samedi 25 avril 2026

MAGA C'est L'Éloge de la Laideur

"Already great, you're already great..."

-N.Y. 

MAGA c'est l'Étatsunien laid transformé en État religieux. Avant les casquettes rouges, c'était le gars en short cargo à l'aéroport Charles de Gaule qui criait, furieux, en anglais, parce que fromage là-bas portait un nom. Bruyant. Pas curieux du tout. Spirituellement armé. Se dandinant dans le monde chaussé de mauvaises sandales et de pires jugements hypothétiques. Il était obèse, mais restait lutin social quand à son impact.

Le pédoprésident des États-Désunis l'a franchisé et l'a fait passer de honte privée à identité gouvernementale. 

MAGA c'est l'Étatsunien laid à qui on a donné accès aux corridors du pouvoir et placé sur certains podiums. Un papier de permission. Un drapeau de confédérés. Un vocabulaire composé de griefs. Un roi concierge de la télévision qui s'est appris tout seul, avec l'aide d'un "petit million paternel", que l'ignorance pouvait être authenticité, que la cruauté était une force, et qui si tu humiliais en premier, personne ne pouvait t'humilier ensuite. Chaque rassemblement t'apprenais la même leçon. Ne jamais apprendre. Ne jamais douter. Ne jamais t'excuser. Simplement pointer vers quelqu'un de plus "faible" et appeler ce qu'on vient de roter, "la vérité". 

MAGA c'est l'Étatsunien laid c'est l'élévation du ressentiment au rang de la diplomatie. L'Étatstunien laid ne veut pas comprendre la culture de l'autre; il veut que l'autre s'excuse d'exister différemment. Sous MAGA, cette arrogance n'est plus un trait de caractère embarrassant, c'est une stratégie nationale. On ne négocie pas, on exige. On ne visite pas le monde. On le traite comme une aire de repos dont on possède les titres de propriétés. C'est la fin de la nuance, remplacée par le volume sonore de celui qui n'a jamais ouvert un livre, mais qui possède trois fusils d'assaut et des couteaux de toutes les marques et de tous les formats. 

MAGA c'est l'Étatsunien laid dont le visage est une lune dans les rassemblements partisans. Une lune vide et masquée par les éclipses. Ce n'est pas la joie, c'est de l'extase de soulagement. Le soulagement de ne plus avoir à faire semblant. Plus besoin de respecter les experts. Plus besoin de baisser le ton à la bibliothèque, plus besoin de se demande, jamais, si on a tort. "Le roi de la télévision" leur a dit "Votre étroitesse d'esprit est une vertue patriotique. Ils ont transformé leur manque d'empathie en un bouclier de bronze. 

MAGA c'est l'ignorance devenue cool conservateur. Avant, on cachait son manque de culture et on voilait son racisme. Aujourd'hui on le brandit comme une preuve de pureté contre "les élites". Les mêmes qui sont flattés par le dément démon. C'est le triomphe du gars qui refuse de prononcer correctement le nom d'un plat étranger par fierté. MAGA a réussi ce tour de force de convaincre des millions de gens que la curiosité est une trahison et que le doute est une faiblesse libérale. 

MAGA c'est aussi une esthétique de la laideur revendiquée. Les décors dorés de mauvais goûts, calqués sur le modèle Russe. les cravates trop longues, les souliers affreux forcés de porté par l'entourage, la peau orange artificielle, le botox et les chirurgies plastiques. C'est le rejet du beau, du fin, de l'organique. Pourquoi? parce que la beauté demande un effort d'appréciation, alors que le clinquant impose sa domination. C'est le buffet de restauration rapide à volonté de Las Vegas appliqué à la Constitution. C'est gras, excessif, et ça finit par rendre tout le monde malade. Hospitalisés à grands frais.

MAGA a transformé le grief en carburant infini. L'Étatsunien moyen laid se sent toujours lésé, même quand il tient lui-même, le sceptre. Il a besoin d'un ennemi pour justifier son propre vide. Si il n'y a pas persécution, il l'invente. C'est une religion où le seul sacrement est le droit d'être odieux sans conséquence. La cruauté n'est pas un effet secondaire, c'est le produit final. C'est le "petit million" d'un pédophile qui se pense intouchable multiplié par des millions de frustrations individuelles. 

MAGA c'est traiter la vérité comme un obstacle à leur confort mental. Si un fait les dérange, c'est un complot médiatique. Si une science les contredit, c'est une attaque personnelle. L'Étatsunien laid a décidé que la réalité était une option et que son opinion, aussi mal informée soit-elle, valait bien une loi physique. C'est la narcissisme porté au niveau métaphysique.

MAGA est la mort lente de l'aspiration. On ne cherche plus à devenir meilleur. On cherche la cryptocombine. On ne cherche plus à être le/la plus sage ou le/la plus ouvert(e). On cherche à ce que le monde entier se rabaisse à son niveau. Les cancres contrôlent l'école de la vie. Adulescent colérique qui a hérité des clés du garage, on décide de tout brûler pour y bâtir sa "mancave". Parce qu'on lui a demandé de faire le ménage de sa chambre. Fascime ordinaire. 

