mardi 18 septembre 2018

Puerto Rico Blues

Jeudi marquera le premier anniversaire du cataclysme causé par l'ouragan Maria à Puerto Rico.

Celui qu'a nié le raciste Donald Trump.

Pour rendre la chose plus insultante encore, il a réitéré  (sur fucking twitter) que le nombre des morts et les études scientifiques sur les conséquences du ravage de Maria n'étaient que le fruit de fake news. Voulant servir les intérêts de différents groupes politiques, écologiques, aux frimeurs.

À Puerto Rico, on pleure les tweets du plus stupide des présidents des États-Unis. Quelle type de cruauté animale traiterait la mort d'innocents Puertoricains et les désastres écologiques et architecturaux comme des mensonges? On estime le nombre de morts à autour de 4000.

Ce serait plus de morts que l'ouragan Katrina ou plus que le nombre de victimes des tours jumelles. Donald refuse d'accepter cela.
Les Portoricains sont principalement morts par manque d'accès aux infrastructures, maintenant démolis. Des problèmes de santé devenus urgents parce que non traités, qui ont eu raison de centaines de Portoricains dans les semaines qui ont suivi. Ces morts sont encore plus tragiques car elle étaient soignables. Elles n'étaient pas causée directement par des vagues monstres ou des édifices qui s'écroulaient. Les Portoricains mourraient parce qu'abandonnés par toute forme d'aide hospitalière. Ils sont décédés par négligence gouvernementale, un gouvernement incapable de protéger ses citoyens. La première cruauté était là. Ouf! nous avons survécu! un premier espoir. Un faux. Le foie qui faisait si mal devait être traité, mais les hopîtaux et les services de soins n'existaient plus. Et Trump n'y croit pas.

En tentant de dépeindre les Portoricains comme de faux geignards, Trump a involontairement forcé tout le monde à regarder cette partie du monde de manière différente. Les problèmes portoricains étaient plus profonds. Les administrations précédentes (Obama, Bush, Clinton) ont toujours feint de ne pas les voir les problèmes de cette petite île de 3 millions et demi d'habitants.

Donald Trump, pour sa part, ne feint rien. Il s'en calisse.
Ces gens ne sont pas blancs.

Quand Obama est passé en 2011, il a charmé les coeurs en dansant la salsa et en goûtant les mets locaux avec appétit. Plusieurs ont alors cru que le président afro-américain allait y voir dans les structures inégales est dans les politiques qui gardent le territoire hors des normes des États-Unis. Mais au contraire, quand on a présenté l'état de la dette au président des États-Unis, la disparité n'a fait que s'accentuer.
Le même président qui allait sauver les banques et les fabricants de voiture, allait aussi fermer la porte de la réserve fédérale afin de restructurer la dette, comme plusieurs observateurs le recommandait. Obama a glissé le problème sous le tapis du congrès qui a lui, choisi d'imposer une centre de contrôle fiscal qui coûterait un deux millions supplémentaires à Puerto Rico. Ce qui a forcé l'île à couper dans les services, les pensions, les salaires, tout en faisant grimper les taxes et le coût de la vie.

Le désastre était déjà bien en place avant tout ouragan.

Ce qui a inspiré une menterie à Donald qui a prétexté que l'électricité n'était déjà qu'occassionnelle, sinon manquante avant même l'ouragan meurtrier.
Plusieurs secteurs sont toujours sans électricité depuis un an.

Trump sera probablement le seul président à dire ouvertement que les morts portoricaines sont de moindre importance. Qu'ils n'ont même pas besoin d'être comptés. Mais il n'est certainement pas le seul président à penser que les Portoricains comptent moins que les gens vivant en sol Étatsuniens. Du côté républicain comme du côté démocrate, on a voté à répétition CONTRE une parité dans les services de santé, les services sociaux, les salaires, les bénéfices sociaux ou encore les droits des vétérans de la guerre.

Ces soldats pouvaient mourir sans bruit. Sans suite. Sans hommages.
Tous les Portoricains sont maintenant des vétérans.

