samedi 7 novembre 2009

Viva Zapata!


Ben voilà.

Cette nuit je vais couper mes insomnies en deux pour me rendre à l'aéroport.

Destination Cancun.

On se retrouvera dans 7 dodos.

Je pars avec les plus beaux yeux océan/mer de l'univers et le sourire le plus désarmant que je connaisse à mes côtés. Pas besoin de faire de la plongée pour trouver mes perles. Suffit d'ouvrir mes yeux le matin.

Vais faire de la plongée pareil. Tous les jours.

J'ai aussi dans mon pacsac un livre de poèmes de Dany Laférrière (Ça se lit tout seul ça) et Volkswagen Blues de Jacques Poulin. Bon c'est pas un livre full Mexicano mais ça voyage au travers de l'Amérique pareil. Full Americana.

On va plonger au coeur de la H1N1, la prendre par la gorge, lui faire un mauvais parti, lui péter la gueule en sang et vous la ramener. Toute anéantie.

Comme on a fait en exposant la tête de Marie Antoinette. Comme on a fait avec les images de Ceaucescu fusillé ou de Che Guevarra. On reviendra en héros. On exposera le squelette de la H1N1 et les pharmaciens nous haïront de leur voler de la business. On passera à Denis Lévesque pis vous aller brailler de joie. On va faire la mise au jeu officielle entre un capitaine d'une équipe adverse et un assistant des Canadiens au Centre Bell. Tout le Monde en Parle va nous courir après pour leur communion.

On fera une parade à Hunter Jones et TwinTwin Fingling et tous le monde sera fier de nous.

À moins que l'on revienne en même temps que la finale d'Occupation Double.

Là tout le monde va se sacrer de notre retour.

Pas grave.

Ça pourrait être pire.

On pourrait être Brian Collins (Cérébralement mort à 3:37).

Ou

Louis ici.

vendredi 6 novembre 2009

Regards entendus


Fripon Frenette fumait sa clope sur la galerie.

Sur la galerie voisine, son voisin de toujours Butch Chabot. Fumant lui aussi ses bonne vieilles Craven A qui lui donnait ses belles dents jaunes.

"C'est quoi le line-up dans la rue?" a demandé Fripon après avoir humé quelques puffs dans la fraicheur de Novembre. Ils se connaissaient tant entre voisin qu'ils ne se saluait plus. Se saluer était un acquis. Un regard entendu suffisait.

Occupé dans ses mains, Chabot n'a pas répondu tout de suite.

"C'est tu la soupe populaire? on est pas le 1er du mois me semble donc c'est pas le line-up de la caisse non plus..." a continué de s'interroger Fripon.

"C'est le line-up de la H1N1" a finalement répondu Chabot a moitié concentré.

Frenette ne l'a d'abord pas cru.

"Koss tu racontes là toi? c'est à la villa Monsieur Hébert les vaccins pas ici! C''t'a quoi? 5-6 kilomètres!!"

Chabot a levé la tête tout en semblant impatient.

"C'est à la villa mais la ligne s'étend jusqu'ici" a-t-il dit, cigarette au bec.

Fripon l'a dévisagé tentant de deviner une blague.

"Ils disent à la télé que les lignes existent plus que tout va bien, que tout le monde est heureux, pourquoi une ligne ici à l'Île Jézu?"

Cette fois Chabot a cessé de gosser avec ses mains et lui a expliqué.

"Tu sais la tivi, ils font pas le tour du Québec pour vérifier tous les points de vaccination. Ils en vérifient deux trois et si tout va bien par là on répand la nouvelle que tout va bien. Ils ont intérêt à dire cela sinon personne ne voudra venir se faire vacciner. Penses-tu qu'ils sont passés par l'Île Jézu toi?"

"Ils auraient dû on est quand même la deuxième plus grande ville en province!"

"Ils ont dû passer mais pas partout, dans l'ouest ou dans le bout de l'hotel-de-ville et comme on est dans l'est ben c'est tout juste si le système de coupon s'est rendu"

"Ah ils ont le système de coupon?"

