vendredi 17 juillet 2020

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable******For The Beauty fo Wynona de Daniel Lanois

Chaque mois, vers le milieu, tout comme je le fais pour la littérature (dans les 10 derniers jours), et tout comme je le fais pour le cinéma (dans les 10 premiers), je vous parle de l'une de mes trois grandes passions, la musique.

Le titre de la chronique est une référence à 4 albums que j'ai tant écouté que j'en connais toute les paroles, toutes les notes, toutes les nuances, ces albums sont entièrement composantes de mon ADN.

Par ordre de création:
Blonde on Blonde de Bob Dylan
The Idiot d'Iggy Pop
Low de David Bowie
The Unforgettable Fire de U2

B.I.B.I. c'est bibi, c'est moi. C'est aussi la terminaison du mot habibi, voulant dire en dialecte irakien, je t'aime.

Musique, je t'aime.

FOR THE BEAUTY OF WYNONA de DANIEL LANOIS

En 1984, quand Daniel Lanois travaille sur la trame sonore de Dune de David Lynch, il fait la rencontre fortuite de Brian Eno qui travaille aussi sur cette même trame sonore. Ils s'entendent si bien, qu'Eno, qui travaillera sur le prochain album de U2, The Unforgettable Fire, l'invite à co-produire cet album avec lui. Il co-produira aussi l'album suivant des petits gars de Dublin, ce qui vaudra à Eno & Lanois, quelques grammys et surtout une réputation à travers le monde musical fort enviable.

Mais Lanois n'est pas très vieux. Il avait la jeune trentaine quand il a travaillé avec les gars de U2 la première fois et a 38 ans quand il enregistre son salué premier effort solo.

En travaillant comme superviseur musical de la trame sonore du film de Wim Wenders, Until The End of the World, il donne des indices de ce qu'il offrirait sur son deuxième album. Chez Peter Gabriel et U2 entre autres.

L'album séduit par sa pochette, offrant une photo de Jan Saudek légèrement osée par sa nudité, et ne pouvant pas pointer sa tête dans les sphères populaires comme U2 ou Pete Gab le faisaient aussi facilement. Je ne peux pas dire que j'étais un superfan de Lanois dès mes 21 ans. Mais j'ai acheté 5 de ses albums tout de même. Dont celui-là. Je l'ai donc beaucoup aimé progressivement avec le temps. Et son second album, est aussi appréciable davantage avec le temps, dans la sagesse et le côté planant d'un spleen bienvenu et agréablement réorientable.

L'album s'ouvre sur l'un des meilleurs morceaux du disque et sur un de ses 3 singles. Lorsque trahi, on tend à fermer les portes autour de soi. La chanson parle d'une relation abusive, ce qui semble tout à fait dans le ton de notre époque. Quelqu'un tend la main à l'auteur pour s'en sortir. Chanson de survie. Excellente chanson. Une de ses meilleures tout albums confondus.

Pendant l'écriture et l'enregistrement de l'album, Lanois voyageait constamment entre l'Allemagne où il enregistrait Achtung Baby avec U2 et l'Angleterre, où il enregistrait Us avec Peter Gabriel. Il a écrit ce morceau dans la foulée des émeutes de L.A. criant à l'injustice vis-à-vis Rodney King, victime d'abus policier et de profond racisme. Ce morceau sera aussi un des 3 singles.

Un de mes morceaux favoris, que je rajoute de listes de lecture en listes de lecture, et qui pourrait aussi être un titre de mon autobiographie, "Toujours en train d'apprendre à nager", est le troisième morceau de l'album. Je ne m'en lasse pas. Il semble y avoir une faute de frappe sur l'album alors qu'on titre "Still Learning How to Crowl".

On ne sait pas qui est Beatrice, Lanois reste très discret là dessus. Il y a quelque chose d'autochtone dans sa musique. La percussion et les arrangements sont très intéressants pour mon oreille.

J'aime beaucoup les morceaux instrumentaux bien fignolés comme ceux-là, qui offrent des ambiances qui nous envoient dans des zones mentales extrêmement intéressantes. J'ai ouvert mes listes de lecture de Lanois toutes les fois avec ce morceau aérien.

Daniel glisse du français dans le morceau suivant, un joli brin de folklore parfois a cappella. J'adore. Beatrice, Louise, Marie-Claire, Dan aime les Femmes. Moi 'si.

Mon propre grand-père maternel était employé du CN. La ballade, chanson #7, me fait toujours penser un peu à lui. Lui qui est mort dans ma première année de vie. Que je ne connais qu'en photos.

La chanson suivante est d'une beauté stupéfiante. Paroles et musique. C'est aussi une ballade qui fait fameusement descendre le whisky dans la vallée de Magorge. Les accords de guitares me plaisent grandement.

Je ne sais trop pourquoi on a choisi le morceau suivant comme single. Ce n'est pas le plus mauvais de l'album, mais très certainement pas le plus distingué non plus. C'est énergique, j'aime bien sa voix grisée et son écriture musicale, axée sur la guitare. Malcolm Burn brille sur cet album.

La chanson suivante est l'unique non composée par Lanois de l'album. Il adapte ici un morceau de George Landry. Je vous l'avais dit qu'il y avait parfum autochtone dans ses arrangements vocaux et musicaux. Mon grand-père paternel l'était bien aussi. 💕

Le morceau suivant est aussi un de mes morceaux préférés du disque et avait été présenté le premier, sur la trame sonore du film de Wim Wenders, Until the End of The World. J'imagine facilement Bob Dylan chanter l'exact même morceau. Lanois et Dylan seront fameux, ensemble, sur disque, aussi.

La chanson titre, 12ème de l'album, phénomène rare pour les chansons titres quand ce n'est pas la dernière, ne fait pas référence à une Femme prénommée Wynona, mais bien à une ville, près d'Hamilton, où Lanois a grandi avec son frère, sa soeur et sa famille, en Ontario. Les textures de guitares sont fort agréables pour mon oreille. Il y raconte les filles qui ne voulaient pas jouer aux jeux des garçons et la nostalgie d'une autre époque, avec toujours la voix éraillée à la Peter Gabriel.

La ballade qui ferme l'album nous parle d'un monde chaotique. Il a composé, pensé et enregistré tout ça entre Berlin, Dublin, Londres et la Nouvelle-Orléans. Ce type de luxe du voyage a très certainement joué un rôle important dans ce qu'il allait nous livrer en 1993.

Pour amateurs de folk, voix râpeuse, de profondeur lyrique, d'arrangements de guitares, de vibe autochtone, de pop, de rock alternatif, indépendant, sage et rebelle à la fois, amateurs de percussions diversifiées, de guitares atmosphériques et d'ambiantes réverbérations.

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