lundi 19 novembre 2018

Confuse, Facile ou Libre

Tu appelles ça "Chiller". Elle te dira que c'est un bizarre euphémisme. Tu ne diras pas que c'est ta blonde, même si elle parle de toi, souvent, comme de son chum.

Son nom est Arianne, Camille ou Joanie et elle choisit de ne pas s'en faire pour autant. Elle ne s'en fait pas non plus pour le fait que tu bois beaucoup. Parce que même si tu bois beaucoup, ta personnalité ne change pas comme ses anciens chums. Ça a un lien avec ton champs d'études. Tes études sont trop sérieuses pour que tu ne contrôle plus tes sens sous l'effet de l'alcool.

Elle prétend que tu deviens plus affectueux quand tu bois. Qu'elle le sait parce que tu gardes ton doigt plus longtemps sur l'intercom quand tu sonnes pour te rendre à la chambre de Madame de Pompadour. Que tu lui écris des poèmes. Pas très bons, mais elle ne te le dira pas.

Elle a 25, 28 peut-être 30 ans, elle est plus âgée que toi. Elle oublie souvent son âge. Elle vit seule, avec un chat qui s'appelle Einstein, Goglu ou Monsieur Rufus.

Elle dansait au secondaire, aujourd'hui elle fait encore de la scène. Du théâtre, du chant, du mime, elle récite de la poésie. Danse.

Quand ta soeur et toi iront la voir en spectacle, ta soeur dira qu'elle a toujours cet air de jeune fille droguée. Tu lui répondras qu'elle est toujours comme ça. Ta soeur demanderas "Droguée?". Tu lui répondras qu'elle ne boit pas du tout, mais laisse traîner les mots dans sa bouche comme quelqu'un qui l'aurait fait, le fait. Tu diras que ça te plait.

Arianne, Camille ou Joanie ne te demanderas pas de venir avec elle quand elle appellera un photographe pour une session de photoshoot. Tu ne te considères pas son chum de toute manière. Le photographe s'appellera Sylvain, Luc ou Martin. On lui demanderas où elle l'a trouvé, elle ne s'en rappellera plus.

Sylvain, Luc ou Martin sera trop petit. Petit comme dans "j'en ai été complexé toute ma vie". Il habitera un coin de la ville qu'Arianne, Camille ou Joanie ne fréquente jamais. Au 17ème étage. Dans un studio qu'elle découvrira être son appartement quand elle voit, au loin, une petite cuisine et soupçonne un lit mural. La jeune maquilleuse exigera d'être payée comptant. Elle ressemblera à une coiffeuse. Nancy, Maude ou Julie. Elle maquillera ses yeux afin de les faire ressortir davantage. Elle dira que la partie supérieure de son visage est plus forte que la basse. C'est ce qu'elle retiendras quand la maquilleuse quittera les lieux.

Pas une belle bouche, mais un beau front?
Ça pourrait être pire, elle n'avait rien dit sur son corps. Elle avait même semblé l'envier.
Arianne, Camille ou Joanie était fière de son corps.

Sylvain, Luc ou Martin lui fera porter une robe courte et assez serrée. Le type de robe qu'elle portera peut-être au mariage de son frère. Tu n'y est pas invité.

Après les photos commerciales et les photos pour les agences, Sylvain, Luc ou Martin voudra faire des photos plus le fun. Plus sexy. Elle se changera souvent. Elle aura l'impression qu'il ne manque rien de son corps. Elle se dira que c'est une qualité pour un photographe. Il lui suggèrera de ne pas porter de sous-vêtements afin qu'on ne distingue pas les lignes de ceux-ci sur le textile qu'elle portera. Elle acceptera.

Elle se demandera si c'est pathologique ou simplement inconscient de sa part. Son manque d'inconfort, de stress, d'anxiété. Tout ça ne génèrera qu'une certaine excitation. Elle se verra en Une de magazine. Sylvain, Luc ou Martin n'est pas beau. Rien n'est séduisant chez lui. Il est même un peu triste. Mais il ne fait pas peur. Elle prendra des photos les mains d'Ariane, Camille ou Joanie sur ses propres seins dénudés. Elle fera des faces.