"Mets-en!" a renchérit Chabot avec son air d'ours mal lêché puis s'est réappliquer à se concentrer sur ses mains.

"Qu'es-ce que tu fais?" a fini par demander Fripon.

"Je compte mon butin"

"De quoi tu parles?"

"Je fais du scalping pis c'est payant en chien!"

"Hein?"

"Je me pointe ben de bonne heure, je me pogne un coupon pis je le revends au plus offrant au courant de la journée. Je fais ça depuis lundi c'est payant en chien la peur mon gars, très payant."

"Hey c'est pas Jackson Flok-O'Seagal ça là-bas?" a dit Fripon.

"Ah ben je m'en vas le voir y a pas voulu m'acheter les palettes de chocolat de mon petit gars pour son école y va m'acheter mon coupon du jour"

"Tu vas lui vendre ton coupon? le gars c't'un vieil alcoolo promets-lui une bouteille de O'Casey's à la place"

"T'as raison Fripon, j'vas m'essayer sur les petites madames avec leurs bébés c'est mes meilleures clientes"

"La peur...ça à l'air payant"

"Dis-ça au ministère de la santé, man"

"H1N1 c'est pour quoi? Hystérie Nounoune?"

"C'est pour Hammeçonnage National" a dit Chabot avant de se lancer une nouvelle cigarette au bec et d'attaquer le line-up, coupon en main.

"Le vieil Irlandais m'a donné envie d'un Irish Coffee moi, je rentre" a dit Fripon Frenette.

"Gaspatcho, Tequila et des huitres, c'est ça le vrai vaccin"

"Tu vas te faire vacciner toi Chabot?"

"Tu ferais confiance toi en un gouvernement qui commande 12 millions de sac mortuaires alors que nous ne sommes que 7 millions? Si ils ne savent pas compter comment leur faire confiance dans les composantes des adjuvants?"

"Gaspatcho...Tequila...huitres...j'aime...j'essaie"

Les deux hommes se sont lancés un regard entendu.

C'était leur manière de se dire "bonne journée" depuis 71 ans.

Sans jamais avoir reçus un seul de vaccin de leur vie.

jeudi 5 novembre 2009

AMF: Abrutis Mal Fichus


Fallait s'y attendre.

Depuis le jour 1 de l'affaire Norbourg, Le président-directeur général de l'Autorité des Marchés Financiers, Jean St-Gelais essaie de balayer les doigts acusateurs dans une autre direction.

La vérité est que cette fameuse "autorité" a été dévastatrice d'incompétence et presque complice de Vincent Lacroix et de ses magouilleurs. Depuis les touts débuts Jean St-Gelais joue de la langue de bois en conférence de presse et en entrevue. Toujours avec les mêmes yeux coupables du gars qui sait que son équipe à fait patate. N'insistant jamais sur la chose et déviant toute tentative d'accusation à leur égard.

Comme une guidoune qui ne voudrait SURTOUT PAS qu'on évoque la putain.

Voilà que l'AMF choisit, habilement je l'avoue et j'y reviendrai, de se payer une pub de 1 millions de dollars qui se veut une mise en garde contre les fraudeurs potentiels.

1000 fois cette publicité passera sur les différentes ondes télé pendant au moins un mois. On y montre Guy Mongrain, lui-même une victime il y a 18 ans, qui nous raconte comment son voisin et ami lui a volé 300 000$. Mongrain nous conseille sagement d'investiguer avant d'investir. Peu importe la confiance que l'on peut avoir envers la personne qui veut jouer avec votre argent.

Bon.

Je n'ai pas vraiment de problème avec l'idée de prendre nos responsabilités en tout temps. J'ai toutefois une irritation majeure envers ceux et celles qui se déresponsabilisent.

L'AMF est SUPPOSÉE être cette autorité rassurante qui te gardera à l'écart des loubards. Et maintenant cette institution de morons ose te dire de faire SA job?

