vendredi 7 août 2026

5 Premiers Albums Solos Après Avoir Quitté Son Band

Y en a des tonnes. 

J'ai mis du temps à comprendre que Bob Mould et Hüsker Dü étaient associés. Ou que Donald Fagen et Steely Dan étaient aussi associés. Qu'Alison Moyet et Yazoo étaient aussi associés. Je pourrais continuer longtemps comme ça.

Y en a plein que vous ne saviez surement pas qui étaient de band auparavant. (Van Morrison: Them, Feargal Sharkey: The Undertones, Peter Murphy, Bauhaus, etc.)  

Je  ne vous propose donc pas les 5 seuls premiers albums de 5 artistes qui ont alors choisi de quitter leurs bands. 

Mais je vous en propose 5 que j'ai adoré. Adore encore. 

Entre janvier 1972 et octobre 1987.

Les 15 premières années de ma jeune vie. 

Vous n'êtes pas obligés d'aimer. Moi j'ai aimé. 

Aime toujours.

24 janvier 1972. Paul SimonDans 11 jours, je nais. Ziggy Stardust aussi, dans ses 11 à 15 jours là, Faites vos recherches, c'est vrai.

Libéré de la tension qui naissait entre Art Garfunkel plus axé sur le lyrique et l'orchestral et lui,  Paul qui avait lancé un premier album solo en 1965, mais ici lançait son premier APRÈS plusieurs années en duo, se concentrerait davantage sur le folk, les musiques du mondes, le reggae jamaïcain et les percussions latines. Et ce, de manière croissante pour le restant de sa carrière. Avec succès. Il enregistre justement en Jamaïque, avec un héros local, Jimmy Cliff, agiles guitares acoustiques côtoient sifflement joyeux et folk intimiste.         .

25 février 1977. Peter Gabriel (Car)

En 1973, Mike Rutherford, Phil Collins, Steve Hackett et Tony Banks composent la majorité des musiques de Genesis. Mais c'est Peter Gabriel qui a toute la place journalistique, car sur scène, il est très théâtral et spectaculaire dans ses costumes et personnages. Gabriel insiste alors pour tout faire tout seul, ou presque, pour l'album double qui sera le dernier du band. Ensemble. Ça ne marchera pas, si on lui laisse le concept, tout le monde y met du sien, mais le schisme est créé. Après la tournée de 1975, Gabriel annonce qu'il quitte le band pour le bien de tous. Ça le stresse quand même car il évoque sa nouvelle carrière dès son premier single qui sera si populaire qu'il placera l'album dans le top ten des ventes toute l'année. Un album. comme ses 4 premiers, sans titre, PG détestant titrer les albums. On a appelé les 4  premiers par ce qu'on y voit sur la pochette.(Car, Scratch, Melt, Security) Car sera surécouté de ma part. Éclectique, moderne, personnel, toujours un peu théâtral dès le départ et même barber shop. Libéré semble être ce que hurle cet album.  Le canadien Bob Ezrin à la prod.

25 juin 1984. Brilliant Trees de David Sylvian

Japan se sépare en 1982. David propose une rupture avec le new wave dont il était issu avec son band, et croise jazz, ambient, musique du monde, presque new age. Ryuichi Sakamoto, multi instrumentiste, spécialiste des claviers, Holger Czukay, aussi multi instrumentiste et co-fondateur de la formation de krautrock allemande, Can, et le trompettiste de jazz Jon Hassel aideront Sylvian à signer avec une certaine élégance, des textures sonores parfois minimalistes flirtant avec l'expérimental, et une part d'avant-gardisme, son premier effort solo. Art pop. Chic avant gardisme et ambient moderne seront son carrée de sable dans le futur. Pas seulement "brillants arbres", brillantes premières pousses. En tout cas pour mon oreille.     

17 juin 1985. The Dream of The Blue Turtles de Sting. Son second est aussi un bijou pour mes oreilles. Étrangement peu m'intéresse du reste. 

30 octobre 1987. Faith de George Micheal.

Après la dissolution de formation Wham ! en 1986, George, pas encore publiquement confessé homosexuel, passe d'idole des adolescentes à celle de superstar planétaire avec pas moins de 7 singles sur 9 morceaux. GM prend un an à tricoter cet album en disant ouvertement vouloir être évalué au même niveau que Michael Jackson ou Prince. Il veut soul, rock, funk, jazz, R & B, pop, folk, adulte et non inspiration pour adolescente/adolescent. 25 millions d'exemplaires seront vendus et il ne fera jamais plus ça pour un album. 8 millions, son suivant, seront ses meilleures ventes. George y fait à peu près tout sur cet album. À la Prince. Et atteint la super célébrité, à la MOJO.   

