mercredi 6 mai 2009

Sabotages


Hercule Danlmurre était dans le mood "mauvaise foi".

En voyant l'affiche avec le slogan "Tonifiant et Exalté" au bureau, affiche vantant un nouveau produit lancé par sa compagnie, il avait choisi d'aller trouver sur internet les même lettres et la même caligraphie. Il les avaient imprimés sur l'imprimante couleur et s'était appliqué à faire de l'art plastique si réussi que l'on aurait cru le poster imprimé ainsi originalement.
"tonifiant et exaltant" est devenu "Troublant et Expiré" grâce à la minutie avec laquelle Hercule avait collé chaque lettre pour remplacer l'autre, on y voyait que du feu. Tout le monde verrait l'affiche à côté de la photocopieuse. Et ça prendrait une fraction de seconde avant de réaliser que ce slogan était farfelu.
Il se sentait merveilleusement adbuster

A la suite de la réunion de 10h; où ils étaient tous trop nombreux, tous trop innefficace, tous trop content de se penser être important; alors qu'il avait des tas de dossiers à faire avancer ailleurs et qu'il allait inévitablement tomber en retard à cause de cette réunion mal planifiée, mal menée, mal coordonée, inutile, Hercule a encore flanché. Il a dessiné un beau bonhomme pendu sur un bout de papier, un dessin noir et lugubre, et a écrit "I can`t take it anymore". Il a laissé la feuille au milieu de la table en quittant la réunion afin que celui ou celle qui la trouve lors de la prochaine réunion s'en affole. Tout ça sans qu'on s'en apperçoive bien sur.

En passant près du bureau du seul et unique Billy Shears dont il était jaloux de sa seule et unique Mini-Cooper, une voiture qu'il rêvait de posséder, il a griffoné sur un bout de papier "You car man...that scratch...sorry..." sans signer et en écrivant de la gauche pour tricher son écriture. Il savait qu'ainsi Billy Shears chercherait longtemps sur sa voiture neuve inutilement inquiet.
Ça lui a aussi donner l'idée de se rendre au bureau de Desneiges Laporte qu'il savait en parfaite animosité avec le collègue Clermont Perron. Les deux étant célibataires et Desneige n'étant pas à son bureau il a écrit de son ordinateur un courriel disant : "Salut Clermont, t'es pas mal beau en blond. Tu voudrais venir jouer au curling avec moi samedi? je te paye une slush. Faisons la paix, affectueusement, DesneigesXX".

Sans être vu encore.

En embrassant Émilie dont c'était l'anniversaire et plusieurs de ses collègues féminins qui lui soulignait qu'elles ne le voyait plus depuis qu'il avait changé de département il a répondu " ouin ben c'est parce que j'étais au Mexique aussi toute la semaine passée" avant de quitter une fois le malaise bien planté.

Avant de quitter le bureau il a pris la peine de coller un bout de papier indiquant "out of order" sur 5 des 6 photocopieuses, laissant la plus éloignée sans papier et ayant pris la peine de placer les stocks de papier à l'autre extrémité du building.

Si la compagnie le traitait comme un chien il se comporterait sans problème comme un chien...

...dans une allée de quilles.

Noces de sang


Garcia Lorca a à peine fait mieux.

Ils n'avaient même pas besoin d'une famille rivale.

Même pas deux clans.

Juste un gars qui aime une fille.
Une fille qui en désire un autre.
Et cet autre qui l'épouse.

Classique.

L'amour dans un bain de sang.

Les huit suspects appréhendés ont été arrêtés dans le village de Bilge en Turquie. Ils avaient tous le même nom de famille.

Le religieux musulman venait tout juste de terminer la cérémonie du mariage quand quatre homme masqués lourdement armés sont entrés dans le village et ont ouvert le feu sur la foule tuant 45 personnes. Puis, en proie à la démesurée folie meurtrière, ils ont fait irruption dans plusieurs maisons, en continuant à tirer.

