dimanche 12 juillet 2026

Une Année Madonna

Musicalement je ne suis pas immense fan de Madonna. 

Mais je reconnais tout ce qu'elle a accompli dans le monde de la présentation musicale. Elle a décomplexé les femmes par rapport à leurs envies sexuelles, en a surcomplexé des milliers d'autres, et est passée dans le monde visuel et auditif au beau moment. Elle a marqué de toutes les manières possibles. 

Luisa Maria Ciccone n'a jamais aimé être mise de côté dans l'attention publique. Il y a 21 ans, elle lançait Confesssions on a Dance Floor qui revisitait le disco et le dance, et lui faisait faire équipe avec Stuart Price. 

Après les retours récents de Depeche Mode, Duran Duran, The Cure, U2, Rush en tournée et une semaine jour pour jour avant les Rolling Stones, voilà que la Madonne refait un tour de piste de danse avec Confessions II, qu'elle lançait le 3 juillet dernier, refaisant équipe avec Stuart Price. Elle avait tricoté 9 autres albums entre 2006 et 2019, avec majoritairement d'autres bidouilleurs musicaux. Je ne suis pas géant fan de sa musique, mais j'ai une liste de lecture d'1h29 sur mon téléphone. Qui pourrait regrossir si je revisite comme je vous le propose. Une durée raisonnable pour une artiste qui ne l'a (heureusement) pas toujours été. Sur son dernier effort, sa propre fille Lola Leon, Sabrina Carpenter et Stromae font des apparitions. 

Je suis conscient que je ne dois pas strictement vous parler de ce qui me plait, ici. Je le fais souvent d'ailleurs,  je parle constamment de ce qui me déplait (en Amérique du Nord ou ailleurs).  Je n'aime pas que Madonna tente de défier le temps en se surplastifiant le visage. Je trouve dommage. Mais je peux comprendre, quand on vit de son image...

Je vous proposes un 2026 tout en Madonna. Je sais, je sais, je sais, ça aurait été plus simple dès janvier, avant le 7e mois de l'année, mais c'est cette semaine que j'y ai pensé. Et c'est du concept. 12 albums, 12 mois. J'ai fait ça avec U2 et avec Kubrick par le passé. (Il me semble) 12 mois de Madonna, selon moi.

Janvier rebelle.

Rebel Heart (2015)

Étonnamment candide et tard dans sa carrière, croisant vulnérabilité avec une sorte d'acharnement sonique, un côté taureau qui fonce qu'elle a eu pas mal toute sa carrière, ce 13e album s'assume pleinement. Elle a même un morceau, peut-être inspirée de la frenchée Britney, qui s'appelle Bitch, I'm Madonna. Co-produit par Diplo, Sophie Xeon, Avicci et Kanye West et avec comme invité(e)s, Mike Tyson Nicki Minaj, Nas et Chance The Rapper.    

Février filmé. 

MDNA (2012)

Conçu et enregistré pendant le tournage de son premier long métrage comme réalisatrice, les producteurs sont multiples en Alle & Benny Benassi, Demolition Crew, Free School, Micheal Malih, Indiigo, William Orbit, Martin Solveig. M.I.A et Nicki Minaj y font des présences. Osée musique dance électronique, pop encore très assumée. 

Mars bédéesque.

I'm Breathless (1990)

Cette musique inspirée du film Dick Tracy, dans lequel elle tournait avec son Adonis d'alors, Warren Beatty, était un détour assisté de Stephen Sondheim, aux arrangements et à la production, un essai hors de la musique pop qui offrira quand même un immense morceau mondial. Une de ses immortelles.

Avril disco.

Confessions on a Dance Floor (2005)

Oui, Abba emprunté. Album absolument conçu pour les clubs de danse. Deux décennies plus tard, son single où elle emprunte au groupe Suédois reste un de ses plus rassembleurs. Intergénérationnel. Et ne peut que donner envie de taper du pied.

Mai maverick.

Music (2000)

À mon avis, un de ses meilleurs efforts musical. Son 8e album lui fait jouer de la guitare comme une grande. William Orbit était alors au sommet de son art de producteur/arrangeur. Mirwais Ahmadzaï y est aussi pour beaucoup à la programmation, aux guitares et aux claviers. Michel Colombier fait aussi des arrangements. Madonna se réinvente de manière lisse et tout à fait à la hauteur des musiciens auteurs compositeurs de tous sexes. 

