samedi 4 juillet 2026

Des Patriotes des États-Unis

Cher MAGA,

En tant que Québécois/Canadien, je sais que je vous l'ai dit ou fait comprendre plus d'une fois. Même avant que vous le revotiez, mais comme la compréhension semble rebondir comme la pluie sur la palette d'une rouge casquette, essayons à nouveau:

Vous n'êtes pas d'incompris patriotes.Vous n'êtes pas de robustes défenseurs de la liberté. Vous n'êtes pas plus brave boucliers de vérité face à la corruption. Vous en êtes même l'essence. Vous êtes crise de colère politique en salopette de Jeans. Vous êtes la section de commentaires qui vient d'apprendre à voter. Vous êtes ce qui survient quand griefs, racisme, misogynie, théories conspiratoires, peinture au plomb, meme de Facebook et insécurités issues de vos années d'école secondaires (facultatives, plusieurs ne s'y sont pas rendus ou n'ont pas terminé) rampent tous sous le même drapeau du même sous-sol et que votre cerveau commence à penser que vous êtes en train de bouger. 

Vous hurlez sur toutes les tribunes que vous adorez "America", (les trois territoire du continent ?) tout en étant soutien pour ceux et celles qui la coule. Vous brandissez le drapeau comme si c'était une relique sainte tout en célébrant la cruauté sociale, la corruption assumée et exposée, les livres bannis que de toute manière vous n'auriez jamais lu, la suppression du droit de vote, les naissances forcées, la discrimination LGBTQ+, les attaques contre les immigrants, le racisme, la misogynie, la discrimination contre les moins fortuné(e)s, et les attaques mentales contre tout les gens dont l'existence fait de vos visions étroites un couloir de brume dont la fumée vous sort par les oreilles. 

Vous appelez tout le monde des flocons de neige. Pour ensuite pour ensuite fondre au soleil dans les yeux des gens qui se disent "joyeuses fêtes" au lieu de "joyeux Noël", quand un(e) prof d'histoire enseigne l'histoire et non vos perceptions de la vie, quand le rôle d'une sirène soit accordé à une actrice à la peau noire ou brune, quand une personne a des pronoms dans sa description sociale, quand le mot "esclavage" est prononcé, quand les Femmes sont défendues, respectées. Vous construisez votre entière personnalité sur votre terreur des gens trans, ou sur le progrès qui vous saute aux yeux. Sur tout ce qui ne serait pas complètement vous. 

Vous ne voulez pas la liberté, vous voulez la permission. La permission d'haïr sans conséquence. La permission de mentir sans correction. La permission d'intimider sans qu'on vous réplique, la permission d'être ignorant mais de toujours être considéré un(e) expert(e). La permission d'entrainer le monde entier par en arrière et de régresser comme société. Parce que l'égalité est une oppression quand on vous as gâté toute votre vie.

Et le côté le plus gênant est que vous avez donné votre dignité aux milliardaires, double milliardaires, triple milliardaires, et au moins un trilliardaire, qui mettrait de l'huile sur vous si vous étiez en feu. Ne vous laisserait pas entrer par la porte en or, parce que justement, l'or, c'est pas pour tous. À moins que vous comptiez ne l'épousseter ? Le pédoprésident ne vous aime pas. Il vous utilise.

Il vous vend la peur, l'ignorance, la rage. les chapeaux rouges, les illusions, les fantaisies et les ennemis imaginaires parce qu'il sait que vous allez acheter n'importe quoi. Encore plus les week-end.  Sans jamais avoir le devoir de rester décent. 

Pour des pays comme le nôtre c'est particulièrement dégoûtant de vous voir se prétendre religieux. Vous vénérez la cruauté, vous vous moquer de la compassion, vous snobez les pauvres, démonisez les étrangers ou les colorés, les noms exotiques, vous protégez les prédateurs, excusez le racisme, attaquez la dignité féminine, et l'enveloppez dans un verset biblique comme si un Dieu ne pouvait pas voir la dompe morale dans laquelle vous vous drapez. Même si Dieu existait, il refuserait que vous utiliseriez son nom comme vous le faite. Vous ne sauvez pas "l'Amérique" (les 3 territoires continentaux ?). vous le faite paraître comme un pari perdu avec la stupidité. 