Les assaillants ont traîné des femmes et des enfants dans une pièce et les ont arrosés de balles. 6 enfants, 17 femmes et 21 hommes ont été tués. Les deux fiancés, les parents du jeune homme, sa soeur de quatre ans, et l'imam du village ont tous été tués aussi. 70 enfants ont perdu au moins un de leurs parents dans le massacre.


On a d'abord pensé à la rébellion kurdes, à du terrorisme politique. Les rivalités sanglantes sont courantes dans les régions kurdes de Turquie, où perdurent des traditions moyenâgeuses. Les cagoules, l'utilisation des armes à feu, les rafles aveugles, ce sont les techniques des rebelles.

Cette fois c'étais l'amour rebelle.

Les larmes n'étaient pas des larmes de joie, les bruits sourds ne venaient pas de l'orchestre maison, les cris étaient des cris d'horreur.

Elle était prise entre deux hommes. Elle en a choisi un. L'autre a plaidé sa cause en vain jusqu'à la fin. Largué par la belle, il a perdu la boule.

Il a choisit de perdre dans le délire.

En fauchant exclusivement des innocents.
Ou plutôt des coupables d'amour.

Mille amis n'est pas trop,
Un ennemi, c'est beaucoup.

C'est maintenant clair.
Elle aurait été tellement mieux avec lui.

mardi 5 mai 2009

Fermer sa gueule (ou pas c'est selon)


“heyyyyyyyyy tu t’es fait couper les cheveux?”

“oui” a-t-elle répondu car elle passait de long à plutôt court, le changement sautais aux yeux.

Normalement c’est ici que devrais arriver la ligne “C’est beau” ou “ça te fais bien” ou “wow”.

Quand ça se transforme en “Ça te change“ ou “Ça fais différent“ c’est que c’est raté.

Aussi ben fermer sa gueule dès le départ et ne pas remarquer que les cheveux sont radicaleemnt changés.

C’est comme cette question kamikaze “votre bébé comment vous allez l’appeller?”. On court toujours le risque de se faire répondre :”Rododendron” ou “Cellophane” et essayer de dire que vous aimerait ça par la suite. Aussi ne jamais la poser la question on vous le dira bien de toute façon.

Au travail, on a quelques fois des postes de radios qui viennent diffuser en direct de notre business. Il y a deux semaines ils étaient venus et peu de gens s’y étaient intérressé. Faut dire que les deux mornings men commencent à 5h du matin et terminent à 8h00, heure où plusieurs employés ne sont même pas arrivés encore au bureau. Comme je suis de ses oiseaux du matin qui pointe vers 6h30 je les avais croisés ce matin là, les deux animateurs, le régisseur, moi les yeux dans le beurre. Dans l’intimité solitaire du gars de radio qui diffuse pourtant pour des milliers d’oreilles en ville.

Ce matin ils étaient de retour. Le grand grand patron, le #1 de la compagnie, Butcher Moneymaker, était convivialement assis dans un des deux sofas alignés tout près de leur table de diffusion. Il voulait probablement se reprendre pour une première emission où les deux même gars avaient diffusé dans la presque totale indifférence.

Dans la grisaille mentale du matin j’ai essayé de passer inaperçu entre eux. Le beigne au chocolat stuffé entre mes dents ne m’a pas aidé et tout de suite Moneymaker m’a fait m’assoir avec lui.

“Heeeeeeeey Jones, join me!” a t-il-dit avec un feint émerveillement m’invitant à poser mon séant sur le siege à côté du sien. Il était perceptible pour l’oreille fine d'entendre une pointe de deception dans sa voix. Il voyait arriver un employé probablement pas assez coloré à son goût pour représenter la compagnie à deux stars de la radio.

“Sooooo you guys happy about the great numbers of the week-end hein?” m’a-t-il demandé confirmant que malgré mes presque 4 ans ici il n’avait aucune espèce d’idée de mon travail dans la bâtisse.
“yes great numbers” ai-je dit sans savoir du tout de quoi il parlait et apréhendant les potentiels détails de la suite de la conversation.
“Good work from your team!”
“Working hard” j’ai continué souhaitant vivement changer de sujet, à qui croyait-il parler?
Les animateurs de radio ont profité d’une pause commerciale pour venir nous jaser ça.

