dimanche 23 avril 2023

Faux Culs & Vrai Crocodile

L'intégrité.

C'est propre à chacun. C'est ta dignité, ta manière de la gérer. Je voyais un "ambassadeur" (lire marionnette/pion) du gouvernement chinois, en France, dire que les millions de morts de Mao Tsé Tung et le fait que Xi Jing Ping marche dans ses sillons, même si sa propre famille a été victime des purges de Mao, soient des "racontars" et je ne n'arrivais pas à me décider si sa dignité avait été larguée depuis longtemps ou si il avait été rempli comme une valise par son gouvernement et il a tout cru. Juste assez pour qu'il devienne intéressant pour la fonction d'ambassadeur de son pays: livreur de menteries. Ou de ce qu'on lui écrit.

Trop cynique dites-vous ?

Comment ne pas l'être de nos jours ? Vraiment ?

Chez nous, le (triste) ministre de l'éducation Bernard Drainville avait promis fermement que le projet du 3ème lien, un projet de pont routier reliant Lévis et le Vieux-Québec, ne serait même pas un cheval de bataille, mais un projet qui se ferait, tout simplement, si la CAQ était élue, peu importe ce qu'on en aurait pensé. Avec une fermeté qui inspirait la confiance et l'optimisme sur l'idée. Bien entendu, les crabes du 418 sont entrés dans le piège, le maire de Lévis le premier. Le projet était relativement terrible. Aucune étude pertinente sur l'impact du nouveau trafic alors créé dans le Vieux-Québec, mais surtout aucune mais alors AUCUNE transparence en ce qui concerne les coûts ou les études sur les impacts écologiques. 

Comme si on avait complètement prévu que ça ne se ferait jamais dès le départ, qu'on avait tendu la carotte devant les ânes du 418, pour avoir les votes, et une fois élus au pouvoir, merci bye!

Comme un chien qui aurait voulu un os, qu'on lui aurait donné, et qui aurait fui au loin sans jamais revenir.

Je n'étais pas tellement partisan du 3ème lien, mais je n'étais pas important dans l'équation, je suis Montréalais. Quoique j'ai beaucoup de famille et amis à Québec, mais une seule sur la Rive-Sud, travaillant sur la Rive-Sud, donc zéro impact pour elle. Mais je l'aurais payé en ostie. Voilà pourquoi j'étais plutôt contre. Tu ne nous dit rien sur le projet, tu ne nous dit rien sur l'impact écologique, bref tu nous caches toute, christ, comment je peux être fucking pour ?

Drainville, qui avait presque mis son siège en jeu en promettant cette réalisation, est apparu au micro suite à l'annonce de l'abandon du projet, et a fait un numéro de larmes aux caméras. S'excusant de cet abandon, aux gens de Lévis. 

Bon...

Drainville est un ancien réalisateur des nouvelles à la télévision de Radio-Canada. Il connait la caméra et ce que commande certaines images. En retenant ses larmes, (par orgueil aussi, surement, ça aide), il se rendait humain. Aimable. Noooooooot. 

On ne saura jamais si c'était honnête ou par simple calcul théâtral. J'ai cru voir une vraie peau de crocodile lui pousser quand la larme n'a jamais coulée. 

Pour Eric Caire, qui semble avoir autant de vies que Louis Morissette, Caire qui était tout aussi très investi dans le projet, son siège étant systématiquement en jeu, de sa bouche même, SUR la réalisation de ce projet; pour Caire donc, il ne restait qu'une seule chose à faire si il était moindrement intègre: démissionner. 

Mais nooooooooooooooooooooooooooooooon! Eric s'en calisse, peut-être même depuis le début, il a la limousine et le poste au pouvoir, le salaire et les avantages sociaux, la job, IL S'EN CALISSE. Il avait pourtant dit qu'il se battrait jusqu'à sa dernière goutte de sang. 

Je ne penserais pas cela si il y a tout juste quelques semaines, Caire, qui était très impliqué dans la transition numérique de la SAAQ, qui s'est avéré une des plus terribles adaptation bureaucratique des 50 dernières années, ne s'était pas 100% lavé les mains de l'énorme catastrophe sociale. 

Quiconque doit faire affaire avec la SAAQ, et c'est pas mal quiconque possède un permis de conduire, doit user de patience face à la chignole qu'est devenue si soudainement cette Ferrari.