Les horreurs de Puerto Rico ne commençaient pas avec le déni de Donald Trump. C'est plutôt 100 ans de politique colonialiste qui a créé cette économie tordue, qui rend riches quelques corrompus aux lourdes poches entre San Juan et Montana et partout entre les deux.

Et une crise migratoire qui a généré une crise d'imagination pour s'en sortir.

Le climat s'en est mêlé. Ça non plus Donald n'y croit pas, le climat.

Puerto Rico essaie de subsister.
Malgré l'outrancier mépris des États-Unis.
Dont ils sont l'enfant rejeté.
Et pas aimé.

lundi 17 septembre 2018

Sufjan, Le Matin

Je consultais mon horaire de "mood" de la journée. Ça allait comme suit:

5h38: irrité/irritable.
6h30: Apathique.
9h00: plein d'idées
10h00; Nerveux
11h30: Agacé, irrité
13h00: super ok
14h00: Discutable
15h00: terrible et apathique
16h00: you talkin' to me mo-fo?
17h00: miserable, crevé
18h00: mieux
19h00: vraiment mieux
20h00: Ouais, pas mal mieux.

Lundi normal.

Mon fils avait écouté Spotify en se couchant. Et comme on le partage, quand j'ai branché mon téléphone sur carplay dans la voiture, me rendant au boulot, la musique a repris là où il avait laissée en se couchant.

Sufjan Stevens.

Formidable chanson. D'éveil. Sexuel dans le film. Mais de simple éveil matinal aussi.

J'adore Sufjan. Il est issu d'une famille peu conventionnelle. Il a été baptisé, inspiré du nom de Abu Sufjan, un important personnage de l'histoire islamique. Ses parents étaient pauvres et marginaux. Ils lui ont offert de changer de prénom quand ils ont dégrisé, mais Sufjan n'a jamais trouvé de prénom lui convenant mieux. Et de toute manières, ses parents lui avaient avoué qu'ils n'avaient pas les sous pour un changement de nom officiel.

J'aime Sufjan parce qu'il est très versatile. Il joue absolument de tout. Se débrouille (bien que merveilleusement entouré aussi) tout seul si il le souhaite. Il joue de la guitare, du piano, du banjo, de la batterie, du hautbois, du cor anglais, de l'orgue, du synthétiseur et d'à peu près tout ce qui se joue comme instrument de musique.

Sa famille n'était pas officiellement religieuse, mais en avait beaucoup de parenté. Les allusions spirituelles ont toujours été partout chez lui. Je l'aime encore plus car ça ne parait pas beaucoup dans sa musique. Non seulement ça parait peu, mais Stevens dit qu'il ne veut pas en parler car ça relève de la conversation privée.

Il a compris la religion comme moi.

Une conversation privée.

Ce que je dirais que la grande majorité de la terre n'a pas compris encore complètement.

Quand Stevens a décidé de faire de la musique, à l'université, il y a été par thématique. Des chansons pour tous les jours de la semaine. Pour toutes les planètes (même pluton). Pour les noms. Pour les États. Je l'ai découvert par l'album Illinois. L'album rend hommage à l'histoire de cet État. Parmi les sujets dont il discute sur cet album, la hantée John Wayne Gacy. Une délicieuse chanson, tout à fait sur mes listes de lecture, mais d'un luguuuuuuuuuubre.

Sufjan chante du doux amer.

John Wayne Gacy a assassiné 26 jeunes garçons, cachant les cadavres chez lui, se déguisant en clown et en faisant beaucoup pour la communauté locale, afin de cacher le danger qu'il représentait pour la société. Il a en a tué trois autres, cachant les cadavres ailleurs. Finalement 4 nouveaux cadavres supplémentaires, cachés dans la Rivières de Des Plaines étaient les résultats de ses tristes pulsions aussi. Il a été condamné à mort en 1980, supprimé de la planète terre, 14 ans plus tard.
Le ton de la chanson de Stevens ne suggère pas l'horreur qu'il chante. Sinon peut-être le déchirant "oh my Gooooood!". Qui donne toujours le frisson. Subtil, grotesque et horrifiant.

