lundi 23 mai 2022

Mentalement, 12 ou 13 ans.

On est tous l'extension de l'enfant que nous étions à la petite école. Plus je vieillis, plus je le vois. 

J'imagine souvent, entre deux phrases de quelqu'un, quelque part, tentant de faire usage de la parole, à moi ou à d'autres, l'enfant qu'ils étaient à la petite école. Je suis certain que je ne me trompe pas souvent. Pas mal certain même. Ce sont des observations que je conserve pour les habitants de ma planète. L'Homme, avec un grand H, de la planète terre, est très très souvent simplement la prolongation de l'enfant qu'il a été à la petite école. Ça semble totologique, mais même dans la dynamique sociale avec les 400 000 personnes qu'il/elle aura rencontré par la suite, il/elle restera pas mal le même. Reproduira les pulsions. Je ne fais pas exception, je refais, à 50 ans, des listes de lecture sur Spotify comme je faisais des cassettes de musique, ado. Avec le même plaisir. 

Chatoo qui parlait trop inondera Twitter de choses qui commandent l'attention mais qui n'était pas plus nécessaires que quand elle parlait tout le temps en 4ème année.  Ding Dong Dan sera toujours passionné par quelque chose. Hamel dira toujours les choses les plus idiotes simplement pour faire réagir et se donner une raison d'exister. Jen G sera toujours jalouse de tout le monde. Jen B sera toujours prête à mentir pour avoir raison. 

Un peu comme dans la chanson des années 30 disait "What's the use of prohibition ? you produce the same conditions".

Que je traduirais librement par Peu importe le temps qui passe, tu restes le même enfant répétant les même réflexes

J'ai vu une photo dans ce long week-end de la fête des patriotes, au Québec qui m'a fait pensé à deux anecdotes de mon jeune temps. 

1983 (autour de). Je suis étudiant dans une école qui ne contient que des jeunes garçons. Une école socialement déficiente, donc. Des soeurs catholiques d'une église qui a son siège à St-Boniface, au Manitoba, sont en charge de cette école et les deux seuls mâles, adultes, de cette école sont le curé qui règne en maître suprême et le professeur d'éducation physique. 

Pour se rendre au cours d'éducation physique en tenue sportive, on se change dans le corridor. Julien Pin est un humain à la peau noire. Il n'y en a pas beaucoup dans la région où j'habite. Il a aussi un accent français.  Est originaire de la France. Et n'a pas mué. C'est facile de se moquer de lui. Il a beaucoup de critères qui le démarque sans même qu'il ne fasse trop d'efforts et il devient vite la tête de turc. Il semble aimer l'attention qu'il commande, toutefois, et il s'en amuse. Ça le fait se sentir important. Je ne me rappelle pas qu'on ait utilisé le mot en "N" et ses dérivés, pour lui parler ou parler de lui. Les soeurs veillaient à notre bonne éducation. 

Dans le corridor, un jour, Julien, comme nous tous, se change. Toutefois, voulant aller trop vite, en baissant son pantalon pour enfiler ses culottes courtes, il baisse aussi sa petite culotte, involontairement. On a tous le réflexe pudique de se changer cachés derrière nos manteaux le plus possible, qui sont accrochés sur des crochets.  Julien hurle "OH NON!!!!!!!!! JE SUIS TOUT NU, J'AI BAISSÉ AUSSI MES CALEÇONS!!!!". Si il ne le hurle pas, on ne le saurais peut-être jamais. Il l'a donc peut-être fait aussi, volontairement.  Pavovliens, comme si on nous avait dit "regardez pas ça!" on va tous vers lui, voir. 

Il est assis sur son cul, refusant de se lever afin de ne pas se montrer nu, mais il rigole et s'amuse de sa situation. Mais pas autant que nous qui restons platement devant lui, au zoo, attendant qu'il se passe quelque chose avec l'animal. Ça dure une éternité ou de temps à autres, il nous hurle de sa voix de flute de nous en aller. On fait les têtes dures, On reste devant lui, l'encerclant, lui sur ses fesses, le dos collé au mur les genoux remontés. Certains d'entre nous veulent peut-être vérifier la rumeur autour des pénis d'humains à la peau noire. Il savoure grandement le (trrrrrrrrrrrrrrrrrès long) moment. Il a toujours le sourire. Un sourire sur un visage si noir, ça parait beaucoup. Soeur Claudette devra intervenir. 