Caire, qui était co-pilote du projet, s'en est sorti "indemne" comme si il avait toujours dit: "Moi je suis celui qui vous fournira les moyens, le reste, je m'en calisse. N'associez mon nom à rien. Vous serez le résultat. Moi, l'outil."

Beau capitaine quand le bateau coule. Véritable faux cul. 

Caire a dit qu'il resterait en poste, même si il avait officiellement mis son siège en jeu. Ce qui nous donne 108% le droit d'être cynique envers les politiciens. 

Parlez, parlez, parlez, jamais on ne devrait vous croire sur rien.

Sheila Copps, au Fédéral, avait fait la même chose, en promettant de quitter si elle n'arrivait pas à faire annuler l'invention de la TPS (Taxe sur les Produits et Services ). La TPS existe encore et pour toujours. Copps A démissionné. Mais, habile, a ensuite demandé à ses électeurs si elle devait reconsidérer et revenir. Ceux-ci ont admiré l'acte de contrition, l'intégrité, et ont voté pour qu'elle revienne sur sa décision. Ce qu'elle a fait. Ils avaient voté pour elle. 

Mais Caire a été élu par la Rive-Sud du 418. Un secteur très largement covidiot. Qui, si Caire démissionnait, se tournerait peut-être vers le vulgaire et honteux Eric Duhaime du parti CONservateur. Putain politique qui se collera à toute masse dilettante, si le poids du nombre s'y trouve. 

Mais Eric est si, mais SI mauvais en calcul qu'il ne réalise pas que c'est le cheval de bataille qu'il devrait monter si il veut entrer dans la cour des grands garçons (ou il n'a pas sa place). 

L'abandon du 3ème lien est une belle victoire en soi pour les gens sensés. Pour la terre aussi. C'était la journée de celle-ci hier. On s'excuse nous aussi.

J'espère toujours les gens sensés toujours plus nombreux que les morons. 

Ce qui n'est jamais une garantie.

Donald Trump à l'appui.

Ils sont les États-Unis d'Amérique

Nous sommes le Canada d'Amérique.

Le Québec d'Amérique.

Le mot commun est l'Amérique. 

J'aime pas ce qui contamine et qui nous arrive des faux culs. 

Donald Trump a redéfini ce qui était acceptable ou non en politique. Il semble que des politiciens qui promettent big, qui mettent leur siège en jeu, qui ne livrent pas, n'aient besoin que de s'en excuser.

Ou de crocodiliser des larmes qui ne viennent pas. 

Ne nous parlez jamais que nous sommes trop cyniques. Vous nous en donnez le droit.

samedi 22 avril 2023

Autour du Feu

Catherine Fournier est une très jolie jeune femme. Harold Lebel, un homme moyen dont le charme est à gagner. 

Les deux sont dans l'arène politique et font une tournée à Rimouski, comté où loge le député Harold Lebel. Nous sommes en automne 2017.  Catherine n'habite pas Rimouski. Elle doit se loger quelque part, les courtisaneries partisanes sont partout en province, ça fait parti de la joute de devoir se déplacer et de découcher à l'occasion. Lebel, un homme considéré gentil par plusieurs, peu importe les critères qu'on a trouvé le penser, invite Catherine et une autre femme à passer la nuit là où il habite. Catherine n'a pas de réelles raisons de s'inquiéter de quoi que ce soit, une autre femme y sera aussi. Elles seront deux, il sera seul. Il y a des chambres pour tout le monde. Elle ne devrait pas avoir de raisons de craindre d'autres types de courtisaneries. 

C'est probablement là qu'elle aurait aimé retourner dans le temps et refuser cette invitation en disant j'irai à l'hôtel, et refilerai la facture au parti. Mais elle n'a que 25 ans. Elle est verte dans le milieu politique. Le parti, si il sait qu'elle avait la chance de dormir sans frais et ne l'a pas fait, lui en voudra-t-on d'avoir choisi de faire payer le parti ? Catherine est éveillée sur sa carrière naissante et ne voudrait pas être celle qui abuserait de la caisse d'un parti presque mourant, le PQ. 

Mais qu'est-ce qu'elle connait encore de l'abus, à son âge ?

Catherine prendra une douche chez Harold Lebel. Pour des raisons extraordinairement inexplicables, un homme de 54 ans prendra ceci comme un signe d'engagement intime à son égard de la part d'une charmante jeune fille de 25 ans. Une permission d'atouchements, peu importe le consentement.

