mercredi 14 janvier 2026

10 Mensonges Allemands, 10 mensonges Étatsuniens

10 mensonges que les Allemands se sont fait raconter par le gouvernement, 10 mensonges que les États-Unis se font raconter par leur gouvernement.

1- La violence politique est patriotique.

En 1923, Hitler et ses acolytes Nazis, Göring, Himmler, Röhm, Hess, Streicher se réunissent à la Bürgerbräukeller dans le but de renverser par la force le gouvernement en place. Ça s'appellera le bierhallputsch et ce sera un absolu échec qui enverra Hitler en prison. Pas assez longtemps. Le coup raté à Munich sera rebaptisé par les Nazis au pouvoir par la "noble défiance".  La violence devenait honorable.

EXACTEMENT comme la tentative d'insurrection près d'un siècle plus tard, le 6 janvier 2021, au Capitol de Washington. 

Une invasion mortelle tourne à la violence mais on qualifiera cette tentative de coup par une manifestation pacifique, on parlera même d'un "jour d'amour"  "a beautiful day", Les voyous envahisseurs sont déclarés "patriotes" pas décimeurs de démocratie. 16 000 d'entre eux seront pardonnés par le président criminel. Et une large part réengagée dans le groupe de terrorisme intérieur, ICE.  Sans qualifications. 

2- Les agressions amènent la splendeur nationale. 

Les Nazis ont taillé en pièces et jamais reconnu les lois internationales clamant que les invasions allaient rétablir la fierté nationale et dans le même argumentaire appelait de manière illégale ses gestes, des cas de sécurité nationale.

EXACTEMENT comme l'enlèvement du dictateur Maduro, au Venezuela, sans autorisation internationale d'invasion et de renversement, resrtuctructurant narrativement l'intervention comme la bonne chose à faire. Alors que ce qui ne plaisait pas au gouvernement des États-Unis, est que le pétrole ne lui était pas assez exclusif dans les affaires pétrolières vénézueliennes. 

3-Les juges et les opposants sont les ennemis.

Autant chez les Nazis que chez les Républicains les cours de justice indépendantes et les politiciens et activistes de l'opposition sont très activement vilainisé(e)s.  Ils/elles sont aussi très régulièrement présenté(e)s comme des menaces à la nation. Les juges respectant la loi sont considérés comme "non loyaux". L'indépendance n'est plus neutre mais maintenant une nouvelle arme de polarisation. 

4-Les médias sont vos ennemis.

Josef Goebbels, le chef de la propagande nazie, a appris aux Allemands à méprisé et haïr le journalisme, qu'il a accusé de manipuler la vérité. De nos jours, discréditer les nouvelles en les qualifiant de "fake" ou de "traitrise" est de bon ton pour le/la non éduqué(e). Faire de l'information objective quelque chose auquel il ne faut pas faire confiance confirme que la première chose en temps de guerre (moralement, l'Amérique l'est) qui meurt est la vérité. Laissant le champs libre à la propagande. On le voit dans l'assassinat de Renée Goode. toute voix conservatrice parle de justification de meurtre et de manipulation médiatique malgré ce qu'on a TOUS vu. 

5-Nous sommes victimes de conspirations.

Les nazis allemands ont exposé l'idée qu'une vaste communauté internationale et locale Bolchévico-juive minait le destin allemand et la pureté de la race allemande. 

EXACTEMENT comme les dictateurs en puissance Trump/Vance/Miller & Co. qui parlent des "États-profonds" accusant les inexistants saboteurs de la race pure (blanche et mâle) tout en faisant dévier le niveau de responsabilité sociale.

6-Les gens d'ailleurs sont une menace mortelle.

Le 3e Reich parlait des gens de races étrangères, des différentes ethnies, les dépeignant parasites. Dépravant le sang de la nation.

EXACTEMENT comme tout ce qu'on invente sur les migrants des années 2020. Qui viendraient nous remplacer entièrement. Qui détruiraient la société. C'est une politique raciste dans le prisme de la conspiration des immigrants qui mangent de chiens et des chats. 

