samedi 24 octobre 2026

Le "Bon" Docteur

Au début des années 80, Robert "Bob" Bierenbaum et Gail Katz forment un couple envié à Manhattan. Ils incarnent la réussite sociale et le raffinement de la haute bourgeoisie new-yorkaise. Robert est un brillant chirurgien esthétique en pleine ascension. En plus de sa réussite médicale, il mène une vie intense : c'est un chef cuisinier amateur hors pair, un skieur émérite, un homme polyglotte et surtout un pilote d'avion certifié et chevronné. Pour une Femme, c'est plusieurs facteurs attirants. Gail Katz, de son côté est une belle femme, dynamique, qui prépare son doctorat en psychologie clinique à la Long Island University. 

Pourtant, derrière les portes closes de leur appartement de l'Upper East Side, la réalité est radicalement différente. Très tôt dans leur mariage, la personnalité toxique et le contrôle obsessionnel de Bob se manifestent. Il se montre d'une jalousie maladive et est sujet à des accès de rage d'une violence extrême. Un jour, dans un excès de colère noire, Robert étrangle le chat de Gail et la jette par la fenêtre de leur appartement. Gail y accordait plus d'attention qu'à lui. Une démonstration terrifiante de sa capacité de violence. La soeur de Gail remarque aussi que celle-ci a beaucoup changé. Elle semble nettement soumise à toute ses validations. Ce n'est pas la soeur qu'elle a connue. Devant les gens, il assit Gail sur ses jambes à lui, et la nourrit. Inconfortable. 

Gail prend conscience du danger. Inquiète pou sa sécurité, elle insiste pour que son mari consulte un psychiâtre. Bob accepte et voit successivement 3 spécialistes différents. Le constat de ces professionnels est sans appel : l'un d'eux prend une décision extrêmement rare et grave, en dérogation totale avec le secret médical: il écrit une lettre officielle à Gail. Dans cette missive, le psychiâtre l'avertit formellement que son mari a des pulsions meurtrières envers elle et qu'elle doit absolument le quitter si elle veut sauver sa vie. Gail garde cette lettre précieusement (nous sommes dans la première partie des années 80), mais les mécanismes de l'emprise domestique la poussent à repousser son départ. Elle confie toutefois à sa soeur, sa ferme intention de divorcer Bob. Elle commence à chercher un appartement, emprunte de l'argent et se prépare à fuir. 

Malheureusement, il est déjà trop tard.

Le 7 juillet 1985, Gail Katz disparait sans laisser la moindre trace. Bob attend de longues heures avant de signaler sa disparition aux autorités. Lorsque la police l'interroge, sa version des faits est simple et calibrée. Le couple a eu une violente dispute au sujet de leur avenir conjugal, après quoi, Gail, furieuse, a quitté l'appartement en trombe pour aller "se calmer" à Central Park (oubliant de prendre ses souliers). Selon lui, et ça c'est vrai, elle n'est jamais revenue. Pas le reste de son affirmation.

La famille de Gail, menée par sa soeur, refuse de croire cette histoire. Gail n'aurait jamais abandonné ses études, sa famille ses projets sans emporter la moindre de ses affaires. Pour sa soeur, il n'y a aucun doute, Bob l'a supprimée. La police partage rapidement ses soupçons. Mais elle se heurte à un obstacle juridique majeur: Il n'y a aucune preuve matérielle, aucune trace de lutte dans l'appartement, aucun témoin et surtout, aucun cadavre. 

Dans les semaines qui suivent, les enquêteurs découvrent que Bob est allé louer un petit avion de type Cessna 172 à l'aéroport de Caldwell, dans le New Jersey, l'après-midi même de la disparition de Gail. Plus suspect encore, les registres de vol saisis révèlent que les lignes correspondant à cette journée spécifique ont été falsifiées et altérées. Les registres du vol du 7, sont changés au stylo pour un 8 par dessus. D'une couleur de stylo différente... Malgré la forte conviction des policiers qu'il a utilisé l'avion pour se débarrasser du corps, la technologie de l'époque (les années 80) et l'absence totale de preuves médico-légales empêchent le procureur d'engager des poursuites. L'affaire stagne et finit par être classée parmi les dossiers non résolus. 

