jeudi 22 février 2018

Jacob Zuma

Msholozi, son nom de clan, est né à Nkandla, province natale (aujourd'hui étant de la province KwaZulu-Natal), en Afrique du Sud. Son père est policier et il décède quand Jacob a 5 ans. Son nom du milieu sera Gedleyihlekisa, ce qui veut dire "celui qui sourit en faisant mal aux autres" en Zulu. Un nom auquel il fera honneur.

Il n'a jamais suivi d'autre éducation que celle de sa mère, domestique. N'a jamais été à l'école.

À 17 ans, il s'engage en politique. Il joindra le parti communiste Sud-Africain pour ses 21 ans. Il sera arrêté cette même année pour avoir comploter afin de renverser le gouvernement pro-apartheid, alors dominé par la minorité blanche d'Afrikaners. Il sera 10 ans en prison, auprès, d'entre autres prisonniers, Nelson Mandela. Il sera arbitre, en prison, pendant les matchs de soccer entre prisonniers. Il apprend à lire et à se former des idées en prison.

À sa sortie, il est instrumental dans la réorganisation du Congrès National Africain (CNA), avec lequel il avait beaucoup travaillé en 1959, à ses débuts en politique. Il deviendra chef du réseau d'intelligence, ce qui le rend fatigant pour les autorités quand on banni le CNA des espaces publics. Il s'exile donc en Mozambique en 1975 et négocie l'accueil de milliers d'exilés suite aux émeutes de Soweto. Il gagnera en grade au sein du CNA, devenant conseiller militaire et politique, puis élu au Politburo du Parti Communiste Africain (PCA) en 1989. Il avait été forcé de quitter le Mozambique deux ans plus tôt, pour le Zambie, où il deviendra chef de l'intelligence dans les réseaux underground. Mais le bannissement tombe en 1990, et Zuma retourne aussitôt en Afrique du Sud. Se négocier une vie.

Il sera élu député secrétaire général du CNA. Mangosuthu Buthelezi, un Zulu, est alors Premier Ministre du Bantoustan autonome du KwaZulu et met beaucoup d'emphase sur la fierté Zulu avec succès. Ceci fait porter l'attention sur les figures importantes Zulus, et Zuma s'y trouve inévitablement. 

Quand Nelson Mandela devient président, Zuma est fait membre du conseil exécutif. Il sera fort utile dans le processus de paix, comme facilitateur,  dans les conflits entre Hutus et Tutsis au Burundi et en Ouganda.

Il deviendra vice-président de la République de 1999 à 2005. Et c'est à peu près là, que les abus montrent leur sale tête.

Les allégations de corruption pleuvent et ne le lâcheront jamais vraiment. Stratégie d'adversaire politique ou vérité? Ça semble plutôt être le dernier. On sait qu'il accepte facilement les pots-de-vins et qu'il abuse largement du pouvoir. Alors la corruption ne pourrait qu'être le fruit naturel de la racine de l'arbre du tricheur.

Il sera relevé de ses fonctions de vice président quand les preuves accusations de corruption deviennent trop ombrageuses.

De plus, en 2005, il est accusé du viol d'une jeune femme séropositive. Lors du procès, son ignorance face au mode de transmission du SIDA fait scandale. Il se pose en victime ethnique et fait preuve de grave sexisme, ce qui choque autant qu'exaspère. Il sera acquitté car les policiers...enfin...les policiers sont achetables.

Toujours accusé de multiples corruptions, il se présente tout de même comme chef du CNA et sera élu. En 2008, le Time le déclare 8ème personne la plus influente au monde. Il sera élu Président de la République en mai 2009.

Polygame, il trouve l'homosexualité déshonorante et se montre en faveur de test de virginité pour les jeunes femmes. Il est le contraire de moderne. Il utilise sans gêne les fonds publics pour se bâtir de nouvelles extensions dans sa résidence privée. Lors d'une cérémonie en l'honneur de Nelson Mandela, il est hué lorsque présenté. Il fait honte.

Il gagne tout de même les élections suivantes, avec des scores soviétiques, et une démocratie fameusement douteuse. On met une éternité à falsifier compter le résultat des votes, ou on le sort trop vite avec des chiffres dangereusement impossibles (genre 96% le veulent comme président). Zuma est une insulte aux intelligences sud-africaines.

Poussé de toute part à quitter l'univers public, il refuse et propose même, que l'une de ses femmes prenne la relève. Puis, il accepte, en décembre 2017 de laisser sa place à Cyril Ramaphosa, élu par son parti, pour prendre sa place.

Mais jusqu'au début de ce mois-ci, Zuma est vissé sur son trône. Et ne veut rien entendre, de ses 75 ans, de laisser son trône.

Le soir de la Saint-Valentin dernier, il abandonne finalement son poste.

Cyril Ramaphosa, un petit jeune de...65 ans...prend la relève.

L'Afrique du Sud se modernise...

 

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