jeudi 14 mai 2026

Marde Bien Éclairée

Fondé en 1948, par l'attachée de presse Eleanor Lambert, pour financer le tout nouveau Costume Institute du Metropolitan Museum of Art de New York et célébrer l'ouverture de son exposition 0.5.4, 0.5.8, initialement, le "gala du Met" devait lever des fonds pour ce département de mode qui devait s'auto-financer. 

Pour 50$ l'entrée, on réunissait la haute société New Yorkaise pour soutenir la conservation des pièces de mode, historiques. Valoriser la mode, souvent éclipsée par Paris à l'époque. 

Mais dans les années 70, la chroniqueuse de mode et éditrice Diana Vreeland, inspire le gala à devenir un rendez-vous pour les portefeuilles des célébrités déplaçant à l'intérieur du musé. Lui donnant un nouveau côté glamour. 

Aujourd'hui, c'est l'un des évènements caritatifs les plus prestigieux au monde, récoltant des dizaines de millions de dollars chaque premier lundi de mai. 

Ce premier lundi était la semaine passée. 

Le grotesque enfle depuis 10 ans. Partout. 

Aux États-Unis surtout. 

Qui toussent dans notre cou. 

Autrefois, le gala du Met pouvait prétendre être de l'aristocratie de bon goût. Aujourd'hui, c'est maintenant simplement de la merde bien éclairée sous les projecteurs. Vous me trouvez dur? Comment devrait-on appeler une salle remplie de multi-millionnaires et de milliardaires déguisé(e)s en "oeuvre d'art" pendant que l'Étatsunien moyen vit une nouvelle version de la grande noirceur, en se demandant si il fait le plein cette semaine ou l'épicerie, car il ne peut pas se payer les deux. Les États-Unis lisent désormais les prix, (merci illégaux tarifs!) comme des notes de rançon. 

Le gala de cette année a été principalement financé par Jeff Bezos et sa nouvelle épouse Lauren. Non, pas Mackenzie Scott, l'une des plus importantes philanthrope de l'histoire moderne, le chauve fondateur d'Amazon qui limoge quand ça se syndique, et son épouse en plastique. Bezos & Bezos ont financé par le biais de commandites d'Amazon, mais aussi d'ami(e)s entrepreneur(e)s. Ce type de commandite privée a fait naître toute sorte de manifestations anti-gala, et plusieurs célébrités se sont aussi fait très public en disant qu'ils ne s'y présenteraient jamais. Il ne faudrait pas se surprendre de ces critiques qui fleurissent. 

Il n'est pas anormal que, face à l'un de évènements prétendus "culturels" devenant monument d'honneur pour les milliardaires et leur "influence". 

L'inconfort autour de tout ça est plus important qu'il n'y parait. 

La culture n'est jamais simplement la culture. La mode, n'est jamais simplement la mode. Un gala n'est jamais simplement un party. Ce sont des symboles et des signaux. Ce sont des déclarations sur qui formera la vie publique. Et de plus en plus, toutes les institutions au continent sont subtilement "achetées". Toutes par la même poignée de gens. Des médias. Du monde politique. Du sport. De l'exploration spatiale. De l'intelligence artificielle. Des salles de nouvelles. Des plateformes de réseaux sociaux. Et maintenant, de la mythologique l'esthétique de la culture elle-même. 

Si le gala du Met a déjà été vendu comme une célébration de l'art et de l'imagination, de nos jours, l'évènement coûte plus cher par table que le salaire annuel de la majorité des citoyens des États-Unis. Qui sont 350 millions. Ces souscriptions sont signées des mêmes faces qui représentent les grandes corporations. Qui accompagnent le pédoprésident dans ses délires. Qui le conseillent sur les taxes. Ces même corporations qui ne paient pas leurs employés ou en abusent. Ou sabotent leurs syndicats. Ou réussissent à extraire chaque once mesurable d'humanité chez les travailleurs exploités. 

Le symbolisme devient alors impossible à ignorer. Et cette tension fait naitre des manifestations. Pas parce que soudainement les déjà-trop-incultes Étatsuniens détestent soudainement les arts ou parce que les gens jalousent la beauté. mais parce que le grotesque s'expose quand on voit l'extrême richesse essayer d'incarner la sophistication. Particulièrement présentement alors que leur président fait couler son pays et que la plupart des Étatsuniens moyens n'arrivent plus à obtenir de stabilité dans la vie. 

Avant qu'on me bombarde en me disant "Qu'au moins, ça ramasse des sous pour le musée", je ne le nie pas, bien entendu, ça fera du bien. On dit même des records d'entrées financières.  Mais la vérité est si devenue difficile à décerner aux États-Unis...Surtout dans les chiffres. 

