lundi 20 septembre 2021

La Laideur Chronique



"Je pense à cette fille que j'ai vue à Macao, tellement moche et sans talent, à chaque fois qu'elle aimait, son amour se serrait dedans elle comme un ulcère d'estomac qui lui tenaillait l'intérieur. L'intérieur. "

-J.L. 

La laideur chronique* la plus pénible qui soit, c'est le dimanche soir qu'il faut la syntoniser, à la triste télé, au Québec.


Il y a peut-être un an maintenant, oui, facilement un an, mon fils de 21 ans (alors) recevait un message Instagram l'invitant à participer à une nouvelle émission qui se préparait inspirée du concept de
Love Island. Ils avaient surfé sur son compte Instagram et avait été charmé par ce qu'ils avaient vu. Mon fils n'a pas pris au sérieux du tout jusqu'à ce qu'ils réitèrent plus clairement leur invitation à une audition. Cette fois en précisant le nom de la recherchiste et le # de téléphone pour la rejoindre. Mon fils a poliment refusé, étant en couple depuis longtemps, mais aurait refusé de toute manière. Si peu à gagner et tellement trop à perdre, me disait-il. Ouf! oui, merci, fiston.


L'idée derrière ce type d'émission est de présenter de la porn adulescente de manière suffisamment décente pour cadrer dans la grille nationale. La décence restant toujours un peu relative. Pour celui ou celle qui vient de se taper un grand reportage sur Bob Woodward, d'ensuite passer au OMG! de deux blondes semies-nues semblant vouloir devenir les prochaines Anne-Marie Losique, ça reste un légère bascule. Et comme Montréal et Laval sont toutes deux des îles, les candidat(e)s semblent en être issu(e)s à 88%. Ouch! 


Les gens qui y plongent sont davantage intéressés par l'exposition de ce qu'ils sont, pour y naitre un peu, que par quoi que ce soit d'autres. L'émission Végétation Douche, Dégénération Louche, Occupation Trouble, Occupation Double verse dans le même genre, toujours au Québec. On suggère des rencontres amoureuses entre jeunes égarés de la vie en grand manque d'attention, mais on recrute davantage des gens qui veulent se lancer dans l'existence par la reconnaissance télévisuelle ou voyager. Ce qu'on expose, très souvent, malgré tout, c'est la laideur chronique. Malhonnêteté, jalousie, manque de profondeur, ignorance volontaire et involontaire, irresponsabilité, superficialité et narcissisme, au menu. Sans retenue. Sans compter la manipulation du montage par la production et les manipulations sentimentales à l'écran. Deux manipulations malsaines. Déculpabilisation généralisée en disant "Bah! c'est du divertissement!". Mais on gomme tout de même une quantité de défauts assez majeurs.


Je n'avais pas fini de penser que les émissions de la semaine passée, où on  faisait de l'agace pissette nous montrait "les coulisses de l'émission à venir", relevaient du grand narcissisme que je voyais l'animateur...s'interviewer lui-même! Comment confirmer par 1000 le feeling du moment. 


Nous l'écoutons par la bande parce que nos enfants ont leur âge et ont croisé plusieurs de ce gens dans leurs soirées ici et là. Ils s'amusent beaucoup du vide de l'émission, mais avec forcément une certaine complaisance. C'est vrai qu'une seule écoute est largement rassurante sur sa propre intelligence. On ne peut que se dire, qu'il y aura toujours pire. Mais pourquoi toujours se comparer, à pire? Pourquoi aussi, l'exposer avec autant d'entrain? Souligner la laideur chronique. Malhonnêteté, jalousie, manque de profondeur, ignorance volontaire, irresponsabilité, superficialité et narcissisme. Sans retenue. 


Sans compter la manipulation du montage par la production et les manipulations sentimentales à l'écran. Deux manipulations malsaines.
 

L'avais déjà souligné? Oh désolé, c'est parce que ça sort de l'écran et rampe pernicieusement jusque dans nos salons pour tenter de se rendre à nos tempes, puis à nos cerveaux.  


Devrions nous être fiers d'en faire des phares? Le monde de la télé au Québec n'est pas un océan, mais quand même un assez grand lac. Tout de sortes d'embarcations y flottent et c'est très bien ainsi.  Personne n'est forcé d'y plonger, d'y nager, ni de l'investir. Ce lac est pour tous. La plupart regarde ce lac de leur grande fenêtre en saillie. Les lacs dans nos salons sont des privilèges. 


