mercredi 8 juillet 2026

Fleur de Peau

Je faisais le constat qu'au bureau, le mépris du travail qu'on fait, un collègue et moi, n'était plus qu'exclusivement salarial, mais tout à fait assumé et très peu caché. Un nouveau patron (3 mois) menaçait de manière moqueuse une collègue plus nouvelle encore (2 mois) de lui faire faire ce qu'on fait, mon collègue et moi, que nous lui avions appris la semaine dernière, ce à quoi elle a répondu un vif et très fort NON!.

Et tout le monde a ri.

Pas mon collègue et moi. 

Respectivement avec l'entreprise 10 ans et 9 ans. Ce qui ne compte pour rien ici. Les indignités sont multipliées depuis janvier...

Comme trop souvent encore, depuis un bon six mois, j'étais à fleur de peau.

Marc Messier, le comédien Québécois pas l'ancien joueur de hockey des Oilers/Rangers/Canucks, l'acteur, a choisi ce moment pour partir dans l'haut-delà. 

Il avait l'âge que mon père aurait eu. 78 ans. Enfin mon père, né le même jour que Paul McCartney, ce dont il était très fier, aurait eu 79 aujourd'hui car son anniversaire était il y a 20 jours. Messier l'acteur est né à la mi- aôut, à Granby. À 15 ans, un prof d'anglais le pousse à jouer dans Hamlet dans son école secondaire et, telle une drogue, la passion du jeu l'obsède. Moi je le découvre aussi à 15 ans. Dans Lance et Compte. C'est la première fois que j'en entends parler ou que je le vois, il joue Marc Gagnon, capitaine du National de Québec, habile croisement des Canadiens pour le nom du club et des Nordiques, mon club chéri, dont ils peuvent partager le presque pareil "N" sur le gilet qui est légèrement modifié, mais rappelle absolument mon club préféré. Le Québec commence tout juste à faire "des séries télés lourdes". On tourne la série au Colisée de Québec dans ma région. Où j'y ai joué trois ans de suite pee-wee, au tournoi, dont deux fois jusqu'en finale. Portant d'ailleurs le gilet des Nordiques, mais avec la Fleur de Lys (le nom de notre équipe) à la place du N des Nordiques. Et le pantalon long (bleu) que portaient les Flyers et les Whalers à l'époque. On avait du style. 

Marc Messier aussi. Je ne le connaissais pas avant Lance & Compte. Ai découvert Broue et Les Voisins par la suite. J'ai même cité tout mon secondaire une de ses répliques dans ce chef d'oeuvre de l'éloge de la banalité banlieusarde, de Claude Meunier et Louis Saïa. Dans une scène où personne ne s'écoute, le personnage de l'excellente Muriel Dutil s'extase en disant "Ça goûte donc ben bon de la mayonnaise. On peut pas dire à quoi ça goûte. Comment ça se fait que c'est bon avec n'importe quoi ?" Ce dernier, joué par Messier, lit le journal et ne l'écoutait pas du tout répondant des banalités. Il finit par lui demander "Quoi?", elle lui dit simplement "La mayonnaise ? " ce à quoi il lui répond, "Elle est là, là!" en la pointant. (vers 46:00 dans l'hyperlien) Quand on était ado et qu'on venait de dire quelque chose qu'on savait que l'adressé(e) n'avait pas écouté, on lui disait "La mayonnaise! e' là, là!" et tout de suite on comprenait qu'on avait pêché par non écoute. Mon amie Val avait comme réplique favorite "Bernard! j'ai dit Bernard !" de cette même pièce. 

Marc avait grandi avec une patinoire au coin de la rue. 

Voilà pourquoi il était fin patineur pour Lance & Compte. Et aussi bon pour la série de films Les Boys. "Sa dureté du mental" est une autre citation épique au Québec.  

Marc Messier faisait rire. Mais il pouvait aussi attendrir. Il avait ce regard bleu baignée de mélancolie. Il sera vilain dans Omerta, dans le rôle de Pierre Spencer, financier corrompu. Dans la seconde saison. Il avait ce bleu dans les yeux qui sentait la fleur de peau. Extrêmement sensible et vif en est la définition officielle. Ça va toujours bien à un acteur. On sentait qu'on pouvait faire confiance à un Marc Messier. Son ami Michel Côté l'a ramené à lui un an après qu'il soit monté là-haut lui-même. 

Du trio original de Broue, il ne reste que le plus discret, Marcel Gauthier. La pièce détient le record Québécois d'avoir été jouée tous les ans, pendant 38 ans de suite par eux. Les tout aussi inséparables Martin Drainville, Benoit Brière et Luc Guérin ont repris le flambeau presque tous les étés depuis. 