Y en aurait plein d'autres, vraiment plein d'autres, George Harrison, Phil Collins, Stevie Nicks et Lauryn Hill ont aussi été considéré(e)s. 

jeudi 6 août 2026

aLdouS huxley & la Drogue

Lorsqu'on évoque le nom d'Aldous Huxley, l'esprit se tourne immédiatement sur cette lecture obligatoire de l'école secondaire ou du CEGEP,  son chef d'oeuvre dystopique Brave New World. Publié en 1932. Roma obligatoire en Lettres, sous le titre francophone, Le Meilleur des Mondes.  
Dans ce roman prémonitoire, l'auteur britannique décrivait le soma , une drogue fictive  distribuée par l'État pour anesthésier les souffrances de la population, effacer l'individualité et maintenir un contrôle social absolu. À cette époque, Huxley percevait les paradis artificiels avec un profond scepticisme, les assimilant à des outils d'aliénation politique, de passivité et de destruction de l'esprit critique. 

Pourtant, deux décennies plus tard, la trajectoire intellectuelle et philosophique de l'écrivain va radicalement bifurquer. Installé en Californie, affligé par une cécité partielle et engagé dans une quête perpétuelle de réponses mystiques, Huxley va s'intéresser de près aux avancées de la psychiatrie d'avant-garde. Loin d'être un consommateur récréatif en quête d'évasion banale, il absorbe les substances psychédéliques comme un chercheur rigoureux, un cartographe de la psyché humaine, convaincu que ces molécules recèlent la clé d'une compréhension supérieure du cosmos et de la spiritualité. 

Le tournant décisif se produit le 4 mai 1953, dans sa maison des collines de Hollywood. Huxley est alors en contact avec le psychiatre Humphry Osmond qui étudie à cette époque les liens entre la schizophrénie, la biochimie cérébrale et la mescaline (l'alcaloïde actif du cactus peyotl). Intrigué par la possibilité  que cette substance puisse altérer la perception sans obscurcir la conscience, l'écrivain se propose comme un cobaye volontaire. Sous la supervision directe d'Osmond, il dissout 4 dixième de gramme de mescaline dans un verre d'eau et l'ingère. 
Ce que Huxley s'attendait à trouver -un flot de visions colorées et d'hallucinations les yeux fermés - s'avère bien fade comparé à ce qu'il vit les yeux grands ouverts. Les effets se manifestent par une métamorphose totale de sa perception visuelle du monde ordinaire. En regardant un simple vase contenant 3 fleurs (une rose, un oeillet et un iris), l'écrivain est foudroyé par la beauté intrinsèque de la réalité pure. Il ne voit plus des objets géométriques ou des étiquettes linguistiques, mais "ce que l'homme des origines avait vu au matin de sa création; le miracle, instant après instant, de l'existence nue. 
Les pieds en bambou d'une chaise de jardin lui apparaissent d'une tubularité miraculeuse, vibrant d'une lumière intérieure divine. Le temps chronologique s'efface au profit d'un éternel présent, l'espace perd son importance utilitaire et l'ego de l'écrivain se dissout complètement pour fusionner  avec l'univers. Cette expérience, qu'il qualifie de purement mystique, va modifier à jamais sa conception de l'esprit humain et de la métaphysique.

Dès 1954, Huxley consigne les détails théoriques et empiriques de cette journée mémorable dans son essai majeur The Doors of Perception. Le titre lui-même emprunte au poète visionnaire des États-Unis, William Blake qui va comme suit :" Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme telle qu'elle est, infinie". 
Dans cette ouvrage, Huxley formule une théorie psychologique audacieuse. S'appuyant sur les idées du philosophe français Henri Bergson, il avance que la fonction principale du cerveau , du système nerveux et des organes sensoriels est une fonction d'élimination et non de création. Pour survivre au quotidien, l'être humain a besoin de filtrer l'immensité de la réalité afin de se concentrer uniquement sur les informations biologiquement utiles (comme manger, éviter le danger, travailler. Le cerveau agit donc comme une "valve de réduction", réduisant la réalité totale à un mince filet de perceptions dicté par le langage et les symboles. 

Selon Huxley, la mescaline désactive temporairement cette valve de réduction sans altérer la clarté intellectuelle. En inhibant les enzymes qui alimentent le cerveau en glucose, la drogue ouvre grand les portes de la perception, laissant affluer ce qu'il appelle "l'inspiré libre" . L'individu accède alors à une vision non filtrée du monde, une expérience directe de la transcendance où le sujet et l'objet ne font plus qu'un. 
À la suite de cette révélation, Aldous Huxley poursuit ses investigations  en expérimentant le LSD-25, une molécule synthétisée par Albert Hoffman qu'il teste sous la direction du docteur Sidney Cohen, au milieu des années 50. Si la mescaline offrait une contemplation esthétique extérieure, le LSD propulse ALDouS dans des explorations intérieures encore plus profondes. Ces séances introspectives confirment sa croyance en "l'absolu" et ne l'interconnexion spirituelle de toutes les traditions religieuses à travers l'histoire, un concept qu'il nomme la philosophie éternelle. 

Huxley refusait les étiquettes médicales et leurs conclusions qui réduisait les expériences à de simples épisodes hallucinogènes, ou qui miment la psychose. L'expérience n'est pas que divine extase ou anomalie de pathologie mentale. 
Lors d'une correspondance importance entre Huxley et Humphry Osmond, les 2 hommes cherchent un nouveau terme pour qualifier ces molécules. Écrivain, donc prompt à la prose, Huxley propose une rime: " To make this trivial world sublime, Take a half  a gram of phanerothyme". Osmond lui répond alors :"To fathom hell or soar Angelic, just take a pinch of psychedelic." Le mot psychédélique nait. 