Comme les États-Unis n'exportaient plus de rêves, on exporte désormais ses cauchemars. Le monde regarde maintenant avec effroi ce touriste braillard qui, non content de gâcher le paysage à Charles de Gaule, est maintenant assis dans le cockpit de l'avion. 

Hurlant qu'il n'a pas besoin de cartes pour voler. Tant qu'il a sa casquette rouge et sa haine comme boussole. 

La boucle est bouclée.   

L'ombre est devenue la lumière et la laideur est devenue sacrée. 

vendredi 24 avril 2026

À La Recherche du Temps Perdu*******************L'Adversaire d'Emmanuel Carrère

Chaque mois, dans ses 10 derniers jours, tout comme je le fais pour le cinéma (dans ses 10 premiers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu) je vous parles de l'une de mes 3 immenses passions: La littérature !

Lire c'est comme un second souffle pour moi. Je suis traducteur, Je le fais tout le temps. Partout. Je le fais aussi pour le simple plaisir.

Lire, c'est accepter d'entrer dans la tête d'un(e) autre. Dans un univers qui n'est pas le sien. De voyager, à peu de frais. C'est apprendre. Découvrir. C'est s'ouvrir les sens. C'est confronter ses idées préconçues, faire tomber ses préjugés ou les nourrir. C'est plonger dans des mondes. Des réalités autres. c'est choisir de respirer calibré sur le rythme de quelqu'un d'autre. 

Et respirer, c'est vivre. 

L'ADVERSAIRE d'EMMANUEL CARRÈRE.

Troublant, difficile à classer, à mi-chemin entre récit journalistique, enquête psychologique et réflexion morale, Carrère s'amuse avec les frontières de tout ça. Dictateur des genres. Inspiré d'un fait divers réel- l'affaire Jean-Claude Romand, il raconte l'histoire d'un homme qui, pendant près de vingt ans, a menti à tout le monde sur sa vie avant de commettre l'irréparable lorsque la vérité menaçait d'éclater. Mais réduire le livre à son intrigue serait passer à côté de ce qui en fait la force: une exploration vertigineuse du vide, du mensonge et de l'identité. 

Ce qui frappe d'abord, c'est le ton adopté par Carrère. Loin du sensationnalisme ou du jugement facile, il choisit une écriture sobre, presque retenue. Il ne cherche pas à expliquer à tout prix ni à imposer une interprétation. Au contraire, il avance avec prudence comme s'il marchait sur un terrain moral instable. Cette retenue créé un effet puissant: le lecteur est placé face à un mystère humain qui résiste aux simplifications. Qui est vraiment cet homme ? Et surtout, que se passe-t-il à l'intérieur de quelqu'un qui construit sa vie entière sur le vide ?

Le personnage central, Jean-Claude Romand, fascine précisément parce qu'il semble dépourvu de consistance. Contrairement à d'autres figures criminelles, il n'est pas animé par une passion, une idéologie ou même une révolte. Il n'y a pas de "grande raison" derrière ses actes. Il ment. D'abord peut-être par facilité. Puis, par nécessité. Jusqu'à se trouver prisonnier de sa propre fiction. Cette absence de profondeur apparente est profondément dérangeante. Elle évoque une forme de néant intérieur, une incapacité à être soi-même, qui rappelle certaines figures de la littérature existentialiste. Mais ici, sans la conscience lucide qu'on retrouverait chez Jean-Paul Sartre ou Albert Camus. 

Carrère ne se contente pas de simplement raconter l'histoire de Romand. Il s'interroge aussi sur a propre position d'écrivain face à un tel sujet. Le livre est traversé par une réflexion sur le regard que l'on porte sur autrui. Quand on fait la rencontre de quelqu'un, sait-on vraiment toujours tout le bagage qui l'a mené à la personne devant vous ? Comment ça pourrait être possible ? Quand il s'agit d'une âme criminelle, peut on comprendre les sources ? Sans excuser ? Peut-on raconter sans trahir ? Cette dimension méta-narrative donne au texte une profondeur supplémentaire. L'auteur se met lui-même en jeu, reconnaissant ses doutes, ses hésitations, et même une certaine fascination pour cet homme opaque. Cela rend le récit plus honnête, mais aussi plus inconfortable.

Un des aspects les plus marquants du livre est la manière dont il traite le mensonge. Chez Romand, le mensonge n'est pas seulement un outil, c'est son volant de véhicule vital. Le mensonge devient sa manière d'être. Il ne s'agit pas de dissimuler une vérité honteuse, mais de remplacer la réalité elle-même. 

Nos sociétés y sont largement confrontés depuis 10 ans d'un président dément qui tout le temps, ment en occident.

Ce glissement progressif vers le mensonge à perpétuité est au coeur du malaise que suscite le livre. Il pose une question inquiétante: jusqu'à quel point notre identité dépend-elle du regard des autres ? Selfie/Autoportrait, je te vises. Si personne ne vérifie, si tout le monde croit, ou se situe la frontière entre le vrai et le faux. MAGA, comment va ton cerveau ? 