Une embarcation fera de la musique très forte, de la vitesse et aura son lot de jeunes femmes en bikini qui veulent se faire désirer, je ne porterais que le regard furtif nécessaire à ma propre conduite d'embarcation. Je n'accorderai pas au vide sa part de profondeur à remplir d'un coup d'oeil insistant. Ou pire, envieux.  Je n'ai plus 12 ans. La télé/le ciné nous veut enfant longtemps. 


Essayer de me rentrer à peu près ça dans la gorge plusieurs fois par semaine: irritant. Comme dans la pub, quand ce n'est pas le bon film avec les bons acteurs, faut cesser d'insister. Chaque jour, vers 15h45, la première chose que je fais est de fermer cette télé que personne n'écoute alors chez moi. Mais on la rallumera vers 18h00 pour les nouvelles du jour.  Passant par la gang de pas plein de la tête. La télé restera ouverte pour pas mal toute la soirée jusqu'au bloc de nouvelles de 22h00. Vous comprenez qu'on est peu tolérant au silence dans ma maisonnée. Si je vivais seul, elle sera plus souvent fermée qu'ouverte. 

 Vous comprenez aussi que l'émission Occupation Double y passera aussi, forcément.


À force de fréquenter le fil Twitter, je reste fameusement surpris de lire l'extraordinaire égarement mental de si nombreux Québécois. Donc remplir des émissions comme celles dont je vous parle. Chez nous, c'est peut-être pas si compliqué. 

Les gens participants à ces émissions-suicides/naissances-sociales sont souvent, presque toujours, marqués par des manques criants de discernement couplé surtout à un besoin maladif d'attention. 

Un peu comme les motivations de covidiots. 

D'apprendre, qu'autour de 20 000 travailleurs de la santé pourraient, d'ici le 15 octobre, être suspendus sans solde parce que trop cloches pour se faire vacciner, reste formidablement troublant.

Et d'une laideur... 


Oui, c'est un ménage, en quelque part, une sorte de purge, de ces gens qui ne devaient probablement pas, dès le départ être là où ils étaient.  De bien meilleurs** gens les remplaceront probablement un jour. Mais maintenant... la capacité du Centre Bell qui disparait d'un système de santé d'un coup, système qui, avant même la pandémie, était déjà surchargé par la mauvaise gestion des horaires, maintenant en parfaite déroute, avec tous ces covidiots qui viennent y crier à l'aide, y a pas à dire.

Notre embarcation menace de couler.  

Comme le disait Johnny il y a déjà 25 ans, le monde est à pleurer. 

*Je ne parle pas de l'emballage, je ne suis pas fait en bois, je suis sensible à la beauté du coup d'oeil, mais suis-je si dans la marge d'exiger davantage de ce qu'on me propose?

**ou plus endurant.

dimanche 19 septembre 2021

Derniers Retranchements & Mouches à Fruits


Semaine de derniers retranchements. `

Fin de campagne électorale au Canada. Lundi, nouveau paysage politique. Ou pas.  Erin O’Toole, terrorisé de perdre ce qu’il considère un bon vent favorable pour les Conservateurs (surtout pas progressistes) , a évité pas moins de 11 fois la même question en restant 100% muet. Sans raisons valables. La question était pourtant la plus légitime qui soit et la seule à laquelle les gens voulaient trouver écho.

« Vous qui avez appuyé et salué la gestion de la pandémie de la part du Premier ministre Albertain, Jason Kenney, maintenant qu’il avoue avoir eu tort et oblige maintenant tout ce que les autres provinces commencent à exiger, vaccination obligatoire, passeport, regrettez-vous cet appui? »

(…)

« …Pensez-vous qu’il aurait peut-être, au contraire, contribué au drame actuel? »

Mutisme complet. Plutôt inexplicable.

« …M.O’Toole? »

Et la répartitrice des questions, la gestionnaire des questions, la porteuse du pot de pisse, qui ordonne de passer à une autre question. O’Toole, n’ouvre pas la bouche, fait même disparaitre ses lèvres.


11 fois de suite. Cette face en ouverture de chronique 11 fois. Bébé mangera pas pudding. 

En quoi est-ce acceptable de quelconque manière? Je pose la question sans parti pris politique. Le plus naïvement possible. En quoi le silence est alors tout simplement ce qu’on doit digérer. Fiston n’aime pas la question, point n’y répond?  Merci, donnez-moi les clés du royaume du pays. Vite. Je mène dans les sondages. Pas envie de m’associer aux erreurs. On est sur le point de donner les clés du pays aux pro-armes, anti-avortement, et à un parti qui a 49 de ses candidats (sur 336) à être double vacciné...


