samedi 10 octobre 2020

Le Monde en Train de Devenir Rêve ou le Rêve, le Monde


Je faisais la danse de Madison avec ma fille. 

Comme le font Karina, Frey & Brasseur chez Godard dans Bande à Part. 

Je télétravallais donc.

Je venais de terminer mon livre signé Bruce Campbell, acteur de série films de série B fort sympathique qui avait été révélé par Sam Raimi en 1981 avec Evil Dead. 


Télétravail, encore. Ça m'a inspiré à réécouter Evil Dead.  J'ai aussi réservé Evil Dead II à la Vievliothèque. Film que je n'ai jamais vu. Et acheté Army of Darkness sur le web, film que j'avais alors beaucoup aimé, jadis. M'avait fait rire. Devrais le recevoir aujourd'hui si ils respectent leur 48 heures de livraison. J'ai écouté Holding It, Within The Woods, It's Murder!, Miller's Crossing, tous des dérivés inspirés du sympathique livre. J'en ai commencé un autre. Qui a inspiré librement les frères Coen pour Miller's Crossing. 


Télétravail, toujours. Je souffre comme ça jusqu'à mercredi prochain.  

Au 21ème siècle, nous nous devons d'être flexible. Rejoignable en permanence. Constamment mobile. Nous nous en trouvons perpétuellement stressés. Esclaves des dates de livraisons, des courriels, de la videoconférence, du téléphone intelligent surtout. Veux-t-on vraiment vivre sous tant de pression? Mais veux-t-on aussi manquer ce qui se passe? 

Il est peut-être temps de ralentir. 


L'oisiveté et les loisirs sont des moteurs créatifs et créent (justement), du bonheur. On a besoin de loisirs parce qu'il devient de plus en plus difficile, pour certains comme moi, de rester en contact avec soi-même. On est toujours distrait de son vrai soi avec tout l'espace mental que peut occuper les dizaines de moyens de communications disponibles dans nos vies. Aucune, comme dans n'importe quoi, n'étant parfaite. Développer ce qui est important pour soi, en amour comme dans la vie, est primordial. Les humains en auront toujours besoin. C'est une sorte de compas régissant nos vies. La mienne, celle de martien/vampire devenu humain, s'articule autour des trois axes du bien, les films la littérature et la musique, autour de mes proches, familles et amis, et autour d'emplois de moindres envergures. L'importance personnelle se trouvant presque toujours ailleurs qu'au travail. 


Apprécier le silence, savourer le moment, s'extraire du bruit, le choisir, voilà des choses difficiles pour bien des gens. 

Mais les loisirs ne sont pas toujours liés au temps que vous avez à votre disposition. Ça se rapproche beaucoup plus à la quête de soi. 

Prenons les enfants. Quand ils jouent, ils le font tout simplement parce que c'est amusant. Ils ne se soucient de rien d'autre que du moment présent. Ne voient pas le temps passer, ne s'amusent pas pour faire avancer leur carrière. Leur objectif: faire durer le fun. 


Le cerveau a besoin de se détendre de plus en plus souvent, en vieillissant. La vie d'adulte est une maladie qui dure longtemps. Nous recevons des tonnes d'informations, de partout et nos cerveaux doivent le digérer. De la même manière qu'on le fait lorsqu'on mange. 

On voit peu d'enfants pratiquer le jogging. Ce contact avec la nature, mais d'abord et avant tout, avec soi-même est extrêmement populaire pour les gens de mon âge. Celui de Jude Law et Gwyneth Paltrow. Un âge où la vie menace de spinner hors de contrôle en tout temps. 

"Moi, papa?"

Il est important de donner à nos cerveaux l'espace pour pouvoir ensuite voir tous les chemins possibles qui peuvent se présenter à nous. 

Passez une journée auprès de quelqu'un de calme et posé et vous verrez la contagion vous gagner. 

