mercredi 21 juillet 2010

Manipuler


Tout le monde le fait.

Tout écrivain choisit de le faire afin que le lecteur sente ceci ou cela. Tout cinéaste fait un montage, tourne un plan, choisi un angle de scène, met une certaine musique afin de diriger nos sens.

Tout adulte choisis les bons mots pour faire passer ses messages à ses enfants, ses amis, ses amours, ses proches.

Ça peut être amusant et sain.

Ma fascination (ocassionelle) pour un concept comme Big Brother vient de ce difficile équilibre à trouver entre la manipulation saine et la manipulation malsaine. Mike et Boogie, les vedettes du lien de Big Brother, ont tous deux gagné un million de dollars à cette émission. Les réactions et comportements des gens sont aussi quelquefois hilarantes. Voir des gens penser à l'écran, comprendre les choses, absorber une nouvelle est toujours délicieux.

Ce type de manipulation est faite dans le cadre d'un jeu de télé où les règles sont claires et viennent bien souvent en conflit avec les règles que notre conscience morale nous commande naturellement. Ça reste un jeu, un divertissement. Ceux qui y voient autre chose se trompent d'adresse.

Justement, la manipualtion malsaine, elle, se trompe d'adresse pratiquement à toutes les fois. Pourquoi? Parce qu'elle ne devrait pas exister. Voyez cette dernière phrase est une opinion toute personelle qui pourrait diriger votre pensée sur ce que JE crois mais qui n'est pas nécessairement la vérité. La manipulation malsaine se moque pas mal de la vérité. Celui qui manipule se construit la sienne. Sa vérité à lui et il tire les ficelles selon ses envies, ses humeurs.

Avant même le visionnement de l'interrogatoire de Vincent Lacroix j'avais déjà vu des entrevues avec son père. Un homme à la morale douteuse qui a fait réaliser à tout ceux qui l'ont vu ou entendu que la pomme (pourrie) n'étais pas tombée très loin de l'arbre (malade).

On parle de manipulation mentale lorsqu'un individu ou qu'un groupe d'individus exerce une tentative de prise de contrôle de l'esprit et du comportement d'une personne ou d'un groupe, en usant de techniques dites de persuasion ou de « suggestion mentale », en cherchant ou non à contourner les capacités critiques et/ou d'auto-critique de la personne, c'est-à-dire sa capacité à juger ou à refuser des informations ou des injonctions.

Cette définition correspond en tout points aux images diffusées de l'interrogatoire de Vincent Lacroix. Quand celui-ci se fait demander si il trouvait "responsable" de payer ses employés à même les fonds investis par ses clients il lui renvoie la question de lui définir qu'es-ce que voudrais dire "responsable" selon l'enquêteur. Ou en quelque sorte "donnes-moi ta définition que je patine autour par la suite". Non seulement veut-il diriger l'entrevue lui-même en agissant ainsi mais il cherche aussi à contourner les règles. Légalement ou non. Lacroix est même complètement convaincu que ce qu'il a fait n'est pas illégal. Car dans sa tête de crapule, ses règles à lui sont respectées.

Ça donne de légères nausées des gens comme ça.

Et ce qui fait peur c'est l'idée que ce ne pourrait qu'être le premier arbre d'une large forêt.

Le moins futé du lot, celui qui s'est fait prendre, mais que les meilleurs sont toujours au large. Bouffant de leurs cîmes malsaine l'oxygène des autres.

Dans les traces de Madoff et autres rapaces du genre.

mardi 20 juillet 2010

Martin Tamar & Sam Sonov ( & Rona Ambrose)


"T'as vu qui le Jou'nal-écrit-par-des-cadres a mis dans son top 5 des politiciennes les plus sexy?"

"Non qui?"

"Rona Ambrose! Ils se sont trompés!"

"...pourquoi ils se sont trompés? on ne se trompe jamais sur ce qui est sexy, c'est toujours dans l'oeil de celui qui regarde..."

"Rona Ambrose! politicIENNE!"

"...oui..."