Il se couchera au sol pour prendre des photos, mettra un genou au sol. Courra sur la gauche, la droite. Il aura maintenant l'énergie d'une panthère. Mais c'est elle qui sera en cage.

Sa jupe est montée sur ses cuisses comme elle a déjà vu dans les magazines des milliers de fois. C'est assez cliché pense-t-elle. Bientôt, il a les mains sur ses seins. Et elle le laisse l'embrasser. Elle remarque à quel point c'est désagréable. N'en fait pas un cas. Le goût de sa bouche ne plait pas, c'est tout. C'est plus que ce qu'elle pensait savoir de lui. Elle remarque le son du trafic 17 étages plus bas. La ville rugît. Il l'embrasse toujours et elle ne ressent pas grand chose. Plus curieuse que déçue. Il a son sexe bien sorti de son pantalon. Il est si petit. Elle n'avait jamais vu un petit pénis, maintenant elle croit comprendre ce qu'est, un petit pénis. La curiosité encore. Pas l'excitation. Si petit, même excité pense-t-elle. Elle aura le réflexe de mette sa bouche dessus pour tenter de le faire grossir. Elle croit revivre une scène de Blow Up. En plus poche. Elle se demandera si tout ça ne serait pas plus confortable dans le lit mural. Il a surement 30 ans de plus que moi, pense-t-elle. Ils passent la nuit ensemble. Ils ne dormiront pas beaucoup. Elle fera semblant, beaucoup. C'est une actrice.

Le lendemain elle t'appelleras et te dira que cette fois, c'est elle qui a composé un poème. Un poème au nom anglais : Headshot.

Elle te confessera aussi qu'elle a couché avec le photographe de la veille. Tu en seras blessé. Tu lui diras que tu as déjà eu d'autres copines dans le passé, avant elle, comme elle. Des filles à problèmes.

Arianne, Camille ou Joanie gardera le silence. Elle t'écoutera parler de tes anciennes copines, Nadine, Claudia ou Fanny, qui sont mortes aujourd'hui, ou travaillent très fort à le devenir. Elle te dira "Elle(s) devai(en)t être très belle(s)" . Tu ne sauras trop si elle te dit ça au singulier ou au pluriel. T'écoutait-elle?

Tu répèteras "filles à problèmes". Sans trop savoir si c'est avec fierté ou dégoût.

Arianne, Camille ou Joanie n'auditionnera pas pour le rôle. Elle n'endossera pas le personnage.

Elle n'aura même pas envie de lui dire qu'elle ne fait que vivre son époque.

Vivre son âge.

Elle réalisera qu'elle n'est plus certaine de son âge.

Mais qu'elle est certaine de son corps.


dimanche 18 novembre 2018

Sousdivisions

"...Some will sell their dreams for small desires
Or lose the race to rats..."

La légendaire formation canadienne Rush est entrée dans ma vie en 1983-1984. J'étais en 5ème année de l'école primaire. Par la chanson Subdivisions qui se trouvait sur l'album (le microsillon) Rock 83, qui mettait en vedette des artistes variés qui avaient beaucoup tournés l'année précédente. Men at Work, Adam Ant, Toni Basil, Kenny Loggins et Steve Perry, Missing Persons, Pat Benatar, Billy Idol, Stray Cats, Dexys Midnight Runners & The Emerald Express, Human League, Duran Duran, Ultravox, Divinyls, Bryan Adams et Laura Branigan y brillaient aussi.

Cette ode à l'individualisme de Neil Peart, batteur et auteur des textes du groupe, dont on s'est souvent moqué, était aussi un hymne national pour les introvertis. Les gens aux rapports sociaux plus ou moins réussis. Awkward people dit-on chez les anglos. Les malhabiles de la sociabilité.

