vendredi 6 février 2026

Cinema Paradiso***********Le Samouraï de Jean-Pierre Melville

Chaque mois, dans ses 10 premiers jours, tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu) je vous parles de l'une de mes trois immenses passions: Le Cinéma !

Je l'ai surconsommé, le surconsomme encore, l'ai étudié, en fût diplômé, y ai travaillé, en fût récompensé, en suis sorti, mais le cinéma n'est jamais sorti de ma personne.

Je vous parle d'un film dont j'ai aimé l'histoire, l'originalité, le sujet, la réalisation, le cinématographie, les interprètes, le décor, la mise-en-scène, l'audace, bref, je vous parle d'un film dont j'ai aimé pas mal tous les choix. 

Je vous parle cinéma.

LE SAMOURAÏ de Jean-Pierre Melville.

Considéré comme père spirituel de la Nouvelle Vague Française, Jean-Pierre Grumbach, dit Jean-Pierre Melville était un grand réalisateur français. Il était un rare réalisateur à rallier succès critique et succès populaire tout en restant cinéaste indépendant. C'est lui qui a dit à Jean-Luc Godard de monter son film À Bout de Souffle de la manière que JLG l'a fait, en en gardant seulement ce qui lui plaisait et accélérait le rythme. Faisant inventer à Godard la technique du "jump cut" qui a depuis fait école.

Melville ne tournera que 3 autres films après celui-là, ayant écrit le début d'un 4e, il meurt d'un anévrisme au cerveau en train de manger avec l'auteur Phillipe Labro, à 55 ans, seulement, en 1973, Labro tentant de compléter le film, sans y parvenir.  

Le 11e de ses 14 long-métrage sera radical. Presque ascétique. Il marquera le film policier français et le film noir moderne (alors). C'est moins un polar classique qu'une méditation sur la solitude, la rigueur et la mort, portée par une mise en scène guidée d'une précision presque obsessionnelle. 

Dès les première minutes, le ton est donné. Un appartement gris, presque vide, une homme immobile, un voix off minimale. Les dialogues seront aussi rares. Le silence est un langage. Rien n'est plus payant pour téléspectacteur que d'être forcé de se concentrer sur celui ou celle qui pense à l'écran. L'investissement est alors total. Tout est en regards dans ce film, Entre Delon et sa femme (alors) Nathalie, très jolie, à seulement 25 ans. Entre Delon et la pianiste Cathy Rosier. Chaque geste de Jef Costello (Alain Delon) est mesuré, répété, ritualisé. le film avance au rythme de cette mécanique froide, fascinante, parfois déroutante. Le jeu de Delon est délibérément minimaliste. Le Clint Eastwood français est d'une élégance austère. Il incarne un personnage réduit à son devoir, sa fonction. Une sorte de mort en attente. Melville ne copie pas Hollywood, il l'épure, le refroidit, le dépouille. 

Le scénario de comptes à rendre reste assez simple. Sert une obligation à la réflexion sur l'isolement et l'inuléctabilité. Jef Costello est condamné, tel un samouraï, à sa fidélité et à une règle intérieure impossible à transgresser. Comme des tonnes de Républicains, aux États-Unis, en ce moment, il se punit de sa loyauté .

Le film a la grâce des films qui n'ont rien à prouver. Le silence n'est pas un manque mais une discipline. Melville force le spectateur à être présent, attentif au moindre geste, au moindre regard. On ne consomme pas le film, on l'habite. La cinématographie du grand Henri Decäe, est froide et épurée. Les gris, les bleus, la pluie, l'éclairage naturel, fort à la Nouvelle Vague, les rues qui créés des espaces mentaux d'époque et de lieux qu'on a pas nécessairement connus. Une France figée au moment même où elle existe. Delon est un code d'honneur incarné. Jef Costello n'explique rien, il fait. Tout est dans la posture. La lenteur. La répétition rituelle. Sur la mort. C'est presque zen. 

