jeudi 21 juin 2018

Générations

Au Québec, il y a eu la génération silencieuse, celle née avant 1945. Francophones, entourés d'anglos, trop jeunes pour participer aux grands conflits mondiaux, ils sont/étaient comme des Gaulois, en perpétuelle résistance face à l'oppresseur anglais, qui était souvent synonyme de pouvoir, d'argent, expliquant le pouvoir. Le francophone au gros accent étant facile à exploiter, il est devenu facile pour lui d'aussi avoir l'anglo en aversion. C'est la génération qui sera à cheval entre la fraction avec l'église, et le pur investissement catholique.

Cette génération c'est celle de Martin Luther King Jr, du pape François, du Dalaï Lama, de Malcolm X, des frères Kennedy, de Fidel Casto, Che Guevarra, Silvio Berlusconi, Mikhail Gorbachev,  Ursula Andress, Julie Andrews, Brigitte Bardot, John Cleese, Marylin Monroe, Andy Warhol, Jane Fonda, Muhammed Ali, Yogi Berra, Little Richard, James Dean, Clint Eastwood, Gordie Howe, Willie Mays, de mon beau-père et de ma belle-mère.

La génération silencieuse est plus officiellement celle des gens nés entre 1925 et 1944.

Avant eux, entre 1902 et 1924, lors des années folles, on parle de la génération des G.I. Celle trop jeune pour la Première Grande Guerre mais qui irait à la Seconde Guerre Mondiale.

Mon grand-père maternel était soudeur pour la plus grande compagnie de train canadienne et mon grand-père paternel, médecin, ils travaillaient tous deux pour des services essentiels du ministère de la guerre (appelé alors ainsi). Du côté de l'amoureuse, son grand-père paternel était embaumeur et son grand-père maternel, boucher. Ce dernier a feint la folie pour ne pas aller se battre, l'autre avait beaucoup de travail au retour des corps, qu'il embaumait au sous-sol et exposait dans son salon, après que sa femme eût maquillé la dépouille. Entre 9 enfants. Dans une maison trop petite. Où j'ai passé mes 10 premiers Noëls avec l'amoureuse. À imaginer ce salon où nous y buvions, et les âmes qui y traînaient autour. Ironiquement, comme un appel, le résident qui suivra sa famille, dans cette même maison, s'y suicidera.

Cette génération a souffert la Grande Dépression suivie de la grande noirceur dans la fleur de l'âge. Le journaliste Tom Brokaw a écrit sur eux, les appelant "The Greatest Generation".

Avant eux encore, on parlait de la génération perdue. Des gens nés entre 1883 et 1901. Ce sont eux qui se battront dans la Première Grande Guerre. C'est Gertrude Stein qui appelle cette génération ainsi. Ces gens sont aujourd'hui à 99% tous décédés.

Entre 1945 et 1961: Baby boom. Contrairement aux générations précédentes, la/les générations qui suivront feront face à une absence de conflits majeurs fauchant des vies trop rapidement. Empêchant une certaine croissance de la démographie. Avec le baby-boom post 1945, la population croisse immensément. Partout dans le monde. On se révolte contre le pouvoir et les abus de l'église. Les familles de 6,7, 8, 12, 14 enfants ne sont pas rares. Les familles d'enfants uniques sont même louches. Et jugées. Comme toute cohorte massive, des excès sont récurrents, les envies de révolution et de bouleversements sociaux entre autre, qui ne seront pas toutes de mauvaises idées, bien au contraire. Aux États-Unis, c'est la génération sacrifiée au Vietnam, ici, c'est celle qui écoute des chanteurs francophones chanter des airs anglophones traduits. C'est la génération qui rend le divorce moins anormal, tuant le concept du mariage pour la génération suivante. C'est la génération qui fera beaucoup plus d'argent que la précédente et encore souvent toujours plus que la suivante. Le terme "crise de la quarantaine" est créé dans cette génération.

C'est celle de Bill & Hillary Clinton, Steve Jobs, Billy Joel, David Bowie, Bjorn Borg, George, Laura et Jeb Bush, de la Princesse Caroline, du Prince Charles, d'Alice Cooper,  Bo Derek,  Mel Gibson, Micheal Jackson, Elton John, Diane Keaton, Stephen King, Jay Leno, David Lynch, John McEnroe, Wayne Gretzky, Olivia Newton-John, Barack Obama, Willem Dafoe, Dolly Parton, Guy Laliberté, de ma mère et de feu, mon père.