Avec le temps, je me suis trouvé une réelle affection pour les maladresses en général. Les imperfections. J'ai même acheté un livre de Tom Rachman, dans une vente de garage dans la cour de l'église de Ste-Marguerite, The Imperfectionists, que je n'ai pas lu encore, et dont je ne sais rien, sur le simple fait que le titre me parlait.

Oui, les imparfaits me plaisent. Une imperfection confirme une certaine vulnérabilité. Une humanité. Ça peut être touchant. Mais les imperfections peuvent aussi être fameusement malsaines

Nos sociétés actuelles ne laissent plus beaucoup de place à la vulnérabilité. Avec la présidence actuelle aux États-Unis, autant qu'en Italie, en France, en Turquie, en Russie, aux Phillippines, maintenant au Brésil! on place au pouvoir des gens (pas en France ou on sent davantage des mouvements dans le cas de la France), des gens épouvantables, préhistoriques, orientant les corridors sociaux vers l'homme "fort", hostile, agresseur.

Ces gens se retrouvent au pouvoir car ils ont réussi, qu'on aime ou non, à se faire l'écho d'une frange importante de la population. Ils ont créé leur propre corridor. Et l'on rempli. Leur sousdivision. Rush plaçait en parallèle, en 1982, les jeunes qui, les vendredis, jouaient aux jeux vidéos, et ceux qui se fréquentaient entre gars et filles en s'amusant en groupe.

On réalise de nos jours que les gens qui avaient du plaisir ensemble, ne sont plus la chose souhaitée. L'individualisme absolu, et malsain, règne partout. Un règne politique comme celui de Donald Trump se travaille dans la division du peuple. Tout noir ou tout blanc. Collaborateur politique ou "lock her up". Ça frise la débilité mentale. Les tons de gris n'existent plus ailleurs qu'au lit. On appelle ça aussi, la polarisation.

Un corridor scolaire pour les gens qui essaient de vivre ensemble, un autre pour les frustrés. Pas de corridors communs.

Je ne le lis pas les tweets de Donald Trump, car je n'ai pas de compte Twitter et n'en veut pas. Mais ses inepties se rendent quand même à nous.

Il accuse je ne sais trop qui de quelque chose en terminant son tweet en disant PROVE IT!.

(...)

C'est toi qui accuse nigaud, à toi de prouver...

La Californie brûle. De braves femmes et hommes, plusieurs Québécois même, combattent courageusement les flammes qui ont fait plus de 1000 disparus et plus de 65 morts. On a même mis les prisonniers à contribution afin de lutte contre la férocité de la chose.
La Californie, qui a massivement voté Démocrate, a reçu de la part de son (sale) président, comme message de soutien, une menace.
Il a grossièrement accusé l'État de mal gérer ses bois. Et a terminé son rot tweet, par "Trouvez un remède maintenant sinon on coupe les investissements!".

Wouf wouf!

Tout à propos de son tweet était une erreur. C'est la Californie qui investit elle même dans la préservation des forêts pas le gouvernement, justement parce que Trump en a coupé les investissements, la Californie paie en fait plus d'argent au gouvernement qu'il n'en reçoit de celui-ci, et bien entendu, pas un mot sur le réchauffement climatique qui est la seule responsable de ce désastre. Mais pourquoi se fier aux faits quand on peut fouetter ceux qui avaient massivement voté pour Hillary?

Donald Trump est le seul idiot qui a vu le film Backdraft et qui souhaitait voir le feu gagner.

Ou sa bipolarité est passée en deuxième mode, ou on lui a fait comprendre que ce type de réaction n'avait rien de présidentiel, mais peu de temps après, il a envoyé ses pensées aux 4000 combattants du feu, aux 52 000 évacués, aux familles des gens morts ou disparus.

Mais dès le lendemain, le vrai Ding Dong Trump est revenu au bâton.

"Avec une bonne gestion des forêts, on peut cesser la constante dévastation en Californie. Devenez Intelligent!"

Le résidu président des États-Unis.

Get smart?
You go first, fuckface.

Division division divisions.

Sousdivisions.

Certains se veulent ensemble en ce moment en marmitant dans la haine.

Dans un corridors de morons.