L'AMF demande en quelque sorte au néophyte de devenir professionel. Fais-tes devoirs parce qu'on les fera pas pour toi. Très irritant.

La pub est habile car elle va chercher une personalité connue qui a un raltivement bon capital de sympathie du public. La même pub avec Jean Leloup ne fonctionnerait jamais. Aussitôt une partie des victimes se dira que si le bon Guy s'est fait piéger et s'en est sorti, je ne suis pas si mal. Je suis humain moi aussi. Je peux rebondir comme lui.

Mais CHRRRRRRRRRRRRRRRRRIST, certains investisseurs avaient laissé leur argent à la Caisse de Dépôt qui ELLE a choisie de le placer chez Norbourg, dans l'antre du Diable.

C'est impardonnable. Et totalement innacceptable de leur part de dire aux gens floués "Vous auriez dû savoir!". Ça doit leur donner des envies de poser des bombes.

Vous vous voyez questionner la Caisse de Dépôt en leur léguant votre argent? Non, ce sont supposément eux les experts, les "pros".

Y a vraiment des coups de pieds aux culs qui se perdent et si oui il faille prendre nos responsabilités quand vient le temps d'investir notre argent, il faut aussi se tenir loin de ses minables de l'AMF.

Avec la tête de St-Gelais au-dessus du foyer.

Lui et ses yeux de chevreuil ahuri au millieu de la route.

Du livre d'Amérique chaud


Je quitte pour le Mexique dimanche.

Fouler les sentier de Poncho Villa.

Je suis toujours à négocier la fin d'un livre de Norman Mailer mais je me sens le besoin de conjuguer mes vacances au Sud avec une nouvelle lecture.

Foglia m'a donné envie de deux Dany Lafferrière ce matin. J'ai toujours trouvé le personnage un peu trivial mais bon, je ne le connais que de naiseries à la télé ou à la radio et son vrai métier, son vrai talent, c'est la plume. Dieu sait que Truman Capote faisait un bouffon de lui en dehors de ses livres et Claude Jasmin n'est définitivement pas mieux. Il faudrait que je lui accorde une chance. je l'ai jamais lu.

Toutefois j'ai toujours de la difficulté à amener mon Québec là où je vais. Je me rapelle une fois être allé à Cuba et avoir amener avec moi Les Chroniques du Plateau de Michel Tremblay. J'y avais lu Thérèse et Pierrette à l'École-Des-Anges. Bien que j'avais les doigts d'orteils dans le sable, j'avais la tête dans le ciment de la cour de récré d'une école de la rue Sherbooke. Ne vous méprenez pas j'adorrrrrrrrrrrrre le béton, encore plus le parfum de la ville mais disons qu'à la plage ça faisait un peu dychotomique.

Pour le Mexique j'aurais envie de quelque chose de plus...chaud...de plus baroque un peu. Out Philip Roth, Out Hunter S. Thompson, Out Réjean Ducharme, Out Jacques Ferron, Out Francis Scott Fitzgerald, Out Bukowski.

Mais d'un autre côté je n'ai pas envie d'Octavio Paz ni de Pablo Neruda ni de Jorge Luis Borges...ça me prendrais un entre deux.

Un Hemmingway, le pied en Amérique le coeur à Cuba l'oeuvre entre les deux.

Mais il ne semble rien y avoir du Mexique qui m'excite au niveau littéraire...

Me suis servi une téquila pour me mettre dans le mood et j'ai appellé ma conseillère litérraire, ma grand-mère.

"Hey Grandma! j'te dérange?"

"Toujours koss tu veux?"

"Je m'en vais au Mexique dimanche pis je reviens l'autre dimanche, quelle genre de lecture que je devrais m'apporter?"

"...Tu me niaises tu?"

"Ben non granny, toi qui a à peu près toute lu et dont l'opinion littéraire se raprroche souvent du mien, que me conseilles tu?"

"Une lecture qui te plaise, BÂTINSSE!"

"Je sais mais...bon...qu'es-ce que tu lis en ce moment peut-être que cela pourrait m'inspirer..."

