mercredi 15 juillet 2026

Crapuleux Crimes Contre les Osages

J'ai visionné Killers of the Flower Moon de Martin Scorsese, le week-end dernier. Martin manque de confiance avec l'âge. The Irishman: 3h29. Killers of the Flower Moon : 3h26.

 Les deux histoires, tirées de vraies, auraient pu être racontées en 1h30/1h40.  Et nous rentrer dedans encore plus fort. 

Le règne de la terreur contre la nation autochtone Osage, survenu au début des années 20 en Oklahoma, demeure l'une des conspirations criminelles les plus odieuses et les plus sombres et sanglantes de l'histoire sale des États-Unis. Ce complot à grande échelle ne visait pas que des individus isolés, mais cherchait à éradiquer de manière Israélienne méthodiquement des familles entières afin de s'emparer de leur richesses pétrolières. L'adaptation cinématographique du récit de David Grann, publié en 2017, met en lumière cette tragédie humaine, mais la réalité historique dépasse encore en cruauté ce que l'écran pouvait retenir. 

Pour comprendre la genèse de ces crimes crapuleux, il faut remonter au 19e siècle. Expulsée de ses terres ancestrales par le gouvernement des États-Unis, la tribu des Osages est forcée d'acheter une réserve dans le Nord-Est de l'Oklahoma. Ce territoire jugé aride et incultivable par les autorités blanches, cachait l'un des plus grands gisement de pétrole du pays. 

Au tournant au XXe siècle, la situation bascule. La découverte de l'or noir transforme radicalement la situation financière de la tribu. En 1906, La loi d'attribution des terres Osages introduit un concept juridique unique : "les droits de succession pétrolière". Ces droits stipulaient que les revenus issus des concessions pétrolières étaient répartis également entre les membres inscrits de la tribu. Plus important encore, ces droits étaient incessibles, c'est-à-dire qu'il ne pouvaient être ni vendus, ni achetés, mais uniquement transmis par héritage. 

Familial. 

Au début des années 20, la communauté Osage en Oklahoma, devient, par habitant, l'une des plus riches au monde entier. Les redevances pétrolières rapportent des millions de dollars. DANS LES ANNÉES 20!

Les familles Osages affichent un train de vie fastueux qui suscite la jalousie et la convoitise féroce de la population blanche environnante. Ils achètent cette récente invention qu'est la voiture, mais ils achètent les plus beaux modèles. Il se font construire des maisons opulentes et emploient même, des domestiques blancs. Cette immense fortune engendre immédiatement un racisme systémique institutionalisé. Jugeant les autochtones "incapables" de gérer de telles sommes d'argent, le Congrès des É-U vote une loi discriminatoire dès 1921. Cette loi impose à chaque Osage jugé de "sang-pur",  un tuteur blanc, souvent choisi parmi les "élites" comme les avocats, les hommes d'affaires, les notables locaux. La classe Epstein de 1921. 

Ce système de tutelle ouvre grand les portes à une corruption généralisée. Les tuteurs contrôlent totalement les comptes bancaires et leurs administrés., limitant leur accès à leur propre argent.

Ils surfacturent les biens, détournent massivement des fonds et maintiennent les Osages dans une dépendance financière totale. Pire encore, ce système créé une incitation directe au meurtre. Si un Osage venait à mourir, sans héritier direct autochtone, ses droits pétroliers pouvaient être légués à son conjoint/sa conjointe blanc/ blanche. Ou gérés entièrement par son tuteur. Blanc. Souvent cet homme était les deux. Mari opportuniste et tuteur. 

C'est dans ce contexte de spoliation légale que débute l'horreur contre les Osages. Dès 1921. Le plan des conspirateurs blancs est simple. épouser des femmes Osages, éliminer méthodiquement tous les membres de leur famille, pour centraliser les droits pétroliers sur une seule tête, puis assassiner cette dernière personne pour capter l'héritage. 