Et-ils-ont-quand-même-voté-pour-ça.

7-La répression ne fait que préserver l'ordre.

Les SS (Schutzstaffel) et les SA (Sturmabteilung) étaient des ailes paramiltaires nazies qui allaient obéir au gouvernement et non à la loi, aveuglément, par loyauté. Ils étaient présentés comme "protecteurs" et non agresseurs.

EXACTEMENT comme les Kyle Rittenhouse armés convaincus de la menace d'une pancarte en faveur de la vie des gens à la peau noire et qui tue impunément des gens qui tentent de le désarmer parce qu'inutilement dangereux ou comme ce qui vient de se produire à Minneapolis, défendu par ce qu'il y a de plus vil en l'humain en Amérique du Nord, et qui sévit au pouvoir. Le meurtre est excusé par le "maintien de l'ordre". Même si le désordre restait bénin. Et enveloppé d'un doux "je ne suis pas fâchée contre toi". C'est un mensonge répété dans toutes les dictatures. La répression est nécessaire. Auteurs de crimes comme sauveurs. 

8-La loyauté surpasse l'expertise.

Purger les intellectuels et les travailleurs du gouvernement, les inspecteurs et les juges, le département de la "justice" au complet,  remplacer tout ça par des loyalistes qui vous obéiront au doigt et à l'oeil. Institutions vides de l'intérieur, mais au bouclier du parti, Des systèmes construit afin de rendre des comptes. réduit à des instruments d'obéissance. Nazis et gouvernement actuels des États-Unis ont tenu ce discours.

9-Les interventions d'urgence sont essentielles.

TOUS les autocrates mettent en scène des crises duquel ils pourront "sauver" le peuple. Parce que naturellement ils n'y arriveraient pas. Comme quelqu'un qui mettrait le feu à la maison de son voisin en cachette pour ensuite l'éteindre héroïquement. on fabrique de l'héroïsme cheap. 

La loi des pleins pouvoirs de 1933 est un exemple allemand.  Toutes les exceptions gouvernementales actuelles au nom de la sécurité est un prétexte à agir avec urgence en outrepassant les demandes (obligatoires constitutionnellement) au Congrès, à l'ONU, ou devant se plier aux lois. L'urgence est permanente. Comme les fraudeurs l'utilise à bon escient. La liberté est étouffée au nom de la sécurité. 

10-Seulement NOUS, le régime, vous disons la vérité. 

Le mensonge ultime, tout le monde te trahira. Ne nous crois que nous. 

Une fois que les gens ont accepté ceci, les faits perdent leur sens, et la démocratie meurt, non pas d'invasion mais d'infection. 


L'histoire ne se répète pas. 

Elle se transforme. 

Aux États-Unis, le fascisme est en plein forme.

mardi 13 janvier 2026

Albums Bien Démarrés, Bien Bouclés

De la musique encore.

Et plein d'hyperliens.

On a besoin de musicalité au travers de nos horreurs quotidiennes. Chaque jour renouvelant les niveaux d'épouvantes. 

Plusieurs fois, j'ai lui sur les réseaux sociaux des gens qui demandaient, avec ironie j'espère toujours, qui, de nos jours, écoute encore des albums ? ou alors pourquoi ?

À la première question je réponds toujours par une émoticône de bonhomme qui rit. À la seconde, je réponds par une question à mon tour, "Écoutes tu un film jusqu'à la fin ?" ou "Lis tu un article/un livre jusqu'à la fin ?". Mais comme les gens lisent de moins en moins, je m'aventures moins vers la seconde option.  Un album est un moment de vie de la part d'un artiste ou d'un groupe d'artistes. Une croquée d'époque. On écoute pas David Bowie de 1974 et David Bowie de 2016 de la même manière. Ni les Strokes de 2001 er ceux de 2020.

Voici 25 fois, sur 40 ans, où la séquence d'un album a été assez parfaite pour nous faire embarquer un bon moment dans un jam proposé, et nous as fait donner envie d'y revenir dès le dernier morceau parce quelque chose qui bouclait la boucle assez merveilleusement pour nous laisser un goût formidable en tête.   