L'impact profond de ces drogues sur la pensée d'Aldous Huxley trouve son apogée dans tout dernier roman, en 1962, Island, conçu explicitement comme le miroir utopique, lumineux et optimiste du Meilleur des Mondes.  Sur l'Île fictive de Pala, située dans l'océan Indien, la société a réussi la symbiose parfaite entre les avancées scientifiques de la médecine occidentale et la spiritualité orientale, notamment le bouddhisme tantrique. 
Au coeur de cette société idéale se trouve la médecine moksha (un terme sanskrit signifiant libération ou émancipation). Contrairement au soma aliénant qui asservissait et abrutissait les masses pour le compte d'un État totalitaire, la médecine moksha est un dérivé de champignon magique psychédélique utilisé de manière hautement rituelle, éducative et thérapeutique. Les jeunes initiés la consomment lors de rites de passage encadrés pour briser les illusions de leur ego, surmonter la peur névrotique de la mort et ressentir physiquement l'unité sacrée de tout ce qui vit. Par cette fiction, Huxley démontre de manière magistrale que la valeur d'une substance ne réside pas dans la molécule elle-même, mais dépend entièrement du contexte culturel de l'éducation et de l'intention morale qui entourent son usage. 

La dévotion d'Huxley ne s'est pas arrêtée à ce dernier roman. Elle l'a accompagné avec une cohérence  absolue jusqu'à son dernier souffle, le jour même où toute l'attention du monde est captivée par l'assassinat du président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy. Le 22 novembre 1963. 
Atteint d'un cancer de la gorge et incapable de maintenant parler, convaincu que la mort n'est pas la fin, il griffonne d'une main tremblante sa dose souhaitée, "100 g de LSD, intraveineux, dans le muscle". Sa partenaire de vie exécute ses dernières volontés en lui lisant des passages du Livre des Morts Tibétain,  et il trépasse dans une sérénité et une paix absolues. 
Faisant de son décès, sa toute dernière expérience contrôlées.

10 ans après la création du mot psychélique, la formation musicale composée de Jim Morrison, Robbie Krieger, Ray Manzarek et John Densmore choisit le nom de The Doors pour enrergistrer son premier album, en Californie, inspiré du livre d'Huxley The Doors of Perception

Il y a 60 ans, cette année.     

mercredi 5 août 2026

Cinema Paradiso**************Once de John Carney

Chaque mois, dans ses 10 premiers jours, tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu), je vous parle de l'une des mes 3 immenses passions: Le Cinéma !

Je l'ai surconsommé, le surconsomme encore, l'ai étudié, en fût triple diplômé, y ai travaillé, y ai été primé, en suis sorti, mais le cinéma ne m'a jamais quitté. 

Je vous parle d'un film dont j'ai aimé l'histoire, les interprètes, le sujet, la réalisation, la musique, le montage, le ton, l'audace, bref je vous parle d'une musique dont j'ai aimé pas mal tous les choix. 

Je vous parles souvent d'un film que j'ai dans ma vaste collection de DVD. Ce n'est pas le cas ici, mais je compte désormais tenter de me le procurer.

ONCE de John Carney.

Le film de 2006 du réalisateur Irlandais est un miracle du cinéma indépendant. Tourné en seulement 17 jours, avec un budget minime de 150 000$, ce long-métrage prouve que la sincérité artistique peut toujours surpasser les grands moyens techniques. Situé dans les rues vivantes mais mélancoliques de Dublin, le film transcende les codes de la comédie romantique et du film musical pour offrir une oeuvre brute, intime, et profondément humaine. Sans vous dévoiler entièrement les détails de la trame narrative, voici une exploration de ce qui fait de Once, une oeuvre si singulière, attachante, sympathique et bouleversante. 

L'histoire repose sur une rencontre fortuite entre deux personnages anonymes, simplement crédités au générique comme "The Guy" (Glen Hansard) et "The Girl" (Markéta Irglova) Lui est musicien de rue trentenaire (comme l'a réellement été Glen Hansard, plus jeune, dès ses 13 ans) qui répare des aspirateurs dans la boutique de son père pour survivre. Blessé par une ancienne rupture, il chante ses propres compositions déchirantes la nuit, quand les passants se font rares. Elle, est une jeune immigrée Tchèque (comme Markéta), mère célibataire, qui enchaîne les petits boulots pour subvenir aux besoins de sa famille tout en nourrissant une passion secrète pour le piano. 

Leur première interaction naît d'une curiosité mutuelle autour d'une chanson. Ce qui commence comme une simple conversation de rue évolue rapidement vers une complicité artistique immédiate. Le Gars et la Fille, partagent la même solitude et le même besoin viscéral de s'exprimer au travers des notes de musique. Au lieu de se courtiser avec des mots ou des déclarations enflammées, ils s'apprennent à se connaître à travers les mélodies qu'ils s'offrent mutuellement. La musique est presque leur seul véritable dialogue.

