J'ai lu beaucoup dernièrement sur des artistes qui "revenaient" (comme U2, The Cure) et sur ceux qui "gardaient le même son" et ceux qui avaient osé se réinventer. Assez délicieusement.
Enfin c'est selon. C'est toujours subjectif tout ça. Certains diront encore que U2 fait toujours la même chose, ce qui reste injuste et je vous les offrirai dans les 10 artistes plus bas. Mais The Cure offre aussi du pur The Cure, on les reconnait dès les premiers accords. Et j'ai trouvé archi formidable.
10 artistes qui se sont renouvelés de manière sonore, favorablement, selon moi. Mais pas juste moi.
Les ventes ont suivi.
Wire. Ce band de Londres a offert une trilogie à la fin des années 70, où déjà, le son allait changer à Vitesse grand V d'une année à l'autre. Le premier album est un classique punk, une année charnière. 1977. Le punk est au sommet de sa popularité. Leur premier album comprend 21 chansons, souvent très courtes, (moins de 2 minutes, même une de 28 secondes!), du minimalisme même musical par moments, où comme le style punk le suggère, on ne joue que plusieurs fois les mêmes trois-quatre accords. Les guitares sont cinglantes, la structure pop est déconstruite, l'énergie y est brute. L'album du milieu en est un de transition introduisant des morceaux plus mélodiques et atmosphériques. Le 3e album est considéré comme tout aussi intéressant. Ce sera leur plus vendu. Post punk expérimental, atmosphérique et même progressif. Les morceaux sont plus longs et plus complexes. Les synthés sont plus présents, les effets de guitares aussi. Production sophistiquée. On fera encore 14 albums sur les 41 ans suivants, mais ces trois là, où entre le premier et le 3e, en 3 ans, font un pas de géant sonore, resteront les plus mémorables et les plus payants pour eux.U2. Après le décevant album double Rattle & Hum, de 1988, qui suivait le phénoménal succès gospel/pop/folk de Joshua Tree, en 1987, U2 se réserve encore Daniel Lanois et Brian Eno à la production et se rend à Berlin pour y créer de la magie. Un album que plusieurs considèrent leur absolu meilleur, moi de même, certains jours, croisant techno rock, rock industriel, shoegaze, un bijou sonore qui les ramène au sommet du monde musical populaire tout en restant niché, en quelque sorte. Les deux tournées qui suivront seront des plus lucratives de l'histoire de la musique. Rarement auront nous vu groupe se réinventer si habilement avec autant de succès populaire et critique.
Eno revient tout de suite. Mais en solo.
Brian Eno. Enfin, je dis en solo, mais il se présente à nous d'abord, en groupe. Comme claviériste et bidouilleurs technique de l'excellent band Roxy Music. Il ne sera que des deux premiers albums des 8 du groupe de Bryan Ferry, Paul Thompson, Phil Manzanera, Andy MacKay, Graham Simspon. Sal Maida et Eddie Jobson. C'est ce dernier qui le remplace aux claviers. Mais le son qu'Eno explorait était peut-être déjà dans ce qu'il tramait avec Roxy Music. Son intro voulant reproduire l'atterissage lunaire de 1969, était presque déjà de style aérien. En solo, il lance 3 albums expérimentaux rock/pop de plonger plus précisément dans un style qu'il créera presqu'à lui seul, le nouvel âge. L'atmosphérique. Pas surprenant qu'il soit aussi devenu fin producteur/arrangeur aussi.David Bowie. En 1975, il ose le plastic soul. Après des années folk/rock glam. Son premier #1 en Amérique du Nord s'y trouve. Un formidable (personnellement) album de transition suivra, un album où il était si cocaïné, et en lutte contre tant démons intérieurs, qu'il préfère ne pas s'en rappeler. Mais en 1977, il se rend à Berlin pour se sortir de la drogue (échec), avec ses amis, dont le même Brian Eno, dans le même studio qu'investira U2 des années plus tard, pour y tricoter mon album préféré à vie, un album sans single car à 50% instrumental et aérien, et à 50% plus rock/pop. Le studio refusera son album d'abord, avant de finalement céder. La même année, il lance un second album et joue aux héros avec un giga succès qui est sa pièce titre, et qui lui garde la tête hors de l'eau, avec la maison de disques, mais qui reste encore krautrock, avant-gardiste. Bowie sera toujours quelques pas en avance et c'est pas pour rien que le caméléon lui était associé. Il était pour lui-même, presque tout le temps, réinventé.Rod Stewart. D'abord chanteur des Faces, puis chanteur pop et disco des années 70/80/90, il s'est toujours moulé aux styles que les époques commandaient, et avec succès. mais dans les jeunes années 2000, plus payant encore, est devenue son ère crooner. Amoureux de vieux standards musicaux, conscient de sont charme envers les femmes, et de sa voix au timbre unique, il a uni tout ça dans une sorte de chic, (route qu'a aussi empruntée Bryan Ferry, mentionné plus haut), reprenant majoritairement des morceaux jazz, de chansons contemporaines