Are You Experienced ? du Jimi Hendrix Experience (1967)

Purple Haze propose un manifeste à 6 cordes, distorsion, confrontation, nouveau pour l'époque, agressif et la pièce titre ferme ce premier album qui ne semble avoir offert que des morceaux magiques. Il le fait en nous proposant une question qui nous ramène à l'intérieur de nous-mêmes, en dissolvant le temps et l'ego de manière psychédélique. Une presque initiation. 

Sgt Pepper's Lonely Heart Club Band des Beatles (1967)

Ils ont presque tout inventé avec ce concept d'ouvrir avec un morceau titre théâtral et rock et le reprenant plus rapidement à la fin, se fondant avec un morceau anthologique de John Lennon, fermant le rideau de manière monumentale, dans une sorte de rêve chaotique et orchestral qui nous donne l'impression d'expirer après avoir eu le souffle coupé. 

Beggars Banquet des Rolling Stones (1968)

Forcément ce seront tous des albums que j'affectionne beaucoup et d'artistes qui me sont venus à l'esprit en quelques secondes. Plusieurs en auront d'autres en tête. La menace du diable en ouverture est un coup de génie collectif. Dangereux et en parfait contrôle de leur mythe. Le dernier morceau, chanté par Keith, change la perspective, étonnamment humble, presque communautaire, une ballade rugueuse pour l'oublié sur terre. Loin de l'ego artistique démoniaque. 

Abbey Road des Beatles (1969)

L'emprunt à Chuck Berry en ouverture propose un marécageux confiant John, instantanément cool, comme il ne l'a jamais été. Tandis que le dernier morceau, d'un album qui s'écoute tout d'un trait, leur dernier, porte l'adéquat titre The End. Bien que le vrai dernier morceau soit une message désobligeant à l'égard de la Reine qui anoblira Paul, la fin est un délicieux amalgame qui ne se lâche pas de l'oreille. L'album Blanc devrait aussi être mentionné, album double entamé pleinement rock n roll mode Jerry Lee Lewis croisé aux Beach Boys et nous souhaitant la bonne nuit, 91 minutes plus loin, dans la vieille tradition anglaise.

Let it Bleed des Rolling Stones (1969)

Les Stones ouvrent avec leur meilleure chanson (selon moi) qui me donne encore des tonnes de frissons, avec un sentiment d'urgence et de menace, de tension et un côté hanté (la fameuse choriste Merry Clayton perd son bébé après avoir brillé sur ce morceau dans la nuit) capturant 1969 et la tension en Amérique du Nord avec la famille Manson, et les assassinats de Luther King et Robert Kennedy. On clôt avec un morceau atypique pour le band, beaucoup plus long que les autres, où une ballade fait appel à la chorale des London Bach Choir en ouverture comme en fermeture. Brillant Jimmy Miller à la batterie. Épique finale. 

Led Zeppelin IV de Led Zeppelin (1971)

Ouvrir avec 4 lignes a cappella suivi d'un tel groove annonçait un album qui n'entendait pas à nous garder tranquille dans le divan. When The Levee Breaks est ma chanson préférée du band et celle qui m'a littéralement transporté dans leur son. Guitares fluviales,harmonica boueux, batterie lourde, comme des eaux relâchées dans la ville quand une digue aurait lâchée, ça ne pouvait que laisser présager que j'allais adorer les tapisseries de riches guitares du shoegaze dans le futur. 

Sticky Fingers des Rolling Stones (1971)

Sur leur album studio suivant, on défonce la porte avec un classique rock plein d'énergie signé Mick, établissant décadence à la cassonade et on clôt avec une chanson de route dans la lumière de la lune, tout en réflexions de fin de soirée, presque fragiles, alors qu'on a joué aux durs, on se fait tendre. 

