jeudi 6 mai 2021

Boomer Fait Vieux


 Il est difficile de ne pas donner son aval à l'ironie du peuple envers ses politiciens.

Comment ne pas trouver complètement hors de son temps Phillipe Couillard quand il dit, il y a moins de 5 ans, que faire son épicerie avec 75$ en poche peut nourrir une famille de 4? Il confirmait alors qu'il ne faisait jamais son épicerie, ce qui ne serait pas totalement anormal quand on devient très public, mais ne pas être au courant de ce type de chose démontre un grand manque de curiosité avec l'époque qu'on est supposé diriger. Couillard était alors Premier Minus du Québec. 


François Legault montre aussi des signes de fatigue sociale. Il est vrai qu'il est très disponible pour des conférences de presse sur la situation pandémique par les temps qui voudraient courir, mais qui sont quelques fois paralysés par de nouveaux règlements improvisés du jeu de la vie quotidienne, qui ne plaisent pas à tous.  Ça doit user son verbe. C'est di'ci'ile comme il dit si bien. 


Je n'ai pas voté pour lui. Ne le ferai jamais. Legault est un homme d'affaires et pense en hommes d'affaires et pour cela, il ne peut pas vraiment être de mes préférés candidats. Je ne suis pas le seul à ne pas avoir voté pour lui. 6.7 Québécois sur 10 n'ont pas voulu de lui comme Premier Minus. Ça fait beaucoup plus de monde à qui il ne parle pas tant que ça. Quand il a annoncé son Québec sur "pause", il y a plus d'un an, rien n'était plus irritant pour nos oreilles sous mon toit. Nous étions alors 4 travailleurs essentiels, dont 3 travaillaient davantage qu'ils n'avaient jamais travaillé. Des journées de 12 heures pour moi, d'au moins 10 pour l'amoureuse et une adolescente à qui on accélérait les études pour qu'elle soit infirmière(en plus de travailler dans une épicerie). Mon fils, paramédic-en-devenir, ne lésinait sur rien non plus alors qu'il était sollicité dans différents codes régionaux, ce qu'il n'a pas pu complètement honorer puisque ses études battaient leur plein aussi dans une certaine confusion, et que les syndicats s'en sont mêlés. Ce qui restaient triste quand on y pense. Prenez l'aide que vous avez, bande de ploucs! Quand c'est la guerre faut accepter les volontaires au combat.


Bref, quand nous tombions sur les nouvelles, vers 22h heures, où nous aurions tous dû être couché, et que nous entendions ad nauseam que "le Québec était en pause" on ne pouvait pas complètement se sentir visé dans la réalité auquel il faisait référence. 

Mais bon, on pouvait aussi comprendre que notre société n'était pas celle de la majorité non plus. Et la majorité, Legault ne peut pas complètement la comprendre non plus, il l'a gagné avec 3,7 du vote du peuple. 

Legault s'est encore montré très débranché de nos univers quand il a parlé du prix des logements la semaine dernière. Il nous servait un grand bol d'irritant en disant qu'on pouvait se trouver du logement à 500$. 


Oui, mais non. Un 2 1/2 peut-être. 1400$ par mois le 4 1/2 semi-rénové, encore hier. Imaginez rénové! Et pas juste dans les grands centres comme Montréal ou Québec. Gatineau, Trois-Rivières, l'Abitibi, la Gaspésie, le Québec entier! Les proprios se sont passés le mot. Y a une piasse à faire avec le logement. 

La poussière de cette déconnection notoire n'était pas retombée qu'il disait, devant ses auditeurs préférés, les membres du conseil du patronat du Québec, qu'il souhaitait faire immigrer davantage de salariés de 56 000$ et plus, pour faire augmenter le niveau total de richesse du Québec. 


Oulàlà...

La grande majorité des Québécois ne gagne pas ce montant par année. J'en suis. Le très allumé Gérald Fillion y allait d'une image qui disait tout.