 "...Any escape might help to smooth
the unatractive truth..."

samedi 17 novembre 2018

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable***********************Ah Um de Charlie Mingus

Chaque mois, vers le milieu, comme je le fais pour la littérature (vers la fin) et pour le cinoche (vers le début), trois passions personnelles, je vous parle musique.

Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ai tant écouté que j'en connais toutes les notes. Je les réécoute régulièrement et redécouvre les nuances et les subtilités pour le plus grand plaisir de mes oreilles. Ces 4 albums sont dans mon ADN.

Par ordre de création:
Blonde on Blonde de Bob Dylan
The Idiot d'Iggy Pop
Low de David Bowie
The Unforgettable Fire de U2.

B.I.B.I c'est aussi moi. Mais c'est également le son de la terminaison du mot habibi, qui veut dire, en dialecte irakien, pays qui a beaucoup besoin d'amour, Je t'aime.

Musique, je t'aime.

L'année 1959 en jazz a été tout simplement phénoménale. Ce sera le sujet d'une autre chronique, probablement en 2019. Pour faire un chiffre rond.

Pour Charlie Mingus, il s'agit de l'année de son 22ème album, son troisième la même année (il en fera 4). C'était toutefois son tout premier pour la compagnie de disque Columbia. Et si ça se trouve, c'est une belle somme des multiples talents du contrebassiste. Si vous vous voulez vous initiez à son univers musical, voici un excellent album à se mettre en oreille.

Il est immédiatement accessible, brillamment sculpté en chansons individuelles, ses compositions et ses arrangements sont extrêmement concentrés, facile à assimiler mentalement, ce sont des morceaux parfois spontanés, mais pas 100% improvisés et free-jazz qui serait parfois dur à suivre.

Son band inclut de solides gaillards comme John Handy, Shafi Hadi et Booker Ervin au saxophone, Jimmy Knepper et Willie Dennis au trombone, Horace Parlan au piano et Dannie Richmond à la batterie (Mingus à la basse/contrebasse, bien sûr). Ils sont, ensemble, d'une précision excessivement habile. 

Il est difficile d'isoler un seul album du Mingus et de le sacrer "meilleur de ses albums", mais celui-là s'en rapproche beaucoup.

La première pièce est un classique de Mingus. Une réelle expérience spirituelle exubérante. Et un morceau signature pour toute ses tournées à venir. Joyeux. Même des voix gospel se font entendre sur le morceau. J'adore le piano de Parlan. Les cuivres sont aussi sympathiques.

Le second morceau est un lent hommage à Lester Young, décédé peu de temps avant l'enregistrement, un autre incontournable morceau du catalogue Mingus. Le tenor du saxophone est tout simplement parfait sur cette pièce.

La troisième pièce est très active et se placerait bien sur une poursuite dans un film de Godard (très en forme en 1959). Swing agressif. Parlan au piano est encore fameux. Mingus fugue de l'index comme un diable.

Le quatrième morceau avait d'abord été écrit pour le premier film de John Cassavettes, un grand fan de jazz, Shadows. Mais pour des raisons budgétaires, on avait pas utilisé le morceau.

Mingus fermait la Face A avec un hommage au Duke. Il emprunte des phrasés à trois de ses propres morceaux musicaux, Nouroog, morceau travaillé en 1957, Duke's Choice, et Slippers.

Contrairement à la croyance populaire, Bird Calls n'était pas une hommage à Charlie "bird" Parker, Mingus voulait simplement faire croire à des chants d'oiseaux en début de morceau. En fin de morceau c'est encore plus évident les petits piaillements.

Orval E.Faubus était un gouverneur de l'Arkansas aussi ridicule que Donald Trump l'est comme président actuellement. En 1957, il avait affirmé haut et fort qu'il était clairement contre l'intégration des noirs à la société civile. Principalement dans les écoles. Défiant même un ordre de la cour supérieure qui a forcé le président Eisenhower à envoyer la garde nationale afin d'assurer la sécurité de tous et chacun. Mingus a rajouté des paroles à sa fable en 1960. Le clown, c'est Faubus. 