Juin sexy.

Erotica (1992)

Lancé en même temps qu'elle faisait sa promotion de son livre érotique Sex, elle est à son plus défiant et plus provocateur alors, enveloppant cet album d'une sexualité certaine, taboue, cool, house-pop assez minimal, sensuel assurément, sexe et romance au temps du SIDA, multiples kinks, et homophobie sont traités comme sujets. LL Cool J et Kool & The Gang seront échantillonés et Shep Pettibone et Andrew Betts y signent leurs empreintes de producteurs/compositeurs. 

Juillet bleu.

True Blue (1986)

Nancy voulait me faire plaisir, à 14 ans et à mon anniversaire, m'avait donné cette cassette (er celle d'Europe). Elle savait se me faire plaisir de bien des manières. Son sommet commercial avec pas moins de 5 hits sur 9 morceaux. Dont une de mes préférées, sinon ma préférée de la Madonne, pour le film dans lequel jouait son chum Sean, son frère Chris et Christopher Walken. Album ensoleillé comme l'été. 

Août lumineux.

Ray of Light (1998)

La maternité (1996) et le style électronica a réinventé Madonna complètement. Travaillant avec William Orbit, trip hop, électronique, techno-pop. new age se croiseront. Madonna embrasse la spiritualité hindouiste et le bouddhisme tout en pratiquant le yoga Ashtanga. Babyface et Patrick Leonard commence l'album avec elle avant qu'Orbit ne s'impose par son talent. Plusieurs considèrent cet album comme son meilleur. 

Septembre dans la chambre.

Bedtime Stories (1994)

Volontairement plus doux suite aux bruits causés par son livre et son disque érotique et ses rôles très sexuels, au cinéma, elle infuse un peu plus de swing, co-écrit la chanson titre avec Björk, travaille avec Herbie Hancock et encore Babyface. R & B & pop gomme baloune.

Octobre sobre.

Like a Prayer (1989)

L'album qui pour plusieurs, a fait passer Madonna la star pop était transformée en Madonna l'artiste. Elle mêle gospel, rock, confessions multiples, foi, famille, sexe et profondeur innocente et assumée. Plusieurs considèrent que c'est son premier grand album.

Novembre ambre.

Madonna (1983)

Où tout a commencé sur les pistes de danse et dans les clubs. Déjà, à 24 ans, elle montrait un instinct pop naturel, doublé d'une présence vidéo, vite stratégiquement utilisée. Ou tout à fait naturelle. Madonna, peu importe ce qu'on en pense à beaucoup fait pour la confiance féminine, les homosexuels et l'acceptation de tabous mondiaux. Dangereuse pour certain(e)s, mais encore docile, en 1983.  

Décembre cambre.

Like a Virgin (1984)

L'album qui l'a mondialement lancée. La production de Nile Rodgers le plaçait lui aussi au sommet des producteurs recherchés après ses consécutifs succès avec David Bowie, Duran Duran et INXS. Ce nouvel éclat brillant nous présentait à la fois innocence et provocation. Brouillon de ce qui allait suivre. 

Inoubliable pour l'ado de 12 ans que j'étais. 

En route pour un pèlerinage pop, volontaire ou non. 

12 mois pour faire la paix avec celle qui refuse de vieillir, mais qui refuse surtout de se taire.  

Sortez vos justaucorps, le reste de cette année pourrait s'annoncer longue, mais diablement rythmée.

Peut-être, étonnamment, plus sexuelle...

Pas pour rien que Prince a aussi travaillé avec elle...

samedi 11 juillet 2026

Marty Feldman

L'une des figures les plus singulières, reconnaissables, surbversives, qui vous disait tout de suite, dans les années 80, dans les clubs vidéos que vous auriez à composer avec une comédie ou un film d'horreur si il était en couverture de copie VHS, était scénariste, acteur au magnétisme étrange. et réalisateur audacieux. Il a marqué la culture populaire par son physique atypique et son sens aigu de l'absurde. Derrière des yeux exorbités, qui sont devenus sa signature visuelle mondiale, se cachait un esprit brillant, profondément influencée par le surréalisme, la tradition du music-hall et un anti conformiste assez féroce.