C'est comme avoir une salle comprenant des salariés moyens (et moins) et que soudainement on faisait rentrer trois millionnaires, pour dire ensuite que la moyenne des salaires de l'endroit avait maintenant pas mal augmenté.


Bin kin! 

La plateau Mont-Royal est aujourd'hui le sanctuaire de riches jeunes Français, mais si ce jeune Français choisit de vivre ailleurs dans 10-12 ans, et que ce sont encore d'autres Français qui viennent s'y établir parce que, habitué de l'Euro, ce qui est inabordable pour nous, ne l'est pas pour eux, est-ce vraiment le Québec qui est plus riche qu'avant? Le jeu du voisin gonflable avec l'Ontario n'est pas complètement nécessaire et c'est ce que semble vouloir régler François Legault. L'écart de richesse. 


Mais il fait pire. La presque totalité des emplois disponibles en ce moment pour celui qui en cherche un se trouve sous la barre du 55 000$. 6 Québécois sur 10 ne gagnent pas 28$ de l'heure. Et n'atteignent pas le salaire moyen (jugé autour de 41 000$ par année). 

Ce sont les salaires de TOUS les citoyens qui feront un Québec plus riches. Pas quelques plus riches grapinés ici et là.

Il réfléchit en hommes d'affaire mal avisé. Il fait vieux, le boomer. 

Parfois, je rêve d'un leader de mon âge (49), comme Manu, en France. Mais voyez ils sont fâchés contre Manu là-bas. Alors rien n'est parfait. 


Mais aux prochaines élections, je voterai encore ailleurs que chez Legault. 

Je voudrai un(e) cuisinier/cuisinière qui fait nous cuisine ce qu'on goûte aussi. Je voudrai peut-être quelqu'un de mon âge.   

mercredi 5 mai 2021

Base, Fondation Sonore

(À J.M.)

La base guitare a souvent été mal aimée, et pourtant. 

Que ce soit l'hypnotique intro de Come Together, Bootsy Collins sur Sex Machine, ou la subtilité et la finesse de Tina sur Psycho Killer, on ne réalise pas toujours pleinement à quel point la base, doublée de la batterie, forment souvent le ciment d'une bonne chanson. Comme un mantra. Parfois on pourrait soutenir un beat beaucoup plus longtemps que le 4 minutes habituel simplement parce que la base y est prodigieuse. 


Quand j'entends (et chante) Like The Way I Do de Melissa Etheridge, je n'entends parfois que la base de Kevin McCormick. Quand Philippe Morissette fait entrer son instrument dans Gate 22, elle prend une dimension magique. Bob Hardy est tout simplement phénoménal sur Take Me Out (et en général au sein) de Franz Ferdinand. 

Quand Paul McCartney se reloge à la base parce que ni John, ni George ne veulent y aller, chez les Beatles, il dira que c'est sans enthousiasme parce que ce n'est pas l'endroit rêvé des membres de band. Il en parle avec un certain dédain.


Pas d'accord. Une bonne base, une bonne section rythmique, peut transformer une chanson plate en hook éternellement rejoué en tête. 

Voici 20 bassistes qui, pour mon oreille, la vôtre aussi j'espère, font une profonde différence favorable quand on écoute la musique dans laquelle ils prennent part.  


Peter Hook

Bien qu'ils soient de générations et d'époques différentes, Peter Hook a toujours été le Keith Richards de la base (Keef, un excellent bassiste du reste). Un maître du groove capable de riffs mythiques, presque hors-la-loi. Dans Joy Division comme dans New Order (jusqu'à ce que les claviers l'effacent complètement), il a marqué la fin des années 70, les années 80 et 90. Sa technique de jouer les notes hautes a été involontaire, leurs amplis étant si merdique à leurs débuts que si il jouait trop bas, il n'entendait aucunement ce qu'il jouait. Colin Greenwood de Radiohead parle de lui comme d'une influence majeure. 


