samedi 6 novembre 2021

Ceux Qui Auraient Pu Être Offensés


Le président de la compagnie Air Canada a pris une pause afin de bien mesurer sa réponse et de mieux assommer, une fois assumée et livrée, sa réponse à la question du journaliste masqué.

Il a livré "un hommage" à la ville de Montréal où il a pu passer 14 ans en y vivant strictement en anglais. Sans avoir besoin de la langue française.

C'était aussi un message à tous les hommes d'affaires anglophones du monde entier, it can happen, here. 


Ça m'a fait penser à moi quand je dis que j'ai fait toute ma scolarité, entre 1977 et 1994, sans utiliser une seule fois l'ordinateur. Il n'y avait, à l'époque qu'une seule salle d'ordinateur dans les Universités, nous n'en avions pas tous chez soi, surtout pas étudiants. Il y en avait une vingtaine  et le processus de réservation était aussi impossible que l'est devenue la simple prise de sang dans un CLSC de nos jours. C'était toujours plein et fallait s'y prendre trois mois à l'avance. Donc, quand on apprenait la semaine d'avant remise que notre prof voulait son devoir à l'ordi, on était bien baisés. Heureusement , comme le concept restait naissant, ils acceptaient de recevoir nos travaux tapés à la machine à écrire ou à l'écrit (moins). 


Avec le temps, j'ai appris un peu. Vraiment assez peu. Par moi-même. J'ai pas eu le choix, je suis traducteur et 90% de mon travail est là-dessus. Toutefois de très nombreux emplois me sont tout simplement impossibles principalement par ce qu'on s'attend à ce que je sois plutôt habile de l'informatique. Et quand je dis habile, je suis généreux. On s'attend à ce que je connaisse bien des choses, prétendues simples,  simplement jamais apprises. Il s'agit d'une richesse qui me manque. J'en suis handicapé.


C'est à ça que j'ai automatiquement pensé en voyant le président d'Air Canada qui répondait à la question, répétée en anglais car il disait ne pas l'avoir comprise en français tout juste avant: "Comment on fait pour ne pas comprendre ou savoir parler français après 14 ans au Québec?". Ce qui était une question tout à fait légitime, je vous explique pourquoi.

Le problème du français chez la compagnie aérienne Air Canada n'est pas naissant. Il a plus de 45 ans. En 1976, la cour réussissait à casser la règle, au sein d'Air Canada, qui interdisait les employés francophones de se parler en français entre eux. Vous avez bien lu. Vous voulez éteindre un peuple, coupez lui la langue. Le mépris d'hier est le même que celui d'aujourd'hui. Air Canada est toujours l'entreprise qui collectionne les plus nombreuses plaintes remises au Commissariat de la Langue Française. Depuis toujours. 


Quand le lendemain, après que tout le monde eut crié au loup, le même président en a remis en parlant de la langue d'usage, en parlant du français, au lieu de la langue officielle, ça sentait l'arrogance bien cuisinée. Il s'est excusé "à ceux qui auraient pu être offensés", c'est-à-dire toutes les têtes intelligentes et scolarisées. La majorité de la population. Maintenant, c'est au Québec entier qu'il devrait s'excuser n'ayant pas compris que la langue officielle au Québec, c'est la langue originale de sa mère et de son épouse. Ce qui rend aussi le "Je n'ai pas le temps de l'apprendre et c'est une langue difficile à apprendre" plutôt cyniques et irrecevables. 

Mais les feux de Bengales ne durent jamais longtemps. La semaine prochaine, ce sera en dessous du tapis. Le journal de Montréal nous aura pondu de plus fraîches indignations.  


Les roches que nous lui tirons ne tombent même pas proches de lui. Il s'excuse gardant la distance entre lui et "ceux qui auraient pu être offensés", mais en rigolera among friends, cheering with a cocktail, over the week-end.  Notre colère en est une autre qui passe dans le beurre. De l'eau sur le dos d'un canard boiteux. Parce qu'il faut être terriblement boiteux pour ne pas faire l'effort, avec une maman francophone et une amoureuse francophone, pour ne pas au minimum comprendre le français. Handicapé. 


Il ne semble faire aucun doute qu'il y a mauvaise foi. C'est ça qui ne passe pas. Le mépris sur son épaule qui ne demande qu'à sauter, tel un pou, dans les cheveux des Québécois francophones, pour le faire simplement chier, chatouiller, incommoder, à s'en arracher le frisé du poil. 