Who's Next de The Who (1971)

Restes du projet avorté Lifehouse, opéra rock qui sera disséminé sur plusieurs albums ensuite, on ouvre avec excellent classique qui ne s'appellera pas Teenage Wasteland, mais du nom d'un gourou Indien croisé du nom d'un compositeur minimaliste qu'admirait Pete Townshend. Le dernier morceau est aussi articulé autour d'un riff de clavier répété (ou presque) et présente aussi d'iconique cris de Roger Daltrey.   

Roxy Music de Roxy Music (1972)

Une entrée formidable où chaque membre se présentera musicalement, avec un morceau amorcé dans une ambiance de cocktail. Rock et glam rock, on se sent amené dans un thriller urbain londonien stylé. On clôt avec une sorte de doo-wop assez plaisant, assez court pour ne pas nous faire trainer dans un bar qui ne demande qu'à fermer et avec un saxophone assez formidable. Cet album est parfait pour mes oreilles (alors naissantes). Même le cocktail, comme en ouverture, revient en rappel quelques secondes. 

The Rise & Fall of Ziggy Stardust & The Spiders From Mars de David Bowie. (1972)

La chanson d'ouverture est une de mes préférées de Bowie. C'était baveux de débuter un album avec une sorte de ballade, et j'aimerais revivre ce moment où je découvrais pour la première fois cet artiste que j'aimais déjà un peu, ce morceau, qui ouvrait un album que j'écouterais en l'usant à la corde, et qui me ferait aimer les crescendos pour toujours. La fin est magique puisque Ziggy choisit la solution finale en musique avec un autre crescendo et les mots si importants : "You're not alone!" livrés à merveille avec intensité. 

Transformer de Lou Reed. (1972)

Bowie est encore impliqué ici, produisant et co-signant plusieurs morceaux de cet album qui ouvre avec un morceau dont la première ligne lui avait été soufflé par Andy Warhol et se fermant sur une ballade moins rock'n roll, plus music-hall, et fermant les rideaux sur une soirée de folies nocturnes, ironiques, comme une poussière de lune qui en aurait trop vu. 

The Dark Side of the Moon de Pink Floyd (1973)

Ils reviendront ceux-là. Un coeur battant pour ouvrir cet album concept qui s'écoute toute d'une traite et qui termine aussi sur un coeur qui bat. Et quelqu'un qui nous dit en sourdine qu'il n'y aurait pas de côté sombre de la lune apparemment. La boucle absolue d'un concept voulant parler du quotidien, en musique. Album parfait. Comme si on l'avait "respiré".


Closing Time
de Tom Waits (1973)

Chanson de char du premier album de quelqu'un qui nous présenterait de la fumée de fin de soirée, appelant dame chance quand le soleil se lève, et qui se termine quand vient le temps de fermer les lumières. Inutile de préciser que j'adore tous les albums dont je vais vous parler ici, aujourd'hui.

Wish You Were Here de Pink Floyd (1975)

Album hommage à leur ami mentalement parti Syd Barrett qui réapparaitra comme un fantôme pendant les sessions d'enregistrement. Là, sans y être. Juste bouleversant. On lui signe 9 mouvements de lumière de diamants brillants tiré de ce qu'inspire le fou Barrett, les 5 premiers mouvements en ouverture, et les 4 derniers, en fermeture. Boucle parfaite. Aérien. 

Power, Corruption & Lies de New Order. (1983)

Formidable morceau d'ouverture, qui a des effluves de Joy Division. Un vrai beau travail d'équipe qui fait briller les 4 membres. On clôt avec un titre qui demande à nous sacrer la paix, ce qui contraste avec l'optimisme du morceau d'ouverture, défiant presque les fans, avec une attitude d'intolérance indépendante. Mais sur un air fort agréable.

Purple Rain de Prince & The Revolution (1984)

Sermon en ouverture sous un orgue qui me bouleverse constamment, suivi d'un rock qui donne des frissons tellement l'énergie devient contagion, et se terminant sur la pièce titre, une merveille cathartique où la vulnérabilité trempe dans la beauté transcendée par des guitares riches sur un album qui demande de se lâcher lousse et qui se termine sur une demande de refuser de partir. 

