dimanche 19 juillet 2026

Christopher Nolan

Il a l'âge de ma blonde. 

Il est en fait plus jeune. Un peu. Elle a 56 ans depuis juin, il l'aura dans précisément 11 jours. 

Vendredi dernier il lançait son 13e film, son adaptation du poème d'Homère, L'Oddysée.

Selon ce que je lis, on voulait aimer parce que Nolan, par le passé, on l'a aimé, mais on a pas beaucoup réussi.

J'ai toujours confondu Christopher Nolan et David Fincher. Je ne sais trop pourquoi. Fincher a 13 films depuis les années 90 à nos jours, Nolan, aussi, comme je vous l'ai déjà dit. C'est peut-être pour ça.

J'ai été voir la filmographie de Nolan pour m'apercevoir que j'ai vu un petit plus que 50% de ses films, et que chaque fois, moi aussi, j'avais envie de beaucoup aimer, et que chaque fois, vraiment chaque fois, j'ai pas beaucoup réussi. Alors qu'avec Fincher, entre lui et moi, c'est plus concluant. J'ai vu 6 des films de Fincher, mais surtout 3 d'entre eux j'ai tant aimé que j'ai acheté en DVD. J'ai aucun DVD de Nolan.

Revisitons Nolan en 13 essais cinématographiques.

Following (1998)

Un jeune écrivain suit des inconnus à Londres pour trouver de son inspiration. Dans ses marches, il se entrainer par un cambrioleur qu'il suivait et plonge dans un engrenage criminel.  Vu, faible souvenir d'avoir trouvé intéressant, mais premier film, donc assurément avec des défauts de premiers films sinon je me serais mieux rappelé. Tournée en noir et blanc. 

Memento (2000)    

À 4 exceptions près, ses films n'auront jamais plus qu'un mot. Ça fait très série télé québécoise. Ça agace inconsciemment. On suit ici Leonard souffrant de perte de mémoire immédiate qui utilise des tatouages et des photos Polaroïds pour traquer le meurtrier de sa femme. Le récit se déroule à l'envers afin de plonger le spectateur dans la confusion mentale du protagoniste. Je me souviens avoir trouvé narrativement habilement réussi. Mais il faudrait que je revoie. Film cubiste. 

Insomnia (2002)

Je n'ai pas vu. On y suit un détective fatigué en Alaska qui y est envoyé pour enquêter sur le meurtre d'une adolescente. Rongé par l'insomnie, sous le soleil de minuit, il tue accidentellement son partenaire et cachera son geste. Le tueur recherché, témoin du drame, commence alors un jeu psychologique de chantage pervers qui ne peut pas bien finir. Il s'agit d'un remake, ce qui ne m'intéresse principalement jamais.    

Batman Begins (2005)

Je ne suis pas fan de films de super héros. Les vrais ne portent pas de costumes. J'ai fait l'effort des deux premiers Batman de Tim Burton que j'ai beaucoup aimés. Le deuxième étrangement, surtout. Je pourrais même l'acheter un jour. Mais je n'ai pas vu celui-là, qui présentait Batman sous les traits de Christian Bale. J'ai essayé Wonder Woman et Black Panther et les deux fois, j'ai commencé à faire autre chose, perdant l'attention facilement. J'ai toutefois compris l'importance de les faire. Mes super-héros sont ailleurs. Ici, on découvre les origines de Bruce Wayne, de la mort de ses parents à son entrainement ninja avec la Ligue des Ombres. À Gotham, il créé l'identité de Batman pour combattre la corruption et la pègre locale. Il doit s'allier au sergent Gordon pour contrer l'épouvantail et une menace d'empoisonnement massif de la ville.   

The Prestige (2006)

Vu. Parce que David Bowie y joue. Par curiosité. Et parce que je sais que le projet d'album de musique de Scarlett Johansson y est né. Avec Bowie, son tutorat et son aide. Le film met en scène la rivalité entre deux illusionnistes à Londres, à la fin du XIXe siècle. Obsédés par le secret du meilleur tour de magie, ils sacrifient tous deux leurs vies privées pour se surpasser, Les faux semblants seront mutliples et destructeurs. Mon préféré de ses films. Distribution impressionnante qui comprend aussi Micheal Caine, Piper Perabo, Rebecca Hall, Bale et Hugh Jackman.