Grenier
L'autre anecdote qui me vient en tête est celle de Guillaume Marier. Nous sommes en secondaire I, nous avons maintenant 12 ou 13 ans. Nicolas Grenier est un élève de notre classe et il est de très petite taille. Certains d'entre nous on pris cet attribut en considération pour en faire parfois, un souffre-douleur. Je remarque toutefois qu'il n'en avait jamais eu la personnalité. Et que ça l'affecte de manière déstabilisante. On est tous "à la grande école" pour la première fois de notre vie, arrivant de partout, on fait tous nos tranchées dans cette nouvelle guerre sociale. Guillaume Marier est pour sa part à peine plus grand que Grenier et arbore une coupe de cheveux de joueur de guitare-clavier. Il s'habille bien et on sent qu'il est issu d'une famille assez bien nantie. Mais socialement, il n'est pas très habile.  Il fait croire qu'il aime Depeche Mode mais ne peut nomme aucune de leurs chansons. Il colle aux groupes de gars, mais intervient peu et souvent, le fait mal. 

Marier

Par exemple, alors qu'on est une bande de gars autour de Nicolas Grenier, et qu'on lui lance des vannes (à Grenier), Marier tente, à son tour de lui dire quelque chose de blessant. Grenier encaisse de tous, mais quand ça vient de lui, il trouve que s'en est trop, et lui lance quelque chose qui ridiculise Marier. On éclate tous de rire. "Owned" dirait-on de nos jours. Grenier avait tracé la ligne de l'injure sociale et Marier se trouvait du côté de ceux qui ne pouvaient pas se moquer de lui, selon lui. 

Un peu plus tard, le même jour, en classe, Grenier est situé tout juste à côté de moi. Marier ne pense pas laisser les choses ainsi. Il s'approche de son bureau avant que le cours ne commence et se penche sur Grenier afin de lui chuchoter quelques menaces. Je n'entends pas ce qu'ils se disent mais Grenier rougit. Intimidé, de colère, ou les deux. Assis à son bureau, alors que Marier est debout devant lui mais toujours penché sur son oreille, Grenier lui saisi le cou en lui empoignant et le catapulte si vivement au sol qu'on a l'impression que Marier fait une roue. Un de ses souliers quittant son pied afin d'aller atterrir sur une lumière suspendue du plafond. L'enseignant intervient en criant le nom des deux élèves et les somme de retourner à leur place. Il a l'excellente idée absurde de refuser qu'on essaie d'aller chercher le soulier presqu'au plafond, sur la lumière suspendue, afin de rajouter l'insulte à l'injure. 

Immatures Complotistes
Pendant quelques secondes, Marier reste debout devant Grenier, maintenant c'est lui qui est très rouge, et se comporte comme si c'était lui qui venait de donner une leçon à Grenier. Mais maintenant ce sont nous qui avons tracé une ligne. On a tout vu. Pour les 5 ans qui suivent, c'est Marier qui peinera toujours à s'imposer. Il faisait pitié. 

Comme tous ces gens que je voyais sur la photo, vue pendant le week-end. Daniel Pilon, Amélie Paul, Mel Goyer, Jocelyn Benoît, Lynda Bisson, François Dallaire et on souligne l'absence du terrible, mais tellement terrible,  André Pitre. Qui porte merveilleusement bien son nom de famille. Je leur fait le plus grand honneur en les identifiant. Peu d'intelligence loge dans leurs regards. 

Les mêmes, prêts au selfie
Tous des résistants aux mesures sanitaires et aux explications face aux mesures sanitaires, Prêts à inventer des choses pour faire valoir leur point. Et tellement, tellement heureux de cette pandémie qui leur a donné une raison d'être et amené une risible visibilité. 

Ils/elles ont tous 12 ou 13 mentalement. Et font/feront beaucoup afin de commander l'attention. Ils se sont réunis afin de penser, ensemble à une idée de film qui serait appelé Complotistes. Et qui serait le portrait humanisé d'eux-mêmes, qu'on appelle, très justement, complotistes.

Il n'y a pas plus manipulateur que la conception d'un film. J'y ai travaillé. Je sais de quoi je parles.  

Si le narcissisme tuait, cette photo ne montrerait que des morts.

Mais ces gens ne croient pas aux morts de la Covid. 

Ils se disent patriotes. Ce qui est la pire insulte à la mémoire des vrais patriotes qu'on honore aujourd'hui. 

Ils sont Guillaume Marier se tenant debout devant celui qui lui a fait faire la roue devant tout le monde et forcé de passer le reste du cours un pied chaussé et pas l'autre. 

Humilié pour le reste de son passage au secondaire.   

