mardi 5 mars 2019

100 Grands Films Britanniques

Il y a 20 ans, le British Film Institute sondait 1000 cinéphiles de la British Film & Television afin de leur demander quels étaient les 100 meilleurs films, culturellement britanniques, incluant ceux du Royaume-Uni, donc d'Écosse ou d'Irlande aussi.

Ça devaient être des films du 20ème siècle.

Voici 100 films jugés brillants et culturellement British ou Royaumunish.

The Killing Fields de Roland Joffe, 1984.
L'histoire vraie, incroyable et terrible du cambodgien Dith Pran et du journaliste Étatsunien Sydney Schanberg au coeur de la guerre civile et des Khmers rouges en 1973. Vu.

Carry on...Up The Khyber de Gerald Thomas, 1968.
16ème film d'une série de comédies commençant toujours par Carry on... et signées par Gerald Thomas. On se moque de l'armée en 1895 dans les Indes Britanniques.

Small Faces de Gilles MacKinnon, 1995.
Film écossais racontant les aventures de trois frères, Bobby, Alan & Lex, et les rivalités entre gang dans les quartiers mal famés de Glasgow.

Nil By Mouth de Gary Oldman, 1997.
Premier effort d'écriture et de réalisation pour l'acteur Gary Oldman décrivant en partie l'environnement dans lequel il a grandit, une famille de Londres dysfonctionnelle, teintée de violence, de misère, d'intoxications et de comportements déplacés. Dur. Vu.

The Wicker Man de Robin Hardy, 1973.
Mystère, Horreur, Christopher Lee, ce film, inspiré du livre Ritual de David Pinner, parle de disparition, d'enquête et de spiritualité.

Life is Sweet de Mike Leigh, 1990.
Troisième effort cinématographie de l'excellent Mike Leigh racontant une simple mais efficace comédie d'une famille de la classe ouvrière du Nord de Londres, le temps de quelques semaines d'été. Son plus gros succès populaire. La scène finale entre les jumelles m'a beaucoup touché. Sweet indeed. Lancement des carrières de Stephen Rea, Allison Steadman, Jim Broadbent, Jane Harrocks , Claire Skinner, David Thewlis et Timothy Spall. (et Mike Leigh). Vu.

The Belles of St Trinian's de Frank Launder, 1954.
Premier d'une série de 4 films inspirés des personnages du dessinateur Ronald Searle, qui sera un vote de confiance pour une folle liberté d'expression très en avance sur son époque.

Caravaggio de Derek Jarman. 1986.
La vie du peintre baroque italien Caravage et du triangle amoureux dans lequel il était impliqué avec Lena et Rannuccio.

In Which We Serve de Noël Coward & David Lean, 1942.
Coward signe la co-réalisation, la musique, y joue la capitaine du bateau qui sert en mer et compose et chante la trame sonore. Richard Attenborough y trouve son premier rôle à l'écran. Tourné pendant la guerre avec l'aide du ministère de l'information.

My Name is Joe de Ken Loach, 1998.
Joe est un ancien alcoolique se liant d'amitié, et même un peu plus, avec une travailleuse sociale. Il doit toutefois aussi composer avec la mafia locale du plus miteux des quartiers de Glasgow, en Écosse.

Hope & Glory de John Boorman, 1987.
Le début de la seconde guerre mondiale tel que perçu des yeux d'un jeune garçon de 7 ans. Un soldat canadien français  (un Québécois) est de cette histoire.

Fires We Started de Humphrey Jennings, 1943.
Tourné par un éminent réalisateur de documentaire, mais reste une fiction (goûtant le documentaire) sur le travail des pompiers durant la Seconde Guerre Mondiale.

A Hard Day's Night de Richard Lester, 1964.
Comédie absurde racontant trois jours dans la vie tumultueuse des Beatles. Vu.

Women In Love de Ken Russell, 1969.
Adapté du livre de H.D.Lawrence, les relations de deux soeurs et de deux hommes dans un ville minière tout de suite après la Première Grande Guerre. Deux couples explorant la nature de l'engagement et de l'amour. Splendide distribution.

Genevieve de Henry Cornelius, 1953.
Animosité, rivalités, rancunes dans le rallye Londres/Brighton. Sous le signe de la rigolade.

Brassed Off de Mark Herman, 1996.
Au milieu des années 90, dans une ville minière du Nord de l'Angleterre des citoyens et travailleurs luttent contre la fermeture de leur mine. Parmi eux, une fanfare qui veut peut-être performer dans des compétitions de fanfare. Léger.

Educating Rita de Lewis Gilbert, 1983.
Une jeune coiffeuse veut se (re)faire une éducation auprès d'un professeur d'Université difficile. Casting parfait de Julie Walters et Micheal Caine.

Darling de John Schlesinger, 1965.
Une jeune Julie Christie monte dans l'échelle sociale en séduisant tour à tour Dirk Bogarde, Laurence Harvey et José Luis de Villalonga.

Distant Voices, Still Lives de Terence Davies, 1988.
Évocation de la vie de famille ouvrières de Liverpool dans les années 40 et 50, au rythme de la musique de l'époque.

A Clockwork Orange de Stanley Kubrick, 1971. Vu. Revu. Rerevu. Acheté.

The Draughtman's Contract de Peter Greenaway, 1982.
Meurtre jardinier en 1694 sous la musique de l'excellent Micheal Nyman qui emprunte beaucoup à Henry Purcell. Chic et assassin.

Far From The Madding Crowd de John Schlesinger, 1967.
Tiré du livre de Thomas Hardy, Julie Christie (pour la troisième fois avec Schelsinger) Alan Bates, Terence Stamp et Peter Finch et Nicolas Roeg à la direction cinématographique. Urbain.

Peeping Tom de Micheal Powell, 1960.
Premier film réel traitant du côté malsain du voyeurisme. Le film traite de meurtres en séries de femmes, et d'un assassin filmant ses "exploits". Controversé , scandaleux et dur pour la carrière de Micheal Powell que l'on jugera négativement pour ce film sombre. Culte tout de même.

Oliver! de Carol Reed, 1968.
Oliver Twist en comédie musicale avec le neveu de Carol, Oliver, qui ne jouera pas Oliver, mais Bill Sikes. Oscar du meilleur film de 1968, du meilleur réalisateur, meilleure musique, meilleure direction artistique et meilleur mixage de son. Vu.