Après avoir discuté des oiseaux, Charlie nous parlait des chats avec Pussy Cat Dues. Le solo de base est tout simplement formidable là-dessus. Tout en douceur langoureuse. Comme un chat qui s'étire en ronronnant.

L'album se ferme sur un hommage à Jerry Roll Morton, l'un des touts premiers compositeurs de jazz d'importance.

Un album pour amateurs de jazz, de cuivres, des années 50-60, de musique instrumentale, spirituelle, sympathique, politique, et unique.

Bop.

La peinture moderne de la pochette est de S.Neil Fujita. Celui-ci sera aussi l'auteur des très belles pochettes de Dave Brubeck et Miles Davis.

vendredi 16 novembre 2018

Le Hal de Stan & Stan The Man

Vous avez déjà vu 2001: A Space Odyssey de Stanley Kubrick?

Vous devriez.

Ce n'est pas un film autant qu'une réelle expérience. Tout à fait fascinante de nos jours, alors en 1968...ce devait être encore plus phénoménal.

Si vous comptez ne jamais fumer de cannabis, ce qui est la large majorité je crois, à la fin de ce film, si vous vous laissez vraiment embarquer dedans , de tout vos sens, ce qui s'est fait tout seul dans mon cas, toutes les fois (3) que je l'ai vu, vous sentirez vraiment que vous avez plané. Comme certains le font après un bon joint de cannabis bien calibré.

Ça vous donnera finalement peut-être le goût du joint...

Mauvaise amorce.

Une partie de ce qui fait de ce film un véritable chef d'oeuvre sont tous les choix de Stanley Kubrick autour du film. Dont celui de Douglas Rain, acteur de théâtre canadien, qui avait 32 ans quand Kubrick le découvre comme narrateur d'un documentaire de l'Office Nationale du Film. Il aime tant sa voix qu'il l'engage, afin qu'il soit la voix de Hal, l'ordinateur ayant pratiquement plus d'émotions que les personnages principaux du film. En effet, dans le film, il n'y a aucun dialogue dans les 20 premières minutes et pas plus dans les 20 dernières. Et outre les propos d'Hal, un ordinateur, les dialogues "humains" sont assez banals. Tout est pour l'oeil. Et c'est justement l'oeil de Hal qui fera basculer le film. Mais la voix aussi, celle de Douglas Rain est totalement fameuse.

Croisé de parents canadiens, mais écossais aussi, ayant étudié à Bristol, en Angleterre, étant acteur sur scène dans des pièces comme Henry V, et fondateur du Stratford Festival au Canada tout en étant acteur participant du festival de 1953 à 1998, Rain avait tout à fait la voix pour incarner le mystique Hal, ordinateur trouble qui change la destinée des astronautes.

Kubrick avait d'abord été intéressé par le visuel du film de l'ONF de 1960, et après avoir travaillé un peu avec certains des mêmes opérateurs pour 2001: A Space Odyssey, il avait été mis en contact avec Rain.

Il était une voix aussi rassurante que terrifiante dans le film de Stan.
Il fera principalement du théâtre toute sa vie.

Vie qui s'est éteinte dimanche, alors qu'il avait 90 ans.
Autre Stan.

Stan Lee, comme scénariste et éditeur, aura été essentiel dans le succès international des superhéros des magazines de la compagnie Marvel. Il aura été un titan avec ses dessinateurs Jack Kirby et Steve Ditko. Il a créé des superhéros qui ferait fantasmer des millions de jeunes lecteurs, et depuis quelques décennies, des cinéphiles aussi.

Lee est l'homme derrière Spider-Man, Hulk, The X-Men, Iron Man, The Fantastic Four. Entre autres héros.

En ne demandant que 10% des recettes des films duquel ses héros se sont retrouvés impliqués au cinéma, avec le temps, il a accumulé 10 millions (mais a dû aller en cours pour ça). Il avait commencé ses aventures en magazine il y a exactement 80 ans. Alors qu'il n'en avait que 15.

