samedi 27 juin 2026

Mascu

Décembre 1989. J'ai 17 ans. Trop jeune et dans le 418 pour le sentir aussi dramatiquement qu'à Montréal, mais trop vieux pour ne pas être ébranlé d'être simplement, un homme. 14 femmes meurent parce que Femmes.

Ce n'était pas juste un drame, c'était un avertissement. 

Son nom était Marc Lépine, à Montréal d'un père (absent, violent qui quittait tout le monde quand il avait 7 ans) et d'une mère sans moyen quand ce père quitte le foyer familial. Il supprimera 14 vies de Femmes à l'école de la Polytechnique le 6 décembre, à Montréal. On peut retenir son nom, son histoire, son parcours, mais il ne faut jamais perdre de vue le vrai sujet: il a ciblé des Femmes parce qu'elles étaient Femmes. C'était une attaque antiféministe. Un féminicide.

Pendant longtemps, et encore quelques boomers qui regrettent le masculinisme facile des années 60, ont voulu parler d'un homme isolé ou instable, deux choses vraies, mais il y a plus. Le Québec a été forcé de faire naître quelque chose dans ces absurdes morts. Le mot féminicide. Issu de la haine des Femmes. Tuer parce qu'on hait la Femme. Ce jour noir de décembre, le Québec a compris que la misogynie pouvait tuer.

Ça n'a pas disparu. Elle se cache dans les commentaires, les memes, les "blagues", les forums, les espaces publics, les vidéos, les discours dans les balados, les visons extrêmes inspirées du triste masculiniste et trafiqueur sexuel, Andrew Tate. La forme a changé. Le fond, lui reste le même. La rivière sale coule toujours. La haine des Femmes n'est pas que des mots. C'est pour ça qu'il faille toujours en parler. 

L'attaque de cette semaine, dans le quartier de Côte-Des-Neiges, en était encore la preuve. 

En fin de matinée, lundi dernier, un signalement aux services d'urgence mentionne un canon de fusil pointé de la fenêtre de l'Hôtel Hilton sur le Boulevard Décarie, une Alerte Amber sera lancée sur tous nos téléphones pour nous dire de rester barricadés dès 12h33. Dès l'arrivée des policiers et policières, ils sont accueillis par une salve d'un dizaine de coups de feu. S'ensuit une véritable fusillade qui échange plusieurs coups de feu. Et qu supprime par inadvertance la vie d'un passant, Michael Moshé Mizrahi de 68 ans, au mauvais endroit, au mauvais moment. L'agent de police Mohamed Lamine Benredouane, 34 ans, perd aussi la vie dans cet échange brutal. Une agente est aussi atteinte, mais s'en sortira. 

Seth Scott Hatfield, 25 ans, a été identifié comme l'assaillant vêtu d'une tenue militaire, et arrivant d'Alberta. Il a été tué par la police. Mais il avait laissé, pour la postérité, un manifeste de 104 pages, exposant sa vision d'incel, et ciblant, entre autre choses, les Femmes et l'industrie pornographique. Des fenêtres ont été fracassées dans les échanges de tirs, contre l'immeuble abritant le siège social d'Aylo, la maison mère du site pornographique Pornhub. Situé à quelques pas de la fusillade de lundi. Et qui était la probable cible principale du déséquilibré.

Car c'est de ça qu'il s'agit, le déséquilibre. 

Le mouvement du masculinisme ne cherche aucunement l'équité. Il cherche la domination mâle. Turning Point aussi, d'ailleurs. Mais ça c'est pour une autre diatribe. 

L'assassin venait de l'Alberta où la déséquilibre règne. Leur lunatique Première Ministre règne dans la division et pêche par lourde désinformation. Elle milite fort pour la séparation et copie les méthodes Trumpistes pour lequel elle voue une admiration non feinte. Jean-François Gariépy est aussi caché en Alberta. Où les gens ne sont pas aussi curieux sur la disparition de sa partenaire Elora. 

L'influenceur masculiniste néonazi qui se fait appeler Clavicular (Braden Peters, 20 ans) était à Paris la semaine dernière pour la Fête de la Musique afin de valider sa théorie des "mâles alphas". Peters s'était fait connaitre par le looksmaxxing, qui vise a tirer le plus de profit possible de par son look, dans lequel il faut avoir une confiance inébranlable, mouvement en ligne lié aux communauté d'homme incels. En avril dernier, il a attiré l'attention pour les mauvaises raisons, après s'être effondré en direct dans un centre commercial de Miami, en Floride, the dumbest state, bientôt sur leurs plaque d'immatriculation, devant des milliers de spectateurs, victime d'une surdose de drogue.  Un mois plus tard, il se fait arrêter pour avoir tiré à maintes reprises sur des alligators, au fusil. Pour des clics sur le net. 

