jeudi 4 mars 2010

Skier avec Dora


Je n'ai jamais été très bon pour écouter les consignes avant de me rendre chez le coiffeur avec fiston.

J'ai le même type d'écoute quand ma belle me donnes les directives à donner à la coiffeuse qu'elle-même a lorsque je lui parle du brio d'Alexander Ovechkin.

Si bien que quand je suis arrivé chez la coiffeuse avec Monkee j'ai dis à la fille qui nous attendait:

"Faut lui couper les cheveux un peu plus long"

Avec des consignes aussi claires le résultat ne pouvait qu'être catastrophique.

"Je lui ai coupé les cheveux en avant et dans le cou en arrière" m'a-t-elle dit alors que j'étais plongé dans mon livre. Quand je levai les yeux j'ai vu que mon fils était en état de choc.

"C'est comme un coupe champignon papa" s'est-il plaint. Et il avait raison. C'était en fait pire. C'était la coupe de cheveux de Dora. Celle de Marc Labrèche quand il fait Dora. Comme je ne suis pas du genre à dire aux "experts" comment faire leur job, j'ai payé mon douze piasses et j'ai promis à Monkee que l'on corrigerais tout ça à la maison.

C'est la relâche cette semaine et Monkee et moi paratgeons du bon temps ensemble. Punkee a été chipée 273 kilomètres plus loin chez ses cousines et on va la récupérer samedi prochain.

Hier Monkee, son ami Cheetos et moi sommes allés faire du ski à Val-David. J'avais un peu oublié ce plaisir de dévaller les pentes dans le somptueux décor hivernal. Je devrais appeller Robert Redford ou Roger Moore un jour pour qu'on réinvente les pistes ensemble. À plus de 70 ans chacun, ses deux pros du ski doivent être à peu près à mon niveau maintenant.

Pour l'instant j'étais avec deux petits mousses de 10 ans et mon plaisir me ramenait moi-même à mes 12 ans.

"Moi mon père il prend mes bâtons et je descends sans bâtons" a dit Cheetos.

"Ha bon? alors pourquoi t'as des bâtons? Monkee n'en utilise pas du tout lui"

"Pour me faire avancer quand je suis sur le plat"

Ça va, je descendais les pentes à quatre bâtons, les deux miens, les deux siens.

Cheetos était toutefois beaucoup moins habile que mon fils sur ski, j'ai dû le suivre, ce que je m'attendais à faire de toute façon. Monkee était lâché lousse et nous attendais en bas de chaque descente.

"..'a...'iss...'a...'al"

J'ai dû arrêter ma descente.

"Quoi?"

"La piste est pas mal je m'attendais à pire la neige est un peu lourde, une chance qu'il fait beau..."

"Cheetos, on vient de passer 9 minutes dans des chaises où tu n'as pas dit un mot ou presque, pourquoi attends-tu de me parler dans les pistes? Dis-moi ça une fois dans les chaises o.k.? Monkee est déjà en bas, allez on y va!"

Malgré la précision de ma part le manège s'est répété toute la journée.

C'est qu'en plus, il pèse 120 livres le petit maudit. Quand il tombe, même tout doucement, il lui était tout à fait impossible de se relever sans mon aide. Je ne pensais pas me faire les bras (et de dewrencher le dos) ainsi.

Au lunch, il a défié mon désert et mes jus en apportant les siens.

Puis il a multiplié les exigences capricieuses du genre:

"moi ma mère me paie une liqueur après des activités sportives"

"Ben le prochain coup on invitera ta mère avec nous..." ai-je répondu.

Puis il a varié en adressant à mon fils les demandes qu'il me faisaient en fait, à moi.

"Moi quand j'ai soif il faut tout arrêter et me trouver à boire" a-t-il dit à mon fils plus ou moins à l'écoute.

"Même quand on est sur la route en voiture?" ai-je répondu récupérant sa phrase par la bande.

"Oui" a-t-il dit avec la mauvaise foi d'un membre du parti conservateur.

PFFFFFF!
On apprécie pas mal nos enfants en côtoyant ceux des autres.

Nous nous sommes présenté, Monkee et moi, chez une amie au talent du ciseau en fin de journée. Il fallait réparer la faute capillaire qui m'avait valu une tape sur les doigts de la part de ma belle.

"Salut Lisby, tu peux transformer Dora en Diego?"

