samedi 23 septembre 2017

À La Recherche Du Temps Perdu****************Les Chroniques Du Plateau Mont-Royal de Michel Tremblay

Chaque mois, vers la fin, comme je le fais pour la musique (vers le milieu) et pour le cinéma (vers la début) je vous entretiens d'un livre qui m'a bouleversé.

Lire c'est penser, réfléchir, parler à un ami, l'écouter, l'entendre, le comprendre (ou pas), s'immiscer dans une réalité qui n'est pas la nôtre, c'est oser, braver ses préjugés, découvrir un nouvel angle sur les choses, sur la vie, sur les autres, sur soi-même. C'est prêter oreille à des confessions, des fantasmes, c'est avoir l'oeil et la tête sur de nouvelles idées, se prêter à un nouveau regard. C'est généreux, si on le veut. Générateur aussi. C'est forger ses propres idées, les confronter, c'est écouter une musique, un rythme, en développer des nouveaux. C'est découvrir l'écho des moeurs qui ne seront parfois jamais les nôtres. Lire c'est explorer sous une nouvelle lumière, c'est s'ouvrir les sens et s'agrandir les corridors mentaux. C'est se balader sur la plage du monde entier qui le compose. C'est danser sur le cerveau d'un(e) autre. C'est apprendre la vie par les yeux et les mots. Par le moteur de la pensée redessinée. C'est un regard, une inspiration, un souffle.

Lire c'est visiter la vie des autres et souvent la nôtre aussi.

Lire c'est un peu beaucoup mon métier. Pour moi, c'est tout simplement mieux respirer.

LES CHRONIQUES DU PLATEAU MONT-ROYAL de MICHEL TREMBLAY.

Une brique.

Je connaissais Des Nouvelles d'Édouard, que j'avais non seulement en copie toute seule, de poche, mais que j'avais tant aimé, qui m'avait tant fait rire, (encore plus quand j'ai moi-même commencé à faire des croisières) que je l'avais adapté en scénario pour le cinéma. J'ai encore tout ça dans mon sous-sol magique et souhaite de la proposer un jour à Antoine Bertrand qui serait formidable dans le rôle.
Ayant moi-même habité le plateau, y ayant trouvé mon oasis, y ayant tricoté un fils et rêvant de retourner y habiter un jour, Les Chroniques... ne pouvaient que me plaire.

Les Chroniques du Plateau Mont-Royal regroupe 6 livres de Michel Tremblay écrit sur 20 ans, entre 1978 et 1997. Vous aurez compris que toutes les histoires se déroulent sur le plateau Mont-Royal, avec des personnages qui se recoupent, et l'univers de Michel Tremblay qui lui est si cher.

J'avais acheté la brique en fonction d'un voyage à Hawaï, ce qui était une mauvaise idée car le décor et les histoires me ramenaient mentalement continuellement à Montréal. Mais c'était si bon, que j'ai dévoré les 4 premiers livres en 20 jours seulement. Relisant dans le bonheur Des Nouvelles D'Édouard.
Les Chroniques comprennent:
-La Grosse Femme d'à Côté est Enceinte (1978)
-Thérèse et Pierrette à l'École de Saints-Anges (1981)
-La Duchesse et le Roturier (1982)
-Des Nouvelles D'Édouard (1984)
-Le Premier Quartier de la Lune (1989)
-Un Objet de Beauté (1997)

La Grosse Femme...raconte l'action du 2 mai 1942 autour de la grosse femme enceinte, la conjointe de Gabriel, fils de Victoire et frère d'Albertine (qui elle est mère de Marcel et de Thérèse) et d'Édouard, vendeur de chaussure obèse dans un quartier populaire du plateau Mont-Royal. Les prostituées Mercedes et Béatrice côtoient ses gens, tout comme la marchande voisine dont le chat se nomme Duplessis. Trois mystérieux personnages de femmes tricotant en paraissant vieillir sur la destinée de tous ces gens ajoute un réalisme magique assez fascinant. Le roman est un somptueux portrait de la société prolétaire de Montréal dans les années 40. À lui seul, cette seule "chronique" vaut tout le reste.