John McVie

L'empathique et affable moitié de Fleetwood Mac (il est le Mac) et un temps le partenaire aussi de Christine Perfect (McVie) a été du tandem rythmique de la formation qui aura déployé son oeuvre sur plus de 50 ans. À la fois ancien membre des Bluesbreakers de John Mayall et avec Mick Fleetwood pour Fleetwood Mac-Peter Green et Fleetwood Mac-Christine, Stevie Nicks-Lindsey Buckingham, on savait que la chanson serait fort dès que base et batterie connectaient ensemble. Souvent, même la star de la chanson. Solide membre de la chaîne. 


Kim Gordon

Pendant leur heure de gloire, dans les années 80-90, rien de ce que faisais Sonic Youth ne se trouvait dans les standards conformes.  Que ce soit la guitare accordée en jazz qui faisait du fuzz ou la grande blonde qui n'avait jamais joué de la base de sa vie avant de former le band, son jeu minimaliste a parfaitement collé au son de rampe de métro du groupe de New York. Sans être une virtuose de son instrument, son style non conventionnel la rendent très intéressante à mes oreilles.  

Sting


Gordon a retenu l'attention parce qu'il écrivait bien, chantait d'une voix rare, et a de beaux traits qui vieillissent bien. Ce qui fait aussi oublier qu'il est excellent bassiste. Que ce soit avec The Police ou en solo, il sait placer sa base au coeur de certaines chansons avec brio. Plus jeune, c'est en laissant tomber la guitare, et réalisant qu'il était plus facile de jouer de la base et chanter en même temps que Sting favorise l'instrument. Stewart Copeland, batteur de The Police, dira que quand il le découvre en 1976, il ne l'entendait pas du tout chanter et ne porte attention qu'à son jeu de base. Qui était si intéressant. Jusqu'en 2018, il ose expérimenter avec cet instrument dont il adore l'esthétique.   


Tina Weymouth

Avant même que David Byrne ne chante une parole de leur premier hit en 1977, Tina avait préparé la route de sa base hantée. Elle est non accompagnée pendant les 8 premières secondes. Elle a brillé dans la folie Talking Heads et il y a une certaine injustice à ce que David Byrne ne gagne la part du lion au niveau de l'attention alors qu'il était entouré de musiciens si talentueux. Elle était une part importante de l'écriture des morceaux et le restera avec sa soeur dans des projets parralèles. Son jeu a toujours semblé sans effort et toujours placé sous l'étiquette du "cool". Sans Tina, Talking Heads n'aurait pas été le même band.


Geddy Lee

Sur scène, il est tout simplement partout. Au chant, à la base, aux claviers, au piano, aux synthé joué avec les pieds, y a pas à dire, quand Rush jouait sur scène, beaucoup de tiroirs mentaux étaient ouverts en même temps. Véritable légende et innovateur, on avait tendance à ne pas porter complètement attention à son jeu puisque les deux autres autours de lui sont aussi sorciers que lui. Les Claypool dira de lui qu'il a toujours tenté de recréer ce que Lee arrivait à faire, qu'il n'y arrivait pas tout le temps et qu'il continuait, encore de nos jours, à le faire. Geddy Lee est un vrai nerd de la base. 

Chris Squire


Plusieurs musiciens sont passés par Yes, mais une figure relativement constante de leurs débuts à 2015 (année de sa mort) aura été Chris Squire. Ces géants du rock progressifs n'auraient jamais pu être étiqueté ainsi sans les claviers Rick Wakeman et les guitares de Steve Howe, mais la basse de Squire n'est absolument pas à négliger. Mélodique, pop, et parfois stratosphériquement ailleurs. Wakeman dira de lui, à sa mort, qu'il jouait beaucoup de notes et que chacune d'elles, il les revisitait trois fois avant de les enregistrer, tellement la perfection de son jeu comptait pour lui. Disparu la même année que John Enwhistle, les bases du monde entier les remerciaient de les avoir fait atteindre une certaine dignité.  

