lundi 12 février 2024

Vivre Par L'Épée/Mourir Par L'Épée

1976.

C'était la formation Queen qui devait se présenter à l'émission Today, animée par Bill Grundy, une émission populaire d'après-midi, en Angleterre, qui prenait le pouls de l'époque. 

Mais un conflit de générations allait ruiner la carrière de l'animateur. 

Le chanteur de Queen, Freddie Mercury avait une urgence dentaire non calculée et on a dû, à la dernière minute, remplacer le groupe par The Sex Pistols et leur entourage. Une idée qui sera fatale à la vie professionnelle de l'animateur. Tendu de recevoir un groupe de gens dont il méprisait l'attitude et vice-versa, Probablement nerveux et manquant de jugement, dès sa première ligne, Grundy mettait un pied dans sa tombe. Il présentait le groupe en disant qu'ils étaient "as drunk as I am". 

Il se tirait une balle dans le pied. Voulant peut-être paraitre cool, il avait semé le doute et dans le doute, une fausse vérité s'est créée. À heure de grande écoute où les profanités n'étaient surtout pas acceptées, Grundy a été désorienté par ses invités au point que lorsqu'il s'adresse aux filles du Bromley Contigent, dont Siouxie Sioux, debouts derrière, et dit à l'une d'elle qui venait de lui dire qu'elle avait toujours voulu le rencontrer, il réplique du tact au tact qu'il pourront se rencontrer par la suite, ce qui a été perçu comme une proposition sexuelle. Comme Grundy était souvent sous l'effet de l'alcool, le doute était trop lourd sur son état, en direct, ce jour-là.

Grundy a en perdu son emploi, les Sex Pistols sont devenus sensation, Grundy a peiné à se retrouver du travail par la suite. Sa carrière ne s'en est jamais vraiment remise.

2006

Micheal Richards est ce comédien qui incarne Cosmo Kramer dans la fameuse quotidienne Seinfeld. Il était aussi ami humoriste de Jerry Seinfeld, ce qui l'avait aidé à obtenir le rôle. Quand il ne jouait pas dans la quotidienne (ou ailleurs) il était toujours humoriste sur scène. Là où on aurait du rire s'est déroulé du très vilain. Un soir qu'il était sur scène, se produisant à la Laughing Company d'Hollywood, là où les ego sont gros. Pendant son spectacle, un groupe de gens à la peau noire accompagnés d'amis hispaniques sont arrivés sur le tard à leurs place et l'ont fait dans le bruit. Richards s'en est beaucoup agacé et les as traité de stupide noirs et Mexicains. Ce à quoi de l'un d'entre eux lui a dit qu'ils ne le trouvaient pas drôle. Richards a aussitôt explosé en hurlant "He's a NI**ER!".

La foule s'est agitée dans l'inconfort comme chaque fois que ce mot infâme est prononcé. Richards a bien vu que le momentum changeait, s'en est insurgé en disant "Ben quoi ? Ça vous agresse? vous pensez que je ne suis pas agressé en ce moment ? et a répété plusieurs fois en criant le mot en N." 

La dérape était si totale que Richards, filmé par la foule, et le vidéo rendu public créant un tel tollé, a dû s'excuser pendant plus d'une semaine, à Jesse Jackson, à la télé, partout,  et s'est retiré à jamais de la scène et du micro. Il s'est excusé à bien des gens de la communauté noire mais jamais à ceux qu'il avait visé ce soir-là.

Il voulait créer plus agressant qu'il se sentait agressé, l'a fait sans utiliser son jugement.

2023.

L'animateur télé de la station Fox, Tucker Carlson n'a aucun jugement. Il pilote une émission de désinformation archi populaire parmi la sphère idiote et extraordinairement ignorante de la société Étatsunienne et anglophone. L'ignorance est immense aux États-Unis on en a pris la large mesure avec Donald Trump et 6.5 millions qui suivent un Ben Shapiro, une Ann Coulter ou un Rick DeSantis c'est beaucoup trop. Carlson fait faire des millions à sa station de télé. Mais celle-ci est poursuivie par le bon sens qui amène en cour tout le mal que sa désinformation créé au pays. Il est prouvé qu'on savait que ce qu'on disait était faux, Carlson inclus, mais qu'on diffusait les fausses infos quand même au nom de la popularité. Fox est mis à l'amende pour la somme record de 787 millions pour tout le mal infligé.