Thérèse & Pierrette...nous dresse l'univers de sensiblement les mêmes personnages se concentrant davantage sur la fille d'Albertine, Thérèse, et ses amies Pierrette et Simone à l'école des Saint-Anges qui leur ouvre les portes de la connaissance pré-adolescente. En 4 jours, on les suit sous la gouverne hostile de mère Benoite-des-Anges, cruelle directrice, dans les préparations de la Fête-Dieu. Mysticisme, hypocrisie, mensonge, hystérie, toute l'action (très drôle encore) se déroule à peu près un mois après celle de La Grosse Femme...auquel quelques clin d'oeil sont aussi faits.

La Duchesse et le Roturier nous place cette fois en 1947, dans un univers particulièrement rigoureux. Édouard tente d'échapper à son monde de vendeur de soulier, de vivre son homosexualité librement et de vivre de ses imitations d'actrices et de chanteuses populaires. Pendant ce temps, rue Fabre, Marcel, fils d'Albertine a l'imagination qui fleurit. Les personnages de Tremblay se mèlent aux Juliette Pétrie, La Poune et autres Denis Drouin de l'époque pour offrir un portrait vivant de la colonie artistique de l'époque. Compassion et humanité pour des marginaux dotés d'une grande imagination. Comme dans tous les titres précédents, les rêves, la différence, la solitude et la famille sont les thèmes principaux sur lesquels reposent les récits.

Des Nouvelles D'Édouard est un bijou. Tragi-comédie aussi désopilante que crève-coeur, la grande duchesse de Langeais ne régnera plus sur la main. Mais on met la main sur le journal personnel d'Edouard racontant son voyage à Paris, en croisière, en 1947. C'est à sa belle-soeur, la grosse femme, qu'il destine son journal, mais devant tant d'émotions fortes, tant de beautés et d'éblouissements, la solitude pèse bien lourd sur les épaules de la pathétique et désopilante duchesse. Fameux livre qui ferait un fameux film.

Le Premier Quartier de la Lune raconte Montréal, le 20 juin, 1952, jour de la fin des classes et du solstice d'été. Pour le fils de la grosse femme, c'est jour d'initiation. Avec son cousin, le simple d'esprit à l'imagination fertile, Marcel, il verra cette journée fertile en événements devenir un kaléidoscope d'émotions en assistant à la naissance de l'été et de l'amour. Il côtoie sa mère, sa tante (Albertine), ses cousines, le frère Martial qui fait la classe, les amis réels et imaginaires de Marcel, Peter Pan et Duplessis, le chat invisible. C'est aussi la fin d'un monde et le début d'un nouveau.

Mars 1963 à Montréal est le cadre de Un Objet de Beauté alors que l'hiver donne ses derniers assauts. Marcel, et son cerveau d'enfant de 23 ans, apprend que sa tante Nana (la grosse femme) est atteinte d'une grave maladie et que ses jours sont comptés. Comment cet enfant, habité par des visions fantasmiques qui le confronte au monde réel en tout temps dans une lutte dérisoire et perpétuelle, réagit-il à cette déchirante fatalité?

Si les pièces de théâtre de Tremblay sont les poumons de son oeuvre, Les Chroniques... en sont le coeur. Ne serais-ce que pour les 4 premiers livres, plus riches, et calibrés en terme d'humour, de grotesque et de pathétique, que les deux derniers, plus axés sur le réalisme magique.

Si vous ne connaissez pas Michel Tremblay et n'avez qu'une seule oeuvre à vous taper, je vous suggère cette brique de 2000 pages.

Mais peut-être seulement les 779 première pages...


vendredi 22 septembre 2017

Belles Dames Maudites

"T'as exactement 2 secondes pour me dire la couleur des yeux de Karine Vanasse sur cette photo" (celle à gauche).

