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mercredi 7 avril 2010

Le Ruban Blanc


Dans mon village, contre 500 sous je pouvais voir hier soir Le Ruban Blanc de Michael Haneke.

Il y a de ses réalisateurs avec qui je ne marche plus.

Lars Von Trier, Benoit Jacquot, Pedro Almodovar.

Maintenant Michael Haneke.

Pour tous ses réalisateurs j'ai tenté au minimum trois films. Soit que:
a)Leur sensibilité m'agresse
b)Leur vision me fatigue
c)Leur développement artistique ne me touche pas.
d)Tout ça.

Avec la plupart des réalisateurs nous partons du principe que l'homme est bon. Avec Haneke nous partons toujours du principe que l'homme est mauvais. Juste pour ça, je devrais l'aimer. Il a raison. Si nous étions si bons d'emblée on aspirerait pas à devenir meilleur chaque jour.
Toutefois Haneke donne beaucoup dans la démonstration de la violence, dans l'illustration de la cruauté, dans la méchanceté à l'état insupportablement brut.

Brut dans le sens de "brutal" même.

Il est réalisateur sur le tard, puisque d'abord diplômé en psychologie puis en philosophie. Si il explore admirablement la psychologie il reste perpétuellement en périphérie sur le sujet. Il refuse systématiquement d'expliquer quoi que ce soit. Ce qui est encore très bien, il ne nous prend pas par la main. Il expose. À nous de faire le travail. Mais bien souvent il n'y a rien à rationaliser. Une certaine exaspération même, nait en nous.
La tête d'un enfant qui explose sur une télévision suite à la décharge criminelle d'un fusil, ça reste une métaphore juvénile (Funny Games). Décrier la violence en la montrant à son paroxysme sous prétexte qu'on ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs, c'est tout aussi juvénile (Funny Games toujours).

Mais j'avais trouvé son film La Pianiste si juste, portrait au vitriol des exigeances inhumnaines de l'art, que j'attendais beaucoup du Ruban Blanc. Ce film est un autre portrait de la violence latente chez les habitants d'un village Allemand à l'aube de la Première Guerre Mondiale. Une exploration potentielle de la naissance du mal. Y a du jus là-dedans. Le film met en vedette beaucoup d'enfants, ce qui était une chance en or de filmer ceux et celles qui formeront le IIIème reich moins de 20 ans plus tard. Beaucoup de matière là aussi. Mais on effleure tout juste la chose. On est ailleurs. On est perpétuellement ailleurs. On se surprend à taper du pied dans de longues séquences de dialogues qui ne mènent nulle part comme un interrogatoire entre l'instituteur et deux enfants entre autre.
Haneke, pour reprendre ses mots, filme avec froideur de cruelles vengeances sur la nature humaine vis-à-vis laquelle il semble avoir définitivement lancé la serviette.

On a le goût de lui donner une baffe ou deux en cours de projection.

De lui dire "ne filme pas simplement tes notes de psychologie, mais applique-y un peu de philosophie aussi."

On a beaucoup spéculé sur la Palme d'or que lui a remise Isabelle Huppert, la présidente du jury 2009. Étais-ce un retour d'ascenceur de la part de l'actrice de La Pianiste à son réalisateur?

Je le confirme: oui.

C'était Un Prophète que j'allais voir à l'origine mais on a changé la programmation à la dernière minute dans mon village.

C'est dommage.

dimanche 20 avril 2014

Festival de Cannes

Du 14 au 25 mai prochain se tiendra le 67ème Festival de Cannes, festival soulignant pendant 12 jours, le travail international dans le domaine du cinéma.

Seulement 8 réalisateurs ont déjà gagné deux fois la prestigieuse Palme d'Or.

Bille August
En 1988, Le réalisateur Danois remporte, sous la bannière du Danemark, une première palme pour son adaptation du roman de Martin Andersen Nexo racontant l'histoire de Pelle et de son vieux père qui lui promet une meilleure situation lors d'un voyage les menant de la Suède au Danemark. Ambitions ternes et rêves brisés au rendez-vous.

Quatre ans plus tard, sous la bannière de la Suède cette fois, Bille August remporte à nouveau en tournant un scénario du réalisateur Ingmar Bergman, d'abord pour la télévision, puis remonté pour le cinéma. Bergman raconte dans Les Meilleures Intentions, l'histoire de son père et de sa mère, les hauts et le bas de ce jeune couple, tout juste avant la naissance d'Ingmar, en 1918. Max Von Sydow, acteur récurrent de Bergman tourne sous la caméra d'August et Pernilla August rafle aussi le prix d'interprétation féminine.

Françis Ford Coppola
Le réalisateur des États-Unis fait souvent les choses par deux. Il aura 2 enfants. Ses 2 premiers Godfather seront deux grands chef d'oeuvre. Il adaptera 2 nouvelles de l'auteure S.E.Hinton pour deux films lancés la même année en 1983. Quand il rafle la palme d'Or à Cannes, les deux fois, il les gagnent ex-aequo avec un autre candidat.  En 1974, c'est l'histoire signée de sa main d'un spécialiste du son, saxophoniste, engagé pour enregistrer secrètement les conversations d'un couple qu'il découvre en danger, qui le fait gagner la Palme d'Or. La Villa Della Morte de l'italien Vassilia Sarta, partagera l'honneur.