Billy Liar de John Schlesinger, 1963.
Inspiré de la Nouvelle Vague Française, dramédie dans la catégorie des Kitchen Sink Dramas avec de jeunes Julie Christie et Tom Courtenay (Julie Christie, rumours are true....)

The Cruel Sea de Charles Frend, 1953.
Le film raconte la bataille de l'Atlantique du point de vue du capitaine anglais de la Royal Navy (l film est tiré de son livre) combattant les U-boats allemands. Avec Jack Hawkins.

The Day of The Jackall de Fred Zinneman, 1973.
Bon...moi je vous l'ai mis dans les pires adaptations de films français. Eux ont aimé.

A Room With a View de James Ivory, 1985.
Première de trois adaptation d'Ivory de romans d'Edward Morgan Foster. Un voyage culturel, à Florence, où a lieu un assassinat fait naître toute sortes de relations dans l'Angleterre Edouardien. Découverte d'Helena Bonham-Carter et de son talent. Vu.

Goodbye Mr Chips de Sam Wood, 1939.
L'histoire d'un enseignant bien aimé de la Brookfield School. Inspiré du père de l'auteur, James Hilton, et de W.H. Blagarnie de la Leys School.

Elizabeth de Shekhar Kapur, 1998.
Les jeunes années de la plus rock'n roll des reines d'Angleterre, avec l'extraordinaire Cate Blanchett et un casting formidable comprenant Geoffrey Rush, Christopher Eccleston, Joseph Fiennes, John Gielgud, Fanny Ardant et Richard Attenborough. Tous fameux. Vu.

Goldfinger de Guy Hamilton, 1964.
Troisième James Bond, 007 doit enquêter sur le milliardaire Goldfinger, mais rien ne se passe aussi facilement. La séduisante Honor Blackman dans l'improbable rôle de...Pussy Galore. Vu.

Hamlet de Laurence Olivier, 1948.
Claudius remplace son frère, mort, comme roi du Danemark. Mais le spectre du père revient révéler qui fût son assassin, troublant l'ordre nouvellement rétabli. Laurence Olivier, devant, derrière la caméra, à l'adaptation et à la production. Chef d'oeuvre. Vu.

The Dam Busters de Micheal Anderson, 1955.
Micheal Redgrave et Richard Todd rejouent l'histoire vraie de l'Opération Chastise quand une escadrille britannique a attaqué le réservoir de la Möhne, les barrages de la rivière Eden et celui de la Sorpe pendant la Seconde Grande Guerre.

Mona Lisa de Neil Jordan, 1986.
George quitte la prison et se cherche du travail, Devient chauffeur d'une call-girl de luxe, qui le ramène vers le crime. Vu.

The Railway Children de Lionel Jeffries, 1970.
Adaptation d'un livre de E.Nesbit suivant les aventures des enfants de Waterbury forcés de vivre avec leur mère, quittant une résidence luxurieuse pour "les trois cheminées", beaucoup moins chics.

Sunday Bloody Sunday de John Schlesinger, 1971.
Le montréalais Murray Head brille comme un bisexuel venant créer un triangle amoureux, séduisant à la fois madame et monsieur, dans un monde où la désillusion et le désenchantement seront au rendez-vous. Tourné un an avant les massacres du même nom. Vu.

The Remains of the Day de James Ivory, 1993.
Adapté du roman de Kazuo Ishiguro, le point de vue du majordome, brillant Anthony Hopkins, dans l'Angleterre de 1958. Vu.

Passport to Pimilco de Henry Cornelius, 1949.
Après l'explosion d'une bombe tardive dans le village de Pimilco, les villageois découvrent un parchemin leur révélant une nouvelle identité citoyenne.

Sense & Sensibility de Ang Lee, 1995.
Adapté de Jane Austen par Emma Thompson, qui jouera aussi dans le film racontant le modernisme de la psychée féminine d'Austen, vers 1811. Vu.

The Loneliness of the Long Distance Runner de Tony Richardson, 1962.
La métaphore du coureur de fond, seul, capable de fuir la société sans la pression d'une équipe au travers d'un petit criminel cherchant la rédemption.

Blow up de Michelangelo Antonioni, 1966. Vu, revu, rerevu, acheté.

The Ipcress Fire de Sidney J.Furie, 1965.
Premier de trois films d'espionnage mettant en vedette Micheal Caine dans la peau de Harry Palmer, Britishly charmin'.

The Man in the White Suit de Alexander Mackendrick, 1951.
Alec Guiness dans le rôle d'un chimiste sur le point de faire une découverte révolutionnant l'univers du textile. Comédie et science-fiction.

The Go-Between de Joseph Losey, 1970.
Harold Pinter adapte le roman de Leslie Poles Hartley racontant les aventures d'un jeune messager pré-ado, entre femme et amant, le temps d'un été de vacances, dans la famille bourgeoise de l'un de ses amis.

A Taste of Honey de Tony Richardson, 1961.
Le réalisme de l'évier de cuisine, Richardson adapte la pièce de théâtre qu'il avait lui-même dirigé sur scène. Salford post industriel.

The English Patient de Anthony Minghella, 1996.
Complexe, puissant, touchant, gagnant de 9 Oscars, dont ceux du meilleur film, de la meilleure photo et de la meilleure réalisation, c'est aussi un film d'amour situé dans l'ombre de la Seconde Grande Guerre. Vu.

Brazil de Terry Gilliam, 1985.
La culte histoire d'un bureaucrate dans un monde rétro-futuriste. Réparer une erreur administrative n'a jamais été aussi cool. Vu.

My Left Foot de Jim Sheridan, 1989.
Qu'est-ce qu'il a fait souffrir tout le monde D-D Lewis en restant handicapé même hors ondes, obligeant tout le monde à s'occuper de lui en tout temps. On lui a donné un Oscar pour l'effort et l'intensité. Vu.

This Sporting Life de Lindsay Anderson, 1963.
Le livre de David Stoley racontait un peu sa vie. Celle d'un joueur de rugby, plein de succès sur le terrain, mais pas aussi fameux dans sa relation de couple.