Pendant ce temps, le docteur Bob Bierenbaum continue sa vie comme si de rien n'était et se montre même agacé quand on lui parle de Gail. Il quitte NY, s'installe à Las Vegas, puis se relocalise à Minot, dans le Dakota du Nord, quand il sent la soupe chaude. Il y ouvrira un cabinet de chirurgie plastique prospère. Il se remarie, a un enfant, s'intègre parfaitement à la communauté locale et continue de séduire de nombreuses femmes en arborant un sourire impeccable de médecin dévoué. Pendant 15 ans, il échappe entièrement à la justice. 

En 1999, une unité Spéciale de la police de NY se penchant sur les dossiers froids, décide d'ouvrir le dossier sous l'impulsion de la famille Katz qui poussait dans cette direction. Et n'a jamais cessé de réclamer justice. Les procureurs adoptent une stratégie audacieuse. Poursuivre Bierenbaum pour meurtre au second degré, malgré l'absence de corps. 

Le procès s'ouvre en octobre 2000, à Manhattan. 37 témoignages. L'accusation repose entièrement sur un faisceau de preuves circonstancielles. Les procureurs dressent le portrait d'un homme manipulateur et violent. La fameuse lettre d'avertissement du psychiâtre est lue devant la juge, faisant l'effet d'une bombe. Le témoignage de navigabilité de l'appareil est l'élément central. Les experts démontrent qu'en analysant le temps réel de vol de Bob, ce dimanche de juillet 1985, il avait largement le temps de survoler l'océan Atlantique, d'ouvrir la porte en plein vol et de larguer le corps. Une reconstitution minutieuse prouve la faisabilité technique de cette manipulation macabre. 

La défense soutient que Gail était instable, consommatrice de drogues, et qu'elle a pu refaire sa vie ou se suicider. Mais le jury ne se laisse pas convaincre par le flegme arrogant du "bon" docteur. En novembre 2000, Robert Bierenbaum est reconnu coupable de meurtre et condamné à une peine de 20 ans de prison avant possibilité de demande de révision, sinon à perpétuité. Il maintiendra son innocence tout son séjour en dedans. 

Jusqu'en décembre 2020. 

Lors d'une audience de la commission des libérations conditionnelles. Réalisant que ses chances de libérations sont nulles si il n'exprime pas de remords, Bob Bierenbaum, 66 ans, décide enfin de parler:

"I wanted her to stop yelling at me, so I attacked her..."  

Il admet l'avoir étranglée à mort dans leur appartement. Il détaille ensuite calmement l'horreur de la suite: il a transporté son corps sans vie jusqu'à l'aérodrome, l'a installé dans le cockpit du Cessna, puis a décollé vers le large. Une fois au-dessus de l'Océan Atlantique, il ouvre la porte de l'appareil et a jeté le corps de Gail Katz dans le vide. 

Dans l'océan.

Le corps de Gail Katz n'a jamais été retrouvé et repose pour toujours au fond de l'océan. Si cette confession tardive a apporté une douloureuse confirmation à la famille de Gail. Elle a surtout mis en lumière la cruauté d'un homme qui aura feint l'innocence pendant des décennies, privant ses proches d'un dernier adieu. 

Sa soeur continue d'honorer sa mémoire sur le net, un centre d'aide dédié au soutien des femmes victimes de violences conjugales. Elle narre en partie le balado The Girlfriends sur Spotify, racontant tout ça. 

Quand le verdict tombe, sa soeur se fait serrer la main si fort par une inconnue à ses côtés, elle a l'impression qu'elle a une nouvelle soeur.  

Le jury déclare "le bon docteur" coupable aujourd'hui, il y a 26 ans.

Et oui, sa libération a été refusée, il va mourir en dedans.  