Martin Albert Feldman est né en 1934, dans le East End de Londres, au sein d'une famille d'immigrants Juifs d'Europe de l'Est. Son enfance est marquée par la pauvreté, les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale et une scolarité forcément chaotique, car brisée entre ses 5 et 10 ans. renvoyé de plusieurs écoles, il quitte le milieu scolaire dès ses 15 ans. Avec une seule ambition: devenir trompettiste de jazz.

Il l'apprends et joue dans des clubs de seconde zone, réalisant rapidement que son véritable talent est qu'il réussit à beaucoup faire rire. Il se développe une envie d'écrire de la comédie. C'est à la suite d'une maladie de la thyroïde (la maladie de Basedow), combinée à un grave accident de voiture et à une opération chirurgicale ratée au niveau des yeux, que son physique se transforme radicalement. Ses yeux deviennent exorbités et asymétriques. Loin de s'apitoyer sur son sort, Marty choisit de faire de cette anomalie, sa force et son plus grand atout comique. 

Avant de crever l'écran, Feldman fait ses armes dans l'ombre comme scénariste pour la radio britannique et la télévision. Il fait équipe, dans les années 50 et 60 avec Barry Took. Ensemble, ils écrivent des sketches pour des émissions de la BBC qui deviendront cultes comme The Army Game et surtout, Round to Home, une émission de radio révolutionnaire qui repousse les limites de la censure conservatrice d'alors. On utilise entre autre le terme polari, un mot londonien codé pour parler (et se moquer comme le voulait alors les moeurs) des homosexuels. Leur humour absurde sera quand même d'une grande modernité. 

Le grand public lui découvre le visage en 1967, grâce à l'émission At Last the 1948 Show, émission conçue par d'anciens étudiants de Cambridge et d'Oxford et qui réunit entre autres artistes les futurs Monty Python John Cleese et Graham Chapman. Marty y démontre une agilité physique d'un burlesque saisissant, rappelant les génies du cinéma muet comme Buster Keaton. C'est dans ce programme qu'est créé le sketch Four Yorkshiremen, où 4 hommes rivalisent d'exagération sur la misère de leur enfance passée, une idée qui sera reprise chez les Monty Pythons, quelques années plus tard. 

Le succès de sa présence est immédiat. La BBC offre à Feldman sa propre émission pour la saison 1968-1969. Ce show croise humour absurde, critique sociale et surréalisme. Elle lui vaudra 2 BAFTA. Sa notoriété est nettement installée, à 36 ans, au Royaume-Uni. Feldman y peaufine son personnage d'anarchiste poétique, capable de briser le 4e mur d'un simple regard oblique vers la caméra, créant une complicité unique avec les spectateur/téléspectateur. 

Son talent traverse l'Atlantique et attire l'attention de Mel Brooks. Qui vient tout juste d'avoir un siècle. L'acteur, auteur, réalisateur le choisit pour le rôle du bossu Igor (prononcé volontairement Eye-Gor avec ses yeux...) dans Frankeinstein Junior, en 1974. Une parodie des films d'horreur des années 30. Ce rôle à lui seul le fait entrer dans la culture populaire. Aux côtés de Gene Wilder et Peter Boyle, Marty improvise une large partie de son rôle au plus grand plaisir de Mel Brooks, et du public, au final.  Quand le personnage de Gene Wilder lui parle de sa bosse, il improvise "quelle bosse?". Sa réplique "Walk this way" où Igor montre à marcher de manière boiteuse à Gene Wilder inspirera la formation Aerosmith a en adopter le titre. Le succès du film de Brooks est tel qu'il réinvite Feldman à jouer dans son film Silent Movie. Un vibrant hommage au cinéma muet. Ce format convient parfaitement à celui qui s'exprime d'abord pas son visage à l'expressivité exceptionnelle. 

Fort de sa célébrité. il n'a quand même pas envie de toujours jouer les faire valoir comique. Il souhaite passer derrière la caméra pour exprimer sa propre vision du monde. Profondément anti capitaliste, anti-institutionnelle et teintée d'humour noir. En 1977 il réalise et interprète le "beau" légionnaire dans The Last Remake of Beau Geste. Une parodie iconoclaste des films d'aventures coloniaux. Le film est un succès commercial modéré mais témoigne de son audace visuelle et de son mépris pour le militarisme.

