mercredi 15 août 2018

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable********************Mon Homesick Heart des Hay Babies

Chaque mois, vers le milieu, comme je le fais pour le cinéma (dans les 10 premiers jours) et pour la littérature (dans les 10 derniers), je vous parle d'un disque qui m'a particulièrement touché et je tente de vous le décortiquer.

Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ai écouté si souvent que je les connais pas coeur, note par note, monosyllables par monosyllables. Ces musiques et mots sont composantes de mon ADN.

Par ordre de création:
"Blonde on Blonde" de Bob Dylan
"The Idiot" d'Iggy Pop
"Low" de David Bowie
"The Unforgettable Fire" de U2

B.I.B.I. c'est bibi, moi. C'est aussi la terminaison du mot Habibi qui, en dialecte irakien, veut dire "je t'aime".

Musique, je t'aime.

MON HOMESICK HEART des HAY BABIES

Nous sommes allés passer nos vacances au Nouveau-Brunswick avec des amis, ET chez des amis. Nous nous sommes créé de nouveaux amis aussi. Parlant tous le chiac. Je connaissais une seule chanson du band composé de trois filles du coin: Les Hay Babies. C'est encore ma préférée. Et pas la version de l'album. Celle tricotée pour le compte du poste de télé TFO, division Nouveau-Brunswick. Dont le clip a été tourné dans notre splendide hiver. Vers 1:09, ce qui est joué au ukulélé par Katherine Noel dans le clip est plutôt joué aux claviers/orgue. Qui n'est pas mauvais non plus, mais pas mieux, selon moi.

J'ai acheté ce qui sera fort probablement mon dernier cd à vie* comme souvenir de ces vacances. Je ne l'ai jamais regretté il vit sa première année complète dans ma voiture.

Katherine Noel, Viviane Roy et Julie Aubé ont toutes été concurrentes et lauréates du concours L'Accro de la chanson, organisé par la fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick entre 2009 et 2010. Elles sont toutes trois auteures, compositrices, arrangeuses, interprètes. Katherine est la grande blonde (dans le clip plus haut, car sa vraie couleur de cheveux serait brun/roux) et joue principalement du ukulélé. Ses compositions sont souvent les plus douces. Julie Aubé est tatouée des (belles) cuisses et joue du banjo. Viviane Roy a des traits autochtones et joue de la guitare. Les trois composent et chantent.

En 2012, elles lancent un mini-album de 6 titres indie-folk. 4 en français, 2 en anglais. On apprend un peu à composer ensemble. On donne des spectacles dans les Maritimes, au Québec, en France, en Suisse, en Allemagne et en Belgique. La drôle de langue ne cesse jamais de charmer. En 2013, elles remportent la 17ème édition du concours musical des Francouvertes Québécoises. Avec 6 prix cette année-là, dont le prix de la SOCAN pour leur morceau Obsédée, à la remise des prix music du Nouveau-Brunswick, elles ne passent plus inaperçues.
Kat

L'année suivante, elles lancent leur premier album. Celui que je vous présente. Un amour d'album. Dont je ne me lasse pas.

Je suis tour à tour tombé amoureux des trois. Et de leur son.

Il s'ouvre sur une composition du trio. Une xième composition sur Bonnie & Clyde me direz vous? peu importe, la basse me fait tout simplement vibrer dans cette chanson, de bout en bout. Je surjoue la partition de basse mentalement (à voix haute quand je suis seul en voiture). Le texte est assez formidable, "je cours mieux, avec mes chaînes!" et Julie Aubé y pousse sa voix avec intensité. On croit en la vagabonde. Sexy.
Dju

Le second morceau est aussi une composition à trois. Rigolote dans ses propos simples, la chanson est aussi très rythmée. Et parle de leur voiture de tournée qui tombait en morceau. En toute humilité.

Une troisième composition à trois mais si la première était guidée par Aubé, la seconde plus amalgamée en trois, celle-là est principalement guidée par Viviane Roy, dont le projet en parallèle la rebaptise Laura Sauvage. Viviane créé beaucoup et doit libérer ce trop plein créatif quelque part. Sous le pseudonyme de Laura Sauvage, entre 2015 et 2017, elle a lancé trois albums. Exclusivement en anglais. Plus politisé aussi. Fort intéressant (Laura Sauvage).
Viv

Une première ballade, celle-là signée principalement Julie Aubé.  Le désespoir de Julie est particulièrement touchant. Elle semble toujours dans un cul-de-sac sentimental.