J'ai posé cette question à 4 personnes au travail. Seule Annie a réussi. Elle était aussi la seule fille à qui j'ai demandé. En parlant avec un ami, dimanche soir, j'ai complètement perdu le fil de la conversation au téléphone. C'est beau de voir une telle assurance en son corps. Y a pas à dire, elle voulait être désirée. Et je connais peu d'hommes hétérosexuels qui sont restés insensibles à ce qu'elle dévoilait. Ils avaient des problèmes de sons semble-t-il pendant la télédiffusion des Prix Gémeaux. C'est con, les deux présences dont j'ai été témoin de Karinne Vanasse m'ont paru complètement sans son. Et ce n'était pas complètement grave.

Valérie Carpentier aurait été insultée de ce moment. Elle a fait la même chose à un autre événement dont je ne me rappelle plus l'occasion. Et s'était outré de la réaction négative de certains de ses fans qui la trouvait soudainement un peu pute.

On avait tous retenu sa tenue et pas sa chanson.
Une tenue un peu toute nue. Et alors?

On a tous nos manières de réclamer de l'amour, non?

Moi je les trouve intéressantes Vanasse et Carpentier, elles sont assez fières d'elle-mêmes pour se présenter en femmes fatales. La première veut rappeler qu'elle peut encore être désirable dans un métier absolument cruel pour les femmes de son âge (33 ans), la seconde veut plaire et contrôler à la fois notre manière de la désirer.
 Nos femmes croient en elles. C'est mieux que les femmes mal assurées de bien des pays.

Dans mon pays-qui-ne-veut pas être est survenu quelque chose d'assez rare en fin de week-end dernier et dans les jours qui ont suivi. Ce que l'on croyait être des milliers de monarques oranges, étaient plutôt des belles dames. Il s'agit d'une sorte de papillon extrêmement migrateur. Qui vole généralement si haut qu'on le remarque assez peu.
Voilà que des vents contraires en provenance des États-Unis (tout nous arrive in contrario des États-Unis depuis novembre 2016...) nous les as rabattus au niveau de nos têtes et ça a donné de fort impressionnants moments Hitchcock où des centaines de papillons oranges convergeaient en même temps dans la même direction, direction qui était quelques fois le pare-brise de votre voiture.
Comme je conduis des camions quelques fois la semaine, je mange aussi au volant. Voilà que ce lundi-là, une belle dame est entrée dans mon camion. Le papillon volait un peu partout. Visiblement affolé et égaré. J'ai bien essayé de le faire sortir en ouvrant toutes les fenêtres. Non, il était trop con. Venait-il régler mon compte, moi qui en avait assassiné tellllllllllllement durant la journée avec mon camion? Les restes de leurs cadavres témoignaient encore dans mon pare-brise de leur écrasement fatal.

Les seins de Karinne et de Valérie c'est un peu ces papillons, dont certains seront écrasés dans les écrans de nos télés. Ils sont bien beaux ces papillons, mais certains fonceront gauchement dans leur appel à l'attention.

Ce belle dame venait venger ses frères et soeurs. Comme je mangeais un yogourt, en faisant un mouvement pour écarter le papillon de mon visage (il était quand même achalant et trrrrrrrès affolé (et  orange)) j'ai renversé une partie de mon yogourt exactement là où, si j'avais perdu une goutte de mon zizi, aurait apparue une tache.

Shame.

Heureusement j'avais terminé mon parcours et je retournais au bureau. Mais cette tache blanche, là où elle était placée, pouvait évoquer...enfin...

En revenant au boulot, j'ai croisé Brigitte du boulot, duquel je me suis un peu caché d'elle. Je ne voulais pas exposer cette tache que je savais de yogourt, mais que j'étais seul à le savoir.

J'ai fait mon chemin rapidement à la salle de bain. J'ai lavé vivement la tache de yogourt. Longuement. Avec beaucoup d'eau. Puis, on a cogné à la porte.

"OUi? Quoi?"

"Ben là...t'es tu tombé dans le trou? Tu pousses une longue crotte puante?"
C'était Annie.

"Aucun rapport, je n'ai même pas chié!"
Je n'avais tellement pas besoin de dire ça, je me rendais presque coupable du contraire.

J'ai ouvert la porte avec précipitation. Mon téléphone est tombé au sol. Aux pieds d'Annie. La photo, plus haut, de Karine Vanasse, les seins biens portants, était bien en vue sur mon téléphone. Mon pantalon était absolument plein d'eau, là où on s'agiterait pour faire des petits bébés...