The Dark Knight (2008)

Vu au cinéma. J'ai aimé le côté sombre, assombri par la mort d'Heath Ledger avant la sortie du film. Cette franchise est le premier contact de Nolan avec Cillian Murphy qu'il retrouvera encore plus glorieusement en 2023. Batman (Bale) face au joker (Ledger), criminel psychopathe qui plonge Gotham Ciry dans l'anarchie pure. Le chevalier noir doit repousser ses propres limites morales afin de stopper ce terroriste qui cible les symboles d'espoir de la ville. Parabole contre le conservatisme qui déteste le progrès. Todd Blanche Un procureur véreux passe du côté obscur, forçant Batman à l'exil.

Inception (2010)

Vu aussi. Trouvé lourd. Cobb, voleur spécialisé dans l'extraction de secrets professionnels au coeur des rêves de ses cibles, se fait proposer de blanchir son casier s'il réussit une "inception", I.E. implanter une idée dans l'esprit d'un héritier. Traqué par les projections de son propre subconscient, il doit descendre dans des niveaux de rêves de plus en plus profonds et instables. J'aime généralement les dystopies. Grand fan de JG Ballard. M'a pourtant laissé froid. 

The Dark Knight Rises (2012)

Pas vu. Ne verrai probablement jamais. Les super héros sont devenus plaies cinématographiques pour les amateurs de bonne histoires. 8 ans après la disparition de Batman (Bale) sort de sa retraite alors qu'une nouvelle menace terroriste nommée Bane (Tom Hardy) surgit à Gotham. Bruce Wayne doit surmonter ses faiblesses physiques pour affronter le colosse déterminé à détruire la ville. Trahi et brisé, le héros doit puiser dans ses dernières forces pour sauver les citoyens d'une explosion nucléaire imminente. 

Interstellar (2014)

Vu. Beaucoup d'irritants. Première fois que je vois Timothée Chalamet, 15 ans alors.Fabuleuse distribution qui comprend Matthew McConaughey, Jessica Chastain, Anne Hattaway, Ellen Burstyn, Mackenzie Foy, John Lithgow, Micheal Caine, Casey Affleck, Wes Bentley, Matt Damon. Un groupe d'astronautes voyagent à travers un trou de ver pour trouver une nouvelle planète habitable pour l'humanité condamnée sur terre. Le pilote Cooper (McConaughey) doit abandonner femme et enfants pour cette mission désespérée où le temps s'écoule différemment à cause de la gravité. Au bout de l'espace et du temps, l'amour et la science se rejoignent pour transmettre les données salvatrices à la terre. Indifférence de ma part. Sinon profond agacement autour du comportement du personnage de Jessica Chastain qui si on le donnait à un homme, il serait emprisonné pour harcèlement et toxicité au travail. Dans la vraie vie vraie. Pas la fictive de l'administration Trump.  

Dunkirk (2017)

Vu. Si déçu, Le sujet est si important. L'évacuation désespérée des troupes alliées encerclées par l'armée allemande en 1940. Le film croise trois temporalités et points de vue. Les soldats et la plage. les civils en mer, les pilotes dans les airs. Cette course contre la montre haletante montre la survie pure et l'effort héroïque de citoyens venus secourir leur armée. Le sujet est à retraiter.  

Tenet (2020)

Pa vu. On suit un agent secret sans nom recruté par une organisation mystérieuse pour empêcher une 3e guerre mondiale. Rien de moins. (soupir). Il doit maitriser l'inversion temporelle, une technologie venue du futur qui permet à la matière de remonter dans le temps. C'est donc aussi, dystopique. Sa mission ultra-complexe le pousse à collaborer avec Neil, un autre agent secret mystérieux, pour contrer les plans destructeurs d'un oligarque russe. 

Oppenheimer (2023)

Vu au cinéma. Aimé le noir et blanc, Aurait pu être plus court. La vie du physicien Robert J. Oppenheimer, de la direction du projet Manhattan à la conception de la bombe atomique. Le film explore l'immense tension scientifique de Trinity , le premier essai nucléaire, avant de basculer dans les dilemmes moraux liés aux bombardements. La dernière partie expose sa déchéance politique et ses failles sentimentales. On traite aussi des doutes qu'on a eu sur lui dans le MacCarthisme. Pas 100% impressionné.