Ça, on l'a tous bien senti dans nos colonnes vertébrales.

Ne donnez pas la bullshit du "si vous habitiez l'Italie ou l'Allemagne 10 ans, peut-être ne parleriez vous ni l'italien, ni l'allemand, non plus". 


Vous seriez alors aussi handicapé que lui. Et tout autant de mauvaise foi. Aussi coquerelle dans le bel hôtel.

La langue française est dure à écrire, à lire. Pas à parler ni à comprendre. Si il ne comprend pas le français, il ne comprend pas le Québec. Les citoyens du Québec ont un pouvoir. Celui de ne plus jamais faire fleurir son entreprise.

Le Premier Ministre Legault, gauchement encore, a dit vouloir suivre l'évolution de ses prétendus cours de français...Non, François, il n'a pas besoin d'un nouveau papa. Ça ne sert à rien de courir si on ne va nulle part. 


Il en existe de très nombreuses compagnies aériennes, atterrissant et décollant par ici.

On ne meurt pas moins en première classe quand l'avion pique du nez.

Air Canada, en tout temps, boycottez. Vous exigez de la sensibilité d'un homme d'affaires? Soyez moins naïfs svp. Je me souviens? Honorez.

Et entre vous et moi, y a pas de quoi mettre le feu au clocher de l'église, y a des gens qui font de la radio au Québec depuis de nombreuses années, d'autres de la télé, de la téléréalité surtout, sans jamais avoir appris le français...

vendredi 5 novembre 2021

Par Moments


C'est dans l'irrégularité, la clandestinité que le plaisir est intense. Pas dans la prédetermination.

Le week-end dernier a été consommé dans le 418. Nous en sommes revenus avec deux anges. La mère de l'amoureuse et la soeur, tante de l'amoureuse. Elles ont passé dimanche, lundi, mardi et mercredi chez nous à nous cuisiner de l'amour pour les 8 mois à venir. On a maintenant le frigo du garage rempli de délicieux pâtés au saumon, à la viande et mexicains. En plus d'avoir hérité de soupe, de tarte, de desserts aux pommes et de gratins aux fruits de mer. 

Onaétégâtéspourrisales.


Mais ça venait avec un prix. On a très mal dormi du dimanche au mercredi. On a fait dormir les deux gentilles cuisinières dans notre lit et on a pris le divan-lit.

Ouch! on avait oublié comment il est tout sauf confortable. Ni même tellement dormable. Les trois nuits, je les ai commencées en haut, mais les ais finies dans le salon. Sur le divan. Face à la grande confusion du chat. Détrôné. Mais qui a aussi profité de ma présence pour exiger de sortir la nuit. Et de le rentrer parce que Monsieur chat trouvait qu'il faisait froid. Et comme je dormais plus près de la porte principale, pourquoi pas servir maitre félin? Et sa fringale de 3 heures du matin. L'amoureuse a connu trois soirées où elle revenait à la maison autour de 19h et j'ai connue sensiblement le même sort, ce qui explique en partie cette grande générosité de la belle-mère et de sa soeur qui sont venus nous donner un vrai bon coup de main familial. 

Mais avec l'accumulation de fatigue, jeudi, on avait quand même la langue à terre. 


Ayant un rendez-vous avec une infirmière, jeudi matin, j'arrivais au travail légèrement plus tard. Je rencontrais donc, un différent trafic. Mon attention s'est arrêtée sur le couple qui était à bord de la voiture derrière moi. Un homme rond, à la tête ronde. Trop chauve pour être hirsute, mais au crâne rasé pour justement masquer davantage l'indice de calvitie. Le couple était légèrement plus jeune que moi, je crois. Elle était tout aussi quelconque à ses côtés. Mais je les ai vus beaucoup s'amuser. Rires copieusement. Ça m'a fait un bien surprenant. Je les ai imaginés amoureux. Un couple ou deux collègues de travail. Je ne saurai jamais. Mais ce bonheur, même si momentané, me rendais heureux.


Encore plus quand j'ai entendu que la nouvelle honorable ministre de la défense nationale, Anita Anand, allait prendre tous les cas d'allégations d'inconduite sexuelles au sein de l'armée, et les livrer aux cours civiles et non martiales. L'armée est une sorte de micro-société où les lois, ce sont eux qui les font. Et qui les violent. Et l'armée, c'est 87% des hommes. Avec trop souvent le plus petit de h. Je vous le répéterai dimanche, on a besoin de davantage de Femmes en zone de pouvoir. C'est nettement plus sain. Sans jeu de mots coquins. 