La force absolue du film réside dans sa gestion de la musique. Contrairement aux comédies musicales (que je méprise en général) traditionnelles d'Hollywood, où les personnages se mettent soudainement à chanter et à danser dans un élan irréel, ici tout est naturel. La musique est ancrée dans la réalité la plus totale et on voit et sent les musiciens avant les acteurs. Hansard avait fait un seul autre film, 16 ans avant, The Commitments, un autre excellent film, où il jouait le guitariste (qu'il était aussi) du band. Markéta en était à sa première (et unique) expérience. On sera un couple pour vrai dans la vraie vie, mais aussi complices artistiques dans la formation The Swell Season. Jusqu'en 2009. 

Les chansons n'interrompent pas le récit. Elles sont le récit. Chaque morceau interprété est justifié par l'action. Une répétition dans un magasin de musique, une session d'enregistrement improvisée ou un moment de solitude dans une chambre. La scène centrale du film , où les deux protagonistes interprètent la même chanson, dans la boutique d'un marchand de piano bienveillant, est un moment de grâce pure. C'est à cet instant précis, alors que leurs voix et leurs instruments s'harmonisent pour la première fois, que le spectateur comprend l'intensité de leur lien. La musique comble les vides de leur existence. exprime leurs regrets et formule leurs espoirs d'une manière que le langage quotidien ne pourrait jamais formaliser. 

John Carney a fait le choix de filmer Once avec une esthétique proche du documentaire, en éclairage naturel, dans les rues sans permis, en utilisant des caméras numériques légères et des objectifs à longue focale. Le réalisateur, ainsi, a pu filmer ses acteurs au milieu de véritables passants de Dublin, sans bloquer les rues. Cette approche confère au film un naturalisme saisissant. Les lumières de la ville sont naturelles, les environnements sont exigus et les visages ne sont pas maquillés de manière outrancière. 

Ce minimalisme visuel sert admirablement l'authenticité de l'interprétation des deux adultes qui n'étaient pas acteurs naturels. Ils se connaissaient depuis qu'elle avait 17 ans. Mais étaient tous deux de véritables musiciens. Et tomberont véritablement amoureux au sein de The Swell Season. John Carney était bassiste de The Frames, groupe qu'il formait avec Hansard par le passé et il a scénarisé et tourné ce film. Qui était son 4e. Et qui, pour 150 000$, dont une partie fournie de sa poche, rapportera...23 millions, au final.

Leur complicité à l'écran est authentique, teintée de pudeur et de maladresses désarmantes. On oublie instantanément qu'on regarde une fiction pour avoir l'impression de s'immiscer presque par effraction dans l'intimité de deux êtres humains, en plein reconstruction. Si le film est fondamentalement une histoire de flirt, elle refuse catégoriquement de céder aux facilités du genre. Le film trempe dans une forme d'affection plus complexe et peut-être plus durable que la simple passion amoureuse. L'émulation artistique et le respect mutuel. La Fille devient la muse du Gars, celle qui le pousse à croire en son talent et à enregistrer un démo pour tenter sa chance à Londres. De son côté, le Gars offre à la Fille un espace d'évasion face aux responsabilités étouffantes de son quotidien. 

Leur relation est jalonnée de non-dits et barrière réelles, liées à leurs passés respectifs et à leurs obligations familiales. Carney filme cette tension avec une infinie délicatesse, évitant les grands élans mélodramatiques. Le spectateur que ce qu'ils s'apportent mutuellement en l'espace de quelques jours dépasse le cadre d'une simple aventure amoureuse. Il s'agit d'un éveil mutuel.

Malgré sa genèse modeste, le film aura un destin extraordinaire raflant le Critic's Choice Award de la meilleure chanson, le prix du meilleur film étranger aux 23rd Independent Spirit Awards, le prix du public aux Festivals du film de Dublin et du Festival de Sundance, mais surtout, l'Oscar de la meilleure chanson originale, ce qui a aidé à atteindre les millions. 

Le film a prouvé qu'une histoire simple, portée par une sincérité crédible, et désarmante, ainsi que des mélodies universelles, pouvaient toucher le coeur du public mondial. Il a également redéfini la carrière des interprètes et du réalisateur, dont le film a été adapté à Broadway, en comédie musicale moins réelle. Et qui a fait participer (L'alors ex-) couple à l'émission The Simpsons

Oeuvre rare qui réchauffe le coeur tout en conservant une mélancolie profondément réaliste, c'est un hommage vibrant au pouvoir de la création artistique et aux rencontres spontanées qui changent les vies à jamais. Un visionnement nécessaire à ceux et celles qui croient en la magie des connexions humaines naturelles. 

 Hansard était très aimé. 

Glen Hansard, au civil. semble avoir été de ceux qui avaient changé des vies. Il a toujours continué à faire de la musique sur scène, sur disque, et en tournée, mais a trouvé la mort la semaine dernière, à seulement 56 ans, l'âge de ma conjointe. C'est moi du couple qui suit l'Irlandais par le sang de par mon père. Sa mort, étrangement, m'a beaucoup affecté. Bête accident de moto. Les témoignages d'amour de par le monde se sont multipliés dans les jours qui ont suivis. Glen était aussi sympathique que ses personnages semble-t-il. Il était lui-même. 