L'expérience à Paris ne s'est pas passé comme prévu. Enfin peut-être. Parce qu'elle lui est toujours bonne. 

Il a été majoritairement rejeté par les Parisiennes. Et il en a fait un montage et l'a diffusée sur le web. Mais ça restait une humiliation. Pourquoi la diffuser alors ? Laissez moi vous expliquer les mécanismes de l'économie d'attention qui régit le monde des influenceurs d'extrême droite er de la manosphère. Bien qu'il se soit fait rejeter en bloc par les Parisiennes, ait fini trempé par des jets de bouteilles d'eau et se soit fait voler son béret diffuser ce naufrage répond à plusieurs objectifs de manipulation stratégiques très précis. 

Sur des plateformes comme Kick(où il diffuse en direct, donc les gens peuvent aussi enregistrer et en faire des montages à leur guise), ou Tik Tok, l'algorithme ne fait aucune différence entre le respect et le ridicule. Qu'un spectateur regarde la vidéo pour l'admirer ou s'en moquer, peu importe, ça génère de$ clic$, de$ partage$ et de$ commentaire$. Un buzz reste un buzz pour des gens vides. Le fait qu'il a été la risée des Françaises a propulsé ses statistiques. Pour un créateur de contenu, comme ils osent s'appeler, un mauvais buzz massif est financièrement beaucoup plus rentable qu'une vidéo consensuelle, où tu dois convaincre et qu'on peut zapper dès qu'on est pas d'accord. La viralité d'un fiasco peut être payante. 

Dans la rhétorique masculiniste et l'univers du looksmaxxing, le rejet par les Femmes est un pilier idéologique sur lequel articuler son idéologie. Sa nourrit la haine contre les Femmes. Your loss l'entend-t-on dire. Il a généré du contenu pour faire jaser de lui et de son univers pendant des semaines.

Qui connaissait le connard avant cette semaine ?

Notre fille et l'amoureuse n'étaient pas familières avec le concept d'incel.

Je les ai urgés de s'informer.

Pour les Femmes, en ce moment, outre Trump si vous êtes aux États-Unis, ou Poilièvre ici, c'est le plus grand et pernicieux des dangers.     

Pernicieux ? cherchez la définition du mot. nuisible ou destructeur., mais d'une manière lente, cachée et subtile. Menace invisible. 

Et pourtant toute là. Sous nos yeux. 

vendredi 26 juin 2026

Le Jour de l'Émancipation aux États-Unis (Juneteenth)

Sean Bell
 Une bonne chose encore cette année est que Charlie Kirk eût fermé sa gueule de raciste à propos de cette fête, ce congé férié aux États-Unis, qui avait lieu vendredi dernier. je vous en ai parlé l'an dernier. J'apprenais alors ce congé par le racisme actuel qui rôde autour. Encore cette année, on l'étouffe assez, je vous en parle une semaine plus tard. jour pour jour. Tant mieux, il faut en parler souvent. N'importe quand. 

Pourquoi est-il TOUJOURS important de souligner le sens de ce jour de l'émancipation du peuple d'humains à la peau noire aux États-Unis, ce jour d'abolition absolue de l'esclavage ?

Parce que ça n'a jamais aboli la discrimination et l'injustice.

Rekya Boyd
2006. Sean Bell, 23 ans, se marie. Il vit son enterrement de vie de garçon dans la ville où personne ne dort, NY. Dans un bar, son groupe a une altercation verbale avec un autre groupe et des policiers en civils, en mission pour faire régler l'ordre, choisissent de les suivre. Trois policiers tireront plus de 50 fois sur lui et ses amis, Bell mourant le matin de son propre mariage prévu. Personne n'avait d'armes. Personne ne sera trouvé coupable.  

2012. Rekya Boyd a 22 ans. N'aura jamais plus. Elle s'amuse ferme avec son groupe d'ami(e)s à Chicago, et ils/elles sont bruyant(e)s. Dante Servin est un policier voisin, hors service. Il se plaint du bruit. De son véhicule personnel, il tire sur un homme qui a un téléphone cellulaire qu'il confond avec une arme (prétend-il), mais atteint Rekya. Il ne sera trouvé coupable de sa mort.

