mercredi 4 février 2026

Le Syndrome de Marfan

Le syndrome de Marfan est une maladie génétique rare touchant le tissu conjonctif comme le "matériau de soutien" du corps comme les os, les ligaments, les vaisseaux sanguins, les yeux, le coeur. 

On en est atteint souvent dû à une mutation du gêne FBN1 qui sert à fabriquer la fribilline-1, une protéine essentielle à l'élasticité et à la solidité des tissus. Dans 75% de cas c'est héréditaire, dans 25% ou moins des cas, c'est une mutation spontanée. Ça peut être une transmission autosomique dominante, c'est à dire qu'un seul parent porteur suffit pour le transmettre à son enfant. 

Les signes qu'on en est atteint varient beaucoup d'une personne à l'autre. 

Passant de très discrets à très marqués.  

Nos deux enfants travaillent dans le milieu de la santé, on est rompu sur certains sujets. On a remarqué quelqu'un qui en serait peut-être atteint.

Je ne vous dis pas qui.

Morphologiquement, lorsqu'atteint(e) la taille est assez grande, les membres longs et fins. Les doigts très longs. Peut-être arachnodactylie. On est atteint(e) de possible scoliose, le thorax est creusé ou bombé. 

Au niveau du coeur, la dilatation de l'aorte court des risques d'anévrisme ou de dissection. On a des problèmes potentiels de valves cardiaques. Le cristallin des yeux se déplace. La myopie devient alors importante. Risque accru de décollement de la rétine. On peut aussi avoir un poumon qui se décolle ou une fatigue chronique donnant l'impression que vous êtes constamment amorphe. Des douleurs articulaires sont aussi possibles. 

Tout ça colle à la personne qu'on pense atteinte. 

Mais, je ne vous dis pas qui.

Mais ça ne devrait jamais se distinguer à l'oeil. Tout se passe à l'interne. C'est la définition même de juger un livre par sa couverture. Pourtant il coche absolument toutes les cases. À l'oeil. Il correspond à un stéréotype visuel populaire du syndrome du Marfan. 

Mais les médecins ne raisonnent jamais comme ça. 

Les médecins ne raisonnent jamais comme ça...

Jamais une phrase ne pourrait mieux s'appliquer à l'irresponsable de la santé, aux États-Unis, RFK Jr. 

Dans toutes ses décisions et autour de tous ses propos, les médecins ne raisonnent jamais comme ça. 

Les médecins sérieux raisonnent avec des données, des études reproductibles, du consensus scientifique et beaucoup de "on ne sait pas encore". 

RFK Jr approche la santé à l'intuition et au soupçon systématique. Aux corrélations transformées en causalités. En méfiance généralisée envers les institutions, souvent à l'excès. 

Un médecin doute de son intuition. RFK Jr doute surtout des autres.

On est presque certain de ce qu'on voit. Mais on ne peut pas dire que celui qu'on pense atteint du syndrome de Marfan, en est vraiment atteint. 

Mais bon dieu qu'il est laid. Ses doigts sont si looooooongs...

On ne vous dit pas qui. 

 C'est aussi, aujourd'hui l'anniversaire de quelqu'un de formidable. 

Pour certain(e)s. Une horreur pour d'autres. C'est toujours comme ça sur une planète si joliment diverse.

Je ne vous dit pas qui.  

mardi 3 février 2026

Brett Ratner

Brett est né 3 ans avant moi. Le 28 mars. À Miami. Il a donc vieilli presqu'au même rythme que moi avec les mêmes références culturelles. Adulte, plein d'argent, il fondera sa propre maison de production l'appelant RatPac par probable référence au Bratpack des années 80 qui lui, était une référence au rat pack des années 60.  Ado, il a été figurant dans le film Scarface de Brian DePalma, en 1983. Et toujours ado, il pouvait voir la série télé Miami Vice se filmer dans les rues. Ça lui a donné envie de travailler dans le milieu, un jour. 

Adulte, il a tourné du vidéoclip pour Public Enemy, Redman, Maria Carey, Heavy D, LL Cool J, Miley Cyrus, Wu Tang-Clan, Jay-Z ou Madonna quand la musique était poche dans les années 90, 2000 et 2010. 

Il sera aussi réalisateur télé. Il tourne le jeu vidéo la série télé Prison Break, se joue lui-même dans Entourage, et tourne une douzaine de films dans la catégorie Salon de l'auto ne-m'intérressera-surtout-pas. Comme des suites. Faire une suite au cinéma, à moins que ce ne fût prévu dès le départ et qu'on en ait eu le budget, c'est rarement de l'art et presque toujours, des affaires. Manon Des Sources/Jean de Florette, oui. Godfather I, Godafther part II, oui. Pas III. Dune I, Dune II, Dune III, oui. 