Le film nous présente un "roi" manipulateur, qui a existé pour vrai (photo à gauche) qui accueille son neveu revenu de la Première Guerre Mondiale,  et le pousse à épouser une Osage, afin d'exterminer un à un, les membres de cette famille. Avec l'aide de nombreux complices blancs. Dont les travailleurs de la santé qui ont le pouvoir de subtilement, accélérer la mort...

Incendies dans la nuit, dépressif à qui on met un fusil dans la main après lui avoir mis une balle dans le front pour que ce soit cohérent avec un "suicide", empoisonnements, "accidents soudains", passagers "tombés d'un balcon ou d'un train",  accidents de voitures toujours tombés dans un ravin et sans jamais d'autopsie, les meurtres hâtifs se multiplient tant que ça attirera l'attention du tout nouveau Bureau of Investigation, futur FBI, dont le jeune patron, J.Edgar Hoover, en fait une de ses premières grandes enquêtes. 

Hoover ne sera pas toujours une ordure. Surtout à ses débuts. 

Les forces de l'ordre, les juges, les médecins, la classe Epstein, sont directement impliqués dans les complots. Tout le monde se protège pour le blanc bien commun. Les enquêteurs du FBI s'imposent quand les enquêteurs Osages, meurent les uns après les autres. Étrangement tous avant l'heure où on les penseraient morts. L'affaire traitée par Grann & Scorsese est survenue pour vraie, et est le résultat de l'enquête du FBI sur ce que je vous raconte. 

Bien que les coupables héritent de la prison à vie, ils seront tous libérés "pour bonne conduite" quelques décennies plus loin. Au grand dam des Osages. Privilège blanc oblige. 

Le bilan s'estime à autour d'une soixantaine de morts avant qu'on mette le doigt sur le cancer interne. La cicatrice sera majeure. Entre 1910 et 1930, sous une fausse acceptation de la situation des riches autochtones, on dit qu'une centaine de morts autochtones suspectes ou inexpliquées sont survenues. 

La cupidité coloniale ne date pas d'hier.

La décimation de lignée entière aura traumatisé à jamais l'histoire de la nation Osage, rappelant le coût humain effroyable d'une cupidité encore extraordinairement vivante en 2026.

Les horreurs des États-Unis contre leur propre citoyens ne datent pas d'hier non plus. 

L'ennemi a toujours été à l'intérieur. 

mardi 14 juillet 2026

Délices de la Beauté Française

Hier je vous parlais de la laideur américaine.

Aujourd'hui, concentrons nous sur la beauté.

Française. Non pas Léa Seydoux, Emmanuelle Béart ou Isabelle Huppert. Pas la beauté primaire au simple regard.

La beauté sonore de la France. 

Et comme la France a 1545 ans aujourd'hui, les 15 meilleures chansons (15 x45 tours) selon moi.

Subjectivement vôtre.

D'un plouc d'Amérique.

Par ordre de création:

Il n'y a Pas d'Amour Heureux - George Brassens 1953.

À l'origine un poème de Louis d'Aragon, cette oeuvre magistrale mise en musique par Brassens explore la fragilité et la douleur inhérentes aux sentiments humains. Barbara & Françoise Hardy l'ont aussi reprise. La chanson exprime avec mélancolie l'idée que le véritable amour est indissociable de la souffrance et des épreuves du temps. 

Le Déserteur- Boris Vian 1954.

Écrite en pleine guerre d'Indochine, ce chef d'oeuvre antimilitariste prends la forme d'une lettre ouverte adressée à "Monsieur le Président" par un homme refusant de partir au front. Longtemps censurée parce que contreproductive pour le recrutement, et radicalement pacifiste, ce morceau est devenu un hymne international francophone contre l'absurdité guerrière. 

La Chanson de Prévert. Serge Gainbourg. 1961.