Pendant que l'autre femme dort déjà dans une pièce ailleurs, Harold prend la liberté d'embrasser Catherine qui ne répond pas à son baiser. Elle le repousse aussi quand il essaie de défaire sa brassière. Elle va se coucher, ébranlée, mais Harold se glissera à ses côtés, guidé par un instinct sexuel archi mal calculé, maintenant criminel puisqu'il la touche partout où ses mains en ont envie et que Catherine est tétanisée de frayeur. Il fait peut-être 4 fois son poids. 

Changée à jamais le lendemain, elle n'a pas envie d'en parler tout de suite. Elle est brulée de l'intérieur. Elle doit vite se regénérer. Elle s'est souvent positionnée à la défense des victimes, mais elle-même, être une victime ? Ça n'a jamais été dans les plans. Et elle travaille avec Harold chaque jour qui suivra ainsi qu'avec cette femme qui ne sait rien sur rien. Catherine craint l'impact sur sa carrière. Elle sait que les plus cons la blâmeront elle. Et des cons, il y en a des milliers et des milliers. Elle les rencontre tous les jours. Maintenant elle en côtoie un en tournée. Qui en a abusé. Elle quittera le parti en 2019, officiellement pour des raisons d'idéologies politiques. 

Si elle dénonce, elle sait que, personnage public, elle devra se réincarner autrement face à tout le monde. Qu'elle sera aussi perçue complètement différemment. Que les gens questionneront sa décision d'y coucher, de prendre une douche, pire, lui reprocheront la fraicheur de ses 25 ans. Sa candeur. 

Sa confiance en l'Homme avec un grand H. 

Mais à 54 ans, est-ce que les gens condamneront la peau de sanglier en rut ou penseront "N'est-ce pas normal de de désirer ce qui excite, plus jeune ?" Humain ? 

C'est aucunement humain quand c'est non consenti et que ça devient agression.

Il est normal de trouver des gens qui adorent faire des calins, mais anormal de les voir imposer leurs calins partout sur tout le monde si ils ne demandent pas le consentement d'autrui. Ça se comprend même chez les enfants. 

Ce qui s'explique moins facilement aux enfants est cette culpabilité fameusement sévère contre les jolies filles d'être tout simplement charmante, comme un homme peut choisir de l'être, sans craindre les mêmes choses. 

Autour d'un même feu, c'est possible de simplement profiter du regard et de la chaleur ? Pourquoi pour une Femme, faut-il toujours craindre d'être poussée dans le feu contre son gré ? 

Qu'est-ce qui, à 54 ans, te fais choisir de répondre à ton désir peu importe ? Y a -t-il blackout ?

Sinon comment pensez, ne serais-ce qu'une seconde, s'en sortir ? En se forçant sur une autre. 

La rationalité cède le pas à la passion du désir, en cicatrisant des tonnes de vies féminines.

Catherine a pris trois grosses années à garder ses plaies cachées. C'est au plus fort du mouvement #MeToo, zeppelin de cicatrices,  et alors que son ancien collègue André Boisclair, devenu déviant sexuel à temps plein, a vu l'identité de sa victime pleinement protégée aux médias, qu'elle a trouvé la force de dénoncer pour vrai. Sous les mêmes conditions. 

Mais Catherine est une Femme. On a (re) violé. Le secret cette fois. Et elle a choisi de s'identifier puisque ça allait se répandre n'importe comment. On lui a promis un documentaire qui a été diffusé mardi soir, que je n'ai pas vu mais que je compte bien regarder. 

Boisclair avait une victime mâle. Catherine n'est coupable que d'avoir été Femme.

Jeanne d'Arc était une Femme. 

On connait sa relation avec le feu. 

Harold Lebel est condamné à 8 mois de prison. Fera 8 semaines. 

Parce que le Québec e$t $i petit '$tie. 

vendredi 21 avril 2023

Quand Les Colombes Pleurent

Il avait vu le docteur Micheal T. Schulenberg, spécialiste de médecine familiale le 7 avril, puis à nouveau, le 20. 

Le 7, il avait dû déplacer deux performances au Fox Theater à Atlanta, de sa tournée Piano & a Microphone Tour. Il s'agissait d'une tournée où il se présentait seul au piano et "improvisait" ce qui n'était jamais toujours vrai pour un control freak qu'il admettait être. La déclaration officielle était que le spectacle était déplacé en raison de "l'influenza" du chanteur. Ce fût remis au 14 où, même si il ne se sentait pas tellement mieux, il allait performer pour la toute dernière fois. 