Moins il y a de mots, plus il y a de règles. Et quand ces règles se fissurent, le monde s'effondre. C'est ce que Melville tourne. On ne reconnait pas l'époque si on ne l'a pas connue, on reconnais le sentiment. Cette sorte d'état intérieur du travailleur mort en dedans, parce qu'étouffé de devoir. Paris y est abstrait.

Troublant et très beau à la fois. Un accès à une mémoire empruntée, à une émotion qui te précède. Ce film est hanté et nous habite, une fois vu. 

Il m'a fait penser à Lutnick, Grahan. Leavitt, Patel, Bondi, Noem, Hegseth, DJT, Miller, Johnson, tout cet empire du mal. 

Leur loyauté devrait leur être un jour, fatale. 

jeudi 5 février 2026

Cerveaux Grillés Par MAGA

Le pernicieux mal MAGA, aux États-Unis, c'est la radicalisation identitaire d'un patriotisme en colère. 

Il transforme la peur du changement en ressentiment politique. Il délégitimise les faits, les institutions et adversaires au profit d'un culte du chef. Il fracture durablement la société en remplaçant le débat par la loyauté. 

Voici une vingtaine de personnalités publiques qui ont choisi la loyauté à la raison. Ou qui sont seulement lâches et idiots. 

Dean Cain, acteur, connu pour son rôle de Superman, dans la série télévisée de 88 épisodes de 1993 à 1997. Il a publiquement annoncé l'an dernier vouloir devenir agent de ICE ou au moins être engagé comme "agent honoraire". Il a dit vouloir "sauver l'Amérique". Pas de la bêtise en tout cas. 

Nicky Minaj, chanteuse. À partir de 2020, elle a multiplié les déclarations pro-Trump et anti-démocrates. Elle a perdu d'un coup tellement de millions d'abonné(e)s de ses applications sociales, qu'elle en a fermé quelques uns, car ça trahissait le contraire d'un appui de ses pulsions de manière un peu trop publique. Son frère est sur la liste Epstein, voilà une des raisons pour laquelle elle lui embrasse le cul.

Wayne Gretzky, plus grand joueur de hockey de la LNH, détenteurs de records encore imbattables. Il circule dans un univers de grandes fortunes, de célébrités, doublé par sa femme, actrice, dans les cercles d'ultra-privilégié(e)s. Sa femme y est peut-être une influence, mais Wayne semble aussi dans un apolitisme confortable qui le rend beaucoup moins sympathique, au Canada. Il n'est plus le héros d'antan.

Mel Gibson, acteur réalisateur. Le trouble personnage s'est clairement positionné du côté de l'orbite politique de Donald Trump. Ce dernier lui a même donné un titre inutile "d'ambassadeur". D'on ne sait quoi. 

Jon Voight, acteur. Tête brûlée depuis longtemps, il soutien très ouvertement la graine de fasciste au pouvoir, tiens des discours apocalyptiques, use de rhétoriques ultra conservatrices assumées.

Sylvester Stallone acteur réalisateur, scénariste, producteur, il gravite avec complaisance dans l'orbite MAGA, défend le président dément, et est symboliquement aligné à ce que MAGA représente, fonctionnant par le mantra : "ordre, réussite, force". 

Gene Simmons, bassiste de la formation Kiss à la langue interminable. Provocateur idéologique depuis toujours, il multiplie les critiques mérprisantes envers les progressistes et les critiques du régime de terreur opéré par la pédophile président. Qu'il défend ouvertement. En tout temps.

Carrie Underwood, chanteuse country. Elle a chanté pour le président. Se dit apolitique mais choisir de divertir les escrocs s'est en être complice. Ne pas prendre position face à des abus, c'est ne pas être neutre.

Billy Ray Cyrus, chanteur country, père de Miley. Il publie régulièrement ses appuis au régime sur les réseaux sociaux, son engagement est public et assumé.

