samedi 30 mai 2026

Le Petit Algérien & l'Italie

Charles Aznavour a très tôt compris dans sa carrière que pour toucher le public italien, il fallait chanter dans la langue du pays. 

Dans les années 60 et 70, entre ses 36 et 55 ans, des années d'homme mûr, il enregistre donc plusieurs albums et singles dans la langue de Michelangelo. Souvent, des adaptations de ses succès français.

Parmi ceux-ci, La Bohème, Que c'est triste Venise, devenue Com'é Triste Venezia, La Mamma, énoooooooooooorme succès en italie, Ses trois seuls morceaux lui rapportent une fortune en Italie, elles sont très aimées, très demandées, et très achetées. Deux ce celles-là, parlent directement de l'Italie. C'est la romancière et dramaturge Françoise Dorin qui a composé les paroles de Que C'est Triste Venise, en 1963, pour qu'il l'enregistre et la lance en chanson, en 1964. L'idée principale était proposée par Aznavour, qui avait pensé que le contraste pouvait être intéressant entre une ville considérée comme l'une des plus romantique sur terre, ave un couple qui ne s'aimerait plus, en plein milieu. 

La chanson décrit un couple qui s'y promène, à Venise, après la fin de leur amour. là où tout ce qui devrait être beau,  les gondoles, les couples amoureux, la lagune, la lune, devient douloureux, parce qu'il rappelle un bonheur qu'ils ont maintenant perdu. La tristesse ne vient pas de Venise elle-même, autant que de l'amour qui a disparu entre deux êtres. Aznavour chantait des chansons très cinématographiques, d'ailleurs François Truffaut l'a senti et l'a engagé dans le rôle principal de son second film, et les Italiens se sont reconnus dans leurs villes, comme les Soviétiques se reconnaissaient chez les Beatles et les Étatsunien(ne)s, chez les Beach Boys

La mélancolie de la chanson la rend particulièrement touchante. 

Pour La Mamma, la chanson parle d'une mère mourante, italienne, une femme qui cachait sa maladie à ses proches. Cette chanson a été un plus grand succès encore, en Italie, car la Femme était alors reconnue, peut-être encore de nos jours, comme quelqu'un qui pensait à tout le monde, avant de penser à elle. Contrairement à Com'é Triste Venezia, La Mamma a été reprise de nombreuses fois, par des hommes comme par des femmes, artistes italien(ne)s. Aznavour s'en est trouvé très respecté par l'Italie, et a ensuite collaboré ou a été repris par de grandes stars italiennes d'alors comme Domenico Modugno, Adriano Celentano ou Mina. Plusieurs de ses chansons ont été adaptées en italien et même intégrées au répertoire local des chansonniers et des artistes musicaux.

Charles y faisait alors régulièrement des concerts, étant considéré comme un chanteur "presqu'italien" par une partie du public. Il maitrisait d'ailleurs plusieurs langues et chantait aussi en espagnol, en (mauvais) anglais, en allemand et en russe

Ed Io Tra Di Voi, version italienne de Et Moi Dans Mon Coin, chanson très théâtrale, a beaucoup connu de succès dans le pays de la Commedia dell'arte.  La chanson raconte une homme qui désire une femme, de loin, dans l'ombre. Sachant qu'elle est avec un autre. 

Morire D'amore (Mourir D'amour) a été traduite pour eux, grande ballade dramatique comme les aiment, les Italien(ne)s. Massimo Ranieri l'a aussi interprétée avec beaucoup de succès. `

Lei, version italienne de She, une chanson livrée presqu'exclusivement en anglais toute sa vie, a aussi été italianisée. Comme Dalida, il a beaucoup adapté en italien, pour le public de pays. 

Mais étrangement, sa chanson, et de loin, la plus populaire en Italie, ne faisait pas référence à l'Italie. 

C'était La Bohème

Écrite en 1965, elle raconte les souvenirs d'artistes pauvres à Montmartre, en France, dans leur jeunesse. la misère, l'amour, la survie, la liberté d'un peintre et de sa partenaire amoureuse (ou pas) qui posait nue.  Le style, le thème, le décor est très proche de la tradition italienne de la chanson populaire et même de l'opéra, branche artistique absolument italienne. La mélodie est lyrique et dramatique avec une montée émotive forte, comme le sont souvent les morceaux d'opéra ou les chansons italiennes. Lucio Dalla et Patty Pravo, entre autres, l'ont reprise avec succès. 