Cette même radio m'avait fait soupirer en entendant le ministre de la santé Dubé dire, le plus sérieusement du monde "qu'il ne voulait pas faire de politique..." en répondant à la question : "Que direz vous de ceux et celles qui exigeront d'être soignés par des double-vacciné(e)s?". 

Tu ne veux pas faire de politique, ministre? 

N'est-ce pas aussi con qu'un entraineur qui dirait "Je voudrais pas coacher..."?

  (...)

C'EST TON JOB!


Au retour du prédéterminé boulot, où un collègue m'a forcé à porter mes écouteurs et le masque presque toute la journée car il n'a jamais cessé de tousser (toutes les 4 minutes), j'ai affronté le très habituel, mais toujours lourd, trafic. Même si je terminais mes journées plus tard qu'habituellement. 

Si je me savoure si pleinement la littérature, le cinéma, la musique, c'est que ces trois milieux et leurs créations/créateurs me déracinent du quotidien et me font voyager. Considérablement. 

Je ne m'y attendais pas non plus, mais pour la seconde fois, en autant de jour, je baignais dans ce qu'on appelle, l'heure magique. Vous savez cette heure où le soleil pose sa fatigue sur les villes et jette sa si jolie cape d'ombre dessinant toutes le formes architecturales.  


Dans les eaux troubles, dans l'agitation des vents, dans la vélocité des trains à haute vitesse, il y a souvent ce moment qu'on se choisit. Pour zoomer au loin, comme le marin le ferait en mer. À perte de vue. Fixant tout et rien en même temps. En flirtant avec l'ultime liberté. La tête, volontairement sortie de l'eau trouble.

Hier, 16h38, c'est avec l'aide de Charlotte Cardin que je goûtais cette heure magique. Chantant California en parfaite harmonie (si, si) comme si j'y était, comme 1990 avec le docteur Brett et le virtuose guitariste Kluzak, quand nous avions l'âge de ma fille. 18 ans. Il y a déjà trop longtemps. Tiens! les deux auront 50 ans dans le milieu de la semaine prochaine!

Voyager, je vous dis. 


À Main Girl, vers 2:30, je vivais quelque chose. Je ne sais trop quoi. Le frisson du bonheur je crois. Toujours passager celui-là. Pas toujours dans le train. Et je suis un homme. Ce doit être formidable de se sentir transporter par une soeur comme Charlotte Cardin quand on est une Femme. 10 fois ce que j'ai ressenti. Sinon plus. 

Mes mains girls étaient déjà à la maison. Mon Big boy aussi. 

Entre leurs lignes, je me faufiiiiiiiiiiiiiiiile.

On prend le temps d'une bise

Avant que nos verres soient vides. 

J'ai embrassé l'extase le temps qu'il passe. J'ai trempé dans un moment, que seul un dompteur de temps comprend.

jeudi 4 novembre 2021

L'irrationalité


 Elle sévit assez solidement un peu partout maintenant. Décomplexée. Sans honte. 

J'ai dû relire la nouvelle plusieurs fois. Ils étaient des centaines à attendre, là même où John Fitzegerald Kennedy a été assassiné le 22 novembre 1963, l'arrivée..de son fils John F. Kennedy Junior, tué en 1999 dans un écrasement d'avion qu'il pilotait lui-même dans le noir. 

Bon...

Ils ont attendu un mort. Ce doit être les mêmes qui attendent le retour de Jésus.
John F.Kennedy senior aurait 104 ans. La raison nous oblige à tout de suite l'évacuer de toute la discussion. Les illuminés de mardi ne pouvaient pas l'attendre, vraiment. Mais on doit admettre que dans les conspirations, la mort de JFK trône bien haut dans les théories les plus populaires. Jim Garrison en a fait un cas en cour contre Clay Shaw, Oliver Stone, un film au début des années 90. Il y aura toujours des tonnes de théories autour de l'assassinat en direct de JFK. 


Mais voilà...c'était un assassinat en direct, ne perdons pas de temps à évoquer autre chose. Rien ne pouvait arriver pour les gens qui attendaient JFK à Dealy Plaza, mardi dernier. Car il devait aussi y en avoir. 

Mais qui étaient ses gens? Des supporteurs de Donald Trump et des amateurs de théories de complots de QAnon. Il faut écouter le ballado de Brigitte Noël et Jeff Yates sur le sujet, disponible gratuitement sur l'excellente application radio-canadienne OHdio. Ça s'appelle Convictions, saison 2. 