Kid Rock, chanteur poche. Figure emblématique de MAGA, affichant très ouvertement son soutien au pédoprésident, avec lequel il partage peut-être des enfants. 

Kelsey Grammer, acteur connu pour le rôle titre dans Frazier et pour la série Cheers. Partisan déclaré du pédoprésident, il est ouvertement conservateur, réfractaire à tout changement à son confort de privilégiés.                                                                                                                                                     

Stephen Baldwin, acteur. Il adopte une posture radicale et sans compromis ouvertement MAGA et pro-ICE. 

Caitlyn Jenner, ancienne star olympique, transgenre issu de l'entourage Kardashian. Supportrice publique et assumée du clown orange, de toute évidence, c'est un conservatisme qui ne toucherait pas à la fortune dans laquelle elle baigne qu'elle veut d'abord préserver.

Rob Schneider, acteur. Il est l'un de soutiens les plus bruyants et constants MAGA, enchainant sorties anti-progressistes et pro-pedoprésident. We're gonna need a bigger brain

Dennis Quaid, acteur, frère du tristement déséquilibré Randy, aussi acteur. Il s'est publiquement rapproché de l'univers MAGA, alignement clair et assumé. 

Scott Baio, acteur, connu entre autres pour Happy Days. Il est MAGA acharné et de longue date, très actif dans la défense de l'olibrius en chef, sur les médias et les réseaux sociaux. Posture idéologique dure et combative.  

Ted Nugent, chanteur. Militantisme idéologique pur et dur, sans filtre ni recul. Il cadre bien dans l'univers MAGA puisqu'il a été accusé plusieurs fois de rappports sexuels avec des mineures,, dont Courtney Love, alors mineure.

Mike Tyson, Boxeur. Donc largement commotionné à maintes reprises. Ceci expliquant cela. Il n'a pas toute sa tête. 

Dr. Phil, charlatan. Comme Stéphan pas de E Bureau, il offre une tribune complaisante au menteur président en reprenant parfois leurs mensonges. 

Rosanne Barr, actrice. MAGA dure et revendiquée, soutien public au pédoshitlerprésident. Rhétorique complotiste à souhait, baigne dans la lourde ignorance, agressive Trumpiste.

Matthew & Brady Tkachuk, très haïssables joueurs de la LNH. Ils sont toujours fiers de poser en compagnie du président des États-Désunis. Ils sont le coeur de l'équipe nationale de hockey des États-Unis, auquel Bill Guérin, directeur général du Wild du Minnesota (et surement quelques autres) a  choisi de bâtir le club qui y sera. Favorisant le Canada, sans le réaliser.

Le mouvement MAGA a profondément polarisé les É-U en diffusant des théories du complot, de la désinformation et de la haine culturelle, minant la confiance en les institutions et creusant les fractures sociales. Son impact se mesure autant dans la politique que dans le climat médiatique et civique, alimentant divisions et radicalisations. 

Malsain en tout point.

MAGA: Make America Great Again ?

Jamais plus vrai qu'une fois passée cette dévastatrice administration.  

mercredi 4 février 2026

Le Syndrome de Marfan

Le syndrome de Marfan est une maladie génétique rare touchant le tissu conjonctif comme le "matériau de soutien" du corps comme les os, les ligaments, les vaisseaux sanguins, les yeux, le coeur. 

On en est atteint souvent dû à une mutation du gêne FBN1 qui sert à fabriquer la fribilline-1, une protéine essentielle à l'élasticité et à la solidité des tissus. Dans 75% de cas c'est héréditaire, dans 25% ou moins des cas, c'est une mutation spontanée. Ça peut être une transmission autosomique dominante, c'est à dire qu'un seul parent porteur suffit pour le transmettre à son enfant. 

Les signes qu'on en est atteint varient beaucoup d'une personne à l'autre. 

Passant de très discrets à très marqués.  