En s'inspirant des Feuilles Mortes de Jacques Prévert, Gainsbourg signe un titre mélancolique d'une immense délicatesse sur la nostalgie des amours perdues. C'est l'un des premiers grands succès français qui utilise le prétexte d'une chanson en souvenir d'une autre, afin d'évoquer le temps qui passe.  

La Javanaise - Juliette Gréco. 1963.

Chantée par la grande Juliette, la chanson était signée Serge Gainsbourg, qui n'avait pas fini de signer des succès pour lui-même et pour les autres. Serge est un monument de la chanson française. Greco aussi. On utilise ici le style de danse "Java" et l'utilisation de l'argot javanais pour raconter, avec une élégance poétique infinie, une liaison amoureuse aussi brève que passionnée.  

La Bohème - Charles Aznavour 1965.

Portrait nostalgique de la jeunesse artistique de Montmartre, fauchée mais heureuse et libre. Porté par une interprétation théâtrale et vibrante, le morceau est devenu l'hymne universel d'une époque révolue et le plus grand succès international du grand (mais aussi petit) Charles. 

Ni Dieu, Ni Maitre. Léo Ferré. 1965.

Inspiré de la célèbre devise de l'anarchiste Auguste Blanqui, ce cri viscéral pour la liberté individuelle et le refus des autorités me parle immensément. Et les harmonies me touchent beaucoup. À travers une interprétation habitée et un texte d'une violence poétique rare, Ferré fustige notamment la peine de mort et l'oppression religieuse ou politique. 

La Chanson des Vieux Amants. Jacques Brel, 1967.

Monument de tendresse qui dresse le bilan d'un amour mûr, qui a survécu à 20 ans de tempêtes, d'orages et d'infidélités. L'écriture bouleversante de Brel sublime la routine et l'usure du temps, célébrant la triomphe de la complicité d'un couple sur la passion destructrice des débuts. 

Comme d'Habitude - Claude François. 1967.

Inspirée de sa rupture avec France Gall, cette oeuvre inspirera Frank Sinatra, Elvis Presley,. David Bowie et Sid Vicious. Parmi tant d'autres. Froide lucidité sur le quotidien d'un couple qui ne s'aime plus. 

La Quête. Jacques Brel.1968.

Adaptée de la comédie musicale Étatsunienne L'Homme de la Manche, cette chanson est le testament poétique ultime du courage et de l'idéalisme. À travers la figure de Don Quichotte, Brel y chante avec une force et une intensité théâtrale uniques l'importance de poursuivre ses rêves, mêmes les plus fous, même lorsque jugés, inaccessibles.  

Il est 5h, Paris s'Éveille.  Jacques Dutronc. 1968.

Le rouquin Jacques capture la transition poétique de la capitale entre la fin de la nuit et l'aube, au rythme de la célèbre flûte traversière de Jean-Pierre Rampal. Co-écrite avec Jacques Lanzmann, le texte oppose les fêtards fatigués de la veille, aux travailleurs matinaux des rues de la ville, pour brosser le portrait unique de la vie parisienne.

Le Sud- Nino Ferrer 1975.

Initialement écrite en anglais, cette ballade nostalgique évoque avec mélancolie le souvenir d'un paradis perdu, inspiré par la maison d'enfance de l'artiste en Italie et sa vie en Nouvelle-Calédonie. Porté par une mélodie chaleureuse et planante, ce morceau est devenu l'hymne intemporel de la douceur de vivre et du temps qui s'arrête. 

Mistral Gagnant -Renaud 1985

Ballade intimiste au piano et déclaration d'amour bouleversante d'un père à sa fille, Lolita, face au temps qui s'envole. En évoquant les bonbons disparus de son enfance, Renaud y chante la nostalgie de l'innocence avec une tendresse et une poésie universelles qui ont ému des générations de Français. 

Foule Sentimentale. Alain Souchon. 1993.

