mardi 17 février 2026

Blonde et Idiote Bassesse Inoubliable*******************The Downward Spiral de Nine Inch Nails

Chaque mois, vers le milieu, tout comme je le fais pour le monde du cinéma (dans ses 10 premiers jours) et tout comme je le fais pour le monde de la littérature (dans ses 10 derniers) je vous parle de l'une de mes 3 immenses passions: la musique ! 

Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ait tant écouté dans ma vie que j'en connais tous les airs, toutes les paroles, toutes les nuances, tous les tons et tous les sons. Bref, cette musique est désormais composante de mon ADN. 

Par ordre de création:

Blonde on Blonde de Bob Dylan

The Idiot d'Iggy Pop

Low de David Bowie 

The Unforgettable Fire de R.E.M.

B.I.B.I. c'est moi. C'est aussi la terminaison du mot habibi voulant dire en langue arabe: Je t'aime.

Musique, je t'aime. 

THE DOWNWARD SPIRAL de NINE INCH NAILS. 

Grâce à Pretty Hate Machine, lancé en 1989, et au mini album Broken, offert 3 ans après le groupe de Trent Reznor s'impose tranquillement comme l'un des fers de lance du rock industriel. Avec ce second album studio, NIN ne cherche plus à choquer ou à innover; Il ambitionne de créer une oeuvre conceptuelle totale, une descente psychologique méthodique vers l'autodestruction. 

L'album est enregistré  en grande partie dans une maison de Los Angeles tristement célèbre, le 10050 Cielo Drive, lieu du meurtre horrible de Sharon Tate, enceinte de 8 mois et demi, de Jay Sebring. Wojciech Frykowski, Abigail Folger et Steven Parent aux mains des disciples du clan Manson. Reznor y installera un studio appelé "le Pig" par clin d'oeil macabre au mot "Piggies" qu'avait écrit sur les murs les assassins avec le sang des victimes. Deux titres utiliseront aussi le cochon.  Ce choix n'est pas anodin. Il participe à une construction précise d'un univers claustrophobique, hanté, presque ritualisé. L'artiste travaillera presque dans un isolement complet, s'entourant d'une équipe technique réduite, principalement le producteur Flood, et l'ingénieur de son Alan Moulder. 

Sur le plan sonore, The Downward Spiral pousse plus loin que jamais l'hybridation entre rock, métal, musique industrielle et électronique. Reznor accumule les couches de guitares saturées, les boites à rythmes abrasives, les textures bruitistes, les échantillonnages distordus. Chaque morceau est conçu comme une étape d'un récit interne. 

L'album suit la trajectoire d'un narrateur anonyme sombrant dans la dépression, la perte de repères, la violence et la dissolution de l'identité

Certains titres sont une explosion de fureur mécanique, tandis que d'autres associent groove synthétique et provocation sexuelle. Reznor clôt avec un chef d'oeuvre de dépouille d'instrumentation, un moment de confession fragile et désespéré senti. L'architecture globale de l'album est cruciale. Il ne s'agit pas d'une collection de singles, mais d'un parcours narratif cohérent où les transitions sonores jouent un rôle essentiel. Il y a équilibre entre brutalité et sophistication dans cette production industrielle qui fait distinguer cet album des autres, en 1994. Reznor, formé au piano, et féru de composition, structure méticuleusement ses morceaux. Dans le vacarme sonore se cache une véritable science des dynamiques. Une alternance des silences et des explosions. Une variations des textures. Un contraste entre mélodies accrocheuses et distorsions abrasives.  

Pour enregistrer ceci, Trent a écouté obssessivement Low et The Wall et on entend l'influence de David Bowie ou de Pink Floyd dans son ambition conceptuelle. Russell Mills signe l'identité visuelle de l'album. 

Aliénation, haine de soi exorcisée, sexualité compulsive, religion, violence, les thèmes sont huile pour le feu. Vulnérabilité extrême. Imagerie surréaliste. L'album sera majeur dans les années 90. Sans cet album, Marilyn Manson n'existe pas. À une époque marquée par le post-grunge, une année qui verra son leader en mourir, la désillusion sociale est au rendez-vous. Une de ses chanson sera réinventée par l'univers du monde country, confirmant la capacité de transcender les genres pour celui qui finira pas se spécialiser dans la musique de films, de nos jours. Le succès de cet album confirmera la spirale du succès qui le terrorise autant qu'elle le fascine. 