Nos deux enfants travaillent dans le milieu de la santé, on est rompu sur certains sujets. On a remarqué quelqu'un qui en serait peut-être atteint.

Je ne vous dis pas qui.

Morphologiquement, lorsqu'atteint(e) la taille est assez grande, les membres longs et fins. Les doigts très longs. Peut-être arachnodactylie. On est atteint(e) de possible scoliose, le thorax est creusé ou bombé. 

Au niveau du coeur, la dilatation de l'aorte court des risques d'anévrisme ou de dissection. On a des problèmes potentiels de valves cardiaques. Le cristallin des yeux se déplace. La myopie devient alors importante. Risque accru de décollement de la rétine. On peut aussi avoir un poumon qui se décolle ou une fatigue chronique donnant l'impression que vous êtes constamment amorphe. Des douleurs articulaires sont aussi possibles. 

Tout ça colle à la personne qu'on pense atteinte. 

Mais, je ne vous dis pas qui.

Mais ça ne devrait jamais se distinguer à l'oeil. Tout se passe à l'interne. C'est la définition même de juger un livre par sa couverture. Pourtant il coche absolument toutes les cases. À l'oeil. Il correspond à un stéréotype visuel populaire du syndrome du Marfan. 

Mais les médecins ne raisonnent jamais comme ça. 

Les médecins ne raisonnent jamais comme ça...

Jamais une phrase ne pourrait mieux s'appliquer à l'irresponsable de la santé, aux États-Unis, RFK Jr. 

Dans toutes ses décisions et autour de tous ses propos, les médecins ne raisonnent jamais comme ça. 

Les médecins sérieux raisonnent avec des données, des études reproductibles, du consensus scientifique et beaucoup de "on ne sait pas encore". 

RFK Jr approche la santé à l'intuition et au soupçon systématique. Aux corrélations transformées en causalités. En méfiance généralisée envers les institutions, souvent à l'excès. 

Un médecin doute de son intuition. RFK Jr doute surtout des autres.

On est presque certain de ce qu'on voit. Mais on ne peut pas dire que celui qu'on pense atteint du syndrome de Marfan, en est vraiment atteint. 

Mais bon dieu qu'il est laid. Ses doigts sont si looooooongs...

On ne vous dit pas qui. 

 C'est aussi, aujourd'hui l'anniversaire de quelqu'un de formidable. 

Pour certain(e)s. Une horreur pour d'autres. C'est toujours comme ça sur une planète si joliment diverse.

Je ne vous dit pas qui.  

mardi 3 février 2026

Brett Ratner

Brett est né 3 ans avant moi. Le 28 mars. À Miami. Il a donc vieilli presqu'au même rythme que moi avec les mêmes références culturelles. Adulte, plein d'argent, il fondera sa propre maison de production l'appelant RatPac par probable référence au Bratpack des années 80 qui lui, était une référence au rat pack des années 60.  Ado, il a été figurant dans le film Scarface de Brian DePalma, en 1983. Et toujours ado, il pouvait voir la série télé Miami Vice se filmer dans les rues. Ça lui a donné envie de travailler dans le milieu, un jour. 

Adulte, il a tourné du vidéoclip pour Public Enemy, Redman, Maria Carey, Heavy D, LL Cool J, Miley Cyrus, Wu Tang-Clan, Jay-Z ou Madonna quand la musique était poche dans les années 90, 2000 et 2010. 

Il sera aussi réalisateur télé. Il tourne le jeu vidéo la série télé Prison Break, se joue lui-même dans Entourage, et tourne une douzaine de films dans la catégorie Salon de l'auto ne-m'intérressera-surtout-pas. Comme des suites. Faire une suite au cinéma, à moins que ce ne fût prévu dès le départ et qu'on en ait eu le budget, c'est rarement de l'art et presque toujours, des affaires. Manon Des Sources/Jean de Florette, oui. Godfather I, Godafther part II, oui. Pas III. Dune I, Dune II, Dune III, oui. 

