jeudi 17 décembre 2009

Attrapez-le si vous le pouvez


Ce n'est ni le mal incarné, ni Robin des Bois.

Mais les chances sont excellentes pour que Colton Harris-Moore fasse de sa vie une vie de criminel endurci.

Où qu'il meurt bien avant l'âge.

Pour l'instant Colton Harris-Moore n'a que 18 ans. L'âge de la majorité. Mais pas partout aux États-Unis. Certains États réclament au moins 21 printemps pour toute sortes de choses. Mais le jeune Harris-Moore en a bavé. Ses 18 ans valent peut-être les 28 ans d'un autre.

Issu d'un milieu familial difficile où son père a quitté la famille après avoir tenté de l'étrangler, sa mère l'a élevé au meilleur de ses habiletés dans une maison mobile. Il est actuellement l'adolescent le plus recherché des États-Unis. Ses crimes? Il est soupçonné d,avoir fait au moins une centaine de vols dans la région de Washinton, en Idaho et au Canada. Volant d'abord des vélos, puis des voitures, élevant la barre jusqu'à voler des bateaux moteurs pour finalement voler au moins trois fois des avions (!!) qui chaque fois on été retrouvés écrasés (et démolis) à l'atterrissage. Car si Harris-Moore vole les avions, il ne sait pas trop les conduire. Il a en fait commandé un livre de "pilotage pour les nuls" sur l'internet avec une carte de crédit volée mais n'est jamais venu cueillir sa commande. Il semble de plus se sortir indemne de tous ses crashs !

Il est "soupçonné" de tout ça car il réussit toujours à s'en sortir.

À 6 pieds 5, le jeune homme est même devenu une légende dans l'ouest. Des t-shirts disant "Fly Colton, Fly" sont un gros hit à Seattle et sur le net. Il a un fanclub de 8000 supporters sur Facebook et une chanson sur Youtube lui rend même hommage. En ces temps de crises économiques ses supporters voient en lui un rebelle qui tente de s'amuser et de rattraper son enfance difficile, un survivant qui se débrouille comme il le peut en narguant la police qui le recherche.
En effet il a envoyé la note "La police me cherche?, je leur propose la guerre" et s'est lui-même pris en photo (voir ci-haut)lui-même avec un appareil digital volé.

Il vole sans distinction. Autant chez les riches que chez les pauvres. Il ne volerais pas pour l'argent autant que pour le rush d'adrénaline que l'occasion procure. Souvent, il s'introduirait dans les maisons innocupées afin de simplement prendre un bain chaud ou encore pour voler quelques bouchées de crême glacée dans le congélateur. La photo plus haut a été retrouvée dans une Mercedes Benz qu'il avait volé. Il est maintenant considéré comme armé et dangereux car il aussi eu l'audace de voler une carabine dans la voiture d'un policier.

Dommage que l'hélicoptère TVA soit maintenant crapou...

mercredi 16 décembre 2009

Mourir d'inutilité


"Ha papa!!! je mourridshow" a dit Punkee prise en pain dans habit de neige.

"quoi?"

"Zé trop chaud!"

"Peanut, c'est "je meurs de chaleur" qu'il faille dire pas Jmouridshow"

"Ze meurs de saleur d'abord"

"T'es encore jeune mais ça ne te donne pas le droit de parler comme Benoit Brunet, jeune brebis"

Mouridshow...

C'est quand même beau. On dirait un nom d'arrondissement en Mauritanie. Ma fille fait souvent semblant de parler en anglais et ça donne des mots de la sorte qu'elle invente. Mourridshow, yabitchasé, lovyplanchi, mekondontsé.

Inutile mais bon, comique.