2014. Eric Garner 43 ans, est soupçonné de vendre des cigarettes illégales. L'agent Daniel Pantaleo lui fait une prise de tête interdite par la loi des autorités policières, il répète 11 fois "I can't breathe" meurt étouffé. Pantaleo ne sera pas trouvé coupable de meurtre. 

2014. Mike Brown a 18 ans. Il est non armé. Pendant une altercation à Ferguson, le policier Darren Wilson le tue par arme à feu, dans le Missouri. Certains disent qu'il avait les mains dans les airs, d'autres disent qu'il avançait vers Wilson. Chose certaine Wilson ne sera pas inquiété par rien. 

2015. Sandra Bland, 28 ans,  ne fait pas son clignotant avant de tourner, au Texas. Le policier Brian Encinia abuse de son pouvoir en lui demandant d'éteindre sa cigarette. Ce qu'elle refuse de faire. Il abuse davantage en la forçant à sortir de sa voiture, à laquelle il l'arrache et la menotte pour l'amener en prison. Trois jours plus tard elle est retrouvée "pendue" dans sa cellule, elle qui n'avait jamais été dépressive. Peu croit au "suicide". 

2016, Philando Castillo, 32 ans, se fait faire un contrôle routier à Minneapolis par le policier Jeronimo Yanez. Il est compagnie de sa femme qui filme l'arrestation et le diffuse en direct sur Facebook et de leur fille de 4 ans. Castillo lui dit calmement qu'il a une arme quand Yanez lui demande si il en a une, et qu'elle est enregistrée. Voulant le prouver, il fouille pour lui montrer ses papiers, mais Yanez lui tire dessus et le tue. Il sera acquitté l'année suivante. 

 

2016, Terence Crutcher, 40 ans. Il se fait arrêter par la police en Oklahoma. Il marche les deux mains dans les airs marchant lentement vers son propre SUV. L'agente Betty Shelby panique et on l'immobilise par pistolet d'impulsion électrique. Elle lui tire aussi dessus pour le tuer tout de suite après, Mais est acquittée de toutes accusation l'année suivante. Encinia ne sera accusé de rien. 

Tamir Rice avait 12 ans. Freddie Gray, 25. Danroy Henry, 20. Oscar Grantill, 22. Kendrac McDade, 19. Aiyanne Stanley-Jones, 7. Ramarley Graham, 18. Amadou Diallo, 23. Trayvon Martin, 17. John Crawford III, 22 ans. Jonathan Ferrell, 24.  

 Tous la même histoire. Tous tirés par des policiers qui jamais coupables ne seront-ils trouvés. Tous coupé(e)s en pleine poussée.

Vous remarquez un trait commun ? 

Tous des humains à la peau noire, sacrifiés. Le juneteenth commémore le 19 juin 1865 où les derniers esclaves afro-américains de Galveston, au Texas, ont enfin appris qu'ils étaient libres. cette annonce est survenue plus de 2 ans après la proclamation d'émancipation de Good Ol' Abe Lincoln le stipulant. Considéré comme la plus ancienne célébration de la fin de l'esclavage aux États-Unis, ce jour symbolise la liberté afro-américaine.

Ce qui trouble les racistes blancs. Qui trouvent cette fête superflue. Ce gouvernement est une honte historique.

La honte à la nation que le pédoprésident a vivement condamné à son tour publiquement, jadis naguère, mais peut-être encore hier, c'est le genou posé au sol pendant l'hymne national du joueur de football à la peau noire Colin Kaepernick.

Qui le faisait pour critiquer le traitement des humains à la peau noire aux États-Unis. 

Où la discrimination et l'injustice, le racisme, reste bien vivants. Même si l'esclavage est bien mort.   

jeudi 25 juin 2026

Acheté de Peter Thiel

Laissez moi vous parler d'un non élu qui a un poids immense au sein du gouvernement des États-Unis:

Peter Thiel.

Il a con-fondé Pay Pal avec le trou de cul Elon Musk, il a aussi co-fondé Palantir qui est une compagnie d'intelligence artificielle DE SURVEILLANCE (parce qu'on a tous besoin d'être surveillé(e)s n'est-ce pas ?) désormais intégrée dans l'appareil militaire israélien. Outil qui aide à trouver des cibles pour les États-Unis, à Gaza. Il a été un investisseur assez tôt pour Facebook et détient autour de 8 milliards à son nom. 