The Odyssey (2026)

Adaptation du célèbre poème d'Homère qui suivra le roi Ulysse dans son interminable et périlleux voyage de retour après la guerre de Troie. Il sera confronté à des créatures mythologiques et à la colère des Dieux. Devra user de ruse pour se tirer d'affaires, lui et ses hommes. Pendant ce temps, Ithaque, femme d'Ulysse et leur fils Télémaque, doivent faire face à des prétendants qui tentent de profiter de l'absence du roi pour prendre le trône. 

Si il n'y a pas parabole des évènements du 6 janvier 2021, c'est d'un intérêt nul pour moi. 

Je ne mêlerai plus David Fincher et Christopher Nolan.   

samedi 18 juillet 2026

Distraction Epstein #47

Il fallait être un de ses pires ennemis pour le laisser aller en ondes avec son pétard mouillé.

Ou être aussi parfait imbécile qu'on pense les percevoir. 

L'annonce si importante qu'il avait à faire jeudi soir était un hamburger au rien. Il avancé toute sorte d'accusations d'ingérence, qui avaient été confirmées fausses depuis longtemps, Ses propos de jeudi soir relevaient du grand délire sénile. Il n'a même pas semblé réaliser qu'il se tirait 100% dans le pied. Si les élections de 2020 étaient "trichées", ça se passait tout à fait sous sa propre présidence. Joe Biden ne serait président qu'en janvier 2021. Après qu'ils eut tenté de renverser criminellement la décision, le 6 janvier. 

Il ne pouvait que se blâmer, lui. Ce qui été prouvé par le FBI sain d'alors était que Joe Biden avait été espionné par les Chinois, mais aucune interférence dans les votes de la part des Chinois est survenue. Il sont confirmé que, Biden ou l'idiot utile, la Chine n'avait rien à gagner à souhaiter l'un ou l'autre. Le FBI a aussi confirmé que l'espionnage a lieu de la part des chinois depuis les élections de 2008. 

Le FBI d'aujourd'hui ne sera pas celui qui enquêtera sur les élections de 2024, qui ont fait du débile actuel le président fou. Désormais, il n'y a que des loyalistes. Qui disent même au Congrès qu'ils travaillent pour le président alors qu'une démocratie les fait travailler pour LE PEUPLE. De la Constitution à nos jours. 

La Russie n'a jamais été évoquée dans ses propos. L'ingérence Russe, lors du premier mandat du pédoprésident a été ELLE confirmée par le FBI. La Russie voulait le président qu'il pouvait tenir par les couilles, dès le premier mandat. Ils sont aussi au coeur, les Russes, des théories du complot entourant les prétendues fraudes massive dans les votes par correspondance. Annuler le vote par correspondance est la marotte du pédoprésident. Il mettait la table jeudi pour dire que le système électoral était corrompu, ce qu'il se prépare à donner comme défense si il perd les élections de mi-mandat.  Mais ne réalise pas que si c'est si frauduleux, qu'est-ce qui empêche alors de penser qu'Elon Musk n'a pas triché pour le réélire ? On aurait triché juste en 2020 ?

La vraie tricherie tentée dont on a tous été témoins en direct, il en était à la source. C'est cette photo du 6 janvier 2021. Ça a fait des morts.  

Il a menti que les machines à compter les votes sont extrêmement sujettes à des attaques. Faux. Elles sont très difficiles à manipuler, extraordinairement surveillées, et 38 États sur 50 ont des manières techniques de relever toutes anomalies. Rien n'est connecté au net. Toutefois les machines de comptage votes sont privées. On peut donc en être propriétaire. Et la plus grosse de ces machines appartient à un généreux donateur Républicain. Absurde partialité. Il a menti qu'il y avait eu fraude au Michigan, que Biden l'avait su et avait étouffé l'affaire puisque c'était en sa faveur. Une fraude a bien été interceptée et ce, AVANT, le comptage. De faux formulaires ont dû être écartés, ce qu'ont reconnu les deux parties.