"Ben c'est une erreur! Rona Ambrose est un homme! pas une femme!"

"Tu...tu déconnes?"

"Ben non Rona c'est surement une contraction de Ronald et c'est aussi le nom d'une quincaillerie, on sait tous que la quincaillerie est le refuge des mâles!"

"Ça peut aussi être la contraction de Ronalee, son vrai prénom"

"N'importe quoi! Rona Ambrose est un homme, les conservateurs n'aiment pas les femmes de toute façon, en fait ils les aiment au service de leur mari pas de la population"

"Je suis étonné qu'on la trouve sexy, j'aurais plutôt opté pour Barbara Stronach mais elle n'est plus en politique. Je respecte toutefois les goûts de chacun. Rona Ambrose est une femme. Aux traits extrèmement durs mais une femme quand même"

"Ben oui ben oui pis Jérôme Forget aussi allez tais-toi, t'as vu le calendrier Tchèque? des politciennes ont joué la carte du sexy pour un calendrier, c,est nul de se rabaisser ainsi..."

"non...je ne crois pas...tant qu'elles ont confiance en leurs corps, tant qu'elles aiment séduire, leur métier exige de séduire, tout le monde aime plaire, au sens propre comme au sens figuré"

"Mais t'as vu leur position suggestives? en quoi ça a rapport avec leur job?"

"Ça les rend plus humaines, ses femmes que l'on voit austères, sérieuses et à la limite plates à la télé ou dans les journaux ont aussi un côté amusant et une vie sexuelle"

"Oui mais t'as vu Tania Derveaux et Barbara Steeman en Belgique?"

"Oui mais ça ce n'est pas pareil, ces deux-là ne le font pas dans la cadre d'un calendrier, elles le font de manière...disons un peu plus narcissique...les femmes Tchèques l'ont fait avec goût"

"Ouais ben les goûts, ça se trouve aussi dans les yeux des gens qui regardent, moi la politicienne en jaretelles les jambes écartées qui lit un livre en peignoir je ne trouve pas que c'est de nos affaires...c'est difficile par la suite de la voir autrement quand on l'a vue presque nue"

"Donc toi quand tu vois une femme, en position suggestive, tu restes accroché à cette image tout le temps? tu ne peux pas la voir autrement"

"Exactement"

"Ça, c'est réducteur"

"Réduit à son plus simple élément, oui"

"Simple d'esprit aussi"

"peut-être"

"Angelina Jolie tu te l'imagines toujours en tenue réduite?"

"oui"

"Carole Bouquet?"

"Depuis Cet Obscur Objet Du Désir, oui"

"Kate Winslet?"

"Toujours, oui "

"Mélane?"

"Absolument..."

"C'est ma blonde sale pervers!!! tu l'a déjà vue nue?"

"Ah ben là, tu règlera ça avec elle...Regarde je viens de googler Rona Ambrose et je tombe sur une de ses citations "je ne porte que des jupes plus longues que mon pénis, laissez-moi tranquille avec vos questions de genre"

"Viens ici que je t'organise le portrait Tamar à marde!"

lundi 19 juillet 2010

Le Power Pipi de Punkee


Bizarrement c'est à mon fils, Monkee, que je craignais que ce problème arrive.

Hériter de la vessie de sa maman.

Comme si les garçons ne pouvaient pas se soulager dans les buissons de temps à autre.

C'est ma fille, Punkee, qui a plutôt hériter de la vessie de la grosseur d'une bouteille de poli à ongle.

"on a fait un beau pipi avant de partir?"

"'Pas envie papa!"

"On va faire deux heures et demie de route, il faut forcer son envie un petit peu, ma chouette"

Elle s'est dirigée vers la somptueuse chambre de bain de chez nos amis qui se sont construit un splendide palace de maison. Comme toute les petites filles de 7 ans elle n'a pas pensé fermer la porte de la toilette. Comme tout les garçons de 11 ans, Monkee a pris l'appareil photo et l'a prise en photo contre son gré pour la narguer.

