mardi 26 mars 2024

Grande Victoire du Bien

Elon Musk a déjà dit de son propre père que c'était le plus grand asshole sur terre. 

Elon, avec le temps, peut-être depuis toujours, est devenu son père. 

Il a beau être l'homme le plus riche sur terre, ça n'en fait un homme toujours équilibré. Quand on est au sommet de la pyramide, l'équilibre n'est pas la même qu'à sa base. Quand le Sud-Africain d'origine a acheté Twitter, je venais tout juste d'y entrer. Décembre 2020. Donald Trump n'avait duré qu'un mois. Il en était vite banni parce que trop idiot. Mais Elon a pris le relais de l'idiotie avec un tel brio, que j'ai vite choisi d'aller ailleurs. Threads. Où la publicité y est inexistante et où je ne sens pas que son propriétaire veut faire de quelque chose de gratuit, quelque chose de payant. Elon a tué le réseau social et l'a rebaptisé X. Faisant maintenant place à tous les discours au nom d'une liberté d'expression ségrégationiste. 

J'y vais un peu fort ? Mais non, un juge de la Californie vient de le revirer comme une crêpe et confirmer tout ça. Quand on est pas à la cour suprême des États-Unis, on parle encore au nom de la justice et du bien commun. 

Elon clamait que le Center for Countering Digital Hate inc.(CCDH) violait les termes de X en utilisant des données corrigeant la désinformation désormais généralisée sur Twitter/X. The American Civil Liberties Union, celle de la Caroline du Nord aussi, The Electric Frontier Foundation et le Knight First Amendment Insititute de l'Université Columbia sont tous venus témoigner que des compagnies privées comme celle d'Elon, ne doivent aucunement avoir des clauses dans leur contrat leur permettant de telles armes de censure par simple rejet de la critique. La décision est une gigantesque victoire pour les journalistes qui sont à nouveau discriminés, par Meta, propriétaire de Threads, qui projette de censurer tout sujet politique, donc de censure la vie puisque dans le vie, tout est politique. Ceci veut dire que si quelqu'un veut parler droit civil ou LGTBQ+, il serait censuré. Ridicule. Ce n'est pas fait encore. 

L'argument de Musk était que chaque fois qu'on soulignait la désinformation sur X, ça faisait fuir les commanditaires. Aveuglement un brin immature de sa part. Le juge a refusé la demande de poursuite en cour spécifiant que ce n'était que vindicatif et dans les but de punir CCDH de rétablir les faits. 

Depuis l'achat d'Elon de la plateforme gratuite (ce qui n'est pas la direction qu'il souhaite) l'antisémitisme, le racisme, la haine, la discrimination, les fausses nouvelles, les sexbots, les extrèmistes, les faux comptes ont explosé et s'y promènent et s'expriment allègrement sans retenue. Le juge a souligné que X était davantage préoccupé par l'envie de réduire au silence des gens qui ne font que rétablir les faits rapprochant de la vérité qui sera toujours difficiles à saisir de toute manière.  Elon est beaucoup plus préoccupé de libérer les voix de Donald Trump, de racistes, d'extrémistes, des faux comptes, et d'haineux de toutes sortes que de laisser la toxicité s'assainir.

C'était une vaine tentative d'enrayer la recherche journalistique et empêcher la critique contre la plateforme.   

Il y a cette tutelle en Californie qui empêche les gens mal intentionnés ou riches de poursuivre de manière simplement vengeresse. Cette poursuite est tombée sous ce parapluie, Elon étant l'homme le plus riche sur terre. 

Un homme brutalement con, merci.

L'homme qui se qualifie d'absolutiste de la liberté d'expression attaquait la liberté d'expression.

La semaine dernière, dans une vanne 100% inversée, Musk disait de la CCDH que c'était une organisation terroriste qui ne voulait que du mal.  

Et Vladimir Putin, Benyamin Nathanyahou sont des colombes...

lundi 25 mars 2024

À La Recherche du Temps Perdu*****Post Office de Charles Bukowski

Chaque mois, dans ses 10 derniers jours, tout comme je le fais pour le cinéma (dans ses 10 premiers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu) je vous parles de l'une de mes trois immenses passions: la Littérature !

Lire c'est une seconde nature pour moi, je suis traducteur je suis toujours en train de lire, je lis partout, tout le temps, j'ai toujours un livre avec moi, même si je n'ai pas l'occasion de le lire. Au cas où je pourrais. Je quitte parfois un groupe de gens pour aller lire en cachette une page ou deux par subversion, dans le garage ou à l'étage. 

Lire c'est apprendre à entrer dans l'univers d'un(e) autre, c'est plonger dans les corridors mentaux d'un autre être humain, c'est explorer de nouveaux univers, de nouveaux mondes, c'est s'ouvrir les sens, c'est apprendre à écrire dans le savoir, c'est accepter de vivre sur le rythme respiratoire de quelqu'un d'autre.

