Voici quelques unes de leurs pochettes, expliquées, au mieux de ma compréhension. Faillible.
The Smiths. (1984) Cassette volée aux Galeries de la Capitale. Ne le dites pas à mes parents. On avait pas les moyens d'accès à la musique qu'on a de nos jours en 1988. Je me suis donc débrouillé pour une écoute complète, quand ça me plairait. Si ça me plaisait, je gardais, sinon, je revendais, Mais ça m'a tant plus. De bout en bout. C'est celle que j'écouterais le plus de cet été 1988. Avec U2, Depeche Mode , Prince ou R.E.M. Souvent dehors, sur le patio. La poitrine de Joe Dallesandro, acteur d'Andy Warhol, faisait rêver ma copine. J'avais humblement sensiblement la même à cette époque. J'avais 16 ans. Elle ajoutait une trame sonore et physique à son fantasme. L'esthétique underground de NY, la sensualité ambigüe, la masculinité vulnérable, le ton brut, intime et mélancolique.
Meat Is Murder (1985) Soldat de la guerre du Vietnam avec un slogan modifié sur son casque de guerre. Sur le casque du soldat Micheal Wynn, en 1967, avait d'inscrit "make love not war". Morrissey, un féroce végétarien, a changé pour son titre frondeur. Engagement végétarien avec bruits d'animaux qui se plaignent, Transformation d'un symbole militaire, en arme alimentaire et un appel à une autre morale, album plus agressif, politique.
The Queen is Dead (1986). Alain Delon, dans L'insoumis, film de 1964. Héros fatigué, romantique, tragique, atmosphérique, dramatique. Titre provocateur mais plus poétique que littéral. Vert est la teinte. Le single What Difference Does it Make mettra en vedette Terence Stamp, dans le film The Collector, verre de lait en main, regard et sourire fou, du personnage déséquilibré qu'il incarnait dans le film de William Wyler, de 1965. Pochette qui sera remodifiée avec le temps pour des raisons de droits d'auteur.
Film tourné avec aussi la toujours excellente Samantha Eggar.
Louder Than Bombs (1987). The Smiths avait un vilain défaut, ils n'ont jamais eu d'agent. Ils n'ont pas toujours eu des contrats de disques et ont lancé tant de singles, qu'ils ont, de temps à autres. lancé des compilations comme celle-ci, réunissant toutes les faces A et B, aussi bonnes les unes que les autres. Cet album, de ma couleur préférée, comprend pas moins de 24 chansons, ce qui en ferait un album double. Mais je l'avais en CD. Et c'est très probablement le second que j'ai le plus écouté du band. La pochette montre l'auteure irlando-anglaise Shelagh Delaney, à 19 ans, tout juste avant sa première pièce qui l'a rendue immensément populaire en Europe post-Seconde Guerre Mondiale. Shelagh reviendra pour un single.
Strangeways, Here We Come (1987). À l'origine, Morrissey voulait une image d'Harvey Keitel, de 28 ans, dans Who's That Knocking at My Door de Martin Scorsese. Mais Keitel a refusé l'utilisation de son image. N'aurait pas dû, selon moi. La pochette propose un close-up de l'acteur Richard Davalos, ami de James Dean, qui avait joué avec lui dans East of Eden. Dean était un héros de Morrissey, il est donc surprenant qu'il n'ait pas eu envie de le cadrer sur une pochette. Peut-être une question de gros $ou$ aussi. Surement même. La photo est zoomée d'une photo où Dean y apparait aussi, une photo promo pour East of Eden et Davalos s'est toujours étonné que le groupe n'ait pas choisi une meilleure photo de lui. Davalos sera aussi de deux autres pochettes de compilations de The Smiths. Morrissey ne le trouvait pas fâcheux des yeux du tout...La beauté masculine sera souvent représentée sur les pochettes du groupe, ce qui a plus à bien des jeunes femmes, rompues aux stéréotypes genrées contraires. Et surement à quelques gays.
Pour le single Heaven Knows I'm Miserable Now montre Viv Nicholson, photo tirée de son autobiographie appelée Spend, Spend, Spend, racontant son aventure après avoir gagné une fortune dans les paris sportifs, au soccer, elle avait rapidement tout flambé, devenant, absolument sans le sou, et misérable, justement. On y voit Viv qui semble triste, dans une rue désertée. Le titre de la chanson est lui-même inspiré d'un hit de Sandie Shaw de 1969.
Le cinéma est à l'honneur, années 50 à 70, les icônes oubliées ou marginales. La masculinité mélancolique. Les teintes monochromes, vertes, oranges, roses, bleues. La nostalgie et la distance ironisée.Les pochettes de The Smiths, construisent un univers cohérent comme celles de Pink Floyd qui suivent la même esthétique où la formation Cake. Pour The Smiths, esthétique romantique, littéraire, marginale, intensément britannique.
"We are the last truly british people you will ever know, you'll ever never want to know", chantera plus tard, l'immature Moz.
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