"Il est ben rendu grand ton beau Monkee! Viens ici beauté, que je t'arrange la tête!"

Je le regardais sur sa chaise à se faire travailler la tête et c'est vrai que je le trouvais beau moi aussi. Coupe Dora ou pas. J'étais fier de son atonomie en ski.

"commence tu à t'ennuyer de ta soeur?" ai-je demandé à Monkee.

"Bof" a-t-il répondu

Certaines choses ne changeront donc jamais.

mercredi 3 mars 2010

Fortuit crachat


Stade Olympique, 6 juillet 1977.

La formation Pink Floyd est en spectacle à Montréal.

Ce spectacle allait créer un moment qui allait donner de l'élan à l'inspiration de Roger Waters pour mettre au monde l'album double The Wall.

Selon le batteur du groupe, le Stade, construit l'année précédente pour les Olympiques, avec son mât surplombant la foule à une hauteur démesurée, n'aidait en rien à créer une atmosphère chaleureuse entre le band et le public.

Rien n'a changé d'ailleurs depuis. Un spectacle au stade Olympique est toujours frette comme une bière. La musique de Pink Floyd aurait dû bien s'y prêter.

La plupart des gens, la tête au plafond à regarder le cochon géant en ballon qui circulait au-dessus du public, les gens qui faisaient pêter des pétards à mêche, les gens tout simplement saoûls ou encore totalement gelés, bref les gens sur un party complètement en parallèle de ce que le band avait à offrir ont eu raison du baseman et leader de Pink Floyd. Vers la fin de Pigs (Three Different Ones), Roger Waters en avait assez du groupe de fêtards dans le coin gauche de la scène qui lui réclamait continuellement de jouer des chansons que le band ne présentait pas. Dans leur propre bulle musicale, l'un des gars du groupe de fêtard, particulièrement vocal, a réclamé à plein poumon "Play Careful With That Axe, Eugene!". Waters a perdu patience et de toutes ses forces a craché au visage du gars en question.

Cet incident était plus qu'inhabituel car Waters avait toujours été celui qui savait intervenir avec aplomb au micro lors des spectacles du groupe. Et souvent avec de fins mots d'esprits pour rabrouer les gens qui voulaient faire le spectacle à leur place. Cette anecdote soulignait à nouveau ce que le band découvrait depuis 2 ans : Qu'il devenait de plus en plus difficile de nouer contact avec le public en spectacle.

David Gilmour était si irrité lui aussi par ce spectacle qu'il ne se présenterait même pas sur scène afin de jouer le dernier rappel.

Ce crachat a toutefois mis en marche le moteur créatif de Roger Waters. C'est ce soir-là dans sa chanmbre d'hôtel Montréalaise qu'il aurait composé la ligne de base de la chanson Another Brick in the Wall afin de décompresser. Il allait ensuite développer l'idée déjà en place qu'il avait d'une foule à la fois physiquement et mentalement séparée de leur idole avec l'album double (et claustrophobique)The Wall.

Ceci est détaillé dans le livre de Nick Mason (le batteur de la formation) Inside Out: a Personal History of Pink Floyd qui est un délice à explorer autant pour les photos que pour le récit de l'aventure Pink Floyd qui se dévore tout seul.

De penser que ma ville chérie ait eu un rôle a jouer, si mineur soit-il, dans la création de ce fabuleux album me plait beaucoup.

Fan de Pink Floyd courez acheter ce livre. Vous ne le regrettez pas.

Discussion Cinéphilique Hivernale



Ratelle, MacLeish, Jones et Flavie.

Jones:
"J'ai pas été capable de le finir"

Ratelle:
"Quoi?"

Jones:
"Andrei Rublev"

Ratelle:
"Un athlète olympique?..."

MacLeish:
"Andrei Rublev, 1966, Sept épisodes de la vie du moine et peintre d'icônes russe entre 1400 et 1423, un film d'Andrei Tarkovski"

Ratelle:
"Oh.."

Flavie:
"J'ai toujours voulu voir un des films de Tarkovski mais ses films sont toujours 2 heures et demie/trois heures et d'une lenteur qui fait en sorte qu'il faille s'y préparer"

Jones:
"Je me pensais prêt pour un peu de poésie Tarkovski mais c'est le catholicisme de la chose qui m'a un peu rebuté.... et le 3h25 d'écoute aussi"

Ratelle:
"Moi j'ai écouté King Kong en fin de semaine"

MacLeish:
"Je me trompe tu où l'allégorie cachée derrière King Kong c'est que lorsqu'un homme est placé devant une aussi belle femme que Naomi Watts il devient un gorille?"