Pour amateurs de Marilyn Manson, Ministry, Deftones, Radiohead période Ok Computer, rock industriel, metal industriel, rock alternatif, musique électronique expérimentale, ambiente sombre, noise.

Pas aussi déprimant qu'exorcisant.

Suffit de choisir son angle de réception.   

lundi 16 février 2026

Choisir Son Terrain de Guerre

On peut penser ce qu'on voudra des poings levés de Tommie Smith et Juan Carlos aux jeux de Mexico en 1968. C'était un geste en direct, impossible à prévoir, et calculé. Un geste qui ramenait l'athlète à l'humain derrière. 

Les Olympiques ont été clairs la semaine dernière, ils ne veulent pas de cet humain derrière, du moins, pas sur le terrain du sport. Aux micros de conférence de presse, c'est autre chose. Mais en terme de visibilité sportive, sur scène, les messages politiques ne sont pas bienvenus dans la compétition olympiques. 

C'est toujours délicat d'interdire certaines politiques, quand l'ensemble de ce qu'on représente EST politique, mais ce sont des balises réfléchies. 

Le comité olympique a permis à Vladyslav Heraskevych, athlète de skeleton Ukrainien, de s'entrainer autant qu'il le veuille, avec son casque, joliment peint de plusieurs des athlètes d'Ukraine qui ne peuvent désormais plus participer aux jeux, parce qu'assassiné(e)s par l'agresseur Russe. On lui a aussi proposé de porter un brassard noir pendant la compétition. Et d'en parler au micro, au besoin. Son sport, dans sa nature, place le casque très en avant et c'est ce qu'on voit le plus dans l'exécution de son sport. Le CIO a fait son bout de chemin.

Le même CIO qui bannit les Russes des Olympiques pour cette invasion en Ukraine. Mais ça, ça saute moins aux yeux. 

Ça se comprend. 

Il a refusé. Sa collègue de luge, un sport partageant la même piste que les athlètes qui font le skeleton, la lugeuse ukrainienne Olena Smaha avait le même type de casque et on lui a servi les mêmes conditions. Si tu veux participer aux compétitions, tu ne dois pas utiliser ce casque. Elle est revenue avec un casque blanc faire sa compétition, mais a inscrit dans sa main, qu'elle a brandit pour que tout le monde le voit "Rendre hommage par le souvenir n'est pas un viol".

Dmytro Shapar
Du code sportif Olympique, oui. C'est triste mais c'est pas complètement si incohérent. Vladyslav Heraskevych a refusé de changer d'option et a assuré vouloir faire son épreuve avec son casque. Ou rien. Il a eu rien. Il a été disqualifié. Il va en appel, mais je ne suis pas certain qu'il va gagner sa cause. Vlodymyr Zelensky l'a accueilli en héros à son retour, comme tous les Ukrainiens, et lui a remis une plaque.

Pour l'humain derrière l'athlète. Celui dont on a refusé l'armure dans une guerre qui n'était pas la même, à Cortina d'Ampezzo. Le CIO a choisit que ssa guerre, ne serait que compétition sportive, pas autre chose. Ça se comprend aussi.

L'athlète de 25 ans ukrainienne Kathryna Kotsar, dont le sport est le ski acrobatique, a été avertie de ne pas porter son casque disant "Be brave like Ukrainians".Elle a plié la demande.

Alina Peregudova

Zelensky a souligné, en remettant sa plaque à Heraskevych, le recevant dans ses bureaux, qu'il saluait la vérité. Ça se comprend aussi. 

La vérité, c'est ceci:

Sur son casque se trouvaient:

Maksym Halinichev
Le patineur artistique Dmytro Sharpar, 25 ans, mort en janvier 2023 près de Bakhmouth.Il faisait des tournées de spectacles sur glace avant de s'engager dans l'Armée.

L'haltérophile Alina Peregudova, 14 ans, un des meilleurs espoirs de son pays, morte en mars 2022. Une explosion l'a tuée avec sa mère, à Marioupol

Yehven Malyshev
Le boxeur Maksym Halinichev a manqué les jeux de Paris parce qu'engagé dans la guerre, Il s'y est blessé deux fois et est retourné les deux fois au front. Il est mort près de Loushansk en 2023. Il avait 22 ans. Était paps d'une fille de 3 ans. 

Le biathlète Yehven Malyshev, 19 ans, mort au 6e jour de l'invasion Russe, le 1er mars 2022. Il était au front, à Kharkiv.