Ils ne nous auront rien rendus de facile ceux-là, sinon une enfance et une adolescent dorée.

Les gens nés entre 1962 et 1976 sont ma génération, la génération X. Comme dans anonyme. Ou éliminé. Douglas Coupland, auteur canadien que j'adore, a popularisé le terme dans son excellent livre de 1991 Generation X: Tales of an Accelerated Culture. Il a aussi inventé un joli terme pour nommer tous ces boulots ingrats dont nous avons hérités, nos parents étant loin d'être prêts à prendre leur retraite à 40 ans: McJobs. On sera toujours l'enfant de nos parents. Très longtemps. Payant et toujours payant, ce qui était si gratuit auparavant. Ma génération sera la première à mettre un pied dans l'informatisation internationale. Mais la moitié d'entre nous serons très informatisé, l'autre pas du tout. Je suis de la seconde branche ayant fait toute mon université jusqu'en 1994, sans toucher à un ordi. On appellera aussi ma génération celle de MTV, car le vidéoclip et surtout l'image, deviennent soudainement formidablement importants dans nos vies. Ce qui offre une drôle de fraction dans les années 80, où plusieurs deviennent conscientisés sur eux-mêmes, et plusieurs autres pas assez. Des images ne survivront pas aux époques sans de larges sourires gênés. L'absence de réels débouchés de travail pour notre génération oblige une débrouillardise qui se traduit pour certains, dans le trafic de drogue. Milieu fameusement payant, très rapidement. Mortel aussi.

La Génération X est celle de Mathew Broderick, Jodie Foster, Johnny Depp, Micheal Jordan, Mario Lemieux, Brad Pitt, Brett Easton Ellis, Robert Downey Jr, Cindy Crawford, Mike Tyson, Boris Becker, Molly Ringwald, Jennifer Aniston, Andre Agassi, Winona Ryder, Kurt Cobain, Leonardo Di Caprio, David Beckham, Kate Moss, Justin Trudeau,  Tiger Woods, Peyton Manning, Reese Whiterspoon, Ronaldo, Elon Musk, Douglas Coupland, l'amoureuse et moi. 

 La génération comprise des gens nés entre 1977 à 1989 sera appelée Y. C'est un concept encore discuté car on les place souvent parmi les milléniaux. Qu'on appelle aussi millénariaux. Puisqu'être compliqué semble une valeur chère à leur génération. Les dates s'étirent alors jusqu'en 2004.

Les auteurs William Strauss et Neil Howe sont largement crédités pour avoir nommé cette génération les milléniaux dans leur livre Generations: The History of America's Future, 1584 to 2069.

Cette génération est largement plus indépendante que les autres, les faisant plonger parfois dans un narcissisme aveugle et inconscient. Ils sont nés avec les téléphones intelligents et l'internet au bout des doigts. Un certain cannibalisme social est né de cette génération. Des interdits moraux sont tombés. Le sexe est exploré de toutes les avenues. Mon fils a un ami qui est aussi attiré par les hommes que par les femmes. À part égale. Ils sont nés avec les réseaux sociaux et en sont le maîtres absolus. Bernant 98% de leurs enseignants. Ils sont ouverts sur le monde et leur impatience se traduit souvent par une saine débrouillardise. Il reste à voir comment réussiront-ils à se placer en société et en milieu de travail, adulte. Plusieurs le font déjà très bien. On leur promet un bel avenir. Un avenir que les X n'auront pas complètement eu. Tant mieux pour eux.

Appartenant à cette génération et ayant cette chance de briller dans leur vie: Mark Zuckerberg, Saoirse Ronan, David Karp, Ben Silbermann, Evan Sharp, Michelle Phan, Prince William, Kate Middleton, Prince Andrew, Megan Markle, Nicki Menaj, Beyoncé, Selena Gomez, Justin Bieber, Ariana Grande, Rihanna, Eddie Redmayne, Jennifer Lawrence, Danica Patrick, Justin Timberlake, Roger Federer, Anna Paquin, Usain Bolt, Bruno Mars, mon fils et ma fille.