Suaimhneas sìorà dà anam, lad. 

2,5 millions regarderont en diffusion sur le net son dernier repos hier, et Bono de U2 y mettra son mot. Il était aimé gros comme ça. 

mardi 4 août 2026

Henry Wilson

Henry Leroy Wilson est né le 31 juillet, en 1911. Il est né en Pennsylvanie d'un père très ancré dans l'industrie du divertissement. Papa est vice-président de la Columbia Phonograph Company (future Columbia), et en sera président dès 1922. Relocalisés près de New York, il est vite en contact avec le théâtre de Broadway, l'opéra et le vaudeville. Il côtoie les Will Rogers, Fanny Brice, et Fred Stone Rogers, grandes stars des Années Folles. Ses vedettes passent même quelques fois à la maison tellement la famille en est proche. 

Henry est donc vite intéressé par le divertissement, mais au grand dam de son père, qui ne le trouve pas très viril avec ses cours de danses à claquettes. Il envoie son fils "s'endurcir" dans une école de la Caroline du Nord, où le football et l'escalade en montagne est de mise, les week-ends. Mais son intérêt est pour l'équipe de cheerleading et ses escapades en montagne rappelle Brokeback Mountain, quelques 65 ans avant l'heure. À l'Université, il se passionne pour ses chroniques qu'il écrit sur le cinéma et la télévision et envoie au magazine Variety

Qui le publie parfois. 

En 1933, il se rend à Hollywood, en bateau, où se trouvent aussi Bing Crosby et son épouse. Il se lie d'amitié avec cette dernière qui trouve au jeune Henry un emploi au magazine Photoplay, par son influence, à son arrivée. Son premier article sera sur la naissance du premier enfant des Crosby, Gary. Il écrira pour le Hollywood Reporter et le New Movie Magazine. Il n'a que 24 ans et fréquente régulièrement les bars gays du Sunset Strip. Il recrute les jeunes hommes de son goût à la fois pour son plaisir personnel et en fera bientôt aussi sa profession, comme agent d'artistes. Un de ses premiers clients est Junior Durkin, 19 ans, qui se tue presqu'aussitôt, en 1935, dans un accident de voiture. Il joint la Zeppo Marx Agency du plus jeune des frères Marx. 

Il fera faire le débuts de Marjorie Belcher, Jon Hall, William T.Orr et Julia Turner, recrutée à l'école secondaire, qui deviendra Lana Turner, peu à peu, en étant elle, présentée à Mervyn LeRoy. En 1943, David O.Selznick, futur patron de la MGM, mais alors patron de Vanguard Films, qui fait ses débuts, l'engage comme superviseur du talent chez lui. Wilson trouve Claudette Colbert, Jennifer Jones et Shirley Temple dans un drame de guerre et Guy Madison, Craig Stevens et John Derek (alors sous le nom de Dare Harris) dans des petits rôles secondaires du même film. Trouve plusieurs "Wilson boys".

Il se part sa propre agence de talents qu'il recrute dans les bars gay, souvent après une audition au lit avec promesse de placement à Hollywood ou en publicité. Il ne le cachera pas dans ses propres confessions, en livre.  Ses clients comprendront Chad Everett, Robert Wagner, Nick Adams, Kerwin Mathews, Troy Donahue, Mike Connors, John Saxon, Yale Summers, Clint Walker, Doug McClure, Dack Rambo et tout ceux et celles nommé(e)s plus bas (sauf Nathalie Wood).

Il se découvre un talent pour rebaptiser les jeunes talents qu'il découvre dont la beauté physique vient masquer le manque de talent généralisé. Sous sa tutelle, Robert Mosely devient Guy Madison, Orison Whipple Hungeford Jr devient Ty Hardin, Arthur Gelein devient Tab Hunter et Roy Scherer devient Rock Hudson

Il est au coeur de l'industrie du bellâtre qui nait dans les années 50, autour de ses clients. Il ne dit jamais ouvertement qu'il est gay, mais c'est très su. On assume, à tort, que TOUS ses clients sont homosexuels. Nathalie Wood dira que certains étaient hétérosexuels, mais qu'une disproportion importante existait parmi ses clients d'homosexuels, de bisexuels, et d'hommes prêts à "faire des échanges" pour avoir du boulot de sa part. Ann Doran, une de ses clientes, dira que dès qu'un nouveau talent, jeune et beau, arrivait dans le décor, il était entendu, sans le dire, qu'il était assurément gay. Comme si c'était écrit dans son front. 

Son plus important client est Rock Hudson. Transformé de maladroit naïf grand garçon de Chicago musclé, ex-chauffeur de camion en star virile du grand écran. En 1955, le magazine Confidential menace de publier l'homosexualité de Rock Hudson. Wilson leur négocie une autre histoire, celle de Rory Calhourn et Tab Hunter, qui auraient été arrêtés tous les deux dans un party gay, qu'il échange contre leur silence. Faire tomber 2 clients pour Rock. Afin de faire taire les rumeurs sur Hudson, qui naissent quand même, Wilson le force à se marier à sa secrétaire Phyllis Gates. Et garder ainsi une image machiste. Mais trois ans plus tard, le manège ne tient plus. Le mariage est annulé. 
Tony T. (1940-2023)

Tony Tarantino, le père biologique de Quentin, jeune acteur de 20 ans dans les années 60, dit avoir refusé des avances sexuelles de la part de Wilson, avec promesse d'opportunités au cinéma et d'un style de vie somptueux. Plus son homosexualité est connue, plus ses clients s'en éloignent. Ils ne tiennent pas à y être associer pour rien. 

