lundi 10 août 2020

1976, Les Olympiques Toxiques

Nous serions en pleine folie des Jeux Olympiques d'été en temps, dits, normaux.

Les olympiques des années 70 ont eu leur part de troubles. 

Bon rien par rapport aux olympiques de Tokyo qui étaient prévus pour cet été, et qui auraient originalement pris fin hier.

Munich en 1972, a été marqué par la tragédie politique. 
Mais 4 ans plus tard, Montréal serait aussi étiquetée "Jeux Olympiques troublés".
Principalement pour des raisons politiques, aussi. 

Du 17 juillet au 1er août 1976, Montréal, avec son archi coûteux stade olympique sans mât, tenait ses jeux sportifs internationaux.  On disait des Jeux que l'esprit des jeux avait été presqu'éteint par des vents froids commerciaux et politiques. En effet, au jour 2 des Jeux, la flamme s'éteignait sous la pluie.  

29 pays, la plupart africains, allaient boycotter les Jeux pour des raisons politiques. L'Afrique en avait contre la Nouvelle-Zélande, acceptée aux Jeux, et dont l'équipe de Rugby avait pris part à un tournée de matchs en Afrique du Sud durant l'Apartheid. Ironiquement, ça servirait beaucoup la Nouvelle-Zélande dont le coureur John Walker gagnerait l'Or au 1500 mètres, la compétition largement diminuée par l'absence d'Africains. On se moquait un peu des marqueurs de Montréal, incapables de noter les "10" de la prodige gymnaste roumaine Nadia Comenaci en marquant "1.00". Au pentathlon, l'athlète soviétique Boris Onischenko, se ferait coincer à tricher, ayant modifié illégalement son épée dans une épreuve d'escrime. Il serait disqualifié. 

Le Canada se mériterait le triste honneur de devenir le tout premier pays hôte des jeux à ne pas gagner une seule médaille d'Or. 

La cérémonie d'ouverture (et les Jeux) se feraient dans un stade non terminé, et qui coûterait une fortune, le temps d'une vie. Encore aujourd'hui. Même principalement inhabité. L'arrivée des athlètes Grecs serait presque bloquée par des travailleurs grévistes impayés sur le site. La reine Élizabeth, ne représentant rien pour la plupart d'entre nous, serait invitée par Pierre Elliot Trudeau, contre l'avis de notre premier ministre à nous, qui savait qu'on ne reconnaissait rien à la reine.  Mais comme la princesse Anne, sa fille, était elle-même athlète compétitrice dans l'équipe britannique équestre, et que le prince Phillipe était aussi président de l'International Equestrian Fedreation, la présence de la famille n'était pas que baveuse de la part du père de Justin Trudeau. Toutefois, le test de genre, instauré dans les années 50 quand des athlètes surdrogués pouvaient berner les Jeux en présentant un homme chez les Femmes et vice-versa, mais aussi parce qu'une athlète tchécoslovaque était devenu un homme et une lanceuse de javelot anglaise était auparavant un homme, serait fait sur TOUS les athlètes, sauf sur auprès de la princesse Anne.

Le maire Jean Drapeau avait promis, en 1970, que les Jeux Olympiques se terminant avec une ville endettée deviendrait maintenant aussi possible que la capacité pour les hommes de tomber enceinte. 

Toutefois, la dette post-olympique dépasserait le milliard, 13 fois ce qu'on avait fini par anticiper. Ceci qui offrirait une splendide caricature de Christopher Terry Mosher (dit Aislin) montrant Jean Drapeau enceinte appelant le docteur Henry Morgentaler, historique médecin avorteur. 


Le Big O, en référence au stade olympique, serait aussi caricaturé verbalement en "big owe" puisque pendant plus de 30 ans, les citoyens Montréalais ont continué de le payer. Et l'ont encore fait par la suite, avec ses répétées failles de toile. Qui n'a jamais été complètement rétractable, comme prévu.

Les syndicats de travailleurs québécois avaient réussi à avoir Drapeau là où ils le voulaient, avec dès le départ un retard dans les constructions de 18 mois, ce qui forçait Drapeau à surpayer très tôt. Entre décembre 1974 et avril 1976, les travailleurs seraient aussi en grève pendant 155 jours. Le prix de l'acier, à lui seul, triplerait pendant cette période. La corruption y ferait aussi son chemin. Une connaissance à moi s'est enrichie en étant payé au voyage de camion, en vidant à moitié son camion ;a un coin de rue, pour entrer ce qui aurait dû être un seul voyage, 4 fois. 

Corruption, vol, sabotage, indifférence, chaos, tous les ingénieurs civils allaient se servir dans la caisse des Jeux. 

Ce serait un dur lendemain de veille pour les Québécois. Malgré les bons moments et cette nouvelle ouverture sur le monde, après l'Expo de 1967. 

Le Québec se sentirait grand, tout en restant petit. 

Mais Montréal, bien qu'économiquement brisée, restait cool. 

Pendant qu'à Toronto on fermait les rues à 23h et qu'on se reçevait en prenant le thé et en parlant de la reine, à Montréal, on fêtait jusqu'à 3 h du matin, parfois avec Leonard Cohen et Marianne Ihlen à la table d'à coté. Ou Mordecai Richler s'osbtinant avec Denys Arcand sous le regard bienveillant de Geneviève Bujold aux tables tout près. Ou Lévesque et P.E.Trudeau, jouant au plus fin l'un avec l'autre, le temps de quelques bières dans des nuages de cigarettes. 

J'ignore comment Tokyo se remettra de ce qui arrive à leurs Jeux. Mais je sais déjà que si ça n'a pas lieu l'an prochain non plus, ce sera beaucoup plus catastrophique encore.  

Le problème étant aussi que, comme Montréal refuserait les Jeux en tout temps maintenant qu'on sait l'éléphant blanc que ça fait naître, les gens de Tokyo ne veulent pas reçevoir le monde entier sans vaccin. 

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