Chiyo Miyako a connu toutes ses générations.

La semaine dernière, on apprenait, qu'au Québec, une croissance importante des enfants s'était opérée depuis 2005. Largement et presqu'exclusivement en raison de l'arrivé massive de migrants avec famille et enfants en bas âge. De 12 ans et moins. Une sorte de baby-boom sattellitaire. Dans un pays où on ne les sépare pas de leurs parents à la frontière.

On a d'emblée suggéré un nom pour cette génération (Québéco-canadienne, mais peut-être mondiale aussi) qui débuterait en 2005:

La génération migratoire.

Puisque de plus, nos jeunes voyagent davantage que n'importe quelle autre génération.

mercredi 20 juin 2018

Panneaux Publicitaires, Tout près de Beaumont, Texas

J'ai écouté, la semaine dernière, le dernier film de Martin McDonagh, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri.

Ebbing est une ville inventée. Le film a été tourné, en réalité, à Sylva, petit village en Caroline du Nord. Mais le film, nommé pour 7 Oscars, et qui s'en est mérité 2, pour les performances de Frances McDormand et Sam Rockwell, deux trésors nationaux, a été inspiré de la photo plus haut. Le réalisateur, il y a presque 30 ans, est passé en voiture, sur la route I-10, et y a vu ses trois panneaux.

Vidor Police Botched The Case dit le premier
Waiting For Confession dit le second
This Could Happen To You! dit le dernier

Le courage, la colère, la peine, le désespoir, c'est resté dans la tête de McDonagh toute ces années. Ça l'a inspiré à écrire l'histoire d'une mère désespérée, haranguant la police sur la stagnante enquête qui aurait pu éclairer le viol et l'assassinat de sa fille.

Cette colère, c'est celle de James Fulton, le père de Katherine Fulton Page. Celle-ci est décédée en 1991, elle avait 34 ans. On a retrouvé son corps dans une voiture en feu. Mais après autopsie, on a déclaré qu'elle était déjà morte avant de brûler. Par strangulation.

Dans une poursuite au civil, en 2000, le mari de feu Katherine Fulton Page, Steve Page, a été reconnu coupable d'avoir été responsable de sa mort. Étrangement, cet homme, porté sur l'argent, n'a pas fait beaucoup de prison. Parce qu'être responsable ce n'est pas être reconnu coupable entièrement. La peine est donc réduite. Le père de Kathy croit fermement que le riche homme a payé la police de Vidor pour qu'on enterre l'enquête sur le sujet. Et qu'on ferme les dossiers.

L'autre fille de Fulton, Valentine, 58 ans, a vu le film (pas James) et a vite compris que c'était son père et la mort de sa soeur qui avaient inspiré le sujet.

Fulton promet de toujours revigorer les panneaux, qu'ils paient, dûment, jusqu'à sa mort. Valentine, promet de continuer sa mission si rien ne débloque d'ici la mort de son père. On souhaite une réouverture de l'enquête. Ce que la police de Vidor ne veut pas faire.

Le film de McDonagh est bouleversant. On rit très fort et on a des spasmes de pleurs à plusieurs reprises. Le film méritait toutes les accolades qu'il a eues.

La serveuse de 34 ans n'a plus d'accolades de quiconque depuis 1991. Lors de sa mort, le couple parlait de divorce. Que Kathy voulait à l'amiable et dont Steve ne voulait pas entendre parler puisqu'il fallait séparer leur deux filles. De 11 et 7 ans.
Les deux filles ont d'ailleurs été taxées à l'école face au poids des soupçons autour de leur père.

La plus jeune s'est enlevée la vie en 2011. À 27 ans.

James Fulton paie pour plusieurs autres panneaux, pas ensemble ceux-là, depuis l'attention générée par le film. Dans l'espoir qu'on réouvre l'enquête sur un Steve Page trop libre à ses yeux.

Mais rien ne lui ramènera ni sa fille, ni sa petite fille.

Beaucoup de tristesse autour des Fulton.
Dans le film de McDonagh aussi. Mais on y rit très fort tout autant.

Étrangement.