Ratelle:
"C'est donc vrai"

Jones:
"T'as déjà vu Naomi Watts en personne?"

Ratelle:
"Non mais c'est clair que ça ferait sortir le gorille en moi"

MacLeish:
"Moi ça ferait gonfler la banane"

Flavie:
"Zêtes ben cave!! as moyen de parler cinéma sans évoquer le sexe!"

Jones:
"La vie est sexuelle"

MacLeish:
"La vie c'est le cinéma et vice-versa c'est connu"

Ratelle:
"T'as tu pris autre chose à la bibliothèque finalement Jones?"

Jones:
"Oui j'ai écouté Winter Light à la place"

Flavie:
"De...? de Bergman?"

Jones:
"Oui, pourquoi?"

Flavie:
"C'est pas encore plus religieux comme film ça? me semble que j'ai en mémoire un curé troublé comme personnage principal, une scène d'ouverture qui est en fait une longue messe et une femme qui fait un long monologue directement à la caméra sur sa déception que son amoureux ne respecte pas plus Jésus-Christ et ne prie pas davantage pour elle... c'est bien le même film"

MacLeish:
"Oui mais c'est justement une remise en question de l'existence de Dieu non?"

Jones:
"C'est plus un film sur la foi je dirais. La foi en l'amour, la foi en Dieu, la foi en l'homme. On y parle de la bombe atomique en Asie, ce qui est encore d'actualité..."

Ratelle:
"C'est quand même un film de 1962, vous préférez pas voir un film de nos jours pour voir un film "d'actualité"?"

Flavie:
"Il se fait pas mal de merde de nos jours, remonter dans la mémoire du cinéma fait toujours du bien"

Jones:
"Je pense pas qu'il faille être nécessairement intéressé par la religion pour aimer ce film. La religion du film peut être vue comme une envie (ou son contraire) de vivre. C'est bien joué en chine en tout cas...On voit une annonce de La Promesse à la télé ensuite et ça nous donne envie de pleurer de désolation..."

Flavie:
"C'est une bonne idée un Bergman, j'ai toujours trouvé les films de Bergman hivernaux, je vais peut-être me louer Cries & Whispers, tiens"

Macleish:
"OOOOOOOOOOOuh...ça c'était douloureux, je me souviens d'une scène d'auto-mutilation particulièrement sanglante et insupportable..."

Jones:
"...Vaginale même..."

Flavie:
"Franchement ! on retombe dans le sexe?"

Jones:
"...non mais c'est vrai..."

Flavie:
"Il y a juste les filles quei devrait avoir le droit d'utiliser le mot "vaginale", dans la bouche d'un gars c'est laid"

Ratelle:
"Moi je vais me louer Bienvenue chez les 'Chtis..."

Jones:
"C'est tellement beau l'hiver au cinéma je ne sais pas pourquoi on ne le filme pas plus. Il y a une scène dans Winter Light où on ramasses un cadavre près d'une rivière. Pas de dialogue. Un gros 5-6 minutes avec le seul bruit de la rivière. Des personnages qui circulent, troublés. Et une petite niege qui tombe, poétique. C'était merveilleux...et atroce en même temps...je sais pas pourquoi on en filme pas plus une de nos richesses d'ici"

Macleish:
"Syndicats des technicien qui ne veulent pas se les geler c'est sûr"

Flavie:
"producteurs qui ne veulent pas souffrir"

Ratelle:
"Dommage parce que c'est vrai que c'était beau dans Alive"

Flavie:
"Et dans La Guerre des Tuques..."

MacLeish:
"Et dans Mon Oncle Antoine..."

Jones:
"Le froid est si réconfortant"

Ratelle:
"si on a de bonnes mitaines oui"

Jones:
"Moi mes mitaines ce sont les films"

Ratelle:
"Quelqu'un a vu Bienvenue chez les 'Chtis?"

mardi 2 mars 2010

Les imposteurs


Le problème avec la morale c'est que c'est toujours la morale des autres.