Annie s'est contenté de faire un sourire entre l'amusement et le dégoût.
Ce qui est pire que si elle avait dit quoi que ce soit.
Là j'aurais souhaité avoir chié pour que la parfum de mes intestins l'étreigne si fort qu'il l'étouffe à jamais, les yeux tournés vers le Nord, la langue sortie de la gueule, les genoux rammolis et le coeur en vrille.

Qu'est-ce que ça suggérait comme scène?

Maudites Belles Dames.

jeudi 21 septembre 2017

Orphelins

Quoi de plus tragique dans la vie d'un enfant que la perte de ses deux parents?

On se surprend à tout de suite vouloir le prendre sous son aile. Avant même une histoire dans laquelle planter la personne.  Tout un passé, imaginé sans affection, sans tendresse familiale, sans rires et amusement, est tout à fait hors de l'ordinaire.

Louka Fredette, 6 ans, a perdu père et mère la semaine dernière de manière brutale. J'ai peu cessé d'y penser. Maman a été assassinée par papa. Papa a été capturé par la police alors qu'il fuyait avec Louka. Il avait toute les prédispositions pour se suicider par la suite. Il s'est raté, le raté. On ne devrait plus revoir Ugo (pas de h) Fredette. Mais on en entendra trop parler. Louka est maintenant orphelin. Ses deux demis-frères et sa demie-soeur, ados, sont aussi orphelins de leur mère. Tout ça est si affreux.

Et je n'imagine même pas l'effondrement intérieur de la famille Lacasse qui doit questionner les lois du hasard et la fatalité qui a frappé leur brave père de 71 ans.

La fragilité d'un orphelin ajoute à la tendresse que l'on peut avoir à l'égard d'un personnage.

Je ne voudrais pas déprimer quiconque, au contraire, il reste toute une vie à Louka pour se construire une armure d'indestructible.

Voici plusieurs personnages (de fiction, d'abord) duquel il pourrait s'inspirer.

Moïse
Une fille de pharaon découvre sur la rive d'un fleuve, un panier d'osier dans lequel se trouve un bébé. La jeune fille l'amène à sa mère qui l'allaitera et lui remettra, pour l'élever, une fois le bébé sevré. La jeune fille du pharaon le baptise Moïse.

Batman/Bruce Wayne
Bruce Wayne n'est qu'un enfant quand, en compagnie de ses parents, ces derniers sont brutalement assassinés sous ses yeux par un cambrioleur qui les agressent dans une ruelle de Gotham City. Il deviendra le chevalier noir afin de lutter contre toute les formes d'injustices.

James Bond
À 11 ans, James Bond perd ses deux parents dans un accident d'alpinisme dans le massif des Aiguilles Rouges, près de Chamonix-Mont-Blanc.

Némo
La mère de Nemo est sauvagement mangée par un barracuda avant que Nemo ne disparaisse dans un filet de pêche.

Harry Potter
Harry est déposé par Dumbledore sur le pas de la porte du #4, Privet Drive, chez son oncle et sa tante "moldus", quand ses parents meurent, sa mère se sacrifiant pour lui. Ce faisant, ce sacrifice maternelle protégera Harry de Voldemort (qui les as tués) pendant 20 ans.

Superman
Jonathan et Martha Kent sont les (âgés) parents adoptifs de Smallville, Kansas City adoptant le petit enfant issu d'une fusée et alors prénommé Kal-El. Il le rebaptise Clark du nom de jeune fille de Martha. Et leur donne leur propre nom de famille. Et tout l'amour dont un jeune enfant aux supers pouvoirs qui portera une bobette rouge, une cap et un collant moulant bleu en volant poing devant, devrait avoir. Les parents naturels de Superman sont Jor-El et Lara Lor-Van, restés sur Krypton, maintenant détruite.

Blanche Neige
La mère de Blanche-Neige est morte en accouchant de sa fille. Le père de Blanche-Neige est roi et se remarie rapidement, le rendant rarement présent pour sa fille. Et insignifiant.