La renaissance de John F.Kennedy Junior, qui avait 2 ans et 362 jours à la mort de papa, en 1963, est un moment marquant des théories du complot de QAnon. Celle-ci dit que JFK Jr aurait scénarisé sa mort, sa Femme étant remarquablement incommodée par l'intérêt public que le couple suscitait en tout temps (Ça c'était vrai, elle trouvait leur vie assez insupportable à ce niveau) et aurait proposé que le couple disparaisse pour mieux s'appartenir ensuite. Qu'ils se cacheraient quelque part depuis plus de 20 ans. Et que Donald Trump, un ami, aurait nommé co-listier John John pour son retour à la présidence, présidence qu'on lui aurait "volé".


 En 2018, on parlait déjà du soutien secret de JFK Jr pour Donald Trump. On a tenté de révéler que Vincent Fusca, un ancien gérant des ventes, serait en fait, John John, avec une nouvelle identité et un nouveau nom. Fusca est plus petit et est bien...Vincent Fusca. D'autres, prétendent que le libre-penseur et propagandiste des théories de QAnon, Juan O.Savin serait JFK Jr. Bien sur que non.

We are watching u...

Des sites internet, des films et des livres sur Amazon ont été critiqués, par les têtes équilibrées, pour avoir vendu, diffusé, rendu public du matériel suggérant que John F. Kennedy et/ou JFK Jr seraient toujours vivants. En manque de souffle, les leaders des menteries de QAnon ont dépoussiéré l'histoire de JFK Jr, même si on a trouvé les trois corps de son avion et qu'on les as tous trois autopsiés, et on surfe là-dessus comme des demeurés dans un corridor d'asile depuis autant d'années qu'il est mort.

Étrange phrase à écrire, mais plus rien n'est complètement étrange de nos jours. 

Micheal Brian Protzman, un des plus fervents diffuseurs de propagande de QAnon était de ceux qui se tenaient à la Dealey Plaza mardi, où rien, mais non, rien ne s'est passé. 


Et même si il y avait 0,0000001% de vrai. Ces gens savent-ils que les Kennedys en question étaient tous fiers démocrates?
Je dis ça, je dis rien. 

Ça inquiète que des centaines de gens comme eux aient tout simplement le droite de vote. Ils n'ont pas toute leur tête. Je pensais qu'on devait porter un casque de réalité virtuelle pour fabuler comme ça. 


De plus, QAnon et JFK, les démocrates, sont à l'opposé de spectre politique. L'attendaient-ils pour le tirer à nouveau?  Car soyons clairs, plus que la moyenne devait être armé. On se rapproche beaucoup de Sebastianisme portugais du XVIIème siècle. 

C'est de l'idiocracie.

C'est un exemple flagrant de la déscolarisation au profit de la prétendue liberté et à l'avillissement issue de la religion.

Le pire est qu'aujourd'hui, 48 heures plus tard, ils sont toujours complotistes et anti vaccin demain, malgré le rien du 24 heures précédent, car un nouveau mensonge viendra tenter d'effacer celui-ci (Mais JFK Jr vous soutiens et sympathise avec votre déception) pour justifier le non-évènement de la veille. 

Fier Farfaniais

Certains ont même dit que les Kennedys (donc papa de 104, assassiné, aussi) se pointeraient finalement au spectacle des Rolling Stones le soir même, toujours à Dallas. 

...Avec Charlie Watts à la batterie et Brian Jones, multi-instrumentiste sur scène?

Qui leur donnerait une nouvelle version de You Can't Always Get What You Want, je suppose. 

Mieux vaut en rire, non? Ou devrions-nous?

L'irrationalité s'enracine. 

mercredi 3 novembre 2021

Le Diable Affile ses Lames


Les perdants n’ont pas souvent une seconde chance dans l’histoire moderne des présidents des États-Unis d’Amérique. Richard Nixon a bien gagné la présidence en 1968, après l’avoir perdue en 1960, mais il passera à l’histoire comme l’unique démissionnaire faisant face à la destitution, le président de l’infamie, disent plusieurs. Mais depuis, c’est souvent, gagne ou retires-toi. Même Al Gore, qui avait techniquement gagné contre Bush en 2000, allait se retirer.