Born in the USA de Bruce Springsteen (1984)

Tonnerre hymne en ouverture pour un des morceaux les plus incompris de l'histoire de la musique populaire. C'est une critique des États-Unis et non un hommage. Un appel à une fierté perdue. Encore valide de nos jours. Les sains États-Unis ne sont pas fiers d'eux en ce moment. L'album historique se clôt sur une intimité locale, mélancolique, une intimité douloureuse et douce. Assez fière. Merveilleux morceau. Honte en ouverture, fierté en fin.

Brothers in Arms de Dire Straits (1985)

Album historique, premier CD jamais produit, mais aussi encore parmi les 10 meilleurs vendeurs à vie, on ouvre avec du country folk délicat, subtile grandeur qui fera place tout de suite après à un immortel classique. L'album se clôt sur un des plus beaux morceaux jamais écrits et livrés en musique en hommage à ceux qui donnent leur vies au front.


 Life's Rich Pageant de R.E.M. (1986)

Urgente guitare riches, et suggestion de débuter quelque chose en gang. Momentum de conscience sociale et d'éveil culturel. On clôt avec une reprise de 1969, qui ne peut aujourd'hui qu'être entendue avec ironie, quand on regarde les prédateurs qui sévissent en ce moment aux États-Unis. Et qui pourraient chanter tous les mots de ce morceau. 

Franks Wild Years de Tom Waits (1987)

On démarre avec un excellent morceau de cabaret sombre et théâtral plein d'urgence, presque chanté par un chat de ruelle, et toujours composé de personnages marginaux, et on ferme un de mes albums préférés à vie,  sur une note douce, nostalgique, tendre, presqu'une berceuse pour les âmes perdues loin du théâtre d'entrée. 

Desintegration de The Cure. (1989)

Auto-destructeur album mythique du band, ambiance éthérée, presque shoegaze, enveloppante, créant instantanément un sentiment de majestueuse mélancolie. On finit l'excellent album sur une note sombre et introspective, laissant le silence et l'inconnu compléter l'émotion dans une sorte de fin ouverte, écho fantômatique de la désintégration mentale collective du groupe qui précédait sur disque. Mais qui a créé des bijoux sonores.

Loveless de My Bloody Valentine (1991)

Plongée immédiate dans un océan de guitares tourbillonnantes et en textures de shoegaze (ce que je ne savais pas alors) euphorisantes, excitantes et immersives. On termine sur un groove  du band Irlandais, légèrement dansant, ce que beautiful Belinda honorera dans le clip, un rayon de lumière après la tempête sonore offrant une conclusion charmante. Un des mes albums préférés à vie. 

Achtung Baby de U2 (1991)

Rythme industriel en ouvrant guitares abrasives, chaos atmosphérique, zeitgest berlinois, et on termine avec une tension sombre et hypnotique, crescendo shoegaze déchirant, presque fragile et désespéré. Suspendu entre beauté et abandon,

Kid A de Radiohead (2000)

Synthés flottants, voix destructurées, plongée immédiate dans un univers électronique, froid et hypnotique. On finit sur un souffle cinématographique, spectral, mêlant orgue et choeurs, comme une berceuse étrange qui laisse un sentiment de solitude et d'émerveillement. Déconstruction abstraite et froide et beauté fragile de générique de fin de film.  

In Rainbows de Radiohead (2007)

Énergie rythmique éclatante qui ne manque jamais de me donner des frissons dès les premiers accords de guitare et une conclusion douce et introspective qui reste longtemps en mémoire pour un des mes albums préférés à vie. Radiohead me fait un bien énorme. 

Il y en aurait plein d'autres, mais bien séquencer ce qu'on a à offrir peut parfois donner un de ces chefs d'oeuvre. 

lundi 12 janvier 2026

La "Guerre" du Whisky

Il y a eu un différend réel entre le Canada et le Danemark pendant longtemps, sur le territoire du Groenland. et il est d'un civisme gênant pour les rapaces des États-Unis. Qui ne se doutent absolument pas de ce qui les attends si jamais ils osent y mettre le pied impérialiste menacé. En ces lieux qui ne sont pas à eux.  Je vous en reparle à la fin. 

