dimanche 4 avril 2010

Cabane à Sucre Banqueroute


Depuis quelques années nous fréquentons en famille toujours la même cabane à sucre.

Au début les enfants étaient minuscules, nous étions sveltes, il y avait des tours de poney, des guerres d'escalades de montagne de neige et mon père plus agité que tout le monde qui naviguait d'une station à l'autre en se sucrant le bec comme c'est interdit.

Maintenant, mon père n'est plus de cette terre, les enfants ont grandi, nous sommes beaucoup plus ronds et manger du sucre en cochon devient presqu'un crime contre notre garde-robe (entendu ce week-end:"j'pensais que je rentrais dans ses jeans là moi?").

Chaque année je ne sais trop pourquoi, je m'attends sans raisons à trouver caché au fond d'une cabane, Tom Waits couché sur son piano qui attend qu'on partage le bourbon avec lui et qu'il se mette au piano avec sa voix de smoked meat.

L'endroit où nous y allons tombe en décrépitude. Là où il y avait autrefois des tours de poney gît une large flaque de bouette. Les seuls ânes repérables sont ses adultes qui essaient de frapper avec un lourde mailloche sur le bout de métal qui fera monter un autre bout de métal vers la cloche 30 pieds plus haut. Vous savez ces épreuves de cirque qui sont supposées déterminer si vous êtes fort ou non? Comme la mailloche est manipulée n'importe comment par n'importe qui, si on ne fait pas attention on peut reçevoir un coup sur le crâne par un mononcle un peu saoûl qui veut piocher sa virilité. Comme il y a assurément eu débordements au travers des années, on interdit maintenant les hommes de varger sur le boutte en métal. "Femmes et enfants seulement" est-il écrit près de la grotesque machine. Ce qui a pour résultat que les hommes attendent tous que les autres aient le dos tourné pour se lancer dans leur démonstration de la connerie.

On a bien voulu faire une guerre de fort cette année encore mais il n'y avait presque plus de neige. Faisait 24! on a pris des coups de soleils. Et on a jamais été aussi crotté. J'ai alors choisi fait un guerre de "fort" avec le beau-frère et j'ai gagné par deux gins, un cointreau et un Dr Pepper (noyé fans le whisky). Puisque j'étais officiellement qualifié pour aller varger sur la machine qui disait si t'étais fort, j'y suis allé. Ça fait mal au dos quand on le fait pas bien. Je garde mon résultat pour moi.

À la cabane à sucre il est d'usage de s'attendre à baisser ses standards d'hygiène quand on se plante à table pour le brunch. La soupe aux pois nous a été servie par un impressionnant obèse qui se léchait les doigts. Une jeune fille s'est ajustée la bobette (le string?) et en avant et en arrière avant de planter sa main dans le buffet et de se raviser sur les pâtés en les replaçant dans le buffet pleine main. Nous avons évité ces petits patés parce que mes yeux était stratégiquement bien placé pour noter tout ça.

La ferme qui animait les plus petits était maintenant remplacée par quelques jeux sans supervision. La première station située avant la ferme était un panier de basket avec un ballon de volleyball. Monkee et moi avons déduit que s'était pour jouer au basket on s'est fait un petit match qui s'est terminé par les deux joueurs se sauvant de la belle qui arrivait en furie de nous voir "embouettés" de la tête aux pieds. Monkee et moi avons trouvé refuge dans la ferme. Là on pouvait au choix faire rouler une balle de golf sur une planche jusque dans un trou, tirer une balle de balle-molle sur 6 carafes de plastique au risque de blesser un passant car le mur faisait rebondir les balles dans le coin de quelques animaux encagés. Le jeu le plus populaire restait toutefois le mur de ballounes et les dards. Seulement deux enfants sont revenus avec des dards dans la joue et j'ai gagné même si j'ai joué tout le long avec un dard dans la fesse gauche sans m'en aperçevoir.

On a voulu donner à manger à la chèvre, au coq, à la bernache, au lapin ou au cochon vietnamien en déboursant 25 cennes de moulée. Aucun animal n'en a voulu. La chêvre a fini par lêcher la main de Monkee faisant tomber toutes les graines dont personne ne semblait vouloir.

Passant la foule de meudames qui faisaient des "oh-oh oh-oh" sur Shania Twain et les gars qui se mesuraient au coup de scie le plus rapide ou au coups de marteau (à relais/par équipe; moyenne de deux bléssés par compétition) sur un clou planté dans une buche; nous avons fait les échanges de chocolat de pâques pour les enfants de coffre d'auto à coffre d'auto dans le stationnement. C'est là aussi qu'on avait fait la champêtre randonnée de cariole tirée par deux chevaux...au travers des autos...

Mais comme nous n'apprenons jamais de nos erreurs et que cette année, Pâques a été particulièrement estival, nos Dora, joueurs de hockey, crocodiles, sirènes et autres poteries en chocolat sont devenues de vulgaires flaques de chocolat fondu dans du carton. Un oeil en bonbon permettait quelque fois de croire que c'était peut-être une fée clochette à l'origine. Mais il y avait aussi Blanche Neige sur la boite et Cendrillon, donc on ne sait plus...

Ce que l'on sait c'est que la Cabane c'est devenu de la marde.

Et qu'elle me doit 25 cennes de moulée.

2 commentaires:

Ugo a dit…

Hello,

I am writing to ask for your permission to use the illustrative picture you had on your blog on "Cabane à sucre" as part of our event poster. http://jones-aucunachatrequis.blogspot.com/2010/04/cabane-sucre-banqueroute.html

We are not-for-profit organisation here in Montreal and we are organising a Cabane à sucre event for the children in our community.

Please let me know if we could use it.

Thanks and kind regards

Ugo
(Art of Raising children)

Jones a dit…

I don't see any problem with it on my end but that picture is not mine either.

I did not ask permission to use it myself.

Not sure if this is of any help.