Les 220 millions de dossiers de données personnelles que la Chine aurait serait la plus grosse brèche de sécurité...dans presque tous les États, ce sont des données qu'ont déjà les organisateurs de campagne. Et 80% de tous ça est DÉJÀ public. Depuis longtemps. Rien de nouveau. Les organisations de marketing ont aussi des millions de données personnelles.  Rien dans ce qui a été annoncé jeudi ne disait que la Chine, ou qui que ce soit n'a réussi à renverser un vote. Autrement que par l'influence humaine. 

Il a déliré sur le Venezuela disant que la CIA a la preuve (il n'a présenté aucune preuve de toute la soirée) que les élections là-bas ont été la preuve qu'elles pouvaient être truquées, n'avan^cant non seulement aucune preuve, mais disant même que ce n'était pas certain que ce soit arrivé là-bas...bref une chose et son contraire. 

Il a dit que 278 000 non-citoyens des États-Unis sont enregistrés pour voter. Le chiffre est improvisé. 68 millions sont enregistrés pour voter, les naturalisés et les non naturalisés, et 28 000 d'entre eux sont non-citoyens. 

Le niveau de mensonges a frôlé le 90% de ses propos de l'humiliante soirée. Il a vraiment mal servi sa cause, car si il convainc que les élections sont toutes truquées, les moins brillants, sa base, n'iront tout simplement pas voter si ça ne vaut rien. Sa station de propagande l'a compris, Fox Television, n'accordant que 5 minutes de résumé à son après-discours, avant de tout de suite passer au sujet de l'Iran. Le narratif ne servait plus Fox. De le montrer plus idiot qu'un pot de fleur. Ou qu'un des ses candidats incapables de dire au Congrès que Joe Biden a gagné les élections de 2020. 

Les manques de jugement poussent comme les champignons après la pluie. 

Et dans l'imbécilité, depuis quelques semaines, c'est le déluge. 

Les gens du net ont demandé de dire en un mot, ce que ce discours évoquait pour eux.

Le résultat le plus populaire a été: Loser

CNN l'a coupé en plein mensonge, délire, discours pour démentir ce qu'il disait. ABC et NBC ont refusé de diffuser en direct son discours dément. Le pédoprésident a alors demandé à ce que les licences de pratiques des deux réseaux soient révoqués. 

Comme dans tout bon régime totalitaire.     

Une photo de son discours
CBS, qui a limogé le brillant et nécessaire Stephen Colbert à la demande du clown président, a diffusé mais a démonté tous les mensonges, toute la soirée, en direct. Ils ont étonnamment brillé. À l'unanimité, c'était le moment présidentiel le plus ridicule du dément président actuel.

Il a peur d'aller en prison. C'est l'unique raison pour laquelle il est revenu. C'est faux. c'est maintenant aussi pour faire le plus d'argent possible. Da manière qui devrait aussi l'amener en prison un jour. Lorsque franchement enquêté.

Ça faisait tellement pitié qu'il voudra s'effacer quelques jours. 

Ce jeudi soir, le monde n'a pas assisté à une grande révélation nationale, mais au naufrage en direct d'une homme piégé par ses propres obsessions. 

En tentant de réécrire l'histoire, il n'a fait que confirmer sa totale incapacité à gouverner pour le peuple.   

C'était humiliant, gênant, absurde, triste. Il n'est génie d'aucune manière. Il est narcissiquement opportuniste qui plonge dans les riches et les stupides. Sent réaliser qu'il coule.  

vendredi 17 juillet 2026

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable *******************God Blesse de Saez

Chaque mois, vers le milieu, tout comme je le fais pour le cinéma (dans ses 10 premiers jours) et tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers) je vous parle de l'une de mes 3 immenses passions: La Musique !

Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ai tant surécoutés dans ma vie que j'en connais toutes les paroles, tous les tons, tous les airs, toutes les notes, toutes les nuances, tous les sons. Bref, cette musique est désormais composante de mon ADN. 

Par ordre de création:

Blonde on Blonde de Bob Dylan

The Idiot d'Iggy Pop

Low de David Bowie

The Unforgettable Fire de U2

B.I.B.I. c'est moi. C'est aussi la terminaison du mot arabe habibi voulant dire je t'aime. 

Musique, je t'aime. 