Je ne me souviens plus quel caillou aux cheveux longs dans le cou a prononcé cette phrase savante, Léo Férré? Woody Allen? Albert Einstein? Bozo le clown?

Bref peu importe, il a raison.

Il existe des milliers de filou à travers le monde (moi, des fois-maintenant) qui, convaincus qu'ils possèdent LA vérité mondiale, vont tenter de jouer au messager et s'inflitrer dans le quotidien de tous et chacun sans scrupules.

Comme ce barbu épinglé sur une croix il y a des millénaires. Aimez-vous les uns les autres, ça va, we get it mais les buissons ardents qui jasent... pleaaaaaaaase...

Ou ce prophète qui récitait les versets du Coran qu'il présentait comme la parole même de d'Allah, transmise à lui par l'archange Gabriel (en texto sur son Iphone)

Ou ce gros bienheureux imberbe qui, de par sa sagesse, réalise l'éveil, c'est-à-dire atteint le nirvāna, ou transcende la dualité samsara/nirvana. Sans marijuana mais peut-être avec un peu d'opium.

La vérité, la vraie à mon avis, c'est que la religion est une affaire totalement privée. Comme s'arracher les poils du nez dans la salle de bain. Ce n'est pas quelque chose qu'on impose, ni même que l'on devrait partager. Avec ceux que nous croisons dans nos temples respectifs peut-être mais pas ailleurs. Transposer les dogmes de textes archaiques à nos sociétés civilisées de 2010 relève de la bêtise absolue.

Cette histoire de femme portant le Niqab expulsée d'un CEGEP de Ville Saint-Laurent est à faire frémir. Le CEGEP s'est agenouillé de manière totalement humiliante devant les lois barbares que lui commande sa religion en accommodant l'étudiante. On lui a permis de faire son exposé oral de dos à la classe (personnellement je lui aurais tiré un élastique).

Je suis heureux de voir que Sohail Raza, président du Congrès musulman canadien, estime que «le niqab n'est pas compatible avec le mode de vie canadien, avec n'importe quel mode de vie, en fait». Il faut savoir que le Niqab n'est pas le Hijab dans lequel on voit au moins le visage. Le niqab c'est très près de la burqa, où on voit simplement les yeux ou rien du tout.

C'est inconcevable ici ou ailleurs.

Il y a eu une belle patience professionnelle de la part du CEGEP mais la plainte de la petite dame, j'espère qu'on se le passera entre les jambes suite à un numéro deux.

Porter sa foi au visage n'invite certainement pas à l'harmonie, c'est un acte très hostile. C'est dire aux gens de garder leurs distances.

Ces mots viennent de Raheel Raza, militante des droits des femmes musulmanes, qui a fondé le groupe Forum 4 Learning, rappelle que le Coran ne requiert pas de se couvrir le visage, mais seulement de se vêtir avec modestie.

Rassurant au moins.

Ce qui l'est moins ce sont ses gens comme Laura Silsby et Charisa Coulter. Ses deux femmes Étatsuniennes sont toutes deux accusées d'enlèvement de mineurs et d'association de malfaiteurs après avoir été arrêtés fin janvier avec 33 enfants haïtiens sans papiers à la frontière dominicaine.

Laura Silsby nous montre un visage angélique à la caméra depuis les touts débuts. Comme tout bon manipulateur l'aurait appris. Maintenant elle nous montre des passages de la bible à la caméra.

Si on ne la coffre pas (car la décision juridique sera rendue demain) peut-on au moins lui faire manger sa bible?

Moi ça me ferait du bien.

Chicane Q-Bec/Mourial


J'ai vu Patrice Brisebois et Bob Hartley hier s'envoyer des pelletées de merde à la télé.

Du coin de l'oreille c'est un "Ta gueule!" arrivant de la télé qui a happé mon attention.

C'était une pub qui m'invitait à aller écouter l'autre émission-pub d'une demie-heure en fin de soirée qui me rappellait ce que je manque le dimanche soir et qui, en théorie, devrait me donner le goût d'aller écouter le prochain programme-pub dimanche prochain.

Jeudi on fera la même chose avec une émission d'une heure (une heure trente?) cette fois où chaque segment télé sera une publicité déguisée. Des animateurs radios qui ne savent pas patiner vont venir sur la glace avec l'équipe ploguer leur show, un chanteur en mal de vente viendra faire semblant de s'intérreser au hockey sur un montage de sa musique et l'endroit pour l'acheter, une chaine offrant des entrainements en salle viendra souligner les qualités de leur programme d'entrainement, etc.