Je me souviens plus jeune, quand j'avais à peu près 7 ans, je traduisais les noms des chanteurs ou des groupes de musique pour le plaisir et je chantais les paroles de leurs chansons en français sur le chemin de l'école. Ainsi Supertramp devenait SuperClochard et leur chanson Breakfast in America devenait "Déjeuner en Amérique"

"Jette un regard à ma blonde,
C'est la seule que j'ai trouvée,
Pas grand chose comme blonde,
Toujours l'air un peu écoeurée...
"

Bon sang que je devais être détestable. Presque aussi détestable que celui qui a inventé le mot "gourgane" (je ne sais pourquoi mais ce mot me met hors de moi).
Avoir eu 15 ans j'aurais voulu taxer le petit cul qui se trouvait fin à traduire les chansons du genre si je m'étais croisé.

C'est ce qu'un ado d'à peu près 15 ans a voulu faire en me croisant. Il m'a entendu chanter comme un imbécile en coupant sur le terrain des pères Jésuites et a voulu me faire un mauvais parti. Comme j'étais effectivement plus rusé que lui je l'avais battu de vitesse et m'étais faufilé en courant à toutes jambes vers la rue Vauquelin derrière. Ce faisant j'avais passé très près de me faire frapper par une voiture sorti de nulle part. En fait pour moi elle était sortie de nulle part mais c'était plutôt moi qui était sorti de nulle part pour elle.

Je me disais que j'avais passé très près de mourir pour absolument rien.

Mort d'inutilité.

C'est ce qui est presque arrivé à Réjean Léveillé et Antoine Léger ce matin. Léveillé c'est ce journaliste rose de TVA, qui peut rapporter une nouvelle le coeur sur la main et la larme à l'oeil. C'est le journaliste "human interest" par excellence du réseau. Antoine léger c'est le pilote de l'hélicoptère TVA.

Depuis toujours cet hélicoptère frise l'inutilité. Non seulement coûte-t-il une légère fortune d'utilisation mais de plus, quand O.J. Simpson ne se sauve pas des autorités sur la route ou que les bateaux Cubains ne circulent pas côte à côte avec les bateaux Étatsuniens en pleine crise des missiles, l'hélicoptère TVA flotte au-dessus de la ville pour nous entretenir sur la construction d'un building ou la forme d'un dôme Montréalais. Tentant de capter du vrai en direct, presque toujours on nous livre du rien. Son seul moment de gloire a été de capter en direct l'arrestation musclée d'une jeune tête folle par deux policiers. L'ironie a alors voulu que ce soit la soeur du patron de la station qui eût été la "méchante" des images saisies en direct...

Et bien ce matin, l'hélicoptère TVA, probablement écoeuré d'ennui, a choisi de se planter en bordure de l'autoroute Bonaventure, près de la sortie menant au Technoparc.

Il a fallu 45 minutes pour dégager le journaliste Réjean Léveillé. Il aurait subi des blessures au bas du corps et au thorax. Antoine léger, le pilote, une fracture du dos.

Quand l'inutile fait presque mourir...

Content toutefois de voir que l'hélicoptère est rangé pour de bon.

Balade au paradis pour Valérie


Valérie est acheteuse d'objets rares ou précieux pour une boutique spécialisée de la rue St-Denis à Montréal.

Elle a quitté pour un voyage en Nouvelle Guinée afin d'y acheter des masques et des plumes dans une région montagneuse.

Elle y a rencontré un Australien qui avait la bouille de Mick Jagger. Tranquillement, il y a eu détournement de voyage. Il l'a embarqué dans sa Jeep et ils sont partis à l'aventure.

Ensemble ils se sont enfoncé dans la jungle dans une expédition imprécise. Il a sorti sa guitare, elle lui a demandé de jouer du Rolling Stones, il a rigolé. Elle a improvisé un tam-tam et ils ont jammé dans la jungle. Il a sorti sa liqueur de dyonysus et ils ont trinqué. Valérie se sentait proche du paradis. Elle se couchait sur le sol de la jungle avec le soleil brûlant qui pointait d'entre les immenses feuilles des arbres et venaient chauffer son visage. Elle n'avait qu'à étendre le bras pour que sa main trempe dans une rivière et la rafraichisse. Ses longs cheveux blonds ont aussi carressé l'eau. Val et Mick ont fait l'amour dans la jungle.

