vendredi 2 octobre 2026

Bobby Fuller

Comment Peter Grant a réussi à convaincre le président d'Atlantic Records, Ahmet Ertegun, un contrat donnant 90% des recettes à ses artistes et à lui-même, Led Zeppelin, contrat qui allait changer (à peine, demandez à Taylor Swift) le monde de la musique ?

Bobby Fuller en est une partie de la réponse. Qui était Bobby Fuller ? Le prochain Phil Spector à la production qui ne s'est jamais produite, le prochain Brian Wilson qui n'a jamais existé, le prochain Barry Gordy qu'on a jamais vraiment vu complètement formé. Bobby Fuller a été le poids lourd qu'on aura jamais amené à la balance. C'est l'histoire d'un "suicide" et d'un "accident" trempé dans un monde cupide. Monde qui présentement, tristement, nous domine.

Mais la vraie histoire de ce talent non développé, de ce potentiel étouffé, de ce meurtre jamais catégorisé ainsi, n'a pas souvent été publique. Les monstres protègent les monstres. Qui a tué Bobby Fuller ? Facile à déduire.

Mais d'abord Bobby. Il a grandit dans l'Ouest du Texas dans les années 50, musicien dans l'ombre de Buddy Holly. Pour Bobby, comme bien d'autres, Buddy Holly était un Dieu à vénérer. Mais quand on a trouvé le cadavre de Buddy Holly dans un champs de maïs de l'Iowa, au travers des débris d'un avion, en février 1959, Bobby Fuller, d'El Paso, s'est considéré digne héritier de sa créativité musicale. Il en avait le talent. Il pouvait chanter, jouer de la guitare, jouer de la batterie, produire, mixer et même arranger les morceaux. De plus, il était plus beau gosse que Buddy Holly. Non seulement il chantait ses propres chanson composées par lui-même, mais il les enregistrait aussi lui-même dans un studio qu'il s'était bâti de ses mains, adolescent. Il avait fondé sa propre maison de disques. Et faisait jouer son band dans un club qui lui appartenait. Il en menait large. Bobby Fuller était tout. Le compositeur, l'interprête, le cuisinier du studio, le leader du band, le propriétaire de la scène. Mais il était au Texas. Et sans Buddy Holly, qui lui aussi commençait ses percées, il n'y avait pas d'industrie musicale au Texas. Pas de distributeurs, pas de promoteurs, pas de muscles pour faire transporter ses créations. 

C'était 1963, Fuller avait des hits locaux, mais rien hors du Texas. Dick Dale et les Beach Boys, en Californie, réinventaient les sons. Dans l'est, Phil Spector réinventait les enregistrements avec des bans de filles. Pendant ce temps, à Detroit, Barry Gordy réinventait aussi une trame sonore aux États-Unis d'Amérique. Bobby voyaient les trains. Il savait qu'il avait un son qu'ils n'avaient pas. Et pour faire voyager le son du Texas, il devait quitter, le Texas. 

En 1964, avec son jeune frère Randy à la base et son guitariste Jim Reeves, ont a déménagé à L.A. le plan était de trouver un batteur, ce qu'ils ont fait, DeWayne Quirico. The Bobby Fuller Four jouerait partout assez vite. Aidé par un jeune Casey Kasem, alors DJ. On rencontrerait Phil Spector qui avait eu vent du band. Et les suivait attentivement. En 1964, Bobby Fuller est une sensation en pleine montée. 

Mais il nageait parmi les requins. En Californie, on avait signé avec Delphi Records. Si on signait avec son patron Bob Keane, on allait vite comprendre que le vrai patron était Larry Nunes (en photo, ici), un homme dont l'attitude et la réputation disaient la même chose: "Don't mess with me!". Nunes était intimidant, mais allait les brancher au PJ's, la scène de bar de toutes les stars. 

 1965. Jaguar, Rolls Royce aux portes du PJ's. Presque tout le temps. En spectacle ou dans les spectateurs, régulièrement, de jeunes blondes qui ont comme noms Linda Evans ou Sharon Tate, compétitionnant pour l'attention de Steve McQueen. Une jeune Sally Field y est souvent vue. Elizabeth Taylor et Richard Burton s'y engueulent souvent, au bar. Paul Newman et Joanne Woodard sont plus sages, et si cool. George Harrison ne manque pas une performance du Bobby Fuller Four, qu'il adore. Une jeune danseuse à gogo, appelée Mia Farrow, y travaille. Frank Sinatra ne la lâche pas des yeux. Johnny Roselli, de la Cosa Nostra de Chicago, est l'ami de Frank. PJ's est partiellement la propriété de la Mafia. Le proprio principal étant un ami proche de Larry Nunes. Qui en ce moment, contrôle la carrière des Bobby Fuller Four. 