J'ai écouté quelques fois les matchs de la série Montréal-Québec. J'ai d'abord été surpris par le calibre. Ses joueurs/joueuses sont beaucoup plus forts que d'abord crû.

Mais encadré par un arbitre sénile fallait bien que tout ça dégénère.

De plus en plus, les joueurs, surtout les entraineurs affublés de micros pour mieux les entendre sacrer, font monter la pression. Plus ou moins familier avec l'idée d'être entouré de caméras pas mal toute la semaine les gars et les filles commencent à perdre les pédales. Des joueurs au talent limité, comme on en trouve dans toute les bonnes ligue de garage, tentent de se démarquer en essayant de blesser les autres.

Blame it on Bobby Clarke I guess.

Les matchs sont devenus si violents que chaque arrêt de jeu est un nouveau prétexte à aggresser son prochain.

Moi j'avoue j'aime bien. Parce que quand je jouais j'étais du type baveux qui se mettait le nez dans le traffic et qui faisait perdre les pédales à l'autre équipe. J'ai de belles victoires à mon actif à ce niveau. Des matchs où on étais déclassé 4-1, où je choisissais de "tomber" sur le gardien adverse, ça dégénérait en échafourée, les gens du public s'en mêlait et hop, sans que l'adversaire ne réalise vraiment ce qui s'était passé, c'est nous qui menions 5-4 à la fin du match. On avait placé leur concentration ailleurs.

Mais tout ça, ça restait relativement privé. C'étais du plaisir d'ado légèrment délinquant.

L'idées des micros placés sur les joueurs et entraineurs est dans le but de donner un show.

Mais il y a des secrets qu'il vaille mieux tenir...secret.

Le hockey n'est pas toujours un sport propre chez les pros. Alors imaginez chez les amateurs!

Des adultes se comportant comme des enfants de 10 ans, ça dit quoi aux enfants de dix ans?

De voir l'escalade de violence, semaine après semaine à la télé, de voir Patrice Brisebois qui n'a jamais été aussi aggressif dans sa carrière de joueur dans la ligue nationale (sauf la fois où il avait cassé son lacet deux minutes avant une partie); de voir cette ordure de Bob Hartley jouer au dur...Pas sûr que ça donne le goût au parent hésitant d'inscrire son petit gars ou sa petite fille à ce sport de le faire.

Ordure Hartley? de premièr ordre. Alors que le fils de Michel Laroque joue pour l'équipe adverse dans les rangs juniors, Michel Laroque décédé la semaine précédente, Hartley lui crie "On va aller te faire rejoindre ton père!"

C'est dire la qualité de l'homme.

Ça fait plus de 20 ans et je ne le digère pas encore.

De toute façon je l'ai toujours dit et je le répète, la qualité d'un individu se lit souvent dans le regard et vous lui avez vu les yeux fuyants à cet homme?

Il fuit ses démons intérieurs.

C'est difficile de regarder du hockey de piocheux alors que l'on vient d'être gâté par une équipe canadienne qui a joué aux olympiques comme les Russes de 1972.

Pas sur que le hockey ne sorte gagnant de cette série/émission/pub.

Pas sur que quoi que soit sorte gagnant de TVA if you ask me anyway...

Un concurrent à la Poule peut-être.

lundi 1 mars 2010

Das Wünder Karajan



Dans l'Allemagne Nazie d'Adolf Hitler, Herbert Von Karajan, chef d'orchestre Autrichien, fait ses débuts au Festival de Salzbourg en dirigeant La Nuit de Walpurgis de Mendelssohn dans une production du Faust de Goethe par le metteur en scène Max Reinhardt.

Nous sommes en 1933.

La même année il fait une demande pour être membre du Parti national-socialiste des travailleurs allemands. Demande qui lui est bien entendu refusée par Hitler qui l'oblige à devenir Nazi.

Deux ans plus tard il réussit secrètement à obtenir sa carte du Parti national-socialiste des travailleurs allemands.

Il est le plus jeune chef d'orchestre allemand en 1935 et il est invité à diriger à Stockholm, Bruxelles et Amsterdam. En 1937, il fait ses débuts à la tête de l'Orchestre philharmonique de Berlin et de l'Opéra national dans Fidelio.