Rush Hour, Rush Hour 2, Rush Hour 3, non. C'est le quart de tes réalisations, Brett. T'as même produit l'unique saison de la série inspirée de ce film négligeable

Mais voilà, Brett est un homme qui baigne dans le négligeable. 

À 17 ans, il est en liaison amoureuse avec l'actrice Rebecca Gayheart. Qui en a 15. Ok, ça ne peut pas être retenu contre lui. Deux ans de différence, c'est ce qu'on a, la belle et moi entre nous, depuis 1992. Elle a deux ans de plus que moi. Depuis toujours. On a commencé ensemble,  j'avais 20. Mais si on reculait de 5 ans cet écart aurait été notre écart. J'essaie de la rattraper, j'y arriverai peut-être. J'y travaille. C'est pas les 45 ans et plus qui séparaient les victimes adolescentes de Trumpstein et leurs agresseurs, aujourd'hui toujours non inquiétés. 

Vous en a-t-il assez distrait de ce dossier, le navet président épais sexuellement dévié ?

En octobre 2017, dans la vague du mouvement #MeToo, une ancienne patronne d'agence de mannequin dénonce le viol qu'elle aurait subi de la part de Ratner. Ça secoue des choses chez d'autres, aussi victimes de ses assauts sexuels. Le 1er novembre suivant, 6 autres femmes se plaignent des mêmes écarts de conduite. Dont les actrices Olivia Munn et Natasha Henstridge. On l'accuse aussi d'harcèlement. D'avoir suivi une femme jusqu'à la salle de bain sans y être invité et de s'être branlé le manche devant une femme qui lui apportait à manger dans son trailer. Le même mois, Eliot Page l'accuse aussi d'harcèlement, sortant Page du placard comme Gay, devant Anna Paquin. Une ancienne mannequin a ensuite raconté qu'en 1991, alors que sa carrière allait bon train,  l'écrivain, producteur et co-fondateur de l'étiquette de musique Def Jam, Russell Williams l'a contrainte à du sexe oral devant Ratner, complice, qui les regardait. 

Ratner nie tout, mais les témoignages puent le vrai. En avril 2018, sa carrière est terminée avec Warner Brothers. On met fin au contrat de 450 millions qui le liait avec la compagnie de films de Ratner, devenu vrai rat. Il ne tournera plus. Il co-produit pour le premier film de l'acteur Christopher Waltz, il y a 7 ans. Loin des projecteurs.

En 2023, qui se ressemblent s'assemblent, il se rend à Israël et y rencontre le boucher Benyamin Nethanyaou. S'en fait un ami. 

En décembre dernier, une photo de lui apparait dans le moins de 1% diffusé des dossiers Epstein par les bandits de l'administration en place, en compagnie du prédateur sexuel et recruteur de proies, Jean-Luc Brunel. Une nouvelle photo est sortie de lui dans les 3 millions de pages de vendredi, sur un même divan que Jeffrey Epstein, avec entre les deux victimes d'exploitations sexuelles. 

Il était donc le choix idéal pour tourner le navet documentaire sur Melania Trump, achetée par Donald, de Jeffrey Epstein, que Jeffrey Epstein a présenté au président des États-Unis. 

Non. Je ne peux pas dire navet car je ne l'ai pas vu. Et ne le verrai pas. Mais si on voulait faire du répugnant, tout s'y trouve. 

1-Jeff Bezos finance tout ça pour solidifier ses entrées au pouvoir. 

2-Melania est très probablement aussi intéressante que la plante de jardin que vous fixez quand vous tombez dans la lune. 

3-Un prédateur sexuel est de retour derrière la caméra, pour filmer le vide. 

Tout le monde souhaite l'échec que ce film représente. L'Afrique du Sud a changé d'idée et devant le retour sur investissement impossible, s'est retiré et ne diffusera pas le film comme initialement prévu. Une rumeur voulait, jeudi dernier, qu'au Canada, une seule personne, à 17h45, avait acheté un billet pour la première. En Australie, aussi ! 