Donald Trump, qui n’en serait pas à une exception près, qui a multiplié les déshonorants précédents semble en esquissé un autre. Non je ne parle par de son réseau social mensonger Social Truth.  Je parle de son envie de rester candidat pour la prochaine fois. Il est encore le plus massivement populaire parmi les candidats républicains pour 2024. Il fait déjà campagne et le réseau social qu’il veut mettre sur pied, pour mieux leurrer, en fait partie.  Il domine déjà le terrain. Fox News, qui mange dans sa main et vice-versa (après tout leur patron est un agresseur sexuel lui aussi) a fait la promotion du Gouverneur de la Floride Ron DeSantis comme alternative à Trump, mais ça ne fonctionne pas. L’effort rappelle celui similaire q’on avait essayé autour du gouverneur du New Jersey, en 2016, Chris Christie. Vite devenue la bitch de DJ Trump.  Trump domine toujours les tristes sondages Étatsuniens. Pour ramasser des dons, il est dans une autre ligue. De potentiels rivaux, pour la plupart plus brillants, ne veulent pas se présenter comme candidat si Trump s’y trouve aussi. Pas par peur de l’idiot, mais plutôt par crainte de tous ceux et celles qui le suivent. Qui dégoûtent de la nature humaine. Et qui forcerait les débats vers le bas, sans équivoque.


C’est un spectacle impressionnant tout de même. Comme l’était sa présidence. Un accident dont on peine à se retire les yeux. Il n’est pas le perdant politique habituel. Il est virus qui n’attend que de resévir.  Il n’était pas que perdant, il était titaniquement perdant. Il a perdu le vote Populaire deux fois plutôt qu’une. Dans deux élections consécutives. La seconde fois, par le Québec en entier. Plus de 8 millions de votes.  Il a mené son parti à une mi-mandat brutale, malgré la meilleure économie depuis la fin des années 90. Il a été l’unique président à faire face à la destitution deux fois, la seconde fois pour avoir incite fortement une bande d’écervelées à envahir le Capitol. Qui cause mort d’Hommes. Dans le but de renverser un résultat d’élections. Il fait maintenant face à plus de crimes que Nixon, en 1974.


Trump fait campagne sur deux thèmes: la nostalgie d’une pré-pandémie à l’économie si forte (dont il s’impute la responsabilité) et l’amertume du résultat des dernières élections de 2020. C’est si peu, mais juste assez pour forcer De Santis, le Trump raté (faut le faire)  à faire des Trumperies afin de paraître plus Trump que Trump. Sans y arriver. Par exemple, DeSantis propose de donner des récompenses de 5000$ aux policiers qui refuseraient de se faire vacciner. Il se présente aussi en public avec un (ancien, on ne peut pas pratiquer avec une telle attitude) chirurgien qui rote à gauche et à droite de faire confiance à son instinct. Surtout aux gens manquant assez de jugement pour être anti-vaccin, d’emblée.


Personne n’est plus Trump que Trump. Il n’y a pas de Trumpisme plus grossier que Trump. Le dicton disant “C’est le mouvement, pas l’homme” est un vénérable cliché inapplicable à la politique populiste. Dans ce cas précis, il s’agit au contraire de l’homme avant le mouvement.  En 2016, Trump permettait aux transgenres d’utiliser la toilettes qu’ils/elles jugent appropriée pour eux/elles.  En 2017, il baissait les taxes pour les plus riches. Tout juste avant la pandémie, il négociait avec la Chine un marché de libre-échange, aujourd’hui assez impensable avec Trump au milieu. Ces trois choses sont des interdits chez les populistes. Mais ce ne sont pas les supporteurs de Trump qui le remarqueraient. Si Trump le fait, c’est que c’est bon. C’est leur manière de réfléchir à ces linottes. Elles se moquent bien de ce que contiennent ses politiques. Ses supporteurs ne se soucient que de ses humeurs. Afin de calibrer les leurs au même diapason.

 

Même en en jasant légèrement, du retour de Trump, personne ne mesure la réelle horreur que ce serait.

Dans un discours de 2011,  Donald Trump expliquait sa principale règle de vie « Rendre à chacun ce qu’il t’infliges. Si ils te baisent, les baiser 10 fois plus fort en retour, j’y crois vraiment » Il l’a répété partout. Dans ses discours, ses tweets, ses livres, partout. Les cibles de Trump en  2024, ceux qu’il veut baiser par 10, ce sont les loi Étatsuniennes et la démocratie qui lui empeste la vie et le fait fantasmer à la Corée ou à la Russie. Dans un rallye de Septembre   en Georgie, Trump crucifiait les responsables Republicains  qui ne renversaient pas le résultat final de la dernière élection. Il leur en voulait sévèrement… de ne pas tricher. Deux semaines plus tard, en Iowa Trump attaquait encore les responsables des élections Républicains de ne pas voler l’Arizona pour lui.