Rush Hour, Rush Hour 2, Rush Hour 3, non. C'est le quart de tes réalisations, Brett. T'as même produit l'unique saison de la série inspirée de ce film négligeable

Mais voilà, Brett est un homme qui baigne dans le négligeable. 

À 17 ans, il est en liaison amoureuse avec l'actrice Rebecca Gayheart. Qui en a 15. Ok, ça ne peut pas être retenu contre lui. Deux ans de différence, c'est ce qu'on a, la belle et moi entre nous, depuis 1992. Elle a deux ans de plus que moi. Depuis toujours. On a commencé ensemble,  j'avais 20. Mais si on reculait de 5 ans cet écart aurait été notre écart. J'essaie de la rattraper, j'y arriverai peut-être. J'y travaille. C'est pas les 45 ans et plus qui séparaient les victimes adolescentes de Trumpstein et leurs agresseurs, aujourd'hui toujours non inquiétés. 

Vous en a-t-il assez distrait de ce dossier, le navet président épais sexuellement dévié ?

En octobre 2017, dans la vague du mouvement #MeToo, une ancienne patronne d'agence de mannequin dénonce le viol qu'elle aurait subi de la part de Ratner. Ça secoue des choses chez d'autres, aussi victimes de ses assauts sexuels. Le 1er novembre suivant, 6 autres femmes se plaignent des mêmes écarts de conduite. Dont les actrices Olivia Munn et Natasha Henstridge. On l'accuse aussi d'harcèlement. D'avoir suivi une femme jusqu'à la salle de bain sans y être invité et de s'être branlé le manche devant une femme qui lui apportait à manger dans son trailer. Le même mois, Eliot Page l'accuse aussi d'harcèlement, sortant Page du placard comme Gay, devant Anna Paquin. Une ancienne mannequin a ensuite raconté qu'en 1991, alors que sa carrière allait bon train,  l'écrivain, producteur et co-fondateur de l'étiquette de musique Def Jam, Russell Williams l'a contrainte à du sexe oral devant Ratner, complice, qui les regardait. 

Ratner nie tout, mais les témoignages puent le vrai. En avril 2018, sa carrière est terminée avec Warner Brothers. On met fin au contrat de 450 millions qui le liait avec la compagnie de films de Ratner, devenu vrai rat. Il ne tournera plus. Il co-produit pour le premier film de l'acteur Christopher Waltz, il y a 7 ans. Loin des projecteurs.

En 2023, qui se ressemblent s'assemblent, il se rend à Israël et y rencontre le boucher Benyamin Nethanyaou. S'en fait un ami. 

En décembre dernier, une photo de lui apparait dans le moins de 1% diffusé des dossiers Epstein par les bandits de l'administration en place, en compagnie du prédateur sexuel et recruteur de proies, Jean-Luc Brunel. Une nouvelle photo est sortie de lui dans les 3 millions de pages de vendredi, sur un même divan que Jeffrey Epstein, avec entre les deux victimes d'exploitations sexuelles. 

Il était donc le choix idéal pour tourner le navet documentaire sur Melania Trump, achetée par Donald, de Jeffrey Epstein, que Jeffrey Epstein a présenté au président des États-Unis. 

Non. Je ne peux pas dire navet car je ne l'ai pas vu. Et ne le verrai pas. Mais si on voulait faire du répugnant, tout s'y trouve. 

1-Jeff Bezos finance tout ça pour solidifier ses entrées au pouvoir. 

2-Melania est très probablement aussi intéressante que la plante de jardin que vous fixez quand vous tombez dans la lune. 

3-Un prédateur sexuel est de retour derrière la caméra, pour filmer le vide. 

Tout le monde souhaite l'échec que ce film représente. L'Afrique du Sud a changé d'idée et devant le retour sur investissement impossible, s'est retiré et ne diffusera pas le film comme initialement prévu. Une rumeur voulait, jeudi dernier, qu'au Canada, une seule personne, à 17h45, avait acheté un billet pour la première. En Australie, aussi ! 

Des personnes qui voulait un peu de temps seules... 

Comme les États-Unis, may they fucking crash !!!!!!!!!


lundi 2 février 2026

Oscars 2026

Les nominations pour les meilleurs films, selon les États-Unis, sont sorties et bien que ce soit toujours subjectif tout ça, tel un accident le long de la route, j'y jetterai surement encore les yeux. Je plonge ma curiosité chaque année sur les nommés, ces films qu'on a pas eu le temps, dans la chaos quotidien, d'aller voir nulle part. Je les prends en note et me promets de les revoir sur les années à venir. 