Mais ceci fait poser une question plus profonde et plus sombre aussi. Pourquoi l'art public survit de plus en plus par le mécénat des méga-riches ? Une société en santé finance sa culture parce que la culture enrichit son peuple. Une société malade attends que les gens riches la commandite. Comme les nobles des temps médiévaux payaient leurs peintres, musiciens, et gens d'esprit, pour leur cathédrales, le roi ou la reine. C'est du parrainage. Pas de la culture. Et certainement pas de l'art. Le danger du parrainage est simple.

Les gens qui financent la scène, commencent à se donner le droit de réécrire les scripts. Et voilà pourquoi l'histoire est toujours plus importante que la robe du tapis rouge où on se demande comment elle va aller à la salle de bain, celle-là. 

Les États-Unis de 2026 se développe, sans le cacher, une monarchie autour d'un roi Ubu, qui ressemble à une nouvelle aristocratie où la richesse n'achète plus seulement le confort, mais achète aussi le contrôle narratif. La légitimité culturelle ou l'accès politique. L'influence mercantile. Inhumaine. L'isolation morale ne fait pas seulement faire posséder aux riches des choses précieuses ou des trophées de chasse. Ils contrôlent de plus en plus l'atmosphère. À coups d'asphyxies. Et de laisses. 

Voilà pourquoi l'inconfort désarçonne. Pas parce que les gens jalousent le glamour. Mais parce que profondément en soi,  on voit EUX et NOUS. Dérivant vers quelque chose contre lequel on s'est fait prévenir toute nos vies. La concentration des pouvoirs et les prédateurs au sommet. Si immense que la vie publique elle-même ne fait qu'orbiter autour de la richesse privée.

Quand une nation commence à confondre l'oligarchie et la méprendre pour de l'aspiration, la démocratie commence à s'habiller pour ses propres funérailles.

mercredi 13 mai 2026

54 Ingrédients de Mon ADN Musical

Je suis musical. Mes amis le savent. Mes lecteurs/lectrices assidu(e)s aussi. On est deux comme ça, music nerd. Quand on joue à Hitster, il faut qu'on soit dans deux équipes différentes. Sinon c'est injuste.

Depuis le 4e jour de Février dernier, j'ai 54 ans. 

J'ai donc choisi de vous offrir 54 albums qui ont coloré, continuent le faire, mon ADN musical, dans l'ordre de découverte de ma jeunesse à nos jours (le plus possible). Ce sera le festival de l'hyperlien. Narcisse vous jase zizik.

The Dream of The Blue Turtles. Je viens de vous en parler. Je vous dirais bien Reckless aussi, acheté le même jour, mais je suis resté beaucoup plus longtemps dans la durée avec le premier album solo de Sting. L'écoute encore au complet de nos jours, parfois.

The White Album. Avec des parents nés en 1947 et 1948, donc Baby Boomers, je ne pouvais pas grandir dans une maison sans Beatles (et Rolling Stones). Si les premiers albums appartenaient largement aux favoris de mes parents, cet album double, découvert au secondaire, et qui était plus éclaté, était tout à fait surjoué de ma part. C'est l'album des 4 garçons dans le vent que j'ai le plus écouté. 

Led Zeppelin IV. Je me revois descendre le sous-sol du 902 Chemin St-Louis, l'émission "L'intégrale" qui joue à la radio du FM 93, émission qui consiste à faire jouer un album en entier de qualité et animée par un jeune Mike Gauthier. La radio est ouverte au sous-sol et je descends les escaliers en entendant les premiers accords de When The Levee Breaks. La digue a craqué. Un flot de guitare et d'harmonica me transporte. La chanson sera suivie de Stairway To Heaven. Un monde parallèle est né. J'écouterai le II à outrance et Houses of The Holy au meilleur de mon secondaire. Mais avec le temps III et Physical Graffiti, seront mes préférés. 

The Wall. Tout mon secondaire. Emo. 

The Rise & Fall of Ziggy Stardust & The Spiders From Mars. D'abord Ashes to Ashes, en vidéo. Je pense "bizarre et fort intéressant". Puis moins de 2 ans plus tard Modern Love, que je trouve fameux. Finalement le coup fatal, pas même un an plus loin, Loving the Alien, sur un album négligeable, j'ai une idole. Je rétropédale toute son oeuvre, sa vie, le suivrai jusqu'à la fin. L'album qui m'accompagne tout le secondaire et qui me fait aimer ma préférée de toute son oeuvre, (avec Loving the Alien et sa version de Wild is the Wind) est la première de ce parfait album. 