En 1980, il réalise In God We Tru$t, une satire féroce de la religion, ridiculisant la business des télé-évangélistes crasses,  des États-Unis. Trop provocateur, cynique et pointant du doigt les É-U, le film ne marchera pas là-bas. Feldman y exprime ses convictions les plus profondes et personnelles. Un dégoût viscéral pour l'hypocrisie des puissants et une empathie totale pour les marginaux. 

Il vie une vie effrénée et consomme jusqu'à 5 paquets de cigarettes par jour. Tout en buvant excessivement de café, ce qui fragilisé précocement sa santé. Le 2 décembre 1982, en tournage dans le film de son ami Graham Chapman, Yellowbeard, au Mexique, il est victime d'une crise cardiaque qui le fauche du monde des vivants à seulement 48 ans. 

Sa mort subite si vite choque le monde du spectacle. Mel Brooks le pleure publiquement et dit avoir perdu un grand génie comique irremplaçable. Feldman est enterré au cimetière de Forrest Lawn, tout juste à côté de la tombe de son idole absolue, Buster Keaton. 

Marty Feldman n'était pas qu'un acteur comique au physique mémorable, il était architecte de rire moderne. Symbole d'adversité intelligemment renversée. Faisant le pont entre la tradition britannique du music-hall et l'humour absurde qui gagne aussi l'Amérique du Nord. Son trajet pave la voie à des générations de comédiens qui su transformer leurs singularités physiques ou leurs névroses en forces créatives. 

Plus de 40 après sa disparition, son regard unique, je choisis mes mots, continue de hanter et de faire rire les cinéphiles du monde entier, rappelant que la normalité, n'est souvent que plate illusion. 

Marty Feldman aurait eu 92 ans, mercredi dernier. 

Contrairement à la croyance populaire, il avait tant de personnalité. de sens de la répartie, et était si agréable de compagnie qu'il avait beaucoup de succès auprès des femmes.

Comme quoi l'esprit charme parfois autant que "l'emballage".  

vendredi 10 juillet 2026

25 Roues de Métal pour les Rolling Stones

Can You Hear me Knocking ?

Les Rolling Stones ont, depuis ce matin, 25 albums studios en Amérique du Nord. 

25 chansons sur plus de 60 ans pour ces géants. 

Par ordre de parution: 

1965: The Under Assistant West Coast Promo Man tirée de Out of Our Heads. Blues satirique se moquant gentiment d'un vrai représentant de leur maison de disques (George Sherlock) qui les accompagnait durant leur première tournée en Amérique du Nord. Portée par l'harmonica de Brian Jones, c'était la face B du single qui sera leur premier #1, Satisfaction

1966. Lady Jane. Tirée d'Aftermath. Cet air baroque mélancolique met en vedette Brian Jones au dulcimer. On s'y sent au 18e siècle.

1966. I Am Waiting. tirée aussi d'Aftermath, morceau folk-pop mélancolique qui se distingue pas so.n utilisation acoustique du dulcimer aussi. Wes Anderson s'en est servi dans son film Rushmore.

1966. Out of Time. Toujours tirée d'Aftermath, et toujours avec Brian Jones an figure de proue, les marimbas accrocheurs qu'il joue font de cette chanson cynique qui rejette cruellement une ancienne amante devenue ringarde, une sorte de ver d'oreille qui a attiré celle de Quentin Tarantino qui l'a utilisé dans son dernier film, Once Upon a Time...in Hollywood.

1967. She's a Rainbow, tirée de Their Satanic Majesties Requests. Chef d'oeuvre de la pop psychédélique brille par son introduction mémorable au piano de Nicky Hopkins, est ses superbes arrangements de cordes signés John Paul Jones, qui brille tricote la même année, le premier album de Led Zeppelin. Guitares colorées. 

1968. Street Fighting Man tirée de Beggars Banquet. Chanson inspirée par les manifestations étudiantes en France de cette année-là, en mai, à Paris et par les émeutes anti-guerre, à Londres, en Angleterre. Marquée par une guitare acoustique saturée, et un rythme lourd, Brian Jones y joue de la sitar indienne et de la tamboura tandis que Dave Mason, de la formation Traffic. joue du shenaï, à la toute fin, une sorte de hautbois strident, indien. Exotique.