Il a dépensé une portion significante de sa fortune à construire une seule chose: la bête JD Vance. 

Il est suffisamment intelligent pour rester la main dans la marionnette. Jamais à l'image, ou si peu, mais tirant toujours les ficelles. Ils se sont rencontrés en 2011 à l'université de Yale où Thiel y avait donné un discours sur une tribune, où Vance l'avait par la suite approché. Thiel est devenue son mentor, son employeur, son financier, son architecte politique. Il a engagé Vance à sa société de gestion de capital-risque, et Vance a, en quelque sorte, été son propre capital-risque. C'est sous sa recommandation, qu'il a eu l'intelligence de faire passer par les enfants du pédoprésident, qu'il a été choisi comme vice-président des É-U. Il a aussi financé la firme privée de JD. Il a écrit la préface du livre de manipulation de JD Vance qui a si bien vendu le concept du hillbilly, et en 2022 il a fait don de 15 millions à Vance dans sa course au Sénat. La contribution la plus titanesque jamais enregistrée pour un simple siège au Sénat dans l'histoire des États-Unis. Il a amené Vance à Mar-a-Lago, pour le présenté personnellement au prédateur Trump. Même si Vance avait appelé Donald Trump "le nouvel Hitler" très publiquement. 

Vance, chien de poche du pédoprésident, a été assemblé de toute pièce par Peter Thiel. un homme qui a aussi dit que "Je ne crois plus que le concept de liberté et la démocratie, ne soient de nos jours, compatibles". Si vous ne me croyez pas, googlez-le. Faites appel à son AI. 

Dans les dossiers Epstein, le nom de Peter Thiel y apparait plus de 2200 fois. Dans les courriels comme dans les calendriers et les témoignages. Jeffrey Epstein et lui ont diner ensemble en Novembre 2017. 9 ans après la première accusation criminelle pour sollicitation et prostitution avec une mineure. Epstein a lui-même investi 40 millions dans les fonds co-gérés de Peter Thiel. Et Epstein était activement un lien entre Thiel et les bonzes de l'État terroriste mondial Israël. Dont un souper officiel entre tous ces gens en 2014. Thiel nie, mais les entrées dans le calendrier n'ont pas d'opinion sur le sujet. 

Pendant ce temps, Palantir, la compagnie de Thiel, a signé un partenariat stratégique avec les ministère de la défense d'Israël, en 2024. Le président directeur général de Palantir, Alex Karp, a dit publiquement :"Je suis fier que nous supportions l'État terroriste d'Israèl de toutes les manières qui nous soient possibles". Palantir a aussi admis et confirmé que son produit peut parfois-lisez bien- Aider à tuer des gens à l'occasion

Peter Thiel est l'homme qui a construit l'actuel vice-président. Titre auquel on pourrait retirer le mot président qu'on serait plus près de la vérité. Seulement Vice. Il en a d'ailleurs presque le nom. Vous remarquerez que je n'utilises presque plus ce mot pour parler du prédateur pédoprésident. Il ne se comporte aucunement comme le ferait un vrai président. 

Palantir est la compagnie dans l'ADN gouvernemental actuel. Personne n'a voté pour Peter Thiel. Mais Peter dirige les États-Unis quand même. Ce n'est absolument pas de la démocratie. C'est un achat. 

Une nouvelle qui n'a pas fait les grande lignes des manchettes la semaine dernière était que le gouvernement des É-U a fait nommer par son armée, des administrateurs exécutifs, lieutenants colonels.

Le directeur de la technologie de Palantir, le directeur de la technologie de Meta, ancien Facebook, et le recherchiste en chef de l'IA de la compagnie de Sam Altman, un autre tireur de ficelles, non-élu. Ces civils militaires sont à un grade d'être nommé Général, et ont sauté 16 grades d'un coup. Ils sont second dans l'ordre hiérarchique, derrière le général, dans les décisions militaires opérationnelles. 

Comment les soldats qui ont dédié la totalité de leurs vies aux services militaires doivent-ils comprendre cette nouvelle arnaque ? Ils ont été engagés afin de proposer des solutions technologiques face à des problèmes complexes. Diarhrée de mots qui ne veulent rien dire. Le but clair est de donner accès à ces compagnies aux informations secrètes sans avoir à passer par toutes sortes de vérifications de sécurité, dans la même foulée que ce qu'Elon Musk a fait avec les vols de données personnelles et DOGE. Palantir construit une immense banque de données en ce moment avec ce que DOGE et Elon Musk lui ont donné.