Carlson est aussitôt viré, étant général en chef et figure de proue de ce type de faussetés. 

Encore il y a quelques semaines, il a été invité par la terrible première ministre albertaine à venir conférencer, au nom de... je-ne-sais quoi...entre ignorants ? Il a parlé de notre pays comme si il ne le connaissait aucunement (prétendant le connaitre) et a continué sur des dérives fictives (comme "le fascisme de Justin Trudeau", l'idée que le Canada veut l'assassiner, ainsi de suite...) on aurait cru un enfant de 14 ans sous l'effet de la drogue. Même la terrible Première minus Albertaine, qui en était admiratrice, en a été gênée et s'est excusée de l'avoir invité.

La semaine dernière, pensant se faire renaître d'une historique rare entrevue avec le meurtrier dictateur Vladimir Putin qui n'en avait pas accordé à l'occident en plus de 2 ans, Carlson a encore fait chou blanc. Il a posé très peu de question, restant coi devant un Russe qui parlait Russe (ce que Carlson ne comprend pas) pendant des heures, quelque chose qui sera traduit pas la suite, en voix hors-champs. Vlad a principalement monologuer sur sa version de l'histoire de la Russie, remontant jusqu'en 862, oui pas de faute de frappe 862, jusqu'à nos jours, présentant la Russie comme une victime et justifiant sa guerre par une fictive nazification ukrainienne, et citant que l'Ukraine a toujours été Russe, une réécriture de la réalité et une omission du résultat du référendum de 1991. Entre menteurs, on se sentait familiers. Vlad a vertement enguirlandé les États-Unis, dans sa langue, ce que les traducteurs ont compris après en traduisant, voulant montrer à son peuple qu'il ne se laisserait pas intimider par les occidentaux. Trump, le dos rond face au petit Putin avait été aussi ridicule que Tucker la semaine dernière. Des courroies de transmission du mal. 

Vlad a aussi vanté l'intelligence artificielle, confirmant qu'ils s'en servent fort probablement afin de créer du faux pour la livraison de leurs nouvelles au peuple. Comme de faux nazis Ukrainiens, par exemple. 

L'exploit dans tout ça a été qu'il a réussi à jaser avec un président en plein génocide, et qu'il ait aussi réussi à absolument ne rien livrer de réellement pertinent.

On sort de leur rencontre sachant que Putin est le malveillant du conflit, nous en sommes convaincus.

Ce que Carlson n'a jamais eu le jugement de relever puisqu'il l'a toujours ouvertement admiré et a souhaité à maintes reprises que la Russie gagne sa guerre contre l'Ukraine. 

Vaincu con. 

Qui devrait pratiquer un autre métier que celui de troll de l'information. Il n'a pas le jugement d'un journaliste, avale et déferle des rivières de mensonges, n'était pas l'homme de la situation.

N'a offert que plus deux heures de transmission de propagande Russe à la télévision. Carlson complice de crimes humanitaires. 

dimanche 11 février 2024

Bruyants Murmures à Athens, Georgia

R.E.M. est un groupe de musique dont les sons sont logés très près de mon coeur.

Ils ont oeuvré publiquement de mes 8 à 39 ans. 31 ans d'enfance devenant adolescence prolongée transformée en teintes d'adulte. 

L'excellent acteur Étatsunien Micheal Shannon a deux ans de moins que moi. En 1983, j'avais 11 ans, il en avait 9. Je vous dirai plus tard pourquoi je vous parles de lui. 

Je serais menteur de vous dire que je découvrais R.E.M dès leur premier album. Je les découvrais et tombais amoureux de leurs univers en 1986, à 14 ans. Me procurerais les trois albums d'avant que je surconsommerais tellement ça me parlait, tout en me procurant les 8 albums suivants, en CD, par la suite. Leur deux derniers ne m'ont pas intéressés. On pouvait maintenant les écouter avant achat. Je les ai trouvé mal tricotés. Même parfois immatures dans les propos. J'étais moi-même, ailleurs, le band ne me parlait plus. Ma liste de lecture de 4h06 ne comprend aucun morceau de ses deux derniers albums. 

Mais 5 de leur premier album Murmur, dont j'ai aussi acheté le livre de la conception de cet album, dans la collection 33 1/3, livre signé J.Niimi. 