L'horrifiant abuseur manipulateur.

vendredi 23 octobre 2026

Faillite Démocratique

On vit de moments très importants en ce moment. 

Pas juste au Québec où on doit composer avec une droite pleine d'entrain, mais aussi avec la présence d'Eric Duhaime au micro trop régulièrement, si fier de se tordre le cou pour s'entendre parler. Qu'est-ce qu'il doit être excité en rétroaction, ensuite, en train d'en reparler, autour d'un café. Ark! Dans un Québec d'Eric Duhaime soyons Ruba Ghazal.

Mais au Canada et aux États-Unis surtout, c'est plus grave encore. 

Les É-U se sont déclarés ennemis mondial en aidant ouvertement la Russie et qualifiant même le criminel de guerre Putin "d'humanitaire", déclaration qui, à elle seule, n'est rien de moins que la plus grande fraude intellectuelle possible en ce qui concerne le despote. 

Mais la fraude la plus ouverte est celle qui se déroule aux États-Unis. Les sondages récents ne se trompaient pas beaucoup. On l'a encore vu au Québec, on a voté exactement ce qui avait été anticipé. Aux États-Unis, il y a plus de 8 mois que le président des États-Unis et son parti ne suivent qu'une tendance dans les appuis de leurs citoyens, and that way is down. Wayyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy down.

  Le président des États-Unis a atteint le 28% récemment. IL N'Y A AUCUNE CHANCE QU'IL GAGNE QUOI QUE SOIT AUX ÉLECTIONS DE MI-MANDAT !

Il est à 31% et les élections de mi-mandat, historiquement, font toujours perdre peu importe l'avance que vous aviez au Sénat et au Congrés. Les avances sont faméliques. Il est impossible, vraiment impossible que tout le monde change d'avis du jour au lendemain. Mais vous suivez l'actualité comme moi. Et dans le vote par anticipation, populaire cette année car on craint beaucoup du chaos organisé par le gouvernenement qui a promis les interventions du mouvement terroriste ICE, on choisit de se débarrasser de ça rapidement avant le 3 novembre prochain, jour rééel du vote. 

Donc on peut déjà douter des résultats car la fraude est absolue. Dans 8 États des États-Pourris, il fallait appuyer trois fois sur le candidat Démocrate si on voulait voter pour lui, le vote étant redirigé sur le candidat Républicain peu importe ce sur quoi on appuyait. Les Simpsons l'avaient encore anticipé jadis naguère. Le problème a été maintes fois signalé, dans les 8 États, mais le mal est fait.  

Quelqu'un qui tire une balle de fusil en votre direction et ne vous rate la tête que par un pouce et demi devient impossible à considérer comme fiable. Si la technologie est programmée contre toi, il y a toujours la solution du papier, mais là aussi, le terrain est absolument miné. Dans certains États, ceux qui prennent les bulletins de votes demandent de signer un papier après le vote qui, si non lu, annule ce vote. PIRE, on grifonne quelque chose sur le bulletin de vote, ce qui l'annule complètement. On a aussi inventé des prroblèmes d'adresse chez des voteurs qui habitent au même endroit depuis plus de 20 ans, et qui votent sans problèmes depuis plus de 20 ans. 

Bref, la triche est à "On" les pourris sont au pouvoir, aux kiosques, dans les programmations technologiques et au travail. À temps plein. Ce n'est pas pour rien qu'Elon Musk a réaterrit aux États-Unis, il y a un mois. La pratique pour le 3, se déploie. La stratégie du "so much shit, you won't remember what to hit" va fonctionner. Rien ne sera pleinement corrigé. On peu acheter les machines de votes et les milliardaires l'ont fait. Elles leur appartiennent. Ils en dirigeront la direction des vents. 

C'est absolument décourageant. 