Standing in the Dark. 1985 je découvre Platinum Blonde. J'aurai sensiblement la même coupe de cheveux que son chanteur. Avec la couette pendue sur l'oeil, mais pas blonde. Leur premier album. pour mes jeunes oreilles, et encore aujourd'hui, est un sans faute pour moi.

The Unforgettable Fire. Les premiers accords de Sunday Bloody Sunday (Pas sur cet album) ou (Pride) In The Name of Love, dans un party du secondaire étaient le sommet unificateur de chaque soirée. Je les adore encore. J'aurai la cassette. Surécoutée.

So Red The Rose. De 1982 à 1985, Duran Duran est toujours sur mon radar. Et avec Wild Boys, je suis devenu hyper fan. Cependant, déjà on se sépare. En deux projets. John & Andy d'un côté, Simon et Nick de l'autre. Roger qui se partage, bien que plus Arcadia. Au point de prendre des photos du band avec eux. Encore aujourd'hui, j'écoute, incapable d'y trouver des fautes. Baroque, original, inspiré. Meilleur album de Duran Duran qui n'en soit pas complètement tout à fait un.  

Misplaced Childhood. Abbey Road, Sgt Pepper's et The Wall m'ont fait découvrir les albums concepts. Celui-là me suivra jusqu'à l'université. Un autre album parfait pour mes oreilles. Théâtral, inspiré par le LSD, suite musicale mémorable. Inépuisable.

The Smiths. J'ai 16 ans, une vie amoureuse comblée, et une copine qui me fait découvrir cet album dont j'ai aussi l'identique "six pack" (que je n'ai plus tellement, non) et la coupe de cheveux, ce qu'elle semble aimer. Je me revois lire sur le patio, l'été, quand il fait trop chaud, avec la radio qui me joue la cassette, avec un complexe système de rallonges branchées en dedans, mais qui se rend jusque dehors, à moi. The charming man

This is The Sea. Notre famille est irlandaise de souche. De par Daddy-O. Je ne suis pas versé vers la musique irlandaise avant d'entendre ma chanson préférée à vie sur cet album, (dont j'ai vu le vidéo avant), qui me fera rétropédaler l'oeuvre dont je me procurerai les 6 premiers albums. Celui-là,  le 3e, m'est magique. (Écrit un film entier sur la musique de leur premier album, inspiré). 

Music For The Masses. Chaque son, chaque image des clips d'Anton Corbijn, tiré de cet album me ramène rapidement au meilleur de mes 14-15-16 ans. Âge béni pour bibi.

Starfish. The Church comprend 3 guitaristes. Avec le temps, je découvrirai que la guitare m'est souvent indispensable à la musique que j'aime. Même si je viens de vous parler de Depeche Mode et que j'aimerai beaucoup de leurs oeuvres. Ce groupe Néo-zélando-Australien me fera verser inconsciemment vers le dream pop, et éventuellement, le shoegaze. 

Wish You Were Here. Un tout. Un splendide album qui s'écoute de bout en bout. Aérien. Touchant. Si intéressant,  j'en userai beaucoup la cassette. Dernier album vraiment "collectif" du quatuor Anglais.

Les 5 Saisons. Un autre album concept, le meilleur album Québécois à mes oreilles, chef d'oeuvre de 5 morceaux seulement, mais d'une perfection harmonique inégalée selon moi. Aussi folk que progressif et même dixie. 

 

Peter Gabriel (Car). So nous fait tous découvrir l'ancien chanteur de Genesis à 14 ans. Avec son vidéo sexuel déguisé en animation ingénieuse pour l'époque. Je consommerai beaucoup So, comme tout le monde, mais je rétropédalerai, faisant de Gabriel un temps, un de mes trois artistes préférés. Son premier album, acheté en cassette, je le connais par coeur. Je l'ai donc écouté souvent. (So aussi d'ailleurs). 

Houses of the Holy. Secondaire III, à la piscine chez le bon Docteur Breton, sur l'heure du midi. À faire des pirouettes du plongeon. Peut-être secondaire IV aussi. Plant lancera un album solo qu'on écoutera beaucoup et qui nous le fera voir en spectacle. Tout en nous replongeant dans l'oeuvre des immortels Led Zep. 

Exile on Main Str. Parlant d'immortels. Ils sont dans ma vie depuis ma jeunesse. Mes parents ont une compilation qui jouait souvent, enfant. Mon père est prof d'éducation physique comme celui de Mick Jagger. Ça plait à mon propre père. Qui a de l'ego comme Mick. Exile est un chef d'oeuvre pour moi. Lancé l'année de ma naissance. 