Tom Jones de Tony Richardson, 1963.
Albert Finney brisant le 4ème mur, dans une comédie assez réussie qui ouvre son film sur une séquence rendant hommage au cinéma muet. Meilleur film de 1963, selon les Oscars d'Hollywood.

My Beautiful Laundrette de Stephen Frears, 1985.
Un jeune pakistanais tente de gérer une buanderie avec son ami Johnny. Film tourné pour la télé, mais jugé suffisamment intéressant pour le sortir en salle. Stephen Frears adorera les films en salle à partir de maintenant. Et y sera parfois parfait.Vu.

Shakespeare In love de John Madden, 1998.
Fameuse comédie sur celui qui aurait peut-être été Shakespeare. Avec une distribution solide et surtout un scénario habile. Drôle et multiréférentiel.Vu.

Performance de Nicolas Roeg & Donald Cammell, 1970.
Début (et fin?) au cinéma pour Mick Jagger jouant une star ermite, cible d'un jeune gangster qui doit le tuer. Jagger triche Keith en baisant avec Anita sur le plateau de ce film. (culte). Vu.

I'm All Right Jack de John Boulting, 1959.
Satire de la vie industrielle dans les années 50, Peter Sellers y est brillant.

Oliver Twist de David Lean, 1948.
Alec Guiness, déguisé en juif. Appropriation culturelle. Mais noooooon! un comédien est toujours un imposteur dans la peau d'un autre. Fameux film tiré de Dickens. Vu.

The Life & Death of Colonel Blimp de Micheal Powell & Emeric Pressburger, 1943.
La guerre des Boer, La Première Guerre, la Seconde, sous l'angle de la comédie, et en technicolor. Fameux pour l'époque.

Black Narcissus de Micheal Powell & Emeric Pressburger, 1947.
Drame érotique (standard 1947) avec la splendide Deborah Kerr (aussi du film précédent), tension et jalousie dans un couvent de soeur. Très en avance sur son époque. Tout en suggestion. Intelligent. Vu.

A Man for All Seasons de Fred Zinnemann, 1966.
L'histoire de Sir Thomas More, trahit pour avoir eu une morale trop indépendante pour le 16ème siècle. John Hurt y joue l'un de ses premiers grands rôles mais c'est Paul Scofield qui brûle l'écran en Thomas More, qu'il avait aussi joué sur scène. Vu et Revu.

The Madness of King George de Nicholas Hytner, 1994.
Inspiré de la vraie dérive mentale de George III mais traité sous l'angle de la comédie, concentrée principalement sur la crise institutionnelle de 1788-89. Nigel Hawthorne y est magistral. Vu.

Dr.No de Terence Young, 1962.
Premier James Bond. Premier jalon d'une série de clichés à la fois légèrement mysogine, à la fois plein de poudre aux yeux. Vu.

Secret & Lies de Mike Leigh, 1996.
Une femme noire, adoptée, tente de retracer sa famille originale pour découvrir que sa mère est blanche, et très dysfonctionnellelle. Hilarante Brenda Blethyn. Très récompensée pour ce rôle. Vu.


A Fish Called Wanda de Charles Crichton, 1988.
Comédie hilarante réunnissant eux ex-pythons, John Cleese et Micheal Palin. Savoureux de voir Cleese dire à un policier "fuck off pigs". Francs rires. Vu

The Commitments de Alan Parker, 1991.
Tiré de la trilogie de Barrytown de Roddy Doyle racontant la vie de chômeurs se regroupant pour fonder un band de musique punché. Fort sympathique. Tous les comédiens étaient alors, chômeurs eux-mêmes. Formidable. Vu.

Local Hero de Bill Forsyth, 1983.
Film écossais racontant l'habile histoire d'un big shot, au nom vaguement écossais, envoyé dans le village de Ferness afin d'y acheter la ville et y faire implanter son usine pétrolière. Dire Straits à la trame sonore accompagne fameusement cette comédie.

The Italian Job de Peter Collinson, 1969.
L'original pas la reprise des États-Unis. Un voleur anglais assassiné par la mafia voit son plan de les voler repris par Charlie Croker qui montera sa job italienne, ce qui n'est pas un succès garanti.

The Lady Vanishes d'Alfred Hitchcock, 1938.
Adapté de The Wheel Spins d'Ethel Lina White, le film est non seulement un thriller meurtrier, mais aussi un très joli transport touristique en train dans l'Europe continentale, là où une femme y aurait disparu.

Gandhi de Richard Attenborough, 1982.
La vie d'un grand Homme tourné par un trop petit. Blackout sur son étrange sexualité toutefois. Vu.

Alfie de Lewis Gilbert, 1966.
Pas la connerie reprise avec Jude Law. Le film qui a catapulté Micheal Caine chez les incontournables. Brisant continuellement le 4ème mur, Alfie nous raconte la masculinité de 1966, c'est-à-dire la manipulation sexuelle avec un fort accent cockney. Assez drôle. De son époque.

Room at the Top de Jack Clayton, 1959.
Le montréalais Mordecai Richler a contribué à l'adaptation du roman de Noel Paterson racontant l'arrivée d'un jeune homme plein d'ambitions dans le Yorkshire s'éprenant de la fille d'un riche patron, ce qui déstabilise l'équilibre social.

Zulu de Cy Endfield, 1964.
Epic film de guerre sur le conflit de 1879. Formidable casting.

Gregory's Girl de Bill Forsyth, 1980.
Charmant, innocent, plein de sagesse, situé dans les tribulations sentimentales de l'école secondaire, mais que tous les adultes devraient voir.

Withnail & I de Bruce Robinson, 1987.
Premier film réalisé du scénariste Bruce Robinson racontant une sorte d'En Attendant Godot, où 2 comédiens attendent le rôle de leur vie, dans l'humour et la dérision.

Monty Python's Life of Brian de Terry Jones, 1979.
Justement, humour, dérision, absurdité, folie, les Monty Phytons sont des incontournables quand on pense au cinéma Anglais.Vu et revu.

Doctor Zhivago de David Lean, 1965.
La fameux livre de Boris Paternak racontant l'adultère, adapté par le fameux David Lean et la fameuse photographie de Frederick A.Young et Nicolas Roeg. Vu.