Andrii Kutsenko
Andrii Kutsenko, 35 ans, a été plusieurs fois champion en cyclisme sur piste. Quand l'invasion de 2022 a débuté, il a quitté l'Italie où il s'y entrainait, s'est engagé dans l'armée et y est mort en en juillet 2024.

La championne de kickboxing Karyna Bakhur courait se réfugier quand elle a été atteinte d'éclats d'obus le 18 novembre dernier, à Kharkiv, elle n'avait que 17 ans. 

Karyna Bakhur
Le plongeur et entraineur Mykyta Kozubenko, 31 ans, est mort au front en juin 2025 pour la liberté de son pays.

La gymnaste Kateryna Diachenko n'avait que 11 ans. la judoka Viktoriia Ivashiko en avait 9. Elles sont mortes respectivement en 2022 et en 2023. Victimes de bombardements.

Mykyta Kozubenko
Le tireur Oleksii Khabarov, 31 ans, plusieurs fois champion national, est mort au combat en août dernier.

La danseuse Daria Kurdel, 20 ans, s'entrainait avec son père quand une bombe a fauché leurs deux vies en juillet 2022.

Kateryna Diachenko
Banni, mais le message a le droit de passer quand même.   

Ça se comprend. 

L'humain doit rester à la surface.

dimanche 15 février 2026

Du Vrai Patriote

J'ai pas eu envie de vous parler de Pam Bondi. La nausée, faut pas tant la stimuler. Je sais que je vais finir par vous en parler d'ici 5 jours.

Mais je vais quand même vous parler d'autres type d'ordures.

En fait, non.

Je vais vous parler des ordures, mais surtout du vrai patriote de dimanche dernier, à la mi-temps du Superbowl. Bad Bunny

Vers 20h15, aujourd'hui, la semaine dernière, Benito Antonio Martinez Octavio, connu sous le nom d'artiste Bad Bunny, passait à la mi-temps, au travers d'un champs de cannes à sucre d'humains costumés comme tel, pour chanter son oeuvre et réchauffer l'ambiance. Et ça a chauffé !

Le dément président, qui avait juré ne jamais regarder ce spectacle l'a condamné comme si il venait de le voir, 15 minutes avant que Bad Bunny ne se soit montré au micro. Il est si mauvais dans ses propres menteries. Une partie des gens qui ont vu l'un peu plus de 13 minutes de musique et de danse, et de plaisirs visuels, se sont inconsciemment dit " Ohhh! j'aimerais tellement comprendre l'espagnol". Une autre partie, s'est dite "ça m'écoeure, je ne comprends rien", Finalement, une dernière partie s'est dite ravie car elle était d'origine latine ou comprenais très bien l'espagnol. Ou s'en moquait, comme moi, et vivait le moment, visuellement impressionnant, rythmé sans contredit, et plein de clins d'oeil intelligents, comme l'an dernier avec Kendrick Lamarr. Lady Gaga et Ricky Martin ont tous deux été invités clairs. Chantant au micro. Mais il y avait aussi l'acteur Pedro Pascal, la rappeuse Cardi B, la chanteuse Karol G, l'actrice Jessica Alba, la rappeuse Young Miko, la tik tokeuse Alix Earle, le joueur de baseball des Braves d'Atlanta Ronald Acuna Jr, recrue de l'année 2023 qui étaient cachés sur le porche où tout le monde dansait. 

Un vrai mariage y a été "souligné". Je place entre guillemets car les papiers légaux et tout, ça se fera dans une autre cérémonie, mais l'histoire est charmante. (quoique Bad Bunny aurait signé les papiers légaux, en direct).  

Thomas "Tommy" Wolter et Eleisa "Elli" Aparicio sont un vrai couple fiancé en 2024, après qu'ils se soient proposés l'un à l'autre sur la côte de l'Oregon. 

Pas au Brésil ou à Puerto Rico. AUX ÉTATS-UNIS. Ils avaient l'intention, à leur mariage, de faire jouer une chanson de Bad Bunny. Pour pousser le folie plus loin, ils ont envoyé une invitation à leur mariage à Bad Bunny. Qui a alors, promis de faire plus. De les unir (je choisis mon verbe) devant le monde entier. 