Morceau phare de la chanson pop française, critique douce-amère de la société de consommation qui pousse au matérialisme et la superficialité, à travers des paroles d'une grande sensibilité, Alain rappelle notre besoin viscéral d'amour, de poésie et d'idéal face aux illusions de la télévision et de la publicité.

10 Heures en Été. Françoise Hardy. 1996. 

Chanson envoûtante inspirée d'un roman de Marguerite Duras, co-composée avec Rodolphe Burger, chante l'été à l'automne de sa vie, la belle Françoise utilise la métaphore d'un orage d'été dévastateur pour peindre avec gravité la tension, le chaos et la fin imminente d'une histoire d'amour. Sensuel.

L'Horizon. Dominique A.. 2006.

Chanson magistrale, en crescendo, déployant une atmosphère à la fois épurée, et d'une énorme puissance rock. La paysage marin est aussi le mien, issu d'une famille de marins Irlandais portés sur la mer. La mer, symbole incontestable de toutes la liberté, de toutes les possibilités. Dominique A. y chante la fuite du temps, la quête d'absolu, le besoin vital d'espace pour réinventer sa propre existence.

La France a tant d'histoire, impossible de ne faire que 15 sans omettre des tonnes d'autres.

Ne serais-ce que les génies de la musique classique comme Berlioz, Ravel, Fauré, DeBussy, Satie ou Saint-Saëns. Et sans Piaf, le reste est possible ? Et L'Accord Parfait d'Autour de Lucie, 1994, parabole subtile du bonheur ?  AAAAAAAAAAAAArrgh!

Je vous ferai, d'ici la fin de l'année, mes préférées des 20 dernières années, issues de la 5e République.

Entre cousins, malgré les griffes occasionnelles, on s'aime bien.

C'est mon vote pour le Mondial. L'Angleterre a un capitaine ami de l'ennemi mondial Trump, l'Argentine est favorisée par la triche, l'Espagne, ben non pas l'Espagne, LA FRANCE!. 

Le match a lieu aujourd'hui à 15h, heure d'ici. ALLEZ LE 11 FRANÇAIS !!!! 

C'est le jour parfait pour en sortir fier. Même à l'étranger. 

Oh et du coup, bonne fête, encore. 

lundi 13 juillet 2026

Le Malaise de la Beauté Étatsunienne

Il y a des choses qui vieillissent plutôt mal.

Quand Patti Smith a chanté son excellent chanson Rock'n Roll N..., le dernier mot de ce titre, qui est le refrain, était bien le mot en N qu'il fallait cesser d'utiliser. Celui qui parle de la couleur (réelle) de certaines peaux humaines. C'était 1978 et Smith ne voulait pas parler de la race autant que de l'aspect marginalisé des artistes, des rebelles, des exclus de la société. Ce n'était pas 100% habile. La chanson a discrètement été retirée des plateformes de diffusion en 2022, mais reste disponible sur les CD ou les copies de 33 tours originaux. Elle ne la joue jamais en spectacle aussi. Consciente que les époques ont changé. 

Les auteurs sudistes du passé des États-Unis, Harper Lee, John Steinbeck, William Faulkner, Mark Twain (bien que ce dernier ne soit pas issu du Sud) ont tous vu leurs brillantes oeuvres être retirées des lectures obligatoires dans les écoles des États-Unis. Certaines éditions ont remplacé le mot par le mot esclave. Jusqu'à près de 220 fois pour Mark Twain, dans un seul livre. Les moins brillants ont tout simplement banni le livre au lieu d'en choisir les copies qui ont fait des éditions modernes avec un N*** partout où c'est nécessaire. 

Mark Knopfler, chanteur de Dire Straits, chantait "The little faggot got his own jet airplane, the little faggot is a millionaire" sur le plus grand hit du band. Mais 2 mois après la sortie de l'album, il chantait déjà the little maggot (larve) et continuera de le faire tout sa carrière. Il a corrigé aussitôt son récit d'ouvriers enviant les riches gens chez qui ils travaillent, avec le nouveau regard que les gens commençaient à porter sur les homosexuels et le SIDA qui pointait son horrible tête. 

