vendredi 10 juillet 2020

10 Trilogies Notables de Films

Vous vous ennuyez du ciné?

Je vous propose des trilogies. De tout genre. Pour passer l'été. Des trilogies de films. À écouter chez vous, pas en salle. Sur Netflix, Youtube, ou ailleurs. Emprunté à votre bibliothèque locale. Cherchez dans vos bibliothèques, vous allez être surpris.

Moi je l'ai rebaptisée la Vievliothèque. Parce que quand j'y entre, quand j'en sors, je reprend vie.

Certaines des trilogies sont voulues, d'autres créées par les critiques qui ont trouvé des thèmes liant plusieurs films d'un même réalisateur, certaines ont étiré la recette du bon rendement dans le portefeuille des investisseurs avec une certaine création intéressante.

Ce ne sont pas les seules, ni les meilleures.
Et j'ai évité de vous mettre en film ce qui existait originalement en livre, en trilogie.
Parce que je ferai la même chose pour les livres la semaine prochaine, quand je serai plongé dans le mien, en vacances, dans le Nord.

La trilogie d'Austin Powers. États-Unis/Canada.
International Man of Mystery (1997), The Spy Who Shagged Me (1999) & Goldmember (2002).
Les trois films ont été produits, scénarisés et incarnés (dans de multiples personnages, dont le personnage titre et son ennemi, Dr.Evil) par Mike Myers. Ils ont aussi tous trois été réalisés par Jay Roach. La franchise parodie de nombreux films, ceux de James Bond plus particulièrement, en plus d'intégrer de nombreuses références culturelles associées à l'époque hippie entre 1965 et 1971. Le personnage est un archétype du swinging London des années 60, avec son parti pris pour l'amour libre, ses tenues vestimentaires et ses remarques sexistes ou ses jeux de mots douteux et parfois rétrogrades. On se moque des films d'espionnages qui avaient toujours un espion mâle très suave et une partenaire féminine toujours ultra sexy. Dans les trois films, le Dr.Evil (et son assistant Mini-Me) tentent d'extorquer de "larges" sommes d'argent au gouvernement, à des regroupements internationaux, mais ils ont toujours l'agent Austin Powers dans les pattes pour les contrer. Comme l'action se déroule en temps réel, dans les années 90 et 2000, tout le monde est légèrement décalé. Très drôle. 


La troika de Bergman. Suède.
À Travers Le Miroir (1961), Les Communiants (1963) & Le Silence (1963).
En 1960, le réalisateur suédois Ingmar Bergman commence à travailler sur 3 de ses films les plus importants. Déjà une figure internationale importante en raison du Septième Sceau ou des Fraises Sauvages, Bergman tourne le dos au mode expressionniste qui avait marqué ses films dans les années 50 et travaille trois films dont les intrigues se dérouleront dans l'intimité des chambres. Explorant la foi et l'aliénation dans l'âge moderne, Il collabore avec le brillant directeur photo Sven Nykvist et soutire de ses merveilleux interprètes, Harriet Andersson, Gunnar Björnstrand, Gunnel Lindblom, Ingrid Thulin, Max Von Sydow, des performances hors du commun. Il lance les trois films en rapide succession et expose le public du monde entier à un nouveau niveau d'intelligence, et à une intensité émotive scandinave que nous connaissions peu. Avec une beauté et un grâce assez unique. Inspiré de ses propres doutes sur la vie en général, il tourne le premier film en transformant la très jolie Andersson en schizophrène. Le film gagnera l'Oscar du meilleur film étranger. Le doute sur la foi est au coeur du second film. Le monde abandonné de Dieu est dramatique mais à la fois si beau. Le dernier film propose une vision troublante de l'isolation émotive entre deux soeurs se rendant en train dans un pays en Guerre, ou en voie de l'être. On y respire mal. Aussi intense que sensuel. 