Et respirer, c'est vivre.

POST OFFICE de CHARLES BUKOWSKI    

Henry Charles Bukowski était un écrivain, poète, poivrot. Il était formidable. Il était représentatif d'une large part des gens d'Amérique du Nord. Ceux qui se moquent de tout, qui ne font qu'avec leurs instincts, et qui choisissent de s'amuser davantage que de se tuer au travail. Sur sa tombe est inscrit avec humour Don't Try. Il peut être très amusant. Même par delà mort. Le cinéma des frères Coen est très près de l'univers d'Henri Chinaski, le personnage récurent de Bukowski, lui-même en quelque sorte. Ses écrits font échos à la société Étatsunienne des années 50-60-70, en 1986 le Times le titrait comme lauréat de l'American Low Life, parce qu'il vivait, écrivait, sur ses consommations massives d'alcool, ses relations avec les femmes, il vivait à la Henry Miller et ça faisait des jaloux. 

Il écrivait souvent autobiographiquement, donc sur la vie des pauvres citoyens des États-Unis, pas nécessairement sans culture, au contraire même, hédoniste, dans l'économie de Los Angeles, et bien souvent dans la débauche. Toujours amené dans un angle humoristique. Pathétique parfois. Comme il a des racines allemandes, et qu'à 24 ans il a tenté d'esquiver l'engagement militaire de la Seconde Guerre Mondiale, que sa famille a été impliquée dans la Premìère Guerre Mondiale, mais du côté des Allemands et qu'elle est restée en Allemagne, le FBI l'a suivi pendant un bout de temps. Peu importe ses envies de désertions, il était si peu en forme qu'il ne s'est jamais qualifié pour l'engagement militaire.

Le Postier, (illisible en français de France avec ses expressions de l'Hexagone qui ont peu à voir avec l'Amérique) raconte Los Angeles, en Californie, fin des années 60, Henry Chinaski, poivrot de bar, trieur au courrier pour le bureau de poste, choisissant de quitter son emploi quand il se met à gagner une bonne somme aux courses de chevaux. Il erre d'appartements en appartements tel un sans abri "survivant" par l'alcool et les Femmes. Humour, pathétisme et cynisme sont au rendez-vous. 

La poésie et la musique classique duquel Bukoswki/Chinaski sont très friands, aussi. Largement autobiographique le livre lancé en 1971, son premier qui ne soit pas un recueil de poésie où un article de magazine, sera "dédié à personne". Parce que Bukoswki a la lucidité de savoir qu'il n'est pas un modèle pour quiconque tient à son foie. Un certain sexisme vieilli mal, mais si on replace en contexte dans les années 60, il est plus facile de comprendre mentalement ce qui dirige certains de ses écrits. 

Bukoswki, l'homme était bien meilleur que ce qu'il écrivait. Il se la jouait entre Humphrey Bogart et Eric Von Stroheim, avec le cool du premier et le flegme du second, Allemand d'origine de surcroit. Mais était aussi capable de boire à la bouteille à la télévision en pleine entrevue tel un clochard dont il pouvait avoir les traits caricaturaux. 

Sa poésie peut parfois être stridente, tranchante, cruelle, pathétique, mais aussi très comique. Et Bukoswki a inspiré terriblement d'artistes.

U2, Rolland Perrin, Red Hot Chilli Peppers, Fall Out Boy, Artic Monkey, 311, Modest Mouse, Harry Styles, Nick Cave & The Bad Seeds et plus d'une vingtaine d'autres, en musique ont été inspirés de Bukowski.

Marco Ferreri, Barbet Shroeder, Dominique Derudderre, Patrick Bouchitey, Bent Hamer, James Franco, Timothée Chalamet dans Beautiful Boy, ont tous présentés Bukowski au Cinéma. Charles a fait des caméos dans Barfly et Supervan. Peu honorable dans Supervan, graine d'agresseur. 

Mark Manson, auteur de The Subtle Art of Not Giving a Fuck a consacré un chapitre entier inspiré de Bukowski appelé Don't Try.

Bukowski disait lui-même s'inspirer de Dostoeivsky, Fante, Céline, Hamsun, Hemmingway, Jeffers, Miller, Lawrence, Thurber, Du Fu et Li Bai.  

Le 9 mars dernier marquait les 30 ans de sa disparition, aux mains de la leucémie, à 73 ans.     

dimanche 24 mars 2024

Steve McQueen

Terrence Steve McQueen est né en Indiana d'un mère monoparentale alcoolique. Très vite elle est incapable de s'en occuper et le fait élever d'abord par ses propres parents, puis, par son frère, sur une ferme. Ce frère offre à Steve, enfant, une bicyclette que McQueen attribuera à la naissance de sa passion pour les motos et la course automobile. Il sera, adulte, conducteur et propriétaire de nombreuses motos, de nombreux véhicules, et sera même courseur. 