"Je lis le journal personnel de Kurt Cobain. Je peux tu aller finir de couper mon bois?"

"oui, oui merci..."

Ce sera Dany Lafférrière.
Un pied en Amérique, l'autre à Haïtï, l'oeuvre entre les deux.

Ce sera assez chaud ça.

mercredi 4 novembre 2009

Chevalier de Londres sur sa scintillante bicyclette


Franny Armstrong est une documentariste activiste Britannique.

Elle a été nominée pour un British Independent Film award en 2005 pour son film McLibel qui traitait de la férocité de la compagnie MacDonald's et de ses pratiques douteuses pour imposer sa domination mondiale.

Le 21 Septembre dernier elle lançait son nouveau documentaire-choc sur la détérioration climatique et sur ses potentielles conséquences fatalistes dans un film largment alarmiste intitulé The Age of Stupid.

Comme tous les militants, Armstrong se fait autant d'amis que d'ennemis. Çela est peu important pour ses gens dont la vraie bataille est contre l'indifférence.

Toutefois hier, la réalisatrice de 36 ans a eu droit à un drôle d'affront. Alors qu'elle textait quelque chose à un proche, elle s'est fait pousser sur une voiture assez violemment. Le temps de réaliser que trois jeunes filles d'àpeu près douze ans l'entouraient, elle a d'abord souri croyant à un blague. De mauvais goût mais à une blague quand même. Puis elle a remarqué que l'une d'entre elles avait une barre de métal aussi grosse qu'elle-même entre les mains et menaçait de l'utiliser sur sa personne. Armstrong s'est alors retournée vers la rue pour demander de l'aide à un cycliste qui passait par là.

Le cycliste en question a tout de suite répondu à l'appel en chassant les trois agressives jeunes filles qui fuyaident les lieux laissant leur arme derrière eux. Le cycliste les as poursuivis en les traitant de délinquantes avec leur propre barre de métal dans les mains. Il est revenu vers Armstrong pour voir si tout allait bien et c'est là qu'elle a reconnue...Boris Johnson...le maire de Londres! Elle qui avait voté pourt son adversaire aux dernières élections. Lui qui se prononce contre les conférences vidéo et qui voyage en classe affaires pour tenir cet étranger discours anti-environnementaliste.

C'étais un peu comme si le Doc Mailloux sauvait le président du collège des médecins.

Bon la comparaison est très boiteuse car Rock'n roll Bo n'a rien du docteur Mailloux sinon l'allure du bouffon mais c'est simplement pour dire que c'est un peu l'ennemi idéologique qui a sauvé la militante activiste en détresse.

Fondatrice du mouvement 10:10 qui vise à réduire les émissions de gaz carbonique de 10% d'ici 2010, Armstrong a tout de même réussi à faire monter Johnson à bord du projet alors qu'il l'a raccompagnait jusque chez elle.

Après tout il favorise le vélo au détriment de la voiture, c'est déjà un rapprochement avec les visées de la réalisatrice. Elle qui se dit contre la plupart de ses politiques depuis son arrivée à la mairie mais qui a maintenant la preuve que dans une allée sombre c'est lui le vrai chevalier errant.

Rock'n Roll Bo.

Même si il a une drôle de tête.

Mise en Abîme d'un Danois


Warch Von Chier est Danois.

Comme dans "Gros chien un peu bête". Comme dans issu du Danemark aussi.

Ses parents étaient nudistes et considérait la disicipline des enfants comme une action réactionnaire qui allait à l'encontre de leurs valeurs. Warch Von Chier faisait donc pas mal ce qu'il voulait sans obsctacles. À l'âge de 11 ans il a eu de ses parents une caméra super 8 qui l'a poussé à vouloir étudier en cinéma. Ce qu'il a fait. Il a gradué en 1983 et s'est tout de suite attaqué à une trilogie valorisant l'europe mais surtout une série dont le héros serait le réalisateur lui-même et les moyens techniques de ses films. Trouvailles techniques fort admirables et intéressantes de surcroît rendant hommage au surréalisme Allemand et au cinéma de Von Stroheim.