Je recommande ce film formidable à tous.

mardi 19 juin 2018

Jasheh Dwayne Onfroy (1998-2018)

Je n'aime pas vraiment le hip-hop. Parce que je trouve son univers assez ridicule. Sa vison des femmes, immature et accessoire, et son amour du "gangsta style" ou du "thug life" risible. C'est du bling bling pathétique.

Pas étonnant que, dans les États-Armés d'Armérique, on y périsse plus facilement du fusil dans ce milieu que d'une overdose de drogue.

Jasheh Dwayne Onfroy se faisait connaître sous le pseudonyme de XXXTentacion. C'était son nom de rappeur.
À 4, chez nous, on se partage le Spotify. C'est mon fils et moi qui se le partageons beaucoup plus que les deux autres. Nous leur laissons l'accès à Spotify chaque fois qu'elles le réclament car mon fils et moi...on en abuse.

Bref, un soir, au condo du Nord, tard dans la nuit, entre amis, l'alcool ruisselant nos gorges, je décide de mettre un fond de musique, mais ne réalise pas que mon fils, 167 kilomètres plus loin, est en train de gérer la musique avec ses amis. Il fait jouer l'album ? de XXXTentacion. Et mon oreille adooooore*. Mes amis aussi restent intrigués. C'est quoi ta musique si cool?

C'est pas la mienne c'est celle de mon fils. Quelqu'un qui a son âge. Et que je découvre. Et que depuis hier, certains pleurent. Sans oignons.

Jasheh Dwayne Onfroy est né près de Miami. C'est à Miami qu'il fera son dernier repos. Par le tempe. De descendance syrienne, indienne, allemande, jamaïcaine et italienne, il s'était fait toute une tête, toute en hirsute couleurs et en tatous.

Sa courte vie sera intense. Sa fin aussi.

À 6 ans, 6 ans, il poignarde un homme qui tente de s'en prendre à sa mère. Très jeune, il fait partie de la chorale. Mais en est expulsé pour avoir agressé un autre enfant. Il est trouvé coupable de multiples petits crimes et doit fréquenter le centre correctionnel pour jeunes. Il est trop souvent trouvé en possession d'une arme à feu. Il reste au centre correctionnel presque plus longtemps qu'à l'école.

Il aime le Nu-metal et le hard rock. Il en fait sur certains morceaux qui étonnent l'oreille tranquille. En 2013, alors qu'il n'a que 15 ans, il fait paraître sa première chanson sur le site de téléchargement Soundcloud. Son premier mini album est paru l'année suivante. Mais il est arrêté, la même année pour vol à main armée et voies de faits. Toujours en 2016, il est arrêté pour subornation de témoin, séquestration et voies de faits, pour coups et blessures volontaires sur sa conjointe, alors enceinte. Il prétend, un peu pompeusement, que Drake lui a copié certains passages musicaux.

C'est en mars dernier, exactement quand je l'ai découvert, qu'est lancé son dernier album, ?, qui est celui dont certains morceaux me sont tombés dans le coeur.

Il était une relative merde au civil. Y a pas à dire. Pour lever la main sur une femme enceinte, il n'y a pas beaucoup de justifications à préciser. Faut avoir de sérieux démons dans le citron. Il avait de sérieux problèmes de consommation de drogue. Et il n'est pas difficile d'imaginer qu'un type comme XXXTentacion avait des ennemis. Le milieu du hip-hop le commande par tradition.

En début d'après-midi, hier, à Miami, in the land of the fusil, XXX est au volant de son véhicule quand un Dodge Journey noir aux vitres teintes et aux roues noires s'amène à sa hauteur. À bord de ce véhicule, deux hommes à la peau noire portant des capuchons. Celui qui tirera porte un masque rouge au visage. Ils prennent un sac Louis Vuitton du véhicule de XXX, après l'avoir tiré à bout portant.

À 14h40, on annonce Jasheh Dwayne Onfroy décédé. C'est comme ça que certains partent dans ce milieu.