Je ne suis jamais plus détendu que lorsque j'écoute/découvre ma musique, un bon livre ou un bon film. 

Et ma blonde, ainsi que mes deux enfants, m'ouvrent des milliers de portes de possibles tous les jours. Même mon chat. 


Ce confinement forcé était tellement souhaité. Il sera maintenant dur à sacrifier mercredi prochain. 

Je le dis de plus en plus souvent en vieillissant, la liberté, la vraie, c'est le contrôle de son temps sur terre.

Combien de fois pensez vous y revenir? et sous quelle forme? On a pas tous mes moyens interspaciaux...


Personnellement je croque toute les pommes que je peux. Le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal planté au milieu du jardin d'Éden, selon un roman très populaire.

Au rythme d'une digestion réfléchie. 

En dansant le Madison avec ma fille et joggant sur un tapis roulant avec mon fils*.

Télétravaillant officiellement. 

*je vous dis pas ce que je fais avec l'amoureuse, ça nous appartient

vendredi 9 octobre 2020

Présidentiable


Avec deux candidats présidentiels bien avancés dans leurs 70 ans, et avec la cruauté qu'est la pandémie pour cette génération, le débat vice-présidentiel de mercredi dernier avait une saveur et une importance différente des précédents débats du genre. 

Mike Pence et Kamala Harris devaient prouver qu'ils seraient prêts, dès demain, à occuper le poste de président des États-Unis. Que la présidence soit ébranlée par une violente récession, la pandémie elle-même ou des émeutes, on devait prouver qu'on était "présidentiable"


Ce que l'homme d'affaires à la place de l'actuel président n'est pas, on le sait tous. 

Le débat, comme pas mal tous les débats, n'a pas fait de gagnant clair. C'est justement, sujet à débat. On a débattu sur deux visions de la vie en général en Amérique du Nord et on a surtout établi l'absence de leadership actuelle.

Une des questions qui n'a pas été posée à Mike Pence est celle-ci: "Expliquez donc le fond de votre pensée à propos de Mulan, Mr. Pence"


Les derniers mois ont  provoqué une légère tempête autour du film de Walt Disney, Mulan. Walt Disney est dans le processus (anti-scénariste) de refaire à peu près tous ses films d'animations en réalité nouvelle ou avec de vrais comédiens, ou les deux. Peu d'originalité, beaucoup de marketing. La réaction de Mike Pence, lors de la sortie du film, le 9 mars dernier, était celle-ci: "De toute évidence, Walt Disney essaie d'influencer la jeunesse d'aujourd'hui sur le rôle des Femmes dans les rangs militaires". 


C'était dit, avec dédain. Il rajoutait, sans se douter que Mulan était adapté d'un conte folklorique datant de plus de 1500 ans, et qu'il s'agit du pain et du beurre de Walt Disney d'adapter les histoires enchantées, d'y rajouter des chansons et d'y placer quelques animaux coquets :"Je soupçonne qu'un mal intentionné libéral chez Disney déduit qu'un changement social s'effectuera dans la génération prochaine et que de voir des Femmes militaires au combat est une bonne chose". 

Il ne se trompe pas sur le changement social que Disney fait opérer sur son public. Nous avons tous la jolie bouille de Bambi qui nous revient en tête, avec ses millions de jolis cils, quand vient le temps de parler de chasse et ça freine les élans partout dans le monde. Là où il se trompe c'est partout ailleurs.


Il disait, à propos du film, que c'est très instructif que Mulan tombe amoureuse de son instructeur-chef et que personne ne semblait en saisir l'ironie. Il précisait que les jeunes hommes sont toujours attirés par les jeunes Femmes, et vice-versa, et que de les enfermer dans des univers clos comme les services militaires ne pouvaient que mener à des liaisons amoureuses, des agressions potentielles, du brouhaha. En somme, que les Femmes n'ont pas leur place chez les soldats. Que c'était un ennemi de l'intérieur.