5 ans plus tard, c'est Le Tambour de Volker Schlöndorff, adaptation brillante du roman de Günther Grass, qui gagne pour l'Allemagne la Palme d'Or. Copolla partage cette Palme aussi grâce à cet autre chef d'oeuvre que fût Apocalypse Now, adaptation (très) libre du roman de Joseph Conrad et au tournage aussi célèbre que le film lui-même. Coppola présente le film comme n'étant PAS sur le Vietnam, mais plutôt étant bel et bien LE Vietnam.

Coppola ne s'en remettra d'ailleurs jamais.

Luc & Jean-Pierre Dardenne
Le style naturalise, sec, nerveux, presque documentaire des frères Belges plaît à l'unanimité lors de la remise de la Palme d'Or de 1999. Émilie Duquenne dans le rôle d'une jeune femme en mode survie, vivant dans une roulotte avec sa mère alcoolique, portrait vivant et agité d'une femme au bord de l'implosion et parfaitement inadapté à l'univers qui circonscrit son quotidien, charme. La signature Dardenne est maintenant griffée.

Ils répètent l'exploit en 2005 avec L'Enfant, l'histoire d'un jeune couple aux prises avec un bébé conçu inconsciemment, qu'ils se convainquent ensuite de vendre sur le marché noir afin de s'assurer des moyens de subsister. Toutefois l'un des membre du couple se ravise et veut racheter le bébé. Mais les choses ne se passent pas aussi facilement dans la banlieue de Liège. Fabuleux.

Michael Haneke
L'Autrichien dérange. Et plus il dérange, plus il aime ça. Ses présentations de Funny Games en 1997, où la violence et la cruauté répulse une large partie de l'auditoire, le fait jubiler. Les sujets odieux, Haneke aime. Et quoi de plus odieux que la guerre?: Les racines de la guerre. Un vieil homme raconte son village à la veille de la Première Grande Guerre mondiale. Latent d'une cruauté mondiale. Merveilleux noir et blanc. Subtil dans la démence. Haneke gagne la palme avec Le Ruban Blanc en 2009 et l'Oscar du meilleur film étranger l'année suivante pour ce même chef d'oeuvre.

Amour en  2012, fera encore mieux. Cette histoire d'amour inscrit dans la durée et dans l'épreuve entre Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva raflera les 5 Césars les plus prestigieux (Film, réalisateur, scénario, acteur actrice), une première depuis Le Dernier Métro* de Truffaut en 1980. Il sera aussi nommé dans 5 catégories aux Oscars soit ceux du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure actrice, meilleur scénario et meilleur film étranger. Il rafle ce dernier honneur. Entre 2012 et 2013 le film d'Haneke gagne à lui seul la Palme d'Or, le Golden Globe du meilleur film étranger, l'Oscar du meilleur film étranger, le BAFTA du meilleur film, L'European Film Award du meilleur film et le César du meilleur film.

Shohei Imamura
Dans un village pauvre et isolé des montagnes japonaises vers 1860, la coutume veut que les habitants arrivant à l'âge de 70 ans se rendent a sommet de la montagne aux Chênes afin d'y mourir volontairement. Orin-Yan se sent encore jeune à 69 ans, mais doit se préparer à se soumettre au rituel et à plier bagages vers un autre monde. À la fois drôle et cruel. Fascinant. La Ballade de Narayama gagne en 1983.

En 1997, l'histoire d'un japonais, assassin de sa femme qui a fait son temps en prison et qui tente de refaire sa vie en se partant un salon de coiffure et en se confiant à une anguille trouvée pendant son séjour en prison séduit le jury de Cannes qui partagera la Palme entre le réalisateur japonais et le réalisateur Iranien Abbas Kiarostami qui, avec Le Goût de la Cerise, nous raconte la quête d'un homme qui se magasine un fossoyeur pour l'enterrer après son suicide planifié.

Emir Kusturica
Lorsqu'un homme est envoyé en camp de travail pour ses affinités avec Karl Marx dans la Yougoslavie de Tito en 1950, les membres d'une famille présentent l'absence du père au plus jeune des fils comme un long voyage d'affaires. Introduction au merveilleux fou qu'est Emir Kusturica, dans la folie, le délire, la débauche et l'humour. Palme d'Or yougoslave de 1985.

10 ans plus tard, Kusturica adapte la pièce Le Printemps en Janvier de Dusan Kovacevic racontant l'histoire de résistants clandestins enfermés dans une cave de la seconde guerre mondiale aux années 90, croyant que la guerre fait toujours rage. Les tribulations amoureuses d'un trio burlesque sont à la fois comiques, dramatiques, intenses et sensuelles. Son meilleur film à mon avis et le seul de Kusturica dans ma vidéothèque (en VHS!).