De l'an dernier, il ne me reste que American Fiction, Killers of the Flower Moon et The Zone of Interest à voir. Et je le verrai d'ici 6 mois. 

C'est radicalement subjectif les Oscars. Les galas de remise de prix en général. Mais on fait semblant que ce ne l'est pas. C'est ok. Le cinéma, c'est aussi ça, faire semblant. On remet des prix artistiques, mais les goûts varient énormément et les époques réévaluent les oeuvres qui ont pris du mieux avec le temps, comme du bon vin. 

Par putasserie commerciale, on présente désormais jusqu'à 10 films en nominations pour le "meilleur film" voulant aussi souligner le film populaire et moins niché. Et gagner ainsi plus d'auditeurs. Mais des 10, sans les avoir tous vus, je crois que seulement 5, comme autrefois, devraient s'y trouver. 

Bugonia, Hamnet, One Battle After Another, Sinners et Train Dreams.

Mais je n'ai pas tout vu. J'ai vu les trois derniers seulement, Verrai les deux premiers.

Je crois que l'Académie voudra récompenser Paul Thomas Anderson cette année, un chouchou institutionnel discret jamais sur récompensé, toujours respecté, perçu comme l'artiste sérieux qui aime le cinéma, d'amour. L'Académie adore les cinéastes qui racontent Hollywood ou les États-Unis, et PTA a fait tout ça plusieurs fois, la foi, Death Valley, San Fernando Valley. les liens éclatés encore branchés sur la télé, l'ambition pétrolière, l'art sophistiqué. Il est fils de personnalité télé. Il sait de quoi causer. Et dans son film, adapté très librement de Vineland du grand Thomas Pynchon, les parallèles avec la terreur actuelle imposée par ICE, aux États-Unis, sont faciles à faire. Hollywood adore quand on capture l'ère du temps. Et PTA le fait à la Pynchon, intelligemment, sans que son film ne soit un manifeste frontal. Le contrôle étatique et son côté vil, sont bravement exposés dans son film One Battle After Another. Le terreur est diffuse comme les États Démocratiques qui sont attaqués, le sont actuellement. 

Vineland du brillant Thomas Pynchon raconte la manière dont le pouvoir digère, neutralise, et recycle la résistance et la contestation...très 2026 non ?

Je l'a vu, j'ai été moins impressionné que prévu. Mais j'ai adoré le décor, aimé découvrir de nouveaux acteurs et de nouvelles actrices, aimé le thème, et trouvé et DiCaprio et Sean Penn pas mal crédibles dans leurs rôles. Tout le monde en fait était crédible. Penn gagnera surement encore un Oscar. Mais bon...

Il y a 5 films, mentionnés dans les nominations, que j'aimerais voir prochainement et les voici et pourquoi:

Bugonia de Yorgos Lanthimos. J'adore ce réalisateur dont je n'ai pas vu les 4 derniers films, mais dont j'ai vu et aimé 4 autres films avant celui-là. J'ai même acheté Poor Things. Les trois derniers mettent en vedette Emma Stone et les deux derniers Stone et Jesse Plemons. Dont celui-là.  La trame narrative me rappelle celle d'Anora, grand gagnant l'an dernier, avec un personnage séquestré pendant une bonne partie du film.  J'aime l'audace de Lanthimos. Personne ne fait de films comme lui. Il y a définitivement une touche européenne dans ses histoires et ses mises en scène. C'est parfois presque du Samuel Beckett. Voilà probablement pourquoi ça m'attire. 

Hamnet de Chloé Zhao. Jessie Buckley ? Paul Mescal ? La réalisatrice de Nomadland ? j'ai pas besoin de davantage. Fiction racontant le couple Anne Hattaway et William Shakespeare endeuillé de leur fils de 11 ans, Hamnet, et comment ils composent avec tout ça. Ça me plait. De toute manière j'irais voir Jessie Buckley me lire un dictionnaire sur scène. Avec toute l'attention du monde. Mes yeux plongés dans les siens.    

The Secret Agent de Kleber Mendonça Filho. Film néo-noir, historico politique, un thriller, inspiré de la dictature brésilienne de 1977, y a rien dans tout ce que je viens de vous écrire qui ne m'attire pas. Film nommé pas moins de 4 fois, ce qui est rare pour les films étrangers aux Oscars, meilleur film, meilleur distribution (un nouveau prix), meilleur acteur (Wagner Moura) et meilleur film étranger. 