Il sombre dans l'alcool, devient accro à la drogue, est plutôt paranoïaque et est irrégulier avec son poids, dans les années 70.  Même ses clients homosexuels le quittent. Dont Rock Hudson. Ce qui le marque au fer rouge du désespoir absolu. 

Atteint d'une cirrhose, il entre au Motion Picture & Television Country House & Hospital, mais en sortira à l'horizontal. Sans emploi, il y meurt, à 67 ans dans un corps qui pouvait faire croire qu'il en avait 81, le 2 novembre 1978, le mois des morts. Rock Hudson, lui, sera parmi les premières victimes populaires du SIDA en 1985. Mourant à seulement 59 ans. 

L'association Wilson/Hudson prenait fin cette année, il y a 60 ans. 

Un âge que n'aura jamais eu, Rock Hudson. 

Dans la série de Netflix Hollywood,  qui raconte l'Hollywood d'après guerre, Henry Wilson est joué par Jim Parsons

lundi 3 août 2026

Zone Rock'n Roll, NY

Nancy Spungeon est comme Mitch McConnell, morte et n'est pas prête de revenir parmi nous. 

(Comme Mitch).

Nancy était la partenaire amoureuse du bassiste des Sex Pistols, Sid Vicious, en octobre 1978, (alors ex-bassiste du band car il en avait été rejeté, commandant trop d'attention non liée à la musique) et a été retrouvée morte, assassinée, dans sa chambre du Chelsea Hotel de New York. Par Sid diront certains, puisque la relation était tumultueuse entre les deux, peut-être que justement, leur relation faisait tomber le "tumul" du mot tumulteuse. La drogue fait faire bien des conneries. Mais on pense aussi que ce pourrait avoir été un dealer de drogue, avec lequel ils ne se seraient pas entendus, ou à qui ils devaient de l'argent, qui serait venu venger la dette. On ne saura jamais trop. Sid est mort 16 semaines plus tard. d'une surdose de drogue. Nancy est morte dans la chambre 100, du premier étage, au 204 West 23rd Street de New York.  Et ce dealer de drogue serait encore vivant.

Bob Dylan y avait habité dans la chambre 211 en 1964, où il aurait composé le meilleur de son matériel, dont des trucs pour un de mes albums fétiches, un des 4 que j'ai le plus écouté dans ma vie. Patti Smith & Robert Mapplethorpe ont habité la chambre 1017, en 1969, payant 55$ par semaine, avant leurs carrières de poéte punk musicale et photographe, respectivement. 

Leonard Cohen et Janis Joplin y auraient échangé quelques faveurs corporelles ensemble. Cohen habitait la chambre 424, et une de ses chansons relate son passage à cet hôtel.(deux) Codée, afin de ne pas heurter personne. Joplin habitait le même étage, au fond du corridor. Jimi Hendrix aurait habité le 430. Puisqu'à la peau noire dans un pays raciste, il avait été confondu pour un valet de chambre par un des clients. Madonna y a logé dans la chambre 822, avant de devenir superstar, à ses débuts à NY, dans les jeunes années 80.. Elle y est retournée par la suite, pour des sessions de photos pour son livre Sex. En 1992.  Iggy Pop a habité la 126. Jim Morrison la 722. Dee Dee Ramone, Tom Waits, Cher et Bob Marley y ont aussi logé. 

Le quartier New Yorkais est musicalement mythique. Vers la 8e Avenue, tout juste à quelques pas de marche, on tombe sur Bank Street. C'est sur cette rue que Sid Vicious a été à son tour, retrouvé mort. Deux jours avant mon anniversaire de 7 ans, le 2 février 1979. Au 63, Bank Street. Où certains pensent que sa propre mère lui a administré une dose fatale volontaire d'héroïne pour le libérer de sa culpabilité après avoir confessé l'assassinat de Nancy. On ne saura jamais. Ce qu'on sait, c'est qu'au 105, Bank Street, où John Lennon et Yoko vivent, entre 1973 et 1975, période du Lost Weekend qui les as séparés quelques temps. C'était aussi l'époque où le FBI enregistrait leurs conversations au téléphone, Mick Jagger en a fait part dans un de mes morceaux préférés des Rolling Stones, composé en 1974. C'était avant leur arrivée au Dakota, en face de Central Park où John fera face fatalement, à la mort. C'était sur Bank Street que John recevait des Black Panthers, et des gens intéressés par les concepts de révolution.  Il s'y était d'ailleurs fait voler, par ses nombreux visiteurs, toutes sortes de choses chez lui, dont une télévision (celle sur la photo) qu'il adorait, et si il avait simplement haussé les épaules pour la plupart des vols, la télé l'avait vraiment insulté, il l'aimait beaucoup. 