Elvis Costello a aussi été forcé de réécrire un passage de Oliver's Army, Only takes one itchy trigger, one more widow, one less white N*** qui faisait référence à l'armée britannique qui, dans son conflit Nord-Irlandais, voulait rabaisser les catholiques en les appelant ainsi. Comme l'attention n'était plus sur la cruauté militaire, il a choisi d'en changer les paroles par one more widow, another pallbearer

 

Avec la mort de Bonnie Tyler récente, le vidéo de son plus grand succès, Total Eclipse of the Heart, a recommencé à circuler et ça m'a rappelé deux choses. 1- Bonnie est la pire actrice du globe pour jouer le surprise/l'étonnement 2- Il y a malaise quand on voit une femme de 31 ou 32 ans, flirter avec ce qui semble être un étudiant de 15-17 ans. Mais ça peut toujours se défendre. Au collège, on a entre 18 et 22 ans. Il est peut-être collégien. Et l'acteur qui le joue, est visiblement majeur.  


Knopfler est Britannique. Costello. Irlando-Britannique et Tyler était Galloise. C'est en pensant à American Beauty, excellent premier film de Sam Mendes, 5 fois Oscarisé, que le malaise est devenu plus grand. Il a été lancé en 1999. Il y a 27 ans. Tout est des É-U autour de ce film.    

Dans son rapport avec aujourd'hui, il y a profond malaise. 

Le premier niveau d'inconfort vient du télescopage direct entre le personnage et l'acteur. Kevin Spacey incarne Lester Burnham, père de famille en pleine crise de la quarantaine, obsédé sexuellement par Angela, une amie mineure de sa fille adolescente. En 2017, la vague #MeToo a mis en lumière de nombreuses accusations d'agressions sexuelles et de harcèlement contre Spacey, plusieurs impliquant de jeunes hommes, alors mineurs. 

Le second niveau d'inconfort nait de cet effet sociétal, aux États-Unis, qui protège actuellement un lot de prédateurs indéterminés, en position d'influence, qu'on soupçonne tous pédophiles.

Depuis Lolita de Vladimir Nabokov, en 1955, une sorte de banalisation de l'attirance pour les mineures a semblé favoriser la pédocriminalité actuelle. Impunie. Et Mendes, et Alan Ball, son scénariste, ont dit que de nos jours, on ne pourrait pas présenter cette idée et tourner ce film. En tout cas pas de la même manière. 

Dans American Beauty, il y a cette scène qui est le vrai sujet du film. Qui en fait toute sa beauté. Le personnage du fils du voisin de Burnham explique un vidéo qu'il a tourné d'un sac qui vole au vent, à la fille de Burnham. Il conclut que "Parfois, il y a tellement de beauté dans le monde, que j'ai l'impression que je ne peux pas la supporter, et que mon coeur est simplement sur le point de lâcher. 

Je vis le contraire en ce moment en pensant aux États-Unis. Je vis la laideur dans le monde.

Les États-Unis ont tant de beau à offrir mais on semble n'en retenir qu'une malsaine laideur.

Quand j'ai appris que Lindsey Graham, 71 ans, idiot utile au pédoprésident après avoir juré être son ennemi absolu, était décédé, je n'ai pas cherché à savoir de quoi ou comment ou même à ;ire sur sa triste vie. 


Je me suis contenté de penser "Parfait, un de moins"

Et je me suis trouvé laid.   

On a plutôt tous envie de voir la plus belle chose qu'on ai jamais sentie.

Dès aujourd'hui.   

dimanche 12 juillet 2026

Une Année Madonna

Musicalement je ne suis pas immense fan de Madonna. 