Il se faisait un devoir d'apparaître dans tous les films de Marvel (et ailleurs).

Stan the Man s'est éteint lui aussi, à 95 ans, le lendemain, lundi.

Hulk, Spider-Man, Doctor Strange, The Fantastic Four, Daredevil, Black Panther, X-Men, Ant-Man, Iron Man, Thor...

...papa est mort.

Mais il continuera de faire naître en des millions de gens, bien des enfants.

Ces deux morts continuerons de faire revivre longtemps encore.

C'est la beauté de tout ça.



jeudi 15 novembre 2018

Spice Girls

Au milieu des années 90, les producteurs britanniques Bob & Chris Hebert veulent former un groupe pour ado de filles, tout comme les boys band font rage avec succès à l'époque.

En 1994, on fait passer des auditions, suite à une annonce et on fait danser 400 jeunes femmes sur une chanson d'Eternal. On fait suivre par une audition en solo pour 200 d'entre elles sur une chanson de leur choix, elles chanteront.
On en garde 12, parmi lesquelles, Victoria Adams, Melanie Chisholm, Melanie Brown et Michelle Stephenson. Le groupe de filles s'appellera alors Touch. En mars, on choisit Melanie Brown, Melanie Laccohee, Lianne Morgan et Suzanne Tinker. Mais en avril, on remplace Laccohee par Victoria Adams, Morgan par Melanie Chisholm et Tinker par Geri Halliwell, qui avait raté la première audition, mais qui déplace tant d'air qu'on doit y faire de la place.

Les 5 filles passent un an ensemble, dans un même appartement, apprenant chansons et chorégraphies, mais surtout, tentant de créer une chimie entre elles. Quelques mois après le début des séances de groupe, Michelle Stephenson est virée et remplacée par Emma Bunton. On ne cherche pas tant de talent autant que des types de femmes et des personnalités. Stephenson ne correspondait à aucun type sinon à celle qui trouve les chansons offertes pour un public beaucoup trop jeune. Sa mère est alors atteinte du cancer du sein et elle sent qu'elle doit être auprès d'elle de toute manière.

Geri Halliwell trouve le nouveau nom du groupe "Spice", tiré du nom d'un de leurs titres en préparation. Simon Fuller devient leur gérant et ajoutera le "girls" quand on découvre qu'une rappeuse porte ce déjà le nom de Spice.

Leur gérance d'alors veut qu'elles s'habillent toutes de la même manière et ne fasse que des reprises. On changera vite d'idée.

Vickky Adams est la plus belle et la plus stylée. Elle devient Posh Spice.
Geri Halliwell a le plus de personnalité et est rousse. Elle a aussi voulu étudier la botanique. Sa plante préférée est la Zingiber officinale (googlez-le). Elle devient alors Ginger Spice.
Mel B. est sauvage et intense après une séance de photo où elle prend toute la place, mais aussi parce qu'à 13 ans, elle avait été engagée comme épouvantail humain afin de faire peur aux corneilles, elle devient Scary Spice.
Grande fan du Great Gatsby, Mel C. appelle tout le monde autour d'elle "ol' Sport". Elle est aussi très sportive et athlétique. Sporty Spice est née.
Emma devient Baby Spice car baby c'est un nom adorable et cute pour la petite dernière dans le band. Et que la rumeur veut qu'elle eût été capable de jongler (oui) avec 6 bébés (!?!).

En juillet 1996, elles prennent le contrôle de la musique pop. Leur carte de visite fait le tour du monde. Elles seront #1 dans 37 pays. Elles seront le meilleur vendeur à vie, pour un groupe exclusivement composé de filles. On lance rapidement un autre single pour battre le fer pendant qu'il est chaud. Puis un troisième, avant Noël. En novembre, leur premier album était livré.
Si la musique intéresse peu, les ventes sont extraordinaires et un mouvement, celui du Girl Power, est en marche. Les Spice Girls gagnent un public de très jeunes filles pleine d'assurance nouvellement gagnée.