Katherine prend le lead du morceau suivant. C'est la première duquel je suis tombé amoureux. Par l'oeil. Doux, froid, et chaud en même temps. Par le son, elle me plait ici, aussi.

Viviane est à la proue de Des Fois J'me Demande. Je l'ai vue chanter ce morceau en spectacle. Roy est actuellement ma préférée du trio."Overdose de dopamine, overdose de dopamine". La chanson a une petite touche country qui n'aurait pas déplu à mon défunt padre. Elle reste accrochée en tête.

Les Hay Babies chantent aussi en anglais. Salsa Sea est partagée à la voix, dans l'ordre, par Noel, Roy et Aubé. Ce morceau est signé Viviane Roy et François Lafontaine. Ce dernier a aussi réalisé l'album.

Neguac & Back est mon morceau préféré du groupe. Je vous l'ai dit plus haut. Aubé a signé un morceau tendre pour une région, Neguac, qui aurait aussi pu être Rogersville, Memramcook ou surtout Dalhousie and back. Chanson dédiée, à tous les beaux villages acadiens, qui fleurissent et ceux qui ont vu de meilleurs jours. Chaque fois qu'elles jouent cette chanson, elles le font avec le coeur gros et beaucoup de fierté. On sent cette bouleversante émotion. Pour toute les longue drives.

La chanson qui suit est signée Kat Noel. La fille, grande trop longtemps, nous chante le coeur sur la main, une ballade tristounette, mais fort agréable. La dernière ligne est un bijou de chiac.

La chanson titre est un gentil morceau instrumental composé par François Lafontaine. Très doux. Très aérien. Fort intéressant.

Viviane Roy est aussi capable de douceur. Elle ferme le disque avec un très joli morceau. Spleen sympathique. C'est vraiment ma préférée créatrice du trio.

Le trio s'est accordé une pause, Dju & Kat se partant une boutique vintage au NB tandis que Viv a déménagé à Pretty-Montreal.

C'est aujourd'hui la fête nationale des Acadiens.

Une HUGE fête.











*Parce que Spotify

mardi 14 août 2018

Laurel & Hardy

Arthur Stanley Jefferson est né à Ulevston, dans le Lancashire, en Angleterre, (aujourd'hui Cumbria) en juin 1890. Son père est alors important entrepreneur et homme de théâtre en Angleterre et en Écosse. Sa femme, mère de Stan, aussi. À 16 ans, il est déjà sur scène dans les théâtres de son père, à Glasgow. Il se spécialise dans les pantomimes durant la période des fêtes. En 1909, il est sous la direction du meilleur impressario en comédie de son pays, Fred Karno. Il dira qu'il lui doit tout. Il est stagiaire pour Charlie Chaplin.

En 1912, avec la troupe de théâtre de Karno, il part en tournée aux États-Unis. Et ne reviendra plus. Il y prendra racine. Vers 1917, on le paire sur scène avec l'actrice Mae Dahlberg, puis sur film. Ils deviennent vite amoureux, ne se marieront jamais, mais seront exclusifs l'un à l'autre toute leurs vies. C'est en travaillant avec elle qu'il change son nom pour Stan Laurel et le fera même légalement changer, en 1931. Il joint la compagnie de films de Hal Roach. Son épouse est exigeante et demande à jouer aussi dans ses films. Certains réalisateurs la paie pour qu'elle reste loin des plateaux. Entre le printemps 1925 et l'automne 1926, il tourne dans pas moins de 22 films. Il fera au moins une cinquantaine de films avant de tourner une seule fois avec Oliver Hardy.

Oliver Hardy est né à Harlem, pas celui de New York, celui de Georgie, dans le Sud, en 1892. Grand et fait fort, à la fin de l'adolescence, il est déjà populaire comme chanteur. Il gère aussi partiellement un cinéma dont sa mère a financé l'achat, à Milledgeville. On le surnomme alors "Babe", Babe Hardy.
Il travaillera à tous les métiers de plateau avant de passer devant la caméra. C'est à cette époque qu'il épouse Madelyn Saloshin. En raison de son impressionnant physique, on fait passer le script-éditeur qu'il est alors, devant la caméra, en 1914. Il sera crédité dans tous ses premiers films Babe Hardy. Entre 1914 et 1917, il tourne dans pas moins de 177 courts-métrages. Il joue les bons, les méchants, les comiques, les femmes, on le demande beaucoup, souvent pour inspirer le rire. Des 250 films qu'il tourne avant de se jumeler à Stan Laurel, près de 150 sont depuis disparus. Lors du premier grand conflit mondial, on le rejette parce qu'il est trop gros et pas assez en forme, malgré sa grande taille (6 pieds 1). Tournant en Floride, l'industrie s'effondre pendant la Première Grande Guerre, sa femme et lui mettent alors le cap sur la Californie. Pour de nouvelles opportunités.