Sentimental Value de Joachim Trier. De Norvège. Un réalisateur de film se sépare de sa femme et élève leurs deux filles, malgré de nombreuses absences et un faible pour la bouteille. Ça rend les réunions de famille, comme celles forcées par la mort, pour que tout ce monde se retrouve, adulte, et tente de composer les un(e)s avec les autres. Avec des sensibilités et des pulsions fort différentes les un(e)s les autres. 

Un Simple Accident de Jafar Panahi. D'Iran. Réalisé sans autorisation du strict gouvernement de là-bas, gouvernement qu'il critique dans ses films. Il raconte ici un homme croyant reconnaitre un ancien tortionnaire du régime Iranien et qui l'enlève dans le but de l'enterrer vivant. Panahi a été arrêté en 2022, pour liberté d'expression, après avoir été condamné pour la même chose en 2010 et fait de la prison 6 ans. Il avait alors aussi été puni d'une interdiction de tourner pendant 20 ans. Arrêté en 2022, donc, il est libéré après 7 mois, en 2023. ce qui ne l'a pas empêché de tourner un film par année depuis. Dont ce thriller.  

Ce que je réalises à l'instant, et ce n'était pas calculé ainsi, 'est que tout ce qui m'intéresse, dans cette fête du cinéma des États-Unis, sont des films aux origines étrangères. Bugonia au réalisateur d'origine Grecque. Zhao tournant une histoire d'Angleterre. Un film, un sujet et une équipe entièrement brésilien. Un film au réalisateur Norvégien et un film Iranien. 

Comme si j'en avais assez des États-Unis... 

La soirée des Oscars aura lieu le 15 mars prochain. 

dimanche 1 février 2026

Catherine Anne O'Hara (1954-2026)

Née à Toronto, elle y grandit 6e d'une famille de 7 enfants. Diplômée en 1974, une de ses enseignantes sera la future mairesse de Mississauga, Carolyn Parrish. 

Dans sa ville de Toronto, en 1974, elle commence à faire de la scène avec la troupe de comédie  The Second City, une filière de la même franchise établie à Chicago par Howard Alk, Bernie Sahlins et Paul Sills, en 1959. Elle sera stagiaire auprès de Gilda Radner de Saturday Night Live, jusqu'à ce que Radner quitte l'émission. Elle joint une série de sketchs, série dérivée de Second City, pour y jouer et écrire auprès de collègues comme Joe Flaherty, John Candy, Eugene Levy, Andrea Martin, Dave Thomas et Harold Ramis. Vers la fin des années 70, elle remplace Ann Risley à SNL, et travaille un peu avec elle. SNL est alors en laboratoire de réorientation de personnel. Mais n'aimant pas vivre à NY, elle choisit de revenir à Toronto, pour SCTV. Mais reviendra quelques fois à SNL, comme hôtesse

Elle joue un peu pour Wayne & Shuster dans un spécial télé et fera beaucoup de voix pour les dessins animés à la télévision Joue un peu dans des films pour la télévision. Joue un rôle mineur dans son premier film en 1980. Son ami John Candy lui déniche un rôle aussi dans un film dans lequel il joue. Elle fera encore des voix de dessins animés, mais en long-métrage.  Gagnera un premier Emmy pour ses écrits comiques pour SCTV.  


   Elle obtient un petit rôle dans le film de Martin Scorcese After Hours et pour Mike Nichols avant que Tim Burton ne la recrute pour son excellent Beetlejuice. Film qui lui fait ouvrir une scène culte des années 80 et l'associe réellement à l'humour pour toujours. Ce film est encore plus marquant pour elle car elle fait la rencontre du producteur de plateau Bo Welch qu'elle épousera, et avec lequel elle aura deux garçons. 

En 1990 seulement, elle apparait dans 4 films, Dick Tracy, Betsy's Wedding, Home Alone et Little Vegas. Pour plusieurs, elle sera à jamais le mère indigne qui oublie Kevin à Noël, dans Home Alone. Elle sera aussi de la suite, 2 ans plus tard. Tim Burton l'engage à nouveau pour faire des voix pour son Cauchemar avant Noël.  En 1994, elle tournera pour Ron Howard, Lawrence Kasdan et avec Steve Martin. L'année suivante, pour Disney.  