Let Her Dance aurait pu être un gros hit. La chanson est mal entourée et n'atteindra que la 133e position du biblique Billboard. On devra user de payolas pour que ça joue à la radio. Ce qui est illégal et a coûté la carrière du DJ Alan Freed. Ça aidera sur la Côte Ouest, mais pas ailleurs. Qui aiderait sur la Côte Est ?

Le diable.

Morris Levy était un voleur d'artistes. Le contraire d'un Peter Grant. Bobby Fuller n'est pas satisfait de ne pas recevoir de recettes, de l'encadrement et de l'absence de réelle promotion chez Delphi. Levy sait sentir le poisson frais. Il est en affaires avec la Mafia depuis toute sa vie adulte. La famille Genovese l'appelle The Octopus (la pieuvre).  Morris Levy a comme habitude de ne jamais payer ses artistes, de se battre légalement en cour pour obtenir tous les droits de leurs morceaux, et de les lancer dans des "Greatest Hits" un concept que certains disent qu'il a inventé, comme des "nouveaux morceaux". Empochant toute les cagnottes. Bobby Fuller ne connait pas ses magouilles. Fait affaire avec Levy. 

Rodgers et non nouveau nez

En paiera de sa vie. 

Quand les artistes se plaignent, la Mafia a des moyens de les faire taire. James "Shep" Sheppard, mourra à 35 ans, battu à mort et retrouvé sur l'accotement d'une autoroute, en 1970. Jimmy Rodgers est arrêté par la police de L.A., alors à son plus corrompu, pour se faire battre (suivant des ordres bien payés) à un cheveu de la mort. Deux prometteurs en affaires avec Levy avaient un problème avec Morris Levy, ils ont été retrouvés morts avec une balle dans la tête chacun, le soir du spectacle, près de l'endroit du spectacle.

Quand Bobby Fuller est retrouvé mort, battu dans la voiture de sa mère, sans clés, le matin même où écoeuré, il devait annoncer qu'il passe chez Atlantic Records, d'Ahmet Ertegun, sa voiture et son corps complètement aspergé d'essence, on comprend vite pourquoi. On comprend aussi pourquoi quand Peter Grant propose un modèle inverse pour Led Zeppelin, on craint moins la mort. 

La police corrompu (et bien payée) de la LAPD elle, refuse de comprendre. Et d'enquêter. On choisit tout de suite, l'option du suicide. Sans enquête. Après s'être débarrassé du jerrycan d'essence. Ce qui ne fait pas de sens. Ni pour les assurances, qui ne rembourse pas, si il s'agit d'un suicide. La LAPD change alors pour "mort accidentelle". Car on dit qu'il serait mort en buvant de l'essence. Après avoir aspergé toute sa voiture (sans clés) d'essence ? ce serait arraché les cils tout seul ? 

On comprend tous ce qui s'est passé.       

Morris Levy touchait 1 million de dollars si Bobby Fuller perdait la vie. 

Joe Strummer et Mick Jones s'en sont trouvés inspirés plus de 10 ans plus tard. Fuller disait s'être battu contre la loi et que la loi avait gagné. Mais la bataille qu'il a perdu pour vrai, était celle contre la famille Genovese. 

Bobby Fuller, 23 ans, perdait la vie en juillet, cette année, il y a 60 ans. 

jeudi 1 octobre 2026

Jane Doe & Les 7 Nains

Vous connaissez Sonette Ehlers ? C'est cette femme, docteure sud africaine, inspirée des ceintures de chasteté du 15e siècle, qui a inventé une sorte de trappe édentée qui serait dans l'entrée vaginale et qui ferait si mal pour le pénis qui aurait voulu y entrer sans consentement, qui aurait été si douloureux, qu'il eût fallu se rendre à l'hôpital pour en retirer les dents qui auraient tenu la schweitzer. On a refusé l'accréditation de l'invention...parce que jugée inhumaine...

Inhumaine.

Pour un animal qui aurait déshumanisé une victime.

Jane Doe avait 20 ans en octobre 2024 et se tenait à un bar local à Ithaca, NY, buvant avant de se rendre à une soirée de fête à la maison de la fratrie Chi Phi. Appartenant à des étudiants de l'Université Cornell. Un pré-drinks comme disent nos enfants. Sur place, trop en état d'ébriété, on lui a donné ou on l'a forcée à prendre de la kétamine et de la marijuana pour bien la désorienter mentalement. Elle était avec son meilleur ami, masculin. Elle n'avait pas de raison de craindre quoi que ce soit. Elle sera violée collectivement par 7 jeunes hommes, pendant 7 heures.