Stan & Oliver (nouvelle carrière, nouveau nom) seront d'un même film, mais pas comme duo comique. Ce ne sera que 5 ans plus tard  qu'ils signent tous les deux dans la même compagnie de films (celle d'Hal Roach) et qu'on paire le grand et rond Oliver Hardy avec le longiligne Stan Laurel. Qui parait beaucoup plus petit parce que plus mince. Même si il est, en fait, de taille normale. Ils travailleront pour Roach pendant plus de 20 ans. Stan écrit, parfois réalise, trouve la plupart des idées, et endosse le rôle du malhabile et immature gentleman, pleurant souvent, et Ollie endosse le rôle de l'intimidateur, tout aussi malhabile, plus caractériel,voire colérique, impatient, bourru, qui s'en prend parfois à Laurel.
Entre 1927 et 1950, ils feront ensemble, en duo comique, 32 courts-métrages silencieux, 40 courts-métrages sonores et 23 longs-métrages. En plus de participer à 12 autres dans des caméos.

À partir de 1944, ils feront des tournées sur scène et se retirent officiellement en 1950, car la santé de Hardy le suggère fortement.

En effet, lors de leur dernier film, ils ont tous deux été très malades et ils doivent prendre une pause. En 1954, Stan Laurel est victime d'un accident vasculaire cérébral et est forcé à la convalescence. La même année, Oliver Hardy est victime d'une crise cardiaque. Ils ont respectivement 64 et 62 ans. Si Stan s'en remet, Oliver ne s'en remettra jamais complètement. Il passe plusieurs mois au lit, incapable de parler. Il doit perdre 150 livres. Mais c'est beaucoup demander à son coeur. Comme il ne ressemble plus vraiment, grand toujours, mais maintenant mince, un retour avec Laurel semble impossible. En 1957, Hardy est victime de deux autres crises cardiaques, dont la dernière le laisse dans un coma dont il ne réveillera jamais.

Oliver Hardy meurt d'un thrombus cérébral le 7 août 1957, il a 65 ans.

Laurel, jumeau siamois, ne s'en remettra jamais de perdre son ami Babe. Il tombe si malade qu'il ne pourra assister à ses funérailles. Pendant ses 8 ans de "veuvage", il se garde assez secret, ne se montrant que rarement en public, cultivant son chagrin discrètement. Il refuse toute invitation dans des films ou ailleurs. En revanche, il répond personnellement à tous les courriers de fans qu'il reçoit. Ceux-ci sont étonnés de l'appeler et de l'entendre répondre au téléphone et causer avec eux. Il reçoit même des fans chez lui. Comme Jerry Lewis ou Dick Van Dyke.

Le 19 février 1965, il est victime d'une crise cardiaque, 4 jours plus tard, il décède, à 74 ans.

On ira peut-être voir la pièce de théâtre mettant en vedette André Robitaille et Louis Champagne dans les rôles de Stan Laurel & Oliver Hardy, à L'Assomption, cette semaine.

lundi 13 août 2018

Élections de Mi-Mandat Aux États-Unis

Que se passera-t-il aux élections de mi-mandat aux États-Unis?

Que sont les élections de mi-mandats?

Les élections de mi-mandat ont lieues à la moitié de la durée d'une présidence Étatsunienne, donc aux deux ans. Le mardi suivant le premier lundi de novembre. La dernière élection du genre a eue lieue le 4 novembre 2014. La prochaine, sera le 6.

Les élections ne destituent pas le président en place. À moins qu'une procédure en ce sens n'ait été enclenchée. Mais encore. J'y reviendrai plus loin.

Les élections de mi-mandat jouent avec l'équilibre décisionnel et le pouvoir en place. L'ensemble des 435 sièges de la Chambre des Représentants du Congrès, ainsi que les 100 sièges du Sénat, sont renouvelés (ou pas). Ils sont mis en jeu.