Micheal Shannon est cet acteur qui a grandi au Kentucky, nommé deux fois pour l'Oscar du meilleur second rôle masculin, pour Revolutionary Road et Nocturnal Animals. Il brille aussi comme acteur principal, dans Taking Shelter, entre autres. Lancé l'année que R.E.M. mettait un terme à ses activités ensemble. Vous avez peut-être vu sa gueule dans 8 Mile, Elvis & Nixon, The Shape of Water ou encore dans l'univers de Marvel dans la peau du General Zod (pour un film de Superman) ainsi que dans The Flash. À la télé, on l'a vu briller dans Boardwalk Empire. J'ai toujours aimé cet acteur au nom irlandais. Il est presque sosie d'un de mes proches amis, Stegren Jönsson, qui chantait dans nos groupes de musique, ados/dultes. 

Micheal chante aussi. Il a rencontré le bassiste/guitariste Jason Narducy par l'entremise d'un ami qui avait engagé Shannon pour chanter et Narducy pour jouer de la base, dans un spectacle rendant hommage à Lou Reed. Micheal lui a demandé de jouer The Queen is Dead de The Smiths avec lui et Shannon et Narducy sont restés amis. Le concept des spectacles qu'ils avaient fait ensemble était de jouer un album entier d'un même artiste. 

Une première version de ce qu'ils ont fait vendredi dernier et refait samedi soir. 

Parce que oui, Micheal Shannon a chanté, vendredi au Minnesota, l'album entier Murmur de R.E.M., et Narducy était à ses côtés sur scène, à Athens, en Georgie, samedi, là où le band est né. L'album Murmur ne dure que 44 minutes, mais ils ont pratiqué ce spectacle, en 2022, au 40ème anniversaire de l'endroit où R.E.M. y avait fait le tout premier spectacle, dans un bar, en 1982, et ce spectacle a quand même duré 3 heures. Des discours du proprio et des chansons qui n'étaient pas de Murmur se sont glissés ici et là, et le fun à vraiment pogné. 

L'univers de R.E.M. est facile à associer au fun des gens de la génération X dont je suis issu. 

Le soir de leur spectacle de 2022, Mike Mills, de la formation R.E.M. était sur place et s'est présenté au band quelques instants avant que celui-ci ne se présente sur scène. Stupéfait, tout le monde était impressionné de sa simple présence. Mills qui est si humble. Jason lui a demandé si il voulait participer au spectacle, Mills a dignement dit qu'il n'y était que comme spectateur et qu'il savait que les gars avaient travaillé fort afin de présenter ce qu'ils allaient faire, il ne voulait rien bousiller. 

Toutefois, vers la 5ème chanson, Shannon trouvant la foule vraiment animée a eu le temps de se dire "Wow! I'm killing it!", Mais quand il s'est tourné sur sa droite, il a vu que Mills, quelques verres aidant, était monté sur scène et chantait avec eux, ce qu'il fera plusieurs fois dans la soirée, Shannon comprenant avec humilité que ça n'avait rien à voir avec lui. 

Amusant. 

Je me serais amusé à voir Shannon & Narducy sur scène vendredi et samedi et ai considéré me rendre à Athens pour le faire. 

Avant de voir que ça me prendrait 18h48, en voiture, avec trafic/douane/météo aidant pour m'y rendre. 20h25 pour Minneapolis, vendredi.

Ils font une tournée qu'ils ont commencé dimanche dernier, à Minneapolis. Le plus près de chez nous serait la dernière date. Mercredi prochain,
le 14. 

Jour de Saint-Valentin. 

J'en ai parlé à l'amoureuse.

Je ne pourrai pas y aller. Je donnes de mon trop rare sang ce soir là à 18h20. 

Elle aurait aimé comme cadeau de la St-Valentin.

Dans un murmure parlant de la passion catapultée dans le rire et nous secouant les puces.   

samedi 10 février 2024

Vampires & Sexe

Peu savent que je suis vampire.

Nous en gardons le secret à chaque génération que nous traversons. Un peu comme le mot woke de nos jours, peu savent vraiment décrire ce qu'est être vampire, seule Anne Rice a réussi à présenter un peu ce que nous sommes au travers des époques, mais qui a compris qu'elle éventait des secrets ? Et combien ?

Nous restons anonymes et secrets. Avons nos raison de le faire. La jalousie de nos immortalités attire facilement l'hostilité. Contre ce que les gens ne soupçonnent pas est que nous aimons l'harmonie. Voilà pourquoi les effacements de l'Ukraine et de la Palestine nous affectent peut-être plus que les autres.  