Le livre explore aussi le rôle de la société dans cette histoire. Romand a pu maintenir son mensonge pendant des années parce qu'il correspondait à une image socialement valorisée: celle d'un médecin respecté, travaillant pour une organisation internationale. Il incarnait une réussite crédible, presque banale. Cela suggère que le mensonge a trouvé un terrain favorable dans les attentes et les illusions collectives. En ce sens, L'Adversaire ne parle pas seulement d'un individu, mais d'un système de représentations dans lequel chacun peut, à sa manière, se reconnaître. 

Enfin il y a une question morale omniprésente mais jamais tranchée qui hante ce livre. Carrère ne propose pas de réponse définitive sur la culpabilité, la responsabilité ou la possibilité de rédemption. Il évoque notamment la dimension religieuse qui apparaît après le drame, lorsque Romand se tourne vers la foi. Là encore, le doute persiste. S'agit-il d'une réelle transformation où ne devient-on pas toujours soudainement pieux quand tout s'écroule dans nos vies ? Sincère conversion ou prolongement du mensonge? La religion n'est elle pas le mensonge le mieux réussi sur terre ? Le livre ne tranche pas. Laissant le lecteur face à son propre jugement. 

Ce qui rend ce premier récit d'Emmanuel Carrère si impressionnant, c'est donc moins l'histoire elle-même que l'expérience de lecture qu'il propose. C'est un livre qui bouleverse. Dérange. Non pas par des effets spectaculaires, mais par sa capacité à faire vaciller nos certitudes sur l'identité, la vérité et la nature humaine. Il nous confronte à une forme de vide difficile à appréhender, et à l'idée que ce vide peut exister, silencieusement, derrière des apparences parfaitement ordinaires. 

En refermant le livre, on ne ressort pas avec des réponses claires, mais avec une impression persistante d'inquiétude. Et c'est là que réside sa force 

Dans cette zone grise où la compréhension se heurte à l'inexplicable. 

jeudi 23 avril 2026

Trop Tard, Marlene

Dans la chanson Too Late, Marlene, de Duran Duran, de 1988, la narrateur décrit une relation marquée par une attraction persistante malgré la conscience croissante qu'elle est vouée à l'échec. 

Le refrain n'est pas seulement un constat temporel, mais un aveu psychologique: celui d'être allé trop loin pour ensuite choisir de reculer. On est plus dans le choix libre, mais dans une forme d'inertie émotionnelle complaisante. Cette dynamique peut servir de métaphore pour certaines alliances ou proximités politiques contemporaines. 

Chez Marjorie Taylor Greene, par exemple, on observe des moments, actuellement, où elle semble infléchir son discours et prendre des distances tactiques avec certaines positions républicaines et avec le pédoprésident lui-même. Tout en restant fondamentalement ancrée dans un écosystème politique, une bulle toxique,  qui l'a portée là où elle est dans l'oeil des caméras et aux micros. Comme dans la chanson de DD, il y a dualité et tension entre lucidité et attachement. Elle semble reconnaître les limites et les risques d'une relation politique, éveil forcé par des menaces de morts contre ses enfants. Mais elle ne se détache pas pour autant de ses couleurs républicaines conservatrices et reste la lie de la lie mentale. Le rouge à lèvres sur la porcine qu'elle est n'en fait pas plus un brillant corvidé. Il n'y pas rupture autant qu'oscillations. Ajustement de ton. Pas véritable virage. 

Et bien que plusieurs gens équilibrés disent maintenant qu'ils sont plusieurs fois par mois tout à fait d'accord avec ses propos, il est trop tard. On oublie pas qu'elle a aura été lourde toxicité sociale. Pour bien des branches de la société d'Amérique du Nord. La première fois que je l'ai vue, c'était un "live" qu'elle faisait, dans un lieu où un travesti racontait une histoire à des enfants. Elle tentait de marquer un point. De catégoriser le moment dans la section "Voyez à quelle point c'est horrifiant pour nos enfants". C'était atrocement pathétique. Comme c'était en direct, aucun effet de montage n'arrivait à masquer la majorité de parents autour qui plaignait son manque de jugement. Le direct faisait mieux paraître le travesti en question et les parents ouverts à l'histoire racontée. Qui n'avait aucun lien avec le travestisme, mais qui parlait d'amour. Et d'acceptation. Comme leur Bible. De la belle fiction.

Ancien soutien au pédoprésident actuel à la station de propagande télé Fox, Tucker Carlson, a été limogé de cette station quand celle-ci a été trouvée coupable de mensonges volontaires sur leurs ondes, et qu'il en était l'émission de mensonges la plus populaire. Une amende de 787, 5 millions de dollars a été imposé à la triste station, en avril 2023, et comme elle continue, elle fait maintenant face à une autre poursuite du genre, pour les mêmes motifs, mentir délibéremment,  de la part de Smartmatic qui leur réclame, 2,7 milliards. 