Ces prétendus patriotes sont l'immaturité sans évolution. 

Cherchant une attention qu'ils ne méritent pas tant. 

dimanche 22 mai 2022

Evangelos Oddysséas Papathanassiou (1943-2022)

 Né et élevé en Grèce, son père, grand consommateur de musique, lui fait jouer du piano dès ses 4 ans. Celui surnommé Vangelis, dès ses 6 ans, expérimente au piano en y plaçant des poêles ou des clous sur les cordes. Vangelis suit des cours parce que son père insiste, mais préfère créer de mémoire. Il fera semblant de lire la musique, ne trompant absolument pas ses professeurs. Vers ses 12 ans, il s'intéresse au jazz et au rock, Il forme des groupes de musique à l'école, mais jamais pour jouer les morceaux des autres, toujours tentant d'imposer ses propres créations. À 18 ans, il obtient son premier orgue Hammond. En 1963, il forme le groupe The Forminx avec un DJ local, cette fois, ils jouent les morceaux des autres. 

Les deux années suivantes, il les passe principalement en studio, écrivant et produisant des artistes locaux. Il compose les trames sonores de 3 films Grecs, puis, collabore à 3 autres. Après le coup d'État de 1967, et dans le but de faire avancer sa carrière, il tente de se rendre à Londres mais son visa est refusé. Il s'installe donc en France pour les 6 prochaines années. De 1968 à 1971, avec entre autre Demis Roussos, il fait parti de la formation Aphrodite's Child qui a le temps de lancer 3 albums avant de se séparer. De 1970 à 1974, il fait partie de multiples projets solo pour des films, de la télévision ou du théâtre. Il fait aussi un peu de studio pour des projets lancés sans sa permission sur le marché. Avec succès, il les fait retirer du marché public. Voulant exprimer sa solidarité avec la cause étudiante de Mai 1968, il a fait de son premier album un hommage à ceux-ci. Il lance un second album solo. Jon Anderson, chanteur de la formation anglaise Yes, est un fan de ce que Vangelis et l'invite à auditionner pour eux quand Rick Wakeman quitte le groupe. Vangelis, qui ne sera jamais fan de faire des concerts et des tournées, a peur de l'avion et qui a toujours de problèmes de visa de toute manière, refusera. 

1975 est quand même l'année où il s'installe enfin en Angleterre et forme son "laboratoire" musical. Le premier album de son studio, de sa part, sera une collaboration avec Anderson et la Chorale de Chambre d'Angleterre, en décembre 1975. Il fera 4 autres albums sur autant d'années, inspirés de la philosophie Taoïste. Il ne cesse pas d'offrir de la musique de films. Un projet avec l'actrice Irene Pappas le rend superstar chez lui, mais un autre pour l'Oscarisé film (dont un Oscar pour lui) Chariots of Fire, doublé d'une série d'albums avec Jon Anderson le rendent superstar mondiale. Même si Demis Roussos fera une version chantée tout à fait infecte de la chanson thème du film de Hugh Hudson.  

Il aura toujours des contrats pour des films par la suite et a la notoriété pour choisir les projets qui lui plaisent. Un de ses titres devient un hit pour Donna Summer. Une série télé de Carl Sagan met aussi en valeur sa musique.  Au Japon, pour le film récoltant le plus grand nombre d'entrées à vie (alors), il signe la trame sonore. Un an avant, il avait collaboré au chef d'oeuvre Blade Runner

Vangelis est terrorisé par l'avion, ça le limite dans ses déplacements, alors que la planète entière veut de lui dans ses projets artistiques. La chanson titre de Chariots of Fire est si collectivement marquée dans les esprits que les Jeux Olympiques de 1984, à Sarajevo en paient les droits d'utilisation. Il sera auteur de l'excellente trame sonore du tout aussi excellent film Missing, Palme d'Or de Cannes de 1986. Il travaille aussi avec Nana Mouskouri

En 1992, il retrouve Ridley Scott pour la trame sonore de 1492, Conquest of Paradise. Il travaillera aussi avec Roman Polanski et Jacques Cousteau. Depuis le début des années 80, il n'a jamais cessé non plus de composer pour le théâtre et pour des ballets.  

Il devient incontournable pour créer de la musique pour les Olympiques ou les événements sportifs internationaux. Il sera du film d'Oliver Stone Alexander, à la trame sonore, et travaillera avec la NASA

Ininterressé par le style sexe, drogue & rock'n roll des jeunes années, ni par l'envie des tournées, il ne sera jamais friand de l'industrie musicale, ni de l'idée d'être populaire. De ce fait, il n'accordera que très peu d'entrevue dans sa vie. Peu savaient où il habitait ou sa situation familiale. Il n'aura jamais d'enfant considérant que la musique lui impose un style de vie rendant impossible les tâches adéquates paternelles, selon lui.