Au Bloc, ça va bien, mais pas complètement en raison de Yves-François Blanchet que plusieurs ont trouvé trop arrogant en tout temps. Surtout grâce au débat en anglais, qui été ponctué d’une haine ordinaire canadienne gratuite envers le Québec et les Québécois. Pour plusieurs, ça a coupé un cordon probablement déjà fragile avec le Rest of Canada, ou enligné là où ça errait d’emblée. Le député élu de la Rive-Sud de Montréal, Denis Trudel, a fait une présence remarquée la semaine dernière, en chambre, où il paraissant amplement sous l’effet de l’alcool. Comédien de son état, il voulait peut-être faire rire et semblait lui-même s’amuser de son état, mais le clip de 1 :48 restait amplement dommageable pour la réputation du député. On en a beaucoup ri, jeudi soir, mais vendredi matin, le parti (le Bloc), pour lequel les choses allaient bien, a vite pris les choses en main et c’était maintenant trouvable nulle part.

Pendant ce temps, Trudeau multipliait les visites en Ontario, car il a extraordinairement besoin des votes de l'Ontario, mais se faisait plutôt chahuter. C’est demain que ça puera pour vrai tout ça.

Parlant de nauséabond.


Ce même jeudi, ma fille, Punkee, avait une soirée qui aurait dû être normale à l’épicerie où elle bosse occasionnellement. Mais une vingtaine de covidiots ont choisi ce soir-là, pour faire un live Facebook, ce qui est devenu la meilleure manière de se ridiculiser de nos jours, et feindre un réel magasinage d’épicerie. Sans masques. Dans le seul but de déranger (leurs mots). Une fois aux caisses, ils ne pouvaient pas acheter quoi que ce soit, les caissières les en empêchaient. Ce qui n’a pas empêché de multiples discussions futiles, des cris et des pleurs.

Ma fille était au cœur de tout ça. Aux caisses dites « libre-service ». Ce qui représentait pour les covidiots l’unique manière d’acheter pour vrai. Ma fille, de ses 5’5 et 110 livres mouillée, tentait de les freiner. Et a bravement réussi. Non pas sans parler pour rien avec ces enfants, prisonniers de corps d’adultes.


covidiote:  "JE VAIS PERDRE MA JOB D'INFIRMIÈRE!"

Punkee: "Pas si tu fais simplement vacciner. J'étudie pour en devenir une, merci de me laisser la place, puis-je voir le papier médical confirmant votre "condition" vous empêchant de porter le masque?"

covidiote: "C'est du domaine privé, c'est quoi ton nom, toi?"

Punkee: "C'est du domaine privé". 


Elle a eu la brillante présence d'esprit de saisir la cannette de bière du premier covidiot qui a passé un article au libre-service. Quand on y passe de l'alcool, les caisses barrent automatiquement et un(e) employé(e) doit la débarrer afin de valider que ce ne soit pas un(e) mineur(e) qui achète de l'interdit. Saisissant la cannette, elle l'a vite passée sous les 6  scans avant que quelqu'un n'ait le temps de faire quelque chose. Les barrant ainsi toutes. 


Ça a crié, les grands enfants ont fait pleurer une autre caissière qui venait de perdre son grand-père, mort de la Covid, et ses ignorants lâches, à l'arrivée de la police, se sont poussé comme des ados jouant à Sonne-décrisse. Non pas sans avoir créé un choc aux étudiants qui travaillaient ce soir-là. 

Je suis arrivé trop tard, je fonçais de chez moi pour le frapper un par un. 

Mais j'était fier en christ de mon héroïne de fille. 400 fois plus mature que le/la plus mature de ces parasites. 


Les mouches à fruits naissent du pourri. Comme dans gâté-pourri. 

Porte ton ostie de masque, fais-toi vacciner et débarrasse de nos assiettes du resto, batinsse! 

Vous n'êtes que nuisances, mouches à fruits dans nos repas du resto. C'est vous qui le choisissez, venez pas nous faire chier. Notre merde on saura la viser. Avec votre attitude vous n'aspirer qu'à devenir mouches à merde. 

samedi 18 septembre 2021

Norman Gene MacDonald (1959-2021)

 Un comique Québécois ne rira plus.