Des personnes qui voulait un peu de temps seules... 

Comme les États-Unis, may they fucking crash !!!!!!!!!


lundi 2 février 2026

Oscars 2026

Les nominations pour les meilleurs films, selon les États-Unis, sont sorties et bien que ce soit toujours subjectif tout ça, tel un accident le long de la route, j'y jetterai surement encore les yeux. Je plonge ma curiosité chaque année sur les nommés, ces films qu'on a pas eu le temps, dans la chaos quotidien, d'aller voir nulle part. Je les prends en note et me promets de les revoir sur les années à venir. 

De l'an dernier, il ne me reste que American Fiction, Killers of the Flower Moon et The Zone of Interest à voir. Et je le verrai d'ici 6 mois. 

C'est radicalement subjectif les Oscars. Les galas de remise de prix en général. Mais on fait semblant que ce ne l'est pas. C'est ok. Le cinéma, c'est aussi ça, faire semblant. On remet des prix artistiques, mais les goûts varient énormément et les époques réévaluent les oeuvres qui ont pris du mieux avec le temps, comme du bon vin. 

Par putasserie commerciale, on présente désormais jusqu'à 10 films en nominations pour le "meilleur film" voulant aussi souligner le film populaire et moins niché. Et gagner ainsi plus d'auditeurs. Mais des 10, sans les avoir tous vus, je crois que seulement 5, comme autrefois, devraient s'y trouver. 

Bugonia, Hamnet, One Battle After Another, Sinners et Train Dreams.

Mais je n'ai pas tout vu. J'ai vu les trois derniers seulement, Verrai les deux premiers.

Je crois que l'Académie voudra récompenser Paul Thomas Anderson cette année, un chouchou institutionnel discret jamais sur récompensé, toujours respecté, perçu comme l'artiste sérieux qui aime le cinéma, d'amour. L'Académie adore les cinéastes qui racontent Hollywood ou les États-Unis, et PTA a fait tout ça plusieurs fois, la foi, Death Valley, San Fernando Valley. les liens éclatés encore branchés sur la télé, l'ambition pétrolière, l'art sophistiqué. Il est fils de personnalité télé. Il sait de quoi causer. Et dans son film, adapté très librement de Vineland du grand Thomas Pynchon, les parallèles avec la terreur actuelle imposée par ICE, aux États-Unis, sont faciles à faire. Hollywood adore quand on capture l'ère du temps. Et PTA le fait à la Pynchon, intelligemment, sans que son film ne soit un manifeste frontal. Le contrôle étatique et son côté vil, sont bravement exposés dans son film One Battle After Another. Le terreur est diffuse comme les États Démocratiques qui sont attaqués, le sont actuellement. 

Vineland du brillant Thomas Pynchon raconte la manière dont le pouvoir digère, neutralise, et recycle la résistance et la contestation...très 2026 non ?

Je l'a vu, j'ai été moins impressionné que prévu. Mais j'ai adoré le décor, aimé découvrir de nouveaux acteurs et de nouvelles actrices, aimé le thème, et trouvé et DiCaprio et Sean Penn pas mal crédibles dans leurs rôles. Tout le monde en fait était crédible. Penn gagnera surement encore un Oscar. Mais bon...

Il y a 5 films, mentionnés dans les nominations, que j'aimerais voir prochainement et les voici et pourquoi:

Bugonia de Yorgos Lanthimos. J'adore ce réalisateur dont je n'ai pas vu les 4 derniers films, mais dont j'ai vu et aimé 4 autres films avant celui-là. J'ai même acheté Poor Things. Les trois derniers mettent en vedette Emma Stone et les deux derniers Stone et Jesse Plemons. Dont celui-là.  La trame narrative me rappelle celle d'Anora, grand gagnant l'an dernier, avec un personnage séquestré pendant une bonne partie du film.  J'aime l'audace de Lanthimos. Personne ne fait de films comme lui. Il y a définitivement une touche européenne dans ses histoires et ses mises en scène. C'est parfois presque du Samuel Beckett. Voilà probablement pourquoi ça m'attire. 