Et le plus terrifiant dans ce désolant spectacle, ce n'est même pas la triche en soi. C'est l'anasthésie collective qui l'accompagne. On assiste en direct à la normalisation de l'inacceptable, comme si le fait de dénoncer ces aberrations sur les réseaux sociaux ou ailleurs suffisait à les annuler. Pendant qu'on s'indigne derrière nos écrans, les structures démocratiques s'effritent une loi à la fois, un algorithme à la fois. Ce qui se joue sous nos yeux, ce n'est pas seulement le résultat d'une élection au début de Novembre qui sera vraisemblablement truquée, mais la fin d'une illusion que le peuple a encore son mot à dire face à une oligarchie technologique et financière qui a déjà tout planifié.

Devant un tel constat de faillite démocratique, la question n'est plus de savoir si le système est corrompu, la preuve est faite, mais ce qu'il reste à faire pour ceux et celles qui refusent de baisser les bras. Il ne faut pas leur donner ce qu'ils veulent. 

Notre silence. Qui sera aussi notre résignation servile. 

Une fois le train déraillé, la fraude validée par des institutions complices, quelle sera la suite ?

Alors qu'on Québec, les mêmes dynamiques sont jalousées, et attendent sagement leur tour pour mettre le pied dans les mêmes salons. 

Le même fossé.

jeudi 22 octobre 2026

20 Chansons Qui Ont 40 ans

(à la mémoire de Karl Wallinger)

Donc, qui m'ont habitées quand j'en avais 14.

Begin The Begin de R.E.M.

Commencer par le début. J'aurais pu prendre n'importe laquelle des trois premières chansons de cet excellent album qui était un excellent 1-2-3 punch pour ouvrir un disque. Riff de guitares féroces rageur et batterie ultra puissante marquant un tournant politique pour le groupe. Reagan y est crêmé.

Nasty de Janet Jackson

J'étais très amoureux de Janet Jackson. Fusion de pop agressive, de girl power avant l'heure, et de new jack swing brut. Hymne d'émancipation féminine qui m'a toujours plu. Janet a toujours souffert de l'ombre de sa famille. Bénéficié aussi. 

West End Girls des Pet Shop Boys

Inspiré par le naissant hip-hop, James Cagney (les 2 premières lignes) et par T.S Eliot, morceau hypnotique capturant l'ambiance nocturne, sombre et glamour des rues de Londres. Avec son phrasé mi-parlé, mi-chanté et sa ligne de basse irrésistible jouée au piano électrique, la chanson n'a fait que gagner en qualité d'intérêt avec le temps. 

Red Rain de Peter Gabriel

Morceau d'ouverture du magistral album So, je le chantais (humblement) à la perfection dans notre sous-sol du 418. Née de la fusion d'idées de films inaboutis et de rêves récurrents de PG où il se baignait dans du vin rouge. Porté par la batterie de l'ancien The Police, Stewart Copeland qui imite en charleston, le bruit de la pluie.

Addicted To Love de Robert Palmer

Initialement prévu comme un duo avec Chaka Khan, ce sera le plus grand  succès solo de Palmer avec son vidéo de band féminins qui fera rêver les ados de 14 ans que nous étions. Riff de guitare inoubliable, batterie lourde, groove funk-rock, presque shoegaze par sa tapisserie sonore de cordes. 

She Sells Sanctuary de The Cult

Quelle manière de se faire connaitre ! Ce riff de guitare de Billy Duffy renvoie systématiquement à notre dorée adolescence. Pont parfait entre rock gothique, post punk et hard rock. Introduction psychédélique et hypnotique activé par erreur quand Duffy enclenche en studio toutes ses pédales en même temps pour rigoler. Un des hymnes alternatifs des plus fameux de mon ADN musical. 

Duel au Soleil d'Étienne Daho

Je serais menteur de dire que j'écoutais alors beaucoup de musique francophone, mais j'en écoutais. Etienne était parmi les élus. Ballade pop aux légers accents hispaniques qui évoque la douleur d'une rupture amoureuse brutale sous forme de défi western. Je rompais avec Clo en mars 1986.

