jeudi 16 mai 2019

La Terre Imparfaite de Lil Dicky

Earth.

La chanson de Lil' Dicky.

Vous l'aviez entendue?

Vue?

Je vous en parle. Je suis mi-figue, mi-raisin sur la livraison de sa part.

David Andrew Burd est mieux connu sous son nom de rappeur Lil' Dicky. Déjà, son seul surnom penche vers l'humour. Il est aussi humoriste. Il prend le micro sur scène parfois et fait des blagues.
Probablement assez crues.

Il a porté les deux chapeaux le 19 avril dernier, lançant, en fonction du Jour de la Terre, mais aussi pour nous conscientiser sur ce que nous faisons à la planète, un clip et une chanson, tous deux, assez fameux.

Et imparfaits.

Comme nous le sommes tous.

La chanson, je l'aime bien. Elle regroupe une trentaine d'artistes connus (ou pas). Le clip est très divertissant.

Et imparfait.

Lil' Dicky est lui-même dans un costume érotisé de Tarzan (en string).
Justin Bieber est la babouin des premières lignes. Dès son 14ème mot, on comprend tout de suite que la chanson ne jouera jamais à la radio des États-Unis. Le babouin parle de son énorme anus. Drôle, mais pas dans le giron de la pudeur des États-Unis.
Ariana Grande suit en zèbre. C'est déjà plus habile. On ne sait pas à quoi je sers, c'est pas grave j'ai l'air cool,  Suis-je blanche ou noire? Ça résume tout à fait Ariana.  Grande, elle-même a eu à répondre à ce type de question étant d'ascendance hispanique au début de sa carrière. On l'a d'abord cru moitié noire aux États-Unis. Blanc ou noir? c'est de moins en moins pertinent de se poser la question? c'est, selon moi, aussi important que la couleur des cheveux de quelqu'un. Assez futile dans la société vue de mes yeux.
Mais dans le clip, la suite est brutale. Une famille de lion aterrit d'on ne sait où et mange carrément le zèbre. Violent. Ariana Grande est bouffée sous nos yeux*. Halsey chante la partie "cute" du bébé lion.

Quand Zac Brown se présente en vache. on comprend que Lil' Dicky ne veut pas que sa chanson passe tant que ça à la radio puisque Brown nous parle de ses "tits".

Brendon Urie, chanteur de Tv on the Radio, confirme ce que je viens de dire en adjectivant le f-word dans la ligne suivante. Hailee Steinfeld, cette chanteuse/actrice sosie d'une de mes nièces, chante simplement qu'elle est un champignon.
Wiz Khalifa nous parle de son trou de cul,en moufette.
Snoop Doggy Dog, fort avocat en faveur de la légalisation mondiale du pot, se présente en toute logique comme une plante de marijuana. Et dit aussi "fucked up".

Cette chanson ne fera que des "bip" au pays de la censure.

Kevin Hart incarne Kanye West, ce qui reste très drôle car sur les mots "fucked up" on s'attend à voir du "fucked up". Kanye West est un animal pertinent pour illustrer cela.

Adam Levine, chanteur de Maroon 5, débute mon segment préféré en vautour. Ba-dum-da-dum-dum, Ba-dum-da-di. J'adore.

Shawn Mendes chante deux rhinocéros...bandés...

Voyez, c'est là que je trouve Lil' Dicky imparfait, oui, c'est drôle, mais la vulgarité bouleverse trop facilement les pays arriérés comme les États-Unis. Sa chanson se prive de grande diffusion pour des rires de notre part. Charlie Puth, en girafe, se questionne sur son propre cou. Chantant tellement trop haut. Sia, que j'admire tant, est un choix judicieux en kangourou, australienne d'origine. Hippity-hop!
Miley Cyrus parle de son gros cul, en éléphant. Lil John est expéditif, fait rire, est une moule et utilise aussi le mot "fuck". Pas mal pour une présence d'à peine deux secondes. Rita Ora se contente de hurler à la lune en louve. Miguel se cherche une nouvelle noix en écureuil, coinçant la couille d'un autre écureuil. Katy Perry apparaît en pony qui gambade. Lil Yachty est un microbe et lance qu'on ne voudra pas de lui, ne le laissez pas contaminer quoi que ce soit. La ligne d'Ed Sheeran m'a fait exploser de rire à la première écoute. J'adore les mots et leur livraison. Parfait.

On fait ensuite le tour du monde.
Meghan Traynor nous suggère d'aimer l'Inde.
Joel Embiid, l'afro-américian, Camerounais d'origine et joueur de basketball dans la NBA, nous suggère d'aimer l'Afrique.
Tory Lanez nous suggère d'aimer les Chinois.
Lil' Dick, un Juif, nous suggère de pardonner à l'Allemagne.

Le refrain est ensuite chanté par un choeur composé de Lil' Dicky, Snopp Doggy Dog, Meghan Traynor, Sia et John Legend.

Les 16 lignes qui suivent auraient pu être fort pertinentes si elle ne parlaient pas de bizoune humaine (deux fois), d'éjaculation et d'orgasmes. Quel est le rapport avec ce qui précède?
Reste que vocalement, les harmonies sont fort jolies.
Ariana Grande revient des morts pour nous dire qu'