Valérie s'est ensuite levée, grisée et enveloppée de sensations qu'elles ne se connaissait pas. En tout cas pas comme ça. Elle est allé s'assoir au travers des racines géantes d'un arbre de Nouvelle-Guinée. Comme sur un nuage, avec l'ivresse du moment plein les yeux, elle s'est glissé en position du foetus dans le creux d'une racine. Ses genoux osseux presque sous le menton. Ses gestes auraient pu rappeler ceux d'une ivrogne. Oui elle était ivre mais aussi ivre de bonheur. Elle s'est mise à sourire largement pour l'exprimer en écoutant les différents oiseaux de la jungle chanter autour.
Comment une mission commerciale pouvait elle être détournée de la sorte? Elle a pensé à l'ancien ministre Pierre Petigrew qui avait amené son amoureux en tant que "chauffeur" officiel en mission d'affaires à l'étranger. Ça l'a fait rire. Elle s'était différent, elle partait acheter du matériel unique pour la boutique et croisait le paradis dans un sentier de la Nouvelle-Guinée. Et elle n'avait pas trainé son amoureux sur place c'est la passion du moment qui l'avait trainée ailleurs.

En flattant les feuilles au sol comme pour y trouver un trèfle à quatres feuilles, Valérie a plutôt trouvé un serpent.

Sans même se demander si il était dangereux, comme dans un état second qui lui garantissait l'immortalité, elle s'en est approché et l'a doucement saisi par le cou. Elle a d'abord voulu se le passer autour du cou mais a hésité. Comme si la raison était venu momentanémment lui rapeller qu'elle ne connaissait rien aux serpents de l'endroit. Ce qui ne l'a pas empêchée de le regarder en pleine face et d'attendre sa réaction. Au bout de quelques secondes de tortillement de la part du serpent elle se l'est enroulé autour du cou avec assurance. Pas même l'ombre de la peur dans son regard. Comme protégée par une transe inconsciente.

Elle a remis le serpent face à son regard à elle et lui a dit:

"Je suis heureuse tu sais, très heureuse, je ne veux plus que ça s'arrête"

Et du coin de l'oeil elle voyait son beau Mick Jagger qui arrivait du fond de la jungle, torse nu.

Elle est restée en Nouvelle Guinée une semaine de plus que prévu. Le temps de se laisser une empreinte pour l'éternité.

Ça avait très peu à voir avec le déneigement de la rue st-Denis.

Elle avait conscience qu'elle goûtait à une tranche de paradis.

Elle l'a savouré jusqu'au dernier rayon de soleil brûlant l'épiderme de sa peau.

Elle ne s'est jamais trouvée aussi belle.

mardi 15 décembre 2009

Terreur et violence en Décembre 1971 (sur pellicule)


Il y a des ses mois cinématographiques qui font impact.

En Décembre 1971 en l'espace de 10 jours sortaient sur les écrans cinématographiques d'Amérique trois films qui hanteraient les spectateurs pour longtemps. Trois films habités par une violence incroyable qui feraient frémir des gens qui comme moi n'ont pas peur des monstres synthétiques, des extra-terrestres ou qui restent de glace devant de effets spéciaux qui essaient d'en mettre plein la vue. Mais qui frissonne devant le folie de l'homme.