Low. Mon album préféré à vie. Dont les sons atterrissent en moi au bon moment, adolescent. Un album qui m'a fait pleurer. Planer. Un album qui me transforme. Peut-être la raison pour laquelle le orange est ma couleur préférée.

The Idiot. Indispensable compagnon du quatuor temporel Low, Heroes, Lodger, à saveur plus underground et plus sombre de la part du parrain du punk, qui ici, est simplement plus près de Joy Division. Et l'ombre de Bowie y traine. Un des 4 albums les plus écoutés de ma part, à vie. Avec Low, et le prochain album dont je vais vous parler très maintenant. 

Blonde on Blonde. Dylan m'a toujours plu. J'ai découvert ses premiers albums qui m'ont poussé vers la guitare acoustique. Blood on the Tracks est formidable pour mes oreilles. Mais celui-là, ce double, je le connais par coeur. Poétique, impressionniste, sauvages sons de mercure et intemporel. Americana. 

Green. Oui, americana. J'ai adoré Document et Life's Rich Pageant. Que je confonds souvent tellement ils naviguent dans les mêmes trames sonores. Mais Green accompagne mon secondaire et son été. Avec les filles qui nous cherchent et vice-versa. 

The Velvet Underground & Nico. J'ai 2 de leurs cassettes. J'ai aussi Lou Reed en solo, deux fois. Quand je découvre Lou avec John Cale, Sterling Morrison et Moe Tucker (et Billy Yule dont j'apprends qu'il n'est pas Lou Reed tard dans la vie) je serai transformé. Théâtral, expérimental, étrangement traditionnel parfois, énigmatique, rock et si versatile. J'achèterai le coffret dans le futur qui réunit tout, même les démos, et je le conserve encore comme une Coupe Stanley chez moi. Bien en vue. 

Frank's Wild Years. Quand je commence à m'intéresser à Tom Waits, je ne sais pas par où commencer. Je demande à un disquaire du bout de la rue Cartier, à Québec qui me dirige vers un de ses albums les moins inspirés selon moi, probablement pour qu'il s'en débarrasse. C'étaient des CD usagés. Désormais, on passe au CD avec l'arrivée des années 90. Il m'avait dit que si tu aimes ceci, tu aimera tout TW. J'avais aimé, mais pas tant. J'ai rétropédalé et écoutant ses premiers, j'ai préféré. Mais cet album de 1987. Chef d'oeuvre pour moi. Tom Waits m'est extraordinaire. Je vous en parle 12 mois dans un blogue parallèle en 2027.  

Tommy. Parmi les premiers CD que j'ai acheté. Après avoir vu le film sur nos premiers VHS (1989?). Film que j'ai doublé avec un second VHS bien entendu. On est pirate ou pas. 

Deep. Peter Murphy était déjà dans mon oreille parce que sa voix me rappelle parfois celle de Bowie. Cet album m'accompagne au CEGEP et y est étroitement associé. Une perle. Je suis à un an de découvrir que la Femme de ma vie adore aussi certains morceaux de cet album. 


Lovesexy, J'enregistrai sur cassette vierge car j'ai honte de la pochette que je ne voudrais pas publique. La nudité mâle, avant 20 ans, exhibée publiquement, peut envoyer des messages confus. Mais j'ai toujours aimé Prince, et Bowie, et REM, et The Smiths, qui pourrait faire faire des associations plus ou moins justes sur ma personne. Cet album, funk à souhait, me plait de bout en bout. Surtout son second morceau. C'est son dernier bijou selon moi. S'écoute d'un bout avec bonheur. Encore aujourd'hui, en vous écrivant. Funk ensoleillé.

Le Dôme. Jean Leloup m'accompagne du CEGEP à mon passage universitaire. Je passe même à quelques pouces de lui, sans le remarquer tout de suite, dans un tunnel de l'Université de Sherbrooke, avant un de ses spectacles. J'ai assisté au lancement de son disque et j'ai plusieurs photos avec lui. Non, je ne les partage pas. Mais tout cet album, éclectique, et parfait pour moi. 

Desintegration. Chef d'oeuvre, sommet de ma vie pré-adulte. Avant d'adulter dans un monde, perdu. La virgule est importante dans cette dernière phrase.  

Dry. Ça y est, je suis amoureux d'une musicienne. PJ est tout ce qui me plait. Aussi féminine que "one of the boys". Mais surtout si talentueuse, elle apparaitra deux fois ici. Son premier long jeu est mal enregistré, mais contient des bijoux. 

Henry's Dream. Ce sera bientôt le rêve de Jones qui se réalisera en rencontrant la Femme de sa vie. Entretemps, je découvre Nick, ses mauvaises graines, travaille à l'université. sur le film Les Ailes du Désir, lancé en 1987, et Cave y est aussi associé. Je rétropédale même jusqu'à Birthday Party. Cave devient un de mes préférés grâce à ce fameux point d'entrée. Encore mon préféré de son oeuvre.

