Il fait autour de -11.
Peut-être que ça se trouve là, la mélancolie. Dans notre incroyable incapacité à accepter et/ou comprendre l'hiver comme la saison se présente, même si ça fait 492 ans qu'on a des hivers au Québec. Il semble chaque fois que ce soit la toute première fois qu'un hiver survient ici, chaque année. Les Québécois sont en efFROI.
Froid.
Le mot choisi était volontaire.
Ce qui a renforcé cette impression de désarroi, pour encore trop de Québécois, c'est la nouvelle mairesse Soraya Martinez Ferrada qui catastrophiquement géré la première journée de déneigement de 2026, dans la métropole. Mais c'est toujours un peu niais de s'en offusquer. Chaque nouvelle mairie compose toujours avec des affaires auxquelles ils n'ont jamais touché. Et ce fût le cas. Elle a appris. Sur le tas. De neige. La journée de jeudi dernier était épouvantable. Personne ne semblait savoir soudainement conduire.Je suis un bébé d'hiver. Du Super Bowl en général. Mes sports préférés sont l'hiver. J'adore l'hiver. Mes plus beaux souvenirs d'enfance sont l'hiver.
C'est ma seconde saison préférée après l'automne. Mes préférées, à partir de l'automne, sont dans l'ordre qu'elle se présentent. C'est d'ailleurs comme ça qu'il faudrait accepter l'hiver, comme on fait face aux animaux domestiques. Comme ils se présentent. Et la comparaison n'est pas gratuite. Elle est calculée. Il est vrai que plusieurs sont allergiques aux animaux domestiques. Mais ils/elles ne sont pas la majorité. J'ai hâte que les détesteurs d'hiver ne soient pas la majorité.
En me rendant à l'épicerie, je passais près de l'école primaire dans la rue. Dont la cour donne accès à un parc. Qui lui, offre deux patinoires, l'hiver. Une petite pour simplement patiner et une avec de bandes et des buts de hockey pour aussi y patiner mais jouer au hockey en équipe improvisées si souhaité.
Nos enfances de gens de 50 ans, c'était ça. Du matin au soir. Mon père nous faisait une patinoire sur le côté de la maison et les ami(e)s de la rue venaient y jouer au hockey. Ou patiner. C'était le bonheur. Quand mon père a pensé installer sur uen gouttière de la maison un "spot" de lumière pour la nuit, c'était le paradis. Après avoir joué toute la journée avec les ami(e)s de la rue, après le souper, j'y trainais une bonne partir de la soirée pour y incarner les joueurs des matchs imaginaires que je me jouais en tête. J'ai été Ron Françis, Mario Lemieux, Mark Messier, Peter Stastny, Wayne Gretzky, Steve Yzerman, Dale Hunter, absolument personne des Canadiens de Montréal. Ennemis jurés des Nordiques alors. J'étais sur cette patinoire du matin au soir. Oubliait souvent de diner. Et quand jouer tout seul devenait trop isolant, je me rendais à la patinoire publique en face du Steinberg (où étais-ce un Dominion?), où j'y avais acheté mes deux premiers 33 tours, dans un rayon, aux caisses, inquiétant mes parents sur le champs,. La patinoire était toute juste à côté de la station-service tabagie Le Frigo. La patinoire St-Martyr ? je ne sais plus. Mais je me rappelle très bien y jouer et constater qu'à force de patiner tout le temps comme ça et de jouer l'équivalent de 80 matchs moi aussi avec des inconnus qui devenaient des amis qui venaient aussi jouer chez moi, je devenais pas mal du tout. J'ai un souvenir magique où mon père était venu à ma rencontre à cette patinoire, un soir, chose qu'il ne faisait jamais, pour me dire qu'un club à un niveau plus élevé que le miene, dans une ligue organisée, voulait que je joue pour eux le lendemain. Je me rapelle l'effet que ça avait eu sur les gens autour de moi. Quelqu'un avait dit "C'est pour ça que tu nous torches sur la patinoire". Ce à quoi j'avais dit, "Non, c'est parce que je suis sur la patinoire très souvent, presque tout le temps". Ce qui avait rendu mon défunt père si fier. Il faisait -11 samedi. C'est rien au Québec -11. C'est un peu froid, mais si on bouge, c'est rien. On faisait beaucoup de ski à -20. On composait avec l'hiver. Je ne suis pas en train de dire qu'on était mieux à profiter du dehors. Avoir eu accès à la technologie d'aujourd'hui et aux jeux de gaming, on serait aussi restés chez nous les week-ends. Mais samedi dernier, j'ai eu un petit pincement en voyant le jeune garçon gratter la neige sur les deux patinoires du parc près de l'école.Patinoires vides.
Et de les revoir, au retour de l'épicerie, en début d'après-midi, encore vides de patineurs/joueurs de hockey.
Le jeune homme semblait bien seul avec son téléphone.Et devait rager secrètement de ne pas pouvoir "gamer" sur sa XBox One à surveiller un lieu de plaisance.
Sans plaisanciers.
J'ai pensé prendre mes patins et m'y rendre à pieds. Comme dans le temps, à Sillery.Mais j'aurais eu l'air du dad qui tiens à faire de blagues dans le party des jeunes.
Je suis resté chez moi et j'ai joué à la Switch avec notre fille, en congé.
Avec pour le jeune déblayeur de patinoires vides, une pensée.
-39 samedi qui s'en vient. Soyez prêts.