The Crying Game de Neil Jordan, 1992.
Très fameux film de l'irlandais Jordan raconté en deux temps très clair. Un premier acte dans une cellule de l'IRA, un second dans la traque d'un terroriste d'alors traquant la copine d'un otage d'alors. Très très bon. Oscar du meilleur scénario. Vu.

The Full Monty de Peter Cattaneo, 1997.
Culte. Des chômeurs se tirent d'affaire en se montant un spectacle de danseurs nus. La concept a fait le tour du monde adapté en pièce de théâtre. Comique, bien entendu.

Whisky Galore! de Alexander Mackendrick, 1949.
Inspiré d'un réel événement, Un cargo contenant du whisky échoue sur une île d'Écosse qui était justement en sérieux manque de whisky. Ce qui cause tout un chaos quand on choisit de sauver la cargaison et de la garder pour soi.

Four Weddings & a Funeral de Mark Newell, 1994.
Un groupe d'amis, obnibulé par le charme d'une Étatsunienne, se marie 4 fois et vit un deuil. Le cinéma britannique revient au sommet des box offices. Hugh Grant est propulsé star. Vu.

The Servant de Joseph Losey, 1963.
La complicité entre un jeune et paresseux aristocrate et son domestique Hugo inverse les rôles quand les femmes sont introduites dans leur dynamique. Assez fameux arc narratif. Vu.

The Long Good Friday de John MacKenzie, 1979.
Croisant des événements de la fin des années 70, des activités de l'IRA, la corruption politique, celle de la police, et les vices du pouvoir, le film vise juste et trempe dans le pourri. Peu a changé depuis.

A Matter of Life & Death, Micheal Powell & Emeric Pressburger, 1946.
Une romance surnaturelle plaçant ses protagonistes dans la Seconde Guerre mondiale. Traitant de plusieurs univers. Tourné en noir et blanc et en couleurs. Intéressant.

Chariots of Fire de Hugh Hudson, 1981.
Inspiré librement de l'histoire de deux athlètes britanniques aux Olympique de 1924, à Paris, où un Juif et un Écossais se livrent une compétition où l'adversité est plus grande que nature. Et brillamment exposée sur l'histoire de toute la vie des deux hommes jusqu'aux Olympiques. Oscar du meilleur film.

Henry V de Laurence Olivier, 1944.
La bataille d'Azincourt d'Henri V tourné et joué par le fameux Laurence Olivier. Vu.

The Lavender Hill Mob de Charles Crichton, 1951.
Comédie située sur la Lavender Hill, une rue de Battersea, un district du sud de Londres, près de la centrale ferroviaire de Clapham. Un docile commis de banque, devant superviser une fortune, se joint à un eccentrique pour voler le butin et le transformer en mini tours eiffels.

Get Carter de Mike Hodges, 1971.
Un gangster de Londres revient chez lui afin d'élucider la prétendue mort accidentelle de son frère. Il en découvre pas mal plus qu'espéré.

Brighton Rock de John Boulting, 1947.
Une liste du genre devait inclure des adaptations de Graham Greene. Pinkie est un violent leader de gang du West End mariant une innocente jeune fille et devant négocier avec une autre femme un peu trop curieuse, pouvant mettre à jour un meurtre dont Pinkie est l'auteur. Portrait d'un jeune Scarface.

Saturday Night & Sunday Morning de Karel Reisz, 1960.
Un très jeune Albert Finney incarne une jeune travailleur d'usine déchiré entre une femme qu'il a mis enceinte et une femme mariée qui l'intéresse aussi.

The Ladykillers d'Alexander Mackendrick, 1955.
Un gang de malfrats préparant un grand coup est forcé de vivre avec une vieille dame qui les croit musiciens. Les problèmes débutent pour le groupe quand on choisit de la liquider.

If... de Lindsay Anderson, 1968.
Une révolution naît dans une école privée d'Angleterre guidée par Mick Travis. Le rôle qui a attiré l'attention de Stanley Kubrick sur Malcolm McDowell pour son chef d'oeuvre de 1971. Vu.

The Bridge on the River Kwai de David Lean, 1957.
Dans un camp de prisonniers de guerre, au Japon, un général anglais, après avoir réglé ses différents avec les chefs japonnais de camps de prisonniers, fait construire un pont que tout le monde sait qu'il sera détruit, une fois complété. Chef d'oeuvre. Vu.

Trainspotting de Danny Boyle, 1996.
Adaptation spectaculaire des personnages de Irvine Welsh dans une Écosse amphétaminée. Spectaculor! Vu, revu, rerevu, acheté.

The Red Shoes de Micheal Powell & Emeric Pressburger, 1948.
Une jeune ballerine est déchirée entre l'homme qu'elle aime et son rêve de devenir une première danseuse.

Don't Look Now de Nicolas Roeg, 1973.
Un couple endeuillé de leur fille fait la rencontre, à Venise, d'une clairovyante aveugle qui leur dit que leur fille va bien mais que celle-ci veut leur dire que papa est en danger. ésotérique et impressionniste. Vu.

Kes de Ken Loach, 1969.
Un jeune garçon de la pauvre classe ouvrière, passe ses temps-libres à s'occuper de son faucon. Tragi poétique. Vu.

Kind Hearts & Coronets de Robert Hamer, 1949.
Une famille prend peur quand un des leurs est envoyé à l'hôpital pour qu'on y traite une suspectée polio. L'amour sous le toit de la famille Moon trouve difficilement sa place. Une danse organisée pour le mariage de la Reine scinde encore cet harmonie amoureuse incapable de s'installer.

Great Expectations de David Lean, 1946.
Dickens et Lean, toujours un heureux mariage. Ici, un orphelin devenu gentleman, par le biais d'un bienfaiteur inconnu, pour de grandes espérances. Refait trois fois entre 1998 et 2012.

The 39 Steps d'Alfred Hitchcock, 1935.
Un homme de Londres aide un agent de contre-espionnage. Mais quand cet agent est assassiné c'est lui qui en est accusé. Il doit sauver sa peau mais aussi se tirer d'embarras avec le cercle d'espion duquel il tente de soutirer des informations. Du grand Hitch. Vu, revu, rerevu, acheté.