Achtung Baby. Une des plus belles réinventions tout en respectant son propre son. Je l'ignore encore mais alors que le monde musical m'écoeure avec son grunge, U2 plante peut-être la graine du shoegaze dans mes passions auditives. Je l'écoute plus qu'un an, sans relâche.

Goo. Sonic Youth est mon pont entre la radio que je n'écoutes plus et les nouveaux sons qui m'attirent. Assez expérimental pour me plaire, assez rock pour me garder sur terre, assez audacieux pour me satisfaire. Et Kim Gordon est plus cool que quiconque. 

Blood on the Tracks. J'ai vendu la mèche plus haut. Rarement aurais-je trouvé un album aussi intéressant de manière uniforme. Du début à la fin, la naissance d'un amour et la fin de celui-ci. Tout composé en ré ouvert et en mi ouvert. Formidablement abordable pour tous. Folk, sophistopop, parfait album. Le genre qu'on écoute du début à la fin sans s'en rendre compte. Toutes le fois. Toutes les saisons. 

For The Beauty of Wynona. U2 m'a fait découvrir Lanois, et cet album à lui seul m'a plongé dans le folk blues rock avec sa voix de doux fumeur. Riche et introspectif, 7 à 77 ans, et intime et atmosphérique aussi. 

Roxy Music. Baroque, aérien, glam rock, crooner, art rock, j'adore ce band dont j'avais acheté les trois premiers albums pour une bouchée de pain. 3,99 pour les trois si je me rappelle bien. Un de mes meilleurs investissements musicaux d'alors.  J'adore encore. Ferry et Eno en solo aussi. rétrofuturiste des années 70. 

Loveless. L'ultime album shoegaze au sommet de ma pyramide musicale du genre Je suis aussi très amoureux de Belinda Butcher. Parmi les 5 albums les plus écoutés de ma vie et que j'écoute du début à la fin, sans faute à toutes les saisons. Tapisserie sonore qui m'habite. 

Kind of Blue. Mon point d'entrée dans le jazz. Je ne sais trop qui m'a entrainé là, mes lectures peut-être. Coltrane, Mingus, Evans, Baker, Peyroux, Roach, Coleman, Rollins, Adderley, suivront mais mes cd seront plus multiples pour Miles qui joue de l'instrument dont je jouais au stage band, à l'école secondaire.

Penthouse. je ne sais trop ce qui se passe avec les femmes bassistes, Gordon. Weymouth, et ici Britta Phillips que je trouve si rayonnantes. J'aimais Galaxie 500, mais jamais autant que Luna et cet album que je connais par coeur et que j'ai écouté tout un été des années 90, culminant avec un spectacle au Café Campus. Avant qu'ils ne deviennent Dean & Britta, que j'ai aussi vu en spectacle. Où je crois n'y avoir eu d'yeux que pour Britta...

Vauxhall & I. Morrissey musical me plait beaucoup. Morrissey au civil, pas du tout. Faites vos recherches, il n'est pas aimable. Mais cet album, WOW! un des morceaux me bouleverse chaque fois. Les arrangements sont formidables. Les subtiles harmonies vocales entre autre.

Dolorès. Même scénario ici. Murat me plait sur disque, mais au civil, je le trouvais profondément immature. Mais avec cet album, je découvre sa riche oeuvre, son style, j'aurai plusieurs de ses albums. Et une liste de lecture formidable.

(). Écouter de la musique dans une autre langue ? Bien entendu. On veut la vibe, non ? La musique peut être sans paroles. Ici, on chante en islandais et en langue inventée. Intense et bouleversant. Cinématographique, même. J'ai écrit des scènes dramatiques sur cette musique.  

Play. Associé aux premiers jours de notre fils, né en 1999. Il dansait d'un pied, apprenant à marcher sur un des morceaux, avec papa. Toujours dansable et agréable. atmosphérique. Énergique. Bluesy.

Stories From the City, Stories From the Sea. Album très New Yorkais de PJ. Album de l'effervescence citadine. Thom Yorke de Radiohead que j'aime beaucoup aussi, mais n'ai alors que le premier album, y participe aussi. Pas une seule chanson de cet album ne me déplait. 

Garbage. La renarde Shirley Manson me charme d'abord avec Goodbye Mr McKenzie mais comme chanteuse de son band, dans les années 90, elle me plait encore plus davantage. Ce premier album est un sans faute pour moi. 