Le lendemain, dans son jet privé le ramenant à Minneapolis, tôt le matin, il est tombé inconscient. Un atterrissement d'urgence à dû être fait afin qu'il soit soigné en Illinois, où il a été traité, recevant du naloxone, un médicament bloquant les effets des opioïdes. Utilisé particulièrement suite à une surdose. 

Une fois conscient, il a quitté les lieux contre l'avis des médecins. Ses proches ont dit qu'il était déshydraté et avait "l'influenza" depuis plusieurs semaines. Le jour suivant, on le voyait faire du vélo à Chanhassen, au Sud-Ouest de Minneapolis. Il serait arrêté à l'Electric Fetus, un magasin de disques, dans le but d'y acheter des disques pour le Record Store Day. Il s'est aussi rendu à Paisley Park où un party impromptu avait lieu et a dit aux gens sur place qu'il se sentait bien. 

Le 19, il assistait au spectacle de Lizz Wright au Dakota Jazz Club. Le 20 avril, les représentants du chanteur ont demandé l'aide à un spécialiste californien en dépendances médicales et en gestion de la douleur. On a voulu un rendez-vous rapide. On s'est entendu pour le 22 avril. Un conseiller physique a été aussi contacté afin de lui faire un test de condition physique le 21. 

Mais à 9h43 du matin, le 21, un homme a appelé le 911 au bureau du sheriff de Carver County pour réclamer l'arrivée d'une ambulance à Paisley Park. Celui qui appelait à d'abord dit qu'une personne, sans l'identifier, était inconsciente avant de dire qu'elle était maintenant morte pour finalement dire qu'il s'agissait de Prince, le chanteur. Celui qui appelait était le fils du spécialiste de la Californie. Il était arrivé en avion d'urgence le matin même avec un analgésique qui pouvait lutter contre la dépendance aux opioïdes. Les premiers répondants ont trouvé Prince non alerte dans l'ascenseur. On a alors appliqué le RCR rapidement. Mais un paramédic a dit qu'il devait être mort depuis au moins 6 heures. Ils ont été incapable de le ranimer. 

Prince Rogers Nelson, 57 ans, a été déclaré mort à 10h07 du matin, aujourd'hui, il y a 7 ans. 4 mois après Bowie.

Le 2 juin suivant, l'autopsie révèle qu'il serait décédé d'une surdose accidentelle de Fentanyl. Prince y était vraisemblablement accro.  L'enquête a confirmé qu'il est mort seul.

Une enquête a été faite sur la source du fentanyl mais n'a pas donné de résultats concluants.  Il a été inhumé mais on a jamais trouvé de testament le concernant. Ce qui a été un véritable panier de crabe. Sa soeur Tyka, et 5 demis-frères et demies-soeurs avaient droit à des parts d'héritage. Divorcé deux fois, non remarié, et sans enfants connus/reconnus, on a estimé la fortune de Prince qui était tout simplement immense. En banque, en placements, en actions, en cash, en propriétés immobilières, en biens matériels et en voitures. 

Trois semaines après sa mort, plus de 700 personnes se prétendaient de la famille de Prince. Ils ont tous été testé par ADN et seuls les 5 demis-frères et demies-soeurs et Tyka ont été prouvés vrais. Les cendres de Prince ont été placées dans une urne en trois dimensions qui a la forme du Paisley Park qui aura été son royaume toute sa vie.

Du 21 au 28 avril 2016, 5 albums de Prince étaient du top 10 des meilleurs ventes en Amérique du Nord. Son nom vendait pour plus de 4,41 millions. Un streaming augmentant de 42 000 %.

Prince était la seule royauté mondiale que je reconnaissais.

Un livre plutôt raté, un brouillon, de Dan Piepenbring (& Prince) qui se préparait à devenir l'ultime biographie de l'artiste a été publié quand même et se consulte comme un oiseau dont on aurait coupé les ailes en plein vol. J'ai envie de tout réécrire. Mais du point de vue du fan. Un livre sur Prince Roger Nelson reste à faire.