On a voulu croire que le petit Liam Ramos, 5 ans, qui avait été kidnappé par le groupe terroriste ICE, était ce petit garçon sur lequel la caméra insistait quand Bad Bunny lui a remis un de ses grammys alors qu'il regardait la cérémonie des Grammys qui honorait Bad Bunny sur une télé, mais non. Ce n'était pas lui. C'était peut-être calculé pour qu'on le pense, mais Bad Bunny a confirmé, peut-être en habile diplomate aussi, que c'était lui-même qui remettait son grammy à une version de lui-même à cet âge, qui admirait les gens à la télé. Bad Bunny a quand même envoyé une vanne subtile avec ses acrobates sur des poteaux d'électricité, pour rappeler les ravages de l'ouragan Maria en 2017, où la gestion du président Trump, premier mandat, avait été vivement critiqué. L'ouragan avait fait près de 3000 morts. Mais c'est aussi une partie de l'histoire récente de Puerto Rico. OÙ LES CITOYENS QUI Y HABITENT SONT CITOYENS DES ÉTATS-UNIS. Ils n'ont juste pas le droit de vote. 

Je l'ai écrit en grosses lettres pour les gens en arrière qui crient "Quelle honte! il n'est même pas des États-Unis!". 

Il l'est. 

"O.K. mais on ne comprend pas ce qu'il dit".

Mais pour Shakira c'était correct, n'est-ce pas ?

Les racistes qui l'on traité de non patriote, ne savent pas tellement pas de quoi ils parlent eux-mêmes. Les frères Paul ont critiqué alors qu'ils cachent leur fortune aux Bahamas. Ce sont les mêmes qui disent aussi qu'il n'aime pas les États-Unis, c'est faux. Il n'aime pas ICE. Ce qui le rend normal. Et humain. Et vrai patriote. 

On a aussi entendu dire qu'il divisait le pays en ne chantant que pour les 44 millions qui parlent espagnol aux États-Unis, mais non, je l'entendais aussi du Canada. Et on ne pouvait pas faire plus unificateur sur terre. Il a uni deux personnes en mariage. Il a clôturé son spectacle en nommant tous les pays des Amériques, les 35, incluant le Canada et les États-Unis. PARCE QUE L'AMÉRIQUE C'EST PAS LES ÉTATS-UNIS, JAMAIS !!! Je l'écris aussi en gros pour les plus MAGA niaiseux à l'arrière qui ne comprennent pas vite.   

Il unifiait les Amériques. 

Et à la fin de son spectacle, le message en gros sur le babillard c'est quoi ?

The only thing stronger than hate, is love.

Dans ce que je vous décris, gens qui avez boycotté le spectacle de la mi-temps, vous y voyez un diviseur et un haïsseur des États-Unis ? 

Le vrai patriote, c'est celui qui uni. 

Le vrai perdant, c'est les gens comme le vieux monsieur,  qui "les" appellent  "illegals, monsters, killers (!?!), gang members". 

Ce que je trouve ironique en ce moment est que ceux et celles qui ont le mot "patriote" dans leur nom d'usager du net, sont presque toujours, à 99%, le pire du pire de l'être humain. Le mot deviendra péjoratif.

Megyn Kelly, importante porte voix de la défense de toute décision de l'administration pédophilique en place, animatrice de la station de propagande télé Fox, l'a dit et je reprends ses propres mots: "We don't care about the 44 millions that speaks spanish, we're 310 millions that don't!"

Qui est vraiment divisif ?   

samedi 14 février 2026

Gregory Hines

Né à New York, 3 ans après son grand frère Maurice, d'un père danseur, acteur et musicien ayant grandi à Harlem et d'une mère au foyer, Gregory commence à danser la claquette dès ses 2 ans, car son grand frère de 5 le fait aussi. Avec Maurice, ils étudieront tous les deux sous la direction du talentueux Henry LeTang. Enfants, avant 10 ans, ils sont tous deux semi-professionnels comme danseurs et se donnent en spectacle sous la direction et avec Howard Simms et The Nicholas Brothers. On les présentent comme les Hines Kids. Quand leur père les joint sur scène pour jouer de la batterie, le numéro s'appelle alors Hines, Hines & Dad. 
Ils seront engagés pour la comédie musicale The Girl in Pink Thights, à Broadway. Ils n'ont respectivement, que 11 et 8 ans. La batterie de son père, jazzée, inspire Gregory et son frère à improviser à partir de nouveaux rythmes. sons de claquettes, et toutes sortes de styles croisés. Avec son frère, ils passent leur adolescence et leur vie dans le jeune vingtaine à danser ensemble. 