Lawrence of Arabia de David Lean, 1962.
L'incroyable histoire de T.E.Lawrence, l'officier anglais qui a uni les très diverses (et parfois rivales) tribus arabes afin de se battre contre les Turcs pendant la Première Guerre Mondiale. Fameux Lean. Vu, revu, rerevu, acheté.

Brief Encounter de David Lean, 1945.
La vie urbaine à la veille de la Seconde Grande Guerre autour de Laura, mariée et mère, dont la vie se complique à la rencontre d'un étranger, marié, à la station de train, l'amour, veillant au grain. Ne serais-ce que brièvement. Classique.

The Third Man de Carol Reed, 1949.
Graham Greene encore. Vienne, Deuxième Guerre Mondiale. Noir. Atmosphérique. Scénaristiquement parfait. Orson Welles est Harry Lime. Vu.

Manque The Cook, The Thief, His Wife & Her Lover de Peter Greenaway, un de mes films préférés, toutes époques, toutes nations confondues, 1989.

Et peut-être même The Man Who Fell To Earth.
(qui est toutefois plutôt Étatsunien, celui-là)

À mon très humble avis, my dear.

lundi 4 mars 2019

Chez Lui, La Première Fois

(à C.F.)

Sa femme travaillait à l'extérieur ce week-end là.

C'était la semaine la plus chaude de l'été. Hayley et Zoé mangaient de la crème glacée sur le toit du logement d'Hayley , tentant de se faire griller la peau un peu. Le même après-midi,  Zoé envoyait un texto à David, l'époux de celle qui travaillait à l'extérieur ce week-end là.
Peut-on se parler ce week-end? Bien sur a-t-il répondu. Elle n'en glissa pas un mot à son amie, celle qui les avait fait se connaître, Hayley.


Une fois chez lui,  toutes les portes étaient ouvertes, les stores aussi, fallait aérer. Faisait chaud. Zoé sonna tout de même à la porte, la voix de l'homme lui a dit de venir la rejoindre du fonde de la cuisine. Il ne leva même pas la tête, ne serais qu'afin de savoir qui c'était. Il le savait. Il essuyait ses mains sur une serviette. Il venait de les laver. Il lui dit qu'il se sentait nerveux par rapport à la rencontre. L'idée de la revoir le gênait un peu. Zoé demanda pourquoi, il se contenta de rire et de hausser les épaules. Ce qui lui a donné un air plus détendu qu'anxieux. Zoé s'accota sur le comptoir pendant qu'il rengeait la serviette de table.

T'es marié? non? 
Oui, on dirait bien, tu veux un verre de quelque chose?

Zoé accepta une bouteille de bière, simplement pour pouvoir tenir quelques chose dans ses mains. Zoé se sentait insouciante, imprudente, comme quand quelqu'un sait qu'il a déjà commis la pire bêtise et se demande quelle en sera l'issue.

Je ne veux pas saboter un mariage ou quoi que ce soit. 
Il a ri suite à cette phrase.
C'est drôle, qu'est-ce que ça veut dire?
Ben...tu n'as jamais eu d'affaires auparavant, je ne veux pas ruiner ton mariage.
Oh! le mariage a déjà survécu à bien des affaires. Je n'ai tout simplement jamais été impliqué dans l'une de celles-ci.
Il l'avait dit de manière amusée, ce qui avait le triple effet d'à la fois détendre l'atmosphère, fait rire Zoé, et la rendre plus à l'aise du côté de la moralité du moment. Jamais n'avait-elle été terriblement sympathique à sa femme à lui, mais maintenant, elle était tout simplement hors du champs de la sympathie, elle pensait à la femme de ce bel homme, comme on penserait à un personnage différent dans une histoire complètement différente de la sienne.

Lorsqu'elle monta à l'étage avec lui, elle lui confessa n'avoir jamais fait l'amour avec un homme encore. Il lui demande si ça l'effrayait, elle dit qu'elle ne croyait pas, non. Mais que ce serait peut-être étrange de l'apprendre après l'avoir fait.
Pendant qu'ils se déshabillaient, Zoé tenta de garder ses membres tranquilles et non tremblant de toutes parts violemment. Zoé était effrayée de se dévêtir devant lui. Mais elle ne savait pas comment cacher son corps face à lui sans que ce ne soit bizarre ou peu sexy pour lui.
Le haut de son corps à lui était imposant. Presque taillée comme sur une statue de Dieu Grec. Quand il lui demande si elle était certaine de vouloir faire ce qu'ils allaient faire, elle lui répondit qu'elle ne se rendait pas chez lui que pour parler, quand même.

Au lit, il lui demanda souvent ce qu'elle aimait. Zoé lui répondait que tout lui plaisait. Zoé se senti beaucoup frisonner et pouvait s'entendre faire des sons qui n'étaient que syllabes, expirations et petits cris. Pas de vrais mots. Elle ferma les yeux. L'intérieur de son corps était comme de l'huile chaude. Elle se sentait possédée par une sentiment incontrôlable qui lui donnait chaud tout en la menaçant du même coup. Elle s'entendit dire oui quelques fois, puis il prit une boîte de condoms et s'en posa un, pendant que Zoé se demandait si elle serait capable de parler à nouveau. Il lui glissa un rapide "désolé" comme si ce geste était un mouvement arythmique dans une belle symphonie. Ce que c'était un peu.

Une fois terminé, Zoé avait des frissons plein le dos. Elle s'était sentie si bruyante et théâtrale qu'il était maintenant difficile de rester indifférente comme elle tentait de la faire dans les conversations virtuelles avec lui.

C'était en quelques sorte assez bien, dit Zoé
Tu le penses vraiment?
Je crois avoir savouré plus que toi.
Il a ri et placé ses bras derrière sa tête. Je ne crois pas, non. Vraiment pas.
Tu as été très gentil avec moi.
L'étais-je?
Pour vrai, j'ai vraiment apprécié toutes tes attentions à mon égard. 
Hey! t'es certaine que ça va? Tu...Tu pleures?


Des petites larmes coulaient effectivement des yeux de Zoé. Et roulaient sur l'oreiller. Elle n'était pourtant surtout pas triste. Elle ne savait même pas pourquoi elle pleurait. Elle avait vécu cela auparavant, une expression de sentiments refoulés. Ne pouvant freiner ses larmes, elle se mit à rire, pour mieux calibrer le moment. Elle savait qu'elle se rendait ridicule, mais ne pouvait plus faire autrement.