Il est resté, indépendamment soutien au pédoprésident, assistant même à des évènements en sa compagnie, avec sa famille même. On l'a compris toujours médiatiquement ami de l'olibrius. Mais dernièrement, il a montré des signes de distances ou des repositionnement, disant même cette semaine qu'il regrette d'avoir leurré les gens si longtemps...trop tard, nain mental. Le mal est fait. Même les Nazis n'ont trouvé les remords que lorsqu'ils ont capitulé, en 1945. Ce jeu de désengagement se rapproche du "tout s'effondre, mais je n'étais pas de cette entreprise". On s'éloigne, mais jamais complètement. On critique parfois, mais sans rompre le lien structurel avec le public. Sans le pédoprésient, Tucker Carlson n'existe pas dans l'univers collectif médiatique. L'ambiguïté est stratégique. Tucker Carlson sera toujours le raté qu'on a connu à Fox. C'est trop peu trop tard. C'est Lance Armstrong qui regrette ses tricheries après la plus belle des vies aisées. 

Même le diminutif Joe Rogan a commencé à avoir des doutes sur le pédoprésident. Il hésite, mais juste assez pour que le principal interressé ne s'en aperçoive pas trop. Il dira qu'il ne croit pas qu'on a "sauvé" des pilotes de manière héroïque, dont l'avion aurait été abbatu en Iran, pilotes qui n'ont d'ailleurs aucune identité et n'ont offert aucun commentaire post-traumatique, ni leurs proches, mais sera aussi rieur aux côtés du dément président, dans un gala de combat ultime, la semaine suivante. Sa désolante influence médiatique le place au coeur des actualités politiques, est ses prises de positions vis-à-vie du meileur ami de Jeffrey Epstein sont de plus en plus nuancés et douteux de l'honnêteté du vieux pervers au pouvoir. Cette hésitation, cette posture légèrement fausse de celui qui ne lisait pas qu'au Canada, pendant la pandémie, on ne fermait pas les épiceries, seulement l'accès aux covidiots, mais ne lisait que le titre disant que l'accès serait interdit, n'est pas tiraillement intérieur autant que choix stratégique volontaire. Une conscience douteuse des enjeux et des controverses, mêlée à une réticence à trancher définitivement. 

Dans les 3 cas, ce ne sont pas des "changements de cap" autant que des mouvements des eaux parfois contradictoires, mais un agencement des couleurs qui restera toujours le même. 

Couleur manipulateur. 

Dans la chanson signée Simon LeBon, le "trop tard" est une notion de temporalité pour une métaphore émotionnelle. Il marque un seuil. La prise de distance des trois cas mentionnés plus haut mesurent les conséquences de crédibilités pour leur public.

Une crédibilité perdue, parce que, trop tard...On voit le rouge à lèvres, mes suidés


Mettre du rouge à lèvres sur un cochon ne fait oublier le fondamentalement mauvais ou médiocre en dessous. 

Le "rebranding" est trompeur.  

On reste dans le leurre. 

mercredi 22 avril 2026

Uber Driver

Chevalier de l'asphalte, Lucas fixait la note sur son écran de voiture. 

4,6 étoiles. 

Une injustice.

Une de plus dans ce monde en décomposition qu'il observait chaque nuit à travers son pare-brise. À 30 ans, sa vie se résumait à une berline d'occasion qui sentait le sapin chimique et à une application qui lui dictait ses moindres mouvements. 

Il se voyait et se savait purificateur. Un Homme. Un vrai, au milieu d'une époque devenue lâche, féminisée, et artificielle. Il passait ses journées à la salle de gym, poussant de la fonte, fonte, fonte, pour oublier la honte. Jusqu'à la nausée. Il passait ses nuits à écouter des ballados de masculinistes, d'auto-déclarés "mâles-alpha", qui lui expliquaient comment reprendre le pouvoir. 

Il méprisait ses clients. Les fêtards ivres, qui vomissaient sur des banquettes, les cadres supérieurs arrogants qui lui parlaient sans le regarder, et surtout, ces hommes modernes qu'il jugeait faibles et soumis.

Puis, l'obsession.

Chloé est montée à bord.

Elle avait l'air épuisée, les yeux rivés sur son téléphone. Lucas a immédiatement ressenti le besoin viscéral de la protéger. Dans sa tête, le scénario s'est écrit instantanément: elle était une demoiselle en détresse, et lui, son sauveur. Il a commencé à accepter toutes les courses dans son quartier. Espérant désespérément d'à nouveau la croiser. L'algorithme a fini par l'exaucer. Lorsqu'elle est remontée dans sa voiture, une semaine plus tard, Lucas a tenté d'engager la conversation. Il a utilisé les techniques de séduction agressives apprises dans ses ballados. Il a critiqué la "faiblesse" des hommes qu'elle devait fréquenter et lui a assuré qu'elle avait besoin d'un "protecteur traditionnel". 