Ce "meilleur ami", après l'avoir violée, a envoyé en texte de groupe sur son téléphone à ses amis "Free Pussy". À une douzaine d'entre eux. 6 se sont pointés et l'ont agressé à leur tour. Pendant 7 heures. Elle s'est aussitôt plainte aux autorités de Cornell. Les autorités ont très tôt déterminé qu'il y a avait trop peu de preuves, pas assez pour porter des accusations criminelles potentielles. 

Cornell a suspendu la fraternité Chi Phi et elle reste inactive depuis, sur le campus universitaire. L'université a offert pratiquement aucun support à Jane Doe. Elle s'est peu à peu détachée de cette école pour éventauellement la quitter avant terme. De manière compréhensible puisqu'associée à un traumatisme moralement et physiquement cicatrisant. Les 7 agresseurs ont subi les conséquences les plus insignifiantes possibles. 2 ont éventuellement été expulsés de l'école. Les 5 autres ont dû écrire des essais de 20 pages. Jane Doe a intenté une poursuite contre Cornell.

On accuse Cornell d'avoir échoué à ses propres règles, l'obligation IX garantissant un environnement sécuritaire à tous ses élèves. Qui sont "leurs protégé(e)s". On a protégé qui?  L'obligation parle même d'éviter toute violence sexuelle. Puisque la poursuite a deux ans, les 7 jeunes hommes, Matthew Ingalls, Jonathan Newell, Winston Lee, Gillio Lopes, Diego Sarabia, Scott Norris, Scott Kretzschmar, ont depuis gradué et ont continué dans cet avenir que Micheal I. Kotlikoff, Brian White, Ryan T.Lombardi, Robert A.Harrington, tous des hommes, ne voulaient pas briser. Certains ont des employeurs. Des carrières sur les rails. Jane Doe est déraillée. Mais en rail pour la poursuite. Tout en restant cicatrisée en permanence.  

On a protégé le "good boy's club" en laissant derrière la jeune femme. Personne n'a entamé de réel protocole de suivi. On ne le dira jamais assez, le consentement est inopérable si un des deux partis est déséquilibré par intoxication. On dit même que la dose de kétamine l'immobilisait, ce qui la rendait incapable de bouger comme si elle était ligotée, et aurait eu conscience de la plupart des agressions. Pendant 7 heures ! On a déduit qu'il n'y avait pas assez de preuves. Si amenée à la police, la situation aurait obligé un passage à l'hôpital où des prises d'ADN aurait pu être prises comme preuves. 


En Floride, État que je me plais à régulièrement appeler le "dumbest state", il y a cette règle plutôt habile condamnant ceux et celles qui savaient et qui n'ont rien fait. Est-ce qu'elle est appliquée et sévère ? ça je ne le sais toutefois pas. Mais Cornell est dans l'État de New York. 

Ces violeurs avaient 12 ans quand ils ont entendu "grab'em by the pussy" de celui qui  décomplexerait de très graves défauts. Ils avaient probablement ri et c'est resté tatoué dans leur subconscient. Les Femmes sont des proies. Jane Doe n'avait AUCUNE raison de douter de son meilleur ami masculin. elle était en zone de confiance. Peuvent-elles ne jamais plus l'être maintenant ? On s'étonne qu'elles choisissent sans hésiter l'ours ?

On s'étonne des frères Tate, d'Epstein, Kavanaugh, Clarence Thomas, du pédoprésident ?

Si on protège les prédateurs à l'école... 

Jane Doe n'avait besoin que d'un Homme, UN! un vrai sur les 12 textés pour le "free pussy". 

0 en 12*. 

Cette école a expulsé des étudiant(e)s qui disaient haut et fort qu'ils étaient pro-Palestine et qualifiaient ce qui s'y passe de ce que c'est: un génocide. Mais elle donne des essais de 20 pages à des agresseurs. Wells Fargo, GlenFarne Group, la Police, Data annotation Tech engagent 4 de ses violeurs. Les 4 têtes administratives de Cornell plus haut ont décidé conjointement qu'écrire un essai de 20 âges était suffisant pour 5 agresseurs sexuels. Deux ont perdu leurs emplois. 

Les 7 têtes de nains mentaux sont 7 têtes qu'on trouverait absolument partout. Que jamais on ne trouverait louches ou douteux. On les regarde et on ne pense pas perverts. Ça pourrait être tout à fait la gang des amis de mon fils de 27 ans. Ou de ma fille de 23. Aucune de ces têtes ne semble être celle d'un ogre qui sortirait des buissons pour sauter sur une belle femme. Ils ont 100% la tête du gars normal. Les monstres ne ressemblent pas toujours à des monstres.