Me rendant à l'épicerie épicée Adonis, je naviguais avec une fragilité bizarre. Je vivais le deuil de Messier, jumelé au deuil de U2, dont j'avais aimé les efforts de mars dernier, mais dont le dernier single m'a tant déçu. Ça m'a fait penser à Duran Duran qui promet aussi un prochain album, avec un single plus infect encore. 

C'est ce que vous avez de mieux pour le prochain album ? 

OUCH!

 

J'adore ce qu'offre Adonis, mais j'aime y aller sous mes conditions. Pas au retour du travail. Où l'heure où j'y passe est la même où les distributeurs de poulet BBQ font la rotation des employés. Certains partent, certains arrivent, y a jamais plus de monde pour nous servir mais jamais très rapidement. On se parle dans une langue étrangère, on rit, on rigole, je devines qu'on parle soccer, et ça prend un temps fou pour se faire servir. L'amoureuse utilise comme prétexte que je passes tout près au retour du travail, vers 15h45, ce qui est en partie vraie, mais qui me force à prendre une sortie qui me retardera ensuite de 45 minutes quand je voudrai reprendre l'autoroute. C'est jamais un service que de me demander d'aller chez Adonis à 15h45. Mais cette fois, hier, Oh! que se passe-t-il ? service tout de suite ! Bonheur.

Mais arrivé aux caisses, la caissière me regarde d'abord me diriger vers elle, se retourne et crie "Cassidy!" derrière elle. Je crois comprendre qu'un changement de caissière se prépare. "CASSIDY!" répète-elle plus fort derrière elle. Je passe à un cheveu de le crier moi-même. "CASSIDY ! ON A DIT CASSIDY!". Elle finit par arriver. Elle est aussi jolie que son nom. Mais me rappelle "une assassinée dans la fleur de l'âge" de balado récemment écouté. 

Fragilité revenue. Délai chez Adonis encore.

Mélancolie.

Fleur de peau.   

Merci Marc de nous avoir fait rire toutes ces années. De nous avoir bouleversé(e)s. 

Maintenant va jouer au hockey avec l'ami Côté. 

Y a une belle caricature tendre à faire demain, caricaturistes Québécois. Une bière céleste offerte par Michel à son ami Marc. En entendant Marcel. 

Une t'ite frette, mon Bob ?

J'aurai besoin de ta dureté du mental au bureau. Merci encore, Marc.

Pas le joueur de hockey, mais je joueur de hockey quand même. 

Le joueur qui a amusé, attendri, fait craindre. 

Qui nous as amené souvent à fleur de peau.      

mardi 7 juillet 2026

Désunis États

L'Égypte a 5125 ans. L'Iran, 2575. La Chine, 2246. Le Maroc, 1238. La France, 1183. La Norvège, 1154. L'Angleterre, 1099. Le Danemark, 1061. La Pologne, 1060. La Hongrie, 1026. Le Portugal, 883. La Mongolie, 820. La Thaïlande, 788. Monaco, 729 ans, L'Espagne, 547. Les Pays-Bas, 445. 

Les États-Unis avaient 250 ans samedi dernier. 

De jeunes bébés. 

Et ça veut faire la leçon au monde entier.

C'était un samedi de formidable ridicule. Tout en métaphores révélatrices. On ne pouvait pas croire les photos de public désert de la semaine, puisque c'était tous des tests de sons de la part des artistes prévus samedi, donc personne n'était vraiment attendu pour ces tests de sons avant samedi. On est si disposé à se moquer des incompétents en place, on a publié presque tous les jours des photos de vide face à une scène, mais c'était samedi que ça comptait, pas avant. La météo a forcé à tout retarder. Et parfois même à annuler. Certains artistes plus négligeables ont sauté leur tour. C'est tout ce qu'il restait de toute manière, les artistes négligeables, les noms les plus populaires et les plus sensés avaient judicieusement annuler leurs présences au cirque. Le pédoprésident a alors choisi de remplacer la majorité du spectacle par un discours qu'il promettait long.

Ce qu'il n'a pas pu faire long non plus. 

Trop chaud, évanouissements, malaises multiples. Puis, orages électriques et pluie annoncés, ce qui mettait les vies en danger. Mais comme le pédoprésident est irresponsable, il a fait fi de tout ça et forcé tout le monde à revenir pour qu'on écoute ses conneries. Mettant la vie des loyalistes MAGA, en danger. Son discours a dû être lu sur téléprompteur parce que le vieux monsieur ne tient plus la route. Il a dit 151 fois le mot "flag" a présenté quelques vétérans pour saluer les différentes variations du drapeau au travers des 250 ans, et il a dit 49 fois le mot communisme, qui semble la nouvelle distraction des Dossiers Epstein dans lesquels il est aussi subtil qu'Obélix dans la potion magique ou qu'un boeuf dans une litière à chats.