No One Is To Blame d'Howard Jones

Reprise de son propre morceau, Howard s'adjoint les services de Phil Collins à la production, à la batterie et aux voix arrières. Merveilleux morceaux que j'avais acheté en 45 tours et qui plaisant à l'ensemble de ma famille. Phénomène rare. 

Time It's Time de Talk Talk

Morceau fleuve de plus de 8 minutes qui clôt l'excellent album The Colour of Spring, art-rock organique. Mélodie d'une grande sensibilité et enrichie par les choeurs solennels des Ambrosian Singers et d'une fin flutée qui me donne encore des frissons de nos jours. Tu nous manque musicalement, Mark.

Perdus Dans le Même Décor de Jim Corcoran

Folk rock québécois à la plume ciselée qui ose traiter de la solitude, même en couple. Autre chanson qui n'a fait que se bonifier comme du bon vin, avec le temps. 

The Future's So Bright, I Gotta Wear Shades de Timbuk 3

L'humour en musique masque souvent les messages plus importants qu'on veut faire passer. Ici, on parle guerre froide. Pourtant on retient le titre (ironique) d'un couple musical qui porte comme nom de band un jeu de mots avec la ville de Tomboutco (Timbuktu in english). Excellent groove. 

Why Can't This Be Love de Van Halen

Nadine. J'avais eu le temps de sortir avec Corrine, sans remarquer que Nadine, dans notre entourage, était charmée par moi. Je croyais ne pas être du tout dans sa Ligue. Mais Corrine repartira en Colombie-Britannique. Pas Nadine. On aura du beau temps ensemble. Bercé par cet album. Et ce morceau. Premier single de l'ère Van Hagar. 

Venus de Bananarama

Cette reprise tout à fait sexy de la chanson de Shocking Blue de 1969, propulse le sexy trio au sommet des palmarès. À 14 ans, testostérone dans le tapis, j'étais attiré par les trois. Et ce riff de guitare invitait à danser. 


Nobody's Fool
de Cinderella

J'ai eu une période Iron Maiden, Judas Priest, Def Leppard, Bon Jovi en raison des vestiaires de hockey que je fréquentais et dont je n'étais pas nécessairement le DJ. Cinderella était un dérivé de ses groupes métal et le premier single du band était une ballade qui m'a toujours plu.

Love For Sale de Talking Heads

Punk-funk énergique, satire grinçante du consumérisme et de la publicité des années 80, on s'amuse à y intégrer de vrais slogans publicitaires de l'époque. Vous pensez que ça ne pourrait pas toucher la cible sur un garçon qui un jour écrirait un blogue appelé Aucun Achat Requis ?

Mountains de Prince

Claps caverneux, cuivres éclatants, joyeux et optimiste, avec une risible chorégraphie de choristes dans le clip qu'on arrive pas à effacer de sa tête avec le temps, ce sera le seul morceau réunissant tous les Revolution sur l'album Under The Cherry Moon, qui suivait un des albums les plus vendus de l'histoire de la musique, avant que Prince ne les saborde.

Absolute Begginers de David Bowie

Chanson titre du film de Julian Temple, qui avait tourné du (long) clip pour David, ballade romantique doo-wop au ton cinématographiquement crooner. Saxophone baryton joué par Don Weller mais surtout magique voix arrière de Janet Armstrong, soeur de 22 ans du guitariste de Bowie, Kevin Armstrong. 

Bizarre Love Triangle de New Order

Monument de la synth-pop et du dance alternatif, c'était un incontournable pour faire danser les gens quand nous n'avions pas l'âge de consommer (ce que nous faisions quand même, loin des regards). Mythique.

Tonight Tonight Tonight de Genesis

La version de l'album de près de 9 minutes est formidable. Elle conserve les racines progressive du band et une longue séquence instrumentale tout à fait extraordinaire, sombre et hypnotique, menée par les synthés de Tony Banks et une rythmique de Phil Collins nous transporte complètement.