Ça arrive parfois. Ça n'a rien à voir avec quelque chose que tu aurais fait ou dit.

Il lui toucha la hanche doucement, puis la cuisse. Elle se sentit apaisée comme un bébé chat. Et pleura un peu plus fort.

T'es certaine que ça va? Demanda-t-il, inquiet.

OUI! Tu peux demander à Hayley, ça m'est déjà arrivé! En fait, non...ne lui demande jamais...

Il a souri, a répondu qu'il n'en parlerait pas à Hayley, pas de problèmes. Il la flattait comme on aurait flatté doucement un délicat animal. Elle s'essuya le visage brutalement. Elle se pensait raton-laveur, les yeux décolorés de maquillage égoutté.

Tu es très beau tu sais, lui dit-elle.
Il a ri.
C'est tout? Je n'aurai rien pour ma personnalité? Je ne suis que beau?
Tu as une personnalité? T'es un acteur, je croyais qu'ils n'avaient pas de personnalité!
Ils les ont toutes!

Il se tourna sur le dos en regardant le plafond, un peu tendu.
Je peine à croire qu'on vient de faire ce qu'on vient de faire. 
Zoé ne pleurait plus. Elle lui prit le poignet et c'était à son tour de le rassurer.

Tu y arriveras.

dimanche 3 mars 2019

La Mystérieuse Mort de Vincent Van Gogh

Il existe plusieurs versions de la mort du troublé peintre Vincent Van Gogh.

Certains pensent même que lorsqu'il s'est dramatiquement tranché une partie de l'oreille, par dépit amoureux, il en aurait succombé fatalement.

À l'âge de 37 ans, la mort de Vincent Van Gogh est survenue le matin du 29 juillet 1890, dans le lit de sa chambre d'auberge du village de Auvers-sur-Oise, dans le Nord de la France. On croit largement qu'il s'est tiré une balle, l'ayant même confessé sur son lit de mort.

Mais on doute aussi.

Son fragile état mental était connu depuis des années. Il terminait un an de séjour dans un asile où il y avait peint ses toiles les plus connues de nos jours, dont La Nuit Étoilée. Il souffrait visiblement de variations d'humeur déstabilisantes pour lui et pour tous. Une montagne russe émotive dont il ne se sortait pas. Une journée tout à fait normale où il envoyait des lettres optimistes à son frère était souvent suivie d'une autre lettre lettre où il allait raconter les souffrances de son état d'esprit.

Le 29 juillet 1890, VVG revenait à l'auberge autour de 21h. Se tenant l'estomac. La famille tenancière de l'auberge s'est tout de suite inquiété de son état. Il lui aurait demandé si il était malade. Ce à quoi il aurait répondu que non, mais qu'il aurait tenté de se tirer dessus. Qu'il avait installé son lutrin habituel dans les champs, pour peindre, mais avait ensuite choisi de se tirer une balle dans la poitrine, près du coeur, et ensuite perdu connaissance. Qu'il aurait été ranimé par la fraîcheur de la nuit tombée, aurait chercher en vain son fusil afin de compléter son suicide proprement et serait revenu à l'auberge où il est mort, deux jours plus tard.

Ce témoignage repose sur celui d'Adèle Ravoux, fille des propriétaires de l'auberge. Elle avait alors 13 ans. En 1953, alors qu'elle avait 76 ans, elle a raconté la mort de Van Gogh, mais son histoire a souvent varié. Presque 130 ans plus tard, la mort de Van Gogh reste nébuleuse.

Les auteurs, gagnants de Pulitzer, Steven Naifeh et Gregory White Smith, ont écrit une biographie du célèbre peintre développant une toute autre théorie. La nature de la blessure ainsi que les relations avec son frère, Théo, pointent ailleurs.
Théo reçevait une lettre toute en optimisme, lettre envoyée le jour même de sa blessure. Rien d'une lettre de suicide. Une lettre saine et régulière.

De plus, les annonces de la mort de Van Gogh, dans les journaux, ailleurs, en 1890, ne mentionnent pas clairement l'idée du suicide. On dit simplement qu'il se serait blessé. Qu'il était blessé à son arrivée. Personne ne pouvait non plus trouver d'explications sur la manière dont Van Gogh aurait pu se procurer une arme. On a jamais retrouvé ses canevas du jour, ses toiles, son équipement, pas plus qu'un fusil.
Les médecins et obstétriciens de l'époque se sont aussi montrés relativement confus face à la nature de ses blessures.

Qui, voudrait se tuer en se tirant dans la poitrine pour souffrir pendant 20 heures?

Les biographes pointent vers Gaston et René Secrétan, deux jeunes étudiants adolescents en 1890, qui, en 1957, confirmaient que Van Gogh avaient mis la main sur un fusil leur appartenant. René était un reconnu intimidateur de l'époque. Son héros était Wild Bill Cody, qui était passé à Paris un an avant. Il émulait ses comportements. Il avait même acheté des costumes copiant ceux de Buffalo Bill. Voilà pourquoi il avait, lui-même, un fusil. Assez minable. Qui tirait parfois tout seul.

À l'été de 1890, Van Gogh était le sujet de ridicule et de moqueries publiques. Il déambulait dans des habits de clochards, avec sa moitié d'oreille et son drôle d'équipement un peu partout au village. Il buvait beaucoup. Et se mettait en brouille facilement avec tout le monde dans un croisement de français et d'allemand incompréhensible.
René rencontrait Van Gogh au café, parlait art avec lui, lui payait des drinks, et ensuite malmenait l'étrange artiste pour faire rire son entourage.

René Secrétan est ensuite devenu un respecté financier et hommes d'affaires français, un chasseur émérite et un gentleman. Sans surprises, lorsque confronté, il avait nié toute implication dans la mort de Van Gogh. Autre que celui d'avoir été le propriétaire du fusil qu'il avait utilisé pour se tirer lui-même. Confirmant que le fusil ne fonctionnait que lorsque ça lui tentait. Et que ce fût un de ces jours quand Van Gogh lui a volé son fusil. Qu'il était lui-même hors de la ville ce jour-là.