Ça restait pathétiquement amusant samedi. 

Quelques jours avant,  (ou étais-ce aussi samedi ?) un parachutiste, à l'image de l'administration en place, s'écrasait dans la foule à l'atterrissage, sans faire de blessé(e)s sérieux. Mais ça représentait bien ces crétins en poste. Quelques jours avant, sur deux jours différents, et là, on ne montrait pas la foule parce qu'elle était à la fois famélique et chahuteuse, Todd Blanche, l'escroc qui garde la clé dans les dossiers Epstein, et Pete Hegseth, Hillbilly burgerboy, se faisaient enterrer par les insultes et les bruits de sirènes, les forçant à hurler leurs propos, et dans le cas d'Hegseth a faire semblant que ça ne lui faisait rien alors qu'il se serait visiblement battu si les caméras ne filmaient pas. Il disait se nourrir des cris des "ingrats" qui le dynamiseraient, prétend-il.  Explose donc, Pete. 

Puisque justice est parfois poétique, ce qui allait suivre serait délicieusement ahurissant. Un quatuor de blancs, deux femmes et deux hommes, tous blancs comme des bancs de neige de décembre, chantaient September, de la formation Earth, Wind & Fire, composée en 1978 par Maurice, Fred et Verdine White, Phillip Bailey, Johnny Graham, Al MacKay, Larry Dunn, Ralph Johnson, Rahmlee Micheal Davis, Micheal Harris, Louis Satterfield, Andrew Woolfolk et Tom "Tom Tom 84" Washington. 

13 humains à la peau noire...

Laissez digérer cette information.

4 blancs chantaient à un public majoritairement raciste (autour de 10 000 personnes et non le 150 000 annoncés par le vieux menteur). un morceau créée par des artistes noirs. Et quand la météo s'est gâtée et que Fox a vite annoncé d'aller se réfugier,  ces gens se sont réfugiés (et ça ne s'invente pas...) DANS LE MUSÉE DE L'HISTOIRE DES NOIRS. 

Selon leur logique empoisonnée de religion, ce devait être un double message de Dieu. "Arrêtez de faire écho aux marches de suprémacistes masqués du jour" et "renseignez vous donc sur vos égaux à tous les niveaux. Voire, vos supérieurs." Et "aimez vous les uns les autres." 

N'est-ce pas ça l'essentiel de votre pornographie mentale ?  

Ça j'adhère. Ce message. Rien d'autre. 

Un discours unificateur ? Bien sur que non. Il a brandi l'épouvantail d'un communisme qui ne s'applique pas aux Démocrates comme il le voudrait. Bien sur que OUI, sleepy Don s'est aussi endormi en plein feux d'artifices. 

En somme, ce quart de siècle célébré dans le chaos et toujours drapé dans le déni, résume à lui seul le paradoxe Étatsunien. Entre une organisation défaillante, filou, cupide et régressive, et un public forcé de s'abriter dans le temple d'une histoire qu'il rejette et veut réviser, la poésie du réel a frappé fort. Les feux d'artifices ont été si excessifs qu'on n'y voyaient que ce que voient les purs MAGA; de la fumée. La pluie donnait l'impression que les 4 pères fondateurs du Mont Rushmore pleuraient la journée. Face à un pouvoir vieillissant qui brandit de vieux démons pour masquer ses propres dérives, le véritable message d'unité n'est pas venu du podium. 

Mais de cette ironie divine qu'ils ont été forcés de subir.

Pendant ce temps, le bon peuple des É-U n'arrive pas à payer son essences, ses médicaments, ses épiceries. 

Et les gens près du gouvernement d'enrichissent.

Comme dans les bonnes républiques de bananes.  

Je vous reparlerai d'ici la fin de la semaine de l'escroquerie bien transparente associée à cette soirée minable qui aurait dû être grandiose. On vit la fraude en direct. C'est sous nos yeux. C'est tant de bullshit qu'on arrive plus à suivre. C'est si dommage. 

lundi 6 juillet 2026

Multiples Morts à Moors

Ian Brady n'a jamais connu son père. Sa mère n'a pas su le garder. Il est passé de foyer d'accueils à famille d'accueil, dont il a tenté de voler du contenu de leur commerce familial. On dit qu'il torturait les animaux, très jeune, mais il le niera toujours. Il choisit un jour, après multiples infractions dans la société Anglaise, dans le comté de Moors, de s'auto-éduquer à la bibliothèque et devient de plus en plus snob, préférant la musique de Wagner aux Beatles ou aux Rolling Stones. Nous sommes au début des années 60.