Bien que très privé, il était fameusement exceptionnellement très approchable, plutôt drôle, et très gentil avec tout le monde, sans égards à son statut de vedette mondiale. Amoureux de la peinture, et la pratiquant lui même, il a exposé plus de 70 oeuvres en Espagne, avant que celles-ci ne se rendent en Amérique du Sud.

Mardi dernier, son coeur cesse de fonctionner des complications de la contraction de la Covid. Il avait 79 ans. 

Un grand ambassadeur de la musique en tant que grande force de l'univers s'est éteint discrètement. On ne l'a appris que 2 jours plus tard.  

samedi 21 mai 2022

Ironique Semaine

Se terminait hier une semaine de grande ironie. 

Il y en a tout plein, tous les jours de l'ironie, mais cette semaine a été particulièrement amusante à ce niveau. 

Je vous en parles de seulement 4, mais si vous êtes un brin attentif aux actualités, vous en trouverez régulièrement un peu partout, tous les jours. 

Dimanche: Au petit matin, les Mental Loss de Toronto sont éliminés.

L'arrivée, surexcitante, tout le monde le concède, d'Auston Matthews, le meilleur joueur disponible au repêchage de la LNH*, en 2016, au sein des Maple Leafs de Toronto a été accueillie comme la venue d'un sauveur. Le jeune joueur Étatsunien a livré la marchandise, il faut lui donner. Il a marqué 40 buts dès sa saison recrue, dont 4, à son tout premier match dans la LNH. En a marqué 47 il y a deux ans, 41 l'an dernier et pas moins de 60 cette saison. Il est un très sérieux candidat au trophée Hart remis au joueur le plus utile de la Ligue Nationale de Hockey, pour la dernière saison. 

Depuis son arrivée, un drôle de phénomène se produit toutefois, du côté de nos voisins de l'Ouest. Toronto est le centre des réseaux sportifs canadiens. Tous les bureaux des stations sportives les plus importantes s'y trouvent. Une très large majorité des joueurs de la LNH sont aussi originaires de l'Ontario. C'est, si je ne me trompe pas, la plus grande délégation. De plus, et surtout, s'y trouve aussi les bureaux de la chef de la LNH. Quand les arbitres appellent pour valider ou non un but, un jeu, une décision, c'est à Toronto que le téléphone sonne et c'est de là que la décision est tranchée. Généralement en faveur de ce qui avantagera les Maple Leafs disent les gens de mauvaise foi comme moi, mais ce serait plus près de la vérité que de dire que la décision sera prise en défaveur du Canadiens le plus souvent possible, parce qu'ils ont fait souffrir les Leafs trop longtemps. La jalousie plane. 

Caulfield compte
Le phénomène étrange est la chute dramatique du professionnalisme des analystes et commentateurs sportifs de l'Ontario en ce qui concerne Matthews et les Maple Leafs. Ils ont envie de succès, ce qu'ils ont en saison régulière. Ils n'adorent pas Matthews, ils le vénèrent tout simplement comme un demi-dieu dont la demie est définitivement tombée cette année. Nous étions peut-être ainsi avec les Canadiens des années 70 et Guy Lafleur, je ne sais pas, j'étais alors Nordiques, les Canadiens étaient ennemis. Le resteraient jusqu'en 1996. Ce n'est qu'un effet miroir, je suppose. Montréal a continué de les torturer l'an dernier alors qu'ils ont éliminé dès le premier tour des séries éliminatoires, une habitude des 31 dernières années, alors que Toronto menait la série 3-1 et aurait dû éliminer Montréal facilement. Cette année, on a eu droit à ce moment de totale absurdité où Cole Caulfield, des Canadiens de Montréal, marquait un but contre les Maple Leafs alors que la caméra de la CBC filmait Auston Matthews...SUR LE BANC!!! le caméraman et son réalisateur les mains dans le pantalon de l'autre peut-être. 

Toronto menait la première ronde 3-2 contre les double champions en titre qui n'ont pas beaucoup cessé de joué depuis les 30 derniers mois. Ils ont perdu les 2 derniers afin de suivre la tradition de ne jamais faire les séries ou d'être éliminés en première ronde depuis plus de 30 ans. Avec pourtant une très bonne formation. Des dieux du sport si on en croit leurs analystes. 