GOD BLESSE de SAEZ

C'est l'album de l'ambition démesurée d'un écorché vif. En mars 2002, Damien Saez a 24 ans. Mais porte déjà sur ses épaules, en Europe francophone, le statut de porte parole d'une génération désabusée. Réputation acquise 2 ans avant avec un hit au titre assumé. Attendu par la critique pour la suite, Saez refuse la facilité commerciale et choisit de livrer un projet gigantesque , sombre et complexe, aérien croisant musique chantée et musique instrumentale. Double album de pas mois de 29 titres (30 en comptant le morceau caché) séparé par deux disques distincts : God Blesse et Katagena

Ce projet est né dans un contexte mondial et personnel lourd. L'écriture est profondément marquée par les attentas du 11 Septembre 2001, aux États-Unis, la montée de la télé-réalité, l'omniprésence du capitalisme et une rupture amoureuse douloureuse avec sa muse de l'époque, Paula. Saez enferme sa mélancolie et sa rage en studio pour accoucher d'une oeuvre fleuve qui oscille  en permanence entre la lumière et les ténèbres

Entre français et anglais

Instrumental et chanté

Sur le premier album, la fureur rock et la désillusion amoureuse. On ouvre brutal avec envie de nucléaire. La couleur est annoncée. L'énergie est rock brute et agressive, héritière directe de Noir Désir ou de Nirvana. Des morceaux crachent un colère noire et une rage mordante face à une société de consommation qu'il juge en trop plein et aliénante. Un autre morceau marquera tant que Brian DePalma lui emprunte dans un de ses films. Riff de guitares entêté, paroles crues, dépendance charnelle, le titre fait scandale et le clip est censuré, Interdite de diffusion de jour sur la plupart des radios et des télévisions. Cette censure renforce l'aura rebelle de l'artiste jugé sans filtre. Passant de la langue de Molière à celle de Shakespeare allégrement. Laissant quand même un espace à la détresse sentimentale. Le chanteur hurle sa solitude et son incapacité à oublier son grand amour, noyant son chagrin dans les excès. 

En disque 2, il rompt radicalement avec le rock du premier volume. Ici, Saez s'éloigne des structures de chansons classiques pour proposer une oeuvre immersive, presque cinématographique. J'ai d'ailleurs écrit quelques scènes en m'inspirant de cette musique pour un film jamais proposé. Mais scénarisé. 

On le sent fortement influencé par la musique classique, et l'électronicko rock de l'époque, Radiohead ou Massive Attack. Les morceaux s'allongent, portés par des pianos mélancoliques, des nappes de synthétiseurs et des arrangements de cordes tragiques. Les titres durent parfois plusieurs minutes, est sont complaintes instrumentales poignantes. Saez y abandonne parfois les paroles pour laisser parler la musique, créant une atmosphère de fin du monde. Un sentiment d'urgence. Le coeur sur la main. Il offre même 11 seconde de silence. Vers la fin. Pour respirer. 

Lorsqu'il prend le micro, il prose en poésie dépouillée, il appelle aussi à la résistance poétique face à la déshumanisation du monde. 

On le sent emo. Sous culture dont je suis issu, née au milieu des années 80 dans la scène punk mondiale, avant de devenir plus populaire, justement au début des années 2000. 

24 ans après sa sortie, ce grand succès français (moins ici) reste considéré comme le chef d'oeuvre absolu de cet absolutiste artiste, posant toute les bases de sa discographie future: l'engagement politique, la grandiloquence du piano-voix et le refus des compromis face à l'industrie musicale. 

Pour amateurs de musique francophone, électronicko rock, de piano, de cinéma, de Radiohead période Kid A/Amnesiac, de Massive Attack, d'alternatif, d'intensité lyrique, de mélodies classiques, de pop, de dance et de techno. De Noir Désir ou Nirvana, 

De musique emo.    

jeudi 16 juillet 2026

Groove Volé & Rêves d'Été

1986.

J'ai 14 ans. 

13 jusqu'au 4 février. Je ne me rappelle plus si c'est l'hiver ou pas. Probablement l'automne. C'est, il me semble, le début de l'année scolaire et, au secondaire, il y a une école secondaire du 418 par mois qui organise un party de danse où une pièce (fermée!) agit comme fumoir, pour les fumeurs et les fumeuses. Ouvert à tous les jeunes.