Leur gérant, Fuller, les place au jour de l'an pour éclairer Oxford Street et leur déniche des contrats multimillionaires avec Pepsi, Cadbury's, Walkers, Impulse et Polaroid. Les filles co-écrivent leurs chansons. Elles percent le marché américain en 1997.

La minijupe de l'Union Jack de Geri Halliwell fait sensation.

Un livre, un manifeste, mettant en mots ce que serait le girl power, de leur point de vue, vend facilement 20 000 fois très vite le jour même et sera traduit en 20 langues. Un dvd video vendra 500 000 fois.

Devant la reine, elles brisent le protocole. Mel B & Geri embrassent le Prince Charles et lui pince une fesse. God save the Queen!

Un peu plus d'un an après avoir été lancée, les Spice Girls sont à un sommet qu'elles n'atteindront jamais plus. Un second album est produit et vend 7 millions de fois en deux semaines. La même année, elles se joueront elles-même dans un film un peu comme les Beatles lors de la Beatlemania puisqu'une spicemania semble en place. Aussi en 1997, Geri Halliwell pose semie nue, ce qui cause un léger remous. Posh Spice flirte avec David Beckham et les deux commencent à se fréquenter. Ils ne se lâcheront plus jamais.

Entre 1996 et 1998, elles sont littéralement partout sur terre.

Elles enregistrent une dernière chanson à 5 (avec les gars d'England United), pour la Coupe du Monde de soccer.

En mai 1998, Geri Halliwell quitte le quintet, épuisée par la vie de tournée et se prenant la tête trop souvent avec l'autre tête forte, Mel B.

Un dernier video est tourné représentant Geri et portant le mot anglais pour "pour toujours" dans son titre.

Une nouvelle chanson, enregistrée à 4, parue tout juste avant Noël 1998, sert d'adieu à Geri.

Le groupe sera le meilleur vendeur pour un groupe exclusivement féminin avec au moins 86 millions de vente d'albums.

Halliwell lance un album solo en 1999. Puis, un autre deux ans plus tard. Un dernier album solo est lancé de sa part en 2005. Elle obtiendra un certain succès local comme écrivaine. Autant en autobiographie qu'en livres pour enfants (elle est aussi devenue mère). Robbie Williams la sauvera de l'anorexie alors qu'elle ne pèse que 98 livres.

Les Spice Girls, en quatuor, ne feront qu'un seul album ensemble.

Mais personne ne chômera longtemps. Elles étaient beaucoup trop public pour être reléguées si vite à l'ombre.

Victoria Adams, devenue Beckham,  lance un album solo en 2001. La plus photogénique, elle fera beaucoup de caméo dans plusieurs films, étant la moitié d'un couple mondialement populaire, elle fond à vue d'oeil aussi. Sa vie de famille avec le joueur de soccer David Beckham devient un sujet de plusieurs documentaires et de projets télé. Elle fera fortune et sera reconnue comme une brillante designer de mode et une icône, elle-même du bon goût (en commençant par son chum diront certaines). Elle écrira aussi pour le Daily Telegraph et la fortune du couple est évaluée à 508 millions. Elle est maman 4 fois.

Et n'est franchement plus la plus belle, maigre et sensiblement reconstruite.

Melanie Brown lance, en 2000, son album solo. Elle en lance un second 5 ans plus tard. Elle fera beaucoup de télé, tantôt comme présentatrice, tantôt comme reporter, tantôt comme juge. Elle avait, avant les filles épicées, un passé d'actrice. Elle est maman 3 fois.

Mel C aura 7 albums entre 1999 et 2016. Une seule étincelle par ici, avec Bryan Adams il y a presque 20 ans. Mais elle vend autour de 20 millions d'albums sur 19 ans. En Angleterre, elle obtient 11 premières positions. Elle est maman depuis 2009.

Emma Bunton fera trois albums en solo, en 2001, en 2004 et en 2006, avant de commencer une importante carrière en radio en 2009.

Les Spice Girls ont annoncé, (moins Victoria qui est assez riche et occupée) qu'elles reviendraient ensemble prochainement.

Et ça vend encore beaucoup.