J'ai rebaptisé les Maple Leafs de Toronto, les Mental Loss de Toronto. Ça me semble juste. Contrairement aux décisions parfois prises dans la ville de la LNH. 

 Mercredi soir:  Georges W. Bush confesse la brutalité et l'horreur de son invasion de l'Irak basée sur un mensonge.

Au George W.Bush Institute  (une anomalie quand on y pense, ce serait comme un palais de justice au nom de Juge Juteux), l'ancien président a dit au micro que les élections Russes étaient toujours truquées et mensongères, qu'il était outré de la décision d'un seul homme, d'envahir brutalement et de manière tout à fait injustifiée l'Irak...Oui l'Irak, a slip of the tongue for the ages, disent les chinois. Bush, dont les fils du passé se sont croisés dans sa tête, a tout de suite réalisé son lapsus et a corrigé pour dire l'Ukraine. Tout en faisant une pause et confessant au micro tout bas "..bah pour l'Irak, aussi", avant de se justifier en disant qu'il avait 75, que pouvait-on y faire ?

One unjustified man
George W. Bush, a effectivement fait envahir l'Irak par ses troupes sur la base du mensonge que ceux-ci auraient en leur possession l'arme nucléaire et qu'ils étaient prêt à l'utiliser. C'était aussi vrai que les Nazis d'Ukraine, les 113, menacent toute la Russie. C'était pendant sa présidence et sa décision. 

Brutale et injustifiée. Ce que l'algorithme de son cerveau a très justement vite associé à lui-même.  En 2003. A Freudian slip of the century ont dit les experts politiques d'un peu partout. 

Jeudi:  Au petit matin, Jason Kenney a quitté le leadership de son parti (illogiquement) "progressiste-conservateur". 

Jason Kenney, pour le Québec, est un grave populiste qui prends de très nombreux raccourcis intellectuels afin de rabaisser le Québec, dont il est jaloux. Beaucoup, BEAUCOUP, au Canada le sont de nous. Faut le entendre parler de la langue française afin de comprendre l'extrême haine qu'éprouve ses gens (les habitants canadiens) auxquels on en pense jamais. Ils sont en guerre avec nous et on est même pas avisé! depuis plus de 50 ans. Peut-être 100. On ne sait pas. On y pense pas. 

Kenney, et plusieurs autres, ont promis la tête de Trudeau depuis le début de la pandémie. La "résistance" titrait la Une du magazine raciste canadien MacLean's. Des 5 têtes à la Une, trois ont maintenant quitté leurs fonctions ou ont été forcés de le faire. Kenney, (ex) premier ministre albertain, a obtenu un vote de confiance de seulement 54 % de la part des gens de son parti, et, blessé par ce manque de support, a remis sa démission sur-le-champs. Disant rester jusqu'à qu'un remplaçant/une remplaçante soit nommé(e). Il aurait été jugé pas assez...extrême...c'est dire le niveau d'infection du parti...

C'est le mentor avoué du leader Québécois et enfant égaré Eric Duhaime, chef du parti régressif CONservateur Q-bécois. Qui, dans des sondages soviétiques, prendra le pouvoir après le procès de Nuremberg II et le grand reset. Toujours remis aux calendes grecques.   

 

Samedi: La fin projetée des droits sur l'avortement aux États-Unis est un clivage intéressant, finalement. 

Ce qu'on réalise, avec le projet des juges républicons de la Cour Suprême de laisser à chaque État des États-Unis, le droit (ou son contraire) à l'avortement, d'ici la fin de l'été provoque un effet impressionnant. 22 États ont confirmé que l'avortement serait banni, chez eux, dès la tombée du droit. Mais 16 autres ont fait des pieds et des mains pour que ce soit beaucoup plus facile, dans leurs États, d'avorter. 25 millions à New York pour faire avancer le droit. 15 millions en Oregon. 40 en Californie. 3,5 au Maryland, mais comme le gouverneur y est républicain, pour le moment, il garde l'investissement pour lui. Sans l'appliquer là où le voulait. (mais n'oubliez pas le narratif adverse, ce sont les Démocrates qui volent). 

Des États qui n'avaient jamais accordés trop d'importance à ce droit, parce que justement, il s'agit d'un droit, de respecter le corps féminin, sont maintenant en train de s'agiter afin d'adopter des stratégies en faveur de l'accès beaucoup plus facile aux cliniques d'avortement et pensent blinder leurs États contre les désaxés anti-choix. 