Dyslexique et partiellement sourd d'une oreille en raison d'une infection aux oreilles, enfant, il ne s'ajustera jamais tellement bien aux écoles et au différents environnements dans lequel il est plongé. Et entre sa naissance et ses 18 ans, il est tout simplement partout. Quand sa mère le reprend un bout de temps, le chum de celui-ci le bat si souvent (lui et sa mère) qu'à 9 ans, il fugue. Joint des gangs de rue. Vit de petits crimes. Il sera envoyé dans une maison de réhabilitation pour les jeunes pré-adolescents où il n'est pas davantage bien accepté jusqu'à ce qu'au contraire, il en devienne un des leaders positifs. Dans sa vie adulte de star, il gardera toujours un lien avec cette maison de réhabilitation, demandant des articles de tournage qu'il leur donnerait par la suite. 

À 17 ans, il demande la permission à sa mère de le laisser joindre les Marines (fallait  avoir 18 ans ou cette permission). Elle lui est accordée. Mais 7 fois il sera réprimandé pour discipline non respectée. Il désertera même quand il reste sur une île avec la future actrice Barbara Ross qui a craqué pour ses beaux yeux bleus. Il sera d'abord puni par l'armée avant d'en devenir un héros après avoir sauvé des soldats mal en point pendant un exercice militaire et ainsi promu comme militaire dans l'entourage du président Truman. Où il croise le jeune sénateur John F. Kennedy, qui attire autant les filles que lui et avec lequel ils font des paris sur qui en attirera le plus que l'autre. 

Il obtient une libération militaire et avec l'aide militaire, réussit à se payer des cours de théâtre. Sa toute première ligne (et son unique) dans une pièce, sur scène, est en yiddish. Il étudie sous Stella Adler avec entre autres, Gia Scala, avec laquelle il développe un idylle. Il fait ses débuts sur Broadway à 25 ans, avec Ben Gazzara. Il passe ensuite de New York à Los Angeles. Où il fera de la télévision. Son rôle dans Wanted Dead or Alive le fait beaucoup connaître. Il a le temps, tout juste avant, de faire ses débuts au cinéma avec Paul Newman. Pendant trois ans, son émission de télévision est populaire et l'empêche de jouer ailleurs. Comme dans Breakfast at Tiffany's qu'il doit refuser. Il est papa depuis 1960, d'un fils.

À 29 ans, McQueen est engagé à la suggestion de Frank Sinatra pour remplacer Sammy Davis Jr, avec lequel Frank a un léger conflit pour un film assez moyen, mais qui le fait encore remarquer avantageusement. Le film suivant sera un immense succès. John Sturges le choisit donc à nouveau pour son film suivant. Un autre gros succès. Il joue avec Nathalie Wood, Karl Madden et Suzanne Plechette avec encore beaucoup de succès. Il est joueur de poker pour The Cincinnati Kid, tout le monde l'aime, fans et critiques. Il a son unique nomination aux Oscars pour The Sand Pebbles

En 1968, pour Bullitt, où il insiste pour faire toute ses conduites automobiles, le succès est monstre. Ironiquement, jouant les antihéros, il s'attire un public de redneck et de républicains beaucoup, mais est fondamentalement tout le contraire, fumant de la marijuana tous les jours et épousant beaucoup les modèles hippies. Tant qu'il croise entre autre Charles Manson à un party qui le harcèle et que Steve McQueen se voit forcer de frapper au visage. Ça placera Steve premier sur la liste d'ennemis de Manson. Il l'apprendra après ses horribles crimes. Bullitt est un immense hit, mais avant de le savoir Warner Bros annule les 7 films prévus avec McQueen parce qu'il a coûté beaucoup plus cher que prévu à faire. McQueen est assez futé pour demander des parts du film avant sa sortie, 10%, et celui-ci fera autour de 42 millions. Steve est riche. 

Quand Warner Bros. voit les recettes, on tente de revenir en arrière et de ramener McQueen mais par orgueil, il refuse. Il fait son film suivant avec un studio indépendant, dans un style très différent, mais ce sera encore excellent. Steve est qualifié de King of Cool. Il joue dans un film d'époque l'année suivante. Il se lie d'amitié avec James Garner qui lui aussi est courseur automobile au point que les deux deviennent voisins directs. Il avait commencé le tournage de Grand Prix, sur la course automobile, mais ne s'entendait pas avec le réalisateur, Garner prendra sa place. McQueen tournera alors Le Mans, sur le même thème, mais qui ne connait pas tellement de succès. 