Une chose qu'on a vu évoluer au travers des temps est le sexe et l'exposition des univers sexuels.

Je crois en avoir déjà discuté, je vais le refaire, le vampirisme, de nos jours, est souvent très utilisé, à la télé comme au cinéma, et assez habilement d'ailleurs, comme métaphore des relations sexuelles. 

Alan Ball, scénariste découvert par le film American Beauty et par la suite par Six Feet Under et tant d'autres bijoux artistiques, a aussi été l'homme derrière la série True Blood. Qui met en scène des vampires et une charmante serveuse qui communie avec eux. D'abord par télépathie, ensuite en fusion corporelle. 

Toute la première saison, où Ball, homme gay, a dirigé le premier et le dernier épisode, scénarisé les trois premiers et supervisé en production, l'ensemble, m'a épaté encore une fois dans cette première saison, en 2008, qui m'avait fait réaliser qu'il parlait de sexualité et non de vampirisme. Bien que les vampires soient extraordinairement portés sur le sexe, pour que ça passe bien à la télévision, il faut un peu déguiser. Amoindrir ce qui pourrait choquer. Et mordre dans le cou fait oublier qu'on visait plus bas avec son sexe. Comme dans Walking Dead on ne dit jamais Zombies, mais on le appelle plutôt les Walkers, Ball, dans la saison 1 c'est frappant, parle assez peu, je me demande même si il en prononce le mot, de vampire. Les personnages parlent des "fangs". Qui veut dire crocs. Enlevez une seule lettre dans le mot fang et vous avez...fags. Un terme péjoratif pour parler des homosexuels.

La trame narrative de True Blood, saison 1 est une sorte de guerre civile dans la population de la ville fictive de Bon Temps, entre les citoyens considérés "normaux" et les "fangs", assassiné(e)s les uns après les autres, et non acceptés dans le village. TOUT le dialogue des fangs défendant leur droit d'exister est celui des homosexuels des années 60-70 et même de nos jours, des gays et lesbiennes. C'est définitivement le discours des trans depuis 4-5 ans. Je vous mets au défi d'écouter chaque ligne dites par des fangs, 85% des fois, dans la saison 1, cette même ligne aurait pu être dites par un(e) membre de la communauté LGBTQ+ . Habile.

Le vampirisme est utilisé, dans cette série, du moins au début, car par la suite, on se pernet charnel à souhait pendant 6 autres saisons, comme métaphore sexuelle. 

C'était la même chose dans Twilight et les films qui en furent dérivés. Tout comme True Blood, tiré du livre de Charlaine Harris, The Southern Vampire Mysteries, Twilight était d'abord une série de livres du même nom, de Stéphanie Meyer. Et de quoi parlaient de manière déguisée Harris & Meyer ?

De sexe ! sans le dire complètement. Twilight ne parle aucunement de vampirisme. Les jeunes, (les vampires surtout, n'est pas Anne Rice qui veut) l'ont tout de suite compris. Il s'agit d'une passion amoureuse adolescente. Chaque fois que Bella Swan est mordue par Edward Cullen, c'est une relation sexuelle qui est marquée. Ce qui empêche de forcer nos comédiens à réellement tourner une sexe de nudité, à faire face à de possibles censeurs et ainsi de suite. Ça reste 7 à 77 ans, et ça a réussi très très fortement.

Regardez Being Human, The Vampire Diaries (empruntant même ici une variation de titre de série de films érotiques), n'importe quel film ou série traitant de vampirisme sous l'angle que chaque morsure pourrait aussi être un coup de hanche dans le bas ventre, vous resterez surpris(es) du nombre de fois que ça concorde presqu'à 100% chaque fois.

Dis moi qui tu mords, je te dirai qui tu baises. 

Parce que tourné avec la sensualité lié à l'acte sexuel.

Sexe et vampire, vampire & sexe, c'est extrêmement lié. 

Peu le savent ni le comprennent. 

C'est pas absolument de toujours le savoir ni de le comprendre.

C'est comme le sexe. L'important est de le sentir.

Je suis vampire, mais vous allez l'oublier aussitôt que vous allez cesser, d'ici aujourd'hui, me lire.

Ça ne m'empêchera pas de survivre aux époques et aux siècles. 