Alf Sjöberg
Le réalisateur Suédois a gagné avec L'Épreuve en 1946, mais il faut souligner que lors de cette seconde remise de la Palme d'Or, on avait bizarrement choisi d'offrir 10 Palmes à 10 films, ce qui fait à mon avis quelques perdants plutôt que beaucoup de gagnant. Sjöberg, avec son histoire de jeune homme multipliant les fâcheuses décisions, partage la Palme en 1946 avec The Lost Weekend de Billy Wilder, La Terre Sera Rouge de Bodil Ipsen & lau lauritzen Jr du Danemark, La Ville Basse de Chetan Anand d'Inde, Brief Encounter de l'anglais David Lean, Maria Candelaria du mexicain Emilio Fernandez, Le Tournant Décisif du Soviétique Fridrikh Ermler, La Symphonie Pastorale du Français Jean Delannoy, La Dernière Chance du Suisse Leopold Lindtberg, Les Hommes Sans Ailes du Tchèque Frantisek Càp et Rome, Ville Ouverte, splendide film de l'italien Roberto Rossellini (avec un certain Fellini au scénario).

En 1951, Sjöberg ne gagne pas encore tout seul. Il partagera sa Palme avec l'Italien Vitorrio De Sica et Miracle à Milan. Mademoiselle Julie du Suédois, raconte l'histoire d'une jeune fille qui profite de l'absence de son réputé père, comte, pour organiser une fête où se mêleront bourgeoisie et valets, et où elle en profitera pour tenter d'audacieusement passer de jeune fille à femme.

L'édition du Festival de Cannes 2014 est sur les rails jusqu'en mai.
Et sur nos écrans pour tout l'année à venir.

*Très amusant aussi de découvrir que les bandes annonces des deux films commencent par l'exacte même réplique :)



dimanche 3 janvier 2010

Curiosités ciné 2010


Puisque je serai étudiant en 2010 j'aurai donc des rabais étudiants pour aller au cinoche.

Je me suis donc promis de me rendre dans le noir des salles plus souvent.

Voici quelques films qui suscitent déjà des attentes de ma part. Je ne pourrai qu'être déçu car les attentes c'est souvent fait pour ça.

Anyhow.

Le Ruban Blanc de Michael Haneke. Des accidents étranges surviennent dans un petit village protestant d'Allemagne du Nord, tout juste avant la Première Guerre mondiale. Palme d'or au dernier Festival de Cannes, le dérangeant réalisateur Finlandais nous ébranlera-t-il encore? Sortie: 5 Février.

La Dernière Fugue de léa Pool adapté du livre Une Belle Mort de Gil Courtemanche. L'auteur d'Un Dimanche à la Piscine à Kigali nous avait livré dans son livre suivant un univers toujours aussi sombre, rancunier et intimiste que le cauchemar du Rwanda. Ce fût un bon livre. Pas le brio d'Un Dimanche... mais un bon livre. Peut-être un peu déprimant. Quel type de film cela donnera-t-il? Comme j'ai beaucoup aimé le dernier film de Pool, Maman est Chez le Coiffeur j'ai hâte de voir si elle échappera au piège du film downant. Sortie: 19 Février.

Un Prophète de Jacques Audiard. Condamné à six ans de prison, un jeune sans-abri illettré tombe sous la coupe de mafieux corses à l'intérieur des murs. Parce qu'Audiard est plus grand que nature.Sortie: 26 Février.

Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar. La vie de Serge Gainsbourg, du jeune Lucien Ginsburg dans le Paris occupé des années 40, jusqu'au poète, compositeur et chanteur dont je suis un inconditionel. Curieux de voir comment le sosie de Gainsbourg se débrouille en acteur(Émile Elmosnino), curieux de voir Laetitia Casta qui interpète BB, curieux de voir Mylène Jampanoi qui prête ses traits à Bambou, curieux de voir Anna Mouglalis en Juliette Greco, Sara Forestier en France Gall et Philippe Katerine (duquel je suis aussi un inconditionel) en Boris Vian. Le drame plane déjà autour du film alors que l'interprète de Jane Birkin, Lucy Gordon, s'est pendue à la fin du tournage. Sortie: 12 mars.

Green Zone de Paul Greengrass. Dépêché dans une région «instable» afin de trouver des armes de destruction massive, un officier de l'armée américaine découvre la réalité. Les Ricians sont-ils prêts à parler franchement de la pénible réalité en Irak? Matt Damon, Jason Isaacs Amy Ryan & Greg Kinnear au générique. Je suis un fan de tout ses acteurs. Sortie: 12 mars.

Wall Street 2 : Money Never Sleeps d'Oliver Stone. Douglas qui reprend le rôle de Gordon Gekko qui lui avait valu un oscar 22 ans plus tard dans un Wall Street encore plus en métamorphose. Stone qui reprend la réalisation d'un film qui était magistral en 1987, la suite le sera-t-elle aussi? Sortie: 23 Avril.

Somewhere de Sofia Coppola avec Benicio Del Toro, Michelle Monaghan, Stephen Dorff et Elle Fanning. Parce que tout ce que fait Sofia (outre l'actrice) j'aime. Sortie: 28 mai.