Nous discutions de notre départ vers Montréal et de la météo incertaine (que nous avons finalement presque totalement évitée en étant sur la bonne route au bon moment)et nous avions comme image de fond une petite princesse espagnole, les traits tirés, incapable de se soulager. En mode neutre. En mode petite-fille fatiguée et en fin de vacances.

En arrêtant au McGroman pour s'acheter du lunch à manger sur la route, on a essayé une deuxième fois de lui forcer une envie.

"J'avais presque pas envie papa!"

grr...

Bien entendu, vingt minutes après avoir quitté le fast-food...

"Papa! j'ai beaucoup envie!"

"Non chérie on viens d'y aller par deux fois..."

La pluie avait sournoisement choisie de tomber à ce moment. Au moment où nous étions sortis dans un bled quelconque qui nous invitais à aller pisser au kiosque d'informations deux kilomètres trop loin. On a donc baveusement stationné la voiture à deux jets de pisse d'une station de la SQ et pendant que maman tenait en suspension, en mode balançoire, la petite maudite moi je ramassais les napkins aux couleurs du McGro avant de les lui offrir comme essuie-fesse. Punkee, pour sa part, offrait à sa maman le cadeau d'une chaude douche urinaire sur le pied droit et dénudé de par la sandale. (maman a hurlé bien sûr).

Le lendemain à Montréal, nous avons choisis d'aller nous baigner dans une nouvelle piscine publique. Avec des jeux pour enfants et de l'agrément. Moins une piscine qu'un endroit avec des jeux d'eau pour les enfants.

Bien entendu nous avions fait le même manège avant de partir:

"On va faire son power pipi qui est pas du biscuit les p'tits amis!"

"C'est fait papa" de répondre la vaillant soldat Monkee.
"Moi aussi" de répondre la belle
"'pas envie" de dire le monstre.
"essaie au moins"

Sans résultats.

Une fois aux nouveaux jeux d'eau, l'envie lui pogne. Si les jeux d'eau sont fichtrement bien faits, les toilettes sont en mode "à venir dans le futur".
Mais l'envie étais bien présente, elle.

"Une grosse ou un petite envie?"
"PIPI!"

Ma question étais discrète et posée sur le ton de la confidence, sa réponse était un coup de clairon.

"Va dans l'eau et fait le...tiens...là sur le petit jet" lui ai-je proposé.

Elle s'est rendue sur le petit jet en question et a discrètement fait son oeuvre.
Toutefois, ce que personne n'avait encore réalisé c'est que ses jets étaient intermittents et qu'occasionnellement, ils devenaient très fort et très haut.

La petite a eu le cul soulevé et est tombée par le devant quand le jet s'est activé vers le ciel tel un geyser en folie.

"J'ai eu le temps de finir" a-t-elle dit pensant se faire rassurante.

Pendant que l'eau, dilluant le produit de sa vessie, nous tombait tous sur la tête et les épaules.

Dissiminant parcimonieusement tout ça aux quatre coins des jeux d'eau...

dimanche 18 juillet 2010

La Relève de la Garde


Claude Meunier n'avait jamais voulu d'hommage.

Peut-être se sentait-il trop actif encore pour être étiquetté parmi les anciens.

Peut-être se voyait-il plus pertinent dans l'univers humoristique actuellement qu'il ne l'est vraiment.

C'est un triste problème générationel. Il a fini par céder. On a célébré cette semaine l'oeuvre et la vie d'un grand comique de chez nous dont le meilleur se trouve dans le passé pas si lointain.