Si Mike Pence pouvait s'extirper de sa propre ignorance, il saurait que Mulan, dans le nouveau film du même nom, tombe amoureuse d'un égal. D'un soldat. De quelqu'un qui n'a aucune autorité sur elle. Il s'agit même de l'une des multiples "critiques" (conservatrices) autour du film. Plus grave est le fait que Disney a tourné à Xinjiang, là où on estime que plus de 1 million de Ouighours sont détenus et torturés par la Chine. Plus débile encore, l'actrice principale, Liu Yifei, chinoise d'origine, a pris publiquement parti en faveur de la répression policière contre les manifestants Hongkongais pro-démocratie. (Il faut savoir que depuis la rétrocession de l'Angleterre de Hong Kong à la Chine, Hong Kong veut continuer de vivre démocratiquement tandis que la Chine les veut soumiset à leur botte).


Issu du parti qui passe sous silence l'idée qu'une Femme est agressable sans réel souci, du parti qui voulait make America great again parce que sali par un Homme noir, je ne sais trop comment il s'est senti, affrontant verbalement une Femme noire qui est 10 fois l'homme qu'il ne sera jamais. 

La vérité autour de son opinion sur Mulan c'est que c'est une opinion répandue au sein des membres de son parti que la Femme n'est pas vraiment Femme encore avant d'avoir enfanté, d'avoir prouvé sa valeur dans une cuisine, dans la tenue d'une maison propre ou dans l'éducation de ses enfants. 


Et ça, en 2020, c'est encore largement impardonnable. Et 100% pas présidentiable. 

Les mal intentionné est celui qui tient la main d'un Dieu. 

Et dont même les mouches à merde collent au toupet.

jeudi 8 octobre 2020

Film Côté F

 C'était comme si les pantalons de celui qui se moquait des gens portant des ceintures, tombaient au sol.

Le cirque est revenu en ville.

Donald Trump et sa femme ont attrapé la Covid. 

Et même quand il a toutes les raisons de recevoir un certain capital de sympathie, il n'arrive pas à cesser de manipuler la vérité. Quand il a, lui ou son équipe de conseillers, voulu montrer qu'il ne cessait pas de travailler face à l'adversité, il s'est fait prendre en photo en train de signer...une feuille blanche...


 Dans sa bataille contre le coronavirus, le président des États-Unis ne connaît qu'un mode: la protection de son ego, même si cet ego menace sa propre vie.

Son séjour à l'hôpital a été à l'image de sa présidence: une catastrophe. Vendredi dernier, il a eu besoin deux fois d'oxygène et a fait suffisamment de température pour inquiéter tous ses médecins. Pourtant, le lendemain, ces mêmes médecins disaient que tout se passait bien. Un seul a finalement brisé le secret, dès le lendemain, incapable de vivre avec lui-même et a confirmé que non, il n'allait pas si bien, mais qu'ils avaient tous eu peur, mais qu'il ne fallait pas faire paniquer la nation. On manipule tant la vérité en tout temps dans son royaume que la confusion est permanente.


Mais dès dimanche, tout le monde avait des raisons de paniquer. Ding Dong Trump voulait sortir. Il a invité un photographe, l'exposant, lui aussi, à la possible contamination. Et ce photographe, ainsi que l'équipe rapprochée de Trump, ont tous placé leur vie à risque pour un peu de théâtre cheap. 

Ce qu'un de ses médecins, sous le couvert de l'anonymat a qualifié de pure folie. Médecin qui s'est vite désanonymisé parce qu'il a une certaine dignité. 


Il avait déjà fait le coup de la très mauvaise mise-en-scène avec une bible. Dans un comté naïf religieux où des protestataires avaient fait du vacarme, où la violence typiquement Étatsunienne avait rugit dans les rues, il avait tout simplement garder un visage de dépit et avait présenté une bible. Sans rien dire. Comme un chasseur de vampire brandit sa croix et son ail à la bête. Et certains poissons avaient mordu.