Vous n'êtes pas la majorité silencieuse. Vous en êtes la plus bruyante défectuosité. L'équivalent d'un klaxon de camion dans un service funéraire. Et le reste de la planète est exténué de vous voir confondre volume avec vérité. NON, MAGA, vous n'avez aucun respect de la part du reste du monde. Les États-Unis, dont c'est les 250 ans aujourd'hui, sont tristes de ceux qui s'en prétendent patriotes.

Un vrai patriote, c'est Thalia Thomas, connue sous le surnom de "Ace", qui travaille pour Brooklyn Liquor Center, à Minneapolis, voit un sans abri sans souliers, lui donne sans se questionner ses deux espadrilles Air Jordan aux couleurs des Vikings de la NFL et qui valent un mois de son salaire. Quand son gérant la voit travailler pieds nus, il la questionne. Elle lui dit la vérité qu'il valide par les caméras de surveillance qui ont tout filmé. 

Le sans abri lui a dit "Nobody would ever give me shoes like that" ce à quoi l'héroîne sans cape (et maintenant sans souliers) a répliqué "Well I am not everybody". Ému, son gérant lui a racheté une paire d'espadrilles. Puis, a partagé l'histoire. A fait amasser 450$ pour qu'elle s'achète de nouveaux souliers, les mêmes Air Jordan. Mais elle ne les as jamais rachetés. Elle dormait au sol, chez elle, parce qu'elle avait donné son lit à sa mère qui était brisé. Ça s'est aussi su, on lui a acheté un lit. on lui a donné les Air Jordan et les Vikings du Minnesota lui ont donné des billets et accès aux joueurs pour un match. 

Dans sa ville, un centre de don est né, pour les gens dans le besoin, qu'on a nommé "Ace" en son honneur.

Thalia Thomas est une patriote.

Née de la compassion sans questions. 

Une faiblesse pour les MAGA.

Bonne fête aux vrai(e) patriotes des É-U. 

Mort à MAGA. 

USA USA USA USA c'est devenu un nouveau chant Nazi.

vendredi 3 juillet 2026

Grand Coeur /Rancoeur

Je suis parfois trop sensible. 

Il y a ce commerce tout près, mal situé, trop près d'un boulevard où on passe trop vite et presque directement dans le quartier industriel. La cour arrière est en fait, carrément le quartier industriel et en face, c'est aussi le quartier industriel alors aussi bien dire que ce commerce, de restauration, est littéralement DANS le quartier industriel.  

Auparavant c'était une branche de franchisé de restauration rapide connue au Québec. Franchisé qui, contrairement aux autres de la même bannière, s'offrait aussi comme bar sportif. Deux grands écrans géants, peut-être trois, et plusieurs tables, un endroit idéal pour des partys de compagnie, ce que je soupçonne qui soit maintes fois arrivé. Une des fois que je m'y suis rendu, c'était plein de gens qui avaient des allures de motards, mais dehors, dans le stationnement très visible du boulevard, il n'y avait absolument aucune moto. Peut-être tous le même genre de voitures, je ne sais trop, je ne suis aucunement la référence en ce qui concerne les voitures ne connaissant jamais spontanément l'année de la mienne. Question d'intérêt. Mais cette fois, pour une rare fois, c'était tout à fait plein. De mâles surtout. Qui m'avaient remarqué entrer justement car ce devait être un moment où tout le monde se connaissait, mais ne me connaissait pas, moi. Quand j'y allais, c'était toujours pour une commande à prendre et aller manger chez moi. Seul, avec les enfants, avec la belle et les enfants. 

Plus je vieillis, plus c'est comme ça, si il y a eu un temps où je voulais qu'on me remarque partout, j'en suis rendu à l'âge où j'ai surtout envie d'anonymité. Presque partout. Même au bureau. Où j'ai le bureau...HAHA!...le cubicule!, le plus dans le coin, et je fais mes affaires tranquilles. Mais chrissement occupé. 