Frodo
Drogon Sacquet et Primula Brandebouc meurent tous les deux peu après la naissance de leur enfant hobbit sur un bateau voguant sur le Brandevin. Il sera élevé par son oncle Bilbon.

Black Canary
Le père de Dinah Laurel Lance est détective et meurt en devoir. Sa mère est elle-même une héroïne costumée et meurt empoisonnée par des radiations lors d'une furieuse bataille contre Aquarius. Dinah prend la relève afin de lutter contre les injustices. En commençant par celle de la mort de sa mère.

Don Draper
La mère biologique de Richard Whitman meurt en accouchant à l'âge de 22 ans. Élevé par son père, ce dernier meurt sous ses yeux lorsqu'happé au visage par coupe de sabot de cheval effrayé par le tonnerre. Il deviendra Don Draper...je ne vous dis pas comment, vous devrez visionner Mad Men.

Huckleberry Finn
Huck est abandonné par son père ivrogne, vit en vagabond, et sa mère meurt quand il est en bas âge. Il trouvera des amis orphelins dont nous en trouverons un plus loin.

Hansel & Gretel
Les parents d'Hansel et Gretel sont des horreurs. Papa est bûcheron et maman, qui n'est pas la mère naturelle des enfants (la mère naturelle est décédée) est une marâtre. Elle les abandonne dans les bois, de peur qu'ils mangent trop, alors que la famine sévit. Heureusement, les deux enfants sont débrouillards.

Lucky Luke
Ses parents sont tous les deux assassinés par le gang des tricheurs alors qu'il n'a que 10 ans. Il sera pris sous l'aile protectrice d'un ami de la famille qui en fera un cowboy tirant plus vite que son ombre

Mowgli
Les parents indiens Merciris perdent leur bébé dans la jungle lorsqu'attaqués par des tigres. Mowgli sera élevé par des loups. Et fera des animaux de la jungle, une grande bande d'amis.

Tom Sawyer
Les parents de Tom Sawyer meurent d'une maladie non spécifiée alors qu'il n'est qu'enfant. Il sera buddy/buddy avec Huck Finn.

Sarah Jane Smith
Dans Dr Who, les parents de Sarah Jane choisissent de se sacrifier afin de rétablir l'ordre du temps dans un univers post apocalyptique alternatif.

Han Solo
Né sur la planète Corellia, il devient presqu'aussitôt orphelin, survivant en vagabondant dans les rues, y rencontrant Chewbacca, l'indispensable wookie qui sera son meilleur ami.

Arya, Bran, Robb, Rickon & Sansa Stark
Papa est décapité dans un grand moment de trahison et maman (et Robb)est trahie plus affreusement encore, ne voyant rien venir. Les enfants Stark se débrouillent comme ils le peuvent dans Games of Thrones.

Daenerys & Viserys Targaryen
Leur père est le roi fou. 17ème et dernier roi de la dynastie des Targaryen. Il a trois enfants de Rhaella Targaryen, sa soeur. Elle meurt en accouchant de son troisième enfant, sa fille Daenerys. Son aîné, Rhaegar, est tué à la guerre (qu'il a créé avec son père en kidnappant une Stark). Le roi fou est tué par Jamie Lannister dans Games of Thrones. Laissant les deux enfants à leur compte.

Oliver Twist
Né dans les hospices du Royaume-Uni accueillant les bénéficiaires de l'assistance sociale, il est, enfant, vendu comme apprenti à un croque-mort. Il se sauve de son emprise et fuit vers Londres où il joint les bandes de criminels dans les rues et le douteux Fagin.

Dans la vraie vie vraie, la poétesse Maya Angelou, Jules César, Winston Churchill, Truman Capote, Eric Clapton, Bill Clinton, Nat King Cole, Bo Diddley, Gerald Ford, Jamie Foxx, Steve Jobs, Nelson Mandela, Sarah McLachlan, Marilyn Monroe, Edgar Allen Poe, Priscilla Presley, Nancy Reagan, Eleanor Roosevelt, Babe Ruth, Leo Tolstoy ont tous été orphelins.