À Valcartier, Qc

Il venait à peine de graduer du primaire que je naissais. Il en était à son premier secondaire au Quebec High School. Rare école anglophone dans la région de Québec (il y en eu 3) située au 945 Rue Bélvédère. Trois ans plus tard, nous emmènagerions au 1200 Belvédère, aussi connu comme le 902 Chemin St-Louis, puisque nous étions la dernière maison au coin de la rue, la maison en haut de la pente douce. Nous étions du côté Sillery, QHS était du côté Québec. Notre maison faisait la frontière Sillery/Québec sur le coin. Est et Sud, Québec, Ouest et Nord, Sillery. Cette école, et surtout, ce terrain, allait être nos champs de batailles, certains étés, au camp de jour, quand nous avions respectivement 9, 8 et 6 ans, mes soeurs et moi. On y avait définitivement tenu nos olympiades d'étés avec le camp. Le comédien et chanteur Sebastien Ricard était alors un de mes bons amis. Norm MacDonald et son grand frère Neil, qui sera journaliste de la CBC, auront foulé le même terrain sportif donnant sur St-Cyrille (devenue René-Lévesque).    


Norm MacDonald, vers le début des années 80, est maintenant à Ottawa, où il termine son secondaire. Il a 26 ans quand il fait du stand-up pour les premières dans les soirées où on y est encouragé à le faire, à Ottawa. L'année suivante, il monte sur scène au Festival Juste Pour Rire, version anglaise, de Montréal et le Montreal Gazette parle de lui comme de l'une des vedettes les plus hot en comédie du moment. En 1990, il sera de l'émission Star Search, ancêtre des émissions de recruteurs de talents de nos jours. Il est alors engagé, deux ans plus tard comme scénariste pour la série télé Roseanne. Qui sera un immense succès aux États-Unis. Mais ce sera de courte durée, Lorne Micheals, producteur d'origine canadienne lui-même, engage MacDonald comme scripteur/comédien pour l'émission phare du samedi soir Saturday Night Live. Il y sévira de 1993 à 1998. Il brillera dans certains personnages, et surtout comme lecteur/scripteur de nouvelles à saveur comiquement noires dans le segment Weekend Update de SNL. C'est toutefois ce même segment, et une avouée écoeurantite d'incarner des personnages dans des sketchs, qui lui feront perdre son emploi. En fait, ce sont surtout ses blagues continues, parfois d'un goût douteux, sur l'assassin O.J. Simpson qui clouent son cercueil professionnel à la télé pour SNL. C'est le président de NBC sur la côte Ouest, un ami proche d'O.J. Simpson, qui aura même le culot de défendre l'assassin, qui choisit de mettre à la porte MacDonald après de nombreux avertissements. Il met au chômage aussi un complice de MacDonald, Jim Downey, scripteur pour SNL (et demi-frère du père de Robert Downey Jr, Robert Downey Sr. décédé en juillet dernier). 


Le président de NBC est en vendetta contre lui, et bloque la publicité de ses projets de films. Il se lie d'une très forte amitié de David Letterman, Howard Stern et Louis C.K. Il sera un régulier invité de Conan O'Brien, aussi. Il est ponctuellement partout,  mais toujours obstrué par le puissant président de NBC qui a de l'influence. Et est un titanesque trou de cul. Il travaillera avec Eddie Murphy, faisant la voix du chien dans ses versions du Dr.Doolittle. Il sera de beaucoup de films. Souvent de petites scènes, mais toujours insolent et amusant.  Il aura enfin son show télé. Il sera d'un film avec son ami Dave Chapelle. Parce que si MacDonald a un ennemi puissant et connu, il a aussi beaucoup d'amis. Qui le supportent et l'aiment beaucoup. Et Vice-versa


Il récolte 500 000$ à l'émission Who Wants To be A Millionnaire pour une fondation de Paul Newman, A Hole in The Wall Charity Camp, regroupant une trentaine de camps de vacances aux États-Unis, comprenant des enfants gravement malades terminant leurs vies dans le bonheur.

 


Bob Saget se trouve parmi ses amis.  Tom Greene, aussi. Il a un vice connu, il adore jouer au poker et gagne beaucoup, mais perd tout autant de très gros montants. Depuis 2012, Norm MacDonald cachait un cancer qui lui avait été diagnostiqué.

En 2016, il publie ses mémoires que je me suis empressé de réserver à ma bibliothèque y a trois jours. 