 L'île Hans se trouve au coeur du conflit. Qui est davantage un désaccord insolite. Il s'agit d'un îlot de 1,3 km, inhabité se trouvant complètement à cheval sur la frontière du Nunavut, au Canada et au Groenland, appartenant au Danemark. L'île est située dans le Détroit de Nares entre le territoire autonome du Groenland et l'ile canadienne Ellesmere. 

En 1933,  la cour permanente de la Justice Internationale, celle qu'on suggère de violer, reconnait la souveraineté du Danemark sur le Groenland. À cette époque, l'île Hans n'est pas clairement mentionnée ni délimitée. Les cartes et relevés arctiques sont encore imprécis. La zone reste juridiquement floue. L'ambigüité territoriale existe bien mais on s'y intéresse peu. 

En 1973, le Canada et le Danemark signaient ensemble un traité maritime, mais omettaient de trancher sur la question de la propriété de l'île de Hans. Chacun, convaincu que cette île est à eux. Mais ça finit par se savoir que chaque pays parle de cette île comme de la sienne. Ça agace comme un président dément qui parlerait de viol potentiel tout les jours autour de vous. 

En 1984, des représentants canadiens allèrent y planter un drapeau canadien, tout en y laissant, une bouteille de whisky. Canadian Club. 

Mais le ministre des affaires étrangères du Danemark ira la même année soutirer ce drapeau pour y placer celui du pays d'Hans Christian Andersen. Et remplacer la bouteille de whisky par une bouteille de schnaps nordique du Groenland, l'Aquavit. Il ajoutera aussi une inscription précisant "Bienvenue sur l'ïle danoise".

"Velkommen til den danske o "

On fera ce petit manège régulièrement, changeant les drapeaux, plaçant des bouteilles qui sont de merveilleux cadeaux pour ceux et celles qui se moquaient du conflit et qui voyageaient pour s'y accoster. Parfois du whisky, parfois du schnaps nordique. En 1988, le patrouilleur danois HDMS Tulugaq se rend sur l'île et y construit un cairn et y ajoute un mât avec un drapeau danois. En 1995, un navire danois refait la même chose, on avait remplacé par une bouteille de Canadian Club et un drapeau du Canada, à nouveau. 

Mais en 2022, pendant que toute l'attention est sur les Olympiques, des Olympiques où les Russes sont interdits pour raisons de tricherie nationale hiérarchisée, en février, on triche encore en agressant l'Ukraine sous de faux prétextes. Dans le but unique de reconstruire peu à peu l'URSS. Le monde entier, (moins Donald Trump) est outré. Le conflit perdure tristement. Ce viol démocratique qui ne fait pas assez réagir internationalement inquiète le Danemark qui tend la main à Mélanie Joly, ministre des affaires étrangères canadienne, alors. Le ministre des affaires étrangères du Danemark, Jeppe Kofod et Joly s'entendent sur un 50% Canadien et un 50% Danois. 

C'est même la première et unique frontière terrestre entre le Canada et l'Europe. Ça ajoute à cette guerre insolite qui n'a fait aucun mort et n'a utilisé aucune arme. 

Contrairement à ce que disent les États-Unis, la présence des Chinois n'est pas au Groenland. MAIS le pays investit dans les expéditions "scientifiques"  arctiques, dans les brise-glace, et dans les technologies résistantes au froid. Alors c'est tout comme. La Russie, en revanche, a une importante présence militaire dans l'Arctique, y a des bases, des sous-marins, des brise-glace, mais dans une zone arctique qui est territorialement la leur. 

Tout le monde est donc à sa place de manière justifiée et territorialement légale.

Moins les États-Unis.

Depuis 1951, depuis la Guerre Froide, les États-Unis ont au Groenland une présence militaire qui s'expliquaient par la menace potentielle russe. C'était stratégique et par mesure de sécurité nationale. C'est au nom de cette sécurité nationale que les É-U tentent à nouveau de justifier qu'ils prendraient l'absolu contrôle de tout le Groenland. C'est d'une hypocrisie lamentable. Si la Russie est un tel danger, pourquoi ne pas punir l'autocrate actuel Vladimir Putin ? Intervenir largement en faveur de l'Ukraine ?