Le clivage devient de plus en plus net. L'été s'annonce laid aux États-Unis. L'ironie reste grande. En voulant bannir le droit à l'avortement, on s'organise mieux, autour, pour que ce soit plus simple d'y arriver. Le concept d'États sans Femmes, là où elles sont moralement violées, et parfois tout simplement violées en double, semble prendre forme. 

Ça reste dégueulasse. Ce climat qu'il y aura là-bas...

Tout ce que ça pourrait faire naître...à faire peur. On est si bien, chez nous.

*Montréal vivra la même chose dès cet été, repêchant le meilleur espoir au tout premier rang. Perdrons nous notre professionnalisme ?

vendredi 20 mai 2022

Nouveau Poison Public

Non, je ne vous parlerai pas de vaccins. Je loge franchement ailleurs là-dessus.

Suivant les séries éliminatoires de hockey de la LNH, depuis quelques semaines, j'ai été aussi épaté par ce qui se passait sur les patinoires que dégoûté par ce qu'on me harcelait entre les arrêts de jeu. J'ai connu une époque franchement pas si lointaine où quand il y avait une pause commerciale, on revenait au match qui ne cessait pour absolument rien. Parfois, on manquait même un peu d'action (parfois même un but!) simplement parce que le match n'était en rien soucieux des caméras ou des télés. Les pubs étaient alors forcées à 10-15 secondes.

Les bandes étaient complètement blanches et on avait pas encore compris que l'argent était la carotte face aux ânes que nous sommes. Depuis, les contrats de télévision ont pris le contrôle de la LNH et ce sont eux qui commandent les arrêts de jeu. Le sens d'un temps d'arrêt pour reposer ses joueurs est devenu de moins en moins pertinent. Quand on assiste, sur place, à un match, le rythme est dramatiquement changé. Plein d'intrus sur la glace. Imaginez un spectacle rock, ou un film, ou une dizaine de fois, on arrêtait tout pour vous parler de livraison de souper à domicile, de burgers au grain de veau végétal ou de beignes au café.

Fameusement débandant.

Le hockey de la LNH c'est maintenant ça. Dominé par l'argent au point qu'une lumière rouge, près du banc des pénalités indique aux arbitres quand reprendre le jeu, une fois les commerciaux terminés. Parce que maintenant TOUS les matchs sont diffusés, avant c'était un ou deux par semaine. Hier, il me semble. Le boss, c'est maintenant la télé dans la LNH.

J'ai vu toutes ces transformations avec le temps. Pas toujours heureux. Je suis déjà assez peu sensible à l'argent* et largement intolérant aux publicités. Je sens vite que la couleuvre me bouche le gosier et j'étouffe facilement. Le summum de l'absurde survient quand je regarde quelque chose sur Youtube et que pas une, mais 2 publicités de 1:10 à 2:25, que je ne pourrai pas ignorer, devancent ce que je veux voir...et gèlent!!! C'est un peu comme si on me tirait du sommeil profond, un samedi matin, en sonnant chez moi, et que le vendeur de Jésus à ma porte bégayait sans cesse avant de prononcer une phrase complète. Même irritation. Le titre de ce blogue est absolument représentatif de ma personne. L'entièreté de ce blogue, en fait. 

Quiconque me connaît sait que je suis extrêmement résistant au marketing et à la publicité. À la télé, c'est la même chose. Comme je place continuellement les pubs en sourdine, et que les matchs de hockey sont souvent disponibles simplement à la pénible station TVA Sports, si je n'écoutes pas en anglais ailleurs, j'écoute tout en sourdine. Comme Matt Damon me vendait un temps, le piège (qui serait aussi poison) de la cryptomonnaie, j'ai compris (à tort) qu'Ewan McGregor me vendait la même chose alors qu'il me vendait une compagnie de voyage. La direction artistique, les idées étaient presque les mêmes.

Mais je n'écoute pas en sourdine tout le temps. Et là, l'agression devient formidablement lourde. 

Les sites de paris sportifs. 

Bet99, Bet365, Betmgm, BetTy&Veronica, BetMidler, CHRIST! Bet365!!!! on suggère dans le nom même de jouer TOUS LES JOURS D'UNE ANNÉE!!!

Des gens qui nous parlent directement à la caméra pour que ceux qui les paient, forcément très très grassement, puissent mettre la main plus profondément dans nos poches.

C'est une blague de mauvais goût qui fait tache d'encre. Je me suis posé la question très franchement, quand mes enfants auront mon âge, dans quelques 30 ans, parleront-il de cette époque aussi risiblement que nous parlions des pubs de cigarettes des années 60-70 ?