Myra Hindley est issue d'une famille dont le père, revenu de la Guerre, est extrêmement violent au point de récompenser ses enfants si ils répliquent avec violence à quelques outrances encaissées. Elle a une petite soeur, Maureen, 4 ans plus jeune qu'elle. À sa naissance, nous sommes en 1946, c'est tout juste après la Guerre, Myra, 5 ans, est envoyée vivre chez sa grand-mère. Brutalisée par son père, elle a un rapport avec la violence particulier, très tôt dans la vie. À 13 ans, un ami l'invite à aller se baigner, elle préfère faire autre chose, mais ce jour-là, cet ami se noie, et en meurt, ça la traumatise. Son univers devient tordu. Elle est fiancée à 17 ans, mais ça ne dure pas. Elle fait la rencontre de Ian, ils craquent l'un pour l'autre, elle a 19 ans, il en a 23. Ils vont voir des films trois X ensemble. Répètent ce qu'ils voient sur grand écran. Ian l'initie à ses lectures préférées, comme le livre d'Adolf Hitler, dont il admire le génie. Son amour de Wagner n'est pas innocent. 

Anthony Burgess pourrait s'en être inspiré pour faire d'Alex un fan de musique classique allemande (Beethoven pour A Clockwork Orange) dans son formidable "petit" film de 1971.

Ensemble, comme couple, ils vont voir le film Compulsion, qui évoque Nietzsche, un auteur fétiche de Brady, tout comme le Marquis de Sade. Le livre d'Ira Levin et le film qui en est fait parlent de deux hommes voulant commettre le crime parfait. Brady en parle pour vrai à sa copine Hindley à maintes reprises. Le fantasme du crime parfait.

En juillet 1956, le couple assassine Pauline Reade, une jeune fille de 16 ans, collègue scolaire de Maureen, la jeune soeur de Myra. Maureen est en relation amoureuse avec David Smith, un an plus jeune qu'elle, qui a déjà trois dossiers criminels pour menace au couteau, assaut contre un enseignant, et attaque au bâton de criquet contre un collègue scolaire. Les deux soeurs aiment les mauvais garçons. 

Smith considère son beau-frère intimidant, mais n'a pas toujours envie d'embarquer dans ses combines. On ignore tout du meurtre de Reade. Pour le monde Anglais plongé tous les soirs dans la candeur de Coronation Street ou les mystères fantaisistes de Doctor Who, la disparation de la jeune fille trouble. 

Le 23 novembre suivant, John Killbride, 12 ans, est à son tour assassiné par le couple, 2000 volontaires le rechercheront jusqu'en décembre. En Juin 1964, Keith Bennett, aussi de 12 ans, disparait et là, Moors commence à s'inquiéter sérieusement. Maureen & David se marient cet été là. Maureen est enceinte de 7 mois, à 18 ans, le mariage ne plait à personne, il sera intime et sans soutien familial. Smith et Brady, en revanche, s'admirent mutuellement et on parle de voler une banque, pour jouer au plus brave. Les deux soeurs se rapprochent de cette amitié entre petits rebelles. Le jour du boxing day de 1964, Lesley Ann Downey, 10 ans, disparait à son tour. Brady commence à parler meurtre avec Smith, qui ne le prend pas tellement au sérieux. 

Le 6 octobre 1965, Brady et Myra invitent le couple Maureen & David. Sur place se trouve Edward Evans, 17 ans, un apprenti ingénieur avec lequel ils avaient bu du vin en soirée. Pendant que Smith est dans la cuisine, un hurlement de Myra se fait entendre lui criant de venir à l'aide. Smith arrive dans le salon et Ian Brady est en train d'assassiner Evans à coups de hache. Maureen et David sont horrifiés mais aussi ont si peur, qu'ils font semblant de trouver ça, plus ou moins surprenant, sans plus. Ils transportent le corps dans une autre pièce, et le lendemain, acceptent de le retransporter dans une voiture, pour en disposer. David et Maureen ont peur d'être les prochaine victimes. Ils attendent le jour pour se rendre tout de suite à la police, après avoir vomi leur thé du matin, et dénoncent à la police tout ce dont ils ont été témoins. 

Le couple de Ian & Myra sera arrêté mais choisiront d'impliquer David & Maureen comme complice. Et socialement, sans l'Angleterre de 1966, conservatrice, ça fonctionnera. Une photo de David et Maureen deviendra célèbre. Les deux ne voulant pas donner aux journalistes ce qu'ils voulaient, et se savant, innocents, ont des verres fumés et Maureen tire une pouffée de sa cigarette. La société anglaise jugera sévèrement toute "cette génération perdue" en raison de cette photo. On les considère complices même si au contraire, ils ont tout de suite dénoncé et probablement sauvé d'autres vies en comprenant que les Moors Murders, c'étaient littéralement leurs plus proches ami(e)s, qui en était les auteur(e)s.