Ces billionaires bros compilent une liste de monsieur/madame tout-le-monde, de leurs données les plus intimes. Les fichiers médicaux, les comptes de taxes, les comptes en banque, les interactions sur les réseaux sociaux, les multiples identités sur les réseaux sociaux, les # s'assurance sociale, les statuts d'immigrations, les emplois passés et présents, la manière de voter, L'autoritarisme sous le forme de la surveillance de données. 

C'est une horreur qui menace ce pays en chute libre. Il ne devrait jamais y avoir autant de croisé entre les compagnies privées et le gouvernement. Encore moins entre l'armée et les compagnies privées. 

L'endormi Congrès a de nouvelles raisons, tous les jours, de faire fermer les assemblées. 

L'autoritarisme, aux États-Unis, est maintenant dans le salon.   

mercredi 24 juin 2026

 La Recherche du Temps Perdu*************Les Demi-Civilisés de Jean-Charles Harvey

Chaque mois, dans ses 10 deniers jours, tout comme je le fais pour le cinéma (dans ses 10 derniers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu), je vous parles de l'une des mes 3 immenses passions: La littérature.

Lire c'est aspirer à comprendre l'univers d'un(e) autre. C'est s'ouvrir les sens. Saisir l'esprit d'un peuple, plonger dans sa culture, se concentrer sur des mondes, des modes pensées, des personnalités, des manières de réfléchir, de voir et comprendre le monde. C'est apprendre et découvrir, voyager à très peu de frais, vivre des croquées d'époques, surfer sur le lyrisme des autres. C'est accepter de respirer sur le rythme de quelqu'un d'autre.

Et respirer, c'est vivre. 

LES DEMI-CIVILISÉS de JEAN-CHARLES HARVEY

Ville de Québec. 1934.

Rupture brutale avec le roman Québécois traditionnel généralement lié à la terre. On parle ici urbanité. Et critique féroce de la société cléricale et conservatrice des années 30. Le scandale sera immense, le livre censuré par le triste Cardinal Villeneuve, et Jean-Charles Harvey, alors brillant journaliste, perdra son emploi. Qui ne le méritait pas. 

L'intrigue suit Max Hubert, jeune homme originaire d'un village rural qui s'installe à Québec. Animé par un désir de liberté, il souhaite devenir écrivain et journaliste. À Québec, il découvre une haute société hypocrite, soumise au dogme religieux et dépourvu de réelle profondeur intellectuelle. 

Max intègre le milieu de la presse et fonde une revue indépendante pour éveiller les consciences. Il tombe amoureux de Dorothée Meunier, la fille d'un riche industriel. Dorothée partage ses aspirations d'émancipation, mais leur amour se heurte aux conventions rigides de leur milieu. Autour d'eux gravitent d'autres personnages , comme l'hypocrite commandant d'Esterville, symbole des institutions corrompues. La quête de vérité de Max se solde par un échec social, mais le roman s'achève sur une note d'espoir et de résistance intellectuelle. 

Le titre du livre porte la thèse de Jean-Charles Harvey. Pour lui, les élites et le citoyens de la province du Québec ne sont pas pleinement  civilisés. Ils ne le sont qu'à demi. 

Un peuple véritablement civilisé cultive l'esprit critique l'art, la science et la liberté individuelle. Au contraire, la société québécoise de l'époque subit une stagnation intellectuelle. Elle adopte les surfaces de la civilisation moderne (la technologie le confort matériel, les structures politiques) mais refuse son essence : la liberté de penser. cette demi-civilisation est le produit d'un système éducatif  et politique qui maintient volontairement la population dans l'ignorance et la culpabilité Religieuse ici, mais encore partout cultivé (l'ignorance) de nos jours. Pour mieux contrôler les gens. Harvey utilise son roman comme tribune pour attaquer les piliers du pouvoir, à Québec. En temps réel (mais aussi faux à ses yeux). 

L'église catholique est présentée comme une force répressive. Elle censure (confirmé en temps réel) les nouvelles idées, diabolise la chair, et maintient les esprits sous une tutelle morale infantile. Elle étouffe l'art qui sort des cadres traditionnels, la littérature qui "pervertit" les esprits,  et interdit toute chose qui ne se conforme pas à son étroite vision.  La bourgeosie, classe dirigeante, est peinte comme matérialiste et lâche. Elle collabore avec le clergé par intérêt financier et politique. La culture de cette élite n'est qu'un vernis superficiel destiné à masquer son vide moral. Harvey, journaliste lui-même bientôt indépendant, dénonce la soumission des journaux face aux puissants. Les médias ne cherchent plus la vérité, ils protègent les intérêts de la classe dominante. 