Il a fait la même chose cette semaine. Se présentant comme Benito Mussolini sur un balcon de la Maison-Blanche, masqué, il a théâtralement arraché le masque de son visage. Et n'a rien dit. Il a levé les deux pouces comme Fonzie dans Happy Days. Un personnage qui était placé dans les années 50. Une époque que D.J.Trump représente et saupoudre un peu partout dans son pays depuis le début de sa présidence. 


Il y a 4 ans, quand il a été révélé clairement et sans possibilités de nier que le futur président se vantait de choses comme grabbing women by the pussy, kissing women before they can stop me, and moving on a married woman like a bitch, tout, tout, TOUT aurait dû arrêter là. 

Le prédateur confessait sa méthode. L'homme d'affaire dont les casinos faisaient faillite et dont l'université avait été déclaré frauduleuse ne pouvait pas cadrer dans un paysage politique sérieux. Comme lorsque vous visionnez un film et que ça devient trop vulgaire très très vite dans les premières minutes, tout le monde aurait dû se lever de la salle et quitter. 


Mais non. On a réussi, aux États-Unis, à trouver charmant jusqu'au point de l'élire, un homme qui se vante d'agresser les Femmes. Ça en dit long sur le psyché populaire des Étatsuniens. On a alors sorti l'abject argument de la conversation de vestiaire, comme si ça excusait la simple idée, et comme si on y parlait pas d'êtres humains comme la Femme, et on a revendu tout ça au public sous l'appellation "no big deal". 


On a même redessiné le personnage comme une victime, persécutée par des médias qui exigeraient qu'il s'en tienne à des "standards publics impossibles". Un personnage qu'on esquisse encore au besoin, de nos jours. N'oublions pas qu'au même moment, "la victime" tentait de garder la tête sous l'eau de Stormy Daniels, avec laquelle il avait fait couchi-couchi et qui révélait la chose. 

TOUT aurait alors dû changer. Le droit d'une Femme de ne jamais se faire agresser est devenu négociable ce jour-là. 

Ça a pourtant eu un effet, semble-t-il, uniquement sur Melania. Qui choisit quand on se prend la main en public. Qui ne couche probablement plus dans le même lit puisqu'il sent les autres. Et qui garde cet air boudeur de la Femme cocufiée. Personne, dans son propre parti n'a jugé suffisamment grave sa manière de voir les Femmes (pas même les Femmes de son parti) et le mauvais film a pu continuer. On a choisi que la Femme ne serait jamais l'égale de l'homme dans ce parti. On sera du côté de l'assaillant si vous vous faites agresser mesdames, tenez-vous le pour dit.


C'est la partie grave du scénario. 

Nous sommes forcé d'être témoin d'un film coté F dont on ne peut pas sortir de la salle depuis 2016. Un film débutant par une agression morale et qui se poursuit avec du terrible théâtre.

Sortie de salle prochaine possible, dans la nuit du 3 au 4 novembre prochain. 


Quand les rues des États-Unis seront en totale anarchie.

C'est la fin du film, ou le début d'un nouveau.

Qui sera toujours coté F tant qu'on ne révise pas sérieusement le scénario. 

mercredi 7 octobre 2020

Cinema Paradiso********************Les Ordres de Michel Brault


 Chaque mois, tout comme le le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers jours) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu) je vous parle de l'une de mes trois grandes passions: le cinéma. 


J'y ai travaillé, j'en suis sorti, mais le cinéma ne sortira jamais de moi. Il s'agit de voyages sans frais et de nos jours, voyager c'est encore plus important qu'avant. 

Je vous parle d'un film qui m'a séduit par sa facture visuelle, son sujet, ses thèmes, son traitement, sa musique, son montage, ses trouvailles, sa cinématographie, ses interprètes, son scénario, bref je vous parle d'un film dont tous les choix m'ont plu.

Ce mois-ci, un choix s'imposait.