L'histoire correspond à un imaginaire artistique italien. La figure du jeune artiste pauvre mais passionné rappelle beaucoup la tradition artistique italienne et même l'opéra, notamment l'ambiance de La Bohème de Giacomo Puccini, opéra qui raconte aussi la vie d'artistes bohèmes. Là est la connexion.

C'est sa chanson la plus populaire et la plus traduite dans le monde. Aznavour avait très tôt dit que les Italiens avaient instinctivement compris le morceau. Même avant la traduction.

À partir de maintenant, la bella et moi, sommes justement, en Italie. 

Roma, Firenze, Cinque Terre, Venezia. (Rome, Florence, Cinque Terre, Venise) 

Jusqu'au 13 juin.

D'ici là, je ne serai pas connecté à l'actualité car mes textes seront écrits depuis avant le voyage. 

Veuillez pardonner l'auteur. Mais vous aurez quand même quelque chose tous les jours. 

Un peu de l'Italie... mais pas toujours, ma certo !      

Nous serons occupés à incarner le petit* Irlandais (et plus grand Atikamekw) et la Québécoise & l'Italie.

*Hého! contrairement à Aznavour, je fais 5'10 !

vendredi 29 mai 2026

Prédateur Président

Voilà.

À nouveau, le pédoprésident utilise le Département de la Justice, maintenant piloté par son ancien avocat personnel, Todd Blanche, tente de criminaliser une innocente, comme il avait tenté avec James Comey, sans succès, comme il avait tenté avec Leatitia James, sans succès aussi, deux fois chacun. On ouvre une parfaitement inutile enquête sur E. Jean Carroll, agressée par le criminalisé depuis, président des É-U. 

Le Syndicat du Crime (Ou la Russification des États-Unis) se dévoile au grand jour. Sans même en être gêné. Si vous être rival idéologique de l'ordure au pouvoir, on vous inventera du crime, comme on le fait en Russie, en Chine, et dans les régimes fascistes. 

En mai 2023, un jury fédéral a reconnu Donald Trump coupable d'agression sexuelle et de diffamation, lui ordonnant de verser 5 millions à la journaliste E.Jean Carroll. Un autre jury, au civil, a condamné , l'alors ex-président, en janvier 2024, à verser 83,3 millions supplémentaires pour des propos diffamatoires maintes fois répétés.  Pour avoir le droit d'aller en appel, le prédateur doit payer la garanti de la première condamnation, le 5 millions. Ils vont en appel, donc l'argent est temporairement gelé par la cour de justice et non conservé dans les poches du pédoprésident. Il a même dû déposer 91,6 millions pour la caution d'appel, dans une compagnie d'assurance, le temps que les tricheurs que la Cour du Mal Suprême se penche sur la manière de fourber sans que ce ne soit plus équivoque qu'on le devine déjà. Pourquoi maintenant 91,6 millions ? Pour couvrir les intérêts qui s'accumulent pendant que s'éternise l'affaire. 

Aux États-Unis, le président n'a pas le pouvoir juridique de lancer de son propre chef des enquêtes criminelles contre des individus, car ce rôle est exclusivement dévolu à son servile avocat personnel au Département de la Justice et aux agences fédérales comme le FBI piloté par Kash "je veux garder mon emploi, patron" Patel. Mais soyons sérieux...on sait tous que ce type d'agression civile, c'est DJT le grand expert de la chose, qui appelle quoi faire et quand.

Les prédateurs agressent en tout temps. C'est dans leur nature. Et si ils sont au pouvoir et élus par des eunuques, ils ont des chances de vouloir utiliser les moyens qu'ils ont pour continuer d'harceler autant comme autant. Principalement ceux et celles qui ont eu raison de lui en cour. Todd Blanche a "choisi" de se récuser de la cause, puisque justement, il a été l'avocat personnel de l'agresseur président dans l'affaire. un autre minion, Andrew Boutros, de l'Illinois, pilotera l'affaire. Qui l'accuserait de parjure quand elle a dit qu'elle payait elle même ses frais de cour...

(...)

MAIS ON S'EN CALISSE TU ? 

Le président lui-même a avoué en pré-entrevue pour la cour l'avoir agressé, qu'elle le voulait et qu'elle avait aimé. La dissociation cognitive est forte chez les prédateurs. 

Les verdicts civils établissant la responsabilité criminelle pour agression sexuelle, et la diffamation reposent sur les faits survenus dans les années 90 et les déclarations publiques qui ont suivi. Pour de nombreux observateurs, ces faits restent inchangés, peu importe les détails logistiques ou financiers du procès. 