Elle tourne une première fois pour Christopher Guest avec lequel elle se lie facilement d'amitié car il engage aussi ses amis Eugene Levy et Bob Balaban. Elle tourne dans une comédie co-écrite par Gabriel Byrne. Elle fait une voix pour Fifi Brind'acier en dessins animés. Et joue avec Drew Barrymore et Luke Wilson. Elle joue dans un thriller canadien avant de refaire des voix pour Bartok.

Dans les années 2000, elle retravaille avec Christopher Guest au moins trois fois, Bill Murray, Jack Black, Ben Affleck, Micheal Keaton à nouveau, fait encore beaucoup de voix pour les dessins animés en long-métrages. Elle tourne avec Christina Ricci. Je l'ai dans ma collection de DVD dans un charmant film de Sam Mendes. Tourne pour Spike Jonze. Elle sera aussi d'un documentaire sur Debra Winger.

Elle est définitivement et facilement associée à tout ce qui est sympathique. C'est sa part canadienne de sa double citoyenneté.

Dans les années 2010, elle travaille et prend part encore à au moins 8 films. Elle a cet avantage de ne pas jouer les rôles principaux, mais d'être excellente en support à tout le monde. Ce qui la rend adorable. Humblement parfaite. Elle retrouve son ami Eugene Levy et brille en humour dans la multi-récompensée série télé Shiit's Creek, entre 2015 et 2020. Elle gagne son second Emmy, celui de la meilleure actrice dans une série comédie pour ceci. Elle reçoit l'ordre du mérite du Canada. Sera de la série des Lemony Snickett. Et rejouera bien entendu dans la délicieuse (c'est rare) suite de Beettlejuice

Elle ne cessera jamais de faire de la télévision, que ce soit pour Tales From The Crypt, Six Feet Under, Curb Your Enthusiasm ou The Last of Us. En pure canadienne, elle participe aux derniers essais de la troupe canadienne The Kids in the Hall

Son dernier rôle aura été dans The Last of Us

Elle est atteinte d'une terrible maladie congénitale qui la fait mourir vendredi dernier à 71 ans. 

Le Canada l'a pleuré tout le week-end. 

Go raibh maith agat, a bhean àlainn ìon.

Chuir tù ag gàire agus ag caoineadh sinn

Merci, belle femme pure.

Tu nous auras fait rire et pleurer

John t'attendais là-haut.




samedi 31 janvier 2026

Lacrymal Belvédère

Pleurer.

Je l'ai déjà dit, plus je vieillis, plus je réalises que je pleure face au beau, davantage que de réeele tristesse. 

Comme si le monde était si devenu laid et que de voir du beau me devient nostalgique et...inaccessible ?

Pas facile de trouver le monde beau en 2026. 

Quand j'ai vu pour la première fois l'excellent film de 2019 de Taika Waititi adapatant le livre de Christine Leunens, Jojo Rabit, il y a une scène vers la fin qui commande des larmes. Amenée avec une belle subtilité. J'ai été touché, saisi,  mais je n'ai pas eu de larmes. Pourtant, la scène finale, tout à fait heureuse, m'a fait couler de chaudes larmes. Peut-être que la scène terrible d'avant m'avait inconsciemment fragilisé. Faudrait demander à un psy. Mais la scène finale est presque drôle car Roman Griffin Davis, qui incarne le jeune allemand des Jeunesses Hitlériennes de 10 ans, semble même décrocher un peu. Je vous laisse découvrir, je n'en dis pas plus. C'est une comédie (dramatique)sur Hitler et c'est un pari réussi.

J'ai pleuré parce que j'ai trouvé si beau. 

Ce qui reste particulier est que j'ai revu le film en DVD, que j'ai acheté, savait donc ce qui s'en venait, et j'ai repleuré sur la scène finale. Il m'est arrivé la même chose avec le délicieux film Québécois La Petite et le Vieux. La scène finale, pourtant belle, m'a fait monter les larmes la première fois, et quand le film est passé à la télévision, dans le temps des fêtes, l'amoureuse est tombée sur la scène, que je connaissais, j'ai levé la tête de ce que je faisais lui ai dit de laisser sur cette station, pour encore sentir les larmes me monter aux yeux sur la scène. Une belle scène pourtant de notre personnage, désormais jeune adulte. Patrice Sauvé, adapté par Sebastien Girard du livre de Marie-Renée Lavoie, a tricoté un joli petit film touchant. 

 J'ai lu l'article de Rose-Aimée Automne T.Morin sur la cybperpresse. Sur pleurer. En Public.  

