"The sunshines bores the daylights out of me, chasing shadows moonlight mysteries"
Je vous écris ça dans la nuit, moi-même, stone. Je vous le confesse. Et intoxiqué à la fois à l'alcool lentement savouré, et à la fois intoxiqué de ma semaine de fou. (à peine de la mari)Je ne vous la détaillerai pas, elle est littéralement chaotique, la dernière semaine. Laissez-moi simplement vous dire qu'elle a impliqué de la surtâche au travail de 6h00 le matin à 16h00 l'après-midi, de la surtâche promise la semaine prochaine, un match des Canadiens dans la foule contre Tampa Bay qui nous as fait vivre le plus beau hourra collectif ever et un autre dès le lendemain, de son club-école, vécu aussi sur place. Relaxant, me direz-vous ? et pourtant, pas tant.
Mais divertissant.Comme les Rolling Stones le sont pour moi. J'ai 54 ans. Ce band n'est pas du tout de mon âge, mais dans ma familia, un des albums qui a beaucoup joué au 902 Chemin St-Louis, à Sillery, quand j'étais enfant, c'était la compilation Hot Rocks, compilation lancée un an avant que je n'arrive sur terre des méchants garçons du rock. Un des leurs morceaux me galvanisait et m'a peut-être inculqué sournoisement ce côté rebelle qui m'habite depuis toujours, et un autre reste mon morceau préféré à vie du band.
Même si de nos jours, ce sont 4 autres morceaux tirés de deux albums précis, qui me transportent plus souvent qu'autrement.
Les Stones jouaient dans notre salon de 1972 à 1980. Moins après. Vers 1986, j'ai refait jouer le 33 tours d'Hot Rocks plus souvent, je l'ai même enregistré sur cassette pour l'écouter dans mon walkman jaune, et même si Dirty Work, lancé autour de cette époque, ne me plaisait pas beaucoup, je revisitais leur passé musical à souhait. Je peux franchement dire que les 5 bands qui n'étaient pas de mon époque, et qui m'ont accompagné tout mon secondaire, et le reste de ma vie, ont été les Beatles, les Stones, Led Zep, Pink Floyd et The Who. Ça partait directement du sous-sol, chez nous. Où j'y avais mes quartiers. Les Beatles sont devenus 4 entités, deux ans avant que je n'apparaisse sur ce globe. Led Zep se séparerait avant que je ne les découvre. J'avais découvert Sea of Love, avant. Pink Floyd sera tout mon secondaire en grande partie parce que j'était bon ami d'un vrai fan fini (et ami d'un autre de Peter Gabriel) et aussi parce qu'en secondaire 4, David Gilmour, Rick Wright et Nick Mason lançaient un inattendu album de Pink Floyd que j'écouterais toute mon année scolaire. Même si Bowie restait mon intérêt majeur. The Who serait aussi séparé avant que je ne découvre Tommy, vers mes 16 ans, d'abord sur image, parmi mes premiers VHS loués au milieu des années 80, et en sons, parmi les premiers CD achetés au début des années 90. J'avais une cassette de "meilleurs succès" que j'ai écouté en rotation au début du CEGEP.Mais les Stones, c'est continu. Il semble exister un album, dans leur catalogue (je peux dire la même chose de Bowie) pour toutes les manières dont je me sens dans une journée. Groovy, cru, brutal, rock, bluesy, poétique, lyrique, atmosphérique, funky, élégamment cool, sauvage, fragile. country, racé, soul. tribal, Sensoriel. Sexuel.
Mais c'est quoi ces 4 morceaux, Jones ? Tiré de quels deux albums ?