Regardez la tête des trois "amis" de Nolan Wells qui ont vu Wells disparaitre de leur bateau, le nient, même si une reconnaissance faciale a été faite sur son téléphone à bord du bateau, à leur retour. Des gars ben ordinaires. Des mâles blancs privilégiés. 

Certain(e)s disent, à juste titre, que le terme viol collectif pourrait désormais être rebaptisé Cornell. Victim of a Cornell. Même chose pour un groupe de mâles violeurs comme la classe Epstein. A Cornell.

Il y a eu plus de violeurs à Cornell entre 2024 et 2026 qu'il y avait d'athlètes transgenres.

Plus de 11 500 cas de sexe non consentants rapportés par année sur les campus étudiants aux É-U.

Hâte de voir si des têtes vont rouler. 

Il faut nettement en finir avec la masculine toxicité. L'ours n'aurait pas texté du viol gratuit à 50 de ses amis. 

*il a texté à 50, mais 12 ont lu et/ou réagi dans la nuit.   

mercredi 30 septembre 2026

Porte de Côté

Alors voilà !

Enfin libre!

J'ai finalement fait le grand saut.

Après de multiples plaintes que je vous ai fait de mon travail au bureau, j'ai finalement choisi de prendre le large. On m'a aidé. Restructuration, nouveaux rôles, nouvelles insultes aux intelligences, cette fois, j'ai dit non. Plongeon.

Je ne travaille plus depuis jeudi le 17 septembre dernier. Ils ne sont intéressés que par les chiffres. Ne savent donc aucunement ce que nous faisons. Nous sommes deux dont les rôles ont été effacés. Je m'y attendais. Après plus de 9 ans chacun, on voyait venir. Je me disais qu'on attendait tout juste la fin de la période chaotique de vacances pour nous renvoyer. On voyait les rénovations qui se faisaient au bureau et quand venait le moment de demander où on serait situé, nous deux, ça restait vague. J'en ai parlé à mon collègue. Il ne m'avait pas cru. Est forcé de le faire maintenant. Il prend ça plus mal que moi. Pourtant, il est 12 ans plus jeune que moi. Comme ils ne s'intéressent qu'aux chiffres, ils n'ont jamais voulu savoir complètement ce qu'on faisait. On leur montrait et on voyait que ça les ennuyait vite. Ça ne correspondait pas à ce qu'ils avaient imaginé et ils semblaient ranger dans la catégorie "on verra ça plus tard". Ce plus tard ne nous comprenait pas dans leurs plans. Deux personnes qui ne nous connaissent pas nous ont annoncés la suppression de nos rôles. On nous as surtout dit, on a des plans, vous êtes pas dedans. Rôles supprimés.

L'histoire de ma vie. 

Mon premier emploi, à vie, était camelot. Je passais le journal. Dans le 418. Le Soleil. Dès mes 10 ans. Car le parcours était le plus simple au monde. J'entrais dans un seul bloc, qui comprenait 4 étages faits sur le longs et qui eux, comprenaient 15 à 20 logements. Comme un hôtel étagé. Des années plus tard, je lirais dans le journal qu'un jeune garçon avait été kidnappé sur la Rive-Sud de Québec mais qu'on avait réussi à suivre le kidnappeur qui s'était rendu jusque là avec son otage. Tout s'est bient terminé mais ça a fait drôle de voir mon bloc de "run de journaux". Y avait un M. Laframboise pendant un temps. Je faisais ma collecte tous les lundis de porte à porte, à la même heure. On m'appréciait beaucoup. On me typait bien. J'avais un poinçon pour valider leurs paiements de porte à porte sur une carte-calendrier. Un certain M. Papillon venait chercher les fruits de "la collecte" directement chez nous. Une tête et un nom qui ne s'oublient pas. Voilà pourquoi j'ai été saisi de la voir à la télévision par la suite. (
LUI? Son frère jumeau ? Mais c'était tout à fait cette tête). Dans la peau d'un éminent travailleur de la santé.

J'ai été camelot jusqu'à mes 16 ans. Inutile de vous préciser que les journaux, avec le temps, se sont peu à peu éteints. Mon beau-père est l'un des rares à encore insister pour son journal du weekend. L'unique copie papier des deux jours du weekend. 