Un homme qui vous fonce dessus avec sa voiture dans le but de vous faire du mal, et prétend que cette voiture est à lui, et qu'elle ne l'est pas, reste celui qui a tenté de supprimer l'autre quand même. Sur le fond l'agression est reconnue et y a pas de demi mesure à prendre avec ça. Jamais. 

Sur la forme, le dysfonctionnel système judiciaire des É-U traite la parjure de manière indépendante des dossiers. Mentir sous serment. Comme le font presque tous les Républicains devant le Congrès depuis janvier, même sur un élément périphérique comme le financement d'une action en justice, est considéré par les abrutis systèmes fédéraux comme une infraction distincte, car cela touche la crédibilité des témoins devant la cour. 

Les indicateurs de confiance envers le gouvernement des États-Unis, atteignent un historique taux d'impopularité et de soutien affirmé. Les deux tiers, présentement, ne font plus confiance à ce gouvernement ouvertement corrompu qui gaspille l'argent public et enrichit ses ami(e)s comme une très certaine Nord-Américaine oligarchie. 

Depuis 2010, les entreprises et les particuliers très riches, peuvent verser des sommes d'argent illimitées à des structures politiques (des SuperPACs) pour soutenir ou attaquer des candidats. Des millions sont investis dans les lobby et les stations télés et journaux afin d'influencer le narratif et c'est exactement ce qu'on tente de faire, avec cette enquête farfelue qui ne fera qu'étirer encore plus un procès dont le coupable, le vrai, tout le monde le connait.

Trop.

Il agresse encore.

Tous les jours.

Nos intelligences.    

C'est de jour en jour plus insultant de voir nos intelligences aussi violées tous les jours par le syndicat du crime au pouvoir dans le sous-sol. 

jeudi 28 mai 2026

Le Président des États-Unis est un Pédophile

                                                          À moins de prouver le contraire.

Le nom du président des États-Unis se trouve plus de 38 000 fois dans les dossiers Epstein. La censure a été faite de manière inadéquate alors que des femmes, alors jeunes filles, ne voulaient pas être identifiées et l'ont été, là où des agresseurs ont été inutilement caviardés. Sinon pour les protéger de crimes passés. On a si mal calculé tout ça que le mot "Don't" doit être mentalement suggéré, car il a été caviardé. Un filtre forcément exposé étant le Don T. qu'on voulait protéger. 
Je ne pensais pas, de mon vivant, vivre la criminalité de manière aussi explicite. 
 
Une autre preuve criante est venu de ses propres troupes. Marjorie Taylor Greene et Thomas Massie sont devenus ennemis jurés au sein du parti car ils sont tous deux en faveur de la difusion complète des noms des gens impliqués dans les dossiers. Donald a mis plus de 30 millions pour qu'il soit battu aux dernières élections de comtés, en mai.  Lindsey Graham a dit, sans rire, que les gens qui veulent faire sortir TOUS les dossiers Epstein, veulent du même coup faire tomber le président.

Mais Lindsey...si il n'a rien à se reprocher, pourquoi serait-il inquiété de tomber ? On parle des Dossiers Epstein. Vous y avez compris Donald Trump vous ? Quel est le rapport, Lindsey ? Expliquer le rapport de ce que vous venez de dire si il n'a rien à voir avec l'île des horreurs.  

mercredi 27 mai 2026

Kaleidoscopique Corruption

La corruption aux États-Unis n'a jamais été plus ouvertement publique.

Dans l'ère moderne, en tout cas. 

Il y a un leitmotiv criminel qui se répète comme le chien de Pavlov réagit toujours au même moment.

C'est sous nos yeux et c'est fantastiquement corrompu.

Titre: Trump a acheté des actions chez un fabricants de médicaments.

Le gouvernement, au même moment, fait monter les médicaments contre l'obésité, omniprésente aux États-Unis. Tout juste avant de prendre des actions de manière tout à fait sans précédent, afin de gonfler les parts de médicament luttant contre l'obésité, comme la compagnie Eli Lilly, Trump achète, comme ça, des centaines et des milliers d'actions d'Eli Lilly. 

Pendant, sa présidence. 

Joe Biden, Barack Obama, ça ne jouaient pas à la bourse, en pleine présidence, dans un gouvernement prenant des décisions pouvant largement influencer le mouvement des marchés. En fin de semaine dernière, on été rendues publiques les transactions financière présidentielles, et pour qu'on y porte pas attention, on a fait tirer une vingtaine, certains disent une trentaine de coups de fusils dans le ciel, autour de la Maison-Blanche. Distraction #1297. 