Fameux pour mes oreilles.

Tendre empathie pour celui qui honorait non seulement les mémoires des victimes de Gacy, issu de l'Illinois, mais aussi celles de héros des États-Unis comme Good Ol'Abe ou Carl Sandburg.

Des matins bien calibrés du genre, ça donne des bonnes semaines.
La dernière qu'on annonce chaude par chez nous.

Peut-être que mon horaire d'humeur de la journée allait changer.

Bonnes doses d'équilibre dans votre semaine, terriens.

dimanche 16 septembre 2018

Poussières de Débat

Jean-François a fait rire, Manon a été plus ou moins invisible dans les échanges, ne le faisant que lorsque sollicitée ou placée sous les projecteurs, François était brouillon et Phillipe, froid.

Voilà ce que l'on a plutôt retenu du débat de la semaine dernière, dans la campagne politique Québécoise. Le 1er octobre prochain, nous aurons peut-être un premier ministre.

Quand Couillard a dit que les gens voteront sur en pensant immigration, il se trompait. Il pensait à ce, sur quoi il vise faire tomber les deux autres. Le PQ qu'il veut définitivement nous faire voir intolérant et raciste. La CAQ, même scénario.

François Legault a tenté de produire le clip de 15 secondes qui tue aux nouvelles en disant deux fois "JE NE VOUS PARDONNERAI JAMAIS D'AVOIR ABANDONNÉ NOS ENFANTS EN DIFFICULTÉS"

Ça a fait patate. Premièrement parce qu'on l'a coupé les deux fois en pleine exclamation, ce qui allait donner un clip confus aux nouvelles, mais aussi parce que l'utilisation du mot "enfant" dans la bouche des politiciens est un hameçon sur lequel on ne mord plus beaucoup.

Soyez honnêtes, vous vous en calissez de nos enfants et petits-enfants. Sinon vous auriez un oeil sur l'environnement. Le mot "Enfant" a atteint le niveau du je n'écoute plus de "Classe moyenne".

Remarquez que Lisée avait compris qu'en coupant perpétuellement ses interlocuteurs, les clips ne passeraient pas aux nouvelles non plus. Il a redonné un peu de vie au PQ.

Le Québec contrôle l'économie migratoire, mais le choix de ceux qui arrivent relève du fédéral. Ce n'est jamais Québec qui a le dernier mot là-dessus. Donc quand Legault parle de révoquer les visas de ceux qui ne réus
siraient pas le test de français ou autre "test de valeurs", il dit absolument n'importe quoi. Il a autant de valeur que la partisan du Canadien dans la foule qui dira "Charles Hudon doit patrouiller le centre de Jonathan Drouin et Brendan Gallagher".

Québec Solidaire n'a pas de mauvaises idées, mais reste fortement utopiste. Manon est restée longtemps dans le silence, peinant à s'imposer dans les cacophonies, ou choisissant de s'y soustraire, ce qui n'était pas une complète fâcheuse idée, mais le parti a besoin de beaucoup de visibilité. Outre Montréal, QS ne performe nulle part.

Tous les jours on nous annonce de nouvelles promesses. Je ne sais trop qui croit ce brouillard. La majorité?

Pour la première fois depuis des décennies, la frange entre 18 et 39 ans sera déterminante dans le résultat de l'élection. Ma génération de X aussi. Le total des votes de ses deux groupes sociétaires à lui seul fera osciller la balance.

La plupart des propositions des partis ne se sont pas tellement compliqué la vie sur la manière de faire les choses. Qu'arriverait-il à un père immigrant qui aurait échoué le soi disant test que le reste de sa famille aurait réussi? On l'expulse? bouffonnerie.

L'Ontario n'a jamais été aussi présent dans nos débats politique au Québec. Ça en était désolant. Lisée a été habile en disant qu'il ne fallait laisser l'Ontario décider des salaires de nos médecins. Habile parce qu'il a aussi évoqué le spectre du grotesque Doug Ford. Un lourd bouton d'acné sur le visage de la politique canadienne actuelle. L'association donne des frissons.