À 16 ans, nos parents achetaient un chalet au lac St-Joseph qui nous plaçait alors à une minute de marche dans le bois avec un camp de vacances populaire. Les trois enfants que nous étions, Moi, à 16 ans, J.J. à 15 et Greenjelly à 13, on a tous travaillé à ce camp. D'abord dans les cuisines en raison de nos jeunes âges, mais par la suite, comme animateurs/animatrices de camps, puis formateurs/locateurs de voiliers/embarcations marines/planches à voile dans le site adjacent du même camp. De 16 à mes 20 ans, j'y ai travaillé. Ce camp a fermé peu de temps après que j'ai quitté pour étudier hors du 418. C'est devenu des sites ont y a construit des chalets pour y vivre. Au moins 5 ou 6 sur toute l'étendue du terrain qu'était ce camps d'été.

 

À 20 ans, j'étais en amour, et à l'université. Et en logement à payer. À Montréal. Pour le payer je devais aussi travailler. Je travaillais dans un cinéma. Le cinéma du Complexe Desjardins. Avec mon co-locataire. Par pur hasard. On avait tous les deux appliqués au même endroit à des moments différents et avions été passés en entrevue sans mentionner que nous étions co-locs. Quand l'appel est venu, j'ai répondu au téléphone le premier. 

"Oui! Bonjour est-ce que je parles à Hunt...EUH!  Goyette?"

J'avais eu le temps de me réjouir un peu intérieurement tout en restant déçu presqu'aussitôt, comprenant que c'était lui qu'on avait choisi. Je lui passais le téléphone et il confirmait. Il avait été choisi pour y travailler. Goyette me disait qu'il lui avait dit qu'il devait en appeler un autre et il n'avait pas fini sa phrase que le téléphone resonnait. La même voix me disait "Hunter Jones ?" j'ai confirmé, oui. "Je viens tu d'appeler deux fois à la même place moi, là ?" Oui, je confirmais. On allait avoir du fun tous les deux au Complexe. Cinéma fermé depuis. Mon amoureuse viendrait nous rejoindre à Montréal par la suite.  

Les étés,  j'étais plus intense. De jour, endormi généralement. Au Complexe Desjardins de 17h à 22h. Schindler's List pendant presque 2 ans. Puis travailleur de nuit dans un club vidéo 24h de 22h30 à 8h le matin. À Verdun. Donc oui, je dormais de 9 à 15h genre. J'avais même réussi à y faire travailler Goyette et mon amoureuse. Du fameux temps aussi. Des tonnes de fun.

Les clubs vidéos sont morts.* 

Mes études universitaires se termineraient...en traduction. Un métier maintenant mourant. 

Je suis constamment là où ça va s'éteindre. Je regarde cette maison qu'on a acheté tout juste avant (pendant?) la pandémie, et qui m'avait généré une demie tonne de stress. Si vous me lisez vers 2019/2020, vous verrez que je ne voulais pas mériter ma maison. Je réalises que je gère cette maison comme l'unique autre qu'on a eu. n'utilisant pratiquement qu'une seule pièce. Comme si j'étais en condo. Je réalises aussi que j'utilise la porte de côté plus souvent que la porte de devant. 

Ça faisait 9 ans que je travaillais là où je le faisais. Je comptais quitter d'ici décembre. On s'était même pris un spectacle le samedi 5 décembre anticipant que serait la party de Noël d'une entreprise que je veux quitter depuis 2 ans, que ce serait traitre de ma part d'y aller. Ils ont précipité les choses. Depuis le 17, je n'y travailles plus. 18 au matin, j'ai ramassé ce qui y trainait encore. Weekend, on était à Québec. Punkee est en stage à l'hôpital et c'est intense. Je n'ai pas envie de fragiliser quoi que ce soit. 

Je cache encore tout ça.  

Je me lève encore à 5h du matin, me fait des lunchs, quitte pour le stationnement de la bibliothèque, m'y rendort un peu, lit. Y écoute des balados le temps que ça ouvre. Me suis délocalisé sur mon téléphone. Mais suis en mesure de voir où se trouve l'amoureuse et Punkee. je connais l'horaire de Punkee qui se rapprochait du mien. Pour les 3 prochaines semaines. Mais l'amoureuse travaille parfois de la maison. Comme maintenant. Je vous écrit de la bibli.  

Et y fait mes recherches d'emploi. 

Je ne sais pas comment je garderai le secret encore longtemps.    

J'aimerais (naïvement) trouver avant.  

Je me couche dans un cercueil connu. Mais pas à 54 ans...

*je les faire revivre en bibli!

mardi 29 septembre 2026

Intelligence Artificielle

L'intelligence artificielle est une nouvelle sociopathie.