J'ai une idée formidable pour le Groenland qui devra rester au Danemark, pour toujours. Le temps que le président dément meurt. 

Il faudra créer une agence de police parallèle de terroriste intérieur comme ICE et déporter les étrangers, ce qui, forcément déportera tous les États-Uniens sur place. 

Simple.

Et d'une manìère qu'ils connaissent déjà.      

dimanche 11 janvier 2026

10X David Bowie

Je voulais vous parler de David Bowie, mort hier, il y a 10 ans. D'un cancer dont il ne parlait à personne. Surprenant tout le monde. 2 jours après ses 69 ans, jour où il avait aussi lancé son dernier album, mettant en scène sa propre mort

Mais la rage face au fascisme Étatsunien m'habitait trop, fallait que je la sorte hier, au plus vite. 

Reste que Bowie, je l'ai revisité toute la semaine. En sa mémoire, je vous parles de mes 10 incontournables. En albums. 90% se trouveront dans les années 70, années fructueuses pour l'homme caméléon, Années qui furent mes 8 premières années de vie. 

(Mais j'ai découvert Bowie, pré-adolescent et j'ai craqué pour lui par une chanson tirée d'un album qui ne sera pas ici

Lodger (1979)

Bowie a son plus fébrile et relativement expérimental. Une chanson fait jouer tout le monde d'un instrument qui n'était pas le leur. Une autre qui était une de siennes passées, est jouée à l'envers et on construit dessus, on offre un exposé sur les hommes qui battent leurs femmes. On offre un air turc, deux fois la même structure de chansons, mais deux chansons différentes, malin et angulaire, presque Talking Heads qui sévit à son plus fort, alors. Presqu'un travelogue avec ses inspiration de Can !, ses propos meta et son tranquille subversif me plaisent. Sous estimé album. Qui contient des bijoux.

Hunky Dory (1971)

4e album de Bowie, éblouissant album qui le présente comme réel auteur compositeur aux styles très variés, plein d'esprit, néo-papa, vulnérable, littéraire, cabaret, à sensibilité pop. occulte et Nietzschien, Intime et théatral aussi, avec sa pochette pseudo Dietrich, traçant le carbone pour ce qui allait suivre. Avec Rick Wakeman, aux claviers. Et les araignées de Mars qui ne s'appellent pas encore ainsi, mais qui sont tous là. Aussi acoustique que classique et s'adressant à ses muses artistiques

Young Americans (1975)

Plongée dans le soul de Philadelphie et le R & B, un soul qu'il qualifiera de "plastique" car Bowie est pain blanc et ne sera jamais noir, ne pourra que rendre hommage à ceux et celles qui ont fait naitre la musique commercialisée. Avec une surprenante sincérité, il offre de fluviales guitares et de riches grooves, dont un morceau d'un jeune Luther Vandross. Il refait les Beatles aussi, et travaille avec Lennon, dans son "lost weekend" de 18 mois. Mais c'est pas son travail avec Lennon qui me plait, pas du tout même, c'est le caramel de plusieurs morceaux "lounge" que j'adore. Et le soleil en ouverture.  

Outside.1 (1995)

20 ans plus tard. Sombre et fracturée épopée cyber-noire qui s'écoute tout d'un trait, concept racontant l'histoire d'un détective enquêtant sur la séquestration d'un(e) enfant dans un sous-sol, avec un focus sur l'art et plusieurs personnages. Trempé dans la violence narrative, la musique est techno rock, embrassant le chaos de manière menaçante avec traces de maladie mentale (ce qui a inspiré l'album). Réunion heureuse avec Eno, qui n'a jamais donné de réelle suite intéressante. Il y avait bien un 1 après le titre de l'album. Suggérant un 2. Qui sera bébé avorté. avantgardorockandtechno.