Quand je me rendais à ce resto, pour un pick & go, j'espérais l'impossible. Être ce client anonyme qui commande, prend, quitte.  Mais non. Y avait jamais personne dans cet endroit trop grand. Des fois, le samedi soir, je pouvais voir la fille, dans la trentaine, qui opérait la caisse et une table où y mangeaient quelques gens en regardant le match des Canadiens de Montréal sur grand écran. Si je ne me trompes pas, une table de billard y était aussi. Elle ne manquait personne qui entrait dans le resto. Son partenaire/collègue/patron/employé, beaucoup plus imposant physiquement, sortait aussi de la cuisine et venait voir qui arrivait. On me parlait comme si on était mon ami. On faisait des blagues. On voulait en savoir trop pour quelque chose que je ne voulais que transactionnellement drabe. C'était inconfortable de SURservice à la clientèle. Trop. 

Et ce qui m'affectait davantage, pour ces 2 jeunes trentenaires, c'est que je me voyais. Ils travaillaient trop forts pour ce que ça devait leur rapporter. Le peu de fois que j'y ai été, ils m'ont fait de surplus dans la cuisson qu'ils m'ont gentiment ajouté dans mea commandes sans que je leur demande et la technique était bonne. J'y suis retourné parce que justement, c'était sympathique de leur part, ils cuisinaient fort les eaux de la sympathie pour le client. et même cette fois où il y avait tous ces pas-motards-mais-qui-en-avaient-tous-l'air, tout le monde m'avait remarqué arriver, commander et sortir. La familiarité était obligée. 

Je disais avoir un peu pitié d'eux qui ne devaient pas arriver aux fins de mois. Ce qui a été confirmé il y a quelques mois, les proprios ont changé, c'est maintenant une enseigne qui me semble grecque. On tout rénové. C'est presque chic. Y a la face du nouveau proprio à même l'enseigne. Ils sont si neufs qu'ils n'ont pas de menu sur le net et leur adresse est l'ancienne (ils ont en quelque sorte déménagé), Je passe tous les matins et tous les 15h30 devant. Samedi dernier, on a eu envie de "manger mou". J'y suis donc allé. Encore naïvement pensant que j'y serais anonyme. PFFFFFFFFFFFFFFFFFF! il n'y avait qu'une auto dans le stationnement. Probablement celle du jeune couple à l'intérieur. Du frère ou de la soeur. Des deux jeunes, dans la vingtaine cette fois, qui m'ont accueilli. pas avant que je ne bouge mes clés du comptoir pour faire sentir ma présence dans cet endroit si désert. Encore. Il y avait un menu sur papier que je consultais pour m'occuper. Mais quand j'ai passé nos commandes, elle est restée devant moi pendant que le gars cuisinait nos plats. Ça m'a semblé éternel. Je n'avais pas envie de small talk. Je voyais bien qu'ils allaient vouloir vendre eux aussi, un jour. Ils semblaient si surpris de me voir, et si convaincus qu'il n'y aurait personne qu'un de leur téléphone cellulaire trainait sur une table près de la porte et un autre sur le comptoir, loin de la caisse. 

J'ai accepté de payer nos petites poutines beaucoup trop chers parce qu'ils ne feront pas tant d'argent. 16.5 $ Tout en me disant ce qu'on devrait tous tout le temps se rappeler: LES RESTAURANTS SONT UN LUXE. Mais mon grand coeur avait encore pitié de ces pauvres investisseurs. Tout en me disant tout le temps, if you can't take the heat, get out of the kitchen

Le lendemain, autre ton. Magasin grande surface dont je tairai le nom. Là où paie une carte annuelle pour avoir le luxe de payer pour toutes sortes de choses.

Malgré les écouteurs, sollicité à l'entrée, sollicité aux caisses, sollicité à la sortie.

Hostie. Sur une chanson de The Cure dont je vous demande d'écouter attentivement les deux dernières lignes. Je vous invite aussi à visionner ce que le personnage du capitaine Rex Kramer a fait dans le film Airport, en 1980. 

J'y ai songé. Cessez de nous harceler, il n'y a aucune chance que vous ne vouliez nous faire des aubaines. C'est soit A) vous pourrez dépenser plus ou B) on va faire plus d'argent avec vous. Y a pas de C. FUCK OFF!