Scott La Rock, D-Boy, Charizma, Stretch, Seagram, Tupac Shakur, Yaki Kadafi, Notorious B.I.G., Fat Pat, Big L, Freaky Tah, DJ Uncle Al, Jam Master Jay, Sabotage, Camoflage, Half a Mill, Soulja Slim, Mac Dre, Blade Icewood, Proof, Big Hawk, Dolla, Magnolia Shorty, Bad News Brown, Killa Keise, Slim Dunkin, Lil Phat, Pavlos Fysaas, Doe B, The Jacka, Flabba, Chinx, Bankroll Fresh, Lil' Peep et maintenant XXXTentacion, sont tous décédés des coups de fusils d'un autre entre 1987 et maintenant. Ils étaient tous issus de la communauté hip hop des États-Unis. Sauf Sabotage, qui est mort au Brésil, Bad News Brown assassiné à Montréal. Pavlos Fyssas, poignardé en Grèce et Flabba, poignardé en Afrique du Sud.

Le corps de XXXTentacion n'avait pas encore refroidi que Jimmy Wopo était aussi tiré à bout portant. Et en mourrait. Vers 20h, hier, à Pittsburgh.

Ça donne une idée du ridicule du milieu.

Les plus vieux de ses rappeurs avaient 37 ans.

XXXTentacion, 20. Né 6 mois avant mon fils.
Mort brutalement. Bêtement. In the land of the fusil.

Son père m'avait ému, entendant son fils à la radio en Jamaïque, il y a pas longtemps.
Son père est aussi un moyen moineau.

C'est d'autres larmes qu'il a probablement versé hier.

Milieu idiot que celui du hip-hop.

Maudit bon album que ?
Pas tout à fait hip hop non plus. Ce qui doit expliquer mon affection du son.

*Les versions originales sont plus lentes, pour qu'elles passent sans être retirées du net, on les as accélèrées.

lundi 18 juin 2018

En Voiture Sans les Garçons

Les dernières semaines ont été bouleversantes pour les Femmes en Arabie Saoudite.

Le pays a commencé, timidement, à accorder des permis de conduite, aux Femmes. On a décerné des permis à 10 femmes, le premier lundi, puis à 2000 autres la semaine suivante. Cet écran de fumée obscurcit les réels problèmes en Arabie Saoudite, comme la réelle reconnaissance du droit des Femmes, là-bas et la corruption, omniprésente dans le pays.

Les Femmes n'ont toujours pas le droit de voter. L'Arabie Saoudite était le seul pays au monde où ne permettait à aucune femme de conduire une voiture. Ça en dit long sur la valeur que l'on accorde à la Femme.

Aussi étrange que ce l'est à l'écrire, les Femmes d'Arabie Saoudite négocient depuis longtemps leur droit...de se déplacer. Dans un pays sans autobus ou service de transport public. C'est donc un petit changement, arrivant extrêmement tard.

On mousse beaucoup l'idée que les Femmes d'Arabie Saoudite peuvent maintenant travailler, voyager, aller au cinéma, se partir en affaires, elles sont toujours sous la gouverne masculine, sous une tutelle de supervision masculine. De la famille directe idéalement. Et pour tout faire ce que je vous disais plus haut (voyager, se partir en affaires, travailler) elle doit toujours demander la permission à Monsieur. Chaque femme doit avoir une laisse "un gardien".

Les changements cosmétiques prétendus modernes du prince Mohammad Bin Salman ne vont pas jusqu'à faire de la Femme arabe, une citoyenne.

Il y a à peine trois semaines, un groupe de 9 femmes, activistes de la femme au volant, ont été arrêtées pour l'obscure raison "D'avoir collaboré avec des journalistes étrangers". L'une de ses femmes, emprisonnées, a 70 ans. Elles ont fait la Une des journaux, leurs photos ont été publiées et elles ont été traitées comme des traîtres. Mais tout ça reste lourdement vague et ambigu.

Donc que les Femmes puissent aller au cinéma ou voyager, la situation de la Femme saoudienne est encore inhumaine.

Ce ne sont pas toutes les Femmes qui voudront conduire des voitures. Le changement se fait lentement dans ce pays. La plupart n'ont aucune mainmise sur l'argent familial et une voiture, c'est de la dépense. Dépense que ne contrôle que monsieur.

C'est donc une grosse nouvelle, traitée par les observateurs mondiaux comme une révolution, mais une très petite révolution quand même.