Le parti Libéral, toujours penché vers le croche, a promis de mettre en ligne la vidéo prouvant que François Legault, alors ministre de l'éducation péquiste, coupait en éducation de manière grossière. Mais la vidéo montrée ne montrera pas toute la déclaration de Legault, malhonnêteté oblige, et on a coupé la portion où Legault précise que le nombre de cadres a diminué mais pas celui des responsables des services directs aux élèves.

Manon a brillamment reviré Phillipe qui allait lui faire du mansplaining.

En somme, voici les notes, toutes personnelles, que je donnerais aux débateurs de jeudi dernier.

Docteur Phil: B-
Poker Jeff: B
Tracteur Manon: B-
Faukzayezpeur François: C+

Est-ce que ça changera vraiment nos votes?

Baaaaaaaaaaaah!

samedi 15 septembre 2018

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable****************Roxy Music de Roxy Music

Chaque mois, vers le milieu, je pige dans ma collection personnelle et vous parle zizik. Tout comme je vous parle de Cinéma (vers le début) et de Littérature (vers la fin).

Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ai tant écouté qu'ils sont composantes de mon ADN.

Par ordre de création:
Blonde on Blonde de Bob Dylan
The Idiot d'Iggy Pop
Low de David Bowie
The Unforgettable Fire de U2

B.I.B.I. c'est bibi, c'est moi.
C'est aussi la terminaison du mot habibi, qui veut dire en dialecte irakien: Je t'aime.

Musique, je t'aime.

ROXY MUSIC de ROXY MUSIC

1972. Année de grands crus.

Stairway To Heaven se solidifie comme chanson du siècle.
The Godfather donne à la mafia un calque mémorable et au cinéma un bijou inoubliable.
Le Canada bat la Russie dans La Série du Siècle dans le dernier 2 minutes du dernier match, en Russie, au hockey.
David Bowie marque son époque avec le personnage de Ziggy Stardust.
Je nais.
Le Pakistan de l'Est est rebaptisé le Bangladesh.
Richard Nixon se rend pendant 8 jours, en Chine, geste jamais posé par un président des États-Unis auparavant.
Le film d'animation érotique Fritz the Cat fait fureur dans les salles.
La marathon de Boston accepte enfin les Femmes.
Les Rolling Stones lancent en exil leur meilleur album.
5 membres du gouvernement de Richard Nixon sont surpris en train de voler dans les bureaux du comité National du Parti Démocratique dans le Watergate Hotel.
Le marxiste Salvador Allende devient premier ministre au Chili.
Le Bloody Friday fait des ravages en Irlande. Les troubles commencent peu de temps après.
Le tout premier épisode de The Price is Right est diffusé.
Aux Olympiques de Munich, le sang coule.
Atari lance le tout premier jeu video appelé Pong.
La France guillotine ses deux derniers criminels.
Roberto Clemente périt dans un accident d'avion se rendant au Nicaragua afin d'aider les survivants d'un tremblement de terre.
Dans le temps universel coordonné, on rajoute 2 secondes, ce qui fait de cette année bisextile, la plus longue depuis que le monde est monde, puisqu'une opération du genre n'a plus jamais été refaite.

Et Roxy Music lance son tout premier album.

J'ai adoré ce band. Au point de vous en avoir parlé déjà quelques fois. J'ai même dèjà placé Stranded dans cette même chronique.

Mais le vrai, et seul album réel du groupe en tant que groupe est bel et bien le premier.
Un album presque parfait.

Les autres albums de Roxy Music seront, peu à peu, des albums de Bryan Ferry, avec comme musiciens de session, le reste du band.

Le premier est un vrai travail d'équipe et reste de qualité inégalée pour les 6 gars du band.
Bryan Ferry, Brian Eno, Graham Simpson, Adam MacKay, Phil Manzanera et Paul Thompson.