La trilogie des trois couleurs de Krzysztof Kieslowski. France/Pologne. 
Bleu (1993), Blanc (1994) & Rouge (1994).
Inspiré des trois couleurs du drapeau français, Krzysztof s'inspire aussi de ses thèmes, Liberté, Égalité et Fraternité, explorer dans l'ordre sur trois films aux intrigues distinctes mais qui feront croiser tout le monde dans le dernier film de manière fort subtile et habile. Kieslowski explore les trois valeurs avec ambiguïté et ironie. Une même dame tente de pousser une bouteille dans un container dans les trois films. Dans le premier, Juliette Binoche ne la remarque même pas. Dans le second, Zbigniew Zamachowski s'en moque de loin. Dans le dernier, Irène Jacob, l'aide. Les trois films commencent de la même manière avec un bruit dont on voit ensuite ce qui la produit. Chaque fois, l'objet a un rôle déterminant dans l'histoire. Dans Bleu, c'est la voiture bientôt accidentée, dans Blanc, c'est la valise, dans Rouge, c'est le témoin lumineux du téléphone. Fameux.

The Dollars trilogy de Sergio Leone. Italie/États-Unis.
A Fisrfull of Dollars (1964), For a Few Dollars More (1965) & The Good, The Bad & The Ugly (1966).
Les trois films ont imposé le terme Western-spaghetti puisque l'Italie n'a jamais eu le décor que présentait Leone. Les trois films mettent en vedette "l'homme sans nom" interprété par Clint Eastwood qui est aussi pratiquement sans verbes pendant les trois film. Il pose plus qu'il ne parle. Mais Leone le voulait ainsi. Il a toujours dit que le meilleur des films qui'il aurait pu tourner aurait été muet. De là l'importance de son ami d'enfance et ancien co-locataire, Ennio Moriccone, justement disparu cette semaine, à l'âge de 91 ans. Pour Leone, Morricone était aussi scénariste, par son talent sonore. Voilà aussi pourquoi Leone prenait des plans très rapprochés des regards. Pour qu'on pénètre celui du protagoniste qu'on observe. Dans le premier film on traite d'exploitation et de vengeance. Dans le second, on parle de partenariat, dans le dernier, c'est un prequel puisque l'action se déroule avant les deux autres. Ce sont trois excellents films du genre western.

La trilogie du Parrain de Françis Ford Coppola. États-Unis.
The Godfather (1972), The Godfather Part II (1974) & The Godfather Part III (1990).
La trilogie, inspiré du livre de Mario Puzo, raconte l'histoire de la famille Corleone dont le patriarche est la figure de proue du crime organisé italien aux États-Unis. Le premier film raconte brillamment la famille de Vito, de sa fille et de ses fils. L'aîné est bouillant, celui du milieu, mou, le dernier sera trop impliqué dans les affaires de la famille, il faudra l'exiler. La fille se marie, mais mal, elle est battue par son mari. Dans le second, on suit en parallèle la vie de Vito, plus jeune, son ascension en Amérique, et l'ascension du plus jeune de ses fils à la recherche d'un traître et qui sera troublé de découvrir son identité. La troisième est le film de trop. Où le Parrain veut se retirer du milieu, mais tout le ramène à la Cosa Nostra. Les deux premiers films sont des chef d'oeuvre, souvent considérés comme les meilleurs films de tous les temps. C'est un portrait si vrai de la mafia, que celle-ci émule plusieurs des comportements présentés dans les films. Extraordinaire.

La trilogie d'Apu de Sayajit Ray. Inde.
Pather Panchali (1955), Aparajito (1956) & The World of Apu (1959).
Non, je ne triche pas. Le Parrain était une trilogie tiré d'un seul livre de Puzo. Tout ce qui a été écrit par Puzo sur les Corleone l'a été ensuite APRÈS les films. Même chose ici. Les 3 films de Ray sont tirés de 2 livres de Bibhutibhushan  Bandopadhyay. C'est un univers indien, de l'Inde, et les trois films sont entrés dans l'histoire du pays comme les meilleurs jamais écrits et tournés en Inde. Le premier film nous montre Apu, enfant, dans sa famille, pauvre, et ses expériences rurales au Bengale avec son père qui tente de faire vivre sa famille du mieux qu'il le peut, mais si il peut peu. Le second raconte Apu, toujours dans sa famille toujours plus appauvrie, mais se débrouillant pour aller étudier et même devenir un brillant élève. Le dernier film nous montre Apu adulte, voulant se marier, puis devenant père, ce qu'il refuse d'être un temps, avant de se reprendre en main, non sans heurts. Très intéressant. Encore aujourd'hui, on a peu de fenêtre ouverte sur le quotidien des citoyens de l'Inde. L'un des pays les plus peuplés au monde. Forcément, il y a du fabuleux là-dedans.