Ce devait être septembre. Le début de l'année car le party du mois, il se tient à l'hôtel Le Concorde, une endroit neutre, qui offre au sommet, une vue sur les Plaines d'Abraham. C'est très près de chez moi. Je suis élevé sur la rue Belvédère, la dernière de la ville de Sillery, si bien que non seulement on a deux adresses sur deux rues (on fait le coin Belvédère/Chemin St-Louis) le 1200 et le 902 respectivement, mais à l'Ouest et au Nord c'est Sillery, et à l'Est et au Sud de la rue, c'est la ville de Québec. Pour aller sur les Plaines ou en ville, c'est pratique pour moi, je le marche constamment. Tout se fait à pieds. Mes consommations ont le temps de s'évaporer durant ces marches. 

À cet âge, j'ai un an de partys dans le corps, probablement pas plus. Parmi les premiers partys, grand fan de The Cure, j'avais mis du eyeliner et du rouge à lèvres pour un party et avait fait sensation auprès des filles. Peut-être auprès de quelques gars aussi, mais mon ouverture face à l'homosexualité alors n'est probablement pas existante. Je serai chanceux en amour. Elles s'intéresseront beaucoup à moi, et vice-versa. J'ai volé, pour relever le défi d'une jolie brune "blondifiée"qui me plaisait bien, de l'anti sudorifique à sa demande à l'épicerie (!) sur l'heure du midi, une fois, pour elle. Mon père, qui passait par la banque sur cette même heure du midi était passé en voiture et je l'avais vu en premier, me cachant derrière l'abri bus. Mais il m'avait vu aussi. Il était sorti et m'avait demandé ce que je faisais là. Je me sentais horriblement coupable, comme si c'était écrit sur mon front que je venais de voler pour une fille. J'ai balbutié n'importe quoi et mon père à ajouter, très justement, "On dirait que tu te cachais derrière l'abri-bus. 

"Ben non ! j'attends mes amis qui achètent leur lunch à l'épicerie, moi j'ai déjà mangé mon sandwich en chemin". Je ne mentais pas, j'avais mangé mon sandwich en chemin, mais je mentais aussi, on y avait été pour voler et j'étais simplement sorti le premier avec succès. Je n'avais pas envie que mes ami(e)s reviennent de l'épicerie et me voient avec mon père. Ou PIRE! qu'ils en sortent, pris sur le fait, au bras d'un gérant, attendant la police. Ils sont apparus, et le malaise en est resté là. Mon père a remarqué que l'un d'eux avait une bouteille de liqueur en main, ça a suffit afin de croire qu'on était autour de l'épicerie vraiment pour ça. Il n'a jamais su que j'avais un antisudorifique qui ferait le bonheur de Mirabo dans mes poches. Oui, elle se prénommait Mirabo. Même si elle était ravie que j'ai relevé le défi pour elle, on a jamais été un couple. 

Ce party au Concorde, dans une salle de l'Hôtel, est resté mémorable. Il y avait beaucoup de monde, tous des 12-17 ans, et il y avait une énorme piste de danse où un DJ nous jouait les hits de l'heure, avec deux ou trois écrans géants qui jouaient derrière les vidéos de ces morceaux. je m'y rappelle G.B. avec laquelle on avait passé de très bon moments ensemble, ce soir-là. À un âge où les engagements amoureux restent vagues et incohérents. Pas toujours clairs. On se touche, on s'embrasse, on est tu un couple ? C'est toujours à revalider de jour, à l'école ou ailleurs. Car ce qui est bien dans ces soirées là, c'est que c'est ouvert à tous et que d'une école à l'autre, on se passe le mot pour s'y rendre à ces soirées sans alcool,  (mais les plus futés ont bu/fumé de l'herbe avant). C'est toujours plaisant de découvrir de nouveaux visages des autres écoles. Qu'on ne croise souvent qu'à ces soirées. Pour plusieurs filles et garçons d'écoles privées, c'est le moment de sortir et de se découvrir autrement qu'en costume scolaire. Et quand on tombe sur des visages connus de nos écoles à nous, on est hyper contents aussi. On ne se parle pas à l'école, mais vient We Are The World, Careless Whispers, Against All Odds ou Cherish et on danse soudainement collés avec une fille qu'on regardera d'un oeil nouveau le lundi suivant.