Mais je reconnais tout ce qu'elle a accompli dans le monde de la présentation musicale. Elle a décomplexé les femmes par rapport à leurs envies sexuelles, en a surcomplexé des milliers d'autres, et est passée dans le monde visuel et auditif au beau moment. Elle a marqué de toutes les manières possibles. 

Luisa Maria Ciccone n'a jamais aimé être mise de côté dans l'attention publique. Il y a 21 ans, elle lançait Confesssions on a Dance Floor qui revisitait le disco et le dance, et lui faisait faire équipe avec Stuart Price. 

Après les retours récents de Depeche Mode, Duran Duran, The Cure, U2, Rush en tournée et une semaine jour pour jour avant les Rolling Stones, voilà que la Madonne refait un tour de piste de danse avec Confessions II, qu'elle lançait le 3 juillet dernier, refaisant équipe avec Stuart Price. Elle avait tricoté 9 autres albums entre 2006 et 2019, avec majoritairement d'autres bidouilleurs musicaux. Je ne suis pas géant fan de sa musique, mais j'ai une liste de lecture d'1h29 sur mon téléphone. Qui pourrait regrossir si je revisite comme je vous le propose. Une durée raisonnable pour une artiste qui ne l'a (heureusement) pas toujours été. Sur son dernier effort, sa propre fille Lola Leon, Sabrina Carpenter et Stromae font des apparitions. 

Je suis conscient que je ne dois pas strictement vous parler de ce qui me plait, ici. Je le fais souvent d'ailleurs,  je parle constamment de ce qui me déplait (en Amérique du Nord ou ailleurs).  Je n'aime pas que Madonna tente de défier le temps en se surplastifiant le visage. Je trouve dommage. Mais je peux comprendre, quand on vit de son image...

Je vous proposes un 2026 tout en Madonna. Je sais, je sais, je sais, ça aurait été plus simple dès janvier, avant le 7e mois de l'année, mais c'est cette semaine que j'y ai pensé. Et c'est du concept. 12 albums, 12 mois. J'ai fait ça avec U2 et avec Kubrick par le passé. (Il me semble) 12 mois de Madonna, selon moi.

Janvier rebelle.

Rebel Heart (2015)

Étonnamment candide et tard dans sa carrière, croisant vulnérabilité avec une sorte d'acharnement sonique, un côté taureau qui fonce qu'elle a eu pas mal toute sa carrière, ce 13e album s'assume pleinement. Elle a même un morceau, peut-être inspirée de la frenchée Britney, qui s'appelle Bitch, I'm Madonna. Co-produit par Diplo, Sophie Xeon, Avicci et Kanye West et avec comme invité(e)s, Mike Tyson Nicki Minaj, Nas et Chance The Rapper.    

Février filmé. 

MDNA (2012)

Conçu et enregistré pendant le tournage de son premier long métrage comme réalisatrice, les producteurs sont multiples en Alle & Benny Benassi, Demolition Crew, Free School, Micheal Malih, Indiigo, William Orbit, Martin Solveig. M.I.A et Nicki Minaj y font des présences. Osée musique dance électronique, pop encore très assumée. 

Mars bédéesque.

I'm Breathless (1990)

Cette musique inspirée du film Dick Tracy, dans lequel elle tournait avec son Adonis d'alors, Warren Beatty, était un détour assisté de Stephen Sondheim, aux arrangements et à la production, un essai hors de la musique pop qui offrira quand même un immense morceau mondial. Une de ses immortelles.

Avril disco.

Confessions on a Dance Floor (2005)

Oui, Abba emprunté. Album absolument conçu pour les clubs de danse. Deux décennies plus tard, son single où elle emprunte au groupe Suédois reste un de ses plus rassembleurs. Intergénérationnel. Et ne peut que donner envie de taper du pied.

Mai maverick.