Ship of Fools de World Party

Ex-Waterboy qui venait de co-signer ma chanson préférée à vie. Vous pensez que je n'allais pas le suivre dans ses nouveaux projets ? Mise en garde environnementaliste et désespérée contre l'avarice et la cupidité humaine qui mène le monde à sa perte comme on peut le voir de nos jours. 

Karl Wallinger était adorable. Quand il est décédé, en mars 2024, j'étais autour d'une piscine à Las Vegas (dans les années saines Biden) et suivait les Oscars sur mon téléphone en après-midi, au gros soleil quand j'ai été alerté de son départ pour un autre monde. J'en ai été peiné de l'intérieur pendant facilement 24 heures. Il n'avait que 66 ans. Crise cardiaque. 

L'amoureuse a rejoint mon deuil quand je lui ai dit qu'il était le directeur musical de la trame sonore du film Reality Bites. 

Qu'elle avait aimé de bout en bout.

mercredi 21 octobre 2026

Green Day

 En 1987, deux jeunes guitaristes de 15 ans, de l'école secondaire de Pinole Valley High School, Billie Joe Armstrong et Mike Dirnt se partent un band avec deux amis qu'ils appellent Desecrated Youth. On joue dans le garage du batteur à Rodeo, toujours en Californie. Quelques mois plus tard, en octobre 1987, on se donne en spectacle devant public pour la première fois. On remplace le batteur en 1988. Le bassiste quitte dans la même foulée forçant Dirnt de remplacer sa guitare par la base. On est fortement influencé par un band appelé Operation Ivy dont les membres fonderont ensuite Rancid. On devient Green Day parce qu'on aime le cannabis. 

On les remarque et on les signe dès 1988, et en 1989, on livre deux minis albums. En 1990, on a un premier album, les deux minis, ensemble. Le batteur quitte pour faire l'Université, et sera remplacé d'abord temporairement par le batteur des Lookouts, Tré Cool. Restant finalement avec le band quand on fait des tournées les deux années suivantes qui les amènent jusqu'en Europe. On lance un second album qui ne vendra que 50 000 fois. Mais faire la première partie de Bad Religion (un nom de band devenu pléonasme avec le temps) aide à garder les sons en continu. Dans les milieux underground et dans les collèges ont fait jouer. Une étiquette majeure (Warner) s'intéresse alors à eux. 

Green Day, impressionné par son travail avec The Muffs, fait appel au producteur Rob Cavallo. C'est avec lui qu'on devient international avec l'album Dookie qui sera leur sommet commercial. Nous sommes en 1994 et jamais je n'y serai intéressé avant nos jours. Trop punk et à 22 ans, mes années punk à trois accords sont derrière moi. Je ne vois pas l'apport musical nouveau. Je me marre quand Geneviève Borne, animatrice un peu cloche de Musique Plus leur demande ce que veux dire Dookie et qu'ils sont gênés d'avoir à l'expliquer diplomatiquement plusieurs fois avant qu'elle ne le comprenne. Ce sont 10 millions de copies qu'on vend dans le monde de cet unique album. On sera de Lollapalooza et de Woodstock '94 où on est à la source d'une guerre de mottes de bouettes. Mike Dirnt se fait pêter la gueule par un garde du corps le méprenant pour un fan sur scène. Garde ta base sur toi, Mike. 

On se plaindra de l'hostilité jalouse de la scène punk de la Bay Area qui les accusent d'être vendus. Même leurs idoles. Jalouses. On fait un morceau pour un film pour adolescent la même année qu'on lance le 4e album. Plus lourd et moins mélodique, il vendra moins que Dookie, mais tous les albums suivants vendront plutôt moins. L'album est plus sombre. Épuisés, on annulera la tournée prévue en Europe. Malgré le succès grandissant. On travaille le 5e album qui sera lancé en 1997. Déviation expérimentale moins appréciées en général. Punk, pop, hardcore, folk, surf rock et même ska. Mais il y a toujours un morceau qui accroche bien avec le public. 