J'ai trouvé particulier qu'un lieu qui nous soit si familier, le belvédère du Mont-Royal, puisse réunir tant de gens sur place dans le but précis de pleurer quelque chose de trop lourd. Peut-on y pleurer une demande en mariage? Pleurer en équipe ? Weird. Comme je suis amoureux de ma ville, de l'hiver aussi, et que ça ne me prend pas beaucoup de raisons pour y rôder, j'ai donc choisi de me rendre sur place, au belvédère, afin de voir si je ne surprendrais pas quelques larmoyants, ayant choisi l'endroit, ou inspiré par l'article, pour venir y verser quelques larmes au froid. 

Après tout, je suis sensible moi aussi. Je pleure sur de la musique. Je l'ai fait aux petites heures du matin en me rendant au travail, découvrant un morceau de Patrick Watson, tout à fait splendide. Encore une fois, pleurant sur du beau. Les États-Unis me décourage tant avec leurs raisonnements d'ados de 13 ans, je commence à avoir hâte que des adultes investissent la Maison Blanche. Gardez les 13 ans dans vos fantasmes, pédoprésidence!

Comment vivre avec soi-même, alors qu'on répète ad nauseam que le port d'armes est un droit, mais que dans le cas de l'infirmier assassiné la semaine dernière par le groupe terroriste ICE, c'était ce qui justifiait son meurtre ? Son port d'arme. Ces gens oublient l'assassin libre Kyle Rittenhouse ? On a beau avoir lancé plus de 3 milllions de pages hier, nous en sommes à plus de 40 jours de délai de la date où on devait obligatoirement, selon la loi, divulguer l'entièreté des dossiers TrumpEpstein. La loi ? ça compte encore ? Et dans ces pages ? on expose encore les noms de victimes et caviarde les agresseurs. 

J'ai des raisons de brailler une si grande rage...

Sur place, dimanche PM, froid de canard, il y avait plus de monde que j'aurais pensé. Mais pas tant non plus. Juste assez pour qu'on puisse tous bien se voir. D'une distance de quelques pieds. Et avec le froid, on avait pas mal tous la plus grande partie du visage emmitoufflé dans un foulard. On ne voyait que les yeux. Ne lit-on pas tous dans les regards. J'ai porté le mien, voyeur, je le concède, sur les gens seuls. Sur la trentaine de personnes sur le belvédère, pas plus que 5 ou 6 semblaient seuls, comme moi. J'ai marché vers un jeune homme, ai fait de mon mieux pour ne pas le dévisager de manière outrancière, nos regards se sont croisés. Il a sorti une main de son manteau et a porté une cigarette à sa bouche. Il gardait une cigarette allumée dans sa main, dans sa poche ? Peut-être, sa main était nue par très grand froid. Il avait bien une larme à l'oeil, mais le vent était si froid, j'ai tout de suite pensé que ce ne devait qu'être ça, le vent, le froid, les cils qui glacent et la larme qui perle par le vent. 

Puis, un peu plus loin, j'ai croisé une jeune fille. Toute petite. J'ai d'abord cru que c'était une enfant. Elle devait ne pas avoir plus de 25 ans. L'âge de mes enfants. Nos regards se sont aussi croisés. Qu'est-ce que je cherchais ? des gens qui pleurent ? Je me trouvais donc ridicule tout d'un coup. C'est quoi cette intrusion dans l'intimité des autres ? Elle ne m'a pas parue triste. Mais semble avoir eu envie de me parler. Ce qu'elle a fait. Elle avait un accent français. De France. Disait être nouvelle au pays. Vivre son premier hiver Québécois. Trouver ça difficile. Giroflée, s'est présentée à moi et on a parlé un peu de la France et du Québec. Je lui ai parlé de ma belle-soeur, Française d'origine, Léonille, (on ne se trompe pas avec un prénom comme ça)  et on a bien ri des prétendues différences entre nos deux nations. Les clichés qu'elle avait sur nous, les idées préconçues qu'on a sur eux. Lui parler de la belle-soeur avait aussi pour stratégie de ne pas lui envoyer des messages de flirt. Lui faire savoir par la bande que j'étais en couple.

Je lui ai confessé la raison de ma présence voyeuse. Pour y voir de la mélancolie, lâchée lousse.

Elle n'a pas compris cette dernière expression.   

On a beaucoup ri. Tellement qu'on a fini...

...par en pleurer...de rire...

Comme si on était dans un spectacle de Fred Pellerin. 

Qu'elle n'aurait pas complètement compris.

On avait besoin de rire tous les deux. Les larmes sont devenus glaçons.Nos yeux, vitrés.

Je ne sais pas ce que j'allais vraiment voir ce dimanche là, jour de football de la NFL intéressant.