Et il y a ce témoignage d'une femme de famille distinguée d'Auvers qu'on a toujours négligé de souligner, peut-être à leur demande, qui disait qu'elle a avait entendu le coup de fusil et que VVG était alors loin du champs où il peignant mais plutôt sur la route menant à la villa des Sécretan.

L'historien John Rewald a interviewé, dans les années 30, des gens du village qui lui disaient qu'il était entendu, au village, qu'un groupe d'adolescents avait tiré par erreur le peintre moqué. Les jeunes ne l'auraient jamais avoué afin de ne jamais être accusé de meurtre et Vincent les auraient protéger dans un dernier geste de martyr, il se complaisait parfois dans ce rôle.

Il aurait même dit sur son lit de mort: "N'accusez personne (...) c'est moi qui voulait me tirer dessus".

Les mythes resteront toujours épaissement opaques.

Ce qui entoure la maladie mentale souvent aussi.




samedi 2 mars 2019

Cinema Paradiso***********************The Man Who Fell To Earth de Nicolas Roeg

Chaque mois, dans les dix premiers jours, tout comme je le fais pour la littérature, dans les dix derniers, et la musique, vers le milieu, je vous parle cinéma.

Un domaine dans lequel j'ai étudié, oeuvré et qui me passionne toujours.

Je vous parle d'un film qui m'a séduit par sa facture visuelle, narrative, inventive. Par ses choix. Par ce qu'il évoque, véhicule ou transporte. Par ce qu'il ose avancer. Par ses interprètes, sa réalisation, sa cinématographie, souvent par tout ça.

Plongée chez le fascinant Nicolas Roeg.

THE MAN WHO FELL TO EARTH de NICOLAS ROEG

Nicolas Roeg a été un cinéaste qui m'a toujours impressionné. Fameux "late bloomer" dans la réalisation, il a été directeur photo de la deuxième unité pour David Lean, avec lequel il était très difficile de s'entendre, sur 2 de ses plus fameux films. Il a aussi été directeur photo pour Roger Corman, François Truffaut, John Schlesinger et Richard Lester. C'est après avoir bossé 23 ans dans l'industrie du cinéma qu'il tourne son tout premier film en tant que réalisateur. Un film culte mettant en vedette Mick Jagger. Il tournera 14 films entre 1968 et 2006. Trois segments de courts métrage, tournera 5 fois pour la télé et sera directeur photo sur 16 films des autres, et ses 2 premiers.

J'ai découvert Roeg par Bowie. Dont j'aimais tellement l'oeuvre que je découvrais que ça ma mené au cinquième film de Nicolas Roeg, The Man Who Fell To Earth.

1976, Bowie la vit dans le désordre absolu. Il est lourdement cocaïné, maigre comme un clou car il se nourrit aussi principalement de poivrons, il délire de manière paranoïaque sur la sorcellerie, Jimmy Page de Led Zeppelin le torture à ce sujet, il se relocalise à Berlin, y tricote 3 albums et demi, deux pour lui, un pour Iggy Pop, un autre est lancé le 23 janvier de cette intense année. Il ne veut pas se souvenir souvient pas de l'enregistrement de Station to Station. Dont la pochette contiendra une image tirée des diapositives du film qu'il a tourné avec Roeg, à partir de juillet 1975. Celle d'un de ses albums enregistré en 1976 aura aussi une image altérée du tournage de The Man Who Fell To Earth. Ma fascination de la couleur orange vient peut-être de cet album d'ailleurs.

Le film précédent ayant beaucoup marché, Paramount Pictures achète les droits de la nouvelle de 1963 de Walter Tevis dans le but que Roeg en tourne un film.
Le tournage a été relativement difficile. Bowie a dû quitter le tournage quelques semaines car il avait bu du mauvais lait. Il ne savait pas du tout ce qu'il tournait et a avoué s'être surtout joué lui-même. Les caméras ont bloqué dans les scènes du désert. Désert qui était aussi composé d'un sale groupe de Hell's Angels qui campait tout près. Et qui n'avait rien à cirer de leurs tournage. Voulant la sainte paix.

Dans le secteur de New Mexico, un extra terrestre arrive sur terre dans le but inavoué aux terriens de ramener de l'eau pour son peuple, sur sa planète où il y a femme et enfants. Par une certaine paresse narrative, et très rapidement, une femme (Candy Clark) entre dans la vie de l'extra-terrestre. La relation restera étrange puisqu'il lui dit rapidement qu'il est marié, mais pas qu'il est un extra-terrestre. Elle le découvrira au lit un soir, terrifiée, quand il prend son apparence d'extra-terrestre. L'extra-terrestre (Bowie, bien sur) utilise les hautes technologies avancée de sa planète mourante pour se faire valoir auprès d'un enseignant collégial, légèrement délinquant (Rip Torn), et un riche homme d'affaires (Buck Henry). L'extra-terrestre devient accro au monde de la télévision, télévisions qu'il collectionne et visionne toutes en même temps, et glisse facilement dans l'alcool, le sexe et les excès toxiques.

Quand il est devenu public que cet homme est un extra-terrestre, le gouvernement s'empare de lui et le séquestre dans un hôtel de luxe pour mieux l'étudier. Il s'en échappe, mais n'arrive pas à refaire sa route vers sa planète.

Démuni, il enregistre un message sur disque qu'il compte faire diffuser pour ses amis extra-terrestres. Il sera prisonnier sur terre, pour toujours.

Le choix de Bowie est délicieux. Ni homme, ni femme, mais others, il était parfait, ne serais-ce que physiquement pour jouer un être d'ailleurs. Candy Clark, son rôle, est plutôt désespéré. Ce qui est fabuleux du film, et me séduit chaque fois, ce sont ses imperfections, Bowie et 1976.
L'esthétique de 1976, dont je n'ai pas la prétention de me rappeler si facilement puisque je n'y avais que 4 ans, mais les images, les voitures de 1976, les costumes, les scènes extra-terrestres si étranges, c'était une esthétique qui a suivi toutes les années 70, que j'ai tout de même connues pendant 8 ans.