Comment as tu pu nous laisse ainsi tout seul dans un monde si froid? Peut-être suis-je trop exigeant ? Peut-être suis-je comme mon père, trop têtu. Peut-être suis-je comme ma mère. Jamais satisfait.

Je promets, à partir de janvier l'an prochain un blogue parallèle comme je le fais actuellement pour Bowie, et le ferai en fin d'année pour les Stones, où une fois par semaine, je vous parlerai de la vie de Prince, chaque dimanche.  

Il était d'un grand talent musicalement. Et si platement humain.

Mais aussi un peu martien. 

Expliquant mon large intérêt pour l'exceptionnel musicien.

Dont j'admire une partie du parcours. Et dont j'envie sainement la vie. Mais pas le destin.

jeudi 20 avril 2023

Juliet Marion Hulme (1938-2023)

Juliet est née à Londres, tout juste avant la Seconde Guerre Mondiale. Atteinte de tuberculose, elle est envoyée dans les Caraïbes, en Afrique du Sud, puis finalement en Nouvelle-Zélande. Son père devient recteur collégial en Nouvelle-Zélande et la famille choisit alors d'y rester. 

Tous ces voyages ont largement nourri son imagination. Dans sa tête existe un monde parallèle auquel elle réfère souvent pour s'amuser. À l'école elle se lit d'amitié avec Pauline Parker, une amie de son âge. Elles s'amusent à se partager cet univers imaginaire ensemble. Elles s'entendent merveilleusement bien. Elles s'inventent une religion, un monde où interagissent Mario Lanza ou James Mason et se définissent une morale bien à elles. Mais la mère de Pauline n'aime pas l'association. Ce sont les années 50 et les gens trouvent que les deux filles rient trop ensemble. Se touchent trop. Se sourient trop entre elles. Semblent si "à l'aise" en présence de l'autre. Des rumeurs de lesbiennisme planent et ça agace Honorah Rieper, la mère de Pauline. Elle aimerait les séparer l'une de l'autre. L'influence de Juliet sur sa fille ne lui plait pas. Comme les parents de Juliet sont en train de se séparer, on projette d'envoyer celle-ci en Afrique du Sud, habiter un temps, chez un parent. Ce qui séparerait aussi Pauline de Juliet.

Les 2 filles n'entendent pas les choses de la même manière. Pauline voudra accompagner Juliet si celle-ci quitte. Et comme la mère de Pauline montre rapidement que ceci est hors de question, on choisit ensemble d'éliminer l'obstacle. On planifie de la tuer. Hulme a 15 ans, Pauline 16. La suite est moins complètement réfléchie mais elle implique qu'elles quittent pour Hollywood ou New York, et écrivent et/où travaillent dans le monde du cinéma. Rêve que concrétisera Hulme à long terme.

Le 22 juin 1954, les deux filles, et la mère de Pauline, Honorah Rieper prennent une marche dans le Victoria Park, en Nouvelle-Zélande. Le plan est de faire tomber quelque chose qui forcera Honorah à se pencher et, pendant qu'elle le fait, de l'assassiner d'un coup de moitié de brique placée dans un un bas nylon. Mais Honorah ne meurt pas d'un seul cfoup. Il en faudra plus de 20. Les deux filles se rendent "paniquées" vers quelqu'un disant qu'Honorah est tombée, mais les marques sur son corps ne feront pas tenir le mensonge bien longtemps.

    L'affaire era scandale en Nouvelle-Zélande et en Europe. Les deux filles, trop jeunes pour la peine de mort, sont envoyées en prison pour une durée "à la discrétion de sa majesté". Moins de 4 mois plus tard, les deux filles seront qualifiées de délinquantes et en déclin moral dans un rapport de la Moral Deliquency in Children. Elles ne feront toutes les deux, séparées, que 5 ans chacune. Sans jamais se revoir. 

Juliet, à sa sortie, retourne vivre en Angleterre et devient hôtesse de l'air. Elle vit aux États-Unis pendant un certain temps et joint The Church of Latter Day Saints en 1968. Elle prend maison, avec sa mère, finalement, en Écosse. Toujours très intéressée par les mondes imaginaires, elle se choisit le nom de Anne Perry comme auteure de livres mettant en scène des meurtres et des mystères. Thomas Pitt (puis Daniel, son fils) est son détective récurent engagé afin de démystifier les crimes. Personnage amnésique. Ce qui reste amusant considérant ce qu'elle aimerait peut-être oublier elle-même. Son premier livre est publié en 1979. Peu savent que Perry est Hulme. Sinon personne.

