détendu et collégial auprès de petits groupes, tout comme son mentor Raul Castro.

Tout comme Fidel pour Raul. Diaz-Canel aura Raul dans son ombre en tout temps. Un bon communiste est un communiste surveillé par un autre communiste. Raul a beau avoir voté l'impossibilité de régner pendant plus de deux mandats, il restera premier secrétaire jusqu'en 2021...

Si il survit jusque là.

Ironiquement, il s'agit d'un poste plus important que celui de président puisque le premier secrétaire du parti/pays prend les décisions économiques, sociales et s'occupe des relations internationales. Que le président doit obligatoirement avaliser.

Le neo-Cuba ne le sera donc pas tant que ça.

Tout comme 1959 est encore très présente dans les rues Cubaines.
Dommage que le peuple cubain n'y soit impliqué en rien.

On veut unifier les deux monnaies, mais ce n'est pas si simple. En allant trop vite, ils s'aliéneront les vieux conservateurs du parti. En allant trop lentement, ils frustreront et enrageront la population et les réformateurs. De plus, Donald Trump a refroidi les relations avec Cuba en éliminant les réformes de l'ère Obama, qui donnait un peu d'espace pour respirer à l'embargo des États-Unis sur Cuba. Trump asphyxie.

Progressiste.

Un terme rare dans les cercles communistes.

Souhaitons du bien à ce si beau pays.

Souhaitons que son peuple se libère un jour du joug gouvernemental. 

vendredi 20 avril 2018

Missions Accomplies

Il est plus que normal de douter de la gestion générale et de l'attitude infantile de l'actuel président des États-Unis.

Il serait aussi maintenant normal de douter de la force mentale de l'ancien patron du FBI, James Comey.

Limogé par ce même président.

Enfant ayant beaucoup déménagé, il a été, malgré (surtout en raison de?) sa très grande taille, beaucoup intimidé. Il en a souffert.
C'est con, ça ne m'a pas surpris du tout. Le peu de fois qu'on l'a vu auprès de Donald Trump, j'avais l'impression d'y voir un grand fragile, intimidé par un mangeur d'homme. Les deux hommes viennent d'éducation 100% différentes. Comey a eu une vie modeste où il a marché suivant les pas de Dieu. Donald n'écoute que l'enfant en lui. L'enfant gâté, pourri qu'il a été.

Comey est en tournée de promotion afin de mousser la sortie de son autobiographie lancée cette semaine.

On l'a entendu dire que selon lui, Trump n'est pas mentalement inadéquat, mais plutôt moralement inadéquat.

Il s'agit d'une phrase absolument vide de sens.

Moralement inadéquat?

La morale de qui? Dieu? Vous savez ce qu'elle commande la morale de Dieu? :LA FOLIE!
La religion est le germe de la folie. Et le pieux James Comey serait gardien de cette morale? Il juge Donald moralement inadéquat. Oui, il est inadéquat. Mais la morale n'a rien à y voir.

Le contraste entre le longiligne Comey et le rondouillard Trump ne pouvait pas être plus clair. De purs antagonistes. Le bully rencontrait l'intimidé. Et lui demandait de lui jurer fidélité et de l'obéir au doigt et à l'oeil. Ce que Comey a refusé de promettre. Comey a fait des discours, plus jeune, où il parlait de réservoirs, se remplissant peu à peu des eaux de l'expérience, du talent et du potentiel, à coup de gros efforts. Trump patauge sans gêne dans les marais, négocie son prochain, sur des promesses plus ou moins solides, et ne se prive pas de mettre le feu au marais si l'impulsion lui en prend soudainement. Il aime la bouette.

Quand Comey conseillait les jeunes avocats, dans une ancienne vie, il leur parlait d'un réservoir de confiance et de réputations à ne jamais détruire, Trump de son côté divorçait des femmes, fuyait ses propres casinos en faillite, laissant des sans-emploi derrière, des investisseurs impayés et des banques qui lui couraient après.

Comey parle du FBI comme de l'une des entreprises les plus respectées au pays selon bien des sondages. Trump paie 25 millions afin de taire les poursuites contre la catastrophique université qu'il avait lancé. Et des centaines de milles pour taire mesdames qui ont fait de la couchette avec le toupet.

La philosophie de Comey est d'équilibrer confiance et humilité, des qualités qu'il a vues auprès de deux autres présidents sous lesquels il a travaillé: George W. Bush et Barack Obama. Trump dit pour sa part que "...pour avoir du succès, si quelqu'un te frappe, tu dois le frapper 5 fois plus fort, plus fort qu'il n'ait jamais imaginé..."

Dur de trouver plus différent l'un de l'autre. Il était normal que jamais, ces deux-là, ne se seraient ni entendu, ni compris.

Quand Donald Trump, l'intimidateur, a limogé James Comey, c'était simplement mission accomplie pour le bully.

La semaine dernière, Donald Trump a parlé de mission accomplie en faisant référence aux bombardements des États-Unis sur la Syrie en représailles à la récente attaque chimique perpétrée par le régime(ou les alliés) de Bachar Al-Assad.

Plus possible de croire ce qu'il raconte. Pas plus possible de croire ce que raconte les Russes, les Turcs ou les Iraniens sur le sujet.

Ari Flescher, ancien porte parole de George W.Bush, a dit du tweet (tribune indigne de la profession de président) de DJT se terminant par "mission accomplie", que sa recommandation aurait été de ne pas terminer le tweet sur ces deux mots.

Donny, 5 ans, a aussitôt répliqué sur Twitter que Le raid syrien a été si bien orchestré , avec tant de précision que la seule manière que les "fake news medias" ont trouvé pour le ridiculiser a été de critiquer mon utilisation du terme "mission accomplie". Je savais qu'il dirait cela, mais c'est tellement un splendide terme militaire qu'on devrait l'utiliser beaucoup plus souvent!


 5 fois plus fort, plus fort qu'il n'ait jamais imaginé.
C'est de matière à inquiéter la terre entière. Voilà un président, accusé d'avoir utilisé un terme que George W.Bush avait lui-même utilisé pour parler de la fin de combats majeurs dans le cadre de la guerre d'Irak en 2003, mais qui a plutôt donné naissance à l'État Islamique; voilà un homme dis-je,  qui souhaite qu'on le dise plus souvent, qui promet de le réutiliser et qui dira mission accomplie maintenant et toujours.

Pour n'importe quoi.

La seule mission qui sera accomplie avec satisfaction sera celle qui débarrassera ce pays, de plus en plus pauvre d'esprit, de cet imposteur dans le rôle qu'il tient en ce moment.

Si Trump avait l'intention de descendre dans les marais afin de se parodier lui-même à ce point, d'en devenir une créature inintelligible et de sortir la tête de la bouette pour en cracher de la terre cuite, c'est tout à fait mission accomplie.

Fucking accomplie. Que retiendrons les générations futures de cette bête?