Jamais plus il seront aussi soudés. Et j'oubliais, quand je vous présentais Stranded, à quel point ce premier album était riche et inspiré.

Il débute par la parfaite chanson d'introduction d'un band. Re-Make/Re-Model raconte la fois où Ferry avait changé de voiture et qu'il avait retrouvé par hasard cette même voiture, avec la même plaque d'immatriculation, en ville, une "sweetest queen I've ver seen" au volant. Ce que chantent Eno, Manzarena et MacKay en choeur, c'est le # de la plaque d'immatriculation: CPL 593H. Les choeurs et jeux de voix n'existeront presque plus dans l'oeuvre future de Roxy Music. Ça commence avec des bruits de cocktails, comme si, justement on attendait une présentation chic, c'est très rythmé, vers 3:13, guidé par la guitare de Manzarena, chaque membre du groupe fait sa présentation. Thompson commence par un roulement de batterie, puis, Simpson fait un clin d'oeil à la base aux accords de Day Tripper des Beatles. Phil torture ses cordes ensuite. Les arrangements de tout l'album seront bizarres et futuristes. MacKay débute ce qui pourrait ressembler au Valkyrie de Wagner par la suite, au sax.  Manzarena revient avec un clin d'oeil au Peter Gunn de Mancini. Eno, qui joue du synthétiseur VCS3 (appartenant à MacKay) avec des bourrasques d'oscillations toute la chanson, passe ensuite au piano, prenant la place de Ferry, pour un moment avant-gardiste. Roxy Music vient de nous être présenté. La chanson atterrit en ralentissement de ton. Accompagné des déboulis de batterie de Thompson. Parfait pastiche postmoderniste.

Ferry avait demandé à Eno de lui faire les sons qu'il imaginait de l'atterrissage lunaire (qui n'avait alors que 3 ans). Andy MacKay y ajoutera aussi de son hautbois pour faire tout aussi aérien. La première minute est très agréable. Ferry y présente son style de séducteur qu'il perfectionnera avec le temps. Eno s'amuse ce morceau jouant aussi du mellotron rappelant le violon électrique. La formation Ladytron a pris le nom de son groupe en hommage à cette chanson. Encore originale dans sa conception pour 1972. Et dont le propos semble parler de l'amour de Ferry...pour une femme robot. Sur son album suivant, il confessera sa passion...pour une poupée gonflable. Dnady freak.

La chanson suivante commence avec un guitare honky tonk mais passera par tous les tons. On reste presque country/Rolling Stones jusqu'à presque deux minutes. Ensuite quelques accords à la guitare sont relayés à MacKay au saxophone. Ferry module beaucoup sa voix sur plus de 6 minutes. Il commence assez traditionnel use du trémolo, et termine presque vampirique. MacKay brille au saxophone. Bowie a tant aimé qu'il a repris avec son band des années 90. Les choeurs font encore belle figure ici. Dans la troisième partie, la partie désespérée chantée par Ferry. Très très bon.

La chanson qui suit sera le premier single en Amérique du groupe. La chanson n'est pas de l'album original lancé en Europe, puisque composé après la sortie de celui-ci. D'ailleurs Graham Simspon, co-fondateur du groupe avec Ferry, n'est déjà plus du groupe et c'est Rik Kenton qui joue de la base sur le morceau. MacKay y joue et du saxophone et du hautbois. Manzanera avouera qu'il a tout simplement improvisé son riff à la première minute. Le titre fait référence à une peinture que l'ancien étudiant en art (Ferry) avait fait mettant en vedette un paquet de cigarettes de marque Virginia Plain.

Bryan Ferry n'a jamais caché sa fascination pour Humphrey Bogart dans Casablanca. 2HB est un clin d'oeil à Bogey, (To Humphrey Bogart). Calqué pat Eno sur le As Times Goes By du film en écho, c'est surtout MacKay qui brille encore au saxophone. Jolie ballade atypique pour clore la Face A.