Perry écrira près de 30 livres de la série du détective Pitt, au moins 20 dans la série d'un autre détective, Monk, 10 livres pour adultes, 3 pour jeunes adultes, 11 ayant pour thèmes des mystères entourant Noël, se trouvant très régulièrement dans la liste des meilleurs vendeurs du NY Times. Elle vit facilement de sa plume, vendant plus de 10 millions de fois. 

En 1994, Peter Jackson, avant sa trilogie si réussie des Lord of The Rings, a fait un tout aussi réussi film sur l'histoire des adolescentes. Ceci mettra la lumière sur les deux femmes et on mettra à jour l'identité d'Anne Perry. Qui ne niera pas. Trouvant injuste qu'on lui ait empêché de s'exprimer en cour, à 15 ans, et que maintenant, elle apprenne, sans qu'on ait voulu lui en parler, qu'un film sur elle avait été fait. Se trouvant baillonnée tout le temps.

Jamais plus Hulme & Parker ne se seraient revues passé la prison. 

 Ou on été plus intelligentes et l'ont fait discrètement. Peu importe. Dans le film de Peter Jackson, c'est une jeune Kate Winslet qui incarne Juliet Hulme.

Malgré tout ce qu'on a présumé sur elles, elles n'ont jamais été homosexuelles non plus. 

En 2017, Juliet a quitté l'Écosse pour habiter Los Angeles où on commençait de plus en plus à adapter ses livres en films. C'était plus facile d'y habiter et d'en faire la promotion par la suite. En décembre dernier, elle a été victime d'une crise cardiaque. 

The Fourth Enemy, son dernier roman, a été publié début avril.

Le 10, il y a 10 jours. elle décédait, à 84 ans. 

Ironiquement, l'adolescente actrice que je découvrais jouant Pauline dans Heavenly Creatures en 1994,  Mélanie Linskey, nous était redécouverte justement il y a tout juste quelques mois, dans la série Yellowjackets. Suivie dans la saison en cours, chaque vendredi sur Crave. Puis maintenant suivie dans la série The Last of Us. 

Anne Perry m'était tout juste revenue en mémoire.  

Pour aussitôt la savoir disparaître.

mercredi 19 avril 2023

Espaces Biologiques

Dans les quelques dernières années, un mâle biologique, Leigh Fink, un représentant politique du Minnesota a été nommé comme "Femme de l'année" faisant la Une d'au moins trois magazines. 

Un mâle biologique, assistant secrétaire du ministère de la santé à la Maison-Blanche, Rachel Levine, a aussi été nommé "Femme de l'année". 

Un mâle biologique, Lia Thomas, a beaucoup trop gagné parmi les Femmes biologiques en natation au point de battre des records et de devenir athlète de l'année dans son sport. Mais depuis, on a légiféré et les transgenres n'ont plus leurs places partout en sports.

Un mâle biologique, Dylan Mulvaney, fait des milliers de dollars en étant porte parole et étant le visage de la féminité pour Nike, Tampax, Bud Light et Kate Spade.

Un mâle biologique. Michaela Jaé Rodriguez, a raflé le premier Golden Globe pour un transgenre dans la catégorie de la meilleure actrice dans un rôle dramatique pour la télévision.

La Femme n'a pas fini de se faire tasser. 

Le transgenrisme, l'homosexualité le simple travestisme n'a jamais eu autant d'exposition internationale. Et comme toute communauté oppressée depuis toujours, on atteint lentement mais surement le débordement. Cet univers n'est pas parfait. 

Il ne fait absolument aucun sens qu'un transgenre soit porte parole de Tampax. Le Tampax est une marque de tampon. Le transgenre est une recrue de l'appareil sexuel féminin. C'est même plutôt insultant de voir que ce sera quelqu'un qui fût un homme, vous faire la promotion d'une article nettement Femme depuis toujours. Il s'agit d'une version déguisée du mansplaining.  

Il est aussi incohérent et absurde que d'anciens mâles, qui ont souvent gardé l'ossature et la musculation mâle, soient inclus dans les compétitions sportives féminines. Ce dossier progresse bien, on travaille fort afin d'encadrer et légiférer intelligemment. 