Les élections restent importantes pour le président car le résultat déterminera sa capacité de pouvoir appliquer ses décisions à lui. Son parti peut, et plus souvent qu'autrement le devient, tomber minoritaire, et ne peut plus, pour les deux ans restants, faire quoi que ce soit sans consulter des représentants et des sénateurs de l'autre camp, qui ne chantent pas le même air que vous, presque tout le temps. Par air partisan ou par simple trait de personnalité, croyance, intérêt personnel ou peu importe. Faut consulter tout le temps. Pour chaque décision d'un programme.
Depuis 1910, la première année d'existence de ce système, le parti représenté à la Maison-Blanche a presque toujours perdu des sièges d'élus au Congrès et au Sénat à la mi-mandat.

En début de mandat, le parti du président élu (Wilson au Sénat, F.Roosevelt, JFK au Sénat, Nixon au Sénat) est quelques fois majoritaire, mais la déception populaire s'installe dans les deux premières années et fait tomber les sièges. Deux moments particuliers sont à noter:

1998: Bill Clinton.
Une procédure de destitution est présentée contre le président par les Républicains car il aurait menti en disant au Congrès sur sa relation avec Monica Lewinsky, Mais l'affaire de moeurs tombe à plat, le public n'en veut pas tant que ça à Bill, la procédure se retourne contre les Républicains. Les Démocrates obtiennent le contrôle du congrès par 5 sièges et le Sénat reste bipartisan à 50/50. 

2002: George W. Bush
Bien que le président soit l'un des moins aimé de l'histoire du pays, les attaques du 11 septembre 2001 éveillent un fort sentiment de patriotisme aux États-Unis. Les faucons autour de Bush trouveront écho à leur envie de vengeance, il sera voté président des États-Unis dans une confusion dirigée en faveur des Républicains en Floride, et le Congrès sera majoritaire par 8 sièges, et au Sénat par 2. Mais perdra 38 sièges au Congrès et 8 autres au Sénat, la fois suivante. Parce que Bush et son administration ne sont pas tellement bons. Ils paraissent moins pires de nos jours toutefois...

Le même jour que le 6 novembre prochain, 36 des 50 États fédérés organisent des élections de leurs propres représentants. Sur le modèle fédéral, ils élisent des gouverneurs investis du pouvoir exécutif de leur État.  34 États pour un mandat de 4 ans, Le Vermont et le New Hampshire pour 2 ans. Ces deux-là, lors d'années d'élections présidentielles, refont le même manège.

Étrangement, lors d'une fin de décénnie, on triche on procède au Gerrymandering. Un redécoupage électoral en faveur du parti perdant depuis quelques années. Ainsi, lors de l'élection de mi-mandat de Barack Obama, en 2010, les Républicains redessinnent la carte électorale en leur faveur, menant à l'horreur du 8 novembre 2016.

Présentement, le Congrès est occupé à 49% par les Démocrates ou les Indépendants (il y en 2), et à 51% en faveur des Républicains. Les chiffres pour le Sénat sont identiques. 49%, 51%.
On s'attend à ce que ça bouge en novembre.

Que se passera-t-il  exactement le 6 novembre prochain?

On ne sait pas précisément. Mais depuis toujours, ça bouge. Les élections récentes dans certaines régions laissent croire à bien de surprises potentielles. Les élections aux États-Unis n'offrent que cela depuis 2 ans.

Mais à moins qu'un processus de destitution ne soit enclenché, (pour avoir menti? ça semble maintenant si risible!) Donald J. Trump restera président.

Au moment d'écrire ceci, 48% de la population souhaiterait un Congrès contrôlé par des Démocrates.
42% le contraire.

Tout ça, restera à voir. Dans trois mois.

Pendant ce temps, le con en chef décomplexe les empoisonneurs de raison.

dimanche 12 août 2018

Vidiadhar Sujarprasad Naipaul (1932-2018)

Dans les 1880, la famille Naipaul quitte l'Inde afin de devenir ouvriers laboureurs à Trinidad-et-Tobago, dans les Caraïbes. Papa Naipaul y naît et sera journaliste au Guardian de Trinidad. Le premier d'origine indienne.

En 1932, Vidiadhar naît. Fréquentant une école britanno-caraïbienne, il aura le luxe de choisir Oxford comme université. C'est là qu'il s'essaie pour la première fois à l'écriture, mais ne se fait aucunement confiance. À 20 ans, il choisit impulsivement de voyager en Espagne. Il dépensera tout ce qu'il possède, et appellera ce voyage une dépression nerveuse. 30 ans plus tard, il parlera de maladie mentale.

Il fait la rencontre de Patricia Ann Hale, une étudiante avec lui, blanche, et elle l'encourage à écrire. Elle sera l'important équilibre de sa direction de carrière. Ils graduent tous les deux en 1953. Année ou "Vido" perd son père. Il fera de menus boulots et empruntera de l'argent à la famille de son amoureuse pour survivre.