Le 19 décembre 1971 Stanley Kubrick nous livrait son adaptation du roman de Anthony Burgess publié 9 ans plus tôt A Clockwork Orange. Dans cette vision atroce de l'avenir, Alex et ses amis vole, viole, agressent comme on se prendrait un verre d'eau. Eux toutefois boivent un cocktail de speed, de crack et de mescaline synthétique. Alex est trahi par ses "amis" et fera de la prison. Là, on le traitera avec un nouveau système de traitement expérimental. Le traitement est basé sur un principe semblable à celui des réflexes de Pavlov. Il s'agit d'amener Alex à associer certains stimuli (des scènes de violence ou de sexe projetées sur un écran qu'il est forcé à regarder) aux douleurs provoquées par les drogues qu'on lui administre au cours de ce traitement. Après sa remise en liberté, il apparait totalement inadapté et sans défense face au reste de la société. Il fait face à ses anciennes victimes et se fait remettre la monnaie de sa pièce.
Le film a fait scandale dès sa sortie. Une scène de viol inspirée du viol réèl de la femme de Burgess alors qu'il était soldat à la seconde guerre mondiale répugne et révolte.
Après la sortie du film, plusieurs délinquants britanniques ayant perpétré des actes de violence gratuite ont déclaré avoir pris exemple sur le film. Les lettres de menaces envahissent alors la boîte aux lettres de Stanley Kubrick (qui avait quitté les États-Unis pour l'Angleterre), qui prend peur pour ses enfants. Il demande à Warner de retirer le film des salles de cinéma britanniques en dépit du grand succès du film. Fait unique, la société de production obtempère et le film est retiré. Ce n'est qu'en 2000, c'est-à-dire après la mort de Kubrick, que le film est à nouveau projeté au Royaume-Uni.

Reconnu pour ses incroyables qualités artistiques ce film est toujours un incontournable du cinéma.

Trois jours plus tard sortait Dirty Harry. Harry Callahan joué par Clint Eastwood, est un inspecteur de police de San Francisco, connu pour ses méthodes brutales, dangereuses, parfois proches de l'illégalité, mais en général efficaces. Son surnom de Dirty Harry est d'ailleurs une référence à sa réputation de s'occuper des affaires les plus « pourries » et de les résoudre même si cela implique la violation des droits des criminels. Il se retrouve aux prises avec un tueur en série, Scorpion. Le film de Don Siegel et l'interprétation donnée par Eastwood ont donné lieu à certaines polémiques, remettant notamment en cause la vision de l'Amérique décrite dans de nombreuses scènes du film. Le personnage de Callahan est clairement dans certaines scènes du film, un "justicier héros" bravant l'interdit et faisant passer la justice avant la loi. Dans une Amérique encore en pleine lutte pour les droits civiques, notamment ceux de la population noire, la position de ce film reste très controversée.
C'est, avant tout, toute forme de dérive de la société traditionnelle américaine qui est dénoncée à travers L'inspecteur Harry. L'exemple le plus criant reste la dernière scène du film où le spectateur remarque sans peine la boucle "Peace and Love" attachée au ceinturon du psychopathe alors qu'il flotte mort dans le lac, la production dénonçant très clairement les dérives libertaires et anticonformistes de l'époque dont faisait partie le mouvement Hippie.

La réplique "make my day" pour défier un ennemi est encore une référence dans les répliques les plus populaires du cinéma.

6 jours après la sortie de Dirty Harry sortait Straw Dogs. Le réalisateur Sam Peckinpah était lui-même violence. Maniaco-dépréssif, alcoolique, drogué, en venant aux coups régulièrement avec des membres de son équipe de tournage ou des producteurs, ses frasques sont souvent venus faire oublier son talent. Pour Straw Dogs, tourné en Angleterre (parce qu'à Hollywood sa réputation était faite) l'acteur T.P.McKenna a joué son personnage avec un bras en écharpe suite à une partouze impliquant deux filles de joie organisé par Peckinpah. La sortie du film a aussi été compromise car Peckinpah a attrapé une pneumonie suite à une interminable brosse en compagnie de l'acteur Ken Hutchinson.
Straw Dogs est un film sur une réaction instinctive aux attaques des villageois, par un homme qui au départ refuse de recourir à la violence. Ainsi le viol de sa femme n'est pas le motif du déchaînement de violence dans les scènes finales, puisque durant tout le récit il ne sait pas que son épouse a été violée. Ce sont à la fois cette scène de double viol et l'extrême violence des scènes finales par Dustin Hoffman qui dérangeront.

Le film sera banni pendant plusieurs années.

De l'avis de plusieurs il reste toutefois le chef-d'oeuvre de Sam Peckinpah.