Je reviens d'une semaine à Québec avec la famille. Nous avons participé à un EXTRAORDINAIRE festival d'été sur les Plaines d'Abraham. Nous avons visité parents et amis et avons été animé d'un grand plaisir par une météo splendide. Depuis 4 ou 5 ans nous avions remarqué que le Festival d'été de Québec déployait un menu plus qu'intéressant. Franchement bon. Meilleur que certains grands festival de Montréal, avec des accès facile sur de merveilleux sites et parmi une foule fantastiquement civilisée.
Dimanche dernier, après un agréable pique-nique avec des amis nous avons écouté en famille Roger Hodgson, ancien leader de Supertramp et ses agréables mélodies. S'exprimant en français au public sur 80% du spectacle, il semblait sincèrement ravi de l'accueil de la foule. Punkee, 7 ans, a trouvé ça un peu long, Monkee, 11 ans, un peu aussi. Mais lui était sauvé par son Play Station Portable.
Le lendemain on a redécouvert entre amis (sacrifiant Punkee aux grands-parents) Arcade Fire qui nous offrait 7 nouvelles chansons et semblait aussi sincèrement ravis de l'accueil du public les graciant d'un "you're fucking amazing" bien senti. Monkee a souffert le martyr et dormi au moins 4 chansons sur moi.
Pour Santana mardi soir, la pluie était de la partie et a fait tomber plusieurs joueurs au combat. Un ami et moi étions innarêtables et nous nous sommes glissé très près de la scène et aux côtés de Pierre Harvey ce qui a créé un "espace de respect" autour de lui et nous as permis de respirer au milieu de la toujours imposante foule.

Mercredi on se l'est coulé douce.

Jeudi, la belle et moi avons été célébrer Rush.

Vendredi nous étions parmi les 100 000, le beau-frère, les deux belles-soeurs, Monkee, la belle et moi pour communier à l'autel des Black Eyed Peas dans le bonheur absolu. Et ce même si Monkee étais le seul réèl fan du band avant le spectacle. À nouveau, les artistes ont semblé tout à fait étonné de l'amour envoyé par le public.

PLAISIR TOTAL DE FESTIVAL.

Ce même festial que plusieurs ont critiqué pour le manque de francophonie. Pour ces artistes "inintéressants". Les chiffres ne sont pas encore sortis mais la fréquentation a été un succès total. PARCE QUE LES ARTISTES REJOIGNENT UN NOUVEAU PUBLIC!!!!!! On ne s'intérresse plus qu'exclusivement aux baby boomers , largement majoritaire à Québec, mais au quarantenaires et aux trentenaires. ET C'EST BON!!!!!
Ce qui était un irritant pour plusieurs a fait notre total bonheur.

On s'occupe (enfin!)de nous, jusqu'au jour où ce sera nous qui diront. "Bah! les artistes ne sont plus intéressants".

En discutant avec un ami boomer qui me demandait pourquoi notre génération n'était pas plus intéressée par les syndicats, je lui demandais ce que c'étais un syndicat pour lui? Il me répondait "Ben ne serais-ce que pour protéger les acquis..."

Protéger 8 fois sur 10 l'incompétence oui.

Moi les syndicats et les clauses orphelins m'ont bloqué l'accès au travail, ma belle-soeur paie 800$ par année pour des vieilles tabar...qui ne veulent pas adapter leur méthodes de travail aux années 2000.

Claude Meunier n'avait jamais voulu d'hommage.

Mais il faudra un jour que certains se placent sur la voie d'accotement à leur tour.

Même Santana, entouré, d'une meute de jeune musicien, s'est senti obligé de demander en mariage sa toute jeune percussioniste afin de continuer à essayer de suivre la parade.

C'est une relève de la garde que j'ai senti la semaine dernière dans la ville où j'ai passé 17 ans de ma vie.

Et c'est tant mieux.

samedi 17 juillet 2010

Figuration

(à Nina)
La figurine d'un musicien, un homme et sa guitare, pendait au rétroviseur de sa voiture. Cette figurine lui rappellait son amoureux.

Complètement immobilisée dans un traffic pire que ceux de Moscou, Ariane pensait à lui. De toute façon, avec cette pluie aveuglante dans la soirée, elle n'aurait pas fait d'avantage de kilométrage. Elle détacha la ceinture de sécurité car de toute façon, elle n'étais pas prête d'avancer. Son celullaire sonna.

C'étais lui.
Qui la quittait.