1969. Gimme Shelter tirée de Let It Bleed . Album clin d'oeil au Let it Be des mourants Beatles, commence au contraire, une renaissance du plus grand groupe de mauvais garçons du rock n' roll. La chanson d'ouverture est ma préférée du band, et reste hantée par ce bébé perdu dans la nuit, dans le ventre de sa choriste Merry Clayton qui se donne tellement qu'elle en fera une fausse couche. Chantant Murder! Children!, cette chanson me donne toujours des frissons. 

1969. Honky Tonk Women "tirée" de Let It Bleed. Classique absolu du country rock, réinventé en single car sur le disque, le morceau est différent, plus violonnée (par Byron Berline dans un stationnement pour donner un son plus vrai) et les paroles sont différentes, Jimmy Miller y joue de la cloche de vache. En spectacle (vu 3 fois) cette chanson est titanesque sur scène!

1969. Let it Bleed tirée de Let It Bleed. Blues country grivois et réconfortant offrant un message de soutien mutuel face aux coups durs de la vie. Portée par la guitare slide de Keith Richard et le piano de Ian Stewart. 

1969. Monkey Man tirée de Let It Bleed. Je l'ai aimé cet album, n'est-ce pas ? Chanson rock astrale excentrique, c'est une parodie débauchée et sauvage, deux de mes attributs préférés. Nicky Hopkins est au très beau piano et Bill Wyman au vibraphone. Original. Mélodique. Sous estimée. Écrite en hommage à l'artiste italien Mario Shifano. Composée sur la côte almafitaine. On y fait hommage à la phrase culte italienne "I'm a cold italian pizza!"

1971Dead Flowers, tirée de Sticky Fingers. Country rock cynique et plein d'humour noir abordant de manière décomplexée la dépendance à l'héroïne et 100% influencée par Gram Parsons qui commence à trainer autour du band. La guitare acoustique de Keith et le solo de Mick Taylor, qui sera des meilleures années sonores du band, bordent le piano de Ian Stewart,  

1972. Rocks Off, tirée d'Exile on Main St. Rock frénétique et tout à fait ensoleillé, marqué par des guitares entremêlées et un pont psychédélique ponctué d'un riche "The sunshine bores the daylight outta me, chasing shadows, moonlight mysteries" qui fait écho à ma propre opinion de l'été en général. Parfaite ouverture d'album double. 

1972. Sweet Black Angel tirée d'Exile on Main Str, Folk blues acoustique se démarquant pas son rythme chaloupé d'inspiration caribéenne. Jagger et Richards l'ont écrite en soutien à l'activiste des droits civiles, aux États-Unis, Angela Davis. Alors en prison. Face B du premier single de l'album double. 

1972. Sweet Virginia tirée d'Exile on Main St. Country rock festif ouvert par un délicieux harmonica de Mick, qui culmine avec un choeur gospel et un inattendu solo de saxophone de Bobby Keys. Thank you for your wine, Californiaaaaaaa. Année de ma naissance.

1973. Dancing With Mr,D tirée de Goats Head Soup. Toujours pensé que Mr D. était Mr Drug. Mais les paroles suggèrent la mort, Mr Death. Rock sombre et macabre, tenu par un riff lourd et une basse hypnotique jouée exceptionnellement par Mick Taylor. Excellent. 

1974. If You Can't Rock Me tirée de It's Only Rock'n Roll. agressif rock au pont menant au refrain électrisant marqué par une section rythmique explosive qui comprend Keith à la basse et Mick aux élans lyriques de la 6 cordes, vers 1:49, j'ai toujours un frisson. Gros punch en ouverture d'album. 

1974. Time Waits For No One tirée de It's Only Rock'n Roll. Chanson qui a probablement confirmé à Mick Taylor qu'il voulait quitter le meilleur band au monde puisqu'il l'avait majoritairement composée inspiré des sons latins de guitare et n'en sera jamais co-crédité. Jamais les Stones n'ont été plus lyriques. 7 a 77 ans. Réalisme sonore magique. 

1974. Fingerprint Files tirée de It's Only Rock'n Roll. Funk-rock expérimental paranoïaque inspiré des écoutes illégales pendant le scandale du Watergate, on y entend le soul de Philadelphie et le clavinet électronique. J'adoooooooooooore ce morceau. 