Different Class. Pulp n'a pas beaucoup eu d'impact sur nos radios ici, mais cet album pour moi est absolument parfait. Gothique, sombre, tout en crescendo comme je les aime. Vampirique. Bowiesque.  

Kid A. Ce sensationnel album me fera rétropédaler l'oeuvre de Radiohead. Il me fait penser à Low. aérien, exploratoire, avec aucune espèce d'envie d'être commercial comme l'ont été les deux derniers du band. Qui me les avaient éloigné de l'oreille. Trop près du grunge.  

In Rainbows est probablement un album que j'apprends à aimer parce que répondant à Ok Computer. Que je suis aussi forcé de réécouter plus attentivement. Je redécouvre 10 ans plus tard Ok Computer. 

Ok Computer. Un jour mon album préféré du band est celui-ci, un autre c'est Kid A, un autre sans fautes se trouve à être In Rainbows. Des génies musicaux. Je les adore. Ils cochent toutes les bonnes cases en moi. J'ai acheté un livre sur le band. Hâte de le commencer. 

The Suburbs. Bien que j'ai acheté et surécouté leurs deux premiers albums, je suis grand fans du groupe local Arcade Fire que je verrai 3 fois en spectacle. Ce 3e album jouera plus d'un an dans ma voiture. Alternant avec Aladin Sane. Pas par paresse, parce que je ne m'en lasse pas. Et donne naissance à ma chronique, une fois par mois. Ici.

Dommage Que Tu Sois Pris. J'ai une admiration sans limites pour Stéphane Lafleur dont j'ai tous les films en DVD. (Mais pas le dernier qui ne se fait pas). Son band de musique me charme tout autant. Chaque ligne de ses chansons me donnent envie d'écrire un texte. 

Reflektor. Un autre album double que j'écoute en avant-première dans la nuit, avant de l'acheter et aussi de l'écouter sans sauter un seul morceau, sur plusieurs mois, voir un an complet. J'adore cet album de bout en bout, leur dernier chef d'oeuvre en ce qui me concerne. Bowie y participe. 

Astral Weeks. Découvert sur le tard, probablement un des mes albums préférés à vie. Astral justement. Aérien. Associé à notre voyage à Hawaii. Autre cas de "j'adore l'artiste, mais l'homme est moisi".   

Delaware. Je découvre Drop Nineteens sur le tard et une passion démesurée pour le shoegaze, dont je ne me savais pas si fan. Mais du même coup, je me plains qu'il n'y a pas assez de guitares dans la musique de nos jours et parfois pas de création à la batterie du tout. Le shoegaze, c'est surtout les 2. ceci expliquant donc cela. Et ce band, j'adore. Il m'ouvre sur Slowdive, Lilys, Ride ou me ramène aux Cocteau Twins que j'ai aussi beaucoup aimé par le passé. Le shoegaze c'est aussi très féminin. 

13 Tales From Urban Bohemia aurait dû se trouver une place dans les années 90. Happé par leur écho Rolling Stones, puis absorbé par un côté Shoegaze aussi. 

Aujourd'hui ce sont les 54 ans d'un ami, un frère, mon rival de Hitster, Jake Kehoe, qui aime facilement 50% de ce que je viens de vous partager. Et aurait ajouté du Spoon, Regina Spektor ou Tragically Hip

Bonne fête, grand schtroumpf! 

L'humanité allume chaque jour de nouvelles étoiles, et un matin, la lumière gagnera. 

Même si parfois, on n'y sent que la nuit.      

mardi 12 mai 2026

Éléphants Dans la Pièce

J'ai entendu cette anecdote concernant l'ancien acteur, danseur, devenu réalisateur, mais aussi brillant chorégraphe et metteur en scène, Bob Fosse. Un homme avec lequel il est difficile de travailler car il a l'ego d'une diva, mais avec lequel on y arrive quand même. 

En 1971, il tourne son chef d'oeuvre Cabaret, tiré d'une pièce de théâtre à succès, et film pour lequel il caresse le projet secret de jouer lui-même le personnage du maitre de cérémonie, qui sera joué au final par Joel Grey (papa de Jennifer et qui sera oscarisé pour son sensationnel rôle). 