Tricher, toujours tricher.

Au début c’était de la comédie. Maintenant, c’est plus sombre et amer. Il y a de l’esprit de vengeance.

C’est ce gars qui voudra revenir dans le rôle de 47ème président.

Son unique mandat a été sous la houlette de l’ignorance, de l’incompétence et de l’inaptitude. Il a constamment tenté de contourner toutes les lois. Il a mis du temps à s’y prendre en sourdine. Sans que tout le monde comprenne qu’il triche. Quand fût exposé sa tricherie avec le president ukrainien, il devenait peu à peu meilleur pour esquiver les attaques. Mais il était trop tard. Tout était exposé et indéfendable. Même le president Ukrainien avait lâché le morceau. “Il m’a bien promis des choses contre d’autres”.


Quand la pandémie a sévi, un nouveau mur se dressait face à l’incompétent. Un mur fatal pour lui à mesure que les morts croissaient pour rien.

Dans un second mandat, ne restera plus que les bandits. Qui sauront déjouer les alarmes er sauront débarrer les portes. Il sait maintenant qu’il ne doit pas que placer un allié au bon endroit (lire à la justice) Il doit aussi contrôler les bancs arrières et les troisièmes rangs des départements. Il ne se fera plus jamais prendre avec des indépendants qui ont le sens du devoir, il faudra des bénéouiouis. Des porteurs d’eau, des valets de pisses et des yes-man, yes-girl.


Les fonctionnaires qui seraient en place seront ceux qui, à l’élection suivante, « ne feront jamais perdre le pouvoir en place ».

C’est le futur que Trump prépare.

USA, Be ready.

 

mardi 2 novembre 2021

Mortimer Lyon Sahl (1927-2021)

 "Washington could'n tell a lie, Nixon couldn't tell the truth, Reagan could'n tell the difference"


Avant décembre 1953, les humoristes sur scène suivaient un style bien défini. On déballait son sac à blagues, à la ligne. Les unes après les autres. Bien souvent, on guidait le spectateur au roulement d’une batterie toute simple qui se terminait sur un coup de cymbale afin de suggérer quand rire.

Les sujets restaient largement peu controversés (à moins d’être une belle-mère). Si Bob Hope glissait une blague plus politique, elle restait narquoise, innocente, inoffensive. En changeant le nom du politicien, du party, de l’équipe sportive, de la personnalité locale, selon les territoires de présentations de spectacles, on faisait rire tout le monde et on pouvait plaire à tous les mouvements politiques. C’était aussi avant la télévision et les réseaux sociaux. On pouvait trainer le même matériel sur de nombreuses années avec de minimes variations.


Après décembre 1953, tout ceci changerait pour toujours. Presqu’entièrement grâce aux efforts du même homme, qui semblait si peu en confiance, avec son journal en main, sur scène. Mort Sahl allait changer la manière de livrer la comédie à jamais.

Né à Montréal en mai 1927, avec le cinéma parlant, il était normal qu’il eût voulu en vivre. Sa famille déménage à Los Angeles parce que papa veut y devenir écrivain à succès. Il sera plutôt reporter des scènes en cour de justice, pour le FBI. Mort, pour sa part, dès ses 14 ans, choisit de se porter volontaire dans l’armée qui entre en guerre, en 1941. Il ment sur son âge. Ça ne durera que 2 semaines car maman découvre la chose, ne s’en amuse pas, et évente le secret. Ce qui n’empêchera pas Morty, dès l’année suivante d’entrer la Air Force. Mais l’armée, il n’aimera pas. Et vice-versa. Il en sera très critique, à sa sortie, dès 1947. Il en rira souvent sur scène. Il fréquente l’Université et étudie en ingénierie des villes et et en gestion de celles-ci. Il en est diplômé mais choisit de tenter sa chance comme acteur, comédien, auteur.