Roeg tourne de manière imparfaite. Il aime les seins dénudés de toute évidence. Pour un directeur photo, plusieurs des ses plans sont relativement simples. Son montage est souvent féérique, Avec des zooms innattendus, inexpliqués, des gros plans inquiétant, des silences troublants, Il glisse très souvent, dans sa filmographie, des scènes "pensées" c'est-à-dire des images en superposition laissant croire à quelque chose de hanté. Il y a beaucoup d'ailleurs "D'ailleurs" dans ses films.

Son cinéma est hanté. C'est ce qui m'impressionne de ses films. Ça et les imperfections d'éclairage. Ce qui est toujours surprenant pour un directeur photo. Puis arrive quelques perles, comme Bowie sur la plage ou Bowie vers le début (photo plus haut sur la gauche) quittant l'hôtel en fin de film. Ces images nous restent en tête pour toujours. C'est l'effet qu'on veut d'un film en général. Qu'on s'en rappelle. Qu'il vive en nous. Longtemps.

Culte sont ces moments où on assassine un personnage et il est extrêmement évident qu'il s'agit d'un mannequin, on en tue un autre en tirant ses haltères par la fenêtre, mais celles-ci ricochent, comme le feutre le ferait, sur les parois du building d'en face. Curieux d'avoir exploité gratuitement la nudité d'un personnage noir et de sa ravissante conjointe autour d'une piscine, pour à peu près rien. Drôle de voir aussi le maquillage du vieillissement de Rip Torn très réussi et celui de Candy Clark dur à souffrir pour l'oeil.

Culte.

Un film qui comprend et explore enfin ma réalité d'extra terrestre.
Et qui finit sur du jazz.
Famous.

Nicolas Roeg est décédé à l'âge de 90 ans, le 23 novembre dernier.
Notre avantage, extra-terrestres, c'est qu'on est impérissable.

Bowie le savait.

vendredi 1 mars 2019

Panama

Le Panama est devenu synonyme de deux chose.

Un canal.
Un scandale.

On y fait aujourd'hui escale.

Pas si connu que ça, le Panama est un petit territoire de 75 000 kilomètres carrés situé en Amérique Centrale et bordé par les Caraïbes et l'Océan Pacifique, la Colombie et le Costa Rica. Comme le Québec, la capitale porte le même nom que le pays la province.  La langue officielle y est l'espagnol, ce qui promet des malentendus à l'aéroport nous as garantie notre fils qui y a été avec sa douce pour ouvrir 2017. La langue espagnole est une conséquence de la colonisation de l'empire espagnol au 16ème siècle.

Rodrigo de Batidas est celui qui a découvert le Panama en 1501, mais ce ne sera qu'un an plus tard que Christophe Colomb, superstar exploratoire, y établit ses première colonies.

Pendant plus de 300 ans, le Panama sera sous l'emprise de l'empire espagnol. Ensuite, le Panama forme, avec la Colombie, l'Équateur et le Venezuela, un seul et même pays, La Grande Colombie. Mais avec l'aide des États-Unis, le Panama obtient son indépendance en 1903. En contrepartie, le Panama abandonne aux Étatsuniens, les droits d'exploitation et de construction du canal, une cessation rendue possible par la faillite de 1889 de l'entreprise française chargée du chantier.

Ce ne sera que le premier janvier 2000 que le Panama ne retrouve pleinement sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire.

Le Panama est une République démocratique unitaire. Son président élu en 2014 est Juan Carlos Varela, membre du parti Panamenista de centre droit.
Mais dans les années 80, tout n'était pas si sain. Pendant 8 ans, Noriega a sévi. Dans une dictature. Les États-Unis l'ont chassé en 1989. Après s'en être servi, bien entendu. Un marionnettiste ne jette pas ses marionnettes sans les avoir manipulées un peu. Noriega avait suivi des formations de renseignements à l'École Nationale des Amérique, véritable laboratoire de futurs dictateurs d'Amérique-Latine, à Fort Gulick, et à Fort Bragg en Caroline du Nord. Noriega était agent de la CIA de 1967 à 1980.

Le canal a été inauguré en 1914. il traverse l'Isthme de Panama et relie l'Atlantique au Pacifique. C'est une prouesse architecturale de plus de 80 kilomètres permettant à 14 000 navires et 300 millions de tonnes de marchandises de passer d'un océan à l'autre chaque année.
En 2007, un projet d'élargissement a vu le jour. Il a doublé ses capacités. Le coût total de l'opération aura été de 5,3 milliards, soit entre 10 et 15% du PIB panaméen.

Lors de la crise financière mondiale de 2008, les indicateurs financiers du Panama sont restés au vert. Son taux de chômage oscille autour des 5%. L'économie du pays repose principalement sur trois secteurs: l'agriculture, les industries et mines et les services. Les services sont même 3/4 du PIB. L'exploitation du canal, la banque, l'assurance, la logistique et le tourisme, que nous nourrissons en ce moment même, tirent l'économie du pays.

Le 3 février 2016, il est révélé que 12 chefs d'États, et des centaines de personnalités publiques de tous les domaines, y cachent de l'argent, impliquant 511 banques et 200 pays.

Ironiquement, en 2011, le Panama, conscient du problème de paradis fiscal que représente son pays, avait établi, pour la 12ème fois, ce qui laisse planer un doute sur la réelle intention de régler le problème pour vrai, un plan pour ne plus être ce type d'abri fiscal. Du moins, pas comme ça.

Une fois le scandale exposé, tout le monde a crié. Puis on a zappé sur autre chose. Ne punissant personne. On ne punit pas les riches.

Le taux de criminalité est assez important là-bas avec 19 meurtres par 100 000 habitants. En 2015, 759 homicides volontaires avaient lieu au pays. Avec des voisins comme les leur, le pays est un endroit de transit pour la circulation de la drogue. Les attaques armées sont courantes dans une semaine, et la drogue est principalement au coeur des conflits criminels. (la corruption usant de plus de subtilités). Mais le crime se concentre principalement autour de toute la capitale.

Le Panama est un pays, une capitale, une strip teaseuse, mais aussi un chapeau. Tenue traditionnelle issue de l'Équateur au 17ème siècle, il devient symbole d'élégance au tournant du 20ème siècle. Il devient socialement populaire quand le président Théodore Roosevelt le porte plus que régulièrement.

Depuis, il ne se démode plus.

Modération des commentaires peut-être autour du 12-13 mars, d'ici là, aucune garantie de wi-fi.
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