Maudit que je ne suis pas naturellement "people". J’ai majoritairement écouté les échanges artificiels entre les deux animateurs et notre grand grand patron sur les prédictions des séries de LNH et j’ai accéléré l’ingurgitation de mon beigne calorifique afin d’excuser mon manque de participation au sein des propos plats du moment. J’ai fais rire tout le monde dans ma seule intervention qui ne se voulait même pas une blague. (C’est vrai que le gilet des Nordiques étaient le plus beau avec ses fleurs de lysé)

C’est Jessica Strikingbod qui est venu mettre fin au supplice. Avec les chaleurs récentes elle est apparue dans la plus petite robe d’été au monde. Donnant des chaleurs aux 5 boyz sur place. Une jupe trop courte et une camisole blanche, donc pratiquement toutes deux transparentes. Et qui étaient merveilleusement coordonées avec ses longues jambes lisses et sa poitrine généreuse. Moneymaker en a presque renversé son café, je me suis étouffé avec mon beigne et les deux animateurs et le régisseur ont booké pour demain matin mais à l'étage où elle travaille si possible.

Elle est passée devant nous dans le silence le plus religieux qui soit.

C’étais un moment pour tout simplement fermer sa gueule.
Un moment de pur anthologie masculiniste.
Un mirage de vestiaire de hockey.

C’est là que Pignouf Dubrovnik a dit du haut des marches
“Hey jess t’as changé tes cheveux?”
Alors que nous étions 5 plus bas à la regarder monter les marches dans un angle douteux.

Le visage rosé. L’oeil torve

Là j’ai scoré pour le boss.
“ah? elle avait des cheveux?”

J'avais gagné ma sortie.
J’ai quitté enterré par les rires.
Je n'ai pas fait de rappel
J’avais un beigne à finir.

Mononcle


Ce soir à la télé il y aura la première de deux émissions sur la rivalité Canadiens/Nordiques.

Tout le Monde En Parlait le nom de l'emission.
Anne-Marie Dussault à l'animation.
Mais vous ne la reconnaitrai pas.
Son visage a été "reconstruit".
Deux émission car il y a beaucoup de matière autour de cette rivalité.
On pourrait facilement en faire un film un jour (et un film d'horreur sur le nouveau visage d'Anne-Marie Dussault).

Dans le temps j'habitais le 418. La ville devenait complètement scindée en deux lors de matchs Canadiens/Nordiques. Moitié fleurdelysé, moitié tricolore.
Mononcles en devenir, on quittait l'école secondaire et on se pointait au sous-sol d'un bar où n'aurions jamais dû être accepté (merveilleuse C.S.). On se faisait croire qu'on connaissait le hockey plus que quiconque et on passait la soirée à se narguer d'une table à l'autre à grands coups d'onomatopées.

C'étais des soirées remarquables.
Juvénilement remarquables.

Nous avons grandi et regarderons probablement cette émission ce soir avec nostalgie.

Comme les mononcles que nous sommes devenus.

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Réjean Tremblay est un journaliste dit "chevronné".

Détenteur de deux baccalauréats, en lettres et en pédagogie, Réjean Tremblay a fait ses débuts à La Presse en 1974. Il a couvert les Jeux olympiques de Montréal, de Moscou, de Sarajevo, de Los Angeles, de Calgary, d¹Albertville, de Lillehammer, de Nagano et de Salt Lake City. Spécialiste de hockey et chroniqueur, il a suivi le Canadien pendant plusieurs années et a couvert les grands prix de Formule 1 pendant huit ans. Son parcours a été bien récompensé par quatre prix Gémeaux et le prix Jules-Fournier de l¹Office de la langue française du Québec, en 1983. On lui doit aussi une vingtaine de miniséries et de téléséries, qui ont toutes connu de très grands succès médiatiques. De Lance et Compte à Casino en passant par Scoop, Urgence, Miséricorde ou Réseaux.