Et n'ont pas mal fait du tout de leurs vies respectives...

mercredi 20 septembre 2017

George R.R. Martin

George Raymond Richard Martin est le fils d'un Docker du New Jersey et d'une mère au foyer. Il a aussi deux soeurs plus jeunes. Dans les années 50, la famille grandit principalement exclusivement entre la première et la cinquième rue, ce qui force le jeune GRR a voyagé beaucoup dans sa tête. Il devient vite un rat de bibliothèque. Il apprend presqu'aussi vite, jeune adolescent, à vendre des histoires de monstres (ou dramatiques) à des jeunes de son âge en retour d'un sou. Il est aussi propriétaire de tortues, mourant fréquemment, dont il invente un monde parallèle où les tortues se tuaient entre elles,  qu'il place parfois par écrit.

À l'école secondaire, dans les années 60, il devient vite un adepte des magazines de superhéros. Ceux de Marvel particulièrement. Il leur écrit souvent et est parfois même publié. Par son courrier publié dans des éditons des 4 Fantastiques, Martin entre en contact avec les fansclubs (qui lui écrivaient en retour), et il en vient à scénariser ses propres histoires de super-héros qui sont quelques fois achetées et publiées. Il sera le premier à s'inscrire à la convention de comic book de New York de 1964. L'année suivante, il gagne un prix pour la meilleure fiction de magazine de super-héros, issue d'un fan. Il a 17 ans.

À 26 ans, il est gradué universitaire en journalisme. En âge de se battre au Vietnam, il se pose en objecteur de conscience. On lui fera faire deux ans de travaux dans un programme de la Peace Corps en échange de son absence au front. Expert aux échecs, il organise et supervise plusieurs tournois entre 1973 et 1976.

Il fait la rencontre du professeur d'anglais George Guthridge dans une convention de science-fiction de Milwaukee. GRR le convainc d'écrire de la science fiction et du fantastique. Guthridge s'y met, à contrecoeur, et devient aussitôt finaliste pour un prix Hugo et deux autres fois pour le prix Nebula de science-fiction et de fantastique. En retour, pour ses bons conseils, et afin que Martin survive de son salaire de crève-faim d'écrivain, Guthridge lui facilite l'accès à un job d'enseignant en journalisme à la Clarke University. Il est aussi écrivain en résidence.

Un de ses grands ami et grande inspiration, Tom Reamy, est trouvé mort d'une crise cardiaque, couché sur la septième page d'une histoire qu'il tapait sur sa dactylo. GRR est bouleversé. Il réévalue sa vie et choisit alors de devenir écrivain à temps plein. Il déménage à Santa Fe, au Nouveau Mexique.

Il publie son premier roman en 1977.
A Song For Lya, avait gagné le Hugo de la meilleure nouvelle deux ans avant.

Martin écrit beaucoup, mais surtout s'investit énormément dans les conventions et les associations de science-fiction, d'horreurs et de fantastique. Il écrit dans les trois genres. Il écrit aussi ce qu'il appelle de la fiction d'histoire future. Il écrit même de la science-fiction militaire. Vampiresque.

En 1983, il réécrit une histoire de vampire. Mais son livre suivant fait patate et GRR Martin pense tout abandonner et changer de vie. Toutefois cet échec le fait travailler comme conseiller à la scénarisation dans la relance de la série Twilight Zone à la télévision des années 80. Il est ensuite aussi derrière la série satyrique mettant en vedette Max Headroom. Il est le créateur du personnage de Ped Xing. Une de ses nouvelles de 1980 est développée en film en 1987, mais avec des résultats qui le déçoivent. Il travaille aussi sur la série Beauty & the Beast à partir de 1989. Il publie toujours, mais davantage dans la nouvelle.

Il développe la série de livres à multiples auteurs Wild Cards, dont l'action se déroule dans un univers parallèle dans lequel quelques humains, post-seconde guerre mondiale, obtient des pouvoirs surhumains suite à virus lancé par des extra-terrestres. En août dernier, Martin a réussi à vendre les idées développées dans la série de livres pour la télé.

Un peu agacé par les limites de la télé, il revient dans la fiction littéraire où son imagination peut exploser. C'est à ce moment qu'il écrit ce qui le fera passer à la postérité: A Song of Fire & Ice. 