Ni à savourer, pour vrai, le sexe. 

vendredi 9 février 2024

Rickie Lee Jones

 J'écoute beaucoup de Tom Waits depuis début janvier. Waits est parmi mes 5 artistes préférés. Il m'a fait penser à RLJ. Une Jones auquel je ne suis par relié. 

Troisième enfant d'une famille de 4, à Chicago en Illinois, elle tient son prénom de celui de son père qui était auteur compositeur interprète, peintre et joueur de trompette et d'une mère qui avait passé sa vie, d'un orphelinat à l'autre. Elle a un frère et deux soeurs. Grand-papa et grand-maman Jones étaient chanteurs, danseurs, comédiens vaudevilliens, à Chicago. De 4 à 14 ans, Rickie Lee est élevée à Phoenix, en Arizona.

À 21 ans, elle commence à chanter dans les cafés et les bars de Venice, en Californie. Elle y fait la rencontre du pianiste Alfred Johnson avec lequel elle apprend à composer ses propres morceaux, dont deux qui seront de son premier album. C'est au Troubadour de Santa Monica qu'elle y fait aussi la rencontre de Tom Waits avec lequel elle débute une relation amoureuse. Tom créé avec elle, lui fait de la place sur la pochette de son album de 1977. Il fera la même chose sur la jaquette arrière de son album suivant. Mais leur relation ne dure pas. Rickie Lee, Waits et Chuck E. Weiss sont inséparables dans les boites de nuit. Ça inspire Rickie Lee qui écrira une chanson qui atteindra la 4ème position des palmarès des États-Unis. Son plus gros hit.

Son premier disque offre les présences de plusieurs noms de sophisto-pop comme Randy Newman, Micheal McDonald ou Dr. John. L'album se classe au 3ème rang des meilleurs vendeurs, fin 1979. Sa présence à Saturday Night Live, ainsi que la Une du Rolling Stones Magazine l'aident énormément à être connue. Le Time Magazine couvre aussi un de ses spectacles et la baptise la duchesse de Coolsville. Elle s'installe à New York. 

Elle sera nommée 4 fois à la remise des Grammys, gagnant celui de la meilleure nouvelle artiste. 

Elle & Waits ne sont plus un couple, mais Françis Ford Coppola, fan de Waits, lui demande à lui et à elle de composer ensemble la trame sonore de son prochain film, One From The Heart. Il a besoin des deux voix et comme dans son film, le couple se sépare, il trouve qu'au contraire, ce serait parfait. Elle ne veut pas et c'est la chanteuse country Crystal Gayle qui prendra sa place sur le disque. 

Elle lance son second album qui fera encore bonne figure se classant #5 à son meilleur. Le Magazine Rolling Stones la met encore en Une. Elle quitte NY pour San Francisco où elle fait la rencontre de Robin Williams et prends plaisir à toutes sortes de toxicités. Elle y enregistre un mini-album et peint elle-même la pochette. Son jazz, ses reprises de standards pop, sa douce voix féminine charment. 

Elle ira vivre à Paris 4 mois. Elle y enregistre et lance son 3ème effort. Perdant à la fois un ami mentor et son père la même année, elle prend 4 ans avant de lancer un nouveau disque. Elle remplace entretemps Shirley Jones à la voix pour un film de Pinocchio. Elle fera des tournées heureuses en Norvège et en Suède, ainsi que la première partie de Ray Charles, en Israël. Pour son dernier album, Walter Becker, moitié de Steely Dan est adjoint à Rickie Lee. Kenny Loggins reprendra un des ses morceaux co-écrits avec Becker pour le film Jerry Maguire plus tard. Une collaboration avec Rob Wasserman la met en nomination aux Grammys et l'année suivante, elle gagne son second Grammy pour un duo avec Dr.John. 

Après une tournée avec Lyle Lovett, elle engage Don Was pour l'aider sur son 5ème album, un album de reprises de standards jazz. Was donne à l'ensemble une saveur d'Argentine. Elle part ensuite en tournée avec Rob Wasserman. 

Elle lance un album qui comprend une collaboration avec Loe Kottke et une reprise de David Bowie que l'auteur original comptera parmi ses préférées. Mais qui ne sera pas retenue pour la trame sonore du film Boys Don't Cry pour laquelle elle avait été prévue. Dans les années 90, on entend sa musique à la télé et au cinéma, beaucoup. Elle travaille avec Lovett, Kottke et Arlo Guthrie. Lance un album acoustique en spectacle. Elle lance un album plus électronique, puis un second album de reprises comprenant du Beatles et du Marvin Gaye. `

Elle se retire largement de la vie publique afin d'élever et de passer du temps de qualité avec sa fille adolescente. Elle lancera quand même 7 autres albums entre 2003 et 2023. Et ne cesse de tourner.