Le couple emménage à Londres et en décembre 1954, le couple est marié. Naipaul se déniche un emploi comme écrivain à la radio de téléthéâtres. Son premier effort radio sera inspiré d'un voisin qu'il a connu, enfant. Ça connait un bon succès. Assez pour attirer une éditrice qui voudra le présenter à son patron. Celui-ci n'est pas convaincu que des nouvelles d'un auteur inconnu des Caraïbes vendrait bien, et l'encourage à écrire un roman. Naipaul écrit alors The Mystic Masseur en 1955. Il retourne vivre à Trinidad et compose alors quelques sketches humoristiques inspirés de son voyage en bateau jusque là-bas. Ça servira d'inspiration pour son second effort. En travaillant comme assistant éditeur pour une compagnie de ciment, il en fera le décor de son cinquième livre.  Il sera critique littéraire de 1957 à 1961. Il gagne un prix littéraire, devient le premier non-européen à le faire pour ce prix, pour son tout premier roman. Il lance en 1959 son troisième roman, pour lequel il est aussi récompensé, puis puise dans ses souvenirs d'enfance pour son quatrième. Inspiré de son père qui rêvait lui-même d'être écrivain.

Il passe 5 mois en voyage en Guyanne Britannique, au Suriname, en Martinique et en Jamaïque. Il en tirera son premier livre de voyage. Il publiera 16 livres de non fiction du genre entre 1962 et 2010.

En 1962, il voyage avec son amoureuse chez ses ancêtres en Inde et reste déçu et inconfortable de l'expérience. Il y décrochera toutefois un job de correspondant Indien à Londres. Cette fois, il est assez connu pour qu'on publie un recueil de ses nouvelles, et il le fera en 1967. La même année, il publie aussi, un autre roman. Pour la première fois, l'humour n'est pas à l'avant-plan. La narration est aussi non chronologique. Le langage est élusif et ironique. Dense et obscur. Croise fiction et non fiction. Il y explore le sexe directement aussi pour la première fois.
Encore incapable de vivre de la vente de ses livres, son épouse enseigne pour que le couple joigne les deux bouts. Le succès est critique, mais peu populaire. Antonia Fraser, femme du politicien britannique Hugh Fraser, sera leur mécène. Elle leur fait rencontrer les bonnes personnes

Dans un voyage au Kenya, où le couple passait par l'Ouganda et le district du Kisoro, près du Rwanda et du Congo, Naipaul y puisera l'inspiration (en Tanzanie surtout) au contact de Paul Théroux, pour sa 8ème fiction. In a Free State gagnera le Booker Prize.

Il resitue sa narration dans les Caraïbes pour sa 9ème fiction en 1974. Sa 10ème fiction marquera ses débuts à explorer les traditions historiques des premiers arrivants quelque part, cessant progressivement les explorations du "nouveau monde".  En 1987, il publie un titre qui a probablement inspiré Dany Laferrière. Entre 1994 et 2004, il publie 4 autres fictions.

Il couvrira la convention Républicaine de 1984, l'islamisme et l'Afrique primitive, entre autres livres de non fiction.

Quand sa femme décède en 1996, à l'âge de 41 ans, il concède que sa propre cruauté y était peut-être pour quelque chose. Il se permettait tant d'écarts sexuels en parallèle, qu'on l'a vite étiqueté irrespectueux des Femmes, voire misogyne. On le perçoit aussi régulièrement raciste envers l'Afrique. Un oeil non sympathique au tiers-monde.

En 2001, on lui donne le Prix Nobel de Littérature pour son rôle de moderne philosophe, affilié au style de Joseph Conrad, transformant sa rage des injustices mondiales en précision des faits, les laissant souvent parler d'eux-même de l'ironie et de l'absurdité de l'Histoire.

V.S. Naipaul s'étient hier, à 85 ans.

samedi 11 août 2018

Nouveau Clou de Cercueil

Il y a 40 ans, jour pour jour, le 5 août dernier, Donald Trump calquait ce que Richard Nixon faisait.

Il admettait ce qu'il niait depuis plus d'un an.