La Face B débute grandiosement. The BOB, c'est l'acronyme de the Battle Of Britain. On y entend même des bruits d'artillerie militaire se déployant en territoire de guerre vers 1:54. L'intégration des différents instruments de musique y est très cinématographique. Brian Eno perfectionne son talent d'arrangeur. Les choeurs y sévissent aussi. Ça n'arrivera presque plus dans le futur du groupe. La chanson passe par plusieurs variations rhytmiques, ce qui rend le voyage sonore fascinant.

Grand romantique devant l'éternel, Ferry est aussi un fan du film Great Encounter de David Lean.  Les arrangements sont encore excentriques autour d'un doux piano, voire lugubres. La pièce est très atmosphèrique. La guitare de Manzarena plutôt macabre.

La chanson qui suit fait une utilisation des cuivres comme on le faisait dans les années 50, 60. On change de ton assez vite pour quelque chose qui ressemble à un boogie. La voix de Ferry se transforme en cri et les choeurs be-bop comme on le faisait dans les années 50-60. Assez merveilleux. Thompson se démarque à la batterie et la guitare de Manzarena nous garde dans les années 70, style Chuck Berry.

Eno arrange merveilleusement le morceau suivant. La pièce est travaillée habilement, faisant briller encore tout le monde. Comme un vrai groupe uni. Ferry y est désespéré. La première partie est une véritable porcelaine, vers 3:35 on bascule petit à petit, avec Simpson à la base et Thompson à la batterie préparant le terrain pour Mackay, qui n'a jamais lâché Ferry au hautbois et Manzanera qui expérimentera avec sa guitare comme une tempête menaçant la mer tranquille. Fameux morceau relativement sous estimé dans l'oeuvre du groupe.

L'album se termine en pure nostalgie. On pastiche le doo wop des années 50, encore avec choeurs. Paul Kimble et Andy Mackay reprennent le morceau fidèlement pour la trame sonore de l'excellent film Velvet Goldmine.

Jamais plus ce groupe ne paraîtra plus uni sur disque.

Pour amateurs de glam rock, d'art rock, de progressif, de rock, de David Bowie, d'éclectisme musical, de Brian Eno.

vendredi 14 septembre 2018

Mentir,Tricher, Voler

Pour mon père et ma mère, c'est la lie de la lie. C'est ainsi que mes soeurs et moi avons été élevés. À entendre que les trois pires vices, que le monstre à trois têtes de ce qui était source de tous les maux sur terre, l'origine de toutes les guerres, la racine de tous les traumatismes humains, la pointe de la queue du diable, avaient comme ingrédients le mensonge, la tricherie ou le vol.

Je rajouterais de nos jours, le viol.

J'ai été élevé ainsi. À entendre qu'il n'existait pas pire que le mensonge, la tricherie et le vol. Qu'ils étaient tous liés, d'une certaine manière, de la même peau siamoise. Du malsain, rien de moins.

Mon père était dangereusement pur. Voilà pourquoi on l'a rappelé au ciel en 2009, à l'âge de 62 ans. Il n'aurait pas survécu un monde qui compte Donald Trump presqu'au sommet, ni un monde conditionné par les téléphones intelligent de toute manière.

Le message a fait son chemin dans ma tête et dans mon coeur. Parce qu'il semble faire du sens, aussi.

Mentir, tricher et voler sont bien trois frères abominables avec forte insistance sur les trois dernières syllabes du mot abominable. À l'origine de bien des ombres.

Et régissant notre monde actuel.

Mentir:

Donald Trump a poussé l'absurde cette semaine jusqu'à dire qu'il ferait passer le test de détecteurs de mensonge à tout l'entourage de la Maison-Blanche afin de déterminer qui a écrit la lettre de résistance envoyée au New York Times, décriant son immaturité et sa large incompétence.

(...)

Vous imaginez? DES DÉTECTEURS DE MENSONGES! la machine surchaufferait! Il n'y aurait peut-être même peut-être pas assez d'électricité pour calibrer adéquatement toutes les fois où elle ferait du "BIP! CECI EST UN MENSONGE!".