Chloé. mal à l'aise devant cette intimité soudaine et cet intense regard fixe braqué sur elle par le rétroviseur avant, lui a alors demandé de la laisser débarquer au prochain coin de rue. Lucas a insisté, elle dit non, mais c'est toujours oui, si j'en ai envie, pensa-t-il, haussant le ton, persuadé qu'il agissait pour son bien. Paniquée, elle a exigée de descendre tout de suite, peu importe le moment, lui lançant 20 dollars même si elle n'avait roulés que pour 7$. La voiture s'est immobilisée et elle a vite quitté, claquant la porte et fuyant vers ailleurs. 

Le soir même, la sanction est tombé, compte suspendu pour comportement inapproprié.

Une étoile. 

La chute.

Le monde de Lucas s'effondre alors. Il écoute Fight Club pour la xe fois, pour se convaincre que son statut d'incel n'est pas une mauvaise chose. On l'a castré. On lui a retiré son gagne-pain et sa mission sacrée. Sa frustration s'est muée en une rage incontrôlable. Ce n'était pas sa faute. C'était celle d'un système injuste qui rejetait les "vrais hommes". 

Il a alors passé une partie de la soirée à astiquer sa voiture. Puis s'est rasé la tête. Plus qu'un crâne lisse. Avec teintes de gris bleus, là où on devinait des poils passés. Il a enfilé son blouson noir et s'est mis à errer dans les rues. À pieds. Cherchant une cible pour extérioriser sa violence. 

C'est là qu'il a revu Chloé. 

Elle marchait aussi, sur le trottoir de la nuit. Mais cette fois, en "madame". Elle était si belle et désirable. Elle tenait la main de l'homme qui l'accompagnait qui représentait pour Lucas, tout ce qu'il détestait: une silhouette fine, un rire léger, aucune agressivité. 

Un imposteur. 

Lucas a accéléré le pas. Le coeur battant au rythme d'une musique industrielle imaginaire. NON! pas imaginaire ! You're gonna get what you deserve ! Il s'est interposé violemment entre eux. hurlant à Chloé qu'il était là pour la sauver de cette mascarade. Elle avait mis une de ses mains dans son dos, elle lui faisait face, Lucas ne pouvait pas le savoir, mais il s'inventait qu'elle faisait ce signe de la main que font les Femmes quand elles veulent faire comprendre qu'on doit les sauver d'un homme toxique. Il n'était pas cet homme toxique. Du moins, dans sa tête lisse. 

Christ. 

Quand le compagnon a tenté de s'interposer calmement, la cocotte-minute a explosé. 

Lucas a projeté toute sa haine et sa frustration dans un premier coup de poing.

Il ne nettoyait pas la ville. Il en était le poison.

Les badauds autour l'ont maitrisé au sol. Il n'a pas pu donner deux coups de poings à celui qui gisait maintenant au sol. Knockouté. Mais avec au dessus de lui, affolée, la belle Chloé. 

Lucas, sous les poids des gens qui le tenait au sol a eu le temps de dire "Je suis là! je suis là! ne t'inquiètes pas!". 

Ce que la police a confirmé quand ils l'ont arrêté. Elle pouvait ne plus s'inquiéter. 

Lucas restera coffré.

Taxi Driver a 50 ans cette année. Ce terrible, mais aussi fameux film de Martin Scorsese, scénarisé par Paul Schrader, traitait de la solitude malsaine mâle. Mais aussi, du traumatisme. Travis Bickle était un ex-soldat du Vietnam, sans mission. Il fallait s'en inventer une. Cette malsaine solitude existe encore vivement de nos jours. Plus que jamais le masculinisme pue de sa grosse tête sale. Il a son porte-voix, ici, en bas. Tous les jours au micro de nos télés. Ce film n'a pas pris une ride.

Je pense à cette 9e victime de féminicide au Québec, en seulement 3 mois et 3 semaines. 

Je penses aussi à Véronique Champagne, de Rougemont, ou Mary Tukalak Iqiquq du Nunavuk.

Et à Karina Poliquin.

Qui a crié de sa douce voix en octobre dernier, un appel à l'aide non entendu.  Femme bravement dévouée dans un monde trop mâle et pressé. 

Non ! les hommes ne l'ont pas nécessairement poussé là où elle a mis fin à l'aventure de la vie. 

Mais oui ! les Hommes avec un grand  H l'ont complètement échouée. 

1987-2026

Depuis le week-end dernier, je ne cesse de penser à elle.

Papillon qui a perdu ses ailes.  

On a envie, comme elle, que les enfants soient replacés au coeur des priorités de nos environnements médicaux. Et pourtant, on regarde la gestion des dossiers Epstein, et nos coeurs saignent.

Que JAMAIS nous ne lâchions le morceau de ses dossiers qui doivent, faire exploser la malpropreté. 

Ils n'auront jamais notre voix. 

mardi 21 avril 2026

KKKaroline Leavitt

Ou Tracy Flick.

Vous connaissez Tracy Flick ?

C'est ce personnage joué à merveille par Reese Whiterspoon, à 21 ans dans le film d'Alexander Payne, Election, écrit par Tom Perrotta, Payne et Jim Taylor. 