Il a vécu l'époque Canadiens/Nordiques. Il a aussi vécu la glorieuse époque des Canadiens des années 60/70. Une équipe sportive extraordinaire. Peut-être parce que justement il a vibré avec les Béliveau, Henri Richard et Guy Lafleur penchait-il du côté des Canadiens. Peut-être parce que, travaillant à Montréal pour La Presse et les couvrant, découvrant Mario Tremblay du même coin que loin, s'en faisant des amis il était tout à fait légitime d'avoir le coeur plus Canadiens que Nordiques. Mais peut-être aussi que puisqu'il est originaire du Saguenay, les Nordiques avaient une petite place dans son coeur aussi. Le Saguenay étant presque 100% Nordiques.

Peu importe.

Ce matin Réjean Tremblay signe un long plaidoyer émotif sur "l'injustice" commise à l'égard de Guy Lafleur.

Juvénilement remarquable.

Il a vieilli mais regarde les Canadiens avec nostalgie.

Comme le mononcle un peu désillusionné qu'il est devenu.

Fera pas un jour de prison le démon blond.
Et si il en fait là on pourra commencer à s'énerver le ponpon.

lundi 4 mai 2009

K.K.


Ken Kesey s’est porté volontaire en 1959 comme cobaye dans un projet financé par la CIA sur l’étude des effets des drogues “psychoactives” sur l’homme.

Ce passage cimentera l’homme jusqu’à la fin de ses jours. LSD, psilocybin, mescaline, cocaine, AMT et DMT et effets hallucinogènes étaient au menu.

Ce rôle de cobaye doublé de son travail de nuit au Menlo Park Veterans' Hospital où il dialoguait souvent avec les patients dits “fou” ont été les moteurs d’inspiration pour son chef d’oeuvre One Flew Over the Cuckoo's Nest publié en 1962. Kesey, très souvent lui-même sous l’effet de drogues hallucinogènes, trouvait que la ligne entre la dite “folie” des patients de l’hôpital et les gens “normaux” était très fine. Ils ne les considéraient pas comme fous autant que comme de simple gens vivant hors normes, non-conventionellement. majoritairement des incompris. Ce propos transpire son oeuvre adapaté au théâtre, puis au cinéma par Milos Forman.

Suite à son passage chez des gens plutôt excentriques, Kesey est tombé amoureux du tempérament des artistes et de leur style de vie. Avec le succès de son livre il a pu se payer une maison dans les montagnes de San Francisco où les populaires partys (qu’il appelait les “test d’acides”) impliquaient souvent des black lights et des stroboscopes. Ses grandes fêtes de l’amour libre sont bien documentées dans la nouvelle de Tom Wolfe The Electric Kool-Aid Acid Test. Le poète Allen Ginsberg s’est aussi beaucoup inspiré des effets psychédéliques de ses soirées organisées par Kesey dans ses oeuvres.

Trop jeune pour les beatnik, il a quand même tenu compagnie à Ginsberg, Jack Kerouac mais surtout Neal Cassady.
Trop vieux pour les hippies ça ne l’a pas empêché de faire émerger The Warlocks qui deviendront The Grateful Dead.

Avec Cassady et des amis artistes il fonde les Merry Pranksters qui feront le tour de l’Amérique dans leur autobus dans le but d’intégrer l’art dans la vie de tous les jours. En 1965 un mandat d’arrêt est émis contre lui pour possession de marijuana. Dans le but de tromper les autorités, il stationne son coloré autobus au sommet d’une falaise et écrit la note de suicide: "Ocean, Ocean I'll beat you in the end.". En réalité, il fuit au Mexique dans le coffre de la voiture d’un ami. Il sera arrêté 8 mois plus tard et fera 5 mois de prison.

En 1975, Miloš Forman tourne une adaptation cinématographique de One Flew Over the Cuckoo's Nest qui remporte tous les honneurs aux Oscars. Meilleur film, meilleur acteur (Jack Nicholson), meilleur actrice (Louise Fletcher), meilleure réalisation (Forman) et meilleure scénario adapté pour le cinéma (Lawrence Hauben & Bo Goldman).