Il avait un show sur Netflix en 2018. Mais il ne gagne pas la faveur populaire avec des critiques du mouvement #MeToo, et la défense, indéfendable, de ses amis Louis C.K. et Roseanne Barr.

En février dernier, il venait de lancer l'application de rencontres Loko, qu'il avait co-créé, une application qui compte surtout sur le vidéo pour se mettre en valeur. Ce qui s'est avéré nécessaire en temps de pandémie. 


Il passe dans l'autre monde mardi dernier, à l'âge de 61 ans, ne perdant pas sa bataille contre la leucémie comme il le disait si bien, mais emportant avec lui ce cancer aussi, ce qui équilibre l'ensemble.

Il avait épousé Connie Vaillancourt en 1988, à 29 ans, ils devenaient parents d'un garçon 5 ans plus tard, se séparaient 6 ans après. 

Merci, Norm, Québécois qui ne sera jamais honoré ainsi, et avec qui, on aura souvent bien ri. 

vendredi 17 septembre 2021

Blonde et Idiote Bassesse Inoubliable********************The Hurting de Tears For Fears


Chaque mois, vers le milieu, tout comme je le fais pour le cinéma (dans ses 10 premiers jours) et tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers), je vous parle de l'une des mes trois immenses passions: La musique. 

Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ai tant écouté dans ma vie que j'en connais toutes les nuances, toutes les paroles, tous les sons, cette musique est désormais composante de mon ADN. 


Par ordre de création:

Blonde on Blonde de Bob Dylan

The Idiot d'Iggy Pop

Low de David Bowie

The Unforgettable Fire de U2

B.I.B.I. c'est moi. C'est aussi la terminaison du terme irakien habibi voulant dire Je T'aime.

Musique, je t'aime. 



THE HURTING
DE TEARS FOR FEARS. 

Les premiers albums ont toujours le luxe d'avoir été pensé/habité/vécu longtemps avant, sans attentes de personne ou presque. Le pari était pourtant risqué. Roland Orzabal et Curt Smith se connaissaient depuis l'adolescence, et ont choisi de se vider les tripes de leurs problèmes familiaux respectifs en concoctant cet album. D'abord tous deux membres du band Graduate, puis musiciens de session pour la formation Neon, il y feront la rencontre de Manny Elias, futur batteur et membre à part entière du band, et Pete Byrne et Rob Fisher, qui deviendront Naked Eyes.



Inspirés de Peter Gabriel en solo, Brian Eno, O.M.D., Depeche Mode, Gary Numan et Talking Heads, le duo verse facilement dans l'attrait des synthétiseurs. Ils prennent une direction électronique alors qu'ils étaient plus new wave. Resteront new wave dans la tête de plusieurs. Ils opèrent à deux sous le nom de History of Headaches. Inspirés justement de leur passés familiaux compliqués qu'il se connaissent l'un et l'autre. Quand John Lennon devient un patient de Arthur Janov, thérapeute adepte du cri primal, ses techniques deviennent fort populaires dans les années 70. Une de ses techniques se nomment Tears For Fears. On adopte le nom trouvant qu'il sonne bien. Ian Stanley, aux claviers, devient une part importante de l'équipée, mais restera toujours en retrait par rapport aux deux autres. Même si son instrument se trouve au coeur de la plupart des chansons des deux premiers albums. 


Ce premier, il est formidable. Inspiré du John Lennon's Plastic Ono Band Album, premier album solo de l'ex Beatle, qu'ils ont tous deux trouvé exceptionnel, ils composent ensemble un morceau, l'un de leur plus beau dans toute leur oeuvre, et Orzabal composent tout le reste. Mais ils se partageront les tours de chant. On y trouve un peu de Ultravox saupoudré de Joy Division doux. Il y a définitivem    ent une sorte d'exorcisme dans les thèmes abordés. La jeune formation, en 1980-1981, 1982, 1983, transforme les traumautismes d'enfance en romance d'adulte avec une approche presque Freudienne. On y trouve sensibilité et friction. Colère et misère. Trent Reznor de Nine Inch Nails, le trio original des Smashing Pumpkins et une bonne partie d'Arcade Fire ont tous cité cet album comme une importante influence de leurs passés respectifs. 


L'instinct pop qui ferait de leur album suivant le sommet de leur carrière commerciale et feraient des deux amis, des hommes riches, est bien là. Même si il sera de 20 minutes plus court que ce premier effort.