La bobine d'enregistrement de la conversation entre H.R. Hedelman et Richard Nixon avait été remise à la cour suprême, et les rubans dévoilaient un Tricky Dicky qui ordonnait au FBI et à la CIA "Tu stay the hell out of the Watergate investigation!". Ce accords tacites, sous forme de "hum-hum" trahissaient une complicité à tous les crimes que lui révélaient Hedelman. On y entend ce dernier suggérer à Nixon: "...ment au peuple, mais pas au point de dire que le gouvernement n'y était pas impliqué. Suffit de dire quelque chose comme "C'était une comédie d'erreur, de trucs bizarres, sans trop entrer dans les détails. Il faut leur dire que le gouvernement ne souhaite pas davantage y mettre son nez." Richard Nixon y répond pas un "Hu-hum". Il dira, quelques jours après avoir abandonné son poste, que ce passage en particulier l'avait convaincu de quitter la présidence.
Avec le recul, il est étonnant de penser que Nixon ne s'est pas battu pour dire que ce "hu-hum" n'en était pas un de support de la suggestion, mais une négation de la tête. Qu'au fond, les deux ne voulaient que mettre un terme à l'enquête et que Nixon ne mentait sur rien, au final.

40 ans, plus tard, jour pour jour, Donald J. Trump, de sa tribune de perdant, Twitter, admettait lui aussi ce qu'il niait depuis toujours. Il a finalement concédé que son fils, Junior, avait rencontré un avocat russe, lié au gouvernement russe.
"C'était une réunion afin de ramasser des informations sur la candidate adverse, complètement légal, fait par tous les partis, en tout temps en politique, et ça a mené nulle part. Je n'en savais rien!" a-t-il roté la bouche pleine de bacon.

Ce simple tweet révèle beaucoup. Il dit, entre autre, que ce que Donald Trump Jr disait sur cette réunion était un simple mensonge. Trump Junior avait alors dit que c'était une rencontre avec quelqu'un qui clamait avoir des infos pouvant aider notre campagne, et la conversation a glissé vers l'adoption d'enfants russes.". Ce serait même le président (qui n'en savait rien) qui aurait dicté ses mots, à son fils, selon les équipes d'avocats légaux.
C'est ce qui fait chier Donald quand il pense à Robert Mueller.

Donald coule, peu à peu.

C'était donc, au minimum, une tentative de collusion avec les Russes afin de faire pencher la campagne électorale en faveur de D.J. Trump. "...Ça a mené nulle part..." prouve qu'on a essayé, et que la collusion a échouée. " ...Totalement légale et fait par tous..." suggère que même si ils avaient réussi, c'était légal. Tout le monde le fait. C'est leur défense depuis quelques semaines.
"Je n'en savais rien!" suggère fortement à Jeff Sessions, le procureur général, de mettre un terme à cette chasse aux sorcières.

On sait tous déjà ce que savait Trump, son fils, Paul Manafort et Jared Kuschner sur cette réunion. On ne doute plus qu'ils mentent tous sur le sujet. Mais le tweet met un terme à toute alternative nouvelle d'explications. Passé la brousse des contre-vérités,  les faits acquis suivants sont maintenant cimentés:

-Le fils du président, et de hauts conseillers, ont rencontré des agent du gouvernement russe en toute connaissance de cause, souhaitant obtenir des cochonneries concernant Hillary.

-Des documents volés au Democratic National Commitee ont été utilisés pour influencer la direction de la campagne.

-Quand la réunion russe a été mis à jour, le président a exigé de son fils et des gens qui ont assisté au meeting de mentir sur le contenu de la réunion en leur disant précisément quelle menterie utiliser.

-Que le président veut mettre un terme à l'enquête de toutes les manières possibles, comme Nixon il y a 40 ans.
(Comme ne le ferait personne qui n'aurait rien à se reprocher)

Il était possible, avec beaucoup de générosité, et un zest de bonne foi, de croire qu'on y avait discuté adoption d'enfants, jusqu'à la semaine dernière. Que c'était Bengahzi, en effet boomerang, gonflé sans raisons par l'opposition.

Plus maintenant.

Donald Trump, dans un refrain connu, a plus tard tweeté une autre animalerie qui était aussi un nouveau jab aux journalistes, ennemi du peuple dans son clocher:
"Je rends un service immense au peuple en expliquant cela"

En effet. Le peuple qui comprend aussi des centaines et des centaines de journalistes. Honnêtes.
Trump ment. Ça ne fait aucun doute. Mais son admission du 5 août dernier permet justement aux journalistes de ne plus se demander si il a fait quelque chose de mal dans la dernière campagne.

Ils peuvent maintenant se concentrer sur une nouvelle question.

Que fait-on, 40 ans plus tard, jour pour jour, quand un président admet mentir au peuple, admet avoir tenté la collusion, et admet tenter de cacher à peu près tout sur une rencontre prétendue inoffensive?