En 2000, Green Day lance son 6e album folk punk rock. Dans les 8 catégories où on est en nomination aux California Music Awards, ils remportent les 8. Ils sont héros, là-bas. On compose pour la franchise Austin Powers. On fera une tournée entre amis avec Blink 182. 

En 2002, ils enregistrent un album au complet présenti pour s'appeller Cigarettes & Valentines mais on se fait voler toutes les bandes maitresses et on se dit qu'on pouvait faire mieux de toute manière, on recommence le tout. Billie Joe se part même une étiquette de disques. Et on se déguise sous les chanteurs masqués de Money Money 2020 pour un projet plus new wave avant de collaborer à deux morceaux d'Iggy Pop, père du punk, aux États-Unis. En septembre 2004, on refait mouche avec American Idiot, un opéra punk rock. 5 mois plus tard, on sera au Super Bowl et on sera immensément populaires. On vend 6 millions de fois. Leur album suivant est en 2009. Suivi d'une trilogie en 2012. Billie Joe doit entrer en clinique de réhabilitation pour ses dépendances toxiques. 

Mais deux ans avant, American Idiot est adapté en comédie musicale à Broadway et devient un gros succès leur garantissant plus de revenus encore. 

On lance 3 autres albums entre 2016 et 2024. 

Avec Red Hot Chili Peppers, Pearl Jam, Soundgarden, Metallica, Nirvana, Oasis, Alice in Chains, Green Day, le grunge me sort de l'écoute populaire et de ce qui est prétendument intéressant comme musique dans les années 90. Je suis Portishead, Bjôrk, Duran Duran, Sigur Ros, Madeleine Peyroux, Tom Waits, Sam Phillips, U2, My Bloody Valentine, R.E.M., Morrissey, Jazz, bref, ailleurs. Dans les années 90, j'ai entre 18 et 27 ans. Je les terminerai papa. Green Day me parait adulescent. 

J'ai depuis fait la paix avec Nirvana, Metalicca et Billie Joe. Et avec le temps, ils m'ont gagné. 

Personnellement j'aime beaucoup Billie Joe. L'Homme,  

Billie Joe l'activiste, l'intègre, l'inclusif,  l'humain. 

Je me suis même fait une liste de lecture (comme Nirvana et Metallica il y a 1 an ou 2) d'1h27.

Puisque de tout manière, en octobre, il fallait les réveiller.

Septembre était depuis longtemps terminé.

La chaire à canon en Iran ne l'est pas. Terminée. 

Billy Jo est un modèle à suivre. 

Un verseau :) plus là dessus, demain. 

mardi 20 octobre 2026

Ce Qui Est Cassé En France

 Il y a un phénomène important qui se déroule en France en ce moment. 

Des manifestations qui cassent tout dans les rues. 

Étonnant qu'on réagisse ainsi en France pour des revendications dont ON NE PARLE JAMAIS, et qu'aux États-Unis, ont ait un autobus pleine de pédophiles à la Maison-Blanche, et des fraudeurs olympiques au pouvoir et que personne ne mette le feu nulle part. 

Les manifestations sont d'abord pacifiques. Toutes. Puis la République envoie sa sécurité qui les bouscule. Envoie-t-elle aussi les casseurs ? Bien entendu que ça escalade. Et ça dégénère. Et en soirée, on vous présente tout simplement une guerre civile. C'est comme pour les Gilets Jaunes, exactement ce qui s'est passé avec les Gilets Jaunes. 

Au départ, ce sont des revendications claires. Des Français qui réclament simplement un peu de dignité, des ourviers, des retraités, des artisans, des mères de famille, cette fois-ci, ça a commencé par les jeunes étudiants, qu'on regarde toujours de haut en France, il y a réelle hirérarchie entre générations et on est condescendants avec eux, Manu l'a toujours été, puis, des casseurs de banlieue, des briseurs de n'importe quoi, des carbutateurs d'adrénaline, envahissent les lieux et attendent l'ouverture, le prétexte pour exploser ou faire exploser. La pointrine qui fonce contre la poitrine de l'autre sans porter de coup, mais qui pousse sans donner le premier coup, pour ne pas être accusé(e) de l'avoir fait en premier, mais pour que le feu prenne. Des manifestants si nombreux qu'on arrive même plus à les compter et on panique avec la "sécurité". Et ces casseurs, c'est peut-être même le gouvernement qui les envoie dans les villes. Pour justifier les interventions musclées. C'est une méthode immensément ancienne de la CIA des années 50. 

