On ne fait qu'y enseigner, on y fait du soutien psychosocial à temps plein.
Après 3 années de guerre dévastatrice et d'interruption quasi totale de la scolarité, des miliers d'enfants reprennent progressivement le chemin de l'apprentissage en présentiel. Orchestrée par le ministère palestinien de l'Éducation, l'UNRWA et l'UNICEF, cette rentrée ne ressemble en rien aux précédentes. Elle ne se déroule pas dans des salles de classes ordonnées mais au milieu des décombres, sous des tentes de fortune et au rythme persistant des alertes de sécurité. Plus qu'une simple reprise administrative, ce retour à l'école est un acte de résllience culturelle et humaine. Ces gens qui n'existent pas du point de vue Juif, vivent dans un paysage éducatif en ruines.Le principal défi de cette rentrée réside dans l'anéantissement presque total des infrastructures. Selon les données officielles du ministère palestinien de l'Éducation, environ 95% des bâtiments scolaires de l'enclave ont subi des dommages depuis le début de la guerre. Plus dramatique encore, près de 85% d'entre eux sont totalement hors service, pulvérisés par les bombardements des barbares Étatsuno-Israëliens, ou structurellement devenus dangereux par la fragilisation guerrière pour accueillir quiconque. Avant le conflit, l' UNRWA gérait à elle seule 182 écoles équipées pour les réfugié(e)s; la quasi totalité de ce patrimoine a été rayée de la carte comme Israël semble vouloir effacer la Palestine ou endommagée.Pour les structures qui tiennent encore debout, la réalité n'est guère plus simple. Les rares bâtiments épargnés ou partiellement réhabilités servent d'abris d'urgence pour les centaines de milliers de civils déplacés à l'intérieur de la bande de Gaza. Les écoles encore plus fonctionnelles doivent donc cohabiter: une aile accueille des salles de classe improvisées, tandis que la cour et les autres pièces hébergent des familles entières vivant dans une promiscuité extrême.
Afin de pallier ce manque d'espace, les autorités éducatives et les ONG ont dû innover en installant des espaces d'apprentissages temporaires (EAT) sous des tentes. Des écoles entières, à l'image de l'école Ahbab Shujayea située près du port de Gaza City, renaissent ainsi. sous des toiles de plastique et de toile usées. Dans ses structures de fortune, les conditions climatiques sont éprouvantes. L'air y est étouffant en raison du manque de ventilation, et la perpective de l'hiver fait craindre le froid et les inondations.
Au delà des murs, ce sont les outils les plus élémentaires de l'écolier qui font cruellement défaut. Tout au long de la guerre, l'entrée des fournitures scolaires de base- cahiers, stylos, manuels cartables - a été soumise à de sévères restrictions humanitaires. Bien que l'UNICEF ait tenté d'acheminer des convois massifs de matériel dans le cadre de son programme d'urgence appelé "Retour à l'école". De nombreuses cargaisons contenant de la papeterie ont été bloquées aux points de passage par les criminels de guerre. La débrouillardise est donc de mise. Puisqu'il y a absence de mobilier, il n'y a ni bureaux, ni chaises, les élèves des cycles primaires s'asseyent par terre, sérrés les uns contre les autres. Faute de cahiers, les enfants écrivent sur des morceaux de carton de récupération ou de vieux papiers recyclés. Un seul crayon peut-être partagé par plusieurs élèves au cours d'une même leçon. Les enseignants utilisent quand à eux de minuscules tableaux noirs suspendus aux piquets des tentes pour dispenser leur cours. Les enfants se rendent ainsi à l'école sans uniforme, sans chaussures cirées, marchant parfois pieds nus ou avec des sandales usées au travers des rues dévastées et encombrées de détritus et de gravats. Résistance et espoir forcent l'amiration.C'est une génération entière traumatisée qu'on tente d'exterminer qui est à reconstruire. On leur apprend ce que le monde entier refuse de complètement confirmer: Qu-est-ce qu'un génocide. `
Par la pratique.
Forcée depuis au moins 1967 dans un monde volontairement complice et aveugle.



