Mohammad Bin Salman se fait souvent appeler MBS. Il est le fils favori du roi, en poste depuis janvier 2015. MBS est le successeur du trône. Il a 32 ans. Il sera même roi, bientôt car le roi a 82 ans.

Il a fait arrêter beaucoup de gens très très riches dans son pays en les gardant prisonniers d'un chic hôtel d'Arabie Saoudite, mais a surtout mis la main sur une large partie de leur fortune. Soit de force, soit acheté par les gens d'affaires. Il présente qu'il lutte contre la corruption, mais il y plonge aussi. Il veut surtout montrer que la personne en charge, c'est bien lui.

Ces réformes sont progressistes, mais modestes. Il a dilué la police religieuse, les empêchant d'arrêter quiconque, mais de plutôt référer à la police locale, qui jugera du "crime" ( comme d'être en compagnie d'un homme qui ne serait pas votre mari, crime pour lequel seule la Femme serait trouvée coupable, en tout temps). Ce n'est pas rien. Il a même engagé une filiale de Cambridge Analatyca afin qu'on puisse vendre l'idée, en Arabie Saoudite et surtout, en occident, qu'il est un réformateur moderne.

Mais la Femme a encore moins de droit qu'un enfant là-bas quand même.

Mais elles peuvent conduire leurs voitures sans une odeur mâle dans leur bagnole.

Ce qui n'est pas un grand pas en avant, mais une légère courtepointe dans un grand ballet diplomatique.

Où la Femme avec un grand F n'est pas tout le temps consultée autant que manipulée. 

dimanche 17 juin 2018

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable*********************Jaune de Jean-Pierre Ferland

Chaque mois, vers le milieu, comme je le fais pour le cinéma (dans les 10 premiers jours) et la littérature (dans les 10 derniers), je vous parle de Musique. Avec un grand M.

Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que je connais pas coeur. Qui sont à la fois ma chair et mon sang.

Par ordre de création:
Blonde on Blonde de Bob Dylan
The Idiot d'Iggy Pop
Low de David Bowie
The Unforgettable Fire de U2

Bibi c'est aussi moi. Tout comme c'est la terminaison du terme habibi, qui, en dialecte irakien veut dire "je t'aime".

Musique, je t'aime.

1970.

Jean-Pierre Ferland a 10 albums derrière la casquette. Il chante depuis 1959 et obtient du succès autant ici qu'en Europe. Il chante plutôt lyriquement et garde un côté charmeur et amoureux des femmes, évident.

Quand Ferland, qui a tour à tour été animateur de Jeunesse Oblige à Radio-Canada, récipiendaire du grand prix du festival du disque de Montréal, participant du premier gala de la Place-des-Arts et en tournée en Ontario, L'île-du-Prince-Edouard, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, revient de France, où il a fait sensation, il gagne le grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros. Il se produit à la Comédie Canadienne et à Terre des Hommes. Il sera sur scène avec Marie Laforêt à l'Olympia et à La Tête de l'Art avant de chanter à l'Exposition Internationale d'Osaka.

Les années 60 ont bouleversé les moeurs à travers le monde. 6 de ses 10 premiers albums se sont appelés Jean-Pierre ou Jean-Pierre Ferland. Il chante à la Moustaki ou Brassens, mais sent qu'il a besoin de donner un sérieux coup de volant. Les Beatles et l'invasion britannique sont venus révolutionner le monde de la musique. Ferland se sent un peut trop "square" dans une société de plus en plus "hip". Il a le coeur cool. Et veut le crier.

En studio, il engage trois musiciens des États-Unis. David Spinozza à la guitare, Tony Levin à la basse et Jim Young à la batterie. Le premier sera musicien pour Paul McCartney sur son album Ram. Il sera aussi musicien pour Paul Simon. Le second sera du band de Peter Gabriel, de King Crimson, Asia, Yes, Pink Floyd, Sarah McLachlan, Stevie Nicks, David Bowie*. Le dernier sera batteur pour Frank Sinatra et Ben E. King. Michel Robidoux s'occupera du piano et des claviers qui feront entendre pour la première fois sur un album Québécois, un synthétiseur Moog.

À l'image du Abbey Road des Beatles, paru en 1969, JPF enregistrera un album concept qui ne laisse aucun espace entre les chansons. Les pièces s'enchaînent naturellement comme un long son continu avec variations harmonisées.

