mercredi 20 mai 2009

Suspension of disbelief


Hier je me suis couché à une heure indécemment tôt. Et étrangement me lever le matin depuis deux jours relève de la chose la plus difficile à faire pareil.

Tout juste avant de me coucher mon regard a croisé Marie-Chantale Perron sur la tivi faisant du téléthéâtre déguisée en petite vieille dans Nos Étés. Une scène pénible.

Mon "suspension of disbelief" n'est vraiment pas assez solide pour me faire oublier que son personnage est supposé être beaucoup plus vieux que celle à qui elle s'adresse dans sa scène alors qu'elle n'ont probablement que 4 ou 5 ans de différence d'âge dans la vraie vie. Même chose quand je vois Patrick Labbé jouer le père de Sebastien Huberdeau. Zont beau avoir colorié le cheveu de Labbé, fait pas vieux le gars. Je sais qu'au début du siècle on les avait jeunes nos kids mais Labbé l'aurait eu à 9 ans.

Je me suis mis à disgresser dans ses pensées diffuses en route vers le sommeil.

Si on ne fait jamais jouer à des adultes des rôles d'enfants, âge qu'ils on pourtant connu, pourquoi insiste-t-on pour leur faire jouer des rôles d'âges qu'ils n'ont pas connus encore? Bon c'est certain que dans le cas d'un rôle pour enfant, il va de soi que le corps d'un adulte nous ferait rentrer encore plus profondément dans le suspension of disbelief. Mais dans le cas d'un personnage plus âgé, le comédien plonge dans son "idée" de la vieillesse pas dans du vécu. Très souvent cette idée est un cliché qui est une honte pour les Henry Fonda, Rita Lafontaine, Albert Millaire et autre comédiens plus âgés qui doivent trouver aussi gênant que moi ces interprétations caricaturales.

Dans The Reader Kate Winslet est formidable de vérité dans la première partie du film mais quand arrive le procès et son âge supposément avancé tout s'effondre. On voit une actrice qui "joue" la vieille jusqu'à la fin du film et c'est aussi pire qu'un blanc à qui on aurait peinturé la face en noir pour le faire passer pour africain.

Un bon comédien puise dans sa propre expérience de la vie et je comprend qu'on ne fait pas d'un homme qui jouera un violeur un véritable violeur simplement afin qu'il se familiarise avec le rôle. Toutefois je ne crois pas avoir vu une seule fois dans ma vie autre chose qu'un jeune artiste sous une tonne de maquillage caricaturer l'âge avancé qu'il est supposé jouer dans un film ou une série télé.

Bien que je trouve ses performances épouvantables je suis content pour une Guylaine Tremblay à l'aube de la cinquantaine de savoir que la télé Québécoise puisse lui offrir des rôles qui trouvent un écho et chez elle et chez le public. Même chose pour Elyse Guilbeault, Anne Dorval, Danielle Proulx, mais elles jouent leur âge!!
Le Québec est quand même assez bon pour ses femmes à l'écran.

Écran pensé et conçu pour mesdames beaucoup plus que pour messieurs de toute façon.

Voilà probablement pourquoi je m'y reconnais si peu.

Et c'est très bien comme ça ai-je pensé.
Je ne mourrais pas de moins de télé.

Me suis endormi là-dessus.
Mal dormi encore.
Fini dans le sous-sol.

Me suis rendu compte que le cauchemar que j'avais fais la veille n'en étais pas un. C'était bien vrai à la radio ce matin.

Son crime à la petite?
Avoir été adorable
Belle comme Britta.

J'aurais aimé que ma suspension of disbelief soit justifiée.
Faut croire que c'était vrai.

Le monde peut être cet endroit horrible et terriffiant.

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