Junior Bonner lui offre un rôle de composition intéressant. Il retravaille aussitôt avec l'animal Sam Peckinpah dans The Getaway avec celle qui devient son amoureuse Ali McGraw. Le succès redevient monstre. Il brille dans Papillon adapté de Franklin J. Schaffner. Est co-star avec son ami, aussi courseur automobile Paul Newman dans The Towering Inferno. Son nom fait faire beaucoup d'argent il peut commander une fortune aux studios et ce sera la condition pour revenir avec Warner Bros. Il obtient encore un % des revenus, 10% toujours, et le film fera plus de 55 millioons. Il est alors l'acteur le plus payé de tout Hollywood. 

Ce qui reste ironique puisqu'il ne tourne plus pendant 4 ans. Il a appris à piloter en avion. Il revient dans une adaptation d'une pièce d'Henrik Isben qui elle, avait été adaptés aux États-Unis par Arthur Miller. Il commence à tourner avec Barbara Streisand mais les deux ne s'entendent tellement pas que ni l'un, ni l'autre ne fera le film au final, ce sera Clint Eastwood et Sondra Locke. Steve s'intéresse à l'adaptation de The Bodyguard avec Diana Ross, mais le projet ne voit pas le jour, en 1976. Quigley Down Under est aussi un projet auquel il est attaché mais ça ne se fera qu'en 1990, et avec Tom Selleck. 

Diagnostiqué d'un cancer il essaie toutes sortes de traitement qui ne soient pas que la chimiothérapie. Ne s'en sortira pas, il décède dans la nuit du 7 novembre 1980. Il n'a que 50 ans.

Steve, un abandonné de la vie qui s'est trouvé, était l'acteur le mieux payé sur terre, il y a aussi 50 ans.

Il aurait eu 94 ans aujourd'hui.

samedi 23 mars 2024

Stephan Pas de E Bureau: Version Wish de Tucker Carlson

Stéphan pas de E Bureau m'a toujours agacé. D'emblée pour avoir soustrait le E de son prénom, probablement pas assez unique à ses yeux.

Je me rapelle ses débuts comme présentateur de nouvelles à TVA et l'enthousiasme généralisé qui l'avait entouré alors que tout le monde, (TVA eux-mêmes surtout) encensait le jeune lecteur qui débutait avec un semblant de 20 ans d'expérience déjà. J'avoue que je ne voyais que le professionnel qui avait fait ses devoirs et ne trouvait pas qu'il était plus épatant que les autres. Professionel et à son affaire, c'est tout. 

Avec une certaine surprise, après seulement un an comme chef d'antenne, je me rappelle avoir eu un premier doute sur lui. Il se prêtait au jeu de l'interviewé en quittant ses fonctions pour partir une année ou deux en voyage. J'admirais le côté "je n'ai pas de laisse", l'indépendance, mais en même temps, je devinais le petit impopulaire à lunettes de l'école primaire/secondaire qui disait souvent n'importe quoi pour attirer l'attention des gens cools, vivant enfin son plus-que-15 -minutes-de-gloire et qui voyait la baloune prendre une telle ampleur qu'il avait voulu garder le contrôle de la soudaine popularité. Je voyais tout à coup, un ego.

Fair enough jusque là. Il choisissait l'indépendance, ce qu'il a fait pour le reste de sa carrière par la suite: Pigiste. Avec une concentration sur les États-Unis qui le fascinent. Pays effectivement, fascinant. Mais voilà. Il a peut-être aussi été à l'école de Tucker Carlson, animateur de Fox dont la station a été condamnée à verser 787,5 millions pour avoir volontairement désinformé, majoritairement par le biais de l'émission de Tucker Carlson.

Stephan pas de E Bureau a été ici et là pendant plusieurs années. Mais quand il est passé à la radio de Radio-Canada, j'ai été surpris de l'entendre prêter écho et ne pas confronter les désinformateurs pendant la pandémie. Je n'ai pas été le seul à rester surpris, Radio-Canada a fini par le limoger exactement parce qu'il flirtait avec les théories farfelues anti-scienitifiques. Il semblait accorder de la crédibilité là où il y avait connerie.

N'a jamais cessé depuis. Il est dans le trou de lapin menant à la complosphère. Y fonçant tête première. Si au début les gens trouvaient que Radio-Canada avait été dur envers Bureau, depuis Stephan pas de E leur a donné 102 fois raisons. 

Comme encore récemment quand il s'est présenté dans un balado Français douteux qui disait sans rire que la femme d'Emmanuel Macron serait probablement un homme. Il n'a pas repris et a même souligné l'importance de Candace Owens, désaxée qui est à la source de telles rumeurs, en citant le nombre de ses "followers". Pas "ses abonnés", ses follôheures

Alors du coup...tabarnak!

