vendredi 24 février 2023

Orgueil (Facebook)

Carl est un anti-vax. Il épouse aussi plusieurs théories des conspirations, pense en savoir beaucoup sur le droit et sur la science, et c'est créé une page Facebook anti-masque, anti-gouvernement.

Il y a deux ans, il avait regroupé quelques centaines d'abonnés sur son compte, qui était tout aussi offusqué de la prudence sanitaire qui nous as en partie sauvé, qu'ils étaient anti contraintes de tout genre. 

Elodie, Travaillait dans une épicerie. La consigne gouvernementale était alors de ne circuler nulle part, à l'intérieur, sans masque. Assez simple comme consigne. Mais pas pour Carl, qui faisait de très régulier live de Facebook afin de se vanter d'avoir déjouer les mesures préventives sanitaires, confronté les commis. bravé les interdictions. Ce mardi soir-là, il avait convenu, avec ses co-conspirateurs du secteur, de se rendre un par un dans l'épicerie où travaillait Élodie, sans masque, et de faire un direct de leur intervention. Il avait appelé la démarche "Opération sourire" le but étant de faire une petite épicerie, tout en se souriant entre anti-masque, et de passer à la caisse, et ce même si chaque caissière/caissier avait comme tâche de ne pas servir quelqu'un de non masqué. 

Carl est entré le premier. Seul. Une employée l'a vite intercepté afin de lui dire de porter un masque ou de quitter l'établissement. "Non merci" a-t-il dit, même si ce n'était pas dans le choix de réponses. La pauvre employée, voyant que ses consignes n'étaient pas suivies, à appeler sa supérieure. Mais un mardi soir, même les supérieur(e)s n'étaient pas les plus habitué(e)s à gérer des situations absurdes de week-end. Assez vite, un second anti-vax est entré, sans masque. Puis un couple. Puis une autre. Puis 4-5 autres. Bientôt ils seraient autour d'une vingtaine à fièrement faire leur épicerie et à acheter beaucoup plus n'importe quoi en se filmant, avec une certaine nervosité anxieuse.

Les jeunes employé(e)s du mardi soir étaient vite débordé(e)s. 

Quand le premier anti-masque est arrivé aux bornes de paiement autonome, l'unique moyen de ne pas se faire stopper par une caissière, il a fait l'erreur (ces gens ne sont pas terriblement alertes ni trop éduqués) de tenter de passer une canne de bière. Une employée alerte a vivement saisi sa cannette et a passé scanné les 6 bornes autonomes. Les barrant toutes du même coup. Car quand on achète de l'alcool, une preuve d'âge majeur est nécessaire afin de débarrer la borne. Les anti-masques ne pouvaient alors rien acheter. 

Alors ils se sont mis à japper comme des animaux. Des slogans anti-masques, anti-gouvernement, anti mesures sanitaires, se filmaient pour le direct sur Facebook, en se disant "beau sourire" entre eux, criaient de la désinformation à propos du Covid à qui ne voulait pas l'entendre. 

C'est alors qu'une employée relativement nouvelle, que les autres avaient découverts plutôt réservée,  a explosée. 

"C'EST ASSEZ BANDES DE CRÉTINS!"

Créant un nouveau malaise parmi le malaise. 

"VOUS ÊTES RIDICULES! MON GRAND-PÈRE VIENT DE MOURIR DE CE QUE VOUS PRÉTENDEZ QUI N'EXISTE PAS! je vous hais tous!"

Un autre employé, un jeune homme celui-là, a alors hurlé:

"LA POLICE S'EN VIENT!" 

Ce qui a suffit pour en effrayer plus d'une dizaine qui ont vite quitté les lieux. 

Carl a pris la parole:

"VOUS NE VOULEZ PAS COMPRENDRE! C'EST LE GOUVERNEMENT QUI VOUS ABUSE ET QUI VOUS VIOLE VOS DROITS!"

Élodie, une jeune femme de l'âge de Carl, était à ses côtés. 

"Tu crois tu vraiment ce que tu dis ?" lui demanda-t-elle, calmement, mais avec mépris. 

"Je ne le crois pas, je le SAIS." a répondu Carl. 

Élodie a alors saisi une bouteille de vin rouge et a assommé d'un grand coup, Carl qui  a aussitôt perdu connaissance. Ça a effrayé les anti-masques qui restaient qui ont fui les lieux. 

Élodie a amené Carl derrière, la ligoté au sol dans l'arrière magasin. Mais l'a surtout baillonné et lui a bandé les yeux.  

Elle ne le savait pas encore, mais Carl était non seulement, sans amoureuse, mais sans frères et soeurs, et aussi sans parents. Peu s'inquiéterait trop vite de son absence. 

Et elle savait ce qu'elle faisait. Elle se le gardait pour elle. Elle lui apprendrait ce que c'est de se faire violer ses droits. 

Et elle lui rendait service tout en l'humiliant en le baillonnant comme si il portait un masque. Le prenant en photo sous tous les angles possible, le gardant captif ainsi trois jours. Avant de publier les photos prises, d'un compte anonyme, partout sur Facebook, en réponse aux anti-masques qui publiaient leurs vidéos de leur pélerinage sans masque dans cet épicerie. 

Élodie quittait cet emploi au 4ème jour. Quittait même le pays. Pour aller travailler sur la côte Ouest. 

Carl ravalerait une large partie de son orgueil encore un bout de temps. Ne sait toujours pas ce qui lui est arrivé puisque la commotion subie par la bouteille de rouge cassée sur sa tête lui avait fait effacé une partie de sa mémoire. Et les yeux bandés, il n'a jamais su qui le gardait captif, l'avait laissé dehors dans un endroit indeterminé, en sous-vêtements, après 3 jours de non alimentation, non mouvement...

...non sens. 

Carl était non sens de toute manière. 

Et désormais, légèrement moins fier. 

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