The Social Network de David Fincher. L'ascension de Mark Zuckenberg, fondateur du réseau social Facebook adapté du livre The Accidental Billionaires - the Founding of Facebook, A Tale of Sex, Money, Genius and Betrayal. avec Jesse Eisenberg, Rashida Jones, Justin Timberlake, Brenda Song. En partie parce que la gars est enviable, en partie parce que Rashida Jones est l'une des plus belle femme au monde, en partie parce que je veux voir si Fincher mettera encore les effets spéciaux (si il y en a) au service du scénario comme dans The Curious Case of Benjamin Button. Sortie: 15 octobre

You Will Meet a Tall Dark Stranger de Woody Allen parce que pour moi Wood est un ami. Avec Naomi Watts, Anthony Hopkins, Josh Brolin, Antonio Banderas, Anna Friel, Freida Pinto, Ewen Bremner (Enfin! lui qui était si sensationnel dans Trainspotting!), Lucy Punch & Carla Bruni. Sortie: Automnale et indeterminée mais toujours attendue (de ma part en tout cas).

Et combien de surprises encore...

vendredi 16 avril 2010

Une Sérieuse Journée


J'ai fait ma première nuit complète dans mon lit depuis Janvier!

Ma troisième depuis le 17 Décembre 2009.

Je suis un bon bébé.

La belle en était tellement surprise qu'elle m'a accueilli avec un tendre "Qu'est-ce que tu fais là?"

"Je mérite une médaille hein? avoue." lui ai-je marmonné.

La DORMEX que je me suis pris avec le whisky de fin de soirée aura aidé.

J'ai quand même voulu fêter la chose. Jour de pluie = jour de ciné. Je me taperai donc des films toute la journée.

Récemment, notre dvd du salon a rendu l'âme. On l'a remplacé par un dvd/blue-ray. Moi qui distingue à peine le HD de l'image conventionnelle, il ne m'étais pas encore venu à l'idée de me louer un blue-ray.

J'ai pas loué, j'ai acheté. Sin City à 11.99$. Les blue rays sont plus dans la branche des 30$ et sont (supposément) l'ultime expérience télé je me suis dit qu'il me faillit un film délicieusement visuel. J'ai sauté sur cette occasion. J'avais adoré l'esthétique de ce film de Frank Miller (inspiré de sa bd)et de Robert Rodriguez. Je l'ai réécouté et j'ai encore beaucoup aimé.

Puis j'ai été au club vidéo. Loué trois films. The Umbearable Lightness of Being que j'avais lu dans les années 80. Les bons livres ne font pas nécessairement de bons films. J'ai trouvé que le film de Philip Kauffman de 1988 manquait légèrement de saveur. La matière était pourtant si riche. Les images ne rendent pas justice aux mots de Milan Kundera.

Puis j'ai écouté Caché.

Je dois revenir sur ce que j'ai déjà dit sur les films de Michael Haneke. Celui-là est tout à fait remarquable. Ce film sur le doute, la confiance et la paranoia et le sentiment de culpabilité aussi refoulé soit-il est d'une angoisse progressive tout à fait saisissante. Je découvre que ce que j'admire de ce dérangeant réalisateur c'est son économie de plan. Pas de montage vertigineux. De longs plans, relativement simples, qui nous installent dans la scène si confortablement que l'on finit pas être doublement plus déstabilisé quand l'action devient trouble. Trouble omniprésent dans l'oeuvre de Haneke. De manière diffuse mais toujours dérangeante. Daniel Auteuil est formidable dans un rôle se rapprochant de celui qu'il jouait auprès d'Isabelle Huppert dans La Séparation. Une mise en abîme habilement livré cette fois aux côtés de Juliette Binoche qui, 17 ans après The Umbearable Lightness of Being, est toujours aussi bonne et transcendante.

"Hanté" serait le mot juste pour parler du cinéma de Michael Haneke. Et je vous jure que ce film pourra vous hanter longtemps.

Je retourne 100% ma veste: voici un cinéaste qui m'intéresse.

Cet homme est le cinéaste de l'ombre. Au sens propre. Il filme l'ombre mieux que quiconque. L'ombre chez l'Homme. Caché m'a davantage fait aimer Le Ruban Blanc.

Mais je vous préviens les fins de ses films sont toujours les plus bêtes.

Puis je me suis lancé dans le visionnement de A Serious Man des Frères Coen.

Je ne dirai jamais assez de bien des frères Coen.

Leur dernier effort est tout simplement jubilatoire. Les deux frères maitrisent si bien leur art qu'ils peuvent se permettre les neufs premières minutes de leur film en hébreu et on s'amuse pareil. la trame sonore est toujours merveilleusement juste et ce film ne fait pas exception. Tout en judéité, il nous montre la vie ordinaire aux États-Unis entre 1967 et 1970, d'un professeur de mathématiques à qui arrive à peu près tous les malheurs possibles.

Malheurs toujours hilarant entre les mains des deux Coen qui mettent la vie de leur héros entre les mains d'un Dieu à la dent particulièrement raide.