Candace Owens est une grosse pointure de la désinformation aux États-Unis et n'a fait que recycler du vieux Alex Jones qui disait, des années avant, que Michelle Obama était un homme. Le balado en question est Toscin, un regroupement d'extrême droite traditionnel qui va critiquer le vaccin depuis toujours, demander qui est pire de Putin ou Biden en favorisant le dictateur Vladimir, antivax, proPutin, proTrump, bref, pourquoi s'associer à eux et normaliser leurs discours farfelus ? C'est ce que Radio-Canada lui reprochait et qui lui a coûté son micro. Il crédibilisait les imbéciles. Maintenant on le sait aussi des leurs.

Sur les ondes de QUB, Bureau en a rajouté en citant le traditionnel discours des négationnistes de la pandémie. Suggérant que le Covid n'avait jamais été si grave que ça, que les mesures sanitaires ne changeaient rien, que le confinement était excessif, et finalement que si le vaccin nous as aidé c'est parce que Donald Trump a veillé à en accéléré l'arrivée. 

Wait...what ?

Oui, oui, le signe astrologique de Stéphan pas de E Bureau est désormais imbécile.

Désinformateur majeur, le Covid a imposé une surmortalité de 18% aux États-Unis pendant la pandémie et sous Trump, tandis que dans le Québec confiné et ailleurs on était autour de 4%. Dans les comtés à majorités Démocrates et celles à majorité Républicaines, quand le vaccin est apparu, c'est chez les Républicains qu'on s'est mis à mourir à la pelle. 

Il aussi dit que les stats étaient les mêmes, entre la Floride où il n'y a eu aucune restriction sanitaire sous Rick DeSantis, qu'en Californie (trop) contrôlée où tout y était presqu'interdit. Plus de 5 études de 2022 confirment le contraire. 

Trump a été un des pires pour enrayer le Covid. Il n'a rien à voir avec l'arrivée des vaccins, c'est l'Allemagne qui a accéléré les livraisons, cherche le sur le net, nulle part Trump est impliqué. Il n'a fait que reprendre du mensonge comme il le fait si bien. Mais Bureau justifie Trump et l'excuse. 

Stéphan pas de E donne de l'importance à ceux et celles qui méritent la confrontation. Il nourrit les appâts à rage. Il souffle sur les braises de la déséqulibrante désinformation. Il a désormais le jugement d'un kakapo. Oiseau au jugement plus que discutable. On en discute justement ici. 

Et confirme par 1000 qu'au primaire/secondaire, il était fort probablement prêt à dire n'importe quoi pour attirer l'attention. 

Le petit con. 

vendredi 22 mars 2024

Modèles Difformes D'Humains

"It's like we weren't made for this world, and though I really would'nt want meet someone who was"

-K.B.  

Un Z sur le costume militaire Russe signifie que vous avez tué de l'Ukrainien. 

Violé, torturé possiblement aussi. 

Un Z sur le costume militaire Russe signifie que vous êtes un monstre. Et pourtant, ABCAustralia a fait le portrait d'un soldat Russe se plaignant d'être qualifié de monstre et non d'être humain. Le reportage humanise la monstruosité Russe. 

Si tu as du Z sur ta veste militaire, tu as peut-être castré un Ukrainien pour le plaisir. Tu as peut-être forcé la nudité sur des individus. Tu as peut-être terrorisé par la violence sexuelle extrême. Tu as déshumanisé. Une Ukrainienne de 83 ans a dit avoir été violée par les soldats de Putin devant son mari, invalide. Les violé(e)s de 2014 ne sont pas encore remis(es) de ces traumatismes. On ne s'en remet jamais. 

La réalisatrice Ukrainienne Alisa Kovalenko a 37 ans a été interrogée par les Russes, en 2014. Elle en avait 27. C'est une belle femme en 2024, elle l'était tout autant à 27. On la forcée à la nudité et tenté de la violer. Elle a gardé son traumatisme secret pendant 10 ans. Pour ne pas inquiéter sa propre famille. Iryna Dovgan avait 61 ans il y a 10 ans. Elle a été violée deux fois par les soldats Russes. On l'a séquestrée, privée d'eau et d'aliments et on a menacé de violer aussi sa fille de 14 ans. Elle a été ligotée à un poteau en ville et on a placé sur sa poitrine l'inscription fausse qu'elle avait tué des enfants et aidé les Ukrainiens à tuer des civils Russes. Dans le but que des citoyens se fassent justice eux-mêmes contre elle, ce qu'ils ont fait. Pendant 5 jours. On l'a laissée au poteau pour morte, mais elle s'est finalement défait de ses liens et s'est sauvée. 

Nous sommes humains disent-ils. Ce que fait Vladimir Putin ne s'humanise pas. 