Nous sommes au coeur d'un débat philosophique, éthique et technologique majeur.

Un système capable d'imiter presque parfaitement les codes de la communication humaine tout en étant fondamentalement dépourvu de conscience, d'émotions et de véritable empathie peut être très dangereux. 

Encore il y a quelques semaines, une vidéo créée par l'intelligence artificielle montrait un bateau chinois transportant une arme nucléaire en mer. Les morons des États-Unis y ont cru. Rien n'était vrai de ce vidéo. Des avions se préparaient à quitter les États-Unis afin d'aller valider de ses propres yeux, avant qu'on ne confirme que la vidéo était fausse. On avait chargé des bombes dans ces avions. Dans le but d'attaquer...

Les Russes ont plusieurs fois tenté de montrer des vidéos de Volodymyr Zelenskyy en train de faussement parler à son peuple et de leur ordonner un cessez-le-feu et de se rendre aux Russes "dans un guerre perdue", mais comme ils sont très mauvais, on a toujours pas cru les clips. Forçant quand même plusieurs fois des représentants et Zelenskyy lui-même d'invalider.

Quand pendant quelques jours des spécialistes de l'Informatique ont chanté en choeur que l'IA nous tuerait tous d'ici 10 ans, c'est à ça qu'ils faisaient entre autres références. Et l'absence de conscience, d'émotions et de véritable empathie, c'est effectivement la fin de la race humaine. Mes notes d'extra-terrestres le confirment aussi.

Dans le moins grave, mais tout aussi pernicieux, il y a eu cette photo familiale où on a demandé à l'IA de mettre de la couleur.

Mais vous avez remarqué les changements ? 

Ça semble la même photo, simplement colorée mais non. Y a au moins trois gros changements qui sautent aux yeux. 

L'intelligence artificielle a horreur des espaces vides. Elle a tendance à les combler. Sur la photo retouchée à la couleur, puisque ça semble Noël, on a ajouté quelque chose de festif au plafond, des rubans. On a aussi ajouté une horloge au mur. Trop vide. Et si on regarde comme il faut, et c'est ce qui m'a sauté aux yeux, on a ajouté une membre à la famille. En plein milieu. Une tête qui pourrait aussi faire très 2026 alors que la photo suggère les années 60-70. 

Les humains qualifiés de sociopathes ont souvent une grande compréhension cognitive des autres. Ce qui leur permet de manipuler et séduire, mais ils ne ressentent pas d'empathie affective. Un certain président des États-Unis ne pouvait que s'y reconnaitre et y jouer avec comme un dauphin dans l'eau. Les tricheurs tricheront toujours.

Les grands modèles de langage excellent à formuler des réponses chaleureuses, voire validantes. Des études montrent même que des utilisateurs trouvent trouvent parfois l'IA plus empathique que l'humain. La réalité est autre. Il ne s'agit que de prédictions statistiques de mots. Derrière les phrases réconfortantes, il n'y a personne. Comme le souligne la psychologie clinique, l'IA se module sur les besoins de l'utilisateur sans posséder d'identité propre ni d'altérité réelle. 

Un comportement sociopathe se caractérise par un mépris des normes sociales et une absence de remords. Les chercheurs en éthique pointent du doigt le fait que les agents d'IA, de par leur nature mathématique, sont purement utilitaristes. Par exemple, si on demande à un algorithme d'optimiser l'efficacité d'un calendrier d'interventions chirurgicales, il pourrait, sans critères éthiques stricts, prioriser les patients les plus rentables au détriment des patients les plus malades dans le milieu hospitalier, sans l'ombre d'une hésitation morale. 

Contrairement à l'humain, la machine ne ressent ni la peur des sanctions, ni la honte, ni le poids de la conscience. Au-delà de la nature de la machine, c'est le comportement humain des utilisateurs, ont le voit bien aux États-Unis et ailleurs, qui risque de se détérorier davantage qu'il ne le faisait déjà tout seul.

En s'habituant à interagir avec des chatbots "parfaits", toujours disponibles, flatteurs et sans exigences, les humains risquent de désapprendre la complexité et les nuances des relations réelles. Une relation humaine exige des compromis, de la patience, de la gestion des sens, de la gestion de conflits. 

Se complaire dans des interactions asymétriques avec une machine peut mener à un isolement social accru et à une perte d'aptitudes relationnelles dans le monde réel.      