LES ORDRES de MICHEL BRAULT


4 ans après les faits, l'excellent directeur photo scénarise et tourne l'horrible période de la crise d'octobre de 1970, au Québec. 

Durant cette période, une cellule révolutionnaire du Front de Libération du Québec, kidnappe le ministre de l'immigration et du travail Pierre Laporte, qui lançait un ballon de football à son fils, sur le terrain devant chez lui, à Outremont. Ce sera son dernier geste d'homme libre. 5 jours avant, une autre cellule de FLQ avait kidnappé le diplomate britannique James Cross, mais l'écho avait été moins grand. Les revendications sont plus ou moins absurdes. 10 jours après avoir été kidnappé, Laporte, tentant de se sauver, sera assassiné. 


Pendant cette semaine noire, au Québec, le premier ministre Québécois Robert Bourassa s'avoue dépassé par les événements et exige de l'aide d'Ottawa. Le Premier Minable Pierre Elliot Trudeau, père de l'actuel premier minus, impose les mesures de guerre au Québec. Des chars d'assaut et des soldats peuplent les rues. On accuse, à tort, les supporters du naissant parti Québécois qui n'a que 3 ans. L'équipe de Trudeau fait dresser des listes de noms de gens sous la simple rumeur. Il compte en même temps noyer la nationalisme Québécois. On arrêtera sommairement, à toute heure du jour, sans mandat et sans besoin de s'expliquer à peu près n'importe qui, tant qu'on soupçonne une fibre nationaliste. 

Brault a raconte 5 innocents, brimés de tous leurs droits, pendant la Crise d'Octobre. Il raconte leurs mésaventures. Claude Gauthier, Hélène Loiselle, Guy Provost, Jean Lapointe et Louise Forestier se présenteront comme telle, comédiens, incarnant de vraies victimes innocentes de la Crise d'Octobre dont l'Acte de Loi sur les Mesures de Guerre suspendaient tous les droits. Ceci ajoute un niveau de réalité important au film. Tout comme l'absence presque totale de musique extra diégétique, comme dans la vraie vie. 


Le film sera basé sur des entrevues réalisées avec une cinquantaine de personnes. Chaque personnage en est un amalgame. Les noms de James Cross, Pierre Laporte, Robert Bourassa et Pierre Eliot Trudeau ne sont jamais prononcés. Le film est moins axé sur l'angle politique de la crise que sur le côté humain. Brault choisit, lorsque le personnage de Clermont Boudreau pleure, seul dans sa cellule, de tasser sa caméra vers le mur. Avec une élégante pudeur. Une discrétion tout aussi humaine. Un respect de l'intimité qui n'était pas de mise pendant la crise. 


En ces 50 ans d'extraordinaire horreur Québécoise, une des ombres les plus sombres que le Québec ait pu connaître dans son histoire, ce touchant film est encore une plaie douloureuse même si nous sommes conscient dès le départ que ce sera joué par des comédiens. L'utilisation du noir et blanc et de la couleur proposera, contre toute attente, le noir et blanc pour la vie dans les rues de Montréal et en couleurs pour la vie en prison. C'était aussi une économie de pellicule puisque la pellicule noir et blanc, contrairement à aujourd'hui, coûte beaucoup moins chère que la pellicule couleur. 

 


Brault sera accusé d'avoir filmé le "comment" mais pas le "qui" ni le "pourquoi". Il se défendra en disant qu'il ne prétendait pas faire du journalisme mais qu'il préférait tourner le côté humain de l'humiliation. Ce qui oblige aussi de la déshumanisation. 

Subtil et grand film de chez nous. Croquant un atroce abaissement collectif. 


Depuis hier, jour de l'enlèvement de James Cross, on peu voir, sur RDI surtout, de fameux reportages sur la crise d'octobre avec des témoins de l'époque, dont le fils de Pierre Laporte, émission diffusée lundi soir prochain. 