Quel type d'homme quitte sa blonde au téléphone. Quelle type de femme accepte ce type de comportement? Elle écoutais les mots de son musicien au téléphone en n'y croyant pas. Ses yeux bleus ont laissé tomber des larmes. Elle ne pleurait pas. C'étais un mélange de fatigue morale et l'envie de ses yeux d'imiter la pluie au dehors de la voiture. Sa bouche ne tremblait même pas. Comme si tout ça étais prévu de toute façon. Un musicien n'a pas une amoureuse. Il aime la musique. Et ponctue le reste de maitresses. Une dans chaque ville de ses tournées.

Elle avait gardé dans son coffre à gant, une chanson qu'il avait griffonné pour elle. Mais comme si, justement, leur relation ne devait jamais durer, il n'avait jamais mis en musique ce qu'il avait appellé Toi & Moi. Jamais Toi & Moi ne seraient autres choses que des mots sur du papier. Papier qu'elle lisait au volant de sa voiture alors que la pluie sévissait sévèrement dehors. Pire qu'un passage dans un lave-auto.

Cette fois elle pleurait. Pour vrai. De lourds sanglots endeuillés qui lui ont fait chiffonner la chanson jamais enregistrée. La pudeur l'a fait regarder à gauche et à droite afin de s'assurer que personne, dans les voitures immobiles autour, ne s'était apperçu de son désaroi. Impossible on n'y voyait rien.

En se penchant pour se prendre un mouchoir dans la boite au sol, côté passager, sa tête a légèrement accroché la figurine de musicien. Suffisament pour lui arracher un soulier. Un minuscule soulier de figurine qui lui est atterri sur la cuisse dénudée. Elle en resta momentanément surprise puis le remis au pied de la figurine.

Ariane tenta de se resaisir mais eu un autre moment de faiblesse. Un tremblement de bouche, des cascades sur les joues, un trou dans le ventre, une guitare sur la jupe.

...Une...Une guitare sur la jupe?

Et bien oui, c'étais la figurine de musicien à nouveau duquelle était tombée l'accessoire. Ça l'a fît sourire, un sourire plein de larmes mais un sourire quand même. Ce même sourire qui avait fait craquer le musicien qui la larguait sentant l'appel du vice.

Elle s'en remettrais, il faudrait qu'elle s'en remette. Elle n'avait pas d'enfants encore. Mais son amour-propre essuyait une raclée.

Elle aurait dû le savoir. Dans la vie d'un musicien, on est toujours qu'un visage dans la foule, un cri dans les louanges, une fiole d'amour dans un océan d'adoration, une note de musique, un figurant.

vendredi 16 juillet 2010

Jake & Amir


Jake & Amir sont délicieux.

Leur relation me rapelle beaucoup la relation que j'avais avec un collègue de bureau, Craig McMoocher. Eux sont tous deux juifs, nous sommes tous deux Irlandais.

Il m'a souvent sorti de la merde. Comme cette fois où j'étais complètement amoureux de Maddy, une belle rousse au teint de lait et qu'elle sortais avec un joueur de la Machine, une équipe de football professionelle de Montréal. Le gars était noir comme la nuit et elle était blanche comme une morte. Je voulais le convaincre que cela ne donnerait pas de beaux bébés aux couleurs bien calibrées mais McMoocher m'a stoppé avant que le joueur de 275 livres me mange.

Je l'ai aussi souvent sorti du pétrin. Comme cette fois où je lui ai dit de ne pas croire Claudia Lalune qui lui disait que Dirty Dancing était un grand film et cette autre fois où je l'ai aidé à casser d'avec Magali en lui faisant l'amour.

Comme Jake & Amir, McMoocher et moi étions meilleurs amis, vivions ensemble et travaillions ensemble. On aimais pas mal les mêmes films, la même musique et on aimait même des fois la même fille.
Sans que je sois tout à fait Jake ou que McMoocher ne soit 100% Amir nous étions un parfait mélange des deux. Quelque fois Jake, quelque fois Amir, sans les attributs physique du nerd de service mais avec le côté cérébral du nerd en question. Surtout par tempéremment nous nous ressemblions beaucoup. Surtout au travail. Rendu à l'apart l'alcool nous grisait et nous amortissait et nous avions chacun notre divan pour nous taper un festival Ken Loach ou Jules Dassin (généralement trois films d'un même réalisateur).