Plus on a les yeux sur ses placements à la bourse, plus on accorde presqu'en temps réel, beaucoup des décisions présidentielles, aidant très favorablement l'action, à fluctuer. Le conflit d'intérêt est absolu. 

En janvier, le président achète des centaines de milliers d'actions de NVidia. Une compagnie de logiciels. Une semaine plus tard, le département du commerce gouvernemental approuve en vitesse la vente de la compagnie du Delaware, à la Chine. 

Toujours en janvier, le pédoprésident achète entre 50 000 $ et 100 000$ de valeurs d'actions chez AMD. Une autre compagnie en techno. Une semaine plus tard, son département du commerce aussi approuve la vente d'AMD, à la Chine. 

En février, le pédoprésident achète des millions d'actions chez Dell. La très connue entreprise informatique. 9 jours plus tard, il sort de son texte narcissique devant partisans, en Georgie, pour scander au micro "Allez acheter ! allez acheter des ordinateurs Dell!".  

En mars, il achète un large lot d'actions dans une compagnie appelée Thermo Fisher. Il le fait plusieurs fois. Et soudainement, comme ça, il se rend visiter l'entreprise Thermo Fisher. Une visite présidentielle où il fera un doigt d'honneur à un employé plus intelligent que les autres et qui le traite comme l'ordure qu'il est. (Non, vérifications faites, ça c'était chez Ford, mais je vous laisse la photo, c'est ce qu'il pense de son peuple) Il vante la compagnie de manière démesurée et fait pleuvoir les "C'est une entreprise incroyable!". Et, en temps que président, il suggère aux compagnies pharmaceutiques de faire affaire, avec Thermo Fisher.  

Le même jour! Le même jour que la visite, le 11 mars, il achète des centaines de milliers d'actions d'Apple. 

Qui n'a pas besoin de présentation. 

Le même jour, le 11 mars, il fait une autre intervention publique, où, grisé comme un lanceur de dés autour d'une table de casino, il vante verbalement la fabuleuse compagnie et son exceptionnel patron Tim Cook. 

Après cela, il achètera entre 50 et 100 000$ d'actions de chez Micron qui oeuvre dans la tricherie. Euh...pardon...dans l'Intelligence Artificielle. Au moment d'écrire ceci, Micron investit 200 milliards pour éponger (entre autre) leurs pertes. Le lendemain de ses achats chez Micron, il appelle à sa station de télé propagande Fox et dit en direct à la télévision, dans sa toujours indique ligne ouverte "que Micron est la plus compagnie la plus "hot" en ce moment". 

Puis, Palantir. CNBC rapporte que le criminel pédoprésident a fait 7 achats à des moments différentes de parts de Palantir, des centaines de milliers de dollars sur Palantir. Il se rend sur son réseaux social Truth et louange Palantir. Les technologies Palantir aux grandes capacités et au merveilleux équipements. Il publie même le symbole de Palantir pour ceux et celles qui voudraient y investir en bourse et ne pas chercher trop longtemps où les trouver. Tout de suite après avoir acheté des centaines de milliers d'actions, dans la compagnie. 

C'est la définition même du délit d'initié incarné en vieux pédoprésident qui fait aussi acheter toute sa familles, avisée de ses influences possibles sur les marchés selon les décisions qu'il prend. 

Facilitées par la Cour du Mal Suprême qui a récemment statué que le président des États-Unis bénéficie de l'immunité pénale absolue pour ses actes officiels. Elle a également interdit d'utiliser les motivations du président comme preuves. 

Cette jurisprudence encourage l'administration à pousser les limites de ses pouvoirs constitutionnels. Ils ont aussi une amnistie fiscale totale et à vie. Mais aussi à l'ensemble de sa famille et de ses fils. 

Comme dans toute bonne dictature. 

Où le corruption domine.

mardi 26 mai 2026

S'accrocher à la Vie

La capsule d'hibernation s'ouvrit dans un sifflement de vapeur glacée, arrachant Anton à un sommeil vieux de plusieurs siècles. Ses yeux peinèrent à faire la mise au point sur les néons blafards du vaisseau. Autour de lui, le silence était total, lourd, presque organique. Il était seul éveillé. Les protocoles automatisés de bord venaient de le ranimer pour une raison précise: sa destination finale était en vue.

Anton se traina jusqu'aux hublots principaux de la station orbitale 

Le spectacle lui coupa le souffle. En contrebas, une planète inconnue baignait dans une lueur crépusculaire, enveloppée d'une atmosphère aux teintes violacées et nacrées. C'était un monde de structures cristallines et de déserts de sable turquoise. un éden extraterrestre vierge de toute présence humaine. Sa mission de colonisateur solitaire commençait enfin.