Mais j'y ai trouvé une amie. 

Giroflée Tansossobeurr est ma nouvelle jeune amie du pays de l'Hexagone. 

Qui a découvert le froid d'ici, sur un belvédère lacrymal, parait-il. 

Je vais lui faire rencontrer les ami(e)s de mes enfants. Qui comprennent aussi, au moins 3 Français d'origine, parmi eux. Gérer ses émotions en troupeaux. Pas toujours ce facile. Parfois hostile, parfois fragile. Parfois utile. Il y a risque de mise en scène qui ferait perdre le sens de libérer de la pression émotionnelle. Mais ce jour de froid, est resté chaud au coeur. Désormais, c'est seulement sur du beau qu'il faille que je pleure. 

vendredi 30 janvier 2026

Grammys 2026

Je sais, je passerai pour un baby boomer qui dit "après moi, le déluge". Mais je ne peux pas être plus X,

Reste que lisez moi attentivement. La comparaison vaut le lecture. 

La musique de nos jours, c'est d'abord la célébrité. Avec de la musique pour la promouvoir. Pas de la passion musicale. De l'ego avant de l'art. Je sais, je sais, l'art c'est pour les puristes. I guess, I am.

Les galas de remise de prix, peu importe le domaine seront toujours critiquables. Si on regarde les nommé(e)s dans la catégorie de la meilleure chanson, disons, en 1984, voici qui était nommé:

Tout d'abord il n'y avait que 5. Alors que dans trois jours, on récompensera la meilleure chanson parmi 8. 

Il y avait Lionel Richie pour All Night Long (all night), composée et interprétée par l'ancien Commodores. 

Il y avait Micheal Jackson, deux fois. Le première pour Beat It. Chanson mythique qui avait comme invité de prestige à la guitare électrique, Eddie Van Halen, de Van Halen. Eddie l'a fait gratuitement, l'a enregistré en une seule prise, brisant une caisse de son par mégarde. Il ne sera pas crédité d'un "featuring" comme de nos jours. Jackson fera souvent jouer des élites de la guitare sur une de ses chansons, comme Slash, Carlos Santana, ou Jennifer Batten.  Sans jamais de "featuring" . La seconde nomination/chanson pour laquelle il est nommé, toujours tirée de son historique album Thriller, est Billie Jean. Parfait croisé post-disco, R & B funk, Dance-pop et new wave. 

Il y avait Every Breath You Take de The Police, composée par Sting. La malsaine chanson traitant de jalousie est l'une des plus mal interprétées avec You're Beautiful de James Blunt, puisque souvent utilisée dans les mariages. Ce serait le dernier album de The Police, Sinchronicity, Sting, Andy Summers et Stewart Copeland faisant chemins à part par la suite. Sting, travaillant son premier album solo, apparaitra à la voix pour Dire Straits sur un hi majeur l'année suivante et pour Arcadia. Les deux fois aussi, sans sentir le besoin de mettre du "featuring". Et Sting a un très gros ego. 

Il y avait Maniac, tirée de la trame sonore du film Flashdance, composée par Micheal Sembello, qui la chantera aussi et Dennis Malkosky. Il s'agit de la seule chanson composée par plus d'un auteur dans les 5 mentionnées. Les 5 nommées.

5  Chansons écrites et interprétées, par leurs auteurs, passionnés de musique. 

C'est une autre époque, le vidéo pour promouvoir la musique est encore optionnel pour certain(e)s. Le concept de l'image de l'artiste musical est plus ou moins naissant. 

1983-1984 est une année qui pouvait aussi récompenser pour meilleure chanson, When Doves Cry de Prince, Let's Dance de David Bowie, This Must Be The Place (naive melody) des Talking Heads, Sweet Dreams (are made of this) d'Eurythmics. Dancing in the Dark de Bruce Springsteen, Everybody Wants to Rule The World de Tears for Fears, Pride (in the name of love) de U2, Careless Whispers de Wham ! ou Like a Virgin de Madonna. 

Outre la chanson de Madonna, TOUTES ces chansons sont signées de leurs auteurs. Passionné(e)s de musique. Mais Madonna changeait la donne pour toujours. Avec la manière de présenter la musique en clip. En plaçant l'ego, en figure de proue. 

Every Breath You Take allait gagner le trophée, présenté et livré par deux absolue légende du monde de la musique, Stevie Wonder et Bob Dylan. Des géants. 

Allons maintenant aux nominations de cette année. 