Quand la belle est arrivée à la maison elle m'a lancé:

"On s'écoute tu des Desperate Housewives?"

O.k.

Fait longtemps que je me suis écrasé devant la télé.

mardi 4 novembre 2008

L'Effet Bradley


Je pratique beaucoup l’effet Bradley au bureau. Parmi les collègues qui ont leur poster de Stephen Harper et leur ruban « Support our troops » je souris sans leur cracher au visage que je suis 100% contre l’un et l’autre. Ils me croient des leurs. Idéologiquement parlant je suis leur ennemi et vice-versa.

En 1982, Tom Bradley, qui fut longtemps maire de Los Angeles, s'est présenté comme candidat du Parti démocrate au poste de gouverneur de Californie contre le candidat républicain George Deukmejian, qui était blanc. Les sondages dans les derniers jours avant les élections plaçaient systématiquement Bradley en tête. En se fondant sur les sondages de sortie des urnes, un certain nombre de médias ont prédit la victoire de Bradley à un tel point que les premières éditions du San Francisco Chronicle du lendemain présentait en manchette un titre qui proclamait : « Bradley : victoire en vue. » Malgré tout, Bradley a perdu de peu. Des recherches faites après les élections ont montré que le pourcentage d'électeurs blancs à avoir réellement voté en faveur de Bradley avait été plus faible que les sondages ne l'avaient prévu, tandis que des électeurs, classés comme « indécis » avaient voté pour Deukmejian en quantité statistiquement anormale.

Les gens avaient donc répondu en grande partie n’importe quoi aux sondeurs avant de s’isoler avec leur crayon.

Un mois avant les élections, Bill Roberts, directeur de campagne de Deukmejian avait prédit que des électeurs blancs finiraient par voter pour son candidat. Il déclarait s'attendre à ce que Deukmejian reçût environ 5 pour cent de voix supplémentaires par rapport aux chiffres indiqués par les sondages, du fait que des électeurs blancs avaient donné des réponses inexactes de peur d'être accusés de préjugés raciaux. Deukmejian désavoua les commentaires de Roberts qui dût démissionner de son poste de directeur de campagne. Il avait pourtant tout à fait raison.

Un comportement analogue des électeurs fut remarqué en 1989 dans l'élection au poste de gouverneur de Virginie où se présentaient un candidat démocrate, L. Douglas Wilder qui était afro-américain, et le républicain Marshall Coleman qui était blanc. Wilder a fini par l'emporter, mais de moins d'un demi pour cent, alors que les sondages préélectoraux lui donnaient en moyenne une avance de 9 pour cent. Cette discordance fut attribuée à des électeurs blancs qui s'étaient présentés aux sondeurs comme indécis alors qu'ils votèrent réellement en faveur de Marshall Coleman, le blanc.
Après l'élection au poste de gouverneur de Virginie en 1989, l'« effet Bradley » a été parfois appelé l'« effet Wilder ». Les deux termes sont encore utilisés, et on dit parfois mais moins fréquemment « effet Dinkins » en référence à l'élection de David Dinkins comme maire de New York en 1989 contre Rudy Giuliani. Cette élection a vu le même phénomène se produire de manière plus significative encore. Dinkins avait une avance de 18 pts sur Giuliani. Une avance énorme donc si on tient compte qu’Obama a une confortable avance de 7 pts sur McCain, imaginons 18 ! de la petite bière ! et pourtant 4 jours avant le scrutin son avance est tombé de 4 pts. Mais 14 pts c’est encore beaucoup. Le jour de l’élection Dinkins a gagné mais son avance étais tombée inexplicablement à 2 pts.

Cet effet Bradley se traduit par des gens qui répondent absolument n’importe quoi aux sondeurs pour les leurrer. Le phénomène est si important que les Démocrates l’ont décortiqué pour le clan Obama il y a quelques jours. Ils l’ont mis-en garde vis-à-vis de ce phénomène incontrôlable.
Je fais appel à « l’effet Bradley » qu'on pourrait rennommer "bullshit" fréquemment, sinon tout le temps quand on me sonde. Juste pour fausser les données. Ébranler les consensus. Briser les statistiques. A moins que mon opinion soit réèllement solicitée pour changer quelque chose. Si ce n’est que pour deviner ce qui s’en vient je vais vous envoyer dans toutes les directions. Plus souvent qu’autrement dans le champs. « oui je chasse », « non je ne mange pas de viande je suis végétarien ». Juste pour les mêler avec leurs stats et m’amuser un peu.

Présentement Obama a une confortable avance sur McCain.

La moyenne des sondages publiés, accordait une avance d'environ 7 points au candidat démocrate il y a 24 heures.

Et si une grande majorité de blancs cachaient leur racisme ?
Et si une grande majorité de gens bullshitaient leurs réponses aux sondeurs ?
Qui le saura derrière l’isoloir à les accompagner dans leur « x »?
Voteront pour Dieu et ses fatalités ou pour marquer l’histoire ?

Ce n'est pas qu,une partie de l'Amérique qui veut Obama c'est la planète entière.

Mais c'est les États-Unis qui votent.