John Paul Jones


Bien que Led Zeppelin ait toujours eu l'air improvisé à la dernière minute, Jimmy Page et John Paul Jones avaient tous deux des années d'expérience derrière la cravate comme musiciens de session, producteurs, souvent, les deux. À la fois deuxième guitare et baseman de Lez Zep, il a aussi joué pour Donovan, Jeff Beck, Dusty Springfield et était des arrangements de She's a Rainbow des Rolling Stones. Son sens musical était l'ordre quand Jimmy Page, avec sa guitare pouvait parfois faire désordre. Force tranquille du groupe, il équilibrait aussi la lourdeur de Bonzo à la batterie avec une impeccable base omniprésente

Willie Dixon


Connu comme bluesman légendaire dont les morceaux sont chantés par Howlin' Wolf ou Muddy Waters, il a aussi joué pour Chuck Berry, Little Walter et Bo Diddley. Ses morceaux sont repris par Led Zep, the Doors ou Derek & the Dominoes. Sa première base est en métal et ce n'est que lorsqu'il réussit à économiser 200$ qu'il met la main pour la première fois sur une vraie base de calibre puis sur la contrebasse qu'il ne lâchera plus jamais. Il a 24 ans. Il apprend à jouer tout seul, et ondule avec brio de morceaux en morceaux. Il transforme un morceau de Chuck Berry qu'il trouve trop country et Bill Wyman, des Rolling Stones, en fera un modèle pour la vie.  

Ron Carter


Intersection parfaite entre le jazz et le hip hop, on peut le trouver chez Pat Metheny, Freddie Hubbard ou A Tribe Called Quest. Avec plus de 2200 collaborations sur des albums, inutile de dire qu'il est largement convoité pour son talent. Qui est même parfois, pop. Son CV inclut aussi des passages avec Miles Davis, Aretha Franklyn et Antonio Carlos Jobim. Capable de collaborer à absolument tout, il ne se trahit jamais en restant propre à cette identité qui en fait une valeur sûre sur tout les morceaux auxquels il participe.

Paul McCartney


Difficile de trouver Macca sous-estimé quelque part. Pourtant, rarement parlerons nous de lui comme bassiste. Joueur de base d'abord par nécessité parce que Stu Sutcliffe trouvait la mort précocement, il dira que personne ne voulait jouer de la base à cette époque. Jouer de la base, c'était accepter de s'effacer. On voulait jouer de la Hofner ou de la Rickenbacker. Mais la couleur qu'a donné Paul à son instrument a donné à son jeu quelque chose de passablement cool. Une certaine liberté et une audace qu'on osait pas encore prendre dans les années 60 avec ce qui devait rester rhythmique et en harmonie constante avec la batterie. Il a inspiré bien des générations de bien des manières et ses grooves de base devraient être des influences importantes chez les joueurs de base. Pay attention, mate

Jaco Pastorius


"Mon nom est John Françis Pastorius III et je suis le meilleur joueur de base sur terre" c'est la ligne de présentation qu'il a offert aux membres de Weather Report quand il s'est présenté à eux, en 1974. Joe Zawniful ne l'avait pas pris au sérieux, mais deux ans plus tard, était forcé de porter attention.  Rapide bee-bop et chimiques harmonies, Jaco frette sa guitare de manière particulière et son flair, aussi arrogant que sa ligne à Weather Report, ont révolutionné la manière d'approcher la 4 cordes. Joni Mitchell dira qu'elle avait presque rêvé sa présence sur un de ses albums puisqu'elle ne lui avait donné aucune indication et qu'il avait tout compris dès l'enregistrement. Décédé bêtement de blessures, à la suite d'une bataille, en Floride, à seulement 35 ans, en 1987, le monde de la base restera en deuil jusque dans les années 90. 