La diversité de genre n'est pas un choix. Juste ça, demande des années et des années de compréhension. C'est une sensation intérieure. C'est comme la bandaison. Brassens l'a chantée comme elle existe. Elle ne se commande pas. Peu de gens le voit correctement ainsi. Ce ne sont pas l'influence des travestis sur les enfants qu'il faille craindre, mais les parents qui encadrent ces enfants. Sont-ils des Caroline Lessard ou des Gilles Proulx ? On a beau décrier Barbada racontant des histoires aux enfants dans les bibliothèques, des enfants qui comprennent que le personnage conteur est un homme déguisé, ce mâle biologique transformé a une formation et un talent d'enseignante. Ceux qui la critique, souvent, ont très peu de scolarité. 

Il y a eu belle unité et c'est rassurant, au parlement Québécois alors que tous les députés élus, de tous les partis, ont voté unanimement en faveur de protection contre la discrimination, contre la violence et contre le harcèlement à l'égard des artistes travestis voulant raconter des histoires aux plus jeunes. L'éducation, ça s'amorce dès qu'on  commence à comprendre. Et les enfants peuvent comprendre mieux que certains adultes d'aujourd'hui. Mais il y a le triste parti CONservasteur d'Eric Duhaime qui fait du surf immature avec les intolérants de la drag. Si il y a irresponsabilité elle est encore chez Duhaime. Ce n'est pas pour rien que son parti n'a aucun élu.

La Femme de l'année ne peut pas être un mâle biologique. La meilleure athlète ne peut pas être un mâle biologique. Le Femme de l'année et l'actrice de l'année non plus. Tout ça a été pensé par des adultes.  Voter ainsi, c'est voter pour une idée, un concept, un mouvement. C'est aussi effacer les Femmes biologiques. Vous remarquez que je mets presque toujours le mot Femme avec un F majuscule ? Ce n'est pas comme ça que ça devrait s'écrire mais je déborde volontairement. Puisque si on travaille à la Maison-Blanche, si on est athlète, si on veut vendre des produits féminins, si on veut gagner des prix comme meilleure actrice, et qu'on est juste Femme biologique, ce n'est pas toujours assez. 

Il y a beaucoup de niveau de "mauvais" là-dedans. C'est de l'hommerie qui déborde mal. 

La Femme est comme tout le monde. N'a jamais besoin de prouver qu'elle existe. Elle s'impose de par sa simple existence. La diversité des genres aussi. Sauf si on essaie de l'effacer. Là elle doit gueuler. La communauté noire l'a faite aux États-Unis dans les années 60-70. Pas toujours comme il fallait. La diversité des genres est comme ces gens ont compris leur vie. Imparfaite. 

En anglais on dit Don't hate the player, hate the game. 

Et profitez-en pour séparer l'orge de l'ivraie dans vos entourages. 

mardi 18 avril 2023

Il Ne Pouvait Pas Deviner Qu'il Sonnait à la Porte d'un Raciste Armé

Vous aurez l'impressionne d'halluciner en lisant la suite mais ça c'est passé pour vrai.

Jeudi le 13 avril dernier. 

Kansas City, Missouri, États Désunis d'Armérique.

Ralph Yarl est un adolescent de 16 ans. Il joue du saxophone dans le band de l'école. Il est aimé des gens de son âge. Il pense étudier en génie plus tard. Son petit frère joue chez des amis sur la 115th Terrace.  Toutefois, égaré comme les adolescents le sont parfois, Yarl se rend par mégarde à la résidence de la 115Th Street. L'y accueille un homme, qui ne lui laissera même pas le temps de parler. Il lui tire dessus une première fois, puis une deuxième une fois sur le jeune, au sol. Il dit ne pas vouloir le voir sur son terrain.

Les voisins appellent aussitôt le 911, dont les paramedics ne perdent pas de temps à venir chercher la victime et l'amènent à l'hôpital. Le tireur est vite arrêté, interrogé et gardé sous surveillance 24 heures. Yarl est blessé au bras et à la tête. Il est dans un état critique du jeudi au dimanche. Où finalement, il reprend du mieux et survit. Le tireur est libéré avant le week-end. La police veut interroger Ralph et avoir sa version des faits. 

Ralph a la peau noire. 

Pas le tireur.

Avoir la peau noire devrait être aussi anodin qu'avoir les yeux verts ou les cheveux blonds de nos jours. Une fois remarqué, who should give a flying fuck ? À moins d'aller te faire bronzer sur la plage, ça ne devrait avoir aucune incidence sur rien. 