Le sifflement de la rampe de lancement rompit le silence. Anton pris sa place à bord de la navette de descente, le coeur battant au rythme des secousses atmosphériques. À mesure qu'il traversait les nuages de gaz scintillants, la surface de la planète se dévoilait, magnifique et terrifiante. La navette se posa en douceur sur le sol meuble. Vêtu de sa combinaison pressurisée, l'explorateur posa le premier pas sur ce sol étranger. 

Ses premières heures furent dictées par la routine scientifique. Il planta des balises, analysa la composition de l'air et cartographia les environs. Le paysage était un chef d'oeuvre de la nature cosmique, parsemé de monolithes géométriques qui semblaient capter et réfracter la lumière de l'étoile mourante de ce système. 

Pourtant, malgré  la beauté surréaliste de cet environnement, un poids immense écrasait la poitrine d'Anton: la solitude absolue. Il était le seul être conscient à des millions d'années-lumière de la terre. Chaque pas qu'il faisait résonnait comme un écho dérisoire dans l'immensité du vide. 

C'est alors qu'il l'a vit. 

Au sommet d'une crête de sable brillant, une silhouette se dessina. Anton cligna des yeux, persuadé qu'il s'agissait d'une hallucination causée par la fatigue ou un dysfonctionnement de son apport en oxygène. Mais la forme devint plus nette. Une femme, vêtue d'une combinaison d'une technologie radicalement différente de la sienne, dorée et fluide, l'observait lui aussi. Son casque solidement vérrouillé sur la tête. Mais le regard noir perçant en sa direction. 

Le coeur d'Anton rata un battement. Un mélange d'espoir fou et de terreur viscérale le submergea. Sans réfléchir, guidé par un instinct de connexion humaine plus fort que la prudence, il commença à courir vers elle. La gravité plus faible de la planète lui donnait l'impression de voler, chaque foulée le rapprochant de cette apparition divine. L'inconnue ne fuyait pas. Elle regardait approcher avec une douce mélancolie. presque de pitié. Comme si elle savait quelque chose que lui, ne comprenait pas. 

Quand il arriva à sa hauteur, le temps sembla suspendre son vol. Anton leva une main tremblante, gantée de polymère épais, vers le visage de la femme. Elle l'imita, tendant ses doigts fins vers la visière dorée de son casque. Leurs mains ne se touchèrent pas, séparées par la barrière hermétique de son équipement, mais l'intensité du regard qu'ils échangèrent brisa la solitude qui rongeait Anton depuis son réveil. Il n'était plus seul. Il y avait vie, de l'intelligence, de la beauté, ici. 

Mais la vision commença à osciller. Les contours de la femme se mirent à vibrer, se transformant en lignes de pixels lumineux et en distorsions chromatiques. Paniqué, Anton tenta de la saisir, mais ses mains ne traversèrent que du vide et des faisceaux de lumière artificielle.

Le décor autour de lui s'effondra brusquement. Le désert turquoise, les monolithes de cristal et le ciel violet s'effacèrent dans un flash aveuglant. 

Anton ouvrit brusquement les yeux. Un voyant rouge clignotait au dessus de sa tête, projetant une lumière sinistre sur les parois métalliques et étroites de sa capsule d'hibernation. Le sifflement régulier des fluides cryogéniques reprit son bruit monotone. La navette, le voyage, la planète paradisiaque, la rencontre... tout cela n'était qu'un rêve de stase mentale durant l'interminable voyage.

À travers la vitre de sa cellule de sommeil, Anton pouvait voir le cockpit du vaisseau. Dehors, il n'y avait pas de planète violette. Seulement le vide noir infini et glacial de l'espace profond. Le voyage était loin d'être terminé. Il était toujours prisonnier de son caisson, condamné à dériver dans le néant. Personnage de David ou d'Elton. En attendant un réveil qui n'arriverait peut-être jamais. 

Des larmes de désespoir glissèrent sur ses tempes alors que le système informatique, détectant sa détresse, injectait une nouvelle dose de sédatif. Ses paupières se relâchèrent, son esprit replongeant instantanément dans l'illusion, le ramenant vers la silhouette dorée qui l'attendait infatigablement sur les sables d'un monde qui n'existait pas. Pour survivre, il n'avait d'autre choix que de s'accrocher à cette vie rêvée. Fantasme qui n'avait peut être jamais complètement existé.