Dans Election, Tracy Flick est présentée comme l'incarnation poussée à son extrême de l'ambition scolaire, et pas dans le bon sens. C'est une élève obsessionnelle du contrôle, prête à tout pour réussir, même à écraser les autres sans la moindre scrupule. Caricature de la fille toxique. Ultra-perfectionniste, rigide, incapable de spontanéité, et surtout, convaincue de sa supériorité morale. Son énergie déborde, mais elle est si mécanique et calculée qu'elle devient agaçante, presqu'inquiétante. Elle donne l'impression de cocher des cases plutôt que de vivre réellement. Parfaitement antipathique, elle est incapable d'auto-critique. Toute opposition est une injustice personnelle et elle est froide opportuniste. Même si ça demande à manipuler ici et là. La vérité et les gens. 

C'est KKKaroline Leavitt.  C'est la Tracy Flick de MAGA. Si Reese Whiterspoon pouvait en devenir drôle et sympathique, jamais KKKaroline. Flick semble avoir plusieurs idées, issues d'elle-même, mais Leavitt fait du copier/coller du cerveau détraqué de son président, une créature qu'elle idôlâtre depuis son adolescence, pas si lointaine, elle n'a que 28 ans.  

Née au New Hampshire, Karoline avec un seul K (elle aura les 2 autres à l'école du racisme Trump)prétend être issue d' "a blue collar class family". Mais son taux de mensonges est si élevé, ce qui charmera tout de suite le menteur en chef, que peu est facile à croire, provenant d'elle. Se disant sel de la terre, elle a dit tour à tour être de famille de classe moyenne, de famille en affaires, de gens qui ne sont partis de rien, ajustant son discours selon l'intervieweur/intervieweuse. Tous les profils de la blonde jacasseuse quotidienne parlent de son père propriétaires d'une compagnie de camions...nononon, il est propriétaire d'un concessionnaire de voitures. Et aux États-Unis, ce ne sont pas des Berlines, mais toujours des pick up ou des SUV. Mais "trucking business" ça parle aux États rouges...

C'est au collège qu'elle découvre que les gens sont "méchants" envers les attardés conservateurs. Pour s'en plaindre, elle écrira dans le journal étudiant, écrivant de profondes ânneries sur Hillary, dès 2016, année des débuts de l'infâme en poste actuellement. Elle crache déjà sur CNN, ABC (domptée depuis) et MSBNC. Elle a aussi défendu le bannissement de l'Islam de Trump en disant que ce n'en était pas un, préface de "les tarifs douaniers sont bons pour les États-Unis", ce qui ne peut pas être plus faux. 

Elle embrasse le cul du pédoprésident depuis si longtemps que ses lèvres et le cul du dément président sont légalement mariés. Sa première question, au pédophile, à 18 ans, lui léchait...la face. 

"Mr.Trump, comme tout le monde le sait, et que j'aime personnellement, que voudriez vous dire à tout ceux et celle qui disent que vous êtes trop durs pour devenir président ?" Elle se découvre alors une passion: Passez à la télévision. Elle sera à l'écran, à la télévision universitaire, pour couvrir le premier passage du criminel actuel. Et apprendra à regarder la caméra de face. Appliquant comme stagiaire à la Maison (trop) Blanche elle aura son billet d'or de celui qui a une toilette en or. Comme elle travaillait pour Trump, elle n'était pas payée. mais réussissant à survivre malgré tout, malgré sa famille "de cols bleus". Elle sera assistante de la secrétaire de presse, la 4e personne, et la dernière, pas longtemps, qui tiendra ce rôle, lors du premier mandant du crétin actuel. Kayleigh McEnany, qui avait été à l'école du mensonge Fox, sera sa mentor. 

Mais en janvier 2021, c'est Biden qui rentre. On doit se repositionner professionnellement. Et Leavitt, assistante d'une républiconne (sic), est au jour 2 de son nouveau travail quand les ratés tentent de renverser le gouvernement, au Capitol. Elle est littéralement sur place et a la peur de sa vie.  Tellement, qu'elle est humaine. Elle remercie très publiquement les gardes qui l'ont aidé à sortir des lieux, en qualifiant un de héros, louange Mike Pence qui blâmait Trump. et est aussi très critique des moins que riens qui ont envahi le Capitol sous les ordres du président sortant, des écrits qui disparaitront comme la vérité au micro quand son rôle changera.

Contre 9 autres candidats, elle essaiera de se faire élire comme représentante Conservatrice au New Hamphsire et quand elle sent qu'elle va plus que perdre, à la Tracy Flick, elle pose un geste désespéré. Tracy Flick déchire les affiches de ses deux rivaux à l'école quand elle sent le terrain glisser sous ses pieds, Karoline ira voir Donald J Trump pour lui demander de ne pas endosser qui que ce soit. Trump aime bien les jeunes blondes qui lui lèchent les pieds. Ne l'oubliera pas. Elle perd son élection, mais reste dans l'imagination du gros moron.  

Gardant le moteur du mensonge bien huilé, elle répète partout que c'est parents sont se faits tout seul sans l'aide de quiconque et n'acceptant aucune aide. Oubliant l'important prêt de sauvegarde reçu par papa, pendant la pandémie. Deux fois. 