1976. Hot Stuff tirée de Black & Blue. Arrive Ron Wood. Mais ce n'est pas lui sur le morceau. funk rock aux parfums discos et de la musique de James Brown dont Jagger a volé toutes les danses sur scène. C'est Harvey Mandel de la formation Canned Heat, en audition pour le rôle qu'a laissé vacant Mick Taylor. Bon travail sur ce morceaux très dansant.

1980. Dance Part 1 tirée d'Emotional Rescue. Justement la danse. funk disco ultra rythme co-composé avec Woody. Tenu pas un riff qui fait taper du pied, et l'addictive basse de Bill Wyman. Les percussions de Watts sont aussi très admirables. festif en ouverture et sa seconde partie aussi, en fermeture. Bowie les copiera la même année avec It's No Game en ouverture et une variation du même morceau en boucle, à la fin.

1980. Down in The Hole tirée d'Emotional Rescue. Blues traditionnel sombre et poisseux que Tom Waits a aussi chanté (le titre), hommage au blues de Chicago, ville fondée par ma descendance, et portée par un harmonica plaintif épique. Plongée dans la robine de fonds de bar. Sugar blue.

1986. One Hit To The Body tirée de Dirty Work. Morceau hard rock percutant réputé pour son duel de guitares rageur entre Jimmy Page, guitariste de Led Zeppelin et Keith Richards. Morceau d'ouverture de l'album qui commence en coup de poing.

1989. Sad Sad Sad tirée de Steel Wheels. Rock énergétique et rapide propulsé par des riffs de guitare tranchants et une section de cuivres percutante. Il ouvre de manière explosive l'album du grand retour de la fin des années 80. Hold on to Your Hat lui est aussi cousine en terme de ton.

1991. Sex Drive tirée de Flashpoint.  Funk-rock bestial dansant mettant l'accent sur une ligne de basse et des cuivres tranchants. Tessa Niles et Katie Kissoon brillent aux voix en jouant des lignes expressives de manière fort réussie. Formidable travail de choristes. 

2026. Divine Intervention tirée de Foreign Languages, disponible depuis ce matin. Boogie rock survoltée qui surprend par la présence de Robert Smith, de The Cure, à la guitare. Steve Winwood y est aussi, aux claviers. Pas surprenant que ça me plaise autant.                        

Je vous ai offert presque pareil il y a 10 ans. Mais me lisiez vous, il y a 10 ans ?

Et les Stones, c'est dans mon sang d'enfant, à maintenant.

25 chansons, pour leur 25e album studio, chez nous.

Que j'écouterai aujourd'hui en travaillant, surement.   

jeudi 9 juillet 2026

Tricher Mieux

Je vous le disais l'an dernier, les tricheurs, si ils revenaient au pouvoir, aux États-Unis, auraient appris du passé, et tricheraient mieux. Ils l'ont fait. Le font toujours. Et directement sous nos yeux. Le pédoprésident a littéralement laissé entendre qu'Elon Musk était si bon avec les ordinateurs, il a fait que là où il perdait, il allait gagner. Le même pédoprésident a aussi confessé sans scrupules des délits d'initiés multiples, mais ce que disait Tricky Dicky Richard Nixon, dans les années 70, "if the president does it, it's never illegal" a été confirmé par une Cour du Mal Suprême l'an dernier. Si le président est en fonction, il ne peut commettre aucun crime. Ou quelque chose comme ça. 

Une enquête qui a duré plus d'un an autour du projet Freedom 250, qui culminait samedi dernier par le grotesque évènement national chaotique, a été rendue publique la semaine dernière, sans trop d'échos, encore. 

Comment une compagnie privée en est arrivée à contrôler le cirque de samedi dernier ? Siphonnant des millions de dollars d'argent des contribuables. Tout en récoltant les données personnelles de millions de citoyens des États-Unis. 

En 2016, une chose rare se produit. Quelques Républicains et quelques Démocrates forment un comité ENSEMBLE afin de créer America 250, en prévision des fêtes du quart de siècle de samedi dernier. Ce groupe est formé volontairement bipartisan afin qu'aucun président ne fasse de cette fête, la sienne. (HAHA!)