Avec très peu de succès à ses débuts. Il choisira donc de prendre le micro et de transformer ses pièces de théâtres comiques, en monologues. Herb Caen, journaliste de San Francisco, aime beaucoup ce qu’il livre sur scène et en glisse de bons mots. De jeunes Lenny Bruce, Woody Allen, John Cleese, deviennent des fans inspirés de Mort Sahl. Le public est aussi piqué de curiosité. Cleese dira que Sahl était aussi étincelant pour l’Angleterre qu’Elvis l’était devenu. C’était un choc pour les humoristes en place comme Milton Berne ou Henny Yougman. Sahl racontait des histoires. Devenait intime. Conversait avec la foule. Ne récitait rien. Il jetait un œil sur le journal, commentait ce qu’il venait de lire. Avec un flair redoutable. Toujours comique. Et comme le journal amenait des choses différentes tous les jours, le spectacle pouvait s’improviser différemment chaque fois. La combinaison était gagnante. Le public n’entendait même pas la même chose deux fois de suite. Sahl offrait du jazz à une époque le jazz allait atteindre le zénith de sa popularité.


Il avait de cibles favorites. L’armée à ses débuts, Donald Trump vers sa fin. Il était commentateur de son époque. Et comme il attaquait souvent la conformité humaine, le rebelle en chacun de nous tous y trouvait son compte. Il sera le premier à présenter une autre fameux rebelle, Georges Carlin. Dès qu’il flairait l’hypocrisie, vous deveniez une cible. Voilà pourquoi, un jour il racontait des blagues pour John F. Kennedy, qui l’aimait beaucoup et vice-versa, mais une fois élu, n’hésitait pas à le prendre comme cible. Au début des années 60, il était au sommet de sa popularité. On le voyait dans les collèges, dans les boites de nuit, à la télévision, sur les campus partout aux États-Unis et au Canada. On le voyait même à Broadway et animer la soirée des Oscars. Il sera le tout premier humoriste à faire la couverture du Times Magazine. Il sera aussi acteur, un peu. Enregistrant parmi les premiers ses spectacles sur disques, il sera le tout premier à gagner un Grammy pour cette nouvelle catégorie de prix.


À la mort de Kennedy, il meurt lui aussi, en partie. Devenant obsédé par la commission Warren, en faisant le sujet principal de ses spectacles à une foule en difficile deuil, il s’aliène une large partie de ses admirateurs. Il travaillera même en Nouvelle-Orléans, avec le procureur Jim Garrison, sur l’affaire Clay Shaw, et la théorie du complot qu’il développe autour de l’assassinat. Il perd son public. Toute actualité n’est peut-être pas toujours bonne à rire. Il ferait une sorte de retour dans les années 70, se servant du Watergate, davantage risible. Il n’arrêtera jamais, la pandémie, seule, le freinant.


Il a publié en 1976 une autobiographie, Heartland, à écrit un one-man show pour Broadway, Mort Sahl’s America, 12 ans plus tard. Il a tourné quelques documentaires sur la comédie, a fait des apparitions, ici et là, a gardé de nombreux admirateurs qui ont fait naître un métier où on pouvait révéler une partie de son intimité réinventée sur scène. Il a eu de nombreux hommages de son vivant. Il le méritait grandement pour ces portes qu’il a ouvertes largement.

Son disque de 1955, At Sunset, sera placé dans National Recording Registry of the Library Of Congress en 2011.


Iconoclaste davantage intéressé par la vérité que par l’idée de garder le public confortable dans son siège, il a probablement payer le prix de son implication dans son époque.

La comédie comme on la connait aujourd’hui, sur scène, lui doit beaucoup.

Mort Sahl est décédé à l’âge de 94 ans, il y a exactement 7 jours.

Son héritage est majeur.

lundi 1 novembre 2021

The Stranglers


Brian Duffy (qui se fera appeler Jet Black) est batteur. Homme d’affaires dans la trentaine, il sera, entre autre propriétaire du Jackpot, qui sera aussi accessoire aux premiers efforts de spectacle des Stranglers. Il décide, après avoir été batteur pour les autres dans les années 50 et 60, de se partir son propre band. The Guilford Stranglers ,en 1974.


Jean-Jacques Burnel, dont les parents sont Belges d’origine, est à la basse, même si gradué en musicien classique. Hugh Cornwell est à la guitare et à la voix. Dave Greenfield vient les rejoindre en 1975, comme claviériste.  Ce dernier est indispensable au son du band. Mais comme personne ne vient de Guilford, on finit par laisser tomber la géolocalisation du nom du groupe.