Elle aura cette année 70 ans. 

Sera en spectacle à Phoenix, en Arizona, là où elle a passé 10 ans importants de sa jeunesse, ce soir et demain.

Rendez vous-y pour une soirée cool entre ami(e)s.

Quoi? Vous ne passez pas par l'Arizona ?

Sortez un peu, pardi !


jeudi 8 février 2024

Misogynies d'Amer Hics

Le futur est femme.

Peu importe l'angle où vous voulez lire cette phrase d'ouverture, le futur est femme.

La femme porte la vie future tricotée à deux en elle. C'est inconsciemment ce qui peut-être doit rendre fou un paquet de mâles sur terre. L'incapacité de porter le vie et de faire cavalier seul, si souhaité. L'équilibre, le berceau humain vital, n'est jamais parfait. 

Ça dépend du quel côté de la planète vous êtes.

L'Amérique a beau se prétendre moderne, les États-Unis ne sont pas capable de se voter une Femme à la présidence. Moins pire que la France dans le rétrograde féminin, les États-Unis ne laissent pas leur place et plus les prédateurs comme Donald Trump auront de la visibilité et des porte-voix, plus la misogynie sera décomplexée.

Ce qui se trame autour de Taylor Swift est fascinant pour les sociologues. Le phénomène ne date pas d'hier, mais jamais n'a-t-on eu autant de manières de diffuser les contenus rapidement et partout dans le monde, afin de relayer les propos, les faits et gestes, les bons comme les infâmes.

Et l'infâmie autour des Femmes est tristement omniprésente. Dans le monde artistique, principalement géré par les mâles, d'autant plus. 

Septembre 1984.

Louisa Maria Ciccone, qui a aussi comme prénom Madonna, qui le portera fièrement comme artiste, lance son second album Like a Virgin. Micheal Jackson est au sommet du monde pop depuis deux ans, Prince & Bruce Springsteen se partagent le trône de superstar du monde musical en provenance des États-Unis depuis janvier/février 1984. Prince provoque même une nouvelle mesure de sensibilisation aux propos sexuels dans les textes. Ça deviendra le Must be 13 years old or more. Ou quelque chose comme ça. Une sorte de régie morale un peu risible. Madonna est invitée à chanter au Video Music Awards Lucky Star, tiré de son album précédent, un morceau que les gens devraient connaître. Mais non, elle insiste pour jouer la chanson titre de son nouvel album pas encore sur le marché. Il ne sortira que deux mois plus loin. Madonna chante d'un gâteau de mariage, dans une robe de mariage et montrera sa petite culotte. Ça choquera. Le vidéo la montrant flirteuse et volontaire sexuelle tout autant. Les mots c'est une chose, mais la présentation...on la traite de putain égarée. D'exemple à ne pas suivre. On lui fera la vie dure. Encore plus quand elle chante deux ans plus tard qu'elle ne veut pas se faire gronder par papa pour être tombée enceinte. 

Boy Toy ? Ex-em-ple à ne pas suivre disent les Desperate Housewives. Mais toutes les jeunes femmes veulent imiter son style sur les magazines. Veulent sa liberté qui semble la libérer de tant de chaines, sans réaliser pleinement que ce n'est que la couleur des chaines qui changent. Dans quelques années, elle traitera même de bondage, ça lui joue sur les sens. En 1985, Madonna est la chanteuse la plus populaire. Elle se fait prendre en photo avec ceux et celles qui iront chanter We Are The World, après la cérémonie des American Music Awards, mais elle ne sera pas assez prise au sérieux et pas invitée à y chanter. Toute sa carrière, on la condamnera assez facilement. Quand elle fait l'actrice, on la démolit. C'est vrai qu'elle n'est pas éclatante. Mais Abel Ferrara ne sera justifié d'en abuser sur le tournage de Dangerous Game.  

Quand elle fait des tournées mondiales, on questionne son aisance sexuelle. Une femme n'a t-elle pas le droit d'aimer le sexe? de se souhaitez le même plaisir que les hommes se souhaitent ? De s'en servir ? Madonna, qu'on aime sa musique ou non passera à l'histoire dans la manière de présenter la musique. 