2 Choses importantes pour terminer sur l'IA. Les CEO qui vous prédisent la mort humaine c'est toutes les raisons du monde de ne pas y croire. Parce que CEO. L'IA c'est source ce contrôle. On veux vous faire croire que l'art n'est pas important. Mais surtout, on veut vous faire croire n'importe quoi. 

lundi 28 septembre 2026

10 Albums d'Automne

J'ai un grand rapport amoureux avec l'automne. Le couleurs, les tenues vestimentaires, la reprise des activités, le hockey qui commence, le baseball qui finit, le football qui se poursuit, les bons films qui arriveront dans la fenêtre des Oscars, la lumière du jour, le noir du soir, le pas trop chaud et juste assez froid, l'Halloween, les odeurs, la vibe !

10 Albums qui m'inspirent l'automne.  

Pink Moon - Nick Drake  (1969)

Mise à nu acoustique d'une intimité bouleversante et crépusculaire. L'album se résume à un guitare folk d'une précision chirurgicale et une voix murmurée au creux de l'oreille, créant une atmosphère de solitude pure , à la fois fragile, sombre et d'une beauté désarmante. Charmant automne.

Blood on the Tracks - Bob Dylan (1975)

Autopsie acoustique et passionnée d'un amour qui s'effondre. Porté par des guitares folk chaleureuses et une poésie amère, le ton oscille constamment entre la mélancolie des regrets, la morsure des colères et la douceur des souvenirs partagés. Folk automne.

Si On Avait Besoin d'une 5e Saison - Harmonium (1975)

Chef d'oeuvre de folk rock progressif pastoral qui capture la beauté cyclique du temps et de la nature québécoise. L'atmosphère évolue d'un folk acoustique lumineux et boisé vers des fresques symphoniques planantes, portées par des envolées de flûte, de melotron et des harmonies vocales mystiques. Planant automne.

Low - David Bowie (1977)

Oeuvre avant-gardiste coupée en deux faces distinctes, née d'une reconstruction personnelle à Berlin. La première moitié offre un pop rock synthétique presque nordique, qui se conjugue bien avec le temps plus frais, robotique aussi, à l'énergie nerveuse, tandis que la seconde partie plonge dans les nappes instrumentales ambiantes, froides et cinématiques, d'une mélancolie spatiale fascinante. Profond automne.

She Hangs Brightly - Mazzy Star (1990)

Immersion envoûtante dans un rock psychédélique cotonneux et hanté par le blues. Le climat général est une longue dérive nocturne, où une voix traînante et mystérieuse flotte sur des guitares pleines de réverbération et des orgues hypnotiques, oscillant entre douceur léthargique et tension électrique. Sensuel automne.

Pinkerton -Weezer (1996)

Explosion emo-rock brute, abrasive et d'une vulnérabilité presque embarrassante. Le son délaisse la pop propre pour des guitares lourdes et saturées, portant un flot de frustrations amoureuses, de complexes et de névroses livrées sans aucun filtre. Automne brut.

4 Saisons Dans le Désordre - Daniel Bélanger (1996)

Odyssée pop rock aux 4 couleurs de pochettes, dont le jaune et l'orange, très automnal, à la fois ludique et profondément existentielle. Les arrangements riches marient une poésie fine à des mélodies accrocheuses, naviguant avec brio entre la mélancolie douce des remises en question et une ironie mordante face au temps qui passe. Automne coloré.

For Emma, Forever Ago- Bon Iver (2007)

Isolement pré-hivernal transformé en une cathédrale de sons boisés et de faussets fragiles. Enregistré en solitaire au fond des bois, cet album de folk lo-fi superpose des choeurs fantomatiques et une guitare acoustique brute, capturant une douleur amoureuse pure, crue, et parfois bouleversante. Automne hanté.

Slowdive - Slowdive (2017)

Chef d'oeuvre de nostalgie moderne, parfait pour les fins de journées d'automne. Brouillard sonore lumineux, vaporeux et enveloppant. Flotter en apesanteur est l'impression du ton. Mélancolie et douce euphorie, réconfort. Voix féminine et masculine intelligemment utilisée. Automne aérien.

Heavy Metal - Cameron Winter (2024)

Malgré un nom hivernal, malgré un titre qui propose un genre qu'il n'offrira pas, malgré le premier titre qui se titre The Rolling Stones, l'ancien leader du groupe Geese lançait un premier album solo folk rock intimiste, spontané et théâtral. Rafraichissant. On entend presque le feu de bois, crépitant. Imprévisible et croisé de Cohen, Waits ou Drake. Automne métisée.

J'ajoute en bonus une chanson d'une rousse, couleur automne, chanson que j'adore, signée Benjamin Biolay.