Elle utilise la grammaire des ignorants pour parler des progressistes, woke, socialiste, extrémiste. Elle fera la rencontre d'un homme issu du monde des courtiers, immobiliers plus âgé que son propre père. Il est courtier comme mon oncle Jasper est DJ à Noël. Il est propriétaire d'une série de condo au New Hampshire. Elle peut alors s'acheter des fausses sacoches Louis Vuitton, avec son faux combattant de la UFC à la retraite. Elle se défend de la différence d'âge en disant que les hommes de son âge n'ont pas la maturité de papa son chum. Elle devient secrétaire de presse en janvier 2024, entrant plein pieds dans la bullshit machine. 

Elle sera du rétrograde Projet 2025, le niant, comme son pédoprésident, avant qu'il ne l'applique, projet trempant le pays anciennement "great" en religiosité malsaine. Elle a défendu au micro depuis, la rapide dégénérescence mentale de son patron, en disant trop souvent n'importe quoi, défendant n'importe quoi, n'importe comment, inventant bien des choses, prenant une pause pour avoir un garçon de son monsieur, AVANT DE SE MARIER, ce qu'elle ne souligne pas aux androïdes de Turning Point, quand elle leur dit qu'ils doivent faire comme elle, se marier, avoir des bébés. Ordre non respecté de sa part. Hypocrisie #176. Son bébé, dès sa naissance, est plus près de l'âge de sa mère qu'elle l'est de son papa. Son amoureux aura près de 80 quand leur garçon terminera l'école secondaire (17 ans).

Dans ses désopilantes menteries, elle invente un jour que les Démocrates avaient investis des millions en condoms, à Gaza...

Quand se sera prouvé faux, elle se défendra de la grossièreté en disant qu'elle parlait de Gaza, Mozambique. Aucune preuve de ce qu'elle avance ne fait mordre quiconque. Stupide et mensonger.

Elle dira dans la même heure que les É-U sont champions de la liberté d'expression, pendant que son patron sanctionne des stations de télévision, dans la même heure, toujours, des stations qui ne font que leur travail. Il a fallu les juges pour ramener les journalistes banni(e)s du point de presse parce qu'il refusaient d'appeler le Golfe de Mexico, autre chose que le Golfe de Mexico. 

Elle le visage et la voix de ses ri-poux et son patron, quand vient de le temps de lui trouver des qualités utilisent les mots "hot" et murmure sensuellement "those lips..." inconfortablement agresseur sexuel.

Après une opération porno pour Vanity Fair, elle est trouvée encore enceinte, mais ce qui choque est qu'elle s'est fait injecter artificiellement, ce qui est très contrindiqué lorsqu'enceinte. Avec bedaine, d'un autre garçon, elle bullshit en double. Elle défend l'assassin agent terroriste de ICE, Jonathan Ross, qualifiant Renée Good, de dangereuse lunatique "au sein d'un groupe", un clip que Satan se garde pour son évaluation d'entrée future dans son royaume. Elle a craqué pour les menteries chiffrées en parlant d'un support de 100% au sein des MAGA, face à leur président. Soulignant le 0% de différence. 

Sad.

Elle s'est chicanée avec le pape parce qu'il a refusé d'approcher le "Bored of Peace" (sic). Elle urge les gens de penser que les dossiers Epstein sont une affaire classée. 

Non, fille, Pam Bondi devait témoigner le 14. A fait faux bond. s'expose à la prison. L'Iran c'est pour distraire des pédophiles que tu protèges.

Blanche KKKaroline reste loyale à celui qui n'a jamais été loyal à qui que ce soit de sa vie. 

Quand il n'y sera plus, que restera-t-il pour toi ?

Une première pensée personnelle ?

lundi 20 avril 2026

Mythique Hérouville Il y a 50 ans

Bien que l'auteure George Sand et le compositeur franco-polonais Frédéric Chopin soient indissociables de Nohant ou de Majorque, le château d'Hérouville, situé dans le Val-d'Oise, occupe une place singulière et souvent méconnue dans leur mythologie. Avant de devenir le célèbre "studio des enfants du rock", dans les années 70, cette bâtisse du XVIIIe siècle a abrité les débuts clandestins de l'une des liaisons les plus célèbres du romantisme. 

Refuge d'un amour clandestin, c'est vers 1838 que le couple aurait trouvé à Hérouville un havre de paix, loin des rumeurs parisiennes. À cette époque, leur relation est encore fraîche et marquée par le scandale. Sand, la femme de lettres aux pantalons et au cigare, et Chopin, le génie fragile et taciturne, cherchent l'anonymat pour vivre leur passion. Le château, qui servait alors de relais de poste, offrait le cadre idéal pour ces "amants d'Hérouville". 