Heureusement nous ne faisons plus de films violents de la sorte...

lundi 14 décembre 2009

Le Premier Homme


Albert Camus fait parti même du tissu de mon existence.

Le 4 janvier prochain on fêtera le 50ème anniversaire de sa mort.

En 2013 le centième anniversaire de sa naissance.

À mes yeux il a écrasé intellectuellement le vingtième siècle. Il a imposé de par son intelligence et sa rigueur toute une ligne de conduite morale qui encore aujourd'hui, sinon plus qu'avant, est d'une pertinence incroyable. Cet homme était un devin.

Le point de départ de Camus c'est l'absurde, ce divorce entre l'individu et le monde, ce choix "contre nature" qui, à l'encontre de toute logique, rejette tout ce qui est évident, raisonnable, confortable, qui accepte l'impossible comme une condition sine qua non.

Ce que m'a appris Albert Camus c'est que la vie est absurde. Camus m'a appris à me battre. Il m'a appris que la vérité n'est pas un absolu mais doit être recherchée dans le bonheur, le tourment de la contradiction. De l'importance d'avoir une voix contradictoire. Ce qu'il m'a appris c'est la liberté. A la lecture de ses écrits je suis un oiseau qui sait qu'il a le droit de voler.

Camus c'était ces femmes qui l'ont tant aimés (Maria Casarès entre autres) et auxquelles il ne résistait pas, l'engagement et la jeune célébrité, la solitude et les honneurs, l'Algérie cette plaie ouverte et la force et l'angoisse d'un homme tout en force et en fragilités.

Écrire c'est s'exposer au malentendu et à ne pas être entendu, Camus le sait. Sartre lui fait sentir. Camus se sent comme un voyou des rues autour de Sartre et De Beauvoir de laquelle il repousse les avances sexuelles.

L'interprétation que donne Camus de Sisyphe, qui assume sa tâche écrasante non pas le coeur lourd ou résigné, mais avec un étrange sentiment de joie, d'exaltation est fascinante. Il ne s'agit pas là d'un geste de désespoir ou de défaite, mais d'un choix créateur. Et en cela, bien sûr, Camus a fourni une défintion du héros de notre temps à laquelle toute une génération a pu s'identifier de par le monde, de James Dean à Vladimir et Estragon, et de Vaclav Havel et Lech Walesa à Barack Obama. Non pas le héros qui conquiert ou qui triomphe, mais celui qui persiste. Il n'est pas étonnant que le "révolté" de Camus définisse sa conception de la dignité humaine et des droit de l'Homme. Je me révolte donc nous sommes. Dans un monde qui a connu Auschwitz et le Rwanda, la Somalie, la Birmanie et combien d'autres à venir, l'homme révolté est devenu une figure plus emblématique encore qu'à l'époque où Camus en brossait le portrait.

La liberté humaine qu'enseigne Camus n'offre qu'une chance d'être meilleur et le seul moyen d'affronter un monde sans liberté est de devenir si absolument libre qu'on fasse de sa propre existence un acte de révolte. Le bonheur et l'absurde sont deux fils de la même terre. Ils sont inséparables.

Nous sommes sortis de l'ère idéologique. Aujourd'hui le temps a donné raison à Camus. Albert avait critiqué très puissamment le capitalisme, la déshumanisation de toute politique à droite comme à gauche. La justice sans la liberté, c'est la dictature; la liberté sans la justice, c'est la loi du plus fort; il voulait ET la justice ET la liberté, ce qui faisait de lui un libertaire.
La légitimité de Camus, 20 ans après la chute du mur de Berlin qu'il n'avait pas connu, ferait de lui aujourd'hui un maitre à penser dans un monde qui n'a plus grand chose à voir avec le sien. Camus nous as appris à se méfier des directeurs de conscience. On médite ses réflexions sur le terrorisme sous la menace d'Al-Qaïda, on se demande entre deux scandales financiers si le suicide n'est pas en effet pas le seul prôblème philosophique vraiment sérieux. Et on se refile La Peste sous le manteau comme un bréviaire par temps de grippe A H1N1.