Sonic Youth s'inspire de cette célèbre photo pour illustrer un de leurs meilleurs albums, en 1990.  

Myra, sera considérée complice. Tentera de faire croire qu'on la droguait pour commettre les meurtres, Ian ET DAVID. Ce qui est faux. On découvre tous les cadavres sauf un car dans leurs photos personnelles, on est toujours au dessus de l'endroit où ils ont été enterrés. Seul les restes de Keith Bennett ne seront jamais trouvés. 

Ils écopent de la prison à vie. Myra meurt en prison, à 60 ans. Brady meurt aussi en prison en 2017, à 79 ans. 

David et Maureen se sépareront.  David particulièrement, est ostracisé toute sa vie. Il vit une mort sociale. Le public ayant décidé qu'il était "complice qui s'en était tiré" ou "qui aurait dû l'arrêter" Jugement aussi cruel que le couple assassin. Une génération au complet condamnée par ignorance et colère sourde anglaise.

La condamnation de Ian & Myra se passait il y a 60 ans, cette année.      

dimanche 5 juillet 2026

Jeremy Strong: Jouer le Vrai Monde

Je ne connaissais pas l'acteur Jeremy Strong avant de le découvrir dans l'excellente série télé Succession. Il y incarne Kendall Roy, un rôle complexe qui a un besoin viscéral de prouver sa valeur à son père, en s'y prenant de manière excessivement gauche.  Si la série me plait c'est parce que les personnages sont crédibles et on y reconnait assez bien les trames narratives et luttes internes qui se sont déroulées dans la vraie vie vraie au sein de la riche famille Murdoch, qui trône sur un royaume multimédia, comme la famille Roy scénarisée de main de maitre principalement par le britannique Jesse Armstrong aidé de Lucy Prebble, Will Tracy, Tony Roche, Jon Brown, Georgia Ptrichett, dans la série. Le rôle tenu par Strong est assez formidable. 

On y reconnait tant la famille Murdoch (Roy (Roye) dans la série) que quand Ruppert Murdoch a divorcé sa 4e femme, l'ancienne mannequin Jerry Hall en 2022, il l'a forcée à signer une entente jurant qu'elle ne donnerait pas des idées narratives aux créateurs de la série qui les inspireraient, tellement même eux, y reconnaissaient leur monde.  

Je ne connaissait pas Strong même si je l'avais apparemment croisé dans Lincoln, Zero Dark Thirty et The Big Short dans des rôles secondaires. Mais suite au grand succès de Succession, les portes se sont ouvertes pour l'acteur de 47 ans, et je l'ai revu trois fois, enfin pas la 3e encore car le dernier film ne sort qu'en octobre, mais il m'intéressera, dans des rôles d'envergure.

C'est justement de la vraie vie vraie que je voulais vous parler.

Dans les 3 cas, en autant d'années, et c'est peut-être un danger d'être identifié d'être davantage imitateur qu'acteur, il incarne des gens connus ayant existé et que bien des gens pourraient identifier pour les avoir fréquentés souvent.

Le pédoprésident Donald Trump avant même sa célébrité actuelle, Bruce Springsteen et son E Street Band, et la planète entière seraient en mesure de dire si Jeremy Strong s'approchait vraiment du personnage qu'il jouait, qu'ils ont connu dans la vraie vie vraie. 

2024, année ou décède Jon Landau.

The Apprentice: Ray Cohn.

Dans ce drame biographique, Jeremy incarne l'impitoyable avocat d'affaires mafieux et gai Ray Cohn, qui a servi de mentor politique et juridique à un jeune Donald Trump dans le New York des années 70 et 80. Sa performance habitée et glaçante lui a valu une pluie de nominations prestigieuses, notamment aux Oscars dans la catégorie du meilleur rôle secondaire, aux Golden Globes pour le même rôle et aux BAFTA. Lui qui était serveur quelques années avant, vivait dans le sous-sol de l'actrice Michelle Williams parce qu'incapable de payer on appartement et tapait à l'ordinateur les pièces de son amie la disparue trop vite Wendy Wassertein. Vu et aimé en salle par la belle et moi à sa sortie.

 

2025

Springsteen: Deliver Me From Nowhere, Jon Landau.

Sorti l'automne dernier et vu en salle par la belle et moi alors, ce film retrace la création de l'album devenu culte, en 1981, de l'intimiste Nebraska, qui fait le pont entre les très très populaires The River et Born In The USA. Vu et aimé en salle par la belle et moi à sa sortie.

Octobre 2026.