Hamnet de Chloé Zhao. Jessie Buckley ? Paul Mescal ? La réalisatrice de Nomadland ? j'ai pas besoin de davantage. Fiction racontant le couple Anne Hattaway et William Shakespeare endeuillé de leur fils de 11 ans, Hamnet, et comment ils composent avec tout ça. Ça me plait. De toute manière j'irais voir Jessie Buckley me lire un dictionnaire sur scène. Avec toute l'attention du monde. Mes yeux plongés dans les siens.    

The Secret Agent de Kleber Mendonça Filho. Film néo-noir, historico politique, un thriller, inspiré de la dictature brésilienne de 1977, y a rien dans tout ce que je viens de vous écrire qui ne m'attire pas. Film nommé pas moins de 4 fois, ce qui est rare pour les films étrangers aux Oscars, meilleur film, meilleur distribution (un nouveau prix), meilleur acteur (Wagner Moura) et meilleur film étranger. 

Sentimental Value de Joachim Trier. De Norvège. Un réalisateur de film se sépare de sa femme et élève leurs deux filles, malgré de nombreuses absences et un faible pour la bouteille. Ça rend les réunions de famille, comme celles forcées par la mort, pour que tout ce monde se retrouve, adulte, et tente de composer les un(e)s avec les autres. Avec des sensibilités et des pulsions fort différentes les un(e)s les autres. 

Un Simple Accident de Jafar Panahi. D'Iran. Réalisé sans autorisation du strict gouvernement de là-bas, gouvernement qu'il critique dans ses films. Il raconte ici un homme croyant reconnaitre un ancien tortionnaire du régime Iranien et qui l'enlève dans le but de l'enterrer vivant. Panahi a été arrêté en 2022, pour liberté d'expression, après avoir été condamné pour la même chose en 2010 et fait de la prison 6 ans. Il avait alors aussi été puni d'une interdiction de tourner pendant 20 ans. Arrêté en 2022, donc, il est libéré après 7 mois, en 2023. ce qui ne l'a pas empêché de tourner un film par année depuis. Dont ce thriller.  

Ce que je réalises à l'instant, et ce n'était pas calculé ainsi, 'est que tout ce qui m'intéresse, dans cette fête du cinéma des États-Unis, sont des films aux origines étrangères. Bugonia au réalisateur d'origine Grecque. Zhao tournant une histoire d'Angleterre. Un film, un sujet et une équipe entièrement brésilien. Un film au réalisateur Norvégien et un film Iranien. 

Comme si j'en avais assez des États-Unis... 

La soirée des Oscars aura lieu le 15 mars prochain. 

dimanche 1 février 2026

Catherine Anne O'Hara (1954-2026)

Née à Toronto, elle y grandit 6e d'une famille de 7 enfants. Diplômée en 1974, une de ses enseignantes sera la future mairesse de Mississauga, Carolyn Parrish. 

Dans sa ville de Toronto, en 1974, elle commence à faire de la scène avec la troupe de comédie  The Second City, une filière de la même franchise établie à Chicago par Howard Alk, Bernie Sahlins et Paul Sills, en 1959. Elle sera stagiaire auprès de Gilda Radner de Saturday Night Live, jusqu'à ce que Radner quitte l'émission. Elle joint une série de sketchs, série dérivée de Second City, pour y jouer et écrire auprès de collègues comme Joe Flaherty, John Candy, Eugene Levy, Andrea Martin, Dave Thomas et Harold Ramis. Vers la fin des années 70, elle remplace Ann Risley à SNL, et travaille un peu avec elle. SNL est alors en laboratoire de réorientation de personnel. Mais n'aimant pas vivre à NY, elle choisit de revenir à Toronto, pour SCTV. Mais reviendra quelques fois à SNL, comme hôtesse

Elle joue un peu pour Wayne & Shuster dans un spécial télé et fera beaucoup de voix pour les dessins animés à la télévision Joue un peu dans des films pour la télévision. Joue un rôle mineur dans son premier film en 1980. Son ami John Candy lui déniche un rôle aussi dans un film dans lequel il joue. Elle fera encore des voix de dessins animés, mais en long-métrage.  Gagnera un premier Emmy pour ses écrits comiques pour SCTV.  