L'album, résolument moderne pour le Québec de 1970, a à la production André Perry qui fera un travail hors pair. Il est enregistré dans une ancienne église de Montréal et se vendra à 60 000 exmeplaires dès sa première année. C'est aussi Perry qui enregistrera le Give Peace a Chance de John & Yoko à l'hôtel du Queen Elizabeth.

Jean-Pierre Ferland est né le jour de la fête des Québécois. Dans une semaine, il aura 84 ans.

Il y a 48 ans, il lançait dans la sphère musicale, une galette magique. Qui a drôlement bien vieillie.

JAUNE de JEAN-PIERRE FERLAND

Le disque s'ouvre sur une minute de musique guidée par une guitare et la voix de JPF qui nous invite ailleurs. Et nous dit qu'il faudrait y aller. Invitation à un nouveau son.

La première chanson complète offerte sera vite un classique. Ferland semble y faire son deuil d'un ancien "moi". On raconte que seraient passés en studio Mick Jagger, Cat Stevens et Art Gartfunkel (séparément) lors de l'enregistrement de ce disque.

La pièce qui suit est aussi une chanson qui a traversé les époques et que Ferland n'hésites pas à rechanter en spectacle pour le plus grand plaisir de ses fans qui entonnes tous le refrain. Guido Basso fait l'arrangement des cuivres.

La chanson d'après, est un clin d'oeil à la prison de Sing Sing, duquel le protagoniste chantant serait libéré, après une incarcération de 20 ans. Ferland ramène le refrain de Quand on aime, on a toujours 20 ans, en plein milieu de cette chanson. Les superbes arrangements de cordes sont travaillées par Josiane Roy.

La chanson suivante commence par un roulement de batterie de Jim Young et le leitmotiv musical rappelle un immense hit du printemps 1969. Jean-Pierre se trompe, Dieu n'est pas un américain. Je le sais, je l'ai vue. C'est une belle femme noire. Les Petits Chanteurs du Mont-Royal apparaissent ici pour la première fois de l'album. La construction offre un peu de cabaret, ce qui est fort habile. Dieu est comme aujourd'hui. Fâché. Et comme toujours, à la fin, il s'étouffe dans sa rage.

On entend des papotements au début du morceau suivant. Un fameux morceau chanté avec un accompagnement orchetral qui est l'oeuvre de Buddy Fasano et Ant Phillips. Les Petits Chanteurs du Mont-Royal y sont encore plus présents. Il y a un peu du Gainsbourg de Melody Nelson là-dessus. Sa fille a d'ailleurs repris le morceau en 2009. Il y a quelque chose de joliment sinistre là-dessus. On termine aussi sur des échos de papotements de café.

La pièce qui suit n'est qu'un pont musical d'un cinquantaine de secondes. Elle enchaîne directement avec Y a des Jours. Ces deux chansons n'ont pas de liens cybernétiques. Elle sont plus acoustiques et rappellent le Ferland entre 1959 et 1969. Chansonnier.

Au secours! sont les derniers mots de la chanson précédente. Je le dis moi-même en ce moment car aucun lien du net n'est aussi disponible pour ce morceau. Une autre ballade plus folk que psychédélique qui confesse que JPF ne saurait pas quoi dire à une femme quand il la tient dans ses bras. Me semble, oui. Le dernier 45 secondes est plus électrisé et l'orchestre y est aussi très présent.

L'épilogue en est un faux. Non seulement ne termine-t-il pas l'album, mais il reprend aussi une partie du Petit Roi. Ça ne dure que 1 minute 22 mais offre un rappel aérien de ce qu'on vient d'entendre.

Le dernier morceau est assez inexplicable. Il est en anglais. Le synthé est assez agressant. Les choeurs sont aussi à faire hérisser quelques poils de bras. Pour terminer, l'accent de Ferland est assez pénible. Stick to french, JP!

Un album assez formidable pour nostalgiques, amateurs d'orchestrations, anciens hippies, Baby-boomers, Fiers Québécois, amateurs d'albums concepts, amateurs de jolis arrangements chansonniers.


*Sur Heaten et sur The Next Day

samedi 16 juin 2018

Libres & Braves?