C'est en 1938 qu'il obtient son premier grand succès à Berlin en dirigeant Tristan et Isolde. Il devient alors un pion utilisé contre Wilhelm Furtwängler dans la guerre culturelle interne qui oppose Joseph Goebbels à Hermann Goering pour le contrôle du monde musical allemand. Goebbels soutient l'Orchestre philharmonique de Berlin et Goering l'Opéra national.

En 1939, Karajan s'attire la furie d'Adolf Hitler lors d'un concert de gala donné en l'honneur des monarques yougoslaves. Un chanteur se goure dans son chant, il perd le fil conducteur (Karajan dirige toujours ses artistes sans partition) les chanteurs cessent alors subitement de chanter et, dans la plus grande confusion, le rideau tombe. Hitler est hystérique de colère. Il jure que la carrière de Karajan sera toujours court-circuitée par lui. Karajan demeure cependant à la tête de l'orchestre de la Staatskapelle de Berlin à l'Opéra national.

En 1942, il est exclu du parti nazi pour avoir épousé une femme qui a un quart de sang juif.

Après la guerre, en 1947, il est « dénazifié » par les Alliés. Il devient chef d'orchestre permanent du Philharmonia Orchestra à Londres puis, après la mort de Furtwängler en 1954, il est élu en 1955 chef à vie de l'Orchestre philharmonique de Berlin. Dès cette année-là, après un premier concert à New York, il fait avec l'orchestre une grande tournée aux États-Unis, qu'il renouvelle l'année suivante.

En 1956, Karajan revient au premier Festival qui lui avait donné sa chance et prend la direction artistique du Festival de Salzbourg, qu'il ne quittera pas jusqu'en 1988. En 1957, il est directeur artistique de l’Opéra d’État de Vienne, poste qu'il quitte en 1964. En 1967 il crée le Festival de Pâques de Salzbourg, tout en restant à la tête du Festival de Salzbourg. De 1969 à 1971, il est le directeur artistique de l'Orchestre de Paris. C'est alors qu'il enregistre sur disque une oeuvre maitresse de Wagner Das Rheingold qui fait date par son parti-pris de transparence sonore et de légèreté orchestrale.

A l'orée des années 80, Karajan joue un rôle capital dans le développement de l'enregistrement numérique et apparaît dans la première conférence de presse annonçant la création du disque compact. À partir de 1982, ses rapports avec « ses » musiciens de Berlin sont de plus en plus tendus et Karajan va de plus en plus souvent diriger à Vienne. En 1987, il dirige le Concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne avec la soprano Kathleen Battle.

Usé par la maladie et la douleur, il démissionne en 1989 de l'Orchestre philharmonique de Berlin, et réalise chez Deutsche Grammophon et avec l'Orchestre philharmonique de Vienne, son dernier enregistrement, celui de la septième symphonie de Bruckner.

Il acquit la villa "La Palme" en bord de mer au Cap de Saint-Tropez en 1958, à l'entrée de la baie des Canoubiers, où ses voiliers successifs étaient amarrés : les Helisara sur lesquels il participa à de nombreuses régates.

La complicité entre le musicien et la mer remonte à sa prime enfance et, dès 1938, il faisait l’acquisition de son premier voilier, Karajanides. En 1967, il lançait le premier des six Helisara qui marqueront sa vie. Ce nom est en fait un acronyme fabriqué à partir des initiales de son propre prénom, de celui de son épouse et de ses deux filles : (H)erbert, (El)iette, (Is)abel et (Ara)bel. Cinq voiliers porteront ce nom jusqu'à Helisara VI, à bord duquel le Maître remporta de nombreuses régates.

Lors de sa mort, Karajan laisse derrière lui près d'un millier d'enregistrements chez Deutsche Grammophon, EMI et Decca, ce qui en fait un des chefs les plus enregistrés du XXe siècle.

Je ne ferai plus jamais de ballade en bateau avec mon père.

Mais pour une fugue maritime de ma verrière, rien de mieux qu'un peu de Karajan*...

(*et Ludwig bien entendu:)

Pêche au Crapêt, 1989


Par un froid week-end d'hiver, en 1989 dans le patelin qui m'a élevé, Beezer Lamouche, Stella Harnois et moi-même sommes allés à la pêche au crapêt.