Prochaine fois, je traine ma canne de RAID. 

jeudi 2 juillet 2026

Pêcher (Par Chance)

Vous connaissez le concept des films de la franchise Final Destination ? Une série de coïncidences qui arrivent et provoquent les pires choses. 

Laissez moi vous proposer le scénario inverse. Une histoire vraie. Le pire survient, et une série de coups de chance mènera à une résolution. Par multiples chances.  

Le 28 juillet 1996, vers 5 h du matin, en Angleterre, le premier coup de chance se produit. Deux pêcheurs trouvent que ça ne mord pas. Ils choisissent alors de changer de lieu et de se rendre là où personne jamais ne va. Ils lancent leur filet à l'eau qui se rend jusqu'au fond et en retireront le cadavre d'un homme. Ils appellent tout de suite la police et on découvre un homme non identifié, un corps étonnamment en bonne condition considérant qu'il avait mariné on ne sait pas combien de temps, mais maintenant on devine que ça ne faisait pas si longtemps, et comme les lieux sont escarpés et qu'il est facile de tomber à l'eau s'y on s'y aventure, on conclut rapidement à un probable accident. Comme il porte une Rolex au poignet, et que la montre s'est arrêtée le 22 juillet, on comprend aussi que ça fait quand même 6 jours qu'il est à l'eau. Personne n'avait signalé quelqu'un de disparu. 

Les examens post mortem révèlent qu'il a des contusions derrière la tête et sur une jambe, mais on conclut que tout ça peut avoir été fait sur un bateau duquel on serait tombé ou d'une roche. On avait quand même besoin de l'identifier. Ses poches ont été vidées. On a alors appelé Rolex pour leur demander si ils avaient des entrées de clients auxquels ce type de montre serait vendu et c'était effectivement le cas. On leur a envoyé le # de série, et on identifié Ronald Joseph Platt. Coup de chance qu'il eût encore sa Rolex. 

On découvrira qu'il louait une sorte de chalet dans l'Essex et on appellera la personne contact de ces chalets, un certain David Davis. Il accepte de rencontrer les policiers quand il apprend la triste nouvelle. Il leur expliquera qu'il le connaissait bien, qu'il lui avait même prêté de l'argent pour qu'il parte voyager en France et qu'il le pensait là. Il leur enverra deux photos qu'il avait de Ron qui confirment que c'est le même homme, un tatou de la feuille d'érable sur la main le valide aussi. Il était Canadien d'origine. Pour la police c'est toujours un accident. Ils n'ont que quelques formalités à faire remplir à David. Mais ce dernier ne répond jamais aux appels. 

On envoie donc un policier sur place, pour lui parler. Il y 4 chalets dans cet endroit. Aucune n'a un # de porte où n'est identifié au nom du chalet, Little London Farmhouse. On ne sait donc pas à qui s'adresser. On sonne à une première maison. Un couple âgé ouvre et leur demande qui il veut rencontrer.  Il dit le nom du chalet, ils confirment que c'est à côté. La prochaine maison, Le policier dit aussi qu'il cherche David Davis. Le couple lui dira qu'ils ne le trouveront pas à côté toutefois, celui qui y habite est Ron Platt...

...le mort. 

Ok. L'accident commence à être écarté. Autre coup de chance, on pense que Davis vit sous l'identité de Platt. Si il répond au téléphone, on ne se rend pas chez les voisins pour découvrir ça. Davis/Platt vit avec sa femme nettement plus jeune que lui. Et ils auraient déménagés, ne se servant de l'endroit que comme chalet. On retourne alors vers les pêcheurs qu'ils ont aussi remonté dans leur filet. une ancre. Que les pêcheurs ont donné à une amie, qui elle, l'a donnée à sa mère, pour qu'elle la vende. Autre coup de chance, elle ne l'a pas fait. On récupère l'ancre. Ce sera immensémment important.