Albert Camus détestait la vitesse et trouvait "absurde" de mourir dans des draps de tôle froissée. 5 ans après que James Dean se fût tué au volant de sa Porsche et trois ans après que Françoise Sagan eût démoli son Aston Martin et frôlé la mort, Camus et son ami Michel Gallimard s'enrubannaient autour d'un platane dans la Facel Vega de Gallimard qui roulait à plus de 160 KM/h.

À 47 ans le monde perdait un grand homme.

Dans ma vie, le premier homme.

11 ans et un mois jour pour jour avant ma naissance.

dimanche 13 décembre 2009

Merry Christmas Mr. Fingling


Le chanteur de Death Cab for Cutie a finalement marié l'insuportablement jolie Zooey Deschanel.

Je sais les mariages ne durent pas toujours et encore moins dans le milieu des arts mais bon. J'avais un peu les blues quand même.

À la fois pour exorciser mon spleen et aussi en guise d'exercise du matin je me suis mis à danser sur un vieux beat des années 80. À peu près comme Morrissey et Johnny Marr dans ce clip.

Toutefois le monsieur avec la grosse moustache blanche (le père Noël?) debout dans mon salon ne dansait pas du tout lui. Il me dévisageait d'un air ahuri.

"Duh...Monsieur Fingling?" ai-je dis cessant brusquement mes élans de So You Think You Can Dance

"Koss tu fâ là? T'es tu devenu fif?" m'a-t-il dit sans rire.

Ce ne pouvait qu'être mon beau-père.

"C'est du yoga nouveau genre...Vous êtes rentré avec votre clé?"

"Ben certain, ma fille 'es tu là?"

"Ben...non, elle est partie faire des commissions avec les mousses pendant que j'emballe les cadeaux, elle est partie il y a une heure au moins, vous étiez dans le coin? Quel bon vent vous amène?"

Il ne m'a pas répondu et s'est contenté de regarder les peintures affichées sur nos murs de salon. Il ne visite que très rarement le beau-père car il est insupportable et il le sait. Il me méprise profondémment aussi.

"Je vois que t'es toujours un artiste" a-t-il dit avec dédain en observant les peintures sur nos murs.

"Ce sont plutôt les peintures de votre fille que vous regardez Monsieur Fingling" ai-je dit.

"Pff! ma fille ne choisirait jamais des peintures aussi dénuées de bon goût" a-t-il renchérit.

"En effet elle ne les as pas choisies, elles les as peintes..." ai-je conclu avant que le malaise le rende blême et qu'il finisse par s'assoir sur le divan du salon.

"Voulez-vous quelque chose à boire Monsieur Fingling" ai-je demandé.

J'ai vu dans ses yeux qu'il me prenait toujours pour un ivrogne invétéré et il mesura sa réponse. Après un temps il finit par dire:
"Je vais te prendre un perrier avec du citron" a-t-il dit croyant que je n'en avais pas. Too bad j'en avais.

J'ai préparé son perrier en me demandant ce dont nous pouvions jaser. Quand j'ai mentalement épluché tous les sujets d'intérêts que nous avions en commun j'en suis
venu à la conclusion que nous ne pouvions que jaser de ses petis enfants et de sa fille. Pour une raison qui m'échappe encore je lui ai posé la question que LUI aurait dû me poser tout en lui servant son perrier.

"Pis les enfants comment qui vont?"

Surpris par ma stratégie offensive il m'a paru secoué.

"Je...ben...je pense que tu vas me le dire là...comment qui vont?"

"AAAAH content que vous me le demandiez!" ai-je dit en me lançant dans un long laius qui avait pour but de l'écoeurer et de le faire sortir de chez moi. Il semblait peu intéréssé de toute façon car il ne faisait aucun contact visuel avec ma personne et observait tout autour de lui avec minutie.

"Faudrait refaire le cabanon". a-t-il fini par me couper.