Pas de Christina Aguilera, Selena Gomez, Ariana Grande, Miley Cyrus, Cardi B, Olivia Rodrigo, Jenna Ortega sans Madonna. Du moins, pas présentée comme elles le font. 

Manière qui ne sera plus jamais la même. De nos jours, elle choque encore. C'est ce qu'elle choisit de faire de son visage qui choque. Avec raison peut-être, on ne gagnera jamais contre le temps, mais elle aura été reine de la pop jusqu'au milieu des années 90. Un bon 10 ans de bonne domination des ondes. Elle a changé l'univers musical à jamais. 

Ce qui m'amène à Taylor Swift. 40 ans plus tard. 

Nous vivons, depuis le début de sa relation avec le joueur de football des Chiefs de Kansas City, Travis Kelce, une lente mais certaine poussée du masculinisme toxique qui font dire des niaiseries à beaucoup trop d'hommes. 

Hommes qui ne sont, je le répète, que la moitié d'un, chaque fois. 

Taylor est particulièrement irréprochable. Elle est même un extraordinaire exemple de combativité pour les jeunes femmes. Elle a beaucoup fait pour la reconnaissance du droit d'auteur(e). Elle doit contrer la folie qui s'invite partout dans sa vie. Elle est multimilliardaire. À 34 ans. Elle est outrée de la direction que prends les Républicains, la Cour Suprême et son pays, en général. Elle ne veut pas trop l'exposer car ses moindres faits et gestes ont des répercussions sur à peu près tout. Même quand elle est sans avis, sans réaction, on lui en invente. Si Taylor commence à porter un bérêt, vous verrez des tonnes de bérêts en Amérique du Nord. Il faut voir les yeux des jeunes filles qui sont ses fans pour comprendre l'impact que cette femme a sur eux. Elle est réelle inspiration. Pour tous, mais particulièrement pour les jeunes Femmes. Elle est parfaitement saine.

Les caméras la montrent beaucoup trop souvent, durant les matchs et dans les galas diront certain(e)s. Inutilement ? Pas tant que ça. Depuis qu'elle est copine amoureuse de Kelce, la NFL a fait autour de 331 millions de plus que l'an dernier. Le lien est direct. Swifties atterrissant au stade ou ailleurs. Ça brasse les eaux. Elle pulvérise tous les records d'écoute sur Spotify et ça se compte par milliards. Pas millions, milliards. 

Il y a eu cette tendance sur Tik Tok qui était assez amusante au début de la relation Swift/Kelce où les femmes disaient à leur époux, dans le seul but de les faire s'enerver, que c'était bon pour Kelce de sortir avec Swift car elle lui permettra d'être populaire et connu. Ce à quoi les gars mordaient en restant ahuri et criant presque que c'était Kelce qui donnait de la valeur à Swift! Pas le contraire. (les chiffres confirment que Swift aide la NFL). 

Mais cet orgueil comique devient venin quand les incels et masculinistes commencent à haïr Swift pour...peu importe la raison, elle n'a rien d'haïssable! Elle est jeune femme qui connait du succès comme ses critiques n'en auront jamais. Elle n'a pas le temps de s'en soucier, les gens qui lui en veulent de prendre trop de place logent dans une jalousie dure à expliquer. Dans la masculinité toxique de plus en plus exposée.

Dans la misogynie pleine d'amer hics.  

Qui se porte merveilleusement bien depuis 2016. Et qui croisse tristement. 

Dites moi que vous détestez Taylor Swift que je vous cancèle de ma vie. 

mercredi 7 février 2024

Pop Femmes Gomme Baloune

2024 a tant de semaines de 8 jours et demi que j'ai envie de léger de plus en plus. Mais le léger ne fait pas oublier le lourd.

Je n'ai pas écouté le cérémonie de remise de prix des Grammys dimanche dernier, nous étions occupés à gérer deux bébés chats. Opération qui nous occupe encore jour et nuit. Mais on est 4 pour le faire. On y arrivera.

Sans surprises, les Femmes ont dominé la remise des prix. Elles sont en ce moment sureprésentées dans le monde de la musique pop. Taylor Swift était sur place comme elle l'aurait été à une réunion des actionnaires afin d'annoncer les profits du mois. Elle est absolue reine de son domaine et ça fragilise bien des hommes. Qui ne sont souvent que la moitié d'un. Rarement n'aura-t-on davantage parlé d'une spectactrice autant avant un Super Bowl. Elle vivra deux dimanches consécutifs dans la festivité absolue.