Mieux connu aujourd'hui à la télé sous le titre Game Of Thrones.

La saga, inspirée de la Guerre des Roses devait se développer en 7 volumes. Et l'a presque complètement été. Le dernier volet doit paraître éventuellement. Le quatrième volet devenant son tout premier best seller.

La série télé se développe aussi en 7 saisons. mais qui diffère légèrement, question de toujours surprendre. Et aussi de profiter pleinement des moyens visuels que la télé, budget: cinéma, peut offrir.

Mon fils me harcèle pour que j'écoute les 6 épisodes qui me restent à écouter en ligne. Pour qu'il puisse m'en parler librement.

Je ne trouve juste pas le temps de le faire.
Enfin...je choisis parfois de ne pas le faire...

Il m'a donné un ultimatum.

Avant l'hiver.

`Cos winter is coming...

George RR Martin a 69 ans aujourd'hui même.

mardi 19 septembre 2017

Trois Films en Coït Interrompus (et un faux)

Coït 1:

Henri-George Clouzot a connu l'occupation. Il a même tourné un film, Le Corbeau, en pleine occupation Allemande. Entre 1942 et 1943. Le Corbeau.  Bien que le film s'inspire d'un réel fait divers des années 20, Il s'agit d'une claire métaphore de la délation entre collabos et résistants pendant l'occupation. De plus, le film sera distribué par un distributeur allemand, ce qui fait croire aux gens que Clouzot est lui-même un collabo. Ce qui est tout à fait faux. Le scandale fait du film un énorme succès au box office. Un classique même tellement la qualité est bonne à tous les niveaux.

À la libération de la France, en 1945, Clouzot est quand même frappé d'une interdiction de travail à vie.

Mais grâce à l'activisme de supporteurs comme Jacques Becker, Pierre Bost mais surtout Henri Jeanson. Clouzot revient à la réalisation pour livrer le superbe film Quai des Orfèvres. Qui font oublier à tous, les soupçons pernicieux qu'on lui attribuait.

Clouzot tourne deux autres films, livrés, tous deux, en 1949, puis, en 1952, un autre énorme succès: Le Salaire de la Peur, avec Yves Montand et Charles Vanel. Il est alors surnommé le "Hitchcock français".  Grand compliment.

Sombre et pessimiste, Clouzot est aussi victime de dépressions. En 1947, il est condamné pour homicide involontaire après avoir tué un homme de 71 ans, en conduisant trop vite en voiture.
Ses sujets de films ne reflètent pas la joie non plus. Les Diaboliques raconte l'histoire de deux femmes, découvrant qu'elles partagent le même homme, faisant un pacte pour le liquider. C'est même son épouse Véra, qui incarne l'une des deux diaboliques...
Il tourne un excellent documentaire sur Picasso en 1956, un dernier film avec Vera, puis l'histoire d'une femme (Brigitte Bardot) accusée du meurtre de son amant en 1960. Une histoire co-scénarisée avec Véra.

Cette année-là, Véra, le 15 décembre, décède d'une crise cardiaque à l'âge de 46 ans. Clouzot sombre dans une profonde dépression.

L'Enfer d'Henri-George Clouzot devait être son film suivant. Avec Serge Reggiani et Romy Schneider. Inspiré très tôt de l'expressionnisme, il compte révolutionner le cinéma avec ce film. Il écrit, isolé à Tahiti, l'histoire paranoïaque d'un homme se convaincant que sa femme le trompe avec des hommes comme avec des femmes. Oscillant perpétuellement entre le fantasme (en couleur) et le réel (en noir et blanc). Le film offre de splendides images expérimentales et est extraordinairement en avance sur son époque (1962-1964). Quand la Columbia voit les premières images, ils sont soufflés, ils lui accordent un budget illimité.

La corde du pendu. Clouzot est un perfectionniste légèrement obsessif. Ce tournage précipitera sa chute.