C'est à ce party précis, l'unique au Concorde à ce que je sache, à cette époque, que j'associe la chanson Holiday Rap de MC Miker et DJ Sven. Deux ados moustachus des Pays-Bas qui choisissent de faire un rap d'un hit de Madonna, de 1983, chanteuse qui est alors au sommet de sa popularité. Les deux jeunes y ajoutent des lignes de Summer Holiday de Cliff Richard et on réenregistre le tout avec l'aide d'un producteur de là-bas, après le refus de la Madonne qu'on lui emprunte la chanson. On copie/vole une partie connue de la chanson et on crédite les 3 auteurs, les 2 de la chanson Holiday (Curtis Hudson & Lisa Stevem) et Cliff Richard. On fait une interpolation de deux morceaux. 

Cocktail estival que j'ai dû entendre plus d'une fois alors, puisque chaque fois que j'ai réentendu la version de Madonna, l'originale, me revenait en tête le Holiday Rap des ces deux ados néerlandais.      

Et non, si on dansait comme le gars derrière eux dans le clip, on était sujet au taxage éternel de la part des quidams.

On était alors plein de possibilités encore. On croyait au No Future

On l'a eu. 

Personne n'a voulu de nous sur le marché du travail. Ou presque. On rigole encore avec ces faux sondages qui se veulent moqueur et disant toujours quelle génération a été la plus oubliée ? A) Les baby boomers, B) La Génération Z C) Les Milléniaux (ou la Y) D) La Génération Alpha ? 

On était plein de rêves. Et personnellement, j'étais privé d'allergies. Je rêve des ces été sans allergies.

J'éternue TOUS LES JOURS de l'été. Je n'ai pas encore le réflexe de pilules en tout temps. Je l'ai depuis lundi, car mon nez n'en peux plus. Sécrétions nasales, sécrétions pleins les cordes vocales, j'en dors mal. Et je pitchoum toute la journée, mes collègues en sont exaspéré(e)s. Je me sens dégénérer.

Mais quand je pense à ce Holday Rap d'il y a 40 ans, je me sens revivre. 

Un comprimé d'antihistaminique, une veille cassette, et me voilà de retour sur les Plaines au Concorde avec G.B. Du moins, dans ma tête. 

On est peut-être la génération oubliée des sondages et du marché du travail, mais personne ne pourra nous enlever la bande-son de nos 14-15 ans. 

mercredi 15 juillet 2026

Crapuleux Crimes Contre les Osages

J'ai visionné Killers of the Flower Moon de Martin Scorsese, le week-end dernier. Martin manque de confiance avec l'âge. The Irishman: 3h29. Killers of the Flower Moon : 3h26.

 Les deux histoires, tirées de vraies, auraient pu être racontées en 1h30/1h40.  Et nous rentrer dedans encore plus fort. 

Le règne de la terreur contre la nation autochtone Osage, survenu au début des années 20 en Oklahoma, demeure l'une des conspirations criminelles les plus odieuses et les plus sombres et sanglantes de l'histoire sale des États-Unis. Ce complot à grande échelle ne visait pas que des individus isolés, mais cherchait à éradiquer de manière Israélienne méthodiquement des familles entières afin de s'emparer de leur richesses pétrolières. L'adaptation cinématographique du récit de David Grann, publié en 2017, met en lumière cette tragédie humaine, mais la réalité historique dépasse encore en cruauté ce que l'écran pouvait retenir. 

Pour comprendre la genèse de ces crimes crapuleux, il faut remonter au 19e siècle. Expulsée de ses terres ancestrales par le gouvernement des États-Unis, la tribu des Osages est forcée d'acheter une réserve dans le Nord-Est de l'Oklahoma. Ce territoire jugé aride et incultivable par les autorités blanches, cachait l'un des plus grands gisement de pétrole du pays. 

Au tournant au XXe siècle, la situation bascule. La découverte de l'or noir transforme radicalement la situation financière de la tribu. En 1906, La loi d'attribution des terres Osages introduit un concept juridique unique : "les droits de succession pétrolière". Ces droits stipulaient que les revenus issus des concessions pétrolières étaient répartis également entre les membres inscrits de la tribu. Plus important encore, ces droits étaient incessibles, c'est-à-dire qu'il ne pouvaient être ni vendus, ni achetés, mais uniquement transmis par héritage. 

Familial. 