Que Dieu ne blesse pas l'Amérique.

Ceux qui sont prêt à aimer aveuglément Barrack Obama comme ils ont hai aveuglément George W Bush.

Ceux qui marchent avec Dieu dans leur pack sac et un fusil sous l'oreiller aussi.

mardi 13 mars 2012

Jean Henri Gaston Giraud (dit Moebius) 1938-2012

Il était si discret qu'il est mort depuis trois jours et personne (ou presque) en a parlé.

Né en 1938, quelques jours après que les allemands aient provoqué des émeutes en tchécoslovaquie, il sera un homme tranquille se gardant à l'abri du tumulte.

Ses parents se séparent en pleine occupation Parisienne et il grandira ni avec son père, ni avec sa mère mais principalement auprès de ses grands-parents. À 16 ans, il suit les seuls cours techniques qu'il suivra dans sa vie à la L'École des Arts Appliqués. Il est déjà naturellement doué en dessin et vend ses premières planches à dessin à des magazines de BD depuis un an.

Il ira rejoindre sa mère au Mexique puis en reviendra pour faire son service militaire qu'il servira en Algérie.

À 23 ans, il s'accosie à Jijé qui jouit d'une solide réputation dans le monde de la bande dessinée européenne. Jean Giraud se charge de l'encrage d'un épisode de Jerry Spring, La Route de Coronado, une série western publiée dans le journal Spirou. Il travaille aussi sur la collection L'Histoire des Civilisations chez Hachette en 1961 et 1962. Le magazine Pilote se cherche un nouvel illustrateur et lui offre de dessiner des aventures inspirées du far-west dans une série nommée Fort Navajo. Giraud propose Lieutenant Blueberry dont le visage est modelé selon les traits de l'acteur Jean-Paul Belmondo. Le succès est instantanné. Il signe Gir bien que sur les livres son nom y apparaisse déjà au complet. En Amérique, cette vision européène folklorique de chez nous ne fait pas nécessairement mouche mais le réalisme du dessin impressionne quand même.

Lui et Jijé travaillent encore très étroitement et s'influencent beaucoup. Leur coup de crayon est même devenu presqu'identique. Lorsque Giraud doit passer quelque temps en Amérique par affaires, c'est Jijé qui poursuit les aventures de la BD de Giraud Lieutenant Blueberry. Les pages 17 à 38 du 4ème album de Blueberry, L'Histoire Perdue, sont même dessinées par Jijé.

La saga de Blueberry comptera vingt-huit albums ainsi que deux séries dérivées (en quinze volumes) : Marshall Blueberry et La Jeunesse de Blueberry.

À partir de la fin des années 1960, Jean Giraud illustre une série de magazines et de livres de science-fiction dans lesquels il aborde des thèmes plus personnels et moins conventionnels. Ces illustrations sont signées Mœbius, pseudonyme inspiré de la bande à une face dite ruban de Möbius créé par le mathématicien allemand August Ferdinand Möbius. En 1968, il illustre la pochette de l'album d'Eddy Mitchell Sept Colts pour Schmoll, recto et verso mais aussi l'intérieur de la pochette ouvrante qui propose une BD western comique, dont le chanteur est le héros.

En désaccord avec la ligne éditoriale du journal Pilote, il claque la porte en 1973. Il commence alors à illustrer des pages de L'Écho des savanes et fonde, en 1975, le magazine Métal Hurlant avec Jean-Pierre Dionnet, Philippe Druillet et Bernard Farkas. Il peut ainsi créer et publier des bandes dessinées de science-fiction dans le style underground, comme Arzach ou Le Garage Hermétique, qui influenceront une génération entière d'artistes. En Science-fiction, il publie toujours ces bandes dessinées sous le pseudonyme de Mœbius aux éditions Les Humanoïdes Associés.

La série Arzach, œuvre révolutionnaire pour l'époque, le fait connaître à l'étranger et il est contacté par des cinéastes français et étatsuniens pour participer à la préproduction de films de science-fiction. Une première collaboration se noue avec Alejandro Jodorowsky et Dan O'Bannon qui engagent Giraud pour les assister dans la création d'un film inspiré de Dune, le célèbre roman de Frank Herbert. Mais le projet est voué à l'échec, faute de moyens. La collaboration avec Jodorowsky se poursuit néanmoins, avec la parution de L'Incal, une saga de science-fiction en six volumes parus entre 1980 et 1988. Mais l'aventure hollywoodienne de Jean Giraud n'est pas finie car il est engagé en 1977 par Ridley Scott pour participer à la conception graphique de Alien. Par la suite il acceptera d'autres collaborations avec le cinéma dont Tron en 1982, Willow en 1988, The Abyss en 1989, Space Jam en 1996 et Le Cinquième Élément en 1997. Ridley Scott qui avait travaillé avec lui en 1977 s'est aussi inspiré de l'oeuvre The Long Tomorrow de Moebius pour le décor de Blade Runner 5 ans plus tard.