J'ai découvert Jake & Amir je ne sais trop comment mais depuis je ne peux plus me passer de leurs tordantes absurdités. La vie de bureau est un véritable désert intellectuel. La folie y est donc nécessaire pour survivre au beige du quotidien, déterminé à faire de votre personne un zombie de la performance.

La vérité c'est qu'il y a trop peu de Jake & Amir dans nos bureaux. Beaucoup trop de morts-vivants et pas assez de bons vivants.

McMoocher et moi étions la crême de la société qui nous engageait. Notre relation était tout ce qu'il y a de plus sain. Un malentendu nous as brouillé. Il s'est fait limoger pour un autre malentendu et moi j'ai quitté avant de devenir fou.

On s'est fait un BBQ l'an passé. Il a essayé de coucher avec ma conjointe. On s'est battu dans le creux de ma piscine. Il a réussi à me soutirer mon maillot mais moi j'ai coincé sa face entre le filtreur central et mon cul.

Notre relation est restée saine.

jeudi 15 juillet 2010

De la Grâce Sous Pression

C'était en 1986.

Nous avions 15 ans. Marillion venait dans la capitale. En première partie de la formation Rush mais, Fish, Steve Rothery et les autres allaient être chez nous, dans le colisée des Nordiques, un soir de mars. Le 3. Un lundi.

Nous étions 5, deux couples et une amie. Pas certain que nous étions complètement à jeun. Ça m'étonnerait beaucoup même.

Fish s'est pointé sur la scène avec sa jupe écossaise. Les filles ont trouvé ça sexy et ont tenté de voir si il portait la culotte en dessous toute la soirée. Nous on trouvait ça gai.

Peu importe leur musique passait sous nos pieds, nous soulevait et nous transportais au-dessus de la foule. Toujours relativement dispersée sur le plancher du Colisée. Chaque artiste qui passait par chez nous avait toujours l'air de se faire chier. Ils regardaient la faible présence dans la foule et finissaient par livrer une performance bancale. Rod Stewart avait dit qu'il n'avait jamais eu l'intention d'être sur scène que c'étais son gérant qui lui avait tordu un bras. Billy Idol avait fait un doigt d'honneur à la foule. The Cult avait choisi de passer sa frustration en démolissant de toute pièce leur batterie.

Mais Marillion avait livré la marchandise devant nos yeux et nos oreilles émerveillés. La théâtralité, le rhytme, l'émotion, deux des trois filles en pleurait. Nous étions trops machos pour se laisser aller nous-même mais les larmes n'étaient pas loin. Et c'était si bon de les tenir dans nos bras pour les consoler.

La petite heure de musique était si parfaite que quand Rush est entré en scène par la suite, on est même pas resté. Dès la troisième chanson, on est parti.Chez l'amie qui ne faisait pas de couple avec personne. Nos billets nous avaient coûtés un gros 16,95$ mais on en avait eu suffisament pour voyager mentalement encore longtemps. Et Rush nous amenait ailleurs. Là où...bof...là où ne calibrait pas beaucoup.


Dans le sous-sol de la rousse Baillargeon les couples avaient fait des concours de french pendant que Baillargeon s'éternisait volontairement sur du punch en haut avec l'alcool de ses parents avant de devenir DJ officielle de la soirée pour tromper l'ennui en mettant des morceaux de Marillion par dessus le bruit de nos baisers.

Neil Pearth, Geddy Lee & Alex Lifeson ont été laissé sur le driveway un peu injustement. Sacrifiés à l'autel de la jeunesse effrontée.

Ce soir les trois musiciens de Willowdale en Ontario, dont l'amitié a survécu aux époques (contrairement à Marillion ou à Baillargeon et mes trois autres potes de toute façon) se donneront en performance au Festival d'été de Québec.

Nous y serons.

Moi et ma culpabilité d'antan.
Afin de rendre justice à ses géants Canadiens.