Larry Graham


Membre de Sly & The Family Stone, il a popularisé la slap-base, et a forcé les percussions à s'ajuster à ses riffs. Graham dira qu'il a été obligé de s'inventer cette technique quand son band précédent avait perdu son batteur et que, de son pouce, il jouait si fort qu'on arrivait presqu'à en oublier l'absence de drummer. Ce type de jeu aura une influence majeure chez des gens comme Prince, Duran Duran, Bowie. Brian Eno dira qu'à partir du son de Sly & The Family Stone, la base et le base drum deviennent des sons centraux de chansons, ce qui n'était pas le cas avant. Jouant si fort, Graham dira toujours que le danseur en vous n'a aucune raison de ne pas s'activer.  

Jack Bruce


Eric Clapton et Ginger Baker ont eu toute l'attention, mais la base de Jack Bruce leur a donné la troisième pointe du triangle pouvant leur permettre de former Cream avec efficacité. Blues et jazz à la fois, il pouvait aussi jouer lourdement, plus rock. Black Sabbath dira beaucoup s'en inspirer. Bruce glissait sa base là où Clapton prenait du souffle. Bruce avait son propre riff indépendant sur certains morceaux qui nous faisaient aussi un peu oublier qu'il était la voix du trio. Tant de tiroirs ouverts en même temps. Il était petit en taille, mais géant à sa manière pour des groupes comme Mountain avec lesquels il collaborera aussi. Tout comme il le fera avec Zappa

Carol Kaye


Débutant dans les années 50, dans le skiffle et le jazz, elle sera bassiste sur plus de 10 000 morceaux. Des Beach Boys à Ritchie Valens, avec Frank & Nancy, le jeu de ses doigts en entendu sur des morceaux immortels. Et pourtant, elle sera toujours dans l'ombre. Elle sera des jingles télé de Batman et Mission Impossible (et tant d'autres). Joueuse de guitare, elle trouvera finalement les possibilités encore plus aventureuses avec la base. Si celle-ci pouvait prendre plus de place, la musique s'en trouverait changée. Brian Wilson sera d'accord, montant constamment le son de sa base en studio lors des enregistrements finaux. 

Bootsie Collins


Bootzilla, Casper the Friendly Ghost, The World's Only Rhinestone Rock Star Doll, Baba, dépendant de la chanson, appelez le comme vous le voulez, certains diront de lui qu'il est simplement un Dieu de la base. Présent des années 70 dans le soul, le funk, et par procuration le rap, la pop, il était du band de James Brown, puis à la wah-wah base dans Parliament avec George Clinton. À la fois personnage presque lunaire ou encore tiré d'une bande dessinée, on entend encore beaucoup son influence un peu partout. 

John Enstwhistle


Le stoïque géant qui se faisait appeler le boeuf (The Ox) parce que son appétit semblait sans fin, se faisait aussi appeler Thunderfingers parce que son jeu rendait ses doigts tout simplement foudroyants. Quand il jouait on avait l'impression qu'une tempête se pointait et quand le show se terminait, que Moon brisait sa batterie et que Townshend détruisait sa guitare, il n'était au fond qu'avant-gôut de ce qui s'en venait. Il jouait avec une telle fluidité pour la formation The Who que sur l'un de leur premier gros hit majeur, un simple petit moment de solo a probablement inspiré des tonnes de joueurs de base futurs.

Charles Mingus


James Jamerson

Principalement anonyme, il est au sein de plusieurs hits de motown. McCartney dira de lui qu'avant de l'entendre, la base était considérée comme principalement utilitaire et soutien à un morceau musical comme la batterie pouvait l'être aussi. Il a révolutionné son jeu en y allant de plus de complexité, de mélodies, avec des parfums de gospel. Il n'hésitait jamais à faire le pas de côté pour imposer une différente harmonie de son instrument alors qu'avant lui, la base accompagnait, ne dirigeait rien. Au début, il prenait des chances, puis son flair est devenu naturel. 