La trilogie de Mad Max de George Miller. Australie.
Mad Max (1979), The Road Warrior (1981) & Mad Max Beyond Thunderdome (1985).
Bon là, je triche. Car il existe effectivement un quatrième film. Mais il n'est pas du tout indispensable des trois premiers. Et je l'ai en fait trouvé extrêmement sans rapport aux trois autres. C'est comme un show de voitures écrasant d'autres voitures alors qu'on pensait voir plus de décorum. Dans le premier film, l'alors peu connu Mel Gibson, dans un monde post-apocalyptique non explique, vit un effondrement social où se croisent meurtres et vengeances. Dans le second, on explique l'apocalypse, une communauté se défend contre un groupe de maraudeurs dans un western sur roues, où la brutalité côtoie l'humanisme. Dans le troisième, le plus accompli, propose Mad Max, banni dans le désert, se liant, tant bien que mal, à un groupe tribal centré autour de la carcasse d'un avion s'étant écrasé et autour duquel ils ont concocté toute une histoire. Mad Max est aussi aux prises avec Tina Turner, sexy as hell, comme toujours. Apocalyptiquement vôtre.

La trilogie de The Naked Gun de David Zucker & Peter Segal. États-Unis.
The Naked Gun: From The Files of Police Squad! (1988), The Naked Gun 2 1/2: The Smell of Fear (1991) & The Naked Gun 33 1/3: The Final Insult (1994).
Si vous étiez déjà fans de la série télé Police Squad comme moi, vous vous régalez à l'écoute des aventures de l'agent Frank Drebin, maître de l'absurde et unique homme à savoir dire dignement "Oh! you have a nice beaver!" en regardant sous la jupe d'une belle femme. Triple comédie complètement folle où l'absurdité remporte sur tout. Les caméos sont multiples et délicieux. Notre Leslie Nielsen canadien y est formidablement drôle. Plusieurs lignes vous feront exploser de rire. Dans le premier, Frank doit déjouer un complot voulant faire assassiner la Reine d'Angleterre. Dans le second, le nouveau copain de Jane, l'intérêt amoureux de Frank, est un vilain. Dans le dernier, on veut faire exploser la soirée des Oscars. Désopilant.

La trilogie de Star Wars originale de George Lucas, Irvin Kershner & Richard Marquand. États-Unis.
Star Wars (1977), The Empire Strikes Back (1980) & The Return of The Jedi (1983).
Ne me parlez pas des autres, ce n'est que du marketing. La métaphore sur la guerre du Vietnam que voulait faire Lucas se sera avérée fort lucrative. Un autre cas de "les deux premiers sont formidables et parmi ce qui a de mieux jamais fait, mais le dernier...". Légendaire trilogie. Le décor de chez Yoda, on est plusieurs à l'avoir cherché dans les bois. Pour l'enfant en toi.

La trilogie de l'avarice de Martin Scorsese. États-Unis.
Goodfellas (1990), Casino (1995) & The Wolf of Wall Street (2013).
On attribue à Martin bien des trilogies. Celle de la foi, avec The Last Temptation of Christ, Kundun et Silence. Mais on pourrait aussi y place Who's That Knocking on My Door? où la foi et le doute sont au coeur du film. Certains glissent Mean Streets, Gangs of New York et The Departed pour une trilogie de l'american gangster. La trilogie de la solitude et de l'aliénation regrouperait Alice Doesn't Live Here Anymore, Taxi Driver et The King of Comedy. Peut-être que Marty a toujours besoin de 3 swings pour bien maîtriser un sujet. Reste que peu importe la trilogie que vous voulez explorer, vous ne vous ennuierait pas avec Scorsese. Goodfellas parle de la Cosa Nostra et de la foi en la Cosa Nostra. Casino parle d'associations et de traîtrises aussi, dans le milieu du jeu. The Wolf of Wall Street raconte l'histoire vraie d'un crosseur financier qui ne mérite pas d'être nommé. Violent, brutal, vicieux.

Mentions notables de trilogies à explorer: Evil Dead, Back To The Future, La détérioration chez Denys Arcand avec Le Déclin de l'Empire Américain, Les Invasions Barbares et La Chute de l'Empire Américain, La Cage aux Folles, Pirates of the Caribbean, Fantomas.

Bons films!

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