"Hein?...euh...non ça va merci"

"On dirait qu'il y a de la neige qui passe par l'entretoit je pourrais te fixer ça..."

"Nonon vraiment, faudrait penser à autre chose"

C'est que le beau-père quand il visite il ne peut s'empêcher de tout fixer. Il est très bon à la chose et moi extrèmement désintéréssé. Il est très utile donc mais bien souvent il ne s'annonce pas (comme aujourd'hui)et je deviens son assistant malgré moi.

"Yé où ton tournevis?"

"Je ne sais même pas si j'en ai un" ai-je dit sans mentir

"Sur ta liste de cadeaux t'as encore mis un paquet de gogosses d'artiss, Jean-Luc Godass pis des livres de j'sais p'us trop quoi, m'as t'acheter un set d'outils moé..." a-t-il commencé avant que je lui dises de garder la facture si il mettait sa menace à exécution.

"Je mets sur ma liste des choses qui me plaisent, qui me feraient plaisir à reçevoir" ai-je dis.

"Comme de la musique pour danser comme une tapette tu seul dans ta maison?"

"euh...si on veut oui"

Le beau-père aime systématiquement tout ce j'ai en horreur. Les conservateurs, les gens machos, la moto, l'armée, les fusils, les femmes objets, TVA.

"Tu protège bien ma fille et mes petits enfants toi en restant à la maison comme ça?"

Les protéger de quoi? du monde si méchant j'imagine.

"euh...oui...je me bats à coup de poing presque tous les jours pour les défendre" ai-je ironisé.

"C'est toi qui fait le lavage, le ménage et la bouffe? c'est des jobs d'hommes ça?"

"Pas avec un petit "h" mais avec un grand H oui. À moins d'être acteur ou athlète, le travail n'a pas de sexe. Pas pour moi en tout cas."

"Tu te crois fin hein?"

"Fin? non? je me trouve un peu rond en fait" ai-je dit en consultant ma taille

"tu sais on t'as peut-être déjà dit que tu étais une merde mais si on nous laisses le temps de te connaitre on réalise que finalement tu ES réèllement une merde"

"Je ne crois pas avoir fait quoi que ce soit pour mériter ce que vous me dites"

"Non tu ne fais pas que ce soit en ce qui me concerne" a-t-il dit en se levant et en quittant les lieux. Dans les escaliers il s'est tourné vers moi avec une certaine aggressivité:
"Tu sais quand j'étais plus jeune je faisais de la boxe je pourrais te montrer c'est quoi un vrai homme" et il a mimé le geste d'un boxeur qui protège sa garde.

"Avez vous été vacciné Monsieur Fingling?"

"T'es tu fou!? J'pas fif moi?"

"Moi non plus je suis pas vacciné" ai-je dit avant de feindre un éternuement en sa direction WOUARTCHOUFFFFFFFF!!!!!!!!"

En voulant éviter l'éclaboussure de mon pitchoum il a glissé dans mes marches et a déboulé jusqu'en bas se retrouvant sous ma voiture.

Voulant l'achever j'ai actionné avec mes clés le klaxon avertisseur de ma voiture ce qui lui a fait pousser un cri. J'ai ri un bon coup. Avoir eu le fusil de Zooey j'aurais actionné la gachette.

Dommage que je sois une merde.

"Merry christmas Mr Fingling" ai-je soufflé avant de rentrer chez moi.

J'ai dansé comme un lombric.

J'ai le pied agile par les temps qui courent.
Ça doit être vrai que je suis un artiste.

samedi 12 décembre 2009

Curling sex

Suis passé par la bibliothèque hier.

J'avais un livre de Dany Laferrière d'arrivé à mon nom. Comme je n'avais pas de signet j'ai été obligé de le lire au complet.

Gin tonic au bec, j'ai ouvert la télé pour zapper sur les nouvelles du sport un peu.

Dommage que Lebron James, ce grand joueur de basket, ai changé son numéro (6) pour le numéro de son idole et modèle Michael Jordan (23). C'est comme un peu dire "moi je ne serai le modèle de personne, je ne serai que le clône de l'autre".

