dimanche 2 août 2020

Le Nouveau Syndicat du Crime

Les 5 familles criminelles de la Mafia sont formées par Salvatore Maranzaro en 1931, suivant sa victoire dans la guerre des Castellammarese. 

La famille Schiro deviendra, avec le temps, la famille Bonnano.
La famille Reina deviendra la famille Lucchese.
La famille Manfredi deviendra la famille Gambino.
La famille Masseria deviendra la famille Genovese.
La famille Profaci deviendra la famille Colombo.

Pas dès 1931, avec le temps. 

Chaque famille avait un territoire bien à lui, clairement démarqué, une structure hiérarchique organisé, se rapportant tous à la même forme de "gouvernement", dont Maranzaro voulait, à l'origine, être à la tête. Il exigeait que chaque famille ait un capo di tutti i capi (patron des patrons) se rapportant à lui. Mais ce type de leadership ne plaît pas longtemps et Lucky Luciano le tire dans son restaurant préféré en septembre 1931. C'est lui qui supervisera et fera les liens entre les 5 familles. Longtemps. Avec succès. De là son surnom de "Lucky". Ses gens obéissent à leur propre règles. Celles qui rapportent. 

On créé alors La Commission, comprenant les 5 familles de New York, les groupes de Chicago, menés par Joe Torio et Al Capone depuis les années 20 (puis Paul Ricca, en 1931 sous les ordres de Capone dans sa cellule quand il est emprisonné pour évasion fiscale) et les familles du crime de Buffalo, qui elles, mettent le pied au Canada, en Ontario, entre autres. 

En 1963, une commission, légale celle-là, se penche sur le crime organisé aux États-Unis. Joseph Valachi nie complètement, sous serment l'existence des 5 familles de New York. Depuis, les familles sont toujours actives et les 5, de NY au moins, règnent encore avec des succès variables. Aucune nouvelle famille ne s'est élevée au rang de 6ème famille. Mais de très nombreuses sous-divisions ont gardé les braises du crime bien actives. 

À coups de morts.

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Dans le monde des affaires, en ce moment, 4 familles règnent en rois et maîtres.

Google menée par Sundar Pichai.
Tim Cook menée par Apple.
Facebook menée par Mark Zuckerberg.
Amazon menée par Jeff Bezos. 

Chacun a fait fortune à partir du web ou des nouvelles technologies. Les compagnies qu'ils dirigent sont si dominantes dans leurs marchés que le Sénat des États-Unis s'est vu forcée de les inviter à expliquer leurs manières la semaine dernière. Les plaçant face à leurs politiques anti-concurrentielles et leurs monopoles. 

Elizabeth Warren, anticipée vice-présidente de Joe Biden, a sur sa plateforme de réformes potentielles, le démantèlement de ces grandes compagnies. Ou du moins, une réorganisation. Une ligne à tracée dans un monde plutôt déréglementé. 

Le débat sur les manières de ses grandes compagnies à débuté quand Cambridge Analytica a utilisé Facebook pour rendre facilement accessibles les données de plus de 87 millions d'utilisateurs de Facebook, dès 2014 jusqu'à l'élection de D.J.Trump.
En avril 2018, Facebook a aussi confirmé recueillir des données sur les internautes, peu importe qu'ils soient enregistrés ou non, sur le site et même s'ils naviguent sur d'autres sites. 

Amazon, Google, Facebook, Monsanto, Uber, AT & T, Verizon, Walmart, Pfizer, Comcast, CVS, sont tous des exemples de nouveaux phénomènes politiques (TOUT est politique, people) du 21ème siècle qui font écho à une forme de gouvernement central autoritaire. Ils sont en quelques sortes des barons du vol, voulant voler et non dominer, et qui arrivent à le faire en dérobant, tout simplement. Google en est un parfait exemple. Bien démontré dans les audiences de la semaine dernière. Un site de critique se plaignait à Google de lui voler ses contenus sans scrupules, Google leur a répondu que si ça les dérangeait trop, ils cesseraient de les faire sortir dans leur célèbre moteur de recherche. Catch & kill

Le web est resté sans supervision légale assez longtemps, l'est encore presque totalement, ça a donné des ailes à une nouvelle ère d'hommes d'affaires habiles à se moquer de bien des lois. 

Il n'existe pas de ligne suffisamment claire entre le légal et l'illégal en ce qui concerne ces 4 grandes compagnies qu'on appelle les GAFA, et c'est précisément pour tenter de tracer cette ligne qu'on a rencontré chacun des dirigeants la semaine dernière. Mais il ne fait aucun doute que des compagnies comme Monsanto, Facebook et Google ont les pieds de l'autre côté de cette ligne. Ils ne font pas parti du marché , ils en sont les dominants souverains. Callant les shots.

Partout en Amérique du Nord, le monopole a toujours été perçu comme l'ennemi du gouvernement. Menaçant la démocratie. 

Ce qui dérange est que, prenons par exemple Walmart, trouvant que Coca-Cola vend mieux avec une saveur précise dans certaines régions, est assez dominante pour leur exiger cette saveur davantage sous menace de retirer leurs produits de leur magasins. Amazon peut facilement faire la même chose. Ils contrôlent alors les compagnies avec lesquels ils font affaire.

C'est exactement comme le syndicat du crime mafieux. Une compagnie a vu l'autre faire avec succès et a dit "hey! faisons la même chose!". 

Et tous ses gens sont morts de rire en ce moment. Avec Sundar Pichai qui jure qu'il sera gentil gentil, ami de la démocratie et gnagnagna.

Avec la désormais multiplication de ces modèles d'affaires, ça ne fait pas de meilleures compagnies, mais des compagnies plus dangereuses. 

Uber est un exemple de dangerosité. Utilisant les innovations technologiques déjà pré-existantes et se moquant de toutes les lois pour établir leur domination partout dans les rues.

Ces gens font du catch & kill.  Et ne cessent d'obtenir du succès

À coups de morts aussi. 



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