Anxiety de Doechii est une reprise d'une reprise. En 2011 le chanteur Wally De Backer, adaptait un échantillon d'un morceau de Luiz Bonfa de 1967, pour son unique IMMENSE succès, l'excellente Somebody That I Used To Know. Il la chantait en duo avec la délicieuse voix de Kimbra. Gotye ne fera plus jamais d'album depuis. C'est dommage qu'on retienne le morceau de Gotye en entendant celui de Doecchi et encore plus dommage qu'on puisse ne par porter attention aux paroles qui traitent d'un sujet important et assez répandu de nos jours. 

Abracadabra de Lady Gaga. Qui a dû aussi co- créditer Susan Janet Baillon, Peter E. Clarke, Steven Severin et John McGeoch, soit les membres de la formation Siouxie & The Banshees, alors que sa chanson échantillonne des accords de leur chanson Spellbound de 1981. Les producteurs Henry Walter (un canadien) et Andrew Wotman sont aussi co-auteurs du morceau.

La chanson APT est chantée par Rosé & Bruno Mars et leurs auteurs sont Amy Allen, Christopher Brody Brown, Rogét Chahayed, Henry Walter à nouveau, Omer Fedi, Phillip Lawrence, Bruno Mars, Chae Young-Park & Theron Thomas. Échantilonnant, Toni Basil

DTMF de Bad Bunny, qui sera la vedette principale du spectacle de la mi-temps du Super Bowl, une semaine jour pour jour après la remise de prix, est signée Bad Bunny, Marco Borrero, Scott Dittrich, Tyler Spry, Benjamin Failk & Hydra Hitz. On s'est inspiré des sons de la musique des jeux Nintendo, mais y a pas de mal à s'inspirer de quelque chose. Faut bien. Reste que c'est une autre chanson à plus de deux auteurs. 

Une chanson de la k-pop fait aussi sa place, Golden de Huntrix, Ejae, Audrey Nuna et Rei Ann

(...)

Really ? 4 artistes à se mettre en bouche pour présenter la chanson ?

 La K-pop n'est pas de la musique autant que du concept musical où on assemble de mignons visages/corps et on fait danser sur des sons. C'est du marketing gomme baloune. Park Hong Jun, Joong Gyu Kwak, Yu Han Lee, Hee Dong Nam, Jeong Hoon Seo, Ejae & Mark Sonnenblick. 

Luther, de Kendrick Lamar & SZA contient du Luther Vandross. Ce n'est pas déplacé de trouver du matériel de l'artiste auquel vous voulez rendre hommage en chanson, d'autant plus que le morceau se nomme carrément de son prénom. If This World Were Mine, chantée par Vandross & Cheryl Lynne en 1982 était aussi déjà une reprise de la même chanson chantée en 1967 par Marvin Gaye et Tammi Terell. Donc encore l'évocation d'une reprise de reprise. Les auteurs de ce morceau son Lamar, SZA, Ink, Samuel Dew, Scott Birdgeway, Mark Spears, Jack Antonoff, Kamasi Washington, Matthew Bernard, Roshiwata Bacha et Marvin Gaye. Du monde dans la messe. 

Manchild est signée Amy Allen, Jack Antonoff (encore) et Sabrina Carpenter et est interprétée par Sabrina Carpenter. J'aime bien Carpenter qui sait jouer ses cartes. Elle est drôle et n'a pas peur du ridicule. Semble toujours à cheval entre l'ironie et l'audace provocatrice. Toutefois la chanson est très négligeable pour mon oreille, et je doutes un peu que dans plus de 40 ans, on resortira le morceau avec la même nostalgie que celle que les X comme moi retrouves en entendant dans la nuit les premiers accords d'All Night Long

Finalement, une extraordinaire artiste que j'admire grandement, elle et son frère. Billie Eilish et sa chanson Wildflower. Composée par Billie et son frère Finneas O'Connell. Billie ose musicalement. Ne cherche pas à vendre son corps ego. 

Comique toutefois que dans ma liste de lecture de l'artiste que je me suis faite, j'ai retenu 8 des 10 chanson de son dernier album et que Wildflower soit dans les deux seules qui ne m'eut pas intéressé...:)

Confirmant que les Grammys, je n'en suis plus le public cible. À 5 jours de mes 54 ans.              

Vous remarquez qu'en cette ère de l'ego, le concept de groupe s'éteint tranquillement. Du moins du côté populaire. Un band, désormais, c'est underground seulement. Ou presque. Mais il est vrai qu'à moins de faire des tournées, en 2026, faire de la musique, ce n'est plus payant. Alors si il faut séparer le chèque en 4 ou 5...

Les Grammys seront remis dimanche.