   Elle obtient un petit rôle dans le film de Martin Scorcese After Hours et pour Mike Nichols avant que Tim Burton ne la recrute pour son excellent Beetlejuice. Film qui lui fait ouvrir une scène culte des années 80 et l'associe réellement à l'humour pour toujours. Ce film est encore plus marquant pour elle car elle fait la rencontre du producteur de plateau Bo Welch qu'elle épousera, et avec lequel elle aura deux garçons. 

En 1990 seulement, elle apparait dans 4 films, Dick Tracy, Betsy's Wedding, Home Alone et Little Vegas. Pour plusieurs, elle sera à jamais le mère indigne qui oublie Kevin à Noël, dans Home Alone. Elle sera aussi de la suite, 2 ans plus tard. Tim Burton l'engage à nouveau pour faire des voix pour son Cauchemar avant Noël.  En 1994, elle tournera pour Ron Howard, Lawrence Kasdan et avec Steve Martin. L'année suivante, pour Disney.  

Elle tourne une première fois pour Christopher Guest avec lequel elle se lie facilement d'amitié car il engage aussi ses amis Eugene Levy et Bob Balaban. Elle tourne dans une comédie co-écrite par Gabriel Byrne. Elle fait une voix pour Fifi Brind'acier en dessins animés. Et joue avec Drew Barrymore et Luke Wilson. Elle joue dans un thriller canadien avant de refaire des voix pour Bartok.

Dans les années 2000, elle retravaille avec Christopher Guest au moins trois fois, Bill Murray, Jack Black, Ben Affleck, Micheal Keaton à nouveau, fait encore beaucoup de voix pour les dessins animés en long-métrages. Elle tourne avec Christina Ricci. Je l'ai dans ma collection de DVD dans un charmant film de Sam Mendes. Tourne pour Spike Jonze. Elle sera aussi d'un documentaire sur Debra Winger.

Elle est définitivement et facilement associée à tout ce qui est sympathique. C'est sa part canadienne de sa double citoyenneté.

Dans les années 2010, elle travaille et prend part encore à au moins 8 films. Elle a cet avantage de ne pas jouer les rôles principaux, mais d'être excellente en support à tout le monde. Ce qui la rend adorable. Humblement parfaite. Elle retrouve son ami Eugene Levy et brille en humour dans la multi-récompensée série télé Shiit's Creek, entre 2015 et 2020. Elle gagne son second Emmy, celui de la meilleure actrice dans une série comédie pour ceci. Elle reçoit l'ordre du mérite du Canada. Sera de la série des Lemony Snickett. Et rejouera bien entendu dans la délicieuse (c'est rare) suite de Beettlejuice

Elle ne cessera jamais de faire de la télévision, que ce soit pour Tales From The Crypt, Six Feet Under, Curb Your Enthusiasm ou The Last of Us. En pure canadienne, elle participe aux derniers essais de la troupe canadienne The Kids in the Hall

Son dernier rôle aura été dans The Last of Us

Elle est atteinte d'une terrible maladie congénitale qui la fait mourir vendredi dernier à 71 ans. 

Le Canada l'a pleuré tout le week-end. 

Go raibh maith agat, a bhean àlainn ìon.

Chuir tù ag gàire agus ag caoineadh sinn

Merci, belle femme pure.

Tu nous auras fait rire et pleurer

John t'attendais là-haut.