Aladdin Sane (1973)

Glam rock avec clin d'oeil aux New York Dolls, débauche de Los Angeles, inspiration music hall et guitare cheval, reprise futuriste des Stones, élégance raffinée, second volet Ziggy, jazzy frôlant la folie, Ziggy qui craque sous la pression. Cet album a joué plus d'un an dans ma voiture dans les années 2000. Je le trouve toujours pertinent avec sa suggestion qu'avec les excès, arrivent paranoïa, doo-wop, chanson d'amour et blues.

Diamond Dogs (1974)

Blues pour ouvrir un peu à la Rolling Stones (Bowie commence à fréquenter Mick Jagger alors) cet album qui devait être une adaptation musicale de 1984 de George Orwell, n'en sera que traces. Décadente dystopie qui présente le personnage d'Halloween Jack, a really cool cat, théatral et solonnel, sale et un peu pirate, premier effort sans ses araignées, pari personnel relevé, avec ses morceaux qui n'ont parfois qu'un seul hook. Même expérimental. Glam encore, mais sombre. Et dans les teintes du gris-jaune. S'écoute d'un trait. Un de ses plus courts albums. Mais parfait dans la forme. S'écoute aussi d'un trait.

Heroes (1977)

Froid, à l'hymne monumental, et émotivement distant, jusqu'à ce qu'il soit, au contraire rétro pédalant. Rock inspiré de l'Allemagne où il a été majoritairement composé, créé et enregistré, rock brut et parfois noisy, il y a une tension qui nous glisse dans le corridor malsain du divorce de Bowie d'Angela, alors. Défiante beauté aux airs d'aciers. Tony Visconti, y trichera sa femme avec Antonia Maass pour inspirer la pièce titre. Moody, Nuancé. Gris. Magique. 

Station To Station (1976)

Élégant, hanté, dangereusement maigre parce que cocaïné, prêt à changer de personnage, de son, de ton. intense, avec des morceaux avec Iggy et un autre pour Elvis, que Presley refuse parce que de quoi aurait-il l'air d'accepter un morceau de cet homme efféminé ? Heureusement Elvis, et son conservatisme mental, s'éteint un an plus tard. Earl Slick et Carlos Alomar brillent à la guitare, se relancent habilement. Le dernier morceau de l'album me plait tant qu'en 2023 ou 2024, ce sera le morceau que j'écoute le plus de mon téléphone, selon Spotify. Un de mes morceaux préférés à vie, peu importe l'artiste. Une reprise. Quelle honte !  

The Rise & Fall of Ziggy Sardust & The Spiders From Mars (1972)

Chef d'oeuvre proto-punk, transcendant, soul et pop, album concept à la trajectoire narrative tragique pour un leader perdant la tête en raison de son ego mal contrôlé, mais toujours inspiré des étoiles. Ça ne pouvait que faire écho à un extra terrestre comme moi. D'ailleurs les personnages du band sont nés dans la semaine où je suis né. C'est pas innocent. Mythique, cet album a marqué au fer rouge mon adolescence.

Low (1977)

Cet album a sauvé ma vie. À un moment où je vivais ce qui devait être une sorte de dépression, j'ai eu alors l'impression d'en avoir la trame sonore salvatrice. Aliénant par moments, mais aussi agréablement aérien et plein d'espoir, coloré et lumineux, équilibré entre instrumental et chanté, profondément humain, cet album m'a fait pleurer au moins 2 fois. Dont une fois en spectacle et ce n'était même pas lui qui chantait sur scène, c'était un hommage chanté par 3 filles. Murmures et tapisseries sonores, fractures pop, aucune envie de séduire les radios. On avait refusé l'album à la maison de disque. Ce qui confirme l'excellence de celui-ci. Les requins ne sont pas les meilleurs juges dans les océans musicaux. Atmosphères hantées, album intemporel, dont éternel, et ami pour la vie. 

"Décroche, Jones"
Il me ressemble dangereusement sur la photo accompagnant Low ici haut. 

C'est personnel, mais c'est réel. 

Contrairement à toute intervention devant les journalistes de la part du gouvernement  le plus corrompu de l'histoire des États-Unis.

Oui, j'en deviens obsédé.