Adam Clayton

Il est la raison pour laquelle j'ai pensé à vous écrire ceci. Je magasinais dans un magasin à grand surface avec ma liste de lecture de U2 dans les oreilles qui comprend principalement des morceaux de 1983-1984-1987-1988. Et j'avais un peu oublié que le plus vieux des membres du groupe (et le co-fondateur avec Larry Mullen Jr) s'amusait dans les premières chansons du groupe. J'étais flabbergasté par le plaisir que j'avais à l'entendre. Il se trouvait poche vers 1992, et pensait quitter le groupe pour cela. Mais moi, au contraire, je le trouve indispensable. De 1983 à au moins 2004 (je ne pense pas avoir mis d'autres chansons sur ma liste passé cette année-là).


Aussi considérés: Thundercat, Duff McKagan, Kim Deal, John Taylor, Leland Sklar, Esperenza Spalding, Joseph Makwela, Mike Watt, Tony Levin, George Porter Jr, Charlie Haden, Bill Black, Pino Palladino, Les Claypool, Louis Johnson, Richard Davis, Lemmy Kilmister, Bernard Edwards, Bob Moore, Aston "Family Man"Barrett, David Hood, Israel Cachao Lopez, Cliff Burton, Bill Wyman, Flea, Geezer Butler, Rick Danko, Verdine White, Robbie Shakespeare, Donald "Duck" Dunn, Stanley Clarke, Phil Lesh

mardi 4 mai 2021

Cinéma Paradiso*******************East Of Eden d'Elia Kazan

 


Chaque mois, dans ses 10 premiers jours, tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers), et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu), je vous parle de l'une des mes trois immenses passions: le cinéma!

Je l'ai étudié, fortement consommé, y ai travaillé, et le savoure encore goulûment asses souvent. Je suis sorti du monde du cinéma, mais l'inverse n'est pas vrai. 

Je vous parle d'un film que j'ai aimé pour son histoire, sa cinématographie, son adresse dans la réalisation, ses thèmes, ses interprètes, son audace, sa musique, souvent tout ça en même temps, bref je vous parle d'un film dont j'ai aimé pas mal tous les choix. 


Avec le cinéma, on parle de tout, on arrive à tout. 

EAST OF EDEN d'ELIA KAZAN

Quand John Steinbeck écrit son livre, en 1952, il pense l'appeler The Salinas Valley, My Valley ou Down To The Valley. Puis, lorsque qu'il inclus clairement des citations bibliques, il pense appeler son livre Cain Signs. Mais se voulant plus subtil dans cette claire allégorie épousant l'histoire de Cain & Abel, il choisira les trois dernier mots de leur histoire, comme titre final. Il dédie son livre à ses deux films qui ont alors, 4 et 6 ans. 


Steinbeck, toujours en 1952, avait travaillé avec le réalisateur Elia Kazan qui adaptait Viva Zapata! d'Edgcomb Pynchon. La relation de travail était parfaite. Steinbeck fournissait l'histoire et ne s'imposait pas sur le plateau. Kazan faisait les suggestions qui lui semblaient appropriées et ils en discutaient menant toujours à une finalité favorable. Avec East of Eden, ce sera la même chose, Kazan n'aimant pas particulièrement la première partie du livre racontant la jeunesse du patriarche et l'échec de son mariage et voulant commencer et se concentrer sur beaucoup plus tard, une fois les deux fils, plus près de la vingtaine. Steinbeck accepte que l'action, adaptée par Paul Osborn, soit concentrée sur les derniers chapitres de son livre et sera extrêmement satisfait du résultat final. 

Il s'agira du premier et seul film que James Dean verre en entier de son vivant. Ce sera aussi le tout premier film de l'actrice Jo van Fleet, qui malgré ses seulement 38 ans, incarne la mère des deux garçons dans la vingtaine et qui gagnera un Oscar pour sa performance dans ce film. 