Les critiques ne seront pas tendres envers le duo, mais ceux-ci s'en moquent. Il savent qu'ils composent dans un monde déséquilibré. Et commencent tout juste à faire de l'argent de ce qu'ils aiment le plus faire au monde.

Pour amateurs de new wave, de mod music, d'alternatif, de musique des années 80, de rock, de synthétiseurs, de college rock, de beatles, de John Lennon, de maux de têtes du passé, de 1983.     


jeudi 16 septembre 2021

4 de mes Héros Littéraires Fictifs


Les vrais héros, de nos jours, ou depuis toujours, ne sont jamais facile à identifier. Pour moi, dans la vraie vie vraie, un héros, une héroïne, c'est quelqu'un d'honnête. 

Ça parait facile, mais regardez autour de vous. Peu le sont vraiment. Mes héros, de ma planète terre, sont plus rares que ceux que je peux trouver en fiction. J'ai des héros réalisateurs. Des héros en musique. Des héros en littérature. 

Et chez ces auteurs que j'admire grandement pour leur oeuvre, au coeur de leur corpus artistique se trouve des héros qui me sont aussi entrés dans la peau. Sans effort. Très naturellement. Je vous en offre 4. 3/4 mâles, 1/4 Femme. Ce qui me semble, justement, assez honnête de la construction de mon être. 

Le Docteur Rieux d'Albert Camus, dans La Peste.


Le personnage de Camus, dans une oeuvre qu'il a déjà commencé à penser quelques 6 ans avant 1947, année de publication du roman, est un peu le reflet de l'auteur dans sa recherche afin de fonder un nouvel humanisme. Par pudeur, par choix, Camus refuse de le décrire physiquement, avec un certain souci de ne pas révéler son identité. En effet le roman est écrit à la troisième personne  jusqu'à la fin, où seulement, là, on découvre que l'ensemble pouvait être narré par Rieux. Il y a refus, très séduisant, de toute complaisance narcissique. Rieux semble écrivain malgré lui. Même les gens qu'il rencontre sont décrits en quelques lignes courtes et précises. Comme si ce qui était important était ailleurs. Et c'est précisément le cas. La Peste (la Covid, le Nazisme) tue. Rieux veut se concentrer sur l'essentiel. Il est homme de devoir. 


Il semble conjuguer assez durement la contradiction entre une sensibilité très vive, une soif de chaleur et de tendresse humaines, et les rigueurs de son métier. Il est ému de sa femme malade et de sa mère mais se refuse très rapidement à se laisser faiblir dans la sensiblerie. Il sait que la fatigue de cette situation extraordinaire qui force tout le monde à lutter contre des forces invisibles, trompe son jugement. Il est discipliné. Il ne se fie pas exclusivement à son propre jugement. Il en consulte plusieurs pour se faire une tête. Il n'est pas parfait. Il est humain. Je me reconnais partout là-dedans.  

Holden Caulfield de J.D.Salinger dans The Catcher in the Rye.


Plusieurs ont tenté de s'approprier Holden Caulfield. Des déséquilibrés, entre autres. Mark David Chapman, assassin de John Lennon, avait une copie du livre de Salinger dans sa poche quand il a tu. le Beatle aux portes du Dakota, à New York, en 1980. On a aussi dit que Salinger avait trouvé le nom de son personnage rebelle en apercevant l'affiche du film Dear Ruth, mettant en vedette William Holden et Joan Caulfield. Mais le film est lancé en 1947, et le nom, pour la première fois chez Salinger, deux ans avant. Dans I'm Crazy publiée dans le magazine Collier's. Une nouvelle qui sera adaptée aux premiers chapitre du Catcher in The Rye.  Holden est en colère, frustré, abimé de l'âme, il a 16 ans, il se cherche. Ne prend pas toujours les bonnes décisions. Je l'ai lu et découvert à cet exact âge. Je me suis vu. J'ai fait bifurqué mes attitudes vers mieux. J'ose croire. Mais on ne peut pas toujours aller contre nature. Il existe en moi encore un adolescent en colère (même si j'ai eu la plus belle des adolescences possible) et surtout, un rebelle. Un facilement froissable. Un imparfait. En 2012, on offrait le livre d'interprétation de l'oeuvre aux États-Unis, dans les cours de philosophie, avec le sous-titre, "a book for bastards, morons, and madmen". Oui. Parfois. 