J'ai grandi à Sillery. Entre 1973 et 1991. De 2 à 17 ans. On y a croisé assez peu d'éthnicité. Je ne crois pas avoir croisé 10 noirs sur mes 15 ans là-bas. Et j'étais très actif et très impliqué dans toutes sortes d'activités. Je pourrais tous vous les nommez. La région est un important clocher où les gens se connaissent plus que vous ne le pensez. Mais les 5 gars (Alexandre D., Edner B., Olivier L., Donald C., Nicolas B.) de mon àge, et la soeur de l'un d'eux, ont été des gens avec lesquels je m'entendais parfaitement. Deux jouaient au hockey avec moi, un était l'ami d'un ami, les deux autres allaient à l'école avec moi. Un de mon âge et l'autre un an plus vieux. Ce dernier habitait aussi Sillery et on s'entendait formidablement bien. On prenait le même bus. Mais jamais la couleur de sa peau, même enfant, n'a été un sujet abordé entre nous. Étrangement. 

J'ai aussi eu un enseignant Haïtien (Jacques D.) Il enseignait la religion, bien entendu. Reste que, puisque peu exposé aux humains à la peau noire, quand j'ai attéri à Montréal, en 1993, je me suis trouvé realtivement en retard sur la dynamique et la compréhension des humains à la peau noire. Qui étaient désormais beaucoup plus nombreux. Et habitant à ma troisième année à Montréal-Nord, majoritaires.   

J'ai même réalisé que je m'étais souvent inconsciemment interdit des incursions curieuses dans l'univers et les réalités des humains à la peau noire. J'ai commencé à lire Baldwin et Péan. J'ai écouté Spike Lee et John Singleton avec passion. J'ai découvert le génie de Stevie Wonder, j'aimais déjà Prince, maintenant je le vénérais, je découvrais Curtis Mayfield, Marvin, James, j'ai toujours été amoureux de Janet Jackson, je le disais maintenant ouvertement. Je suivais Tarantino depuis ses débuts et il faisait la part belle à l'univers des humains à la peau noire. 

Quand le grunge a pointé ses sons qui ne me plaisaient pas dans les années 90, je me suis tourné vers le jazz. Les humains à la peau noire y ont plu. Leur génie a aussi créé le rock'n roll. De nos jours, sur 400 liste de lectures, j'en ai facilement 60 d'artistes à la peau noire. Auxquelles je retourne souvent. Pendant 20 ans ou presque, j'étais ignorant des réalités des humains à la peau noire. 

 Avoir la peau noire n'est pas une menace en soi. Sinon face aux ignorants. C'est comme avoir les cheveux roux. Pas complètement laid, pas complètement beau. C'est toujours dans l'oeil de celui ou celle qui regarde.

Mes enfants me faisaient remarquer que je pouvais trouver spontanément très jolies Beyonce, Rihanna, Rashida Jones tout comme je trouvais Shakira, Bridget Fonda (il y a longtemps) ou Tiffany Amber Thiessen tout aussi formidablement attirantes. Je ne fais plus la différence tant que ça. 

Aux États-Unis, les humains à la peau noire n'ont les mêmes droits que tout le monde que depuis même pas 60 ans, encore. 

59. 

La route mentale sur l'égal à égal ne se trace pas au même rythme pour tous. 

Et comme tout le monde se donne le droit d'être armé, le droit d'avoir peur de tout et de se sentir menacé est aussi partout.

Ce sale pépé de 80 ans a vu un adolescent noir de 16 ans. Ne s'est pas questionné davantage. A tiré aveuglément. Sonner à la porte ne devrait pas être une menace. À moins d'être noir semble-t-il.  Une menace pour le sonneur noir. Fucking white fuck.

Ralph a survécu. Le reconstruction sera difficile.

Je lui souhaites sincèrement vengeance, un jour.

Au pays des Westerns.

Ou des millions en dédommagements. 

Aux États-Unis, les plus rednecks disent que le meilleur moyen de se défendre contre des mauvaises personnes avec un fusil est d'être soi-même une bonne personne avec un fusil. 

Faux de tous les angles, jeudi dernier. 

Seulement samedi, 9 nouvelles fusillades aux États-Unis. 10 morts, 8 tueries. 2 fusillades non mortelles. (2573179 & 2572582)

Pays malade qui refuse toute médication.