Il raconte l'histoire de deux frères dont le plus jeune découvre que sa mère n'est pas décédée comme annoncée par son père, mais que les deux se sont plutôt séparés. Dans la relation tendue entre le père et ce fils (Dean) on navigue aussi avec le frère plus âgé et sa fiancée dont le coeur vascille entre les deux frères. Nous sommes en 1917, et l'effort de guerre contre les Allemands, fait faire de l'urticaire au grand frère (qui ne veut pas être appelé au front) et au père (qui ne veut pas profiter financièrement de la guerre). Le plus jeune des frère renouera avec sa mère et réussira à faire fructifier ses récoltes d'haricots. Mais l'ensemble est moins une histoire linéaire qu'un portrait de région, d'époque et de personnalités. 


Kazan tourne son premier film en couleurs et le fait en cinémascope. Trichant parfois le coin des images dans les scènes tendues (comme le lecture de la bible) afin d'impacter l'image. Il place volontairement des objets proche des caméras afin d'explorer les profondeurs de champs.  


Dean, issu de la method acting de New York, habitera avec l'acteur incarnant son frère et, ensemble, ils tricoteront leur relation en la jouant hors caméra autant que sur caméra. Avec la même visée, Dean garde la relation extrêmement tendue avec Raymond Massey qui incarne son père, mais avec le résultat que Massey le méprisera pour vrai. Massey méprisait tout le monde et Kazan trouvera qu'il ne livrera pas ce qu'il avait souhaité de lui, mais Massey dira que c'est quand même le meilleur personnage qu'il n'aura jamais joué sur grand écran. 


Quand Kazan rencontre Dean qui lui, rencontre son père, avec lequel il a une mauvaise relation, il comprend non seulement qu'il tient son personnage, mais aussi que ce sera le meilleur casting qu'il fera de sa carrière. Dean, agité comme un enfant sur le tournage, improvisera la petite danse dans les champs d'haricots, ce qui plaira tant à Kazan, qu'il l'embrassera après avoir filmé la scène. 


La Californie en couleurs de 1955 déguisée en 1917 est remarquable. La psychologie des personnages est extrêmement cohérente. On croit aux personnages qui ont très assurément existé pour Steinbeck. Certains éléments de mise en scène, dont une autour d'un saule pleureur, sont tout simplement formidables. De partout, on se sent baigné de la vallée californienne. Ce film est un pouls. 

Très intéressant pour l'atmosphère dans laquelle on nous trempe. Très riche.

Les films riches se font rares de nos jours avec notre cinéma, trop souvent, trop pauvre.    

lundi 3 mai 2021

À Toi, Négationniste Sanitaire


Cher(e)s pro-morts, 

Tu as détourné la fête des travailleurs, grand crotté des idées. 

Tu as le droit de t'exprimer. Personne ne t'en empêches. À la limite, on te répliquera. Ce ne sera qu'échange de propos. Personne n'a besoin de convaincre l'autre. C'est de l'escrime verbal. Quelques petits coups de sabres qui ne tueront personne. 


Mais justement, ton combat à toi, il tue. Tu n'as pas envie de le croire, mais c'est le cas. Ton combat à toi, ta résistance, elle tue. Encore hier on pouvait lire avoir trois place de disponibles dans sa voiture à la  seule condition: "de ne pas porter de masque" pour se rendre à la marche de protestation. Vous êtes autant de non-porteurs-de-masques que vous serez de microbes aux autres, ceux qui veulent s'en sortir. Oh? Vous aussi vous voulez vous en sortir? Vous ne le montrer aucunement. Vous pensez déjà savoir. La vérité est que personne ne sait. Ce que personne, mais vraiment, vraiment vraiment personne ne sait, c'est l'héritage et l'historique de tous et chacun autour. Tu le sais toi, si ce petit enfant de 9 ans est survivant du cancer? Tu le sais si madame est immunosupprimée? Tu mets en danger. Et tu nous parles d'intimidation? Avale ta face!  