Quand Nex Benedict a été a assassiné(e) par son école parce que non binaire, on a fait remarquer au gouverneur de l'Oklahoma qu'il avait dit " qu'il fallait faire quelque chose pour enrayer cette saleté". Il ne parlait pas des gens qui assassinaient les membres de la communauté LGBTQ+, la saleté dont il parlait (filth) c'était Nex Benedict, la personne non-binaire, décédée, à 16 ans. Parce que différente. 

Ils nous disent de craindre les non-binaires, ils nous disent de craindre les drags queens. ils se disent "les bonnes personnes" en mesure de nous dire que leur peurs devraient aussi être les nôtres.

Ils nous disent de bannir certains livres. Je vous dis que chaque livre banni est une raison supplémentaire de le lire.

Ils ne veulent pas entendre parler de l'histoire des noirs. Je vous suggère d'y plonger. On y passe de déshumanisation à humanisation. C'est incarnation, Brutale, mais incarnation quand même. Riche magie.

Ils promettent de contrôler les naissances sur terre, de "se débarrasser des wokes", traduction: de ceux et celles qui ne pensent pas comme eux, ils promettent maintenant des bains de sang.

Des bains de sang. Même de manière symbolique, un bain de sang, c'est pas sain.

Ils seraient majoritaires aux États-Unis si des élections avaient lieues demain.

Ils se disent citoyens modèles, je vois au contraire différentes catégories d'ordures. 

Modèles d'humains malsain.

Ému(e)s, la bible sur le coeur.

Le mal est partout et progresse. 

Parfois sans même réaliser qu'on est le mal. 

À la Guillaume Lemay-Thivierge voulant faire des blagues sur le mot en N. 

Je suis plus que fier d'être qualifié de "libéral" ou de "woke".

Avant que ce soit une insulte, les poules ont le temps d'avoir des dents. 


jeudi 21 mars 2024

Déserts

"It takes a man to suffer ignorance and smile..."

Revenu de Vegas, je termine me première semaine de retour au travail.

Vegas a été...étrange. Troublant. Ça m'a rendu seul. Ensemble.

Je vous ai parlé de l'amoureux de l'amie de ma conjointe (PL). Il cochait toutes les cases de l'ignorance affirmée. S'abreuvant comme sources d'informations à Fox, la radio poubelle CHOI FM de la région de Québec et même Rebel News. Fucking Rebel News ! Je n'invente rien ! J'avais un spécimen de désinformations en chair et en os avec moi. J'en voyais tous les mécanismes mentaux. Un guide du Grand Canyon nous disait en route qu'il ne fallait absolument pas, nous touristes, se sentir obligés d'aller manger au In & Out Burger, chaine de restauration rapide à la qualité alimentaire lourde et à l'éthique douteuse, qui fait la honte des résidants de Vegas comme lui. 

Il a dit ça en anglais au micro. Notre partenaire de voyage, oubliant peut-être que je suis 200% bilingue, nous as traduit que le guide nous avait suggéré d'y aller. 

Notre partenaire de voyage, appelons-le Pahalléhalékol Longtan (PL) nous a traduit le contraire de ce que le guide nous avait dit parce qu'au tout premier jour ensemble, à Vegas, PL nous avait fièrement guidé lui-même à ce resto comme premier repas. Fier de nous montrer un resto qu'il aimait bien, lui. 

Les ignorants ajustent le narratif à leur lubies.

Ce que nous disait le guide du Grand Canyon remettait en doute la décision de PL au premier jour de notre séjour. PL a donc ajusté les infos à ce qu'il avait envie d'entendre. Il était si mentalement égaré et si perpétuellement à contredire qu'il devenait difficile, plus la semaine avançait, de trouver des sujets de conversations avec lui. Sa blonde et la mienne se connaissent depuis près de 40 ans, elles savaient se jaser. Je lui jasais aussi beaucoup à elle. Mais lui et moi, on se connaissait de manière assez sporadique sur plus de 30 ans. Et comme le couple est plutôt "genré", les conversations entre "mâles" étaient souhaitées de sa part. Je le voyais bien.  

Il a bien tenté d'attirer mon attention sur des voitures qui l'épataient mais je suis le pire public au monde pour ce type de choses. Je ne m'intéresse aucunement aux voitures. Ne sait jamais comment réagir face à quelqu'un qui est fasciné par une voiture et surtout incapable d'en parler. Même pas de ma propre voiture. Une Volks Jetta 2019, je ne sais pas quel modèle, mais noire. Mon amoureuse n'est pas plus intéressée par les bagnoles mais déjà meilleure, son frère travaille pour Airbus et est un carbuff. Ma fille encore plus, son chum bosse dans l'univers. Moi ? m'en christ ! Devant mon absence d'intérêt, PL pointait donc sa fascination vers sa blonde à lui chaque fois, blonde qui ne semblait pas s'y intéresser non plus. Cette fois c'était lui qui devait se sentir bien seul de prendre une photo de voiture stationnée dans la rue, sans un seul mot de ma part.