Son style graphique, très variable, peut aller du réalisme fouillé de ses débuts dans les Aventures du lieutenant Blueberry, commencées en 1963, à l'onirisme et aux élans lyriques d'ouvrages plus récents. Son dessin va de la gravure, au trait classique en noir et blanc, au travail de la couleur environnementale typique de la ligne claire.
Ses univers sont pour la plus grande partie axés sur une science-fiction fantasmagorique et délirante ainsi qu'une poésie teintée de métaphysique.

Influencé par les étendues désertiques du Mexique, il aime dessiner des personnages sur une surface plane et uniforme, qui peut aller du Sonora à l'absence totale de décor. Que ce soit dans les séries Blueberry ou Arzach, le désert est une figure récurrente dans son œuvre. En effet, parce qu'aucune construction humaine ne vient imposer un sens déterminé, il autorise tous les possibles métamorphiques, d'où ses nombreux dessins où les personnages traversant le désert connaissent des métamorphoses surprenantes.

Mathieu Kassovitz l'a adapté en 1991 au cinéma dans un court-métrage.

Moebius s'est aussi adapté lui-même pour la télé.

Jan Kounen a pour sa part mis en film son personnage de Blueberry en 2004.

En 1995, il a influencé le design du jeu Panzer Dragoon. Il en a aussi signé l'illustration de couverture pour l'édition originale japonaise.
En 1997 Sortie de Pilgrim un jeu sur PC d'après un scénario de Paulo Coelho (dont il avait aussi illustré l'Alchimiste).
En 2002, il illustre la couverture et les menus animés de la réédition du DVD La Chèvre de Francis Veber.
En 2011, Mœbius réalise les illustrations de l'album hommage à Alain Bashung intitulé Tels Alain Bashung.

Il s'est éteint discrètement le 10 mars dernier des suites d'un lymphome.
Il avait 73 ans.

samedi 8 mars 2014

10 Femmes Fantastiques

En ce jour international de la femme, voici un bref survol de 10 femmes remarquables qui ont changé le cours des choses à leur façon, à leur époque.

Emmeline Pankhurst
(1858-1928)
La britannique a fondé la Women's Franchise League puis la Women's Social & Politcial Union afin que les femmes soient mieux représentées dans la société anglaise de la fin du 19ème siècle. Ses filles Christabel et Sylvia l'ont jointe dans les rues afin que les femmes britanniques aient aussi le droit de vote en Angleterre. Emmeline a séjourné à maintes reprises en prison parce qu'elle "dérangeait" les hommes et a été accessoire dans le placement de femmes dans les métiers des hommes pendant qu'ils se battaient dans la Première Guerre Mondiale. En mars 1918, grâce aux luttes de Pankhurst, les femmes âgées de plus de 30 ans peuvent maintenant voter. Ça prendra un autre dix ans avant que toutes les femmes âgées de 21 ans et plus puissent voter comme les hommes au Royaume-Uni.  Cette année-là, Pankhrust meurt à l'âge de 69 ans. Deux semaines avant que ne soit voté cette loi pour laquelle elle était une militante acharnée.

Marie Curie

Catarina Benincasa
(1347 à 1380)
Née à Sienne en Toscane, Catarina  se consacre très tôt à Dieu contre la volonté de ses parents. Elle rejoint les soeurs de la pénitence de Santa Dominica et bientôt accompagnera  l'aumônier des dominicains auprès du pape à Avignon dans le rôle d'ambassadrice de Florence. L'Italie alors en guerre, son influence auprès du pape Grégoire XI le fera quitter Avignon pour Rome. Elle sera ensuite envoyée part celui-ci pour négocier la paix à Florence. La paix conclue, elle retourne vivre à Sienne (on l'appellera d'ailleurs Catherine de Sienne)  d'où elle dictera à une scripte ce qui deviendra son traité spirituel Le Dialogue. Suite à cette publication religieusement prestigieuse, Catherine sera l'une des très rares femmes à être proclamée Docteur de l'Église par Rome. Elle sera canonisée en 1460.

Eva Peròn
(1919-1952)
La seconde épouse du Président Juan Peròn est devenue rapidement un mythe et une icône de l'Argentine du XXème siècle. Actrice issue d'un milieu plutôt pauvre, elle fait la rencontre de Juan Peròn lors d'une activité de charité en faveur des victimes des victimes d'un tremblement de terre qui avait secoué San Juan. En octobre 1945, elle épouse Juan. Ses racines humbles l'ont tout naturellement destinée à assurer la liaison entre son mari Président et les travailleurs descamidos (les "sans-chemises"), base sociale importante du  mouvement péroniste. Elle a fortement contribué à faire élire son mari en moussant sa candidature dans une émission de radio et en appelant les pauvres à aller voter pour mieux être représentés. Elle fondera la Eva Peròn Fundaciòn, une fondation de bienfaisance venant en aide aux plus démunis d'Argentine. Elle devient rapidement très populaire et son image se retrouve partout comme une star de la télé qu'elle n'a pas eu la chance d'être, actrice. Nombre d'hôpitaux et d'orphelinats sont créés en son nom. Elle était si charmante que Juan lui donna des missions diplomatiques auprès de Francisco Franco en Espagne. L'une des figures des plus influentes et aimées d'Argentine, elle meurt prématurément par un cancer de l'utérus à l'âge de 33 ans.