Il existe une incohérence dans le personnage qui apparait "disparu à la guerre, en 1941" dans la nouvelle Last Day of the Last Furlough, mais Catcher in the Rye le place à 16 ans, en 1948-49, bien vivant. Je suis aussi parfois, incohérent. Nous le sommes tous. 

Morel dans Les Racines du Ciel de Romain Gary.


J'ai tout lu Gary. Enfin, je crois. J'aime beaucoup oublier que je l'aurais tout lu et je le relis alors. En sortant toujours plus épanoui par la suite. Voyez, je m'apprête à relire Les Racines du Ciel simplement parce que je vous en parle aujourd'hui. Ce roman sur la défense de l'environnement et la protection de la nature, se servant des éléphants pour le faire comme dans "l'éléphant dans la pièce" et situant l'action dans une Afrique appelant à la souveraineté ne pouvait que me toucher de partout. Morel est anti conformiste. Batailleur. Morel dénonce les cruauté humaines. Ce que je m'applique moi-même à faire ici assez souvent. Il est décolonisateur. Problème toujours pertinent de nos jours (Je pense à toi, Israël). À la fois homme risible et légende magnifique, je crois humblement me trouver aussi, entre les deux. Parfois atteignant l'un, parfois touchant l'autre. Mais toujours en mouvement. Le Tchad de Morel, c'est un peu le Québec de Jones. Je charge aussi contre les "géants encombrants". Qui ne seraient jamais les éléphants, mais plutôt la corruption politique, la malhonnêteté, la bêtise humaine. Rien ne pouvait lui arriver. Rien ne peut non plus, m'arriver. C'est le propre de mon état d'extra-terrestre. Ce qui me rend aussi anachronique. Comme Caulfield chez Salinger. Il est aussi idéaliste. La couleur de 40% de mon  coeur. Une qualité comme un défaut. 


Bérénice Einberg dans L'Avalée des Avalées de Réjean Ducharme.

Le discours de Bérénice, Femme-Enfant de 9 ans, est sauvage et imprégné de sa subjectivité, de son imaginaire, de ses rêves, et parle des conceptions qu'elle se fait du monde comme je parle des compréhension que je fais de l'étude de votre planète. On passe sans cesse d'un monde réel à un monde imaginé dans une langue réinventée. Bérénice est en guerre et conteste le passage du temps. Elle freine l'adulte en elle. Ne voulant pas être avalée, altérée, digérée, intégrée. Elle veut, et habite, l'île. Mentale et physique. Elle anéantit toutes frontières sur lesquelles se fondent les groupes sociaux. Elle a sa propre interprétation de ce que sont les communautés, les vivants, les morts, les idoles et leurs contraires, le masculin, le féminin, le civil et le sauvage. Elle est héroïne souveraine des seuils des marges, nouvel ordre qui, forcément, l'isole un peu. En faisant du même coup, un anti-héros. 


Elle se métamorphose. Ce que le temps ne peut nier faire sur moi, sur nous, aussi. Son père est Juif, sa mère est Catholique. Le père qu'on m'a attribué est irlandais, la mère qu'on m'a offert est Autochtone. Bérénice est parfois émotive. Chaud, chaud est mon sang, forcément, forcément. Elle flotte entre lieu et non-lieu, jamais clarifié. Comme ma vague planète jamais précisée. Elle s'ouvre continuellement sur un monde de possibilités. Elle résiste sévèrement aux attentats contre sa solitude commis contre elle. Elle se recréé, se fait renaître. Ceux qui ne me voient pas là-dedans, ne me connaissent pas bien, encore. 

50% l'Europe, 50% l'Amérique.

1947, 1951, 1956, 1966. Mes héros ne sont pas tellement modernes me direz-vous. 

Pour aller de l'avant, il faut prendre du recul. Et prendre du recul, c'est prendre de l'élan.   

Je viens de vous révélez beaucoup de l'intime, moi. 

Je me sens nu.  


mercredi 15 septembre 2021

Un Curé en Jeans et en Camisole Reste un Curé


Ce qui est surtout inutile, durant toutes les campagnes électorales canadiennes (ou ailleurs), est toujours la diarrhée de chiffres qu'on nous sert. 100% inutile d'y croire. Je ne vous apprends rien là dessus. Trudeau a lui-même un top ten de promesses jamais tenues des dernières élections qui l'on placé minoritaire au pays.