The Social Reckoning, Mark Zuckerberg.

Ce film scénarisé à nouveau par Aaron Sorkin, qui cette fois en sera aussi le réalisateur, dont j'avais si aimé The Social Network, histoire de la naissance de Facebook. que je l'ai acheté, signe encore l'histoire du co-fondateur du site, une sorte de suite spirituelle de pièce complémentaire au chef d'oeuvre de 2010 qui me faisait aussi découvrir Mara Rooney, Andrew Garfield, Max Minghella et Armie Hammer. Le montage serré de David Fincher (et ses monteurs Angus Wall et Kirk Baxter, oscarisés pour ce film) sur un scénario qui n'aurait pu qu'être bavard est tout simplement extraordinaire. 

Le film annoncé se concentrera sur les révélations de la lanceuse d'alerte Frances Haugen (jouée par l'Ocarisée de la meilleure actrice en 2025, Mikey Madison) en 2021. Jesee Eisenberg, qui avait joué Zuckerberg dans The Social Network, a refusé de reprendre son rôle, c'est alors Jeremy Strong qui a donc été choisi par Sorkin et son équipe. Le premier film situait son action entre 2003 e 2004. Il n'est pas donc pas anormal de trouver un autre acteur pour le jouer 17 ans plus tard. Plus âgé, plus endurci, et confronté aux tempêtes politiques et médiatiques mondiales. Jeremy Allen White, un probable ami, s'y trouve aussi. 

La première bande-annonce dévoilée la semaine dernière a d'ailleurs déjà suscité une énorme attente chez les fans de Succession

Que j'ai choisi de finir le week-end dernier. 

samedi 4 juillet 2026

Des Patriotes des États-Unis

Cher MAGA,

En tant que Québécois/Canadien, je sais que je vous l'ai dit ou fait comprendre plus d'une fois. Même avant que vous le revotiez, mais comme la compréhension semble rebondir comme la pluie sur la palette d'une rouge casquette, essayons à nouveau:

Vous n'êtes pas d'incompris patriotes.Vous n'êtes pas de robustes défenseurs de la liberté. Vous n'êtes pas plus brave boucliers de vérité face à la corruption. Vous en êtes même l'essence. Vous êtes crise de colère politique en salopette de Jeans. Vous êtes la section de commentaires qui vient d'apprendre à voter. Vous êtes ce qui survient quand griefs, racisme, misogynie, théories conspiratoires, peinture au plomb, meme de Facebook et insécurités issues de vos années d'école secondaires (facultatives, plusieurs ne s'y sont pas rendus ou n'ont pas terminé) rampent tous sous le même drapeau du même sous-sol et que votre cerveau commence à penser que vous êtes en train de bouger. 

Vous hurlez sur toutes les tribunes que vous adorez "America", (les trois territoire du continent ?) tout en étant soutien pour ceux et celles qui la coule. Vous brandissez le drapeau comme si c'était une relique sainte tout en célébrant la cruauté sociale, la corruption assumée et exposée, les livres bannis que de toute manière vous n'auriez jamais lu, la suppression du droit de vote, les naissances forcées, la discrimination LGBTQ+, les attaques contre les immigrants, le racisme, la misogynie, la discrimination contre les moins fortuné(e)s, et les attaques mentales contre tout les gens dont l'existence fait de vos visions étroites un couloir de brume dont la fumée vous sort par les oreilles. 

Vous appelez tout le monde des flocons de neige. Pour ensuite pour ensuite fondre au soleil dans les yeux des gens qui se disent "joyeuses fêtes" au lieu de "joyeux Noël", quand un(e) prof d'histoire enseigne l'histoire et non vos perceptions de la vie, quand le rôle d'une sirène soit accordé à une actrice à la peau noire ou brune, quand une personne a des pronoms dans sa description sociale, quand le mot "esclavage" est prononcé, quand les Femmes sont défendues, respectées. Vous construisez votre entière personnalité sur votre terreur des gens trans, ou sur le progrès qui vous saute aux yeux. Sur tout ce qui ne serait pas complètement vous. 

Vous ne voulez pas la liberté, vous voulez la permission. La permission d'haïr sans conséquence. La permission de mentir sans correction. La permission d'intimider sans qu'on vous réplique, la permission d'être ignorant mais de toujours être considéré un(e) expert(e). La permission d'entrainer le monde entier par en arrière et de régresser comme société. Parce que l'égalité est une oppression quand on vous as gâté toute votre vie.

Et le côté le plus gênant est que vous avez donné votre dignité aux milliardaires, double milliardaires, triple milliardaires, et au moins un trilliardaire, qui mettrait de l'huile sur vous si vous étiez en feu. Ne vous laisserait pas entrer par la porte en or, parce que justement, l'or, c'est pas pour tous. À moins que vous comptiez ne l'épousseter ? Le pédoprésident ne vous aime pas. Il vous utilise.