GOD IS NOT GREAT!

La religion est la base de TOUTES les guerres.

L'argent?
L'argent est une religion.

Chrystia Freeland est une femme fascinante. Allez lire sur sa famille, c'est impressionnant. Elle parle plusieurs langues, est diplômée en arts, en histoire Russe, ce qui reste en lien avec sa famille, et est aussi diplômée en littérature de Harvard, est auteure d'une maîtrise en étude slaves et de deux excellents essais . Sa grand-mère maternelle a un passé nazi indéniable, ce qui rend Miss Freeland, tout sauf plate.

Et surtout fort intelligente. On pourrait même dire qu'elle porte le nom de famille d'une super-héros. "Pays libre"

C'est elle qui se rend au marbre pour le Canada pour frapper les balles frondes que nous lancent les États-Unis sur l'accord du Libre-Échange et les illégales taxes douanières sur l'acier et l'aluminium.

Elle est formidable. Formidable parce qu'elle doit négocier avec des intimidateurs, de parfaits perdants et des drogués de la religion.

Jeff Sessions, procureur général des États-Unis, a cité, le plus sérieusement du monde, la bible, en parlant de cette loi des États-Unis qu'on met en place voulant que les enfants d'immigrés illégaux soient séparés de leurs parents à la frontière.
Il a dit précisément, pour défendre l'indéfendable : "Je pourrais vous renvoyer à l'apôtre Paul et à son commandement clair et sage (...) qu'il faut obéir aux lois du gouvernement car Dieu les as décrétées afin d'assurer l'ordre..."

Si il veut citer la bible, on pourrait en parler longtemps.

Enfin, il ne l'a pas dit vraiment sérieusement. Il l'a même dit, sourire en coin. Reste toutefois qu'une trop large partie des États-Unis, intoxiquée par la religion, y a probablement bu dans le calice de la vertu tendu.

Les États-Unis livrent une guerre aux djihadistes.
Une idéologie politique et religieuse, comme deux mains d'une même personne.
En quoi leur religion serait meilleure que celle des autres?
La religion devrait relever du privé, comme aller à la salle de bain.

Ils livrent une guerre au nucléaire.
Ils ont la bombe nucléaire mais personne d'autre n'en aurait aussi le droit.
En quoi ce raisonnement est-il justifié?

Ils livrent aussi des guerres commerciales parfaitement illégitimes au Canada, au Mexique, à la Chine.

Les États-Unis, pour moins, ce sont mérités deux avions sur des tours jumelles, un autre dans un champs et une agression au Capitol en simultanée.

Donald Trump n'est pas en train de transformer les alliés en ennemis et les ennemis en alliés. Il se déclare purement et simplement ennemi des nations lui-même.

Dans sa diplomatie de l'insulte, sur Twitter, il a lancé, en parlant de Kim Jong-Un: "Hey! He's the head of a country, and he's a strong head -he speaks  and his people sit up at attention. I want my people to do the same."

Donald déteste Justin Trudeau depuis le jour 1. Il est jeune, il est beau, il est aimé, populaire, désiré de sa femme, tout ce que Donald envie grandement. Le Rolling Stone a même titré à l'Une, sur une photo de Justin: "Pourquoi notre président n'est-il pas celui-là?". Justin lui fait donc de l'ombre. Pas étonnant qu'il invente des conflits à son égard.

Ce qui est plus impressionnant, et pas dans le sens ravi du terme, est qu'il vante un assassin de son propre peuple, un assassin de sa propre famille, un tyran de la pire espèce emprisonnant tous les gens empreints d'une ombre de liberté mentale et physique.

I want my people to do the same...

Donald exige cela de son peuple. La complète soumission. Il fantasme de dictature.

Le capitaine tweete en déjeunant et les marins ne sont pas encore capables de s'emparer du bateau.

Mais ils le feront un jour.

Avec l'aide du monde entier.

Car un ennemi mondial #1 est toujours battu par la bonne part mondiale.
La part non religieuse. Ou religieuse privée.

Dans la dernière ligne de l'hymne national des États-Unis, on entend:
...the land of the free and the home of the brave!

Je sens les États-Unis si prisonniers.
Et ne bravant que la décence humaine.