J'ai regretté de ne pas l'avoir confronté davantage, mais d'un autre côté, dans quel climat aurions nous passé la semaine si j'avais passé mon temps à lui remettre sur le nez ses idioties?  Des fois ça se faisait tout seul. Comme quand il a passé un commentaire désobligeant sur un homme habillé en femmes. "As tu peur d'eux, PL?" ai-je échappé. Ce à quoi il m'a répondu "non mais qu'ils n'approchent pas de mes enfants !" a-t-il tiré de son désert mental. "Ils ne sont pas intéressés par les enfants, PL, ce sont plutôt beaucoup de parents qu'il faudrait éduquer sur les trans et la communauté LGBTQ+" Il a alors fait froid dans le casino.

Quand j'ai beaucoup ri, en lisant quelque part sur les réseaux sociaux, que Stephan pas de "E" Bureau était le version "wish" de Tucker Carlson, j'ai vu PL rougir de frustration contenue. Il a tout de suite enchainé en me demandant si j'avais vu "l'entrevue" avec Putin. Je lui ai sagement expliqué que c'était pas une entrevue de Tucker Carlson, mais bien un monologue de Putin récitant une réécriture de l'histoire à une lune éteinte. Aux astres faibles.


PL doit être le seul au monde à croire au 88% de votes en faveur de Putin aux élections truquées de cette semaine, en Russie. 

Je gardais un peu trop tout ça dans ma tête comme souvenir de Vegas. Vegas c'était aussi bien d'autres choses. Des choses que je viderai peu à peu d'ici l'été, ici, surement. 

Une solitude, ça ne peut que finir par s'accompagner de quelqu'un ou de quelque chose à un certain moment.

J'ai marché jusqu'à l'épicerie afin d'à la fois brûler quelques calories, acheter un oignon blanc, devenu aussi rare que du jugement chez Guillaume Lemay-Thivierge, à la fois pour m'aérer les esprits. 

Écoutant une savoureuse liste de lecture de la musique de George Harrison, 

J'ai trouvé un oignon blanc, un seul. C'était jour de chance. Harrison me plongeait dans la beauté. Give Me Love (Give Me Peace On Earth) est un bijou pour mes oreilles. J'étais très investi dans ce qui jouait dans mes oreilles. Je suis passé à la caisse rapide où on y avait installée la plus jolie des caissières. Attendri des yeux, et mou du cerveau, j'ai, sans trop le réaliser tout de suite, chanté droit dans ses yeux,  ce qui jouait dans mes oreilles et sur le même ton. Imitant Roy Orbison à la triste perfection pour ma dignité.

"I am so tired of being lonely, I still have some love to give, won't you show me that you really care ?

Elle a naturellement paru surprise. J'étais ailleurs dans ma tête. Je dérivais. 

Derrière nous, trois jeunes emballeurs qui connaissaient la suite. En choeur, ils ont chanté se dandinant de gauche à droite:

"Everybody's got somebody, to leaaaaaaaaaaan on! Put your body next to mine, and dreeeeeeeam on!"

O.k. tout ça devenait aussi inconfortable qu'un déserté mental disant "De quel planète ça venait ça ?" en croisant un(e) non genré. 

Qu'est-ce que ça peut ben vous faire de les voir vivre autrement que vous ? J'ai couru vers la sortie comme on devrait tous le faire quand les mots Justin Trudeau sont dans la bouche de Pierre Poilièvre. Je pleurais parce que j'avais un oignon dans les mains, pas parce que je venais de chanter devant tout le monde. On m'avait même accompagné comme un Wilbury!   

PL, c'est la fière ignorance que je ne voudrai plus fréquenter que sous la contrainte. Mais qui sera d'ici quelques mois peut-être partout. Et que je fuirai de toutes jambes. 

Vegas nous as séparés, PL et moi. Je le laisse à Eric Duhaime. 

Je reviens de Vegas comme endeuillé. Mais les ampoules encore allumées quand même. 

mercredi 20 mars 2024

Bob Marley, Brutal Ginnal

Ginnal: trickster or con artist.

Contrairement à la pensée populaire, Bob Marley n'était pas "one love" où chantre de la paix et de l'amour tout le temps. 

L'enfant chéri de la Jamaïque était brutal.

Il posait élégamment dans sa musique un esprit de paix et de communion mais au civil, le roi du reggae vivait une autre histoire. Au privé, il était un violent enfant des ghettos capable d'agressions, d'intimidation, d'excès de rage et de vengeance Rastafari. 