Les Ordres remportera le prix de la mise-en-scène à Cannes, ex-aequo avec Costa-Gavras, battant des Martin Scorsese, Michelangelo Antonioni et Werner Herzog. 

Seul le journaliste Pierre Nadeau appellera Brault pour le féliciter. 

De nos jours, Brault ferait la une partout pour un tel honneur internaDolan international. 

Mais la fragilité politique de 1975... 

Je n'ai pas encore ce film dans ma large besace. Mais il est tout entier disponible sur le net. 

Un douloureux grand film. 


mardi 6 octobre 2020

Télétravail


Ça y est, j'y suis. Aussi peu probable que ça semblait l'être, fin août, je suis forcé en télétravail. 

Et c'est plusieurs voeux exaucés.

Mais comment est-ce possible, Jones, tu répares, livre, reprend des bacs de recyclages, compost et poubelles? Tu es considéré comme un service essentiel. 


Commençons par le début. Fin août, notre entreprise fait une sorte de fête à Québec, où se trouve notre bureau chef. On a réservé des chambres pour nous à l'hôtel, on nous paiera le souper, les équipes de Québec et de Montréal trinqueront ensemble et patati et patata. Pour se rendre à Québec, on se mobilise, les membres de l'équipe de Montréal dont je suis s'organisent pour se rendre à Québec en co-voiturage. J'en suis. Il est entendu dès le lundi d'avant que je monterai avec Greta Barnak. Une femme vulgaire qui travaille dans nos bureaux. Comme ma conjointe et le reste de ma famille viendra aussi à Québec ce week-end là, mais plus tard, je n'aurai pas besoin d'un même voyage en sa compagnie. Le mal me semble moindre. Je ne pouvais pas m'organiser autrement, je suis toujours le premier parti le matin et le dernier arrivé, je ne croise pratiquement personne, c'est l'arrangement que j'ai trouvé. 


Mais ce vendredi-là, je n'ai pas de nouvelles de Greta. Je lui demande, à quelle heure elle s'attend à me voir au bureau pour qu'on parte ensemble. Par texto. Elle me répond d'appeler mon boss. Qui lui, n'y sera pas à la fête de Québec, car il avait un empêchement à l'extérieur, de longue date, déjà prévu. Je l'appelle tout de même sans comprendre, mais comme anticipé, il ne répond pas. Je redemande à Greta "Pourquoi? tu vas toujours à Québec? à quelle heure?" Elle me répondra, en anglais, comme voulant se détacher de sa propre phrase, qu'elle a été limogé la veille. 


Duh! Pour faire une longue histoire courte, je m'organise autrement pour m'y rendre mais ma visite au rassemblement de Québec devient politique et j'en profiterai pour leur rappeler que j'avais déjà mentionné que je ne voulais plus faire de la route. Que le travail que fait Greta, j'en avais aussi les habiletés. Que je pourrais être un de ses assistants, et beaucoup plus, maintenant. 


Ça fonctionnera. Depuis trois semaines, je suis formé à faire ce qu'elle faisait au bureau. La compagnie, extrêmement mal organisée m'envoie encore sur la route de temps à autre, je l'apprends trop souvent à la dernière minute, mais plus les semaines avancent, plus je suis bureau. Et je perds ainsi mon vendredi à la maison. Ce qui est un important deuil, puisque jusqu'à maintenant, je défonce encore mes heures en surtemps, puisque je fais toujours, au moins, une journée de route. (je dois aussi évaluer tous les abus qu'on tente de domper dans ma cour puisque ma nouvelle description de tâche n'est pas encore claire, mais ça c'est une autre histoire).


Mercredi dernier était ma journée de route. La plus difficile de toutes les routes on me la réservait toujours et mercredi était (doit) être mon chant du cygne. Il s'agit de la seule ville où on est accompagné d'un employé de la ville, ce qui comporte autant d'avantages que d'inconvénients. Avant la pandémie, cette personne était à nos côtés pendant la journée, dans le camion. Depuis, ils sont dans une voiture électrique qui nous suit. Et on se rejoint dehors pour travailler ensemble. C'est ce qu'on a fait G. et moi, la semaine dernière. 


