mercredi 10 février 2016

Locataires Chez Nous

Vous vous souvenez de ce qui a fait le succès de Jean Lesage à l'époque?

Le Québec Inc.

Avec un certain René Lévesque à bord et un jeune Robert Bourrassa. Une équipe du tonnerre disait-on, une nouvelle génération.

Le slogan "Maître Chez Nous" qui avait porté Lesage au pouvoir en 1962 était né du fait que le Québec, depuis toujours, avait toujours été une économie de succursale canadienne. Pour la première fois, on disait aux Québécois: "Faites-vous confiance! vous valez autant qu'eux, sinon plus. On va électrifiez la province et vous en serez les auteurs."

Québécois, vous n'êtes pas plus bêtes que les autres, nous disait-on.
Et vous vous débrouillerez comme des grands.

Les choses ont bien changées depuis 1962.
C'est parfois tant mieux, mais d'autres fois c'est plus pénible.

P.Couillard sur la gauche pour la seule fois de sa vie
En 1962, Phillipe Couillard avait 5 ans. Ce qui ne l'empêchera pas de devenir Premier Ministre comme Jean Lesage et du même parti, le parti Libéral du Québec. La semaine dernière, Couillard disait qu'il n'y avait rien de plus normal, en affaires, qu'une compagnie en achète une autre. Que le Québec était un "marché ouvert", une coquille vide qui veut aussi dire qu'ici, tout est à vendre.
Henri-Paul Rousseau, agile déserteur quand les bateaux coulent, l'avait dit lorsque patron de la Caisse de Dépôt et Placement du Québec, le rôle de la CDPQ n'était pas de protéger les sièges sociaux québécois.

Quand l'annonce que la quincaillerie de Ronald & Napoléon allait maintenant hisser un drapeau des États-Unis, gracieuseté de Lowe's, ce n'était pas un projet, c'était fait. Signé. Coulé dans le béton. Ro-Na était acheté contre 2,3 milliards de dollars, un chiffre qui illuminera les actionnaires, les gens de la caisse de dépôt et la troupe à Couillard, vendue de toute manière.

Couillard se réjouissait des profits que feraient la Caisse de Dépôt et Placement du Québec.

Le Québec, rare État mondial où le gouvernement considère une perte de contrôle économique comme une bonne nouvelle.

Ce sont les mots de l'ex-député libérale Fatima Houda-Pépin. Ils sont très justes.

Cet enthousiasme momentané fait le bonheur des gens rendus plus riches à court terme, mais à long terme, on peut faire une croix sur la quincaillerie.
Ça a pris moins de 5 ans qu Journal de Montréal pour devenir une courroie de publicité pour TVA.
Le siège social d'Alcan Rio Tinto est bien au Québec. comme promet Lowe's de le faire aussi pour Ro-Na, mais ce siège social ne gère que les commandites culturelles ou les crises de conventions collectives locales. Les décisions importantes viennent toute de Londres, le vrai patron.
Donnez 5 ans, peut-être moins, à Lowe's et les marteaux Garant seront vite remplacés par les marteaux Taylor du Colorado.

L'acquisition de Lowe's servira d'abord et avant tout à la promotion de Lowe's, surtout pas à faire revivre Ro-Na.

Les décisions importantes viendront de la Caroline du Nord pas de notre climat nordique.

Mais en quoi cette transaction serait plus grave que disons, Les Complexes Funéraires Alfred Dallaire achetés par les Étatsuniens?

Ro-Na c'était non seulement 15 000 employés sur le plancher où dans les bureaux, mais c'était aussi une entreprise qui s'approvisionnait à 50% au Québec.

Vous remarquez que je parle au passé?

J'ai travaillé dans une franchise des États-Unis établie ici à Ville St-Laurent.
Vous croyez qu'on est une graine de sable sur une plage pour eux?
Non, on est moins que ça.

On est à peine quelques chiffres dans des colonnes.
Des colonnes effaçables.

Ah! Ro-Na n'allait pas bien et n'aurait probablement plus jamais été rentable.
Peut-être.
Mais ce qu'on nous dit c'est que tout serait aujourd'hui soumis à de grands flux capitalistes qui échapperaient au contrôle des peuples et des nations.

En tout cas de la nôtre.

Les marchés auraient toujours raison.

Les raisonneurs sont au service d'un capitalisme souverain.

Que j'aimerais voir enterré.

Chez Alfred Dallaire idéalement,

Nous ne sommes pas locataire des États-Unis.

Nous sommes plus grands que ça.

Notre Premier Minus ne veut pas le croire.

Personne ne devrait se réjouir d'une dépossession économique.

Surtout pas ceux qui sont chef.




2 commentaires:

yves lapierre a dit…

«Notre Premier Minus ne veut pas le croire.
Personne ne devrait se réjouir d'une dépossession économique.«

Je crois que cela est pire que ça, ils s'en foutent!

Jones a dit…

C'est aussi juste que triste...