Mais le pédoprésident narcissique a voulu quelque chose de différent. Il a voulu d'un party où il pouvait en tirer toutes les ficelles à son avantage. Gains personnels, politiques, financiers combinés. Il a d'abord tenté de prendre le contrôle d'America 250. Il a tenté de tous les remplacer afin que siègent dans ce groupe, des minions loyalistes MAGA. Mais ça n'a pas fonctionné. Le fraudeur naturel en lui a alors créé sa propre compagnie coquille afin de supplanter America 250, l'appelant Freedom 250. Cette compagnie coquille se cache alors dans le National Park Foundation, un regroupement gouvernemental. Pourquoi faire ça ? Ce faisant, ce regroupement de charité pouvait financer toute sortes de choses, sans jamais avoir à nommer ou identifier les donateurs/donatrices. Cette manière est un accès direct au président, et garde votre identité secrète sous la bannière d'un regroupement auquel on a confiance. Ainsi, ils ont affamé America 250. 

la foule le jour du 250e...
Le Congrès avait placé 156 millions de dollars pour la fête. America 250 s'était fait promettre 100 millions de cette somme. Mais en novembre 2025, le gouvernement fraudeur leur dit qu'ils n'auront au final que 59 millions. Le président can do no wrong. Mais dans les mois suivants, on trouve toutes sortes de raison pour ne leur promettre que 25 millions. Le reste des sous étant volé pris par Freedom 250. Des centaines de milliers de dollars sont ainsi anonymement redirigés. 

Mais suivons l'argent, c'est là que ça s'empire. SOUS NOS YEUX. Freedom 250 ouvre un accès direct aux corporations et en échange de scratch my back, I may scratch yours, on prend pas seulement les dons, mais l'argent du privé. Lockheed Martin, Exxon Mobil, Chevron, Mastercard, United Airlines, United Healthcare, toutes des compagnies qui font du lobby pour avoir de contrats gouvernementaux. Et pendant qu'ils signaient leur chèques pour Freedom 250, le pédoprésident échangeait leur stock sur les marchés financiers, au fur et à mesure, tout en en parlant en bien sur les réseaux sociaux, afin de faire fructifier la valeur des actions. Les minions du pédoprésident sont ensuite envoyé partout dans le monde pour solliciter les investissements étrangers. Le CEO de Freedom 250 s'est assis sur scène à Davos et a demandé aux portefeuilles dans la salle, "comment ils pensaient "former" l'Amérique à partir de l'Europe."

Des pays étrangers qui scénariseraient la fête des États-Unis. Il a appelé cela la liberté du marketing.

Selon les gens qui avaient investis dans America 250, peu, sinon personne ne savait que ça se dirigeait vers Freedom 250. Les donateurs ont été floués par ceux et celles qui sollicitaient. Les infos personnelles d'America 250 sont devenues possession de Freedom 250,  et ce qui était à l'origine non partisan a tout à fait la couleur de la fraude des républicains. C'est très potentiellement de la fraude de détournement de fonds. Freedom 250 amasse plus que de l'argent. Son site web est géré par le consultant web douteux Brad Parscale. Stratégiste du web personnel du président depuis longtemps, responsable de nombreuses de ses dérives virtuelles. En entrant ses données personnelles sur ce site, on donne au gouvernement des adresses, des lieux, des stats. On nourrit une machine de triche politique. Un site construit afin de profiler les voteurs. Les gens qui ne voulaient que fêter une fierté nationale, donne sans le savoir, à un parti probablement rival. 

Le gouvernement en place pousse fort pour effacer l'histoire des noirs, des autochtones, des changements climatiques et des pandémies. On veut réécrire l'histoire du pays, Le pédoprésident dit avoir parlé aux fantômes de George Washington et Abraham Lincoln. Ils ont investi des millions de dollars pour créer un hologramme de George Washington disant aux enfants que leurs pays est un cadeau de Dieu. Quelque chose que le vrai Washington, n'a JAMAIS dit. 

Ce qui devait être une soirée unificatrice a été transformé en bouillon religio-républicain. 

Brisant le mur voulu de Thomas Jeffersson, entre la religion et l'État. Et faisant de la religion le kool-aid national. Qu'on demandera de boire, le jour où on perdra tout. Cet agenda infuse du révisionnisme historique. 

Et apprends aux gens que sa nature est écrite dans la fiction biblique manipulatrice et non dans les révolutions passées, présentes et futures. 

Ces rats en poste devront un jour payer pour tout ça.

Sous

Nos 

Yeux. 

D'ici là, sous le vernis des célébrations d'un quart de siècle, c'est le détournement final de la démocratie des États-Unis, qui s'opère en direct.