Je ne connaissais pas le nom de famille de G. J'ai appris, vendredi dernier. 16h que son nom de famille pouvait être LaCovid. Il a été diagnostiqué covipositif, la ville nous l'as appris et a signalé que comme j'avais travaillé avec lui, je devais probablement aussi être retiré. Ce que je suis, depuis lundi. 

Mon patron m'appelait sur le chemin du retour du travail vendredi pour m'annoncer "la mauvaise nouvelle". Qui allait me faire jubiler. Je serai toujours payé par mon employeur, mais chez moi. Pour les 14 prochains jours. 


Dès que j'ai su la chose, je me suis rendu pour me faire tester. Une expérience fort désagréable. Après une attente raisonnable, en voiture, où j'ai avancé quelques chapitres de mon divertissant livre, je suis entré dans l'aréna, toujours en voiture, et sans jamais la quitter, on a pris un échantillon de ma salive au fond de ma langue me faisant faire "Ha!" 


"Monsieur, vous faussez un peu" m'a dit la gentille demoiselle. Elles doivent alléger la tension que cause tous ses bouleversements nouveaux, j'ai souri. La suite était plus intintérressante. Une longue tige allait me passer par le narine gauche, jusqu'au fond du palet, un chemin que rien au monde n'avait emprunté généralement dans nos vies. Ça défait d'abord l'imagination. Mais aussi, ça chatouille en diable! Je crois avoir dit à voix haute quelque chose comme "Godmotherfuck!". Ça dure 10 secondes qui paraissent très longues.  


Je suis, depuis, "forcé" d'en attendre les résultats. Ma job m'a dit que je devrais "travailler" de chez moi pour peut-être les 14 prochains jours. On m'a dit que les résultats arriveraient entre 2 et 7 jours (ce sera 7, believe me, et j'ai gagné une journée en disant au travail que j'avais passé le test, samedi).

La job m'a appelé lundi matin pour me dire qu'on viendrait me porter mon ordinateur. Ce qu'ils ont fait. J'ai pris la journée entière pour installer tout ça. 


J'ai aussi préparé ma semaine avec les visionnements prochains de Miller's Crossing, It's Murder!, Evil Dead II,  Army Of Darkness, Secret Honor, bien des curiosités à vous jaser, un livre à finir et un autre à entamer, bien du tapis roulant qu'on vient tout juste de se munir. 

Ma vraie semaine, se trouve là.

La liberté, c'est prendre le contrôle de son temps. 

lundi 5 octobre 2020

Poisons Politiques


La très peu équilibrée mère de famille de St-Hubert qui a envoyé de la ricine au président Donald Trump avait placée sa propre adresse derrière l'enveloppe. Elle avait creusé sa tombe et n'attendait qu'on la pousse dedans. 


Ceux qui ne l'ont pas vue ne le savent pas, mais ceux qui ont écouté l'excellente série télé Breaking Bad, ont été témoin d'un empoisonnement à la ricine qui a atteint son but (saison 5, épisode 16). En 2014, une Britannique, avouant avoir adoré la série Breaking Bad, avait tenté d'appliquer la même méthode pour assassiner sa propre mère, ce qui s'était avéré un échec. 


Il y a cette blague qui circule sur les Russes qui prétendent avoir trouvé un sérum contre la Covid-19. "Ne négligez pas leur talent à produire des sérums, ils sont des champions internationaux en sports à ce niveau!"

Si on pense poison, on pense Russie. 