John adorait aussi Zimmerman. Il était très ami avec Bob Dylan, qui habitait à quelques pas, au 94 MacDougall Street. C'est sur cette rue que le déséquilibré A.J. Weberman, fouillait dans les vidanges de Dylan. Weberman avait écrit ses propres interprétations des textes de Dylan depuis ses débuts et pensait parfois que Dylan s'adressait directement à lui, par les chansons. Weberman lui en voulait aussi de se désengager de ce qu'A.J. considérait être son rôle de leader de la contre culture. Dylan, excédé de ses intrusions non bienvenues, bientôt, autour de son fils aussi, Jakob, avait pourchassé Weberman jusque sur Elizabeth Street pour le battre et lui demander de lui sacrer la paix.

Elizabeth Street est la rue où a grandi le plus rock'n roll des réalisateurs de films, Martin Scorsese. Son merveilleux et très amusant film Mean Street s'inspire de son entourage dans ce quartier, durant sa jeunesse. Scorsese dit avoir entendu Jumping Jack Flash des Rolling Stones dans cette rue, en 1968, et ça avait eu un grand effet sur le gars de 25 ans qu'il était alors.  

Ces même Rolling Stones allaient filmer, en 1981, un vidéo pour la chanson Waiting on a Friend, dans les marches du 96, St-Mark's Place, à quelques coins de rue d'Elizabeth Street. 

Les adresses 96 et 98 St-Mark's Place sont aussi celles du complexe d'appartements qui font la pochette de l'album de 1975, Physical Graffiti, leur dernier véritable joyau collectif sonore ensemble. 

Sur la même rue, au 19/25 St-Mark's, se trouvait le DOM. Dom veut dire maison en polonaisEn 1966, ce sont les Velvet Underground qui y séjournaient, épatant alors Andy Warhol, et où un jeune Jackson Browne s'éprenait amoureusement de l'allemande Nico. Nico, généreuse d'elle-même, se donnerait aussi à Iggy Pop à cet endroit, Iggy, alors jeune Stooges. 

En prenant l'autobus pour se rendre quelques 60 blocs plus loin, on y trouvera dans l'Ouest, au 210 West 70 Street où se trouvait le bar Ungano, qui avait en résidence, Iggy et ses Stooges en 1970. Miles Davis vivait alors sur un autre coin de rue tout près au 312 West 77Th Street. Miles assistait aux spectacles des Stooges, Ce qui les motivaient. On jouait de la narine poudrée ensemble et de l'aiguille chaude. La maison principale de Miles Davis était dans le Upper West Side, près Birdland, au Sud de Broadway, sur la 52e rue. Birdland est l'endroit où Miles Davis s'est fait tabassé par un policier raciste en 1959. Mais comme la ville était tout aussi raciste alors, c'est Miles qu'on a blâmé sans preuves, et on lui a retiré le droit de jouer où que ce soit, à NY. Miles a donc déménagé au 37 East 30Th, il s'est enfermé en studio pour quelques mois, et a pondu un chef d'oeuvre au final. Avec un orchestre dirigé et arrangé brillamment par Gil Evans. Difficile à reproduire sur scène de toute manière parce qu'aussi, orchestral. Et avec Evans.  

Arthur C. Clarke, qui logeait au Chelsea Hotel a co-écrit avec Stanley Kubrick, de longues trames narratives de ce qui deviendrait 2001: A Space Odyssey, en 1966-67.


On dit de New York que c'est la ville qui ne dort jamais. 

C'est aussi la ville qui inspire. Transpire. Et exulte. 

C'est mythiquement rock'n roll. 

Beaucoup plus intéressant que la beige banlieue.

J'irai y vivre si un jour je deviens vieux.

Devenir le William S.Burroughs ou le Dylan Thomas des lieux. 

Le Arthur Miller ou le Jack Kerouac. Le Jackson Pollock ou le Thomas Wolfe. Tous anciens locataires du Chelsea Hotel.         

dimanche 2 août 2026

Les Autres (& MacKenzie)

MacKenzie Tuttle à l'âge ma conjointe. Mais pas le portefeuille. Elle est née en avril 1970, en Californie (ma blonde en juin, la même année) et adorait écrire dès son plus jeune âge. À 6 ans, elle aurait écrit un livre de 142 pages qui aurait été détruit par une inondation, mais qui l'avait endurcie, la forçant à recommencer au complet. Elle a nôtre âge, c'était ou écrit à la main, ou tapé à la machine à écrire par ses parents. Un des deux. Pas d'ordi ou de sauvegarde en 1976. 

Son père était planificateur financier à son propre compte, ce qui compte son facteur de risque. Pendant que MacKenzie brille comme première de classe au pensionnat, papa fait une super faillite qui leur fait tout perdre. Ils déménageront en Floride. Elle reste brillante à l'école et sera boursière pour continuer ses études à la prestigieuse Université de Princeton. Même boursière, les finances sont maigres. Un prêt personnel de la part du père d'une amie la sauve de défauts de paiements pour rester à Princeton. Elle y étudiera les lettres, avec entre autres, l'auteure Toni Morrison, grande écrivaine Étatsunienne, première femme à la peau noire à remporter le Prix Nobel de Littérature, en 1993. 