Il sera chanteur d'un band dans les années 70 appelé Severance. à Venice, Los Angeles. Avec son ami Luther Vandross. Et y développe des envies de cinéma qui ne sont pas celles de son grand frère. On en fait pas une misère, les voies se séparent un peu. Maurice n'en demande pas tant. Gregory sera nommé pour un Tony pour la comédie musicale Eubie !, en 1979. Les deux années suivantes, il est aussi nommé dans la catégorie du meilleur acteur dans une comédie musicale pour respectivement, Comin' Uptown et Sophisticated Ladies. Les deux frères participent à l'émission pour enfants Sesame Street. Gregory Hines a droit à un premier film grâce à Richard Pryor qui, dans une soirée trop cocaïnée, s'asperge de rhum inflammable et se met le feu à lui-même dans une psychose le menant à une tentative de suicide. Il est trop brulé pour tourner dans History of the World Part 1. Mel Brooks demande à Gregory de le remplacer. La même année, il jouera dans un film d'horreur. Et avec Chevy Chase et Sigourney Weaver deux ans plus tard. Il fait un caméo chez les Muppets et s'amuse à Saturday Night Live

C'est un visage que mon adolescence croise pour le film de Françis Ford Coppola qui a fait patate, The Cotton Club. Si le film est un tel échec qu'il met un terme à la carrière du producteur Robert Evans, on finit par trouver une seule qualité à ce film qui n'a jamais trouvé son ton, et ce sont les frères Hines. En effet, le film raconte le mythique club qui engageait à 99% des artistes à la peau noire, et réunit les 2 frères Hines, dansant la claquette. Cette réunion est d'abord savourée pleinement par Gregory et Maurice qui jouent des rôles pas tellement étrangers à la dynamique qu'ils ont toujours eu entre frères et partenaires de danse. Gregory joue même un personnage nommé "Sandman" comme son mentor l'icône Sandman Simms. 
On croit aussi Hines dans le drame White Nights où il joue avec le danseur russe Mikhail Baryshnikov, et les excellentes Helen Mirren et Isabelle Rossellini. Ce film place la danse au coeur de l'histoire. Deux chansons de la trame sonore de ce film seront d'énormes succès qui finissent par nous montrer régulièrement le visage de Hines, qu'on aille voir le film, ou non, dans les extraits pigés ici et là. Et là aussi, le mariage interacial n'est pas traité comme anormal. Comme il se doit. 

Il joue avec Billy Crystal dans une histoire où il est détective et où son personnage a une vie sexuelle, ce qu'il trouve formidable. Rt si rare pour les personnages à la peau noire. Il joue avec Willem Dafoe, puis sous la direction de Nick Castle dans un film de danse, avec une idole à lui, Sammy Davis Jr, dans le tout dernier film de celui-ci. Sur son lit de mort, alors que Sammy n'arrive plus à parler, il lui mime le lancer du ballon de basketball comme il lui passait le relais. 
Il gagne un Theater World Award pour son rôle tenu 10 ans plus tôt dans Eubie ! repris en 1989. 
Gregory s'investit alors encore plus dans la danse à claquette et la danse en général. Il tourne dans un film de science-fiction et avec Forrest Whitaker, Robin Givens et Danny Glover. Il gagne un autre Tony pour la meilleure chorégraphie sur Broadway, en 1992. Pour Jelly's last Jam. La même année, il gagne un Drama Desk Award pour le meilleur acteur dans une comédie musicale, pour la même oeuvre. 

Dans les années 90, il joue avec Dany DeVito et Christopher Lloyd. Il travaille auprès de Whitney Houston et Loretta Devine dans le grand succès Waiting to Exhale pour son ami Forrest. Il joue auprès de Denzel Washington et Courtney B.Vance, mais Whitney et Forrest auasi encore, l'année suivante. Il a son propre show télé en 1997, mais ça ne dure qu'une seule saison. Il aura un rôle récurrent dans la série télé à succès Will & Grace. Il joue Bill "Bojangles" Robinson, dans un special pour la télé qui le récompensera d'un NAACP Image Awards, prix qu'il avait déjà gagné en 1986, pour Running Scared

Il a été marié deux fois, a eu une fille dans les années 70, avec sa première femme, et un fils de sa deuxième, dans les années 80. 

C'est le cancer du foie qui l'emporte en août 2003, à l'âge de seulement 57 ans. Mais au moins, grand-père. 
Son grand frère Maurice lui survivra encore 20 ans. Décédé, lui, à 80 ans. 