Face à cette noirceur, Les Demi-Civilisés, que j'ai adapté en film au début des années 90, (mais toujours chez moi, jamais offert) est un plaidoyer vibrant pour l'émancipation. Harvey défend plusieurs valeurs modernes pour l'époque, la liberté de parole, l'amour libre et le corps qui ne serait plus un lieu de pêché, mais d'épanouissement inspirant, l'internationalisme et même un féminisme précoce chez Dorothée. Nous sommes en 1934. 

La réception du roman illustre parfaitement ce qu'il dénonce. Dès sa parution, en avril 1934, l'oeuvre suscite la fureur des autorités religieuses. Le cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve condamne officiellement le roman et son auteur. Il interdit aux fidèles de le lire, le posséder ou qu'il soit vendu. Sous peine de pêché grave. Harvey perd son poste comme rédacteur en chef du journal Le Soleil. Il sera ostracisé et harcelé par les critiques bien-pensants. Il subit une véritable mort sociale. 

Comme ou souhaite à tout l'entourage de Trump le plus rapidement possible.  

Le livre sera réévalué au début des années 60 et remis sur le marché en 1962. Y a beaucoup de rappel à ce qu'on vit en 2026. 

Ce merveilleux livre est très moderne pour son époque. 

Bonne fête Québec. 

Voilà 263 ans que tu es une province. 

Résiste au conservatisme. Modère.

Reste fier. 



mardi 23 juin 2026

Les Mauvais Choix de Dave

David Kroupa.

2012. On l'appelle Dave. Il a 35 ans, Il vient tout juste de séparer de sa conjointe des 12 dernières années, Amy, avec laquelle il avait eu 2 enfants. C'est le premier mauvais choix de ce mécanicien. Il y en aura d'autres. L'action se passera à Omaha, au Nebraska. Où Kroupa choisit d'y vivre sa nouvelle vie de célibataire, ce qu'il n'a pas été, depuis longtemps.

Il n'a pas envie d'engagement après 12 ans de vie commune, mais il n'a pas envie d'être seul non plus. Il tâte le marché des agents libres du coeur et fait la rencontre de Liz Goylar, une jeune femme aussi célibataire dont les deux enfants ont à peu près le même âge que les siens, ce qui créé vite un lien. Elle sa sa propre compagnie de ménage appelé Liz' Housekeeping. Et fait des ménages. Son vrai nom est Shawna Eizabeth Goylar, mais se fait appeler Liz. Dave lui dit très rapidement qu'il n'est pas intéressé par quelque chose de trop sérieux, pas d'engagement fixe ou d'obligations amoureuse, "J'ai envie de te faire du bien physiquement et vice-versa, ça te va ?". Liz accepte cet arrangement "d'amour libre".  On comprend ensemble qu'on peut fréquenter d'autres personnes, mais qu'on se retrouvera de temps à autres. Amoureusement aussi. 

6 mois passent ainsi quand Cari Farver vient faire réparer sa voiture au garage de Dave. Tout de suite, Dave a le coup de foudre. Cari a 37 ans, est aussi mère célibataire, d'un garçon de 14 ans. Elle est originaire de l'Iowa dans un petit village de 300 personnes et parle à sa mère Nancy tous les jours tellement elle en est proche. Souvent elles passent pour 2 soeurs. Brillante, elle travaille en informatique et excelle avec les chiffres et les ordinateurs. Tombée enceinte à 22 ans, ça n'a pas fonctionné avec le père, elle décide alors de se concentrer à devenir la meilleure mère possible et de travailler dans un autre État, le Nebraska. Mais élever un enfant seule, l'épuise et lui fait frôler la dépression, elle est diagnostique dès sa vingtaine comme bipolaire. 

Cari, dans la vingtaine
Dave la retrouve sur un site de rencontre et tout de suite la demande pour un souper ensemble. On s'entend merveilleusement bien et quand on retourne à l'appartement de Dave, tout juste avant de glisser au lit, Cari le stoppe et lui dit qu'elle ne tient pas à quelques chose de sérieux, si ils ont du sexe ensemble, ce n'est que ça, et rien d'autre, elle ne tient pas à s'engager trop sérieusement. Dave se dit qu'il vient de trouver l'affaire parfaite. Le même soir, dans le corridor du bloc appartement. Liz & Cari se croiseront. Sans complètement savoir qui sont l'une et l'autre pour Dave. 