Kesey était à l’origine impliqué dans le développement du scénario mais a quitté après 2 semaines de préproduction déçu du choix de ne pas faire raconter l’histoire du point de vue du personnage de Chief Bromden comme il l’avait écrit dans le livre. De plus il aurait voulu Gene Hackman à la place de Jack Nicholson et souhaitait avoir plus que le 20 000$ qu’on lui offrait pour son script.

Il s’installe dans sa ferme familiale à Pleasant Hill, Oregon dans la vallée de Willamette où il passe le restant de ses jours, écrivant des articles, des livres, (principalement des collections d’articles) et des nouvelles.

Il meurt en novembre 2001 des suites de complications suivant une opération au foie.

Libre comme je rêve de l’être.

dimanche 3 mai 2009

J'ai couché avec Robert


Je crois que je deviens gai.

C'est vrai j'aime le Franz Ferdinand dance, je suis toujours rendu à la bilbliothèque et je m'intéresse à la mode et au design d'intérieur.

Au rhytme où nous pratiquons l'art de fabriquee des enfants ma blonde n'est pas d'accord mais encore hier quand je suis passé chez RONA j'ai bien vu que je n'avais rien en commun avec ses inconnus qui deviennent tout de suite des amis tout simplement parce qu'ils s'intéressent au même outil.

"Je te dis mon homme ça te fait lever le clébard tout seul"
"beau pied de biche c'est vrai"

En les écoutant finalement je me suis trouvé pas mal hétérosexuel...

Surtout que le fille à la caisse était tout ce qu'il y a de plus désirable. Un clone de Catherine-Anne Toupin. Bien que je savais à peu près ce que j'allais chercher je me suis quand même rendu la voir afin de plaider l'ignorance.

"Vous semblez vous ennuyer, avouez-le vous ne deviez pas travailler et ne deviez pas être ici aujourd'hui n'est-ce pas"
"Je ne suis pas ici je suis encore sur la soirée d'hier"
"Une soirée heureuse j'espère?"
"Pas tellement, tout le contraire même, je peux vous aider?" elle a dit ça avec un ton sec et coupant toute tentative de pousser le jeu de la séduction plus loin.
"Je...je cherche ceci" et je lui ai pointé mon sac de semances d'herbe. (Non pas mes couilles bandes d'esprits mal tournés un vrai sac de semance!)
"Section 5 dehors" m'a-t-elle dit sans intérêt aucun et bête comme un employé de la STM.
Elle m'a laissé m'éloigner puis je me suis retourné et j'ai fait mon fendant:
"Tu sais y a personne qui te force à faire du service à la clientèle tu peux choisir de faire autre chose si tu veux, l'air bête est pas nécéssaire"
"Ma blonde m'a laissé hier je suis pas capable d'avoir un autre air" a t-elle répondu.
j'ai dû lui faire la face de l'enfant qui surprend ses parents à baiser.
"Ça non plus c'était pas nécéssaire me dira tu et tu auras raison, dehors section 5" a-t-elle rajouté.

Je me suis dis quel les peines d'amour peines entre conjoint de même sexe doivent être particulièrement douloureuses. Les homosexuels sont pas mal moins facile à trouver. Ils s'affichent moins en général.

Revenu chez moi je me suis procuré le dernier effort de Bob Dylan. Comme je n'ai pas pu me soustraire à toutes sorte d'obligations dans mon samedi je n'ai pu l'écouter que tard en soirée vers 23 heures. J'ai téléporté les chansons de Together Through Life sur mon ipod et me suis couché avec les écouteurs pour les découvrir.

Comme je m'étais tapé une royale insomnie la veille, j'ai couché avec Bob.
D'un ton blues et cajun que ne renierais certainement pas Zachary Richard, Dylan nous sert sa voix de grand-papa qui a trop fumé(de plus en plus près de celle de Tom Waits d'ailleurs). 45 minutes de rythmes vieux jeu co-écrits avec le parolier des Greateful Dead Robert Hunter étendues sur 10 pièces saveur tex-mex de vieux fond de bar. Voix de whisky et emprunts multiples à Willie Dixon. Tellement que sur l'une des pièces, My Wife's Hometown, le vieux Zimmerman s'est senti obligé de créditer Dixon aussi.