Au début des années 20, la communauté Osage en Oklahoma, devient, par habitant, l'une des plus riches au monde entier. Les redevances pétrolières rapportent des millions de dollars. DANS LES ANNÉES 20!

Les familles Osages affichent un train de vie fastueux qui suscite la jalousie et la convoitise féroce de la population blanche environnante. Ils achètent cette récente invention qu'est la voiture, mais ils achètent les plus beaux modèles. Il se font construire des maisons opulentes et emploient même, des domestiques blancs. Cette immense fortune engendre immédiatement un racisme systémique institutionalisé. Jugeant les autochtones "incapables" de gérer de telles sommes d'argent, le Congrès des É-U vote une loi discriminatoire dès 1921. Cette loi impose à chaque Osage jugé de "sang-pur",  un tuteur blanc, souvent choisi parmi les "élites" comme les avocats, les hommes d'affaires, les notables locaux. La classe Epstein de 1921. 

Ce système de tutelle ouvre grand les portes à une corruption généralisée. Les tuteurs contrôlent totalement les comptes bancaires et leurs administrés., limitant leur accès à leur propre argent.

Ils surfacturent les biens, détournent massivement des fonds et maintiennent les Osages dans une dépendance financière totale. Pire encore, ce système créé une incitation directe au meurtre. Si un Osage venait à mourir, sans héritier direct autochtone, ses droits pétroliers pouvaient être légués à son conjoint/sa conjointe blanc/ blanche. Ou gérés entièrement par son tuteur. Blanc. Souvent cet homme était les deux. Mari opportuniste et tuteur. 

C'est dans ce contexte de spoliation légale que débute l'horreur contre les Osages. Dès 1921. Le plan des conspirateurs blancs est simple. épouser des femmes Osages, éliminer méthodiquement tous les membres de leur famille, pour centraliser les droits pétroliers sur une seule tête, puis assassiner cette dernière personne pour capter l'héritage. 

Le film nous présente un "roi" manipulateur, qui a existé pour vrai (photo à gauche) qui accueille son neveu revenu de la Première Guerre Mondiale,  et le pousse à épouser une Osage, afin d'exterminer un à un, les membres de cette famille. Avec l'aide de nombreux complices blancs. Dont les travailleurs de la santé qui ont le pouvoir de subtilement, accélérer la mort...

Incendies dans la nuit, dépressif à qui on met un fusil dans la main après lui avoir mis une balle dans le front pour que ce soit cohérent avec un "suicide", empoisonnements, "accidents soudains", passagers "tombés d'un balcon ou d'un train",  accidents de voitures toujours tombés dans un ravin et sans jamais d'autopsie, les meurtres hâtifs se multiplient tant que ça attirera l'attention du tout nouveau Bureau of Investigation, futur FBI, dont le jeune patron, J.Edgar Hoover, en fait une de ses premières grandes enquêtes. 

Hoover ne sera pas toujours une ordure. Surtout à ses débuts. 

Les forces de l'ordre, les juges, les médecins, la classe Epstein, sont directement impliqués dans les complots. Tout le monde se protège pour le blanc bien commun. Les enquêteurs du FBI s'imposent quand les enquêteurs Osages, meurent les uns après les autres. Étrangement tous avant l'heure où on les penseraient morts. L'affaire traitée par Grann & Scorsese est survenue pour vraie, et est le résultat de l'enquête du FBI sur ce que je vous raconte. 

Bien que les coupables héritent de la prison à vie, ils seront tous libérés "pour bonne conduite" quelques décennies plus loin. Au grand dam des Osages. Privilège blanc oblige. 

Le bilan s'estime à autour d'une soixantaine de morts avant qu'on mette le doigt sur le cancer interne. La cicatrice sera majeure. Entre 1910 et 1930, sous une fausse acceptation de la situation des riches autochtones, on dit qu'une centaine de morts autochtones suspectes ou inexpliquées sont survenues. 

La cupidité coloniale ne date pas d'hier.

La décimation de lignée entière aura traumatisé à jamais l'histoire de la nation Osage, rappelant le coût humain effroyable d'une cupidité encore extraordinairement vivante en 2026.

Les horreurs des États-Unis contre leur propre citoyens ne datent pas d'hier non plus. 

L'ennemi a toujours été à l'intérieur.