Gregory aurait eût, lui aussi, 80 ans aujourd'hui. 

Pour le mois de l'histoire des humains à la peau noire, je tenterai de vous les raconter au meilleur de mes connaissances et avec tout le respect que je leur voue. Inventeur du rock n' roll, du blues, du jazz, de tant d'inventivité et de résilience. Être raciste de nos jours est d'une telle ignorance.

Jusqu'au 28 février, vous entendrez surement encore parler de cette merveilleuse communauté..  
Et de sa pérennité.

vendredi 13 février 2026

Femmes & Musique Sur 70 ans

Des années 50 aux années 2020, l'histoire de la musique populaire féminine raconte bien plus qu'une succession de styles, elle dessine l'évolution du regard porté sur les femmes, sur leur voix, leurs corps, leur autorité artistique et leur pouvoir narratif. D'interprètes façonnées par l'industrie à autreure-compositrices-interprètes, maitresses de leur image, les artistes ont déplacé les frontières de la représentation. 

Dans les années 50, des figures féminines cadrées par des normes strictes sont présentées. De manière élégante, voire raffinée, Blossom Dearie, chez les blanches, Ella Fitzgerald, chez les Noirs, qui ne se mélangent pas encore complètement en Amérique du Nord, offrent leurs présences vocales et physiques qui restent maitrisées, souvent contenues. Robes longues, micros fixes, orchestres derrière elles, la voix prime, mais dans un cadre très codifié. Ella impressionne par sa virtuosité vocale et son scat lumineux, Blossom par sa voix de poussin. Patsy Cline, dans le mâle milieu country, impose une émotion profonde et un point de vue féminin, entre vulnérabilité et dignité. Billie Holiday, avec son phrasé fragile et déchirant, transforme la souffrance en art. Pourtant, malgré leur génie, ces femmes évoluent dans une industrie dominée par les producteurs masculins. Elles sont interprètes avant d'être perçues comme créatrices. C'est un jeune Willie Nelson qui écrit Crazy pour Patsy Cline quand les années 60 sonnent. Leur pouvoir réside dans l'émotion, mais leur image publique reste soigneusement contrôlée. Le destin tragique précoce de Billie & Patsy, et outremer, au début de cette décennie, le veuvage d'Edith, ajouteront une couleur au culte dramatique entourant Femmes & Musique à cette époque. 

Les années 60 amorcent avec une fissure de cette façade. D'abord Européenne. La maman et la putain. Françoise Hardy qui pleure sa solitude et ne demande que d'être aimée, Brigitte Bardot, qui joue avec la sensualité et devient l'icône médiatique internationale qui fera le tour du monde au nom de France. Hardy impose une mélancolie introspective, et une distance presque intellectuelle. En Amérique du Nord, Karen joue de la batterie. Joan fait du vibratto, mais au final, nous présente Bob en s'effaçant. Michelle & Mama Cass sont des choeurs. Janis Joplin fait exploser les codes. Sur scène, elle hurle, transpire, incarne le blues de toute son être, En mourra. Elle vivait une expérience corporelle totale. Le femme n'est plus seulement interprète gracieuse, elle devient sujet désirant, sujet souffrant, sujet rebelle. La présentation scénique se libère, les cheveux se détachent, les vêtements deviennent plus personnels, l'attitude moins docile. L'authenticité commence à supplanter la bienséance. Les auteures se pointent. Le respect est exigé.

Dans les années 70, cette libération prend des formes multiples. Carole King incarne l'auteure-compositrice interprète introspective avec quelque chose qui fera tapisserie sonore. Elle impose l'idée qu'une femme peut écrire son matériel. Ricky Lee le comprend. Donna s'impose comme absolue reine du disco. Elle revendique une sensualité assumée dans un univers de clubs, de lumières, et de pulsations électroniques. Blondie, Stevie & Christine se mêlent aux garçons tout en restant féminines. Glamour er punk pour la première. Folk et sophistopop pour les secondes. New wave et énergie rock pop. La femme peut être caméléon. Intime et hédoniste. Graphique et forte. Le présentation ne prend pas encore complètement toute la place. 