Pendant 2 semaines ce triangle amoureux fait bon ménage. Cari doit travailler sur un gros projet à son boulot, qui se trouve plus près de l'appartement de Dave. Ce dernier lui propose alors d'emménager le temps du projet, mais sans plus. Pas à long terme. Ce qu'ils feront un temps. Elle travaille tard le soir parfois, c'est un gros projet dans une grosse firme. Un soir de novembre, elle lui texte qu'ils devraient finalement habiter ensemble. Ce qui amuse Dave. Ils avaient été clairs sur le sujet. C'était pas ce qu'on voulait faire. Dave le lui rappelle. 

Le ton change. 

Elle lui texte des colères majeures, lui dit qu'elle fréquente quelqu'un d'autre, ne veut plus jamais voir l'horrible personne qu'est Dave. 

(...) 

Plait-il ? Cette si intéressante femme devient soudainement cette boule de haine. Bipolarité ?

Quand Dave revient du travail. effectivement, elle a vidé l'appartement de ses affaires. 

Mais à partir du lendemain, il sera bombardé de messages haineux de sa part qui lui font dire que finalement, ce n'était pas une si bonne affaire si elle devait exploser ainsi. Cari texte à sa mère sa colère et lui dit qu'elle déménage au Kansas pour y faire une nouvelle vie. Ce qui est validé par son adolescent, maman a quitté pour le Kansas, il est assez grand pour se débrouiller seul un temps. Sa mère essaie de l'appeler, mais est elle-même très occupée, le demi-frère de Cari se marie et tous les arrangements leur font un peu briser la chaine d'appel quotidien. Mais quand sa mère l'appelle, jamais elle ne répond. Et on se dit qu'on la verra au mariage de toute manière. Mais au mariage, elle ne présente pas. Sa mère ne comprend pas. Elle alerte les autorités. Mais dès qu'on souligne qu'elle est bipolaire, on saute sur la chose et on dit qu'elle est une grande fille, qu'elle vit un épisode de crise probablement sans ses médicaments, tout reviendra comme avant. Elle communique par texto. Rien n'est pris au sérieux.

Dave, pendant ce temps, se fait continuellement harceler par texto. Et bientôt, Liz aussi. Des menaces, de la haine, de la rage. Elle leur dit des choses comme "je te vois, tu portes un gilet bleu" ou "ma chose préférée à faire est de t'espionner". Elle agresse par texto les femmes qu'il fréquente tous les jours. Bien entendu, ça le déstabilise et l'inquiète. Cari est très forte en informatique, elle trouve des moyens de les torturer de loin, virtuellement. Liz était particulièrement inquiète. Elles ne s'étaient que croisé dans le corridor, ne s'étaient jamais parlé. Dave se blâme d'avoir amené cette psychotique dans leurs vies. 

L'intérieur du garage de Liz sera vandalisé de graffitis haineux. Très inquiétant. L'intérieur. La voiture de Cari est retrouvée dans le stationnement de chez Dave. Il la livre à la police, aucune empreinte pertinente à l'intérieur. Le harcèlement persiste. "I hate you so much, I wanna drive a knife into your heart". Reçu en même temps, l'un en face de l'autre, Liz et Dave. Dérangeant. Quand ils se collent l'un sur l'autre, elle leur texte "Ce doit être si intéressant de se coller sur une telle pute!". Bouleversant. 

Dave reçoit une photo de Liz qui semble attachée et baillonnée d'un morceau de papier collant. Le message dit qu'elle est sous l'emprise de Cari et qu'elle pourrait désormais la tuer, ainsi soumise. Dave appelle aussitôt Liz qui lui confirme qu'elle n'est pas séquestrée et que ce cette femme est folle.  

En Iowa, on est pas au courant de tout ça. Une enquête sur sa disparition est mollement en cours, et la mère de Cari reçoit occasionnellement des textos, mais le strict minimum. Jamais d'appels. Cari se dit très occupée. À harceler, oui. La mère de Cari prend officiellement la garde de son ado, dont elle manque l'anniversaire, manque son propre anniversaire, les rencontres familiales importantes et manque même l'enterrement de son propre père.