Dans un tweet matinal, parfaitement rangeable dans la catégorie dissociation de la réalité, Donald a mentionné que L'économie est teeeeeeeeeeeeeeeeelement bonne, peut-être la meilleure situation économique de l'histoire des États-Unis (Rappelez vous; it's the economy, stupid!) Les Démocrates ne cessent de mentir comme ce n'est pas possible! Fausse tenue de livres, faux articles, faux reportages télé (...) des gens très malhonnêtes. 

Il a obligé, par ce tweet mensonger, tous les réseaux de nouvelles, écrites et parlées, à corriger ses propos toute la journée de lundi.
Non, l'économie ne va pas si bien aux États-Unis (au Canada oui, toutefois, ça le choque). L'économie était en bonne forme quand il a pris le pouvoir et c'était parce qu'Obama avait amené le pays à ce niveau. Trump a bien tenté de prendre le crédit dès son élection, mais n'a berné personne. En revanche, quand Obama a pris le pouvoir, en 2009, l'économie plantait solide partout dans le monde. On peut faire un bilan des 8 ans d'Obama, mais il est impossible de faire un réel bilan juste du président actuel qui n'a fait que 19 mois de règne.

Le seul mot à retenir de son tweet, ce matin là, était stupid.

Un mot qui lui va à merveille.

Tricher:

L'école Émile Cohl de Lyon en France, obtient beaucoup de succès avec ses élèves finissants en infographie multimédia, jeu vidéo, cinéma d'animation, bande dessinée, illustration, dessin de presse, arts graphiques.

Elle a tant de succès qu'elle compte ouvrir des succursales en Amérique. Plus précisément, aux États-Unis. Elle a donc préparé sa campagne marketing qui incluait une photo de finissants.  Mais voilà, ils ont constaté que leurs photos de finissants d'offrait AUCUNE diversité culturelle dans la classe de 2017. Du moins, rien de visible.

Geste tout à fait représentatif de notre triste époque, ils ont fait usage de photoshop et ont coloré certains visages. Pour les fonçir et faire croire à quelques gens à la peau noire ou marocaine.

Bien entendu, les élèves se sont reconnus. Ou au contraire, ne se sont PAS reconnus. "Désolé, je ne suis pas noir" ont dit certains. "Retirez cette photo honteuse" ont hurlé d'autres.

L'école a bien retiré mais a pris les gens pour des imbéciles en spécifiant qu'ils ont fait affaire avec une tierce partie qui avait pris une très mauvaise initiative, et qu'ils cessaient de faire avec eux. Ce qui est faux. Cette tierce partie n'a pas de nom. Normale puisqu'elle n'existe pas.

Ils ont poussé l'odieux jusqu'à dire qu'ils ne savaient pas, et que le fournisseur de services les avaient leurrés. Ils ont feint la stupeur et, à l'insu de leur plein gré, tout ça leur est arrivé.

Je souhaite peu de succès à cette école. Partout.

Voler:

Prière de ne JAMAIS faire d'infection de la vessie (ce n'est pas mon cas).

Une compagnie parmaceutique des États-Unis, Nostrum Pharmaceutical, fabrique, entre autre chose,un médicament traitant les infections de la vessie. Il s'agit d'un médicament qui a été breveté en 1953. Il ne s'agit pas d'une percée médecinale. Il n'existe toutefois que 2 compagnies qui font ce médicament sur la planète terre. Nostrum s'en est aperçu. Ils ont fait passer le flacon traitant la maladie, de 475$ à 2400$, la semaine dernière.

Une augmentation de 400%.

Tout comme l'essence nous tient par les couilles, les médicaments nous tiennent par cette drôle d'idée de vouloir vivre sainement. Se soigner, c'est choisir de vivre.

Nostrum Pharmaceutical propose la souffrance par manque de fonds. PIRE, ils expliquent cette augmentation par "devoir moral" envers...les actionnaires de la compagnie.

...devoir moral...

Envers la business et non envers celui ou celle qui pourrait crever.

Belle planète que vous me faites fréquenter.

Belle planète.