Pas plus tard qu'en août 2020, Alexei Navalny, opposant idéologique à Vladimir Poutine, a été intoxiqué d'un poison créé lors de l'ère soviétique. Époque où Vlad était dans le KGB et connaissait très bien le poison. Bien entendu, Vlad trouvera que c'est un pur hasard qu'il soit empoisonné de ce poison et qu'en plus, il soit rival de son parti politique. Simplement malencontreux. Navalny a été transféré en Allemagne pour y être mieux soigné parce que dans son propre pays, les parasites locaux y étant plutôt absents.  


Sergei Skripal, agent spécial Russe, mais aussi agent double pour le compte des Britanniques, se fait coincer par les Russes qui le coffrent pour trahison en 2004. Toutefois, il est échangé contre des prisonniers Russes, en Angleterre, et Skripal reprend alors tout de suite du service comme agent double. 2018, il est retrouvé avec sa fille, tous deux inanimés, en Angleterre. Des analyses très sérieuses et à la fine pointe des dernières technologies confirment qu'il s'agit du même poison. Skripal et sa fille ont survécu, mais encore une fois, Vlad a trouvé, encore une fois que c'était donc inopportun. Puisque Navalny a été empoisonné en Russie et les Skripal, en Angleterre, aucune enquête du genre n'a été faite pour Navalny. C'est en Allemagne qu'on a décelé le novitchok. Les deux sont protégés et cachés quelque part dans le monde.


Raspoutine ne peut pas être évité si on parle de poisons. Rasput a eu une grande influence pendant un temps. Comme tout bon politicien soviétique, quand ont en veut plus, on choisit de s'en débarrasser. Non seulement était-il réputé pour être lui-même "guérisseur" et presque divin puisqu'il survit à presque tout, on le drogue au cyanure de potassium quand la jalousie atteint ses sommets. On lui donne une dose pouvant tuer 10 hommes. Mais Raspoutine survit encore. Ce seront 12 balles dans le corps qui le feront tomber. Mais encore, il ne mourrait pas. C'est en le poussant sous la glace qu'il a finalement poussé son dernier souffle. 


Contrairement à ce qu'on pourrait penser c'est dans les 20 dernières années que les empoisonnements politiques se sont beaucoup multipliés. Et surtout en Post-Soviétie.

Viktor Ioutchenko, candidat ukrainien et adversaire d'un dauphin de Vladimir Poutine, a aussi "soudainement" vu sa peau changer de couleur, vers 2004, ce qui ne l'empêchera pas de devenir président de l'Ukraine, de 2005 à 2010. Il avait été empoisonné à la dioxine. 


L'ancien espion tombé en disgrâce à Moscou, Alexander Livitchenko a pris une tasse de thé fatale en novembre 2006. Celle-ci était pleine de polonium 210. 22 jours plus tard, son coeur lâche et il meurt à 44 ans. Livitchenko commençait à enquêter sur les liens entre le gouvernement et la mafia russe. Plus précisément sur l'assassinat de la journaliste Anna Politkovskaia. Le polonium 210 est majoritairement concocté...en Russie, bien entendu. Poutine trouvera tout ça bien dommage. mais n'y verra jamais matière à sérieuse enquête. 


Mais plus loin encore, dans l'ère de Louis XIV, il y avait eu l'affaire des poisons, qui allait semer l'hystérie et faire grand scandale. 

Dans les petites heures de vendredi dernier, Bingbangbazooka Komikokarma!

La ricine ne se rendra jamais à Donald Trump, mais la Covid, si fake news, l'atteint, lui ses proches et sa tendre épouse.


Nous fait-il un Bolsonaro? pour prouver qu'on en meurt pas et qu'il est indestructible? Pour attirer la sympathie et faire remonter les sondages. Pour gagner le vote des Femmes, plus bienveillantes en général. Il a suspendu sa campagne hier. Légitimisant une idée que le résultat des prochaines élections ne pourrait pas être juste.


Mais il s'en sortira du virus.

Pourquoi?

Parce que le vrai poison politique, c'est lui.

Et qu'il est encore plus nocif que l'autre non solutionné.