On parle au frère de Platt qui confirme que Ron était marié à Élaine Boyes jusqu'en 1993. Elle sera choquée, contrairement à Davis qui n'avait montré aucune émotion, d'apprendre la nouvelle. Elle leur dira qu'ils avaient rencontré, Ron et elle, Davis en 1991. quand il était entré au commerce où travaillait Élaine comme réceptionniste. Davis lui propose un emploi, elle refuse disant qu'elle et Ron projettent de retourner vivre, au Canada. Mais Davis la convainc en disant qu'il pourra la payer encore plus que n'importe où ailleurs. Elaine le présentera à Ron. Ils deviennent inséparables. David met sur pied une compagnie appelée The Cavendish Corporation, une compagnie qu'il garde opaque car c'est du blanchiment d'argent, et demande à Ron & Elaine d'en être les directeurs. Il ne veut pas son nom associé, car il aurait cette ancienne épouse qui voudrait lui soutirer une fortune en séparation et son nom ne doit pas être ainsi exposé à des gros sous. Qu'il a, définitivement. Noël 1992, ils le passent ensemble, Davis étant avec sa fille, qui répond aux questions, mais consultant toujours du regard, son papa. 

Pour Noël, David leur achète 2 billets pour le Canada, qu'ils doivent honorer dès février 1993. C'est si vite, mais ils le feront. Ils resteront directeurs de la compagnie, Ron n'a donc pas besoin de ses papiers d'identification, de son permis de conduire anglais, il laisse tout ça derrière. David s'organise aussi pour forger leurs signatures en leurs noms, pour la compagnie. 5 mois plus tard, le couple Platt/Boyes ne survit pas. Quand Elaine se rend seule à un mariage, en Angleterre, elle choisit de ne plus revenir et de rester en Angleterre. À ce mariage, se trouvera aussi David Davis. Ils sont proches à ce point. Ce qui rend son comportement sans émotion face à la nouvelle de la mort de Ron, inexplicable. 

Enfin, de plus en plus explicable, mais à prouver. 

Le retour d'Elaine ne fait pas l'affaire de Davis. Il vit sous le nom de Ron Platt. Après le mariage, Elaine et lui ne se croisent plus, ne se parlent plus. Il s'est laissé pousser la barbe. En 1996, avec le vrai Ron Platt trouvé mort, Elaine et lui se parlent finalement au téléphone et il ne lui dit rien sur Ron Platt, même si il sait alors, qu'il est mort. Il répond aussi qu'il n'a pas entendu de ses nouvelles, ce qui est faux. La police a assez de matériel pour l'arrêter. Ne serais-ce que pour personnification frauduleuse. On verra ensuite. En raison de son accent qui n'est pas Britannique, on le pense des États-Unis, potentiel meurtrier, et peut-être armé. On en a peur. Une escouade armée fera l'arrestation. 

En le fouillant, on découvre des identifications au nom de Davis et au nom de Platt. On trouve chez lui de l'or et beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup d'argent. Des tableaux de grande valeur, de la richesse. On trouve la bateau de Davis et des traces de sang de Ron Platt sur ce bateau. L'ancre y est associée par une facture que Ron Platt aurait eu dans les mains lui-même, son ADN est dessus. 

Le pathologiste confirme que ceci correspond parfaitement scientifiquement à l'ancre qui semble l'avoir frappé Platt dans les jambes et derrière la tête, et que même la ceinture de Platt, avait du zinc liée à cette même ancre qui devait y être attachée. Les employés qui ont vendu, par chance, y travaillent encore, on se souvient des 2 hommes à qui ils ont vendu, car l'ancre ne pouvait pas s'agencer au bateau que Davis avait. Qui avait déjà une autre ancre, appropriée. 

Le vrai David Davis
Envoyant les empreintes digitales à Interpol, on découvre, par chance à nouveau, qu'il ne s'agit pas de David Davis, mais d'Albert Johnson Walker, fraudeur Canadien sur la liste de plus recherchés d'Interpol, fraudant plus de 70 canadiens, avant de disparaitre. Plus de 3.2 millions de dollars. 

On découvre qu'il avait fuit par le passé, son mariage de sa femme canadienne et de ses 4 enfants, avec une de ses filles, celle de 15 ans, sous faux prétexte qu'ils allaient en voyage de ski, mais en vrai, changeaient tous deux de pays. Et de vies.« 

Il devient en Angleterre, David Davis, une victime canadienne d'une de ses fraudes. Le puzzle est facile à assembler. Johnson Walker se sauve avec sa fille, devient Davis, fait la rencontre du couple Boyes/Platt, les fait s'investir dans ses affaires. Les renvoie au Canada, devient Platt entretemps, mais Boyes revient. Ça déjoue ses plans. Si vous ne l'avez pas encore deviné, sa très jeune "femme"...EST sa propre fille...hewww....Atroce pêché de luxure. Autre vie de ruinée par lui.