Il vous vend la peur, l'ignorance, la rage. les chapeaux rouges, les illusions, les fantaisies et les ennemis imaginaires parce qu'il sait que vous allez acheter n'importe quoi. Encore plus les week-end.  Sans jamais avoir le devoir de rester décent. 

Pour des pays comme le nôtre c'est particulièrement dégoûtant de vous voir se prétendre religieux. Vous vénérez la cruauté, vous vous moquer de la compassion, vous snobez les pauvres, démonisez les étrangers ou les colorés, les noms exotiques, vous protégez les prédateurs, excusez le racisme, attaquez la dignité féminine, et l'enveloppez dans un verset biblique comme si un Dieu ne pouvait pas voir la dompe morale dans laquelle vous vous drapez. Même si Dieu existait, il refuserait que vous utiliseriez son nom comme vous le faite. Vous ne sauvez pas "l'Amérique" (les 3 territoires continentaux ?). vous le faite paraître comme un pari perdu avec la stupidité. 

Vous n'êtes pas la majorité silencieuse. Vous en êtes la plus bruyante défectuosité. L'équivalent d'un klaxon de camion dans un service funéraire. Et le reste de la planète est exténué de vous voir confondre volume avec vérité. NON, MAGA, vous n'avez aucun respect de la part du reste du monde. Les États-Unis, dont c'est les 250 ans aujourd'hui, sont tristes de ceux qui s'en prétendent patriotes.

Un vrai patriote, c'est Thalia Thomas, connue sous le surnom de "Ace", qui travaille pour Brooklyn Liquor Center, à Minneapolis, voit un sans abri sans souliers, lui donne sans se questionner ses deux espadrilles Air Jordan aux couleurs des Vikings de la NFL et qui valent un mois de son salaire. Quand son gérant la voit travailler pieds nus, il la questionne. Elle lui dit la vérité qu'il valide par les caméras de surveillance qui ont tout filmé. 

Le sans abri lui a dit "Nobody would ever give me shoes like that" ce à quoi l'héroîne sans cape (et maintenant sans souliers) a répliqué "Well I am not everybody". Ému, son gérant lui a racheté une paire d'espadrilles. Puis, a partagé l'histoire. A fait amasser 450$ pour qu'elle s'achète de nouveaux souliers, les mêmes Air Jordan. Mais elle ne les as jamais rachetés. Elle dormait au sol, chez elle, parce qu'elle avait donné son lit à sa mère qui était brisé. Ça s'est aussi su, on lui a acheté un lit. on lui a donné les Air Jordan et les Vikings du Minnesota lui ont donné des billets et accès aux joueurs pour un match. 

Dans sa ville, un centre de don est né, pour les gens dans le besoin, qu'on a nommé "Ace" en son honneur.

Thalia Thomas est une patriote.

Née de la compassion sans questions. 

Une faiblesse pour les MAGA.

Bonne fête aux vrai(e) patriotes des É-U. 

Mort à MAGA. 

USA USA USA USA c'est devenu un nouveau chant Nazi.

vendredi 3 juillet 2026

Grand Coeur /Rancoeur

Je suis parfois trop sensible. 

Il y a ce commerce tout près, mal situé, trop près d'un boulevard où on passe trop vite et presque directement dans le quartier industriel. La cour arrière est en fait, carrément le quartier industriel et en face, c'est aussi le quartier industriel alors aussi bien dire que ce commerce, de restauration, est littéralement DANS le quartier industriel.  

Auparavant c'était une branche de franchisé de restauration rapide connue au Québec. Franchisé qui, contrairement aux autres de la même bannière, s'offrait aussi comme bar sportif. Deux grands écrans géants, peut-être trois, et plusieurs tables, un endroit idéal pour des partys de compagnie, ce que je soupçonne qui soit maintes fois arrivé. Une des fois que je m'y suis rendu, c'était plein de gens qui avaient des allures de motards, mais dehors, dans le stationnement très visible du boulevard, il n'y avait absolument aucune moto. Peut-être tous le même genre de voitures, je ne sais trop, je ne suis aucunement la référence en ce qui concerne les voitures ne connaissant jamais spontanément l'année de la mienne. Question d'intérêt. Mais cette fois, pour une rare fois, c'était tout à fait plein. De mâles surtout. Qui m'avaient remarqué entrer justement car ce devait être un moment où tout le monde se connaissait, mais ne me connaissait pas, moi. Quand j'y allais, c'était toujours pour une commande à prendre et aller manger chez moi. Seul, avec les enfants, avec la belle et les enfants. 