Fosse venait de tourner, avec 20 millions de budget, un film qui fait patate, n'en rapportant que 8, et il est plus ou moins désespéré. Il n'est pas le premier choix pour réaliser le projet, mais héritera du film quand même. Et pense pour vrai qu'il pourrait jouer le maitre de cérémonie du film Cabaret. Un personnage omniscient coloré qui sait que le Nazisme les avale et les condamne. Un véritable grand rôle que Grey tenait déjà sur scène au théâtre. Avec brio. Il retravaillera longuement son rôle en cours de tournage, ce qui irritera Fosse, avec une jalousie certaine car chaque fois, tout le monde adore. Sauf Fosse. jaloux. Qui cèdera toujours. Il a l'ego gonflant et reste fragile d'auto-validation. Quand le tournage sera terminé, il fera un party d'après tournage comprenant "ceux qu'il considère de son bord" tellement le tournage est acrimonieux. Mais c'est un cadeau Grec car ses "allié(e)s", à un certain moment de la soirée, seront tous forcé(e)s de dire devant tout le monde la plus belle des qualités de Fosse...à Fosse. Inconfortable. 

Vous voyez donc le genre...

Mais on en sera pas à un inconfort près avec lui.

Pendant le tournage, voulant prouver à Grey qu'il était meilleur que lui, il lui demande si Grey est capable de faire un salto sur scène. Grey lui réponds que non. 

Fosse choisit dont de lui montrer en en essayant un lui-même, tout de suite, là. 

Il se plante le visage au sol si solidement qu'il reste aplati face contre terre pendant de longues secondes, blessé assurément, mais probablement de manière plus profonde dans son orgueil. Autour on en sait trop comment réagir. Est-il mort? s'est il cassé le cou? on rit ou on crie ? Chose certaine il aura besoin d'une intervention. On appelle les secours, il est vite transporté à l'hôpital et dans les jours qui suivent, il continue de réaliser avec son visage tuméfié jaune mauve et rouge, et JAMAIS personne n'y fera allusion.   

Ce sera l'éléphant dans la pièce dont on évitera de chatouiller la plaie visible et ouverte.

Ça, c'est juste drôle. De l'imaginer aplati au sol, face contre le sol, et ensuite plein d'orgueil, en retraite pseudo confirmée de salto arrière. 

Mais ce qui se passe à la Maison Blanche ou ailleurs, mettant en vedette le sénile président des É-U, ne fait plus rire. 

Pas une, ni deux, ni trois, mais 14 fois, incluant hier, le pédoprésident s'est endormi en direct face aux caméras, quand les autres autour de lui, parlaient. Hier quand des Femmes, traitaient de "sujet de Femmes" (dans petite tête de linotte, probablement) il a roupillé en direct. Lui qui parlait encore tout récemment de "Sleepy Joe" en parlant de Joe Biden. 

14 fois, dans son second mandat le dément président en dormi en direct aux caméras. 

Et très rarement, les journalistes ont questionné ses sommeils en direct. Hier tout le monde était unanime. Sauf les Républicons (sic) qui disaient qu'il "clignait des yeux".

Oui, 17 secondes, les yeux fermés. La bouche s'est même un peu affaissée, et il ne manquait que la salive qui lui aurait coulé des babines. 

Et le culte est encore en train de le défendre. 

Est-ce que ce matin un(e) journaliste soulignera la chose ? 

Connaissez vous un(e) autre leader mondial qui s'endort en direct ?

Pourquoi cet éléphant n'est pas chassé tous les jours ?

Pourquoi simplement s'endormir 14 fois en direct n'est pas suffisant pour le destituer ?

Le 25e amendement n'exige pas que le président des États-Unis ait toute sa tête en tout temps ?

Ne serais-t-il pas normal de ne pas avoir un pédophile comme président ?

Oh? il ne l'est pas ?

Montrez nous les Dossiers Epstein qui le disculperait. 

Parce que son innocence dans ces dossiers n'existe que dans ses rêves. 

De jour comme de nuit.  Cette plaie a besoin de sel. 

lundi 11 mai 2026

Pleurer Sous la Pluie

La pluie ne tombe pas sur cette ville. 

Elle s'abat comme une punition. 

Dans l'habitacle saturé d'humidité d'une vieille voiture jaune, l'air est lourd de fumée de cigarette et de trahison imminente. Ils sont trois. Et aucun d'entre eux ne porte son véritable nom. 


Tout avait commencé 6 mois plus tôt dans un bar borgne du port de Brunswick. Elias que tout le monde appelait simplement "le chauffeur" n'avait jamais eu d'ambition, seulement des dettes. Il avait rencontré Victor, un colosse au regard vide qui portait des costumes trop larges pour cacher son Holster. Victor était le muscle, l'homme qui n'avait jamais su faire autre chose que prendre ce qui ne lui appartenait pas. 

Puis, il y avait Elena. Qui ne devait jamais faire partie du plan final. Mais Elena possédait la seule chose que l'argent ne pouvait pas acheter: l'accès. Elle travaillait comme assistante pour un consortium d'import-export qui servait de façade à un réseau de blanchiment. C'est elle qui avait fourni le code des chiffres du coffre, les horaires des rondes et, surtout, l'emplacement de la mallette. Ils n'étaient pas des professionnels, juste des gens désespérés cherchant une sortie de secours. Ils avaient convenu d'un partage égal. 