Des années plus tard, Morrison dira d'elle qu'elle était une de ses élèves les plus brillantes dans ses cours de création littéraires. Elle gradue en Anglais en 1992, la même année que moi. Qui n'aurait jamais l'ombre de l'ombre de son portefeuille. Après l'école, elle déménage à New York où Morisson, se rappelant d'elle vivement la fera travailler auprès d'elle. Comme assistante de recherche pour ses écrits. MacKenzie travaille aussi, en parallèle, dans une maison de gestion de fonds, dans le secteur financier. Pour joindre les deux bouts. C'est un certain Jeff Bezos qui lui fait passer l'entrevue pour l'engager dans cette firme de gestion, et les deux tombent vite en amour. Deux ans après leur première rencontre, elle accepte de le conduire en voiture de New York à Seatlle, afin que Jeff, sur la banquette arrière, révise ses nombreux papiers de présentations et ce qu'il a sur ordinateur, son plan d'affaires qu'il veut lancer et qui deviendra Amazon. 

MacKenzie en sera la première comptable. Elle signe les chèques, négocie les premiers contrats, est partout impliquée dans les premiers pas d'Amazon. Mais plus la compagnie grossit, plus elle s'en éloigne. Avec Jeff, ils auront 3 enfants, dont le premier nait en 2000, 3 gars et adopteront une fille d'origine chinoise. Elle se concentre sur leur saine éducation. Mais écrit toujours. Comme moi, tous les jours. Pendant près de 10 ans, elle écrit son premier roman. Elle se choisit le pseudonyme de Scott pour ne pas être associée à la femme de l'autre. Elle raconte l'histoire d'une famille qui se fissure suite à un tremblement de terre, à Sacramento. Un peu presque son histoire diront certain(e)s. Son second roman sera publié, en 2013. Elle se donne beaucoup pour les autres et fais le voeu de donner de son vivant, le plus de sa richesse possible, selon l'intelligente observations qu'on est riche si on dépense sa richesse, pas si on l'empile et meurt dessus/dessous. Son couple meurt par la grandeur. Amazon devient géant mondial, Bezos devient vipère qui en demande toujours plus, MacKenzie ne s'y retrouve plus.

 En janvier 2019, le couple annonce leur divorce après 25 ans de mariage. Elle restera encore plus largement loin des projecteurs que Jeff pourchasse. Elle recevra 4% des revenus de profits d'Amazon, ayant contribuée à sa naissance. Juste ça, le rend multimillionnaire. Milliardaire même. La compagnie fait alors 37 milliards de chiffre d'affaires. Ça lui en donne 1 milliard 480 millions. 

Elle ne fait jamais de conférence de presse quand elle donne, ce qu'elle fait extraordinairement généreusement presqu'à temps plein. Depuis, elle a donné 17 milliards à plus de 116 organisations et fin 2020 seulement, année de dure pandémie, elle a donné plus de 6 milliards en distributions charitables. Sans jamais le crier sur les perrons. Comme Prince le faisait en cachette. Mais en plus riche encore. Et comme ça couvre la période honteuse des passages présidentiels de l'erreur humaine au pouvoir, elle a donné davantage que les deux mandats du pedoprésident actuel. Son approche de la philanthropie est différente de celle des autres. Auxquel(le)s, elle pense beaucoup. Pour joindre ses fondations, rien de compliqué, jamais, dans les inscriptions. Aucune obligations, jamais, volontarisme. Jamais de publicité outre que le bouche à oreille. 

À la fin de l'an dernier, après une année de désespoir à la gouvernance des États-Unis, ce seront plus de 26 milliards qu'elle aura donné aux autres. Auxquel(le)s elle pense plus qu'à elle. Elle misé sur les institutions d'éducation sous financées, les communautés noires et étrangères sous financées aussi dans leurs activités et rouages. Dans les banques alimentaires. Dans l'accès à l'achat de maisons abordables. Elle a investit dans les remboursements de dette médicales. Elle ne porte pas de cape ni de jupette, mais c'est une super héroïne. 

Une vraie.

Comme son ancien partenaire de vie, elle a construit un monde autour duquel ses valeurs personnelles profondes sont honorées. Mais assez contraire à ce qu'on voit de l'homme d'affaires.

Parfois le plus grand héritage qu'on peut laisser n'est pas seulement ce qu'on se bâtit pour soi, mais ce qu'on bâtit pour les autres. Ce qu'oublient certains politicien(ne)s.

Par sa générosité historique, elle fait figure de sainte, s'est imposée avec une charmante discrétion et est lumière salvatrice dans un pays de plus en sombre, jour après jour, qui manque d'empathie comme elle en a naturellement. 

Le système actuel protège les prédateurs sexuels et s'apparente beaucoup aux rats.

Là où elle, inspire l'éléphant (dans la pièce) un animal reconnu pour son altruisme, son soutien envers les membres les plus vulnérables de sa communauté. Ses dons massifs suggèrent aussi le poids de l'animal dans le pays de l'oncle Sam, si mis à mal. 

Pour longtemps encore.