Music (2000)

À mon avis, un de ses meilleurs efforts musical. Son 8e album lui fait jouer de la guitare comme une grande. William Orbit était alors au sommet de son art de producteur/arrangeur. Mirwais Ahmadzaï y est aussi pour beaucoup à la programmation, aux guitares et aux claviers. Michel Colombier fait aussi des arrangements. Madonna se réinvente de manière lisse et tout à fait à la hauteur des musiciens auteurs compositeurs de tous sexes. 

Juin sexy.

Erotica (1992)

Lancé en même temps qu'elle faisait sa promotion de son livre érotique Sex, elle est à son plus défiant et plus provocateur alors, enveloppant cet album d'une sexualité certaine, taboue, cool, house-pop assez minimal, sensuel assurément, sexe et romance au temps du SIDA, multiples kinks, et homophobie sont traités comme sujets. LL Cool J et Kool & The Gang seront échantillonés et Shep Pettibone et Andrew Betts y signent leurs empreintes de producteurs/compositeurs. 

Juillet bleu.

True Blue (1986)

Nancy voulait me faire plaisir, à 14 ans et à mon anniversaire, m'avait donné cette cassette (er celle d'Europe). Elle savait se me faire plaisir de bien des manières. Son sommet commercial avec pas moins de 5 hits sur 9 morceaux. Dont une de mes préférées, sinon ma préférée de la Madonne, pour le film dans lequel jouait son chum Sean, son frère Chris et Christopher Walken. Album ensoleillé comme l'été. 

Août lumineux.

Ray of Light (1998)

La maternité (1996) et le style électronica a réinventé Madonna complètement. Travaillant avec William Orbit, trip hop, électronique, techno-pop. new age se croiseront. Madonna embrasse la spiritualité hindouiste et le bouddhisme tout en pratiquant le yoga Ashtanga. Babyface et Patrick Leonard commence l'album avec elle avant qu'Orbit ne s'impose par son talent. Plusieurs considèrent cet album comme son meilleur. 

Septembre dans la chambre.

Bedtime Stories (1994)

Volontairement plus doux suite aux bruits causés par son livre et son disque érotique et ses rôles très sexuels, au cinéma, elle infuse un peu plus de swing, co-écrit la chanson titre avec Björk, travaille avec Herbie Hancock et encore Babyface. R & B & pop gomme baloune.

Octobre sobre.

Like a Prayer (1989)

L'album qui pour plusieurs, a fait passer Madonna la star pop était transformée en Madonna l'artiste. Elle mêle gospel, rock, confessions multiples, foi, famille, sexe et profondeur innocente et assumée. Plusieurs considèrent que c'est son premier grand album.

Novembre ambre.

Madonna (1983)

Où tout a commencé sur les pistes de danse et dans les clubs. Déjà, à 24 ans, elle montrait un instinct pop naturel, doublé d'une présence vidéo, vite stratégiquement utilisée. Ou tout à fait naturelle. Madonna, peu importe ce qu'on en pense à beaucoup fait pour la confiance féminine, les homosexuels et l'acceptation de tabous mondiaux. Dangereuse pour certain(e)s, mais encore docile, en 1983.  

Décembre cambre.

Like a Virgin (1984)

L'album qui l'a mondialement lancée. La production de Nile Rodgers le plaçait lui aussi au sommet des producteurs recherchés après ses consécutifs succès avec David Bowie, Duran Duran et INXS. Ce nouvel éclat brillant nous présentait à la fois innocence et provocation. Brouillon de ce qui allait suivre. 

Inoubliable pour l'ado de 12 ans que j'étais. 

En route pour un pèlerinage pop, volontaire ou non. 

12 mois pour faire la paix avec celle qui refuse de vieillir, mais qui refuse surtout de se taire.  

Sortez vos justaucorps, le reste de cette année pourrait s'annoncer longue, mais diablement rythmée.

Peut-être, étonnamment, plus sexuelle...

Pas pour rien que Prince a aussi travaillé avec elle...