Les candidats eux-mêmes sont très difficiles à supporter. Ils sont en mode super-putain. Les deux seuls candidats qui pourraient gagner sont Erin O'Toole, chef du parti Conservateur (mais pas progressistes comme ils le prétendent) et Justin Trudeau, en vitrine du parti Libéral. Et l'air du temps nous suggère qu'O'Toole gagne les prochaines élections. Le mannequin ne convainc plus. 

Mais les deux sont péniblement risibles!


Erin a commencé la campagne en s'offrant la Une d'un magazine nous le montrant moins vieux qu'il n'uy parait. En effet, malgré son cheveux fuyant, il n'a que 48 ans. À la Une du magazine, et surement en dedans, je ne sais pas, je n'ai pas payé pour le peep-show, il se montre en t-shirt moulant, peut-être un peu photoshoppé, tout le monde à la Une l'est de nos jours, n'est-ce pas?, les bras croisés dans une tenue plus sportive et dite "casual", alors que tout, tout TOUT puait le lourd calcul. On sent beaucoup leurs calculs.  Un curé, même avec des lunettes fumées et un cigare au bec, reste un curé. Les conservateurs ne gagnent pas le vote des jeunes. Et cette Une, cousue de fil blanc, visait les jeunes. Idéalement, les Femmes. On a sexyfié O'Toole du mieux qu'on a pu et on l'a moins fait ressembler à Claude Julien. 


Ils (les conservateurs) visent aussi le vote des Femmes. Peu de Femmes ont le réflexe de voter pour ceux qui largement penchent du côté du contrôle de leurs corps à elles. Il ne faut jamais oublier que chez les Conservateurs, ils sont très nombreux à qualifier l'avortement de meurtre. Ils ont beau éviter le sujet, ils sont main dans la main de l'église sur beaucoup de sujets. Dont celui-là. Progressistes comme feu, mes arrières-grand-parents. 


Et on vise les Femmes? come on! les Femmes n'ont pas qu'un corps, elles ont aussi une tête sur celui-ci. Et savent réfléchir. Une femme sensée ne votera pas pour un parti d'hommes de cro-magnon .

Avant-hier nous proposait pire. Alors que O'Toole (et Trudeau) courtisent beaucoup le votes Québécois, qui aura un impact important, peu importe l'issue du vote, et qui pour l'instant, reste un mystère. Alors que c'était le triste anniversaire de la tuerie du Collège Dawson. O'Toole et sa gang sont pro-armes-à-feu. Je ne comprendrai jamais cette race d'humain. Ils veulent relégiférer sur les armes de mongols comme les Barretta qui ont assassiné la pauvre jeune innocente de l'école Dawson et les rendres légales. 


Calisse! qui a besoin d'un Barretta sinon quelqu'un de méga mentalement réduit?

Avant-hier, il a fait semblant qu'il n'était pas de ces gens-là, qu'il n'avait pas vraiment dit ça (he did), et il a menti à répétition sur le fait que le tueur de Dawson possédait illégalement son arme à feu. C'est pas vrai. Il avait enregistré son arme légalement. Mentir sur le sujet, c'est presqu'aussi pire que tuer. C'est ouvrir la porte pour le faire. 


Trudeau n'est pas mieux, en revanche, on a toujours su qu'il n'était que la face du parti, jamais son capitaine sérieux. On a eu des tornades, des feux de forêts abominables, des catastrophes naturelles à la pelle, au Canada, depuis quelques années. Toute la durée du mandat Trudeau fils. Il avait sa chance de monter aux barricade et de se montrer leader environnemental. Ben non, Étonnamment peu impliqué dans les solutions, les sauvetages, les résultats. Il avait la scène. Il est resté assez figurant. Mais ose encore se poser en Mr. Environnement. Et il a poussé vers la porte sa ministre de la justice parce qu'elle était honnête. Juste ça, dit TOUT du parti Libéral. En dit assez long en tout cas pour faire comprendre que crosse un jour, crosse toujours. 


Dans les deux cas, dans tous les cas des candidats, c'est encore une question de foi. En quoi croyez vous?

Surtout pas O'Toole. Surtout pas Trudeau. Bernier n'est pas dans l'équation. Annamie Paul, pas capable de gouverner sans chaos. Et semble manquer de beaucoup de jugement. Reste Jagmeet et Yves-François. Déjà beaucoup plus vrais. 

Mais en campagne électorale (ailleurs aussi, surement), De Wallen à Amsterdam ou la tournée des candidats, même feeling.

Même si on devine une pléiade de curés en vitrine.