Il y a eu peu de controverses, sinon autour du rappeur Killer Mike qui, après avoir gagné 3 Grammys, a été arrêté sur place pour une bagarre survenue plus tôt dans la journée. C'est du bon marketing ou simplement dans la culture du genre. 

Les présences et performances d'Annie Lennox, Tracy Chapman et Joni Mitchell ont fait jaser. 

Tracy a fait beaucoup parler d'elle depuis un an grâce au chanteur Luke Combs qui a repris sa chanson Fast Cars. Et gagné des prix pour son choix de reprise. Drôle d'époque. Gagner des prix pour avoir chanter la réalité toute personnelle d'une jeune noire homosexuelle des années 80. La matière originale n'est pas que rare au cinéma de nos jours, mais en musique aussi. 

Joni a ému avec sa canne et ses 80 ans, sur scène pour y jouer Both Sides Now, dans laquelle elle y a glissé son propre prénom. Cette remarquable femme, qui a souffert de la polio plus jeune, et survécu à une grave crise cardiaque en 2015, aura réappris à marcher au moins trois fois dans sa surprenante vie.

Une autre qui a beaucoup ému et qui a été sortie du coffre à souvenur a été Annie Lennox. Elle a été choisie pour rendre hommage à Sinead O'Connor, disparue trop vite dans les 12 derniers mois. Elle a rendu un double hommage chantant une chanson composée par Prince, en compagnie de Wendy & Lisa, du band de Prince, The Revolution. Et qui étaient de l'entourage Princier quand il a composé ce morceau, ont peut-être même surement mis du leur dans la pièce sans jamais en être créditées. Il était comme ça le Prince.

Mais Lennox, en plus de livrer une formidablement sentie prestation a aussi lancé l'unique message politique de la soirée.

L'unique message qui peut s'appliquer aux Russes comme aux Juifs. "ARTIST FOR A CEASE-FIRE, PEACE IN THE WORLD!"

Phrase sans verbe, mais qui appelle à l'action immédiate. 

Annie, Tracy, Joni, Taylor, sont formidables. Phoebe, Lucy, Julien, Janelle, Billie, sont formidables aussi.

Quelques jours avant, c'était au Canada, le match des étoiles du hockey de la LNH. Je ne l'ai pas écouté attentivement. Ce n'est pas le type d'évènement qui m'intéresse beaucoup. Notre télévision, comme trop souvent, est restée allumée toute la journée sans son et on voyait quand même les images des évenements autour du tournoi des étoiles. Mon attention a été saisie quand Tate McRae et des danseuses avec elle sur scène,  pendant une entracte forcément, s'agitaient à l'image. Je n'entendais pas ce qu'elle chantait mais ai eu le temps de penser "If you can't sell the music, sell the body".  J'ai eu le temps de me demander si ce n'était pas une de mes cousines (avant de savoir que c'était McRae) qui oeuvre aussi dans le monde de la musique, mais avec beaucoup moins de visibilité. On aurait été mis au courant. Tate y ressemble beaucoup. Au Canada aussi, les femmes dominent les ondes. Depuis longtemps.

Joni, Celine, Shania, KD, Alanis, Sarah, Nelly, Avril, Carly Rae, Jessie, Alessia, vous voyez ? elles sont (je crois) si connue qu'il ne suffit de donner le prénom que mentalement vous n'y ajoutiez vous même Mitchell, Dion, Twain, Lang, Morissette, McLachlan, Furtado, Lavigne, Jensen, Reyes et Cara.

 J'ai retenu trois choses de cette soirée des Grammys que je n'ai pas regardée. Mais que je veux toujours entendre. 

Sza qui, reçevant un prix s'excusait de "Not being an attractive crier, Bye!". Qui sera une ligne que je lui emprunterai quand je quitterai mes soirées, à partir de maintenant.

Billie Ellish acceptant le prix de la meilleure chanson disant "I am shocked outta my balls!". Qui sera une ligne que je lui emprunterai quand j'arriverai dans les soirées, à partir de maintenant.

La grande Annie nous rappelant à l'ordre sur les cessez-le-feu absolument nécessaire en Palestine et en Ukraine. 

Tâche qui devrait nous occuper jour et nuit. 

On est des millions à pouvoir le faire. 

Faudra y arriver.