Les voilà:
1974: Time Waits For No OneJ'ai beaucoup aimé l'ère Brian, c'est la première que j'ai aimée, mais l'ère Mick Taylor reste la plus parfaite à mes oreilles. Tous les albums où ils s'y trouvent seront mes plus écoutés. Cette chanson, signée majoritairement Taylor, mais qui ne sera pas crédité, ce qui sera un poids supplémentaire sur son idée de quitter le band (il le fait après cet album d'octobre 1974), est inspiré des rythmes latins que Mick (Taylor) explorait alors. Rarement, les Stones ont été plus mélodiques, nuancés, jazzy, sophistiqués, durant cette période, et ce morceau, à la fois mélancolique et raffiné, me plonge dans une atmosphère si agréable. Je n'ai jamais été au Brésil, mais j'ai l'impression de m'y trouver. Il questionne le temps, propose l'urgence de vivre pleinement chaque instant et pour ce, me correspond assez complètement. En vieillissant, on se rend compte que la vraie richesse, c'est être maitre de son temps.
Fingerprint Files
Morceau qui a des échos de 2026 avec l'administration 100 fois plus corrompu que celle de Nixon, décriée sur ce morceau, en place présentement. Sombre et paranoïaque, Jagger y discute des écoutes de l'époque du Watergate. La basse est funky et funk et jouée par ce même prodige, Mick Taylor, alors âgé de seulement 25 ans. Bill Wyman, bassiste régulier des Stones, joue du synthé sur ce morceau. Billy Preston, du piano électrique. La méfiance des années 70 face au gouvernement n'est pas du tout étrangère à celle plus grave de nos jours, aux États-Unis, et Jagger n'est jamais plus Sly & The Family Stone qu'à la fin du morceau. L'oppression est sentie. Le funk beaucoup aussi. Groove atypique et formidable. J'adore vraiment.
1980: Dance (Part I)Ron Wood est le partenaire parfait pour la suite des Stones à partir de 1975. Il était aussi de l'album It's Only Rock'n Roll, co-écrivant la chanson titre avec David Bowie, effacé des crédits aussi quand Keith, jaloux, choisit de faire ses propres arrangements. Wood sera co-crédité toutefois. La première chanson de l'album Emotional Rescue est majoritairement composée par Ronnie. Elle est née d'un riff de Woody. Disco-funk, la chanson repose sur un groove qui donne envie de danser. On ouvre un week-end avec ce type de morceau. Elle est festive et montre bien l'adaptation musicale de l'époque, celle du début des années 80, tout en respectant ce qu'ils sont. Un peu animal de la jungle, sensuel, et acrobatique. Énergique. J'aime vraiment beaucoup.
Down in The Hole
Sombre et introspective, on semble dès le départ entrer dans une chute libre, une descente morale et physique. Influences blues et gospel, interprétation grave, soulignant le sentiment de lutte et d'enfermement, en vieillissant, souvent on s'y sent, au fond du trou. Personnellement, professionnellement et souvent les deux en même temps. Suggérant une forme de survie, elle m'inspire beaucoup. Blues et harmonica. Souvent agréable pour moi.
Je constate que les 4 titres sont faciles à associer à ma vie. Qui recherche la liberté et la richesse par la gestion du temps. Pollué par la présidence historiquement ratée des États-Unis. Avec une perpétuelle envie de bouger dans l'inertie de nos sociétés. Et avec l'impression qu'au travail, je m'approche du fond. La rescousse émotive propose être en veilleuse.
J'aime ces Stones accessibles et solides. Moins chaotique que parfois, mais qu'on sent toujours authentiques. Qui semble dire, jusque dans le titre du premier de ces deux albums, je sais ce que j'aime, pas besoin d'en faire trop. Les puristes ont boudé ces albums, mais justement, l'expérimental s'y trouve aussi. Donc une certaine ouverture, là où on reste fermé sur les droits d'auteurs.Groove et rock à la fois. Élégance cool aussi. Hypnotique. Saisissant. Planant parfois. Sombres comme un nuage passager.
Ce n'est que du rock'n roll, mais j'aime bien l'aimer.
Dans la nuit, pseudo intoxiqué, à pianoter. Rêvant de mon condo, dans la cité.