Il tourne des centaines de bobines en couleurs comme en noir et blanc. C'est en découvrant la forme du 8 1/2 de Federico Fellini que l'envie de Clouzot de briser des frontières artistiques lui prend. (Ironiquement, Fellini est mon prochain coït interrompu).
Mais l'enfer de Clouzot est réel. Pas complètement sorti de sa dépression, il fait souffrir ses acteurs en testant leurs limites physiques, morales et mentales et tente de trouver un équivalent plastique dans la musique électronique. Il deviendra prisonnier d'un perfectionnisme qui rend tout le monde à cran. Reggiani quitte le tournage pour l'hôpital. Jean-Louis Trintignant le remplace à la dernière minute mais cette fois, c'est Clouzot qui se tape un infarctus en cours de tournage.

Le film ne sera jamais terminé, monté, ni distribué.

Claude Chabrol, un autre Hitchcock aficionados, adapte le scénario en 1994 avec François Cluzet et Emmanuelle Béart dans les rôles principaux.

On retrouve les bandes originales du film de Clouzot au début des années 2000. Serge Bromberg et Ruxanda Medrea en font un documentaire formidable en 2009.

Mais qu'est-ce qu'on (amateurs de cinoche) aurait aimé avoir vu le produit fini...

Coït 2:

Federico Fellini : a Director's Notebook. C'est Federico qui signera le documentaire sur son propre projet avorté. Après 8 1/2,  donc autour de 1964, il se lance dans le projet de tourner "Le Voyage de G.Mastoria", un projet qui devient vite un projet maudit. Fellini est un homme extrêmement superstitieux et complètement soumis aux voyants et autres types de charlatans du même genre. Le voyant qu'il consulte lui dit que si il complète ce film, Fellini n'en sortira pas vivant. Et ceci lui est dit APRÈS que Dino Di Laurentis, le producteur, ait consenti à débloquer des millions afin de faire construire des décors à la hauteur de son imaginaire. Des décors maintenant construits et qui ne serviront jamais.

Ça suffit pour FF. Il met le projet aux chiottes.

L'histoire racontait l'épopée du seul survivant d'un écrasement d'avion, un musicien, dans un décor entre monde réel et lendemain d'apocalypse. Fellini cesse son tournage, plonge dans le spiritisme pour son film suivant, et réutilisera certaines scènes tournées dans Satyricon, quelques années plus tard.

Coït 3:

My Best Friend's Birthday de Quentin Tarantino.

En 1984, Craig Hamann est un acteur en devenir. Il écrit un script d'une trentaine de pages. Tarantino, alors commis de club vidéo, s'attache au projet comme réalisateur, co-scénariste, (le film sous sa main, passe à 80 pages) et acteur dans le film. Hamann et Tarantino tournent le film sur une période de 4 ans en 16 mm. Pour 5000$. Des amis du club vidéos, des collègues de travail de Tarantino, donc Roger Avary (qui co-scénarisera Pulp Fiction et qui aura sa propre carrière de réalisateur), ainsi qu'Allen Garfield, qui donnait des cours de jeu d'acteur à Tarantino (et Hamann, bien entendu) joueront tous dans le film.

Un incendie dans le laboratoire de films qui traite la pellicule de Tarantino fait disparaître la fin du film et seulement 36 minutes en survivent.

Beaucoup d'éléments de ce film se retrouveront ailleurs. Tous les acteurs seront récupérés plus tard, soit dans Reservoir Dogs, Pulp Fiction et Kill Bill. Le nom d'Aldo Raine aussi. Et le fétichisme des pieds de Quentin est ici confessé pour vrai. Découverte dans tous ses films suivants.

(faux)Coït 4:

Lost in La Mancha de Keith Fulton et Louis Pepe.

Toute son histoire cauchemardesque se trouve ici.

Gilliam a toujours dit qu'un projet de film, si il n'a pas d'obstacles insurmontables à surmonter, ne l'intéresse pas. Il ne pouvait viser plus juste pour ce projet.

Le tournage, avec maintenant Jonathan Pryce, en Don Quichotte, et Adam Driver, en Toby (deux acteurs que j'adore!) s'est terminé le 4 juin dernier.

Ce coît n'en est pas un.

Un enfant approche au cinoche.

Du cinoche qui ne sera pas moche.