Indira Pryadarshini Gandhi
(1917-1984)
La controversée troisième Première Ministre de l'histoire de l'Inde aura été autant détestée qu'aimée durant son règne. Sans relation avec le leader spirituel du même nom, elle a marqué l'histoire de son pays, faisant de l'Inde une grande partie de ce qu'elle représente aujourd'hui. Elle pilotera l'Inde pendant presque 20 ans, de 1966 à 1977, puis de 1980 à 1984. Elle sera l'une des trois seules femmes au monde à superviser des opérations militaires dans des conflits majeurs à la tête de son pays (les deux autres étant Margaret Thatcher en Angleterre et Golda Meir en Israël) dans la guerre contre le Pakistan qui donnera naissance au Bangladesh en 1971. Elle sera assassinée par des extrémistes sikhs faisant d'elle la première femme assassinée alors qu'elle était à la tête de son pays. Son fils, Ravaj, devenu ministre dans le but de lui succéder un jour, subira le même sort lorsque une femme avec une bombe dans son sac-à-dos, se colle à lui avant de faire exploser son engin.

Alexandra Victoria Hanover
(1819-1901)
Peu de femmes ont eu le luxe de gouverner un empire comme l'aura fait la reine Victoria. La fille de George III , fils du Prince Edouard, a régné pendant un étonnant 63 ans (de 1837 à sa mort en 1901) supervisant un empire britannique qui s'étendait des Indes aux Amériques en passant par l'Afrique et l'Extrême-Orient. L'actuelle Reine Elisabeth II a régné presque'autant (63 aussi si elle se rend à 2015) mais son rôle à elle est plus décoratif. Victoria avait une réelle influence politique qui gardait l'Angleterre loin des conflits internationaux (à 3 exceptions près). C'est elle qui a fondé les partis Libéraux et Conservateurs qui ont trouvé échos chez nous au Canada et fût de l'équipe autour de la Constitution Canadienne de 1867. Sa mort en 1901 a traumatisé le pays qui a nommé une époque et un style entier en son nom. George Washinton qui fût le premier président du pays le plus puissant au monde n'a même pas une époque en son nom.

Jeanne D'Arc
(1412-1431)
Que dire d'une jeune fille de 17 ans qui rallie une armée désoeuvrée et désenchantée et la mène à la victoire contre toute attente? Sa (courte) histoire est si éclatante qu'elle a inspiré des tonnes d'oeuvres artistiques. Née dans une famille modeste de Domrémy de parents fermiers, elle réussit à défaire la puissante armée britannique et à se faire accepter comme membre de la cour royale. Jusqu'à quel point a-t-elle réellement mené les troupes française reste sujet à débat encore aujourd'hui, mais elle a certes été une stratégistes hors pairs à un âge improbable. Capturée en 1430, son passage en cours et sa mort au bûcher pour hérésie en feront une martyre et une héroïne impérissable. Sa condamnation à mort sera renversée de manière posthume en 1456 et elle fût canonisée et reconnue comme l'un des 5 patrons de France en 1920. La pucelle d'Orléans inspire encore.

Cléopâtre

Rosa Parks
(1913-2005)
Le 1er décembre 1955, Rosa Parks, une afro-étatsunienne de 42 ans, refuse d'obéir au chauffeur d'autobus blanc qui lui ordonne de céder sa place à un blanc. Ce geste de désobéissance civile fera école et un boycott de cette ligne d'autobus sera maintenu pendant un certain temps. Ce geste a aussi lancé un jeune Martin Luther King dans la lutte pour les droits civils aux États-Unis. La mère du mouvement en faveur des droits civils modernes est devenue militante par la suite et vivra jusqu'à 92 ans, voyant sa société évoluer grandement dans l'égalité des races. À son décès en 2005, les Autobus de Détroit place un ruban noir en son honneur sur le premier banc de leur autobus, là où elle avait fait son geste héroïque, 50 ans plus tôt.

Sophie-Frédérique-Augusta D'Anhalt-Zerbst
(1729-1796)
Catherine II de Russie régnera comme empereur de Russie pendant 34 ans étendant le territoire soviétique en annexant la Crimée, la banquise de l'Ukraine, le Biélorussie, la Lithuanie et le Kurzème (une région de l'actuelle Lettonie) aux dépends de l'empire Ottoman et de la communauté Lithuano-polonaise. Catherine a fait de la Russie la puissance dominante du Sud-Est Européen suite au premier conflit Russo-Turc, puis elle a donné une identité au pays, misant beaucoup sur l'héritage culturel russe. En investissant beaucoup dans les arts entre autre chose. Auto-proclamée philosophe du trône, elle réussira de son vivant à garder une image pratiquement intact, alors que de nos jours, on la découvre un peu plus tyran qu'imaginée.

Où est-ce notre imagination machiste qui la réinvente?...

Chose certaine, ces femmes méritent plus que le respect.

Aujourd'hui et à jamais.