Cornwell était un joueur et un amateur de Blues. Black un batteur de jazz. Burnel, un musicien classique qui avait joué avec des orchestres. Greenfield avait joué dans des bases militaires, en Allemagne. Ensemble, ils se tricotent un univers de rock psychédélique inspiré des Doors et de The Music Machine. Dès 1976, on les associe au naissant mouvement punk. Ils ouvriront pour les Ramones et pour Patti Smith. Très inspiré, on lance les trois premiers albums sur une période de 13 mois. On ne comprend pas complètement leurs textes, les qualifiant de sexistes et racistes. Toutefois, le band se défend en disant que justement, ils se moquent des racistes et des sexistes. L’ironie est très Monthy Python et ce ne sont pas tout le monde qui saisit d’emblée. Ils aiment baigner dans l’absurdité. Ils se développent une bonne base de fans en tournée, mais leurs relations avec la presse resteront toujours tendues. Burnel, un amateur d’arts martiaux, frappant le journaliste Jon Savage lors d’un événement promotionnel n'aidera en rien.


En 1978, afin de remercier ceux qui les aidaient à percer, Les Stranglers font trois spectacles surprises pour leurs fans, à New Barnet, Hammersmith et West Kensington. En voulant se donner en spectacle à l’université de Surrey, on en arrive à une entente que ce sera ouvert à tous, pas juste aux élèves du campus universitaire. Ce ne sera pas respecté le soir du spectacle. Le groupe arrête de jouer en plein spectacle, dès le début et quitte les lieux. À la fin des années 70, le band est en tournée au Japon à deux occasions. Y développant aussi, de nouveaux fans. Et de grandes amitiés. Ils seront de rares bands de blancs parmi les Asiatiques à cette époque.


En 1979, un de leur deux gérants, leur suggère de se séparer (!?!) car il a l’impression que le band a perdu sa direction musicale. Le band le limoge. Mais Burnel et Cornwell lanceront tout de même des albums solos. Et à partir de maintenant on produit soi-même les albums. Le band n'est pas sans direction mais offre un quatrième album qui sera un risque important. Un album complexe et plus mélodique. Une distanciation de leur côté agressif des années précédentes. L’album ne sera même pas lancé en Amérique. On préfère lancer une compilation qui sera toutefois tout aussi bonne pour leur visibilité, la compil les présente avantageusement dans les ventes. Il s’agit du meilleur de 4 premiers albums en un seul.


On choisit d’explorer les liens entre la religion et les extra-terrestres pour l’album suivant. C’est toutefois ce qui suivra qui rétablit l’équilibre avec la critique et qui pique la curiosité publique. En Amérique, une nouvelle compilation tente de capitaliser sur le nouvel intérêt autour du band. En 1983, on offre maintenant un son influencé par l’Europe, de la guitare acoustique et de la batterie électrique. L’année suivante, je découvre personnellement le groupe pour la première fois avec un de leur single faisant la promotion de leur 9ème album. Étrangement, c’est en Océanie que le groupe obtient le plus de succès. Leur album suivant sera fortement influencé de l’Australie. Cet album sera l’unique album à atteindre les meilleures ventes en Amérique du Nord. En 1990, on lance le dernier album avecHugh Cornwell qui n’arrive plus à s’entendre avec Burnel.


 John Ellis, guitariste qui avait toujours été autour du groupe, et avait accompagné en tournée prend le poste de Cornwell, pour les 4 albums suivants. Burnel et lui alternent pour le chant, jusqu’à ce qu’on engage Paul Roberts, au chant.


En 2000, Ellis quitte est en remplacé par la guitariste Baz Warne. On lance un nouvel album, suivi d’une tournée. Mais Roberts quitte le band en 2006. Année de parution d’un nouvel album où Warne et Burnel se partagent le tour de chant. On veut le son plus punk, mais on propose aussi du country. La santé de Jet Black décline et il doit être remplacé par moments.


Avec 16 albums en banque, on a du matériel à offrir en tournée et on se nourrit principalement de cela à partir de 2010. En 2012, on lance un nouvel album avec une pochette qui montre à nouveau leur côté subversif. Humour noir.

Jim MacAulay est le remplaçant le plus régulier de Jet Black, jusqu’à ce qu’il le remplace en permanence, dès 2018. Dave Greenfield décède la Covid19, en mai 2020. 

Il avait 71 ans.


The Stranglers, en trio, Burnel, Warze, MacAulay, lance son 18ème album le 10 septembre dernier.

Il me semblait de circonstances de vous parler d’étrangleurs harmonieux après ce week-end d’Halloween.