En 1933, les États-Unis traversent la Grande Dépression. Fraichement élu, le président Roosevelt lance son New Deal. Pour financer ses réformes, il prend une décision radicale: abandonner l'étalon-or. L'étalon-or est un système monétaire où la valeur de la monnaie d'un pays est directement liée et convertible en une quantité fixe d'or. Dans ce système, les billets de banque en circulation ne sont pas de simples morceaux de papier: ils représentent un reçu pour de l'or physique, stocké dans les coffres de la Banque Centrale. On ne fera plus ça.
Bien entendu, ça irrite les mieux nantis. Pour une partie de la haute finance de Wall Street et des grands patrons d'industrie, c'est le choc. Ils craignent la ruine, assimilent la politique de FDR à du communisme, et commencent à regarder avec fascination les modèles fascistes qui émergent en Europe, entre autre ceux d'Allemagne et ceux d'Italie. Hitler au pouvoir, Mussolini aussi, respectivement.
Des courtiers en obligations (JP Morgan entre autres) liés à de puissants financiers approchent le général à la retraite Smedley Butler. Butler, un ancien Major General des Marines, véritable héros de guerre, ultra-populaire auprès des anciens combattants, sera encore un héros.L'idée de$ comploteur$ e$t $imple; -Financer une organisation terroriste de vétérans (genre ICE), -Réunir une armée privée de 500 000 anciens combattants, -Marcher sur Washington pour intimider Roosevelt (comme le 6 janvier 2021, genre), -Forcer le président à créer un poste de "Secrétaire aux Affaires Générales" (SAG) une sorte de super-ministre qui détiendrait la réalité du pouvoir, réduisant FDR à un rôle de figurant. Si FDR refusait, il serait déposé. Les comploteurs pensaient que Butler accepterait d'être le dictateur souhaité à la solde de Wall Street. Ils avaient mal jugé l'homme. Profondément patriote à une époque où ce n'était pas péjoratif, et défenseur de la démocratie comme les gens sains le sont, le général fait semblant de coopérer, afin d'accumuler des preuves.
En novembre 1934, après avoir fait vérifier les faits par un journaliste, Butler dénonce publiquement le complot et témoigne devant le Congrès des États-Unis face au comité anti-trahison McCormack/Dickstein. Il livre sous serment les détails financiers et cite des noms liés à de grandes institutions, JP Morgan, mentionnée plus haut, mais aussi DuPont.On ne veut pas croire que c'est vrai. le New York Times, financé par les riches qui souhaitaient le sécurisant fascisme pour leurs portefeuilles, qualifie dans ses journaux de "canular géant".
Pourtant, le rapport final qui suivra du comité d'enquête du Congrès confirme, en 1935, que les allégations du général Butler étaient parfaitement exactes et qu'un complot avait bien été discuté et planifié. Mais le cycle de nouvelles est passé. Personne ne sera jamais inculpé. Aucune poursuite n'a été engagée contre les financiers. Le complot a été éventé si tôt, qu'aucune armée n'a pu être levée. Roosevelt, fin négociateur, a préféré utiliser cette affaire en coulisses comme un moyen de pression politique pour faire plier le patronat face à ses réformes, plutôt que de déclencher une crise institutionnelle majeure en poursuivant les hommes les plus riches du pays. Et les forçant, du même coup, ce son côté.Les riches qui se liguent avec des gens de l'administration pour instaurer le fascisme, et voir leurs fortunes intouchées, sinon, fructifiées, c'est pas comme si ça allait se reproduire...
C'est pas comme si on allait se créer une milice policière parallèle, se servir de la justice pour soi et non pour le peuple, faire fi de la constitution et de la démocratie sacrée dedans, séparer ls parents de leurs enfants et s'inventer une race dominante là où le monde est métissé ; c'est pas comme si on allait condamner les intellectuel(le)s et démoniser les médias tout en créant le sien parallèle, c'est pas comme si on admirait les dictateurs d'ailleurs.
L'histoire ne se répète pas tout le temps...
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