Mais dans le monde du crime, l'égalité est une illusion qui s'évapore dès que le cuir de la mallette touche les doigts. 

Victor, marche avec cette mallette comme si il portait son propre cercueil. Elias est au volant, les mains tremblantes sur le cuir craquelé dudit volant. Elena est là aussi. Silhouette mélancolique sous un réverbère, son long manteau trempé, collant à sa peau. Multiples bracelets au poignet droit, regard inquiet. 

Le vol avait été étrangement calme. Pas de coups de feu, juste le clic métallique du coffre et le silence d'um jour de semaine sans histoire en campagne rustique. Dès qu'ils s'étaient retrouvés dans la voiture, tous trois, le silence était devenue une arme. Malgré la tension. L'adrénaline. Elena surveillait Victor dans le rétroviseur. Victor, lui, ne quittait pas le regarde foncé d'Elena. Il savait qu'elle était la plus intelligente des trois. Ce sont des choses qui se lisent dans les yeux. La manière de les faire bouger. La manière de poser ses regards. La durée de fixation qui inspire l'absolue confiance qu'on a en soi et en ses capacités. Victor savait aussi qu'elle n'avait plus besoin d'un chauffeur ou d'un homme de main une fois la frontière passée. 

La pluie commençait à s'infiltrer partout. Elle noyait les regrets. Alors que la radio diffusait une mélodie mélancolique - la voix haute d'un homme chantant qu'il pleurait sous la pluie pour que personne ne voie ses larmes-le trio s'enfonçait dans la zone industrielle. 

Victor finit par briser le silence "On s'arrête ici". 

Elias rangea la voiture près d'un entrepôt désaffecté. C'est là que tout s'est imprégné dans les mémoires. Des visages marqués par la fatigue et la méfiance, des regards qui cherchent une issue qui n'existe pas. Elena sortit de la voiture sans dire un mot. Ses bottes claquant sur le bitume inondé. Elle n'avait pas peur de la pluie. Elle l'utilisait comme écran de fumée. Le futur serait dissolution des âmes. 

Elias, le chauffeur, fût le premier à craquer. Consumé par la paranoïa, il tenta de démarrer en trombe pour écraser Victoir avec le bolide et s'emparer de la mallette. Mais Victor, prévisible dans sa violence, avait déjà sorti son arme. Deux détonations étouffées par le tonnerre. Elias s'effondra sur son volant sur-le-champs, Le klaxon hurlant une note monotone et lugubre dans la nuit. 

Victor, quand même touché par la voiture, est blessé à l'épaule par un éclat de verre. Récupère la mallette laissée tombée au sol. Il se tourne vers Elena, prêt à l'éliminer, elle aussi. Mais Elena n'était plus là. Elle s'était fondue dans l'obscurité des docks. Victor erra une partie de la nuit, perdant son sang et peu à peu, sa raison. Jusqu'à ce qu'il s'écroule de vertiges sur le sable mouillée de la plage, la mallette menottée à son poignet. 

Il fût retrouvé mort au petit matin, par des pêcheurs matinaux, mort d'hypothermie et d'épuisement. protégeant un trésor qui ne lui servait plus à rien. 

Quand à Elena, elle fût la seule à véritablement s'évaporer. Sous une probable autre identité. On raconte qu'une femme correspondant à son signalement fut vue quelques jours plus tard, à l'aéroport d'Hartfield-Jackson. Sans bagages. Sinon un enveloppe contenant assez de billets pour aller simple en Europe. 

Elle n'avait jamais voulu la mallette entière. Elle savait qu'elle portait malheur. Elle avait simplement pris sa part.

Une liasse de billets cachée sous son manteau. 

Laissant les deux mâles auxquels elle avait appris à ne jamais faire confiance, s'entretuer pour le reste. 

On dit qu'elle vit maintenant dans l'anonymat dans une petite maison du Portugal, isolée. Chaque fois qu'il se met à pleuvoir, elle sort sur son balcon en béton, sans parapluie. Porte son manteau, porte sa mini. Elle laisse couler l'eau sur son visage, se souvenant de cette nuit en Georgie, de la voiture noire et des 2 hommes restés là-bas. 

Elle pleure parfois mais jamais ne le confessera. Pour le reste du monde oculaire, ce ne devait être que des gouttes d'eau venus du ciel. 

Rappelant la pluie passée, un butin, la genèse d'un plan et les ombres d'une plage de la Georgie.