Son premier long-métrage en 1984 l'a primé au festival de Cannes, rien de moins. De quoi gonfler un égo déjà facilement enflable. Trois ans plus tard il se mettait lui-même et son scénariste en scène dans un film de science-fiction racontant entre autre l'histoire d'un réalisateur et d'un scénariste travaillant sur...le film que nous regardons. Un brin schyzophrénique le film a été mal reçu. 4 ans plus tard il complétait sa trilogie avec un film à nouveau primé à Cannes.

L'égo a refait le plein. Il a fondé avec un ami sa propre maison de production et a réalisé une série télé qui a connu un succès monumental dans son pays et dans le monde ouvrant la porte aux X-Files et autres séries à tendances horrifiantes/surnaturelles.

En 1995, avec un ami réalisateur il fonde un club de jeunes réalisateurs qui ne tourneront que du "vrai". Un strict code d'éthique et de tournage est écrit mais bon...C'est de la technique tout ça, certains le respectent, d'autres en interprête les rêgles à leur manière. Bref c'est radical et sans futur. C'est de la purée pour les artistes rédigé autour de trop de vin, de bière et de fromage tout ça.

Warch en est un artiste.
Un vrai. Avec l'ego d'une cathédrale et la fougue du jeune premier. Mais surtout avec un regard différent et une couleur artistique notable.

Il signe en 1996 un chef d'oeuvre visuel. Son actrice écossaise est nominée aux oscars, son film gagne le grand prix du festival de Cannes, trois prix aux Europeans films Awards, le 1997 British Academy of film and Television Arts Award, Le prix National des critiques et son actrice gagne le prix de la meilleure actrice aux European Awards.

Actrice qui a dû se livrer à beaucoup de nudité dans une mise en abîme fort exigeante. Chapeau à cette actrice. Warch Von Chier prend goût au sexe sur écran et sa maison produit trois films pronos hardcore en trois ans et un quatrième en 2005. Il tourne ensuite un film où les gens sont majoritairement nus et où le sexe est vrai (suivant les règles de son manifeste des années auparavant).

En 2000 il tourne une épouvantable comédie musicale bien reçue par la critique à travers le monde. Encore une fois son personnage féminin, jouée par une chanteuse populaire, s'auto-détruit dans le film. Il tourne trois ans plus tard une fantaisie technique de documentaire et la même année le premier volet de sa trilogie tournée aux États-Unis. Une merde sur l'intolérance où les décors sont imaginés et où une belle rousse est violée avant de mettre le feu à la ville.

Il tourne 2 ans plus tard la suite avec une autre rousse un peu plus jeune mais toujours très jolie encore une fois dans un décor majoritairement imaginé. Une technique de théâtre rarement utilisé au cinéma.

Entre autre parce que ça devient du cinémoche.

À nouveau la principale protagoniste a la vie dure dans ce drame racial raté.

Les accusations justifiées de mysoginie ont commencé à fusé. Le cinéma est un bon refuge our ce type de trait caractériel et le public n'est pas dupe, il voit bien que ce danois mord du mollet féminin.

Il sort cette année un insupportable film d'horreur racontant l'histoire d'un couple qui s'installe dans une maison retirée et assiste à des événements inquiétants suite à la mort de leur enfant. Insoutenable film dont un spectateur en est mort en faisant une crise cardiaque dans le public en Europe.

Mise en abîme encore. Mysoginie toujours.

Warch est devenu frais chié.

Comme une liqueur dégazéifiée:imbuvable.

Dommage, y avait un artiste au début.

mardi 3 novembre 2009

Lenny


Une fois par génération ou à peu près un homme vient tenter de repousser les limites de l'acceptable.

J'aime bien ses rebelles qui, comme moi, dès qu'ils ont une consigne s'applique tout de suite à en étudier les manières de les contourner. Tous les Québécois sont pas mal comme ça. Regardez les gens qui actuellement essaient de se faufiler dans les files de vaccination malgré les consignes.