À quand les infidélité sexuelles, Lebron?

Un peu plus loin dans les nouvelles sportives on nous montrais une bande d'Étatsuniens, 6 ou 7, grosse bedaines, moustaches, casquette, t-shirt et jeans près du pick-up. L'un d'eux avait gagé la destruction de sa télévision géante de 61 pouces sur une victoire ou une défaite des Redskins au Football. De toute façon il a perdu. Les 6 ou 7 hommes ont sorti la télévision sur le gazon. Ils se sont tous enlignés vis-à-vis à 10/15 pieds avec un fusil. Ils ont tous tiré en même temps détruisant dans le bonheur la télévision 61 pouces écran plat.

Et ensuite ils s'étonnent que des avions se tirent dans leurs immeubles.

Un giga-tournoi de curling s'en est suivi. J'ai enlevé le son de la télé et j'ai entamé mon livre. La belle avait son party de Noël, la marmaille était branchée sur High School Musical j'avais donc le champs libre pour dévorer 200 pages d'un coup.

J'avoue n'avoir fini le livre que ce matin. J'ai été largement distrait dans ma lecture par le tournoi de curling qui se déroulait au coin de mon oeil. Ce tournoi féminin lourdement commandité par des beignes dont l'issu déterminera nos représentantes Canadiennes aux Olympiques en Février 2010.

C'est ridicule mais je trouve qu'il y a quelque chose d'érotique dans les curling féminin.

oui...vous avez bien lu...sachez que je rougis en ce moment...

Donnez-moi un groupe de femmes et j'en trouverai toujours une plus jolie et désirable que les autres. Et au curling féminin, où les femmes sont toutes jeunes (car la jeunesse est un état d'esprit) on dirait toujours qu'il y en au moins toujours deux par équipe qui ont l'oeil pétillant abrillé de milliards de cils secondé d'une cuisse joliement galbée dans un pantalon trop moulant. Les voir lancer leur pierre avec le regard de l'expectative en hurlant "HURRY" ou "HARD"...hmmm...

Étrangement dans ce sport, on fixe un micro sur toutes les joueuses ce qui fait qu'on entend absolument tout ce qu'elles se racontent. Pour la stratégie secrète: zéro. Si la fille est épaisse ou mal aimée de ses coéquipières on le saura bien assez vite "pourquoi balayait-elle bordel?" a dit une joueuse hier. Héhéhé drôle de handicap ses micros. Et si l'une d'elles avaient la soudaine envie de pester contre l'adversaire?
Çes micros forcent les joueueses à dire des choses qu'elles ne diraient jamais aussi. Tant qu'à avoir un micro aussi bien dire quelque chose. Même si ça sonne faux. Ça donne un petit côté superficiel à l'ensemble très amusant. La mise en plis parfaite des coupes de cheveux des joueuses vient de plus renforcer le côté artificiel. Rares sont les sports où on peut jouer avec ses lunettes et restez gracieuse et comme les intellectuelles me séduisent toujours...

Les deux plus attirantes se retrouvent d'ailleurs en finale aujourd'hui. Bernard et Kleibrink. Deux filles de Calgary. Des filles qui aiment se faire prendre au lasso donc.

Je ne sais pas ce qui m'a mis dans cet état. La blonde trop loin, le gin ou Laferrière. Ou tout ça. Je ne comprend toujours pas les réglements du curling. Mais cet envie de luxure...

Le Laferrière était franchement bon, c'est le deuxième que je lis et je comprends pourquoi il a gagné son prix cette année. On gagne presque toujours un prix pour la somme de ses efforts. Son prix de cete année c'est aussi Chronique de la Dérive Douce et Cette Grenade dans la Main du Jeune Nègre est-elle une arme ou un Fruit?.

Je ne comprend rien au curling mais qu'es-ce que ça m'a mis l'eau à la bouche...

"Hurry, Hard!"