On oublie?

Étions chez l'ennemi, les États-Unis, depuis le 7 août. Revenu hier. 


vendredi 10 août 2018

Si Vous Aimez...Vous Aimerez...

David Bowie

J'ai éclaté de rire quand j'ai reçu dans ma boîte de courriel personnelle un message de Spotify me proposant, "en tant que superfan de David Bowie", une serviette "exclusive" à l'effigie de Ziggy Stardust. Non merci. Je ne tiens pas à enrouler Halloween Jack autour de mon corps pour 30$.

Et puis je ne me suis jamais enregistré comme "superfan" de David Bowie.
Mais on m'a deviné.
Par mes écoutes répétées.

Je dois avouer, d'abord sur Youtube, que lorsque j'écoute quelque chose et qu'on me propose "si vous avez aimé...peut-être aimeriez vous....", ça fonctionne assez bien. J'ai peuplé plusieurs listes de lecture à partir de suggestions qui ont ravi mes oreilles. Cigarette After Sex, Poolside, Marc DeMarco, Karimouche, Alice & Moi, Soko, Jonathan Bree, Andy Shauf et tant d'autres* ont été découverts grâce à ses heureuses suggestions qu'on me faisait en écoutant autre chose.

Ça nourrit la curiosité musicale et fait fleurir les découvertes.

Mais sur Spotify, pour Bowie, artiste outrepassé, ce qu'on m'a suggéré sont 20 artistes ou groupes d'artistes que je savourais déjà depuis plus de 20 ans, et qui confirme un certain équilibre dans la palette de mes goûts. Une certaine légitimé à aimer l'un et l'autre.

L'équilibre c'est définitivement la quête d'une vie. La mienne en tout cas.

Que me suggère Spotify quand j'écoute David Bowie?
Si vous aimez David Bowie vous aimerez peut-être...

Lou Reed
Oui
J'aime beaucoup Lou Reed. Le prince de la nuit et des angoisses était un homme difficile, troublé, mais un sacré bon artiste pour mes oreilles. Autant en solo qu'avec son band qui n'a jamais fait d'argent. Je me suis téléchargé son projet The Raven sur Spotify. Projet poético-musical autour d'Edgar Allan Poe.

T.Rex
Un peu.
Mais j'avoue avoir peu de morceaux de lui sur mes listes de lecture. Sa carrière a été très courte, aussi. Deux se sont trouvé un chemin dans mes listes de lecture, dont une interprétée par The Power Station.

Roxy Music
Absolument.
La band a créé un son sophistiqué et donné une certaine crédibilité au glam rock au début des années 70. Il contenait des musiciens très habiles et prompt à l'expérimentation. Bryan Ferry, Brian Eno, et leur groupe sont partout dans mon téléphone.

Iggy Pop
Tout à fait.
La parrain du punk est l'incarnation de la phrase "la jeunesse est un état d'esprit". Avec les Stooges, il était auto-destructeur, avec Bowie, plus raffiné mais encore dans la débauche. Puis, peu à peu, il a joué le mythe. Rebelle éternel. Grand papa de mes rêves. Il est partout dans mon téléphone.

Talking Heads
Oh que oui!
Les anciens musiciens de l'école des arts de New York et petits iconoclastes de la scène punk des années 70, ont aussi flirté avec Brian Eno, qu'on retrouvera un peu partout ici, et dans mon téléphone. Comme la bande à Byrne.

Queen
Assez peu
Même que je n'ai aucun morceau sur mon téléphone du band. Un duo avec Bowie. C'est tout. Mais le film que l'on a fait sur le band m'intéressera. Par curiosité. Un col-loc, qui aimait trop Queen, en 1992, a un peu brûlé le band pour mes oreilles.

Brian Eno
Complètement.
Je vous en ai parlé très tôt d'ailleurs sur ce blogue. Que ce soit chez Roxy, chez Bowie, en solo, chez les Talking Heads, chez Byrne, avec Glass, U2,  chez Coldplay, I luv Eno. Il est partout sur mon téléphone.

The Velvet Underground
Bien entendu.
Ça a transparu quelques fois ici. Ce groupe, qui a tiré dans toutes les directions, m'a plu de bout en bout. Un vampire finit toujours par se prendre d'affection pour ses victimes. Les victimes d'autres vampires aussi.

The Kinks
Ouais....
J'avoue avoir beaucoup aimé The Kinks principalement ado. J'avais leur musique sur beaucoup de mes cassettes. Mais je dois concéder que cette affection ne s'est jamais transposée en cd, pas plus qu'en téléchargement. Je viens de me télécharger une compil de singles sur Spotify.