 En 1995, le vrai Ronald Platt est revenu lui aussi, à Essex. Les plans de David Davis, qui vit sous le nom de Platt, était ruinés. En 1996, il l'invite en bateau et vous comprenez la suite. 

Ne trouvant jamais la date du meurtre présumé, la Rolex a beaucoup aidé à préciser. Autre coup de chance. 

Le jury ne prendra que 2 heures pour décider qu'Albert Johnson Walker devra passer le restant des jours en prison. En Ontario, près de sa vraie famille. 

À 29 ans, sa fille a parlé pour la première fois, contre son père, le traitant de ce qu'il était, un manipulateur fraudeur, qui en avait aussi fait sa victime. Elle aurait préféré qu'il pourrissent dans les prisons d'Angleterre et y meurt. Elle en a toujours peur et le sachant au Canada, elle a peur d'une liberté précoce qui serait toute canadienne, si il se comporte bien.

Puisqu'il est maitre manipulateur, il sait comment jouer ses cartes.

Il a demandé d'être libéré en 2021, mais ça lui a été refusé.

Par chance.  

Il a 75 ans.     

Ce monde est parfois si sale.

Une prison de Colombie-Britannique devrait être sa destination finale.

mercredi 1 juillet 2026

Cinema Paradiso***************Gaz Bar Blues de Louis Bélanger

Chaque mois, dans ses 10 premiers jours, tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu) je vous parle de l'une de mes 3 immenses passions: Le cinéma !

Je l'ai surconsommé, le surconsomme encore, l'ai étudié, en fût double diplômé, y ait travaillé. ne fût récompensé, en suis sorti, mais le cinéma n'est jamais sorti de ma personne. 

Je vous parle d'un film qui m'a marqué par son histoire, sa distribution, sa réalisation, son thème, ses sujets, son traitement, sa musique, sa cinématographie, son audace, bref, je vous parle d'un film dont j'ai aimé pour pas mal tous les choix. 

Et vous dit un peu pourquoi.

GAZ BAR BLUES de LOUIS BÉLANGER.

Ma mère, maintenant à la retraite, enseignait dans le quartier le plus pauvre de la région de Québec. Là où on y place tous les émigrés désorientés qui souvent, ne parlent même pas la langue française. On a même hébergé chez nous, pendant un certain temps, quelques cas de DPJ. Louis n'était pas de ces cas de DPJ. Mais sa famille était modeste. Et il était un de ses élèves. Elle avait remarqué que le plus jeune de cette famille qui comprenait Guy, un grand frère qui sera son complice musical pour ses films, et des soeurs plus âgées, était doté d'une belle énergie saine et était débordant d'imagination. 

Il filmera d'ailleurs toujours la classe populaire, les gens ordinaires, et le milieux modestes avec un immense respect et une belle dignité. Son regard sur les inégalités et sa fibre sociale ont été forgé dans sa jeunesse et sa vision n'est jamais misérabiliste, mais profondément humaine. 

Son second long métrage, après l'excellent Post Mortem, est offert 4 ans plus tard. En 2003. 

Le film raconte la lente disparition d'un monde: celui des petites stations-service indépendantes de quartier, des commerces familiaux et des communautés soudées qui résistaient encore à la modernisation. Derrière son apparente simplicité, le film propose une réflexion profonde sur la famille, le changement social, le travail et l'identité québécoise. 

L'histoire se déroule en 1989, une année symbolique marquée par de grands bouleversements internationaux, notamment la chute du mur de Berlin. Pendant que le monde change rapidement, François Brochu, surnommé "le boss", tente de maintenir en vie son Gaz Bar Champlain avec l'aide de ses trois fils. Veuf et atteint de la maladie de Parkinson, il s'accroche à son commerce comme à un dernier rempart contre le temps qui passe. Mais tout semble conspirer contre lui. La concurrence des stations libre-service, la criminalité du quartier (celui où j'ai erré, ado ou ma mère a enseigné), les difficultés économiques et surtout le manque d'intérêt de ses enfants pour l'entreprise familiale. 