Mais dans les années 80, Madonna renverse tout ça. Le clip arrive, l'image du même coup voyage. Elle le comprend avant tout le monde. La musique est indissociable de la mise en scène en ce qui la concerne. Elle transforme chaque album en personnage. La vierge provocatrice. l'icône religieuse détournée, la dominatrice glamour. Elle contrôle son image entièrement. Joue la controverse. Vendre l'image, Samantha le comprend. Vendre le corps si on ne vend pas musique. modus operandi qui sera suivi jusqu'à nos jours. La sexualité est arme de pouvoir, si on le veut. Tina Turner incarne le résilience et la puissance scénique brute. Annie Lennox brouille les genres avec son apparence androgyne et sa voix basse. Ses performances théâtrales charment. La femme n'est plus simplement représentée, elle construit par la danse, par le corps, par le mythe. Le corps devient discours. Le clip, manifeste visuel.

Dans les années 90, une nouvelle forme d'équité émerge avec ma génération qui deviendra adulte. Dans les marges de l'alternatif, le style shoegaze et la scène indépendante offrent une équité étonnante, ou les espaces pour que les femmes s'expriment résonnent. Se fondant dans les textures sonores éthérées, moins centrées sur la performance spectaculaire que la sensation. Une renarde écossaise adopte une posture frontale ironique face aux normes. En souffrira aussi. Comme dans les années 80, Cindy. Alanis Morrissette fait comprendre que la colère féminine peut être succès mondial. Björk déconstruit tout cadre attendu croisant expérimentations électroniques, fragilité, étrangeté visuelle, avant-gardisme. La présentation devient plus conceptuelle. L'artiste féminine peut être abrasive, vulnérable, étrange, sans chercher à rassurer. L'Industrie commence à accepter que la subjectivité féminine inclue la rage, la complexité psychologique et l'expérimentation.

Les années 2000 voient une hybridation des identités,. Lady Gaga pousse à l'extrême la performance artistique. Chaque apparition est une oeuvre. De l'art contemporain humain. Elle questionne la célébrité, le genre, et le regard médiatique. Amy Winehouse passe en comète avec son esthétique rétro et sa voix unique. Caramélisée. Les écriture deviennent plus personnelles, exposent aussi certaines fragilités face aux surexpositions médiatiques. Britney en écopera brutalement. Shakira mélange culture pop, latino, dans un marché globalisé. Se sert de son corps, de sa voix et de sa personne avec dignité. Tout en jouant la parfaite sexytude. La Femme s'écrit avec une majuscule. L'authenticité, même si on fonce vers l'ère de l'ego, doit coexister avec une stratégie internationale. 

Dans les années 2010, la maitrise narrative s'intensifie. Beyonce redéfinit l'album comme oeuvre visuelle et politique. Elle croise identité noire et féminité. Trahison et puissance collective. Lorde, propose une esthétique minimaliste, introspective, presqu'anti-glamour. Sia choisit l'effacement et impose une voie unique. Elle laisse parler son corps. Au diables les traits du visage. La présentation devient consciente des mécanismes médiatiques et on s'en amuse. Les artistes jouent avec l'invisibilité, la confession, et la mise à distance. 

Les années 2020 prolonge cette autonomie accrue. Taylor devient sensation. Se réapproprie tout ce qui était à elle. Maintenant bien à elle. Elle reprend le contrôle chantée par Janet, 35 ans plus tôt. Swift incarne la réappropriation économique et artistique. Billie déconstruit son et images. Ne joue pas la carte du corps. Elle préfère l'esthétique sombre, murmurée, les structures éclatées. Phoebe, Lucy & Julien nous rappellent enfin qu'en équipe, on est plus forte. divisée, on s'écroule. La sororité compte. Le collectif féminin n'est pas que compétition. Il peut être création collective. 

En 70 ans, les femmes en musique sont passées d'élégance contraintes et contrôlées, à pluralité radicale. D'interprètes magnifiées, devenues architectes de leur propre destinée. Stratèges et militantes. Auteures et accomplies. La musique des femmes n'est plus un genre ou une exception. Elle est champ d'expression. 

Et écho de reconnaissance. 

Ou livre ouvert. 

Et comme toute femme, se redéfinit sans cesse.     

jeudi 12 février 2026

Cake

Le chanteur John McRea, originaire de Sacramento, se tanne du circuit des cafés, au début des années 90 et commence à recruter de bar en bar. Il s'entend d'abord avec le trompettiste Vince DiFiore. Ce dernier dira que McRea vole les musiciens de tous les bands dans lesquels ils se trouvent. Il a ce charme. Ça leur tente de travailler avec lui. Greg Brown est amené à la guitare, Shon Meckfessel à la basse et Frank French à la batterie. Ils sont tous actifs dans d'autres bands. Mais quitte pour former avec McRea, Cake.  