Les sites de paris semblent être les uniques commanditaires des matchs de la LNH. Et ils paient forcément bien. Georges St-Pierre, Wayne Gretzky, Auston Matthews, Aaron Paul, Matthew Barnaby, Oh! un pou! Renaud Lavoie, et combien d'autres ? nous parlent de "jouer responsablement". On nous promeut de manière excessive, un potentiel de dépendance important. Grave. St-Pierre, Gretzky Matthews...ça n'a pas besoin d'argent...Les publicitaires doivent payer la lune et même une galaxie ou deux.

Dans la catégorie de la meilleure subtilité: Auston Matthews. Joueur qui fait perdre tout le professionnalisme aux analystes sportifs de Toronto, qui est l'unique personnalité à ne pas parler du tout pendant sa pub. Marchant tout simplement dans un hôtel, comme si en préparation pour aller à un endroit important. (Un casino...genre.)

Dans la catégorie du plus égaré: le journaliste Renaud Lavoie. Un jugement qui laisse pleinement à désirer depuis toujours et qui est profondément absent de cette pulsion marketing.

Dans la catégorie de la plus pernicieuse des embauches; Aaron Paul. ARE-YOU-KIDDING-ME?

L'acteur est connu principalement pour le rôle qui l'a propulsé comme visage à reconnaître partout dans le monde: Jesse Pinkman ; jeune dealer de drogue s'associant à son plate professeur de chimie afin de former un véritable empire du commerce...DE LA DÉPENDANCE AUX DROGUES!!! dans l'excellente (et à voir!) série Breaking Bad.

Ça ne s'invente pas.

Il propose maintenant, aux cerveaux vulnérables, la dépendance au jeu. 365 jours par année. 

6 mots en majuscules: TU NE PEUX PAS BATTRE LA MACHINE.

Ce sont des mots immensément importants qu'il faille dire aux accrocs du jeu.

Vous comprendrez que je n'en suis pas. Je n'achètes pas de billets de loto non plus. 

Brandir le poison avec une telle fréquence, ça me donne l'impression qu'on marche dans les pires secteur de Baltimore dans la (tout aussi fabuleuse) série The Wire, sans l'avoir demandé.

Voyez ? Je me dis anti marketing et voilà que je vous suggère, pas une, mais 2 (très très bonnes) séries télés. (Good Girls aussi-Breaking Bad au féminin, c'est sur Netflix, fameusement drôle en plus). 

Moi c'est du yogourt ou du pop corn. Eux c'est du poison. Ne sombrons pas dans le sommeil profond. Mais cesser de sonnez à nos portes.

J'invite à largement les écouter en sourdine. Renaud Lavoie, en sourdine en tout temps, idéalement.   

*Remplissant un sondage gouvernemental sur ma nature autochtone, j'ai dû demander à ma conjointe, je ne le savais pas, c'est dire mon intérêt, combien je gagnais par année. (elle travaille à la banque).          

jeudi 19 mai 2022

La Couronne d'Or & L'Étalon Blanc

La corruption revient en force au pouvoir, aux Philippines. N'a probablement jamais quitté les lieux depuis 1965. 

Ferdinand Marcos a été le 10ème président des Phillippines de 1965 à 1986. Il était dictateur et kleptocrate. L'un, allant continuellement de pair avec l'autre, en général. Il a dirigé le pays de 35, 8 millions d'habitants, sous la loi martiale de 1972 à 1981. Il a gardé la poigne forte, même si la loi martiale n'était plus complètement appliquée, jusqu'à la fin de son règne, en 1986. Il parlait alors d'autoritarisme constitutionnelle dans son mouvement néo-sociétaire. Il était notoirement si corrompu, détournant des milliards de dollars pour lui et ses proches, qu'il avait peu d'alliés dans le monde. Il était aussi reconnu pour son intolérance et sa brutalité. Le kit complet du dictateur moderne. 