Le personnage de François Brochu interprété avec beaucoup de sensibilité par Serge Thériault, constitue le coeur émotionnel du film. Il représente une génération qui a bâti sa vie autour du travail et au sens du devoir. Pour lui, le gaz bar n'est pas seulement un commerce, c'est un lieu de rencontre, un espace social et un héritage qu'il espère encore transmettre à ses enfants. Son plus grand rêve est de voir ses fils prendre la relève. Pourtant, il doit accepter que chacun a aussi envie de suivre sa propre voie. 

Les 3 fils incarnent justement autant d'attitudes face à l'avenir. L'ainé Réjean veut devenir photographe. Et s'intéresse à ce qui se passe dans le monde et non au commerce familial. Fasciné par les événements internationaux historique et veut parti à Berlin immortaliser l'histoire. Guy, le second fils, le vrai nom du frère de Louis, et la vraie histoire aussi, joue de l'harmonica dans un groupe de blues. Quand au plus jeune, Alain, il est le seul à montrer un réel intérêt pour la station-service. Même si il est encore beaucoup trop jeune pour en assurer la responsabilité. Fanny Mallette joue une grande soeur. À travers ces personnages, le film illustre le conflit classique Pagnolien* entre les aspirations individuelles et les attentes familiales. Louis s'est scénarisé en deux frères. Le plus vieux et le plus jeune. Son père était propriétaire d'une station-service de quartier, il puise dans sa propre réalité. 

Retraités, travailleurs, flâneurs, rêveurs, habitués du quartier trainent autour du Gaz Bar Champlain. On y tue le temps. l'atmosphère est fraternelle et authentique. Le commerce héberge une communauté permanente et de passage. Les liens humains comptent davantage que la rentabilité. Mais cette communauté est menacée par les transformation économiques de la fin des années 80. L'arrivée des stations-services libre-service représente plus qu'une simple concurrence commerciale, elle symbolise un nouveau modèle de société où l'efficacité , la productivité et le profit prennent le pas sur les relations humaines. Son Gaz Bar, prompt au rassemblement social, est une institution vouée à disparaître. Le film évolue sans nostalgie excessive, mais avec une certaine mélancolie. C'est une chronique et non un film d'action.

La métaphore de Berlin, la révolution intérieure auto destructive chez François Brochu, les grandes transformation obligent des bouleversements. Guy Bélanger signe la trame sonore blues. Personnage autant que l'acteur qui le joue, le toujours excellent Danny Gilmore. L'humour et les personnages sont attachants. La tendresse caractérise l'oeuvre. Une certaine masculinité y est exposée. Aux émotions refoulées. Déviées par l'orgueil. François aime profondément ses enfants mais peine à le montrer. Cette incapacité à se communique est source de conflits. La maladie de Parkinson limite François. On y voit du déclin, mais aussi de la pousse vive. 

Le film gagnera plusieurs prix, Le Grand Prix du Festival de Films de Montréal, dès 2003, le Jutra du meilleur acteur à Serge Thériault et celui de la meilleure musique de films, à Guy Bélanger. Son premier film avait gagné pas moins de 10 prix, soit 7 pour Louis, 2 pour ses acteurs Gabriel Arcand et Sylvie Moreau, et un pour sa monteuse, Lorraine Dufour. 

On a tous envie d'humanité. 

Encore plus depuis 10 ans. Ce film nous montre du déclin, mais aussi, de l'espoir. 

Habilement.  

Bonne fête Canada, tu as 159 ans, aujourd'hui. 

Dans le monde en déclin actuel, tu es aussi espoir. Chez les pauvres, tu peux aussi de grandes choses. 

* Le film sera adapté en pièce de théâtre au Québec, pays intérieur du Canada.  

mardi 30 juin 2026

5 Fins de Films Parfaites (Divulgâchis Promis)

Une bonne fin de film ne se contente pas de simplement clore l'intrigue. Elle transforme l'expérience du spectateur et détermine la postérité de l'oeuvre. Elle réalise le rêve tous les artistes.

Marquer durablement. 