Meckelfessel quitte très vite pour terminer l'école et est remplacé par Gabe Nelson. On joue dans les clubs de San Francisco, on se fait remarquer un peu, on tricote un premier album sur trois ans, à ses frais, album qui capte l'attention de l'animatrice de radio Bonnie Simmons, qui accepte de devenir leur gérante. Les gars vendaient leur disque après les spectacles, de leur van de transport. Le magazine Pulse ! leur fait une belle critique, nommant leur album de 1994 comme un des meilleurs de cette année-là. Le vent commence à tourner en leur faveur. Simmons leur fait signer un contrat.

La maison de disque relance l'album en 1995. Avec une vraie distribution. Et le band vivra sa plus belle année d'inspiration. On dit d'eux qu'ils sont rappels de Bob Wills, Buddy Holly ou Lou Reed. Et McRea a beaucoup d'humour. On salue leur résistance à ne pas inclure de reprises d'autres artistes sur leur premier effort. Ce qu'ils trahiront aussitôt.

Cake joue sur scène depuis presque 5 ans, une version de I Will Survive de Gloria Glaynor. Qu'elle n'aimera pas en raison de la profanité qu'on y ajoute. Ça reste une splendide chanson pour mes oreilles, principalement pour la trompette de Vince DiFiore. Le batteur French et le bassiste Nelson quitte le band devant la perspective de partir longuement à l'extérieur, en tournée. Ils sont remplacés par Todd Roper à la batterie et Victor Damiani à la basse. Avec une nouvelle rythmique, nouvelle dynamique. Leur album de 1996 sera, selon moi, leur meilleur. Rock alternatif, rock, funk, hip hop, rockabilly, jazz, country, pop rock, folk rock, musique latine, leur second album coche toutes les cases. La trompette de DiFiore ajoute une splendide couleur à leur son. Greg Brown leur compose le premier single. On reprendra aussi une chanson de Willie Nelson pour clôturer l'album, mais pour l'ouvrir, une de mes chansons préférées à vie

The Distance atteindra le top 5 au Canada et #4 aux États-Unis. L'album. le top 10, en Australie. Notre co-loc Val l'achète et on l'écoute tout 1996.

On fera le tour des États-Unis en tournée, puis la première partie des Counting Crows, en Angleterre. 

Mais après la tournée, quand McRea trouve que la chimie musicale a vraiment bien prise dans le band, Brown et Damiani quittent le band. Pour un nouveau projet à eux. Xan McCurdy devient guitariste et Gabe Nelson revient à la base. Sans Brown, McRea se permet d'explorer davantage musicalement et l'album suivant est plus éclaté encore. Il ne fait pas l'unanimité. On pondra quelque chose d'autre rapidement, d'une nouvelle pochette pastel. McRea réalisera le clip du premier single ainsi que le clip du second single. On salue "le retour à leur ancien son". Même si ils n'ont que 3 albums avant celui-là. C'est le dernier album complet de Todd Roper à la batterie, il ne sera que de deux morceaux de l'album suivant. On devait partir en tournée dans le monde, mais les évènements du 11 septembre les convainc de ne pas voyager à l'étranger et on tournera en Amérique du Nord, sans être une première partie, et dans les festivals avec Modest Mouse, De La Soul ou The Flaming Lips dont ils se font des amis aussi.   On utilise un peu plus de synthétiseurs. On a toujours cet humour subtil dans les chansons. Ce qui déplait à certain(e)s. Qui les trouvent alors beaucoup moins inspirés/inspirants. 

Avec les sous amassés avec les années, on prend 6 ans pour se bâtir son propre studio, tout en concoctant de la musique ensemble. Le dernier album est lancé en 2011, dans une certaine indifférence.

Le band, et ça s'entend, se dit influencé par la musique country, le mariachi, le new wave, le college rock, le jazz, le folk iranien, la musique brésilienne et le hip hop. McRea, cite pour lui Hank Williams, Golden Gate Quartet, Tom Zé et Sly & The Family Stone. 

Il y a 10 ans, Todd Roper revient à la batterie. Car on fait encore des tournées locales. Souvent dans des festivals voulant honorer les années 90, même si ce n'est que 50% de leur oeuvre. 

Greg Brown, auteur de leur plus grand hit il y a 30 ans, est décédé à seulement 56 ans, après une lutte contre une maladie non spécifiée, le 7 février dernier.