(Comme Mitch).
Nancy était la partenaire amoureuse du bassiste des Sex Pistols, Sid Vicious, en octobre 1978, (alors ex-bassiste du band car il en avait été rejeté, commandant trop d'attention non liée à la musique) et a été retrouvée morte, assassinée, dans sa chambre du Chelsea Hotel de New York. Par Sid diront certains, puisque la relation était tumultueuse entre les deux, peut-être que justement, leur relation faisait tomber le "tumul" du mot tumulteuse. La drogue fait faire bien des conneries. Mais on pense aussi que ce pourrait avoir été un dealer de drogue, avec lequel ils ne se seraient pas entendus, ou à qui ils devaient de l'argent, qui serait venu venger la dette. On ne saura jamais trop. Sid est mort 16 semaines plus tard. d'une surdose de drogue. Nancy est morte dans la chambre 100, du premier étage, au 204 West 23rd Street de New York. Et ce dealer de drogue serait encore vivant.
Bob Dylan y avait habité dans la chambre 211 en 1964, où il aurait composé le meilleur de son matériel, dont des trucs pour un de mes albums fétiches, un des 4 que j'ai le plus écouté dans ma vie. Patti Smith & Robert Mapplethorpe ont habité la chambre 1017, en 1969, payant 55$ par semaine, avant leurs carrières de poéte punk musicale et photographe, respectivement.
Leonard Cohen et Janis Joplin y auraient échangé quelques faveurs corporelles ensemble. Cohen habitait la chambre 424, et une de ses chansons relate son passage à cet hôtel.(deux) Codée, afin de ne pas heurter personne. Joplin habitait le même étage, au fond du corridor. Jimi Hendrix aurait habité le 430. Puisqu'à la peau noire dans un pays raciste, il avait été confondu pour un valet de chambre par un des clients. Madonna y a logé dans la chambre 822, avant de devenir superstar, à ses débuts à NY, dans les jeunes années 80.. Elle y est retournée par la suite, pour des sessions de photos pour son livre Sex. En 1992. Iggy Pop a habité la 126. Jim Morrison la 722. Dee Dee Ramone, Tom Waits, Cher et Bob Marley y ont aussi logé.Le quartier New Yorkais est musicalement mythique. Vers la 8e Avenue, tout juste à quelques pas de marche, on tombe sur Bank Street. C'est sur cette rue que Sid Vicious a été à son tour, retrouvé mort. Deux jours avant mon anniversaire de 7 ans, le 2 février 1979. Au 63, Bank Street. Où certains pensent que sa propre mère lui a administré une dose fatale volontaire d'héroïne pour le libérer de sa culpabilité après avoir confessé l'assassinat de Nancy. On ne saura jamais. Ce qu'on sait, c'est qu'au 105, Bank Street, où John Lennon et Yoko vivent, entre 1973 et 1975, période du Lost Weekend qui les as séparés quelques temps. C'était aussi l'époque où le FBI enregistrait leurs conversations au téléphone, Mick Jagger en a fait part dans un de mes morceaux préférés des Rolling Stones, composé en 1974. C'était avant leur arrivée au Dakota, en face de Central Park où John fera face fatalement, à la mort. C'était sur Bank Street que John recevait des Black Panthers, et des gens intéressés par les concepts de révolution. Il s'y était d'ailleurs fait voler, par ses nombreux visiteurs, toutes sortes de choses chez lui, dont une télévision (celle sur la photo) qu'il adorait, et si il avait simplement haussé les épaules pour la plupart des vols, la télé l'avait vraiment insulté, il l'aimait beaucoup. John adorait aussi Zimmerman. Il était très ami avec Bob Dylan, qui habitait à quelques pas, au 94 MacDougall Street. C'est sur cette rue que le déséquilibré A.J. Weberman, fouillait dans les vidanges de Dylan. Weberman avait écrit ses propres interprétations des textes de Dylan depuis ses débuts et pensait parfois que Dylan s'adressait directement à lui, par les chansons. Weberman lui en voulait aussi de se désengager de ce qu'A.J. considérait être son rôle de leader de la contre culture. Dylan, excédé de ses intrusions non bienvenues, bientôt, autour de son fils aussi, Jakob, avait pourchassé Weberman jusque sur Elizabeth Street pour le battre et lui demander de lui sacrer la paix.
Elizabeth Street est la rue où a grandi le plus rock'n roll des réalisateurs de films, Martin Scorsese. Son merveilleux et très amusant film Mean Street s'inspire de son entourage dans ce quartier, durant sa jeunesse. Scorsese dit avoir entendu Jumping Jack Flash des Rolling Stones dans cette rue, en 1968, et ça avait eu un grand effet sur le gars de 25 ans qu'il était alors.
Ces même Rolling Stones allaient filmer, en 1981, un vidéo pour la chanson Waiting on a Friend, dans les marches du 96, St-Mark's Place, à quelques coins de rue d'Elizabeth Street.Les adresses 96 et 98 St-Mark's Place sont aussi celles du complexe d'appartements qui font la pochette de l'album de 1975, Physical Graffiti, leur dernier véritable joyau collectif sonore ensemble.
Sur la même rue, au 19/25 St-Mark's, se trouvait le DOM. Dom veut dire maison en polonais. En 1966, ce sont les Velvet Underground qui y séjournaient, épatant alors Andy Warhol, et où un jeune Jackson Browne s'éprenait amoureusement de l'allemande Nico. Nico, généreuse d'elle-même, se donnerait aussi à Iggy Pop à cet endroit, Iggy, alors jeune Stooges.
En prenant l'autobus pour se rendre quelques 60 blocs plus loin, on y trouvera dans l'Ouest, au 210 West 70 Street où se trouvait le bar Ungano, qui avait en résidence, Iggy et ses Stooges en 1970. Miles Davis vivait alors sur un autre coin de rue tout près au 312 West 77Th Street. Miles assistait aux spectacles des Stooges, Ce qui les motivaient. On jouait de la narine poudrée ensemble et de l'aiguille chaude. La maison principale de Miles Davis était dans le Upper West Side, près Birdland, au Sud de Broadway, sur la 52e rue. Birdland est l'endroit où Miles Davis s'est fait tabassé par un policier raciste en 1959. Mais comme la ville était tout aussi raciste alors, c'est Miles qu'on a blâmé sans preuves, et on lui a retiré le droit de jouer où que ce soit, à NY. Miles a donc déménagé au 37 East 30Th, il s'est enfermé en studio pour quelques mois, et a pondu un chef d'oeuvre au final. Avec un orchestre dirigé et arrangé brillamment par Gil Evans. Difficile à reproduire sur scène de toute manière parce qu'aussi, orchestral. Et avec Evans.Arthur C. Clarke, qui logeait au Chelsea Hotel a co-écrit avec Stanley Kubrick, de longues trames narratives de ce qui deviendrait 2001: A Space Odyssey, en 1966-67.
On dit de New York que c'est la ville qui ne dort jamais.
C'est aussi la ville qui inspire. Transpire. Et exulte.
C'est mythiquement rock'n roll.
Beaucoup plus intéressant que la beige banlieue.
J'irai y vivre si un jour je deviens vieux.
Devenir le William S.Burroughs ou le Dylan Thomas des lieux.
Le Arthur Miller ou le Jack Kerouac. Le Jackson Pollock ou le Thomas Wolfe. Tous anciens locataires du Chelsea Hotel.