À 16-17 ans, quand nous avions été "carté" dans un bar ou quand nous avions mal appris les dates d'anniversaires de nos fausses cartes, il nous fallait une alternative pour meubler nos projets de soirée détournée.

Un soir de renflouage aux portes d'un bar (ou étais-ce à la clôture d'un bar?), Stella, Beezer et moi-même avions choisi d'aller piocher de la poutine dans un restaurant spécialisé. Pas spécialisé dans la poutine mais bien spécialisé dans la récupération de louches noctambules.

Afin de rendre notre visite au snack plus intéressante, nous avions choisi de nous donner en spectacle. Beezer serais un français, tout nouvel arrivant, je serais un français déjà au Québec depuis un an l'accueillant et lui parlant de ce qui l'attends et Stella serait la Québécoise qui apaiserait les débordements.

Nous allions à la pêche à l'intolérance.

Aussitôt assis à notre table, nous étions campés dans nos personnages respectifs.

Beezer attaquait à coup de "AAAAh! Mais c'est joli la neige ici! Vous en manger des fois?" et "Où sont les indiens?". Je lui répliquais que contrairement à ce qu'on pensait en Europe "la police n'étais pas perpétuellement montée et que les gens ici semblent vouloir exterminer les indiens car il les cache, les drogue, les font boire et les font s'accoupler ensemble je crois, faut voir comment il traite John Kordic il le force à se battre sur glace".

Nous parlions suffisamment fort pour que les tables voisines nous entendent.

Et idéalement nous méprisent.

Stella nous relançait quand nous étions en panne avec des questions comme : "Qu'es-ce qui vous a le plus impressionné à votre arrivée au Québec?" et nos réponses "Les nanas aux gros nénés" ou "Cette femme qui a le droit d'avorter sans la permission de son homme(Chantal Daigle)" avaient pour but d'agiter les tables voisines et le remous était tangible.

Beezer était en feu:
"Moi j'aime bien votre artiste de cirque, vous savez le clown qui essaie de ressembler à Léo Férré, Gilles...Gilles Migneault...ou est-ce Gilles Mignon?"

"Migneault!-je confirmais, les cheveux fous, le col roulé, le nez en panache oui oui, Gilles Migneault!"

"Ah j'aime beaucoup sa chanson Heureux d'un Printemps qui me chauffe les veines...nananana dadelidela!" enchaînait Beezer et tous les trois embarquions dans la pire chorale de l'histoire des chanteurs-passés-minuits.

Une fois le grelot bien accroché dans les têtes des tables voisines, après avoir égrainé les pires clichés du nouvel arrivant Européen et avoir égratigné au possible quelques trésors Québécois de manière insensible, voire snobinarde, on a frappé le jackpot.

Nos accents Français ont semblé irréprochables car, sans réellement savoir où tout ça nous mènerait, le miracle s'est produit.

Un homme légèrement bourru, qui devait avoir à peu près mon âge actuel (38) à l'époque, s'est levé de sa table, s'est approché de la nôtre et a coupé nos improvisations en disant calmement mais exaspéré quand même:
"Je vous écoute depuis tantôt là...j'ai juste une chose à vous dire..." et sur ce il s'est retourné, a baissé son pantalon et nous as montré ses fesses poilues dans le moon le plus jouissif de la terre.

Nous étions si abasourdis que je ne me rappelle plus si il nous as gracié d'un "retournez donc chez vous!" ou si il a simplement rebroussé chemin vers la sortie. Mais sa haine à notre égard était totale et il a remonté son pantalon et marché calmement vers sa voiture. Rassasié de s'être vidé de son mépris.

Dès qu'il a quitté nous avons tous abandonné nos personnages et nous nous sommes esclaffés de rire, ayant obtenu un objectif que nous n'avions même pas osé nous fixer. Ceci avait fait notre soirée et nous aussi étions rassasié. Nous avons aussitôt laissé tombé nos faux accents et j'ai entendu un gars dire à un autre à une table voisine "Ah je te l'avais dit qu'ils étaient pas français pantoute, tu me dois deux piasses!"

Je pensais à ça quand j'ai vu que des ados ont volé une voiture pour se désennuyer à St-Léonard et se sont plantés dans un poteau.

Maudit que les jeunes ne savent plus comment s'amuser.