Il s'était fait élire en inventant qu'il avait été un héros de guerre. Ce fût révélé faux et absurde par la suite. Sous son règne, le pays est tombé dans l'extrême pauvreté, en crise, et bien entendu, en dette. La loi martiale avait été appliquée après les élections de 1972, qu'il avait perdu, mais dont il avait triché les chiffres. Et pour s'assurer qu'on ne vérifie rien, il avait placé l'armée en contrôle. Les médias sont devenus 100% sous son influence et la répression physique contre les opposants politiques, les musulmans, les prétendus communistes et les simples citoyens sont devenus sa marque de commerce pendant 13 ans. Quand le candidat qui s'oppose à lui aux élections de 1981 et leader de l'opposition, en 1983, est tout simplement, comme par hasard, assassiné, il n'est plus la faveur populaire. Mais gagnera "étrangement" les nouvelles élections truquées. L'économie du pays s'effondre. Quand en 1986, une élection truquée de trop ne fait plus l'affaire de personne, le président des États-Unis d'alors, Ronald Reagan, lui suggère de prendre sa retraite. Ce qu'il fera, à Hawaï. 

Selon La Commission Présidentielle des Bons Gouvernements Internationaux, les Marcos ont volé entre 5 et 10 milliards de dollars de la Banque Centrale des Philippines. Priobablement plus avec ce qu'ils avaient caché, en Suisse. 

Depuis, les gouvernements se sont succédés aux Philippines et le dernier monstre à être en poste avait été Rodrigo Duterte rendu tristement célèbre pour avoir demandé à tous les citoyens et toutes les citoyennes, de régler le problème eux-mêmes, en ce qui concerne la guerre contre la drogue. Véritable fléau local. Mais y a t-il pire que de risquer de se faire tirer par n'importe qui vous soupçonnerais de n'importe quoi ? Moi le premier, j'inventerais peut-être quelques petites choses sur certains afin de justifier certaines choses. (non, je ne vivrais pas avec l'idée d'avoir tué). 

C'était la fille de l'affreux Duterte qui était l'autre candidate en lice pour le poste de présidente. Les Philippins n'étaient pas gâtés en frais de candidats. L'autre favori, c'était le fils de 64 ans de Ferdinand Marcos, Ferdinand Marcos Junior. Et c'est lui qui a gagné l'élection d'il y a une semaine. Le fils du dictateur travaillera avec la fille du regrettable Duterte. Les Philippines sont entre bonnes mains...

Les dernières années, les derniers mois, les dernières semaines, Imelda, l'épouse de feu Marcos et le fils Marcos, appelé Bongbong pour le différencier de l'autre, ont tout fait pour réécrire l'histoire et gommé tous ce qui était pas propre autour du nom Marcos. Ils ont fait un véritable travail soviétique de réinvention de la vérité. Qui a merveilleusement fonctionné. Il s'est trouvé de très nombreux Philippins et Philippines pour penser que c'était la meilleure chose à faire que de ramener les Marcos au pouvoir. 


Le palais Malcanang, résidence officielle présidentielle, est à des centaines de kilomètres de la capitale, Manille. C'est un endroit désormais ouvert au public où on est invité à vénérer le rêgne Marcos. Même si beaucoup de ce qui y est raconté est faux, archi faux. 

Dans la chambre de Bonbong se trouve l'immense portrait de celui-ci, jeune adulte, avec une couronne en or sur la tête, à dos d'étalon blanc. Il semble voler parmi les nuages avec le drapeau des Philippines dans une main et la bible dans l'autre. Quand les révolutionnaires avaient investi les lieux, en 1986, ils y avait trouvé des bains tourbillons en or véritable, 15 manteaux de fourrures, 508 tenues de soirée de haute couture et surtout plus de 3000 paires de souliers dans les garde-robe d'Imelda. 

Bien que les abus et les excès, et la corruption fût évidente et prouvée, le travail de réécriture des faits a été si bien fait que beaucoup de voteurs se sont mis à douter de tout ça.  La désinformation a fait son oeuvre, là aussi. 

On a réussi à colorer l'ère tyrannique des Marcos en ère dorée, de manière assez incroyable. Utang na lumb disent-il. "Nous avons une dette de gratitude envers cette famille." 

Lavés du cerveau, assez parfaitement. 

Ils disent ne pas avoir vu de corruption, mais Marcos n'est plus dans le décor depuis plus de 35 ans. Et décédé depuis 39 ans. Ça aide à faire oublier de ne pas lui voir le visage dans les entourages. Savent-ils qui était Marcos père ? 

Visiblement de moins en moins. 

Avec fiston au pouvoir, toutes les enquêtes contre son père et sa mère, toujours vivante, vont s'éteindre peu à peu. Et tomber dans l'oubli.

Une vertu Philippine nouvelle bien entretenue par la famille Marcos.  

La corruption est si installée au pays que quand Imelda Marcos a été trouvée coupable de corruption, elle n'a pas fait un seul jour de prison, et personne ne s'en est vraiment inquiété.

Malgré le verdict, plusieurs la pense même, non coupable...