Là, ça ne marche plus. "I am so sorry I missed the funeral". Sa mère ne croit plus en la virtuelle Cari. Elle lui dit qu'elle la croira seulement si elle l'appelle. Elle se fait répondre la même haine qu'à Dave et Liz, "Tu es un personne horrible, personne ne me comprend" Son fils lui demande alors de répondre à 3 questions, 1-quel est son second prénom 2- quel est le nom de leur premier chien 3- qui était mon meilleur ami, enfant.

Elle ne répondra pas. Elle répondra un long message sur Facebook disant qu'elle a répondu à assez de questions, elle en a assez, elle s'en pose tous les jours, elle vit des choses difficiles que personne ne comprend.

9 mois plus tard, la maison de Liz passe au feu, criminellement, ses enfants ne sont pas dans la maison, ni elle, mais leurs 2 chiens, leurs 2 chats et un serpent y passent. C'est l'horreur. Dave est démoralisé. 2 mois plus tard, le garage où travailles Dave est couvert de graffitis dont "Dave beats women", ce qui est faux. Un an de telles folies lui font acheter un fusil. Même Amy, la mère des enfants de Dave, reçoit des menaces virtuelles. Une brique détruira la vitre de chez Dave. 2 Enquêteurs choisissent de prendre les choses en mains. avec des yeux frais. Depuis 2 ans, les autorités sont molles autour de tout ça. Le premier détective doit prouver que Cari est morte, le second, qu'elle est vivante. Le second n'arrivera pas à prouver qu'elle est vivante.

Son compte en banque n'a pas bougé depuis 2 ans. Personne ne l'a vu ni ne lui a parlé. Elle est disparue pour vrai. Les textos ne lui ressemble pas Le ton, les fautes d'orthographes qu'elle ne ferait pas. Louche.

On prend les téléphones de tout le monde. Dave, Liz, et on découvre que Cari, en 2 ans, lui a envoyé plus de 15 000 messages par courriel et entre 25 et 50 000 textos. Mais dans le téléphone de Liz se trouve toute la vérité...On trouve d'ailleurs, le t.éléphone de Cari...chez Liz.

Les photos révèlent celles que "Cari" a envoyé. Dont celles où elle est prétendument attachée. Et on découvre qu'elle a appelé plusieurs fois Cari sous l'application *67 (qui masque le # de l'appelant, pour l'appelé(e)). Ne s'étaient elles pas simplement croisés dans un corridor ? Liz le "confirme" par la suite. Elles ne se connaissent pas. Ce que les enquêteurs ne croient plus. Sans lui dire, c'est Liz qui est sous enquête. Tout guide vers Liz. Une autre photo montre un pied tatoué qui est le tatou de Cari.  Les enquêteurs embarquent faussement dans la théorie de Liz que c'est Amy, l'ancienne femme de Dave, qui est la source de tout ça, pour la faire parler. Et se compromettre.    

Dave & Amy en de meilleurs jours
Liz prétend s'être fait tirer dans la cuisse par Amy. Avec le fusil disparu de Dave. Mais Amy a un alibi. Donc Liz se serait tiré dans sa propre jambe pour couvrir son mensonge. Aurait assassiner ses animaux de compagnie. Réussi à faire diffuser des messages avec un délai pour les recevoir en même temps que Dave. Et l'abrilller d'un alibi. A vandalisé sa propre maison qu'elle a brûlé. On découvre qu'elle a plus de 30 identités sur le net liées à elle. 

C'était probablement un travail à temps plein qui devait lui prendre quelques 40 heures par semaine à concocter. On fait croire à Liz qu'on a trouvé les restes de Cari. Liz dit qu'elle ne la connait pas. On a la preuve du contraire. Liz dirige vers Amy. Les enquêteurs jouent le jeu. "Fait admettre à Amy que c'est elle qui a fait tout ça" demandent-ils à Liz. Liz leur enverra un courriel "d'Amy" confessant. Donc l'adresse IP est directement liée à Liz. Ils demandent aussi à Amy de feindre de retourner vivre avec Dave, pour faire perdre la tête à Liz. En inspectant la voiture à nouveau, on découvre sous la fabrique di siège du passager, des traces de sang qui seront l'ADN de Cari. 

prison à vie

On lui présente toutes les évidences, dont le téléphone de Cari trouvé chez elle. Ce qu'elle nie (!?!). On l'arrête, la condamne, elle écope de la prison à vie. Est emprisonnée depuis 2017. 

Elle nie encore tout

Une désillusion cousine de la désillusion présidentielle actuelle.    

 Dave essaie de faire de meilleurs choix de nos jours. Apparemment.