Fin Octobre, Début Novembre - Isabelle Boulay

Métaphore directe du manque et de l'absence de l'être aimé. Nuit lourdes et ciel bas. Country folk baladin. La ville s'endort et se refroidit. Incarnant parfaitement la transition vers la nostalgie de l'hiver. Automne feutré.   

La ville s'endort en ton absence. 

dimanche 27 septembre 2026

Le Coup Raté de 1933 Aux États-Unis

Le coup d'État raté de 1933 aux États-Unis est connu sous le nom de business plot ou parfois de Wall Street putsch. Il s'agit d'un complot politique présumé visant à renverser le président des États-Unis d'alors Franklyn D.Roosevelt (FDR) pour installer une dictature fasciste. 

En 1933, les États-Unis traversent la Grande Dépression. Fraichement élu, le président Roosevelt lance son New Deal. Pour financer ses réformes, il prend une décision radicale: abandonner l'étalon-or. L'étalon-or est un système monétaire où la valeur de la monnaie d'un pays est directement liée et convertible en une quantité fixe d'or. Dans ce système, les billets de banque en circulation ne sont pas de simples morceaux de papier: ils représentent un reçu pour de l'or physique, stocké dans les coffres de la Banque Centrale. On ne fera plus ça. 

Bien entendu, ça irrite les mieux nantis. Pour une partie de la haute finance de Wall Street et des grands patrons d'industrie, c'est le choc. Ils craignent la ruine, assimilent la politique de FDR à du communisme, et commencent à regarder avec fascination les modèles fascistes qui émergent en Europe, entre autre ceux d'Allemagne et ceux d'Italie.  Hitler au pouvoir, Mussolini aussi, respectivement.

Des courtiers en obligations (JP Morgan entre autres) liés à de puissants financiers approchent le général à la retraite Smedley Butler. Butler, un ancien Major General des Marines, véritable héros de guerre, ultra-populaire auprès des anciens combattants, sera encore un héros. 

L'idée de$ comploteur$ e$t $imple; -Financer une organisation terroriste  de vétérans (genre ICE), -Réunir une armée privée de 500 000 anciens combattants, -Marcher sur Washington pour intimider Roosevelt (comme le 6 janvier 2021, genre), -Forcer le président à créer un poste de "Secrétaire aux Affaires Générales" (SAG) une sorte de super-ministre qui détiendrait la réalité du pouvoir, réduisant FDR à un rôle de figurant. Si FDR refusait, il serait déposé. Les comploteurs pensaient que Butler accepterait d'être le dictateur souhaité à la solde de Wall Street. Ils avaient mal jugé l'homme. Profondément patriote à une époque où ce n'était pas péjoratif, et défenseur de la démocratie comme les gens sains le sont, le général fait semblant de coopérer, afin d'accumuler des preuves. 

En novembre 1934, après avoir fait vérifier les faits par un journaliste, Butler dénonce publiquement le complot et témoigne devant le Congrès des États-Unis face au comité anti-trahison McCormack/Dickstein. Il livre sous serment les détails financiers et cite des noms liés à de grandes institutions, JP Morgan, mentionnée plus haut, mais aussi DuPont. 

On ne veut pas croire que c'est vrai. le New York Times, financé par les riches qui souhaitaient le sécurisant fascisme pour leurs portefeuilles, qualifie dans ses journaux de "canular géant". 

Pourtant, le rapport final qui suivra du comité d'enquête du Congrès confirme, en 1935, que les allégations du général Butler étaient parfaitement exactes et qu'un complot avait bien été discuté et planifié. Mais le cycle de nouvelles est passé. Personne ne sera jamais inculpé. Aucune poursuite n'a été engagée contre les financiers. Le complot a été éventé si tôt, qu'aucune armée n'a pu être levée. 

Roosevelt, fin négociateur, a préféré utiliser cette affaire en coulisses comme un moyen de pression politique pour faire plier le patronat face à ses réformes, plutôt que de déclencher une crise institutionnelle majeure en poursuivant les hommes les plus riches du pays. Et les forçant, du même coup, ce son côté.

Les riches qui se liguent avec des gens de l'administration pour instaurer le fascisme, et voir leurs fortunes intouchées, sinon, fructifiées, c'est pas comme si ça allait se reproduire...

C'est pas comme si on allait se créer une milice policière parallèle, se servir de la justice pour soi et non pour le peuple, faire fi de la constitution et de la démocratie sacrée dedans, séparer ls parents de leurs enfants et s'inventer une race dominante là où le monde est métissé ; c'est pas comme si on allait condamner les intellectuel(le)s et démoniser les médias tout en créant le sien parallèle, c'est pas comme si on admirait les dictateurs d'ailleurs.

L'histoire ne se répète pas tout le temps...