On raconte que c'est dans ce décor que leur idylle a pris une dimension domestique préfigurant les années de création intense qui suivront. Bien que leur séjour y soit moins documenté que leurs hivers à la Chartreuse de Valldemossa ou leurs étés à la Maison de George Sand, à Nohant, Hérouville reste le témoin de leurs premiers élans. C'est beaucoup plus tard que Michel Magne, en 1962, convertit les lieux en studio locatif pour y enregistrer de la musique. Elton John, Pink Floyd, David Bowie seront parmi les superstars qui y enregistreront. Bowie, dans ses délires intoxiqués, dira même que le spectre du compositeur polonais s'invitait parfois près du piano pendant les sessions nocturnes. La légende du "fantôme de Chopin" sera tenace et hantera les couloirs du château. George Sand nous a quitté il y a 150 ans, cette année. 

De janvier à Mars, c'est Rick Wakeman, qui occupe le château. Le claviériste a quitté Yes depuis le jour de ses 25 ans, en mai 1974. Son mariage est en train de s'effacer, il a 4 albums en solo derrière la cravate, et en projette un nouveau. On lui conseille, pour des raisons fiscales, autant que personnelles, de s'exiler, ce qu'il fera, d'abord en Suisse. Puis, en louant le studio du château d'Hérouville. Il monte son English Rock Ensemble, dans son projet d'abord pensé comme une exploration mystique des Dieux, mais les thématiques de l'album ont bifurqué au Château, devenant davantage concentrées sur l'origine des phénomènes inexpliqués comme Stonehenge ou Le Triangle des Bermudes. Il avait tout composé la musique pour son band, appelée un son futuriste, un regard autobiographique sur la musique au travers de l'existence humaine. Inspiré aussi par ses prétendues observations d'Objets Volants Non Identifiés, dans les dernières tournées, en extérieur. No Earthly Connection se veut profond. 5e album Lancé en avril. Wajeman redevient membre de Yes avant la fin de 1976, 

Un autre qui lancera aussi son 5e album, cette année-là, et qui l'enregistrera à Hérouville, est le Français Jacques Higelin. Cet album est considéré comme un de ses meilleurs dans toute son oeuvre. Funk, prog-rock, Blues, hypnotique et brut, c'est sa China Girl à lui, sa copine, que croisera James Ostenberg (Iggy Pop), peut-être peau contre peau, et inspirera le morceau qui finira sur le premier album solo du parrain du punk. Ce cinquième album capture l'esprit de liberté totale du père d'Arthur H., réalisé après deux albums plus expérimentaux confirmant son statut de figure de proue du rock français d'alors. Il chante le boxeur Jones et enregistre en une seule prise la pièce fleuve de plus de 10 minutes et qui sert de chanson titre d'un album qui sera lancé en août 1976. 

En juin, juillet et août, David Bowie, qui y avait enregistré Pin Ups, le dernier album des Spiders From Mars, en 1973,  avec Carlos Alomar et Phil Palmer aux guitares, Laurent Thibault, George Murray, à la base, Michel Santagelli et Dennis Davis à la batterie, rejoignent Iggy Pop et s'installent pour y composer son premier album solo. Pop, qui a quitté les Stooges, et qui est fraichement sortit de sa cure de désintoxication. Tony Vicsonti y est aussi, au mix du son, avec Thibault comme ingénieur. et Bowie qui produit tout ça. Bowie et Alomar lui ont composé un morceau, et Bowie co-écrira tout le reste avec Iggy. Et Carlos. Et Tony. Iggy sera impressionné par l'éthique de travail de Bowie et David sera impressionné par l'improvisation de ses paroles qu'il semble créer sans jamais les avoir réfléchies d'abord. Flux mental spontané. Siouxie & The Banshees, Depeche Mode, Nine Inch Nails, Radiohead, The Smashing Pumpkins, Killing Joke, Joy Divison diront s'en être beaucoup inspiré. Ian Curtis se pend avec ce disque comme trame sonore jouant sur son tourne-disque. Glauque. L'album ne sera lancé qu'en mars 1977. Un bijou sonore pour moi. Un requiem pour Ian & Deb. 

David Bowie ne se sent pas l'envie d'écrire quoi que ce soit pour lui. Mais en travaillant sur l'album de Pop, il ouvre mentalement des pistes sonores. Le guitariste Ricky Gardiner, Brian Eno, Visconti plus présent encore, viennent les rejoindre de septembre à octobre, le temps qu'on s'offusque de ne pas être nourri (la nuit !), et de composer les premières bases de l'album de ma vie. Low. Qu'ils complèteront en Allemagne. Dans un studio donnant sur les gardes du mur de Berlin.  Ce magique album, d'abord refusé par la maison de disques, est lancé en janvier 1977. Même si prêt après celui de Pop, parce qu'on voulait vite Young Americans II, après un Station to Station plus niché. De là, la déception quand on reçoit aussi peu commercial. 

 Avant la fin de l'année, trois frères australiens entrent au Château pour y enregistrer des parties de la trame sonore de Saturday Night Fever, qui ne seront vraiment publiques qu'un an plus tard, presque jour pour jour.

C'était l'action au Honky Château, il y a 50 ans.         

J'avais alors, 4 ans. Comme mon ami écossais Charpi, qui a aujourd'hui même 54 ans. Avait alors, un tout jeune, 4 ans. Bonne fête, Charp. Mythique ami, lui aussi.