La surprise est apparue au onzième morceau. Qui est en fait une des émissions qu'il anime sur XM radio (d'une heure!)Dylan y fait jouer ses trouvailles musicales du passé. Un peu comme Elvis Costello le fait présentement sur les ondes de CTV. Toutefois Dylan joue le rôle d'un animateur radio nocturne aux allures de corbeau.

J'ai été agréablement accompagné dans mon sommeil.

HEY!

Z'avez vu la pochette de cet album?
Je le savais je suis gai.

samedi 2 mai 2009

Assis sur un Corn Flake


Mon ordinateur personnel commençe à manquer d'espace.

Impossible de l'ouvrir sans que le coin gauche de mon écran ne me rappelle que l'espace restant sur mon disque dur est maintenant très faible.

J'ai donc choisi d'écouter un des films que j'y avais, idéalement un long et lourd pour qu'une fois que je l'eûsse écouté je puisse m'en débarrasser.

D'emblée je le cri, voire je le chante sur tout les toits JE DÉTESTE LES COMÉDIES MUSICALES.

Dès mon tout jeune âge je lâchais un sacre (d'enfant) en voyant un personnage passer de la réalité au chant. Je n'ai jamais eu le "suspension of disbelief" nécessaire pour pouvoir croire en deux gars avec un canif qui veulent tuer un troisième en chantant et en dansant. De plus les acteurs surjouent très souvent leur scènes et sont ainsi forcés à la démonstation de ce qu'ils chantent dans des mise-en-scène douteuses. Le comédien chante " I am breaking your heart" et vous le verrez mimer le mouvement de briser une branche.

Across the Universe avait tout pour me déplaire. Il commence avec du chant directement à la caméra, se termine avec du chant, PIRE se termine même sur un "pause".

Et pourtant j'ai trouvé le film sensationnel.

Même la mise-en-scène ne faisait pas défaut. Elle était même très remarquable et fort-à-propos. Le scénario à quatre mains de Dick Clement et de Ian La Frenais a cerné parfaitement l'univers de Beatles dans unehistoire qui n'est pas celle des quatres garçons dans le vent mais qui s'en inspire à 100%. L'univers des Beatles sert de véhicule et de prétexte à une histoire d'amour qui se déroule entre 66 et 70. Et c'est un délice. En grande partie grâce au génie de mélodiste de Lennon/McCartney/Harrison. Mais aussi parce que Joe Anderson (que j'avais découvert sous les traits de Peter Hook de Joy Division/New Order dans Control), Jim Sturgess & Evan Rachel Wood portent très bien le film sur leurs épaules sans trop caricaturer les chants. On se surprend à chanter All You need is Love ou Because ou Something devant son ordi. Des chansons qui ne me plaisaient plus des Beatles comme Strawberry Field Forever, Hey Jude ou Don't let me Down m'ont beaucoup charmé. Cette dernière m'a presque fait naitre une larme.

Des caméos judicieux de Joe Cocker (en robineux, en pimp et en hippie camé) Salam Hayek (en délicieuse femme-objet) et de Bono (en parfait Dr Robert) viennent pimenter l'oeuvre de Julie Taymor. Bono nous fait le plaisir de livrer l'extraordinaire I Am the Walrus.

Ça m'a rappelé que si on avait eu un troisième enfant, après Monkee & Punkee, nous l'aurions baptisé Cuckoo-ke-choo.

Il y a même quelques clins d'oeil au beatle disparu, Stuart Sutcliffe, à Jimi Hendrix et à Janis Joplin.

Un merveilleux voyage au travers d'une oeuvre immortelle qui au bout du compte gardera mon message qui dit que l'espace restant sur mon disque dur est maintenant très faible encore un peu.

Je ferai le ménage oui, mais toi tu restes.