Des prisonniers sont peut-être libérés pour y participer, des jeunes des banlieues entrent à Paris, sans être filtrés. Ni dans les gares. Les cassseurs débarquent. Les vitrines explosent. C'est un détournement de manifestation. Les voitures brûlent. Les commerces sont pillés. 

Et là, les docteurs de l'information mettent la machine à spin. Les marionettistes de la télévision. gérée par l'État, nous montre Micheline en pleurs, boulangère qui a été dévalisée et qui a tout perdu. Isabelle, qui a cotisé toute sa vie pour acheter sa boutique qui se retrouve à la rue, sa boutique saccagée, perte totale. On nous montre un jeune dont le scooter a été volé. 

Mais on ne parle jamais, jamais, jamais, JAMAIS, des revendications. Les 3/4 journal télévisé concocté par l'entourage gouvernemental et axé précisément sur tout ce qui a été cassé et qui sensationalise l'oeil, ne nous parle absolument pas de ce qui est vraiment cassé.

Le lien entre génération est cassé. 

Boomers et X, X et Y, Y et Z, Z et Alpha.

Le manifestant qui demandait du pain est transformé en révolutionnaire anarchiste dangereux qu'il faudra punir. Et le pouvoir qui devait répondre à sa colère se présente désormais en bon samaritain qui va sauver son peuple. Le pédoprésident fait la même chose à Chicgo et au Minnesota avec sa brigade terroriste ICE. Celui et celle qui ne voulait que remplir son frigo sans se ruiner devient horrifiant terroriste contre son propre peuple. Le pouvoir qui lui a vidé les poches est maintenant déguisé en assistant social avec le portefeuille du contribuable en auréole. 

Comment les casseurs peuvent casser en 4 et 5 jours sans être puni(e)s avant que les forces de l'ordre ne les freinent ?  Pourquoi les manifestant pacifiques, parce qu'ils étaient simplement là, finissent par être systématiquement associés à ceux qui détruisent tout ? Pourquoi si peu de journalistes qui auraient le couilles de couvrir la très très possible, voire certaine, infiltration parmi les revendicateurs/revendicatrices ? Vous commencez la journée en demandant de manger convenablement et vous la terminer en vous excusant pour une vitrine qu'on vous as appris qui était vandalisée. Mais que personne n'avait approché. Il y a même des images de casseurs qui reviennent de leur "journée de travail" sur le banc du passager des policiers. Sans menottes. Calmement complices. 

À ce ryhtme, le prochain voleur de banque pourra se présenter comme directeur de la sécurité. 

Quand une manifestation dégénère, c'est comme dans le sport, disons le hockey, il faut se tourner vers qui a laissé faire. Un arbitre qui ne sévit pas au hockey, les joueurs vont prendre un peu plus de libertés. Et pourquoi ? À qui profite politiquement toutes ces images. 

En France, casser une vitrine et visiter la cellule. Casser sa société, et vous aurez un voiture avec chauffeur, un palais et la légion d'honneur. 

Ce qui est cassé pour vrai, on ne le montre pas aux nouvelles. C'est la confiance dans ce qu'on nous montre. Dans ce qu'on nous dit. Dans ce qu'on nous fait croire. 

On ne voit pas toujours ce qui est cassé. 

Le contrat social et le dialogue avec les citoyens. Le droit aux manifestation paisibles. La cohésion républicaine. Désormais fissurée. La paix sociale. La légitimité démocratique. L'écoute mutuelle.

Le peuple se sépare de son gouvernement. 

La France est un couple qui se sépare. 

D'elle-même.