Lenny Bruce explorait jusque dans les racoins les plus sombres les fantaisies inavouables de son époque : la part sombre des rêves, les désirs et les illusions que la plupart des gens se permettaient d'esquiver du bord de leur conscience sans jamais oser se les représenter. Bruce leur tirait cette part coupable en plein visage à la fin des années 50 et au tout début des années 60.

Légendaire comique, satiriste social, Porte-étendard de la liberté d'expression et martyr de l'élite sociale et du code moral à l'époque de la conformité; Lenny Bruce c'était tout ça.

Son génie se situait dans sa capacité à articuler ses fantaisies sur scène. Un stand-up comic de proffession, un juif à l'accent ruste faisant parti intègre du monde décadent du nightlife de l'époque jazz des années 50, il salait la nuit de ses histoires risquées sur scène.
Dans les années 50/60, être un homme voulait souvent dire vivre chaque moment comme si c'était son dernier. Bruce épousait ce style de vie totalement. Il a révolutionné l'humour Étatsuniens en lui donnant un rhytme de bebop suivant le tempo surréaliste de son imagination.

Eisenhower et Nixon, Billy Graham et le Cardinal Spellman, Lawrence Welk et la Mafia sont devenus ses cibles. Dr. Strangelove, Portnoy's Complaint, Woody Allen et Cheech & Chong doivent beaucoup à Lenny Bruce. Bob Dylan et les Beatles étaient de grands fans de son humour aussi. Les Beatles ont placardé la face de Bruce parmi la foule de leur pochette Sgt Pepper's Lonely Heart Club Band en 1967.

En utilisant l'obscènité (enfin ce qui était jugé obscène à l'époque)comme moteur de création afin d'impacter profondément les répréssions et les injustices de la classe moyenne, Bruce s'est attiré les foudres de l'influente église catholique, de la police et de tout un lot de gens qui ne savaient rien sur lui sinon qu'il avait une sale tronche et une langue trop pendue.

Arrêté jusqu'à 7 fois dans la même ville à sa sortie de scène, banni de l'Angleterre, Bruce a quitté la scène afin de devenir un avocat de la liberté d'expression. Engageant tout un lot d'avocats qui l'ont toujours sauvé devant les juges, sa carrière s'en est toutefois trouvée détruite. Dave Chapelle, South Park, Family Guy doivent toute leur oeuvre aux batailles juridiques de Lenny Bruce.

Mort d'une overdose à l'âge de 40 ans, Lenny Bruce qui n'était plus qu'un pauvre alcoolique incohérent est devenu un martyr à partir de ce moment. Une victime de la conformité.

Alors qu'au fond c'est plutôt son côté auto-destructeur qui l'a achevé.

Lenny Bruce n'était qu'un juif de la classe-moyenne dont la vie était vouée à incarner toutes les fantaisies qui obssédait sa conscience. Un moraliste sur scène il s'appliquait hors scène à se livrer à toutes les immoralités cousines de la criminalité. Souvent payé en argent par la Mafia, il faisait écho à ses impulsions perpétuellement. Ce sont eux qui l'ont guidé vers la chute et la mort précoce. La drogue qu'il consommait en proportion épique, le sexe qu'il préférait spontané, éphémère ou orgiaque. L'amertume revancharde qu'il a utlisé contre sa femme dans des gags douteux sur scène puis son travail avec la police contre les vendeurs de drogue qui le fournissait et l'avait fait coincer.

Moralement ambivalent comme l'Étatsunien moyen de nos jours, Lenny Bruce représentait l'inconscient masculin des États-Unis en incarnant le meilleur mais surtout le pire de l'Homme moyen.

Il a été retrouvé nu dans sa toilette ayant succombé à la "médecine de Dieu" le 3 août 1966.

Seul avec ses aiguilles.
Sa dernière fantaisie.

Bob Fosse a réalisé un fabuleux film avec Dustin Hoffman au sommet de sa forme dans le rôle de Lenny en 1974.

À voir