Joy Division
Absofruitly!
J'adore ce band et la métamorphose qu'il est devenu. J'ai le livre de Bernard Sumner et compte lire un jour celui de Peter Hook. J'ai aussi le film Control, réalisé par le photographe de l'éphémère groupe et je considère que c'est un chef d'oeuvre, sonore et photographique. Joy Division est partout sur mon téléphone. Sur ma liste de lecture d'hiver surtout.

Blondie
HUh?
Pas convaincu d'y voir une parenté avec Bowie...Je ne déteste pas, mais je n'ai rien du band de Debbie Harry sur mon téléphone. Peut-être que je manque quelque chose. Tiens oui! un morceau.

New Order
Oui!
Tel que mentionné plus haut. Si ils sont surtout été électroniques, jeunes, leur côté riche en guitare n'aura été qu'exponentiel. Les derniers albums sont très en guitares et je ne me lasse pas du ton de Sumner. Entendu encore dans un magasin de livres et de disques récemment et beaucoup apprécié le confort sonore.

Echo & The Bunnymen
Pas vraiment.
Ce band, j'en ai entendu le nom bien souvent, surtout dans les années 80, mais j'avoue savoir peu sur eux. Je crois avoir une chanson ou deux d'eux sur mes listes de lecture, mais ce ne seraient que des découvertes récentes de titres anciens. Mais la coupe ce cheveux du chanteur a déjà été la mienne.

The Clash
TRÈS!
J'ai tout The Clash. Même un livre sur l'histoire du band et un disque du dernier band de Joe Strummer. J'adore ce groupe faussement punk.

Pulp
Oui, oui, oui.
Pulp est un band que j'ai beaucoup aimé, un band suave et vampirique, donc j'explique l'anonymité ici par une étiquette de disque de marde. La voix de Jarvis Cocker peut rappeler Bowie. Je viens de me créér une liste de lecture de 20 titres que je juge indispensable du groupe de Scheffield qui a été créé il y a 40 ans cette année.

The Stranglers
OUIIIIIIIIIIIIIIII!
Mais je reste étonné qu'on les relie à Bowie. En Angleterre, le groupe de JJ Burnel, Jet Black, Hugh Cornwell et Dave Greenfield placera 23 titres dans le top 40 britannique et 18 disques entre 1977 et 2012. Un seul titre a réellement percé ici. Je ne l'ai pas sur mes listes de lecture, mais je réexplore le band au moment d'écrire ses lignes.

Patti Smith
YESSSSSSSSSSS!
J'adooooooooooooore la grande prêtresse qui se réinvente en saine écrivaine dont j'ai acheté 2 livres. Elle est partout sur mes listes de lecture.

The Pretenders
Totalement
Quand j'ai commencé sur Spotify, je ne savais trop comment ça fonctionnait. J'ai téléchargé en premier une liste de lecture d'une charmante irlandaise devenue une amie cybernétique depuis. Elle m'a fait découvrir celle que je ne connaissais que par les voies commerciales. J'adore Chrissie Hynde depuis.

George Harrison
Ouiiiiiiiiiiiiiiii!
Le pur Beatles, sans bebittes, je l'ai beaucoup aimé. Il restait imparfait mais animé d'une beauté intérieure remarquable. Je ne dirai jamais assez de bien de George Harrison, de cette humilité qui l'habitait et du talent qui lui sortait du bout des doigts et de la voix.

The Who
Complètement!
J'ai même achalé mes amis vers 1990, quand nous avions élaboré un top 100 des meilleurs morceaux jamais composés dans l'univers de la pop. J'y avait glissé trop de The Who. J'ai le film Tommy en ma possession et je les ai vu l'an dernier (le 50% toujours vivant)en spectacle et ils sont partout sur mes listes de lecture.

Mais...où se trouve Bryan Ferry? qui méritait sa place bien avant d'autres dans les suggestions pouvant être familière à l'univers Bowie?

Peu importe, j'ai une liste de lecture de plus de 30 titres de Ferry.

Et je l'écoute encore très souvent.

Pas fâcheux ces suggestions.
À vous écrire dessus, je me trouve à explorer/réexplorer quatre de ses artistes/groupe d'artistes, maintenant.

The Kinks
Pulp
The Stranglers
T.Rex

Peut-être même que je planterai mes oreilles dans les corridors d'Echo & The Bunnymen.


Merci Spotify.

*Toujours très ému de ce très joli clip