Tu te plains. Pour quoi? pour un inconfort momentané. D'accord, il dure longtemps le moment du masque obligé, mais si on veut s'en sortir, et on y arrivera, appliquons nous le morceau de coton mou dans le visage. 


L'ironie de la marche d'hier est que vous aviez la chance de ne jamais être identifié en portant justement le masque. Mais non, vous êtes CONtreS! Je voulais être l'homme de la meilleure foi possible et écouter les arguments. Vas-y, convainc-moi! J'avais cette attitude dès vendredi. Je voulais les écouter le plus possible à la télé, samedi. Si les réseaux leur tendaient le micro. On leur donne une tribune ou pas? la télé est trop pute, elle finit toujours pas montrer (plus qu'à dire). Au nom, à la fois de la guerre à la côte d'écoute, mais aussi au nom de ce "droit de savoir" toujours un peu douteux. Voici le portrait de ceux qui marchent contre le gouvernement. Ils ont ces visages là. Je voulais voir vos yeux tristes.

 


Je partais le week-end en me disant que je serais juste et que je vous écouterais, même si parfois, ça finit par me démoraliser. Puis, une nouvelle m'a justement vite démoralisé. On déplaçait les rendez-vous de tous ceux et celles qu'on avait prévu de vacciner au Stade Olympique. Pourquoi? parce que les pro-morts allaient s'y rassembler pour partir ou finir leur parade des cons. Pour éviter du brouhaha. C'est bête, ça m'a tant enragé que j'en ai alors vraiment souhaité du brouhaha. Si il avait fallu que ce soit mon rendez-vous qui se déplaçait je ne sais pas comment j'aurais réagi. Mais ça n'aurait pas été beau.


C'est une chose d'être une nuisance sonore, visuelle, mais si vous appliquez ce que nous craignons tous, le danger de nous tuer de vos résistances, faudra combattre le feu par le feu. 

Vous dites que le passeport-vaccinal est de l'intimidation? Et c'était quoi entourer, sans masques, hier, les gens masqués dans le métro? Vous êtes tristement ridicules. Des cancres. 

J'ai été ravi de voir que la télé a été relativement sobre, offrant plus de temps à la marche du premier mai, celle des travailleurs, qu'à votre parade d'imbéciles. J'ai aussi remarqué qu'on tentait de faire parler les plus érudits. Enfin. De la couverture médiatique relativement responsable. 

Et TVA. 


Ce qui arrivera, quand tout ça aura une fin, c'est que notre planète aura changé. Et que certaines choses resteront. Télétravail, droit à la déconnexion, télé-enseignement. L'univers du logement vit ses changements dès maintenant. Que ça nous plaise ou non, on devra composer avec un nouvel équilibre. 

Et ce que vous prouvez, par vos propos et vos envies de tout retarder à la con, c'est que vous foncez directement vers le déséquilibre. 


Parfois commencé dans vos têtes.

Vous êtes enfants dans un monde adulte. 

Quelqu'un disait très justement Chaque fois que je lis "dictature sanitaire" je me dis qu'il faudrait ajouter un secondaire 6. Cette personne a raison. Vous baignez d'immaturité. 


Pendant que plus de 130 pays n'ont même pas la promesse d'un vaccin, nous, on se permet le luxe de le défier.

C'est votre droit. Mais un droit que vous n'aurez jamais est celui de tous nous mettre et remettre en danger. Ce droit est un crime. 

Au moment même où on marchait contre la survie le vaccin ou le masque ou whatever fuck, l'amoureuse se faisait vacciner. Belle ironie. Ça a fait ma journée. 

Moi, à partir d'aujourd'hui, je peux aussi me faire vacciner, et le ferai. En pensant à tous ceux à qui vous ne pensez jamais. Ceux qui ont horriblement souffert de la Covid. 

Personne n'est forcé d'être d'accord en temps de guerre. Mais on est tous forcé de la gagner.