Dans sa vingtaine, Bob avait déjà 7 enfants de 4 femmes différentes. Avait besoin de l'argent des tournées et des ventes de ses disques pour maintenir son style de vie et ne s'était pas gêné pour placer un fusil sur la tempe d'un de ses musiciens qui ne voulait pas faire la tournée qui s'annonçait. Comportement de gangster.

Mais les vrais gangsters pour Marley, c'était les diffuseurs de musique, les gérants et les gens de l'industrie qui tentaient de tirer toutes les ficelles de la business musicale. Il n'y avait que 2 stations dans toute l'île. Une qui jouait du disco et l'autre qui tentait d'imiter la BBC avec ses DJ Britanniques. Les deux stations ignoraient la musique locale, le reggae, la musique du peuple Jamaïquain. Voilà pourquoi, en compagnie de 3 acolytes, il était intervenu dans un poste radio afin de forcer par l'intimidation la diffusion de son single Small Axe. Justement un morceau pouvant symboliser son côté fondamentalement tranchant. Parmi les trois gorilles entourant le petit (de taille) Bob, il y avait un intimidateur au surnom peu subtil de "Take Life" (ce qui dit tout en 2 mots) un homme connu pour en avoir assassiné un autre et un ancien joueur de football de 6'5.  Les enfants du ghetto étaient brutaux. On a réclamé de faire jouer Small Axe à toutes les heures. Ce qui a été fait afin d'éviter des reconstructions faciales forcées. Le message était la paix, l'amour et la révolution, et si il fallait faire quelques menaces dans le processus pour que le message passe à la radio, on sortirait les muscles. 

La vie en Jamaïque était dure depuis sa souveraineté en 1962. La CIA est toujours impliquée dans les nouveaux pays. Pour suivre le mouvement des eaux. Micheal Manley, président aux affinités communistes, n'était pas le favori de la CIA. Mais pour Manley, qui cherchait à se faire réélire, Bob Marley, qui avait une influence encore plus grande que la sienne sur son peuple, était d'une importance capitale. 

Bob était un lien avec les États-Unis et le monde. En 1973, en tournée avec Marvin Gaye, Marley avait fait la rencontre du gérant Don Taylor qui allait devenir le sien. Les Rolling Stones, Paul McCartney, Paul Simon, commençaient à intégrer des éléments de la musique reggae dans leurs oeuvres. Keith Richards et Mick Jagger travaillaient avec l'ancien collègue de Marley, Peter Tosh. Stevie Wonder avait écrit un morceau SUR Bob Marley. Eric Clapton allait reprendre I Shot the Sheriff. Clapton était Dieu. Si Dieu jouait du Marley, ça faisait quoi de Bob ?

Quand Bob Marley a annoncé un concert unificateur du peuple Jamaïquain, Michael Manley a tout de suite demandé si il ne pouvait pas faire ce concert sur le terrain de sa maison. A aussi devancé la tenue des votes de deux semaines donnant l'impression qu'un concert de Marley serait un appui pour lui. Mais Bob ne voulait pas endosser publiquement Manley. Le concert prévu serait quand même vu comme un appui à son parti et la CIA le parti adverse des hommes armés tenteraient de tuer Marley en tirant sur lui et son entourage 2 jours avant le concert. Badass pour vrai, Bob jouera le concert 2 jours plus tard, balles de fusil dans le corps. 

Et dans un concert filmé par un fils du boss de la CIA...

Tout le monde ayant survécu, 2 ans plus tard, tous les tireurs impliqués dans la tentative de tuerie massive, auront disparu. Un kangaroo court serait tenu, présidé par le roi du reggae, après 2 ans d'exil en Angleterre. Pays où il y fera la rencontre du journaliste Nick Kent qui portait du eyeliner dans cette ère de glam rock. Ça a suffit à Bob et son entourage pour l'intimider dans la salle de bain. One love, Bob ?

Les hommes de mains de Bob ont pendus 2 des tireurs. 2 autres ont été empoisonnés. 2 autres ont eu la gorge soudainement tranchée dans les montagnes. Un autre, retrouvé à New York, l'orchestrateur, serait retrouvé mort avec une balle en plein front et finalement, un dernier serait enterré vivant. Vengeance Marley. Fallait me tuer les boys.

Quand viendra le moment de toucher à tout son argent, que son propre gérant lui volait dans les recettes de ses spectacles, l'entourage de Bob pendera par les pieds de la fenêtre du 7ème étage Don Taylor, dans un hôtel du Gabon, jusqu'à ce qu'il signe, fusil sur la tempe, une renégociation de contrat à l'avantage de Marley.

Let's get together, and feel alright.

Un nouveau film sur Marley a récemment été lancé. One Love que ça s'appelle.

Ce ne semble pas tout à fait le snuff film rasta qu'il a vécu. 

Je suis curieux de l'espace réservé dans ce film à ces moments moins zen de Bob Marley.