Par l'effet de mémorisation le public se souvient avant tout des dernières minutes d'un film. C'est ce qui m'est arrivé avec la fin de Jojo Rabbit que j'ai pleuré deux fois. Même si ce n'était que beau. Même si je savais, la seconde fois, ce qui s'en venait. Je pense à ce film, je pense à cette scène. Oubliant même une scène horrifiante dans ce même film. Ma mémoire choisit le beau avec l'âge. Une fin iconique (comme un twist magistral à la Sixth Sense ou The Usual Suspect fait entrer le film dans l'histoire et peut lui donner la statut de film culte. L'impact émotionnel maximisé provoque la catharsis qu'il s'agisse de larmes de soulagement (La Petite et le Vieux) ou de terreur (Requiem For a Dream). 

Quand c'est bien fait, la cohérence narrative révèle le véritable message du réalisateur et unit toutes les scènes précédentes. Un bon dénouement donne envie de revoir le film sous un autre angle pour repérer les indices cachés. La satisfaction de la résolution psychologique peut même changer nos visions de certaines choses. Elle scelle aussi parfois le destin de certaines personnages de manière logique, inévitable, surprenante et renforce une dimension tragico-héroïque.

Je me suis limité à 5 divulgâchis pour ceux et celles qui n'auraient pas vu ces films et souhaiteraient le faire prochainement. 

Humblement vôtre. Par ordre de sortie.

The Godfather. 1972. 

Le cinéma à l'état pur, la découverte par l'oeil. Kay regarde son mari de loin dans son bureau. Elle ne reconnait plus son mari, Coppola étire le moment suffisamment longtemps pour que nous voyions le mariage mourir en direct. Chaque scène qui a précédé entre Kay & Michael parait plus sombre encore. Le film qu'on vient de voir est une saga criminelle. La dernière scène nous rappelle une tragédie sentimentale. On ferme la porte. Elle est coupée de son monde.  

The Truman Show. 1999.

Truman sort par la porte en le film se termine avant d'en relever ce qu'il voit de l'autre côté. Peter Weir avait compris que nous le montrer faisait un film plus faible. Sa liberté n'est pas la destination mais le pas qu'il faisait pour s'y rendre. La blague finale tombe sur le spectacteur qui s'attend à voir quelques chose, mais dans lequel on a assez confiance pour ne pas sentir le besoin de s'expliquer. Comme le contenu de la mallette de Pulp Fiction.

No Country For Old Men, 2007.

Tommy Lee Jones raconte deux de ses rêves et le film se clôt sans résolution inconfortablement. Les frères Coen terminent leur excellent film  avec un vieux shérif qui a échoué à freiner le mal racontant ses 2 rêves à sa femme impliquant son père décédé, le "méchant" non capturé, aucune justice d'honorée, simplement une homme trainant quelque chose qu'il n'arrive pas à nommer. Chaque poursuite et moment où il passait si près menait le film là. 

Inception. 2010.

Le top continue de tourner et le film tombe au noir avant que l'on sache si ça réussit ou pas. Nolan a confirmé ne pas vouloir le révéler. Le détail qu'il voulait important étant que Cobb ne regarde plus le top et jette un regard à ses enfants à la place. Que ça réussisse ou non, il a choisi le moment et non le résultat. L'ambiguïté n'est pas à propos de la réalité, mais à propos de ce que tu choisi de vivre. 

Parasite. 2019. 

Ki-Woo lit la lettre en code morse à son père, et la fantaisie de l'évasion se révèle issue de son imagination. Le réalisateur Coréen Bong Joon-Ho la fin que Ki-Woo s'écrit mentalement. Sauver assez d'argent, acheter la maison et libérer son père. Puis la caméra nous montre Ki-Woo dans les mêmes marches du même sous-sol, plus vieux, rêvant toujours, beau et impossible à la fois. Oscarisé parce que formidable. 

Mentions honorables à The Shawshank Redemption, The Planet of the Apes, The Graduate, Blade Runner, Some Like it Hot, Sunset Boulevard, Casablanca, Field of Dreams, Dead Poet Society, Sinners, Seven, Stand By Me, The Mist, One Flew Over the Cuckoo's Nest, No Way Out, Whiplash.