Plus je vieillis, plus c'est comme ça, si il y a eu un temps où je voulais qu'on me remarque partout, j'en suis rendu à l'âge où j'ai surtout envie d'anonymité. Presque partout. Même au bureau. Où j'ai le bureau...HAHA!...le cubicule!, le plus dans le coin, et je fais mes affaires tranquilles. Mais chrissement occupé. 

Quand je me rendais à ce resto, pour un pick & go, j'espérais l'impossible. Être ce client anonyme qui commande, prend, quitte.  Mais non. Y avait jamais personne dans cet endroit trop grand. Des fois, le samedi soir, je pouvais voir la fille, dans la trentaine, qui opérait la caisse et une table où y mangeaient quelques gens en regardant le match des Canadiens de Montréal sur grand écran. Si je ne me trompes pas, une table de billard y était aussi. Elle ne manquait personne qui entrait dans le resto. Son partenaire/collègue/patron/employé, beaucoup plus imposant physiquement, sortait aussi de la cuisine et venait voir qui arrivait. On me parlait comme si on était mon ami. On faisait des blagues. On voulait en savoir trop pour quelque chose que je ne voulais que transactionnellement drabe. C'était inconfortable de SURservice à la clientèle. Trop. 

Et ce qui m'affectait davantage, pour ces 2 jeunes trentenaires, c'est que je me voyais. Ils travaillaient trop forts pour ce que ça devait leur rapporter. Le peu de fois que j'y ai été, ils m'ont fait de surplus dans la cuisson qu'ils m'ont gentiment ajouté dans mea commandes sans que je leur demande et la technique était bonne. J'y suis retourné parce que justement, c'était sympathique de leur part, ils cuisinaient fort les eaux de la sympathie pour le client. et même cette fois où il y avait tous ces pas-motards-mais-qui-en-avaient-tous-l'air, tout le monde m'avait remarqué arriver, commander et sortir. La familiarité était obligée. 

Je disais avoir un peu pitié d'eux qui ne devaient pas arriver aux fins de mois. Ce qui a été confirmé il y a quelques mois, les proprios ont changé, c'est maintenant une enseigne qui me semble grecque. On tout rénové. C'est presque chic. Y a la face du nouveau proprio à même l'enseigne. Ils sont si neufs qu'ils n'ont pas de menu sur le net et leur adresse est l'ancienne (ils ont en quelque sorte déménagé), Je passe tous les matins et tous les 15h30 devant. Samedi dernier, on a eu envie de "manger mou". J'y suis donc allé. Encore naïvement pensant que j'y serais anonyme. PFFFFFFFFFFFFFFFFFF! il n'y avait qu'une auto dans le stationnement. Probablement celle du jeune couple à l'intérieur. Du frère ou de la soeur. Des deux jeunes, dans la vingtaine cette fois, qui m'ont accueilli. pas avant que je ne bouge mes clés du comptoir pour faire sentir ma présence dans cet endroit si désert. Encore. Il y avait un menu sur papier que je consultais pour m'occuper. Mais quand j'ai passé nos commandes, elle est restée devant moi pendant que le gars cuisinait nos plats. Ça m'a semblé éternel. Je n'avais pas envie de small talk. Je voyais bien qu'ils allaient vouloir vendre eux aussi, un jour. Ils semblaient si surpris de me voir, et si convaincus qu'il n'y aurait personne qu'un de leur téléphone cellulaire trainait sur une table près de la porte et un autre sur le comptoir, loin de la caisse. 

J'ai accepté de payer nos petites poutines beaucoup trop chers parce qu'ils ne feront pas tant d'argent. 16.5 $ Tout en me disant ce qu'on devrait tous tout le temps se rappeler: LES RESTAURANTS SONT UN LUXE. Mais mon grand coeur avait encore pitié de ces pauvres investisseurs. Tout en me disant tout le temps, if you can't take the heat, get out of the kitchen

Le lendemain, autre ton. Magasin grande surface dont je tairai le nom. Là où paie une carte annuelle pour avoir le luxe de payer pour toutes sortes de choses.

Malgré les écouteurs, sollicité à l'entrée, sollicité aux caisses, sollicité à la sortie.

Hostie. Sur une chanson de The Cure dont je vous demande d'écouter attentivement les deux dernières lignes. Je vous invite aussi à visionner ce que le personnage du capitaine Rex Kramer a fait dans le film Airport, en 1980. 

J'y ai songé. Cessez de nous harceler, il n'y a aucune chance que vous ne vouliez nous faire des aubaines. C'est soit A) vous pourrez dépenser plus ou B) on va faire plus d'argent avec vous. Y a pas de C. FUCK OFF!

Prochaine fois, je traine ma canne de RAID.