du passée, soul, du Great American Songbook. Il y fait une fortune. Encore maintenant. À 81 ans. Elvis Presley. Quand le king est revenu de son service d'armée, même si il n'a jamais approché des combats, il n'était plus le même. Il était l'acteur poche qui allait chanter dans des films poches, mais avec des chansons, souvent pas si mal. Mais quand les Beatles, les Rolling Stones, The Who, Pink Floyd, Led Zeppelin arrivent d'Angleterre, le roi est déchu. Et déçu. C'était lui qui donnait la direction musicale aux États-Unis et voilà que ces mal peignés...On lui fait faire "un retour" en 1968 avec ses camarades rock n'roll qui aura beaucoup de succès, mais c'est dès l'année suivante qu'il commence une résidence permanente sur scène, à Las Vegas, Il se réinvente mais invente aussi un nouveau concept moderne de résidence à long terme avec l'International Hotel où il offrira 636 concerts entre le 31 juillet 1969 et le 12 décembre 1976. Il prend du poids sous les yeux de tous. Ce qui lui donne du coffre pour le style soul qu'il épouse davantage. le pop théâtral, la ballade mélodramatique, et le music-hall. Nick Cave. D'abord punk Birthday Party, il sera avec ses mauvaises graines, post punk, 18 fois entre 1984 et 2024. Et avec Warren Ellis comme proche collaborateur. C'est en février 1996, le lendemain de ma fête, qu'il lance Murder Ballads, avec ses mauvaises graines, suite à sa rupture avec PJ Harvey, dont il parlera de ses cheveux noirs et de son visage en forme de coeur de manière exagérée. Il sera soudainement plus piano et moins guitares multiples. Plus gospel et sombre. Plus ballades noires. Il chante même aux funérailles de Micheal Hutchence dont il est parrain d'un des enfants. Le style chansonnier au piano, chanteur à textes, à la voix et aux propos profonds, le suivront jusqu'à nos jours. En solo comme avec ses musiciens préférés.Tom Waits. Je vous le détaillerai en 12 mois de dimanches l'an prochain. Quand il a derrière lui, 7 albums plus jazz, crooner, piano bar, smokey vibes, folk dylanesque, et une trame sonore partagée avec Crystal Gayle, il fait la rencontre amoureuse, de celle qui le transformera, Kathleen Brennan. Je sais qu'elle est amoureuse cette rencontre car non seulement, 44 ans plus tard, ils sont encore ensemble, mais aussi parce qu'elle l'a transformé, justement. Il devient plus avant-gardiste, expérimental, plus audacieux au niveau des percussions, plus théâtral, mais toujours, toujours, toujours, formidable. Je l'aime trop. Je tente de me rendre plus neutre d'ici 2027 afin de ne pas simplement l'encenser pendant douze mois de dimanches dans un blogue parallèle. Il développe son absolu style musical et vocal, pas pour tous, plusieurs préfèrent le plus accessible premìère partie de sa carrière. J'adore les deux.
Radiohead. Ce formidable groupe est aussi promis à des dimanches de détails. Mais sur 6 mois. Et en 2028. Et après 6 mois de Depeche Mode. Quand Hergé lance Tintin au Tibet, en 1960, il est au coeur d'une important dépression. Ses colorées aventures sont soudainement dans un décor majoritairement blanc. Quand les Beatles se séparent, mais en restant ensemble, ils lancent The White Album. Quand David Bowie lance Scary Monsters, Super Creeps, il se sort d'un divorce qui a trainé si longtemps, il n'est pas au sommet de ses humeurs. La pochette est aussi très blanche autour de ce clown triste. Ok Computer, un des 3 meilleurs albums de toute les années 90, sera aussi très blanc de la pochette. Le chef d'oeuvre a été créé dans la douleur collective. Mais oui, c'est un chef d'oeuvre, critique et public et la pression n'en sera que plus forte. C'est tard, trois ans plus tard, qu'on choisit d'explorer plus technologiquement, avec un autre chef d'oeuvre (personnel) d'une audace assez remarquable, alors qu'on passe d'un band qui jouait régulièrement à la radio, au contraire. Radiohead devient niché. Et aura son petit frère presque tout de suite après, comme Heroes pour Low avec Bowie, Sticky Fingers pour Let It Bleed chez les Stones ou Zooropa pour Achtung Baby, avec U2. Formidable aventure sonore.
Finalement The Clash. Il existe parfois un monde entre leur premier album, très punk, et le dernier. Le groupe propose dès 1978, déjà extrêmement pop*. Principalement amenée par Mick Jones. C'est ce qui fera une certaine distance entre Joe Strummer et Mick Jones avec le temps. Quand Strummer écrira plus pop à son tour, il ne s'aimera pas, et va demander à Jones de chanter son morceau pour lui. J'écoute Train in Vain et je peine à croire que c'est le même groupe qui chantait White Riot. J'aime tous les styles qu'ont exploré The Clash.
Un band, dont je pourrais peut-être vous parler certains dimanches de 2029...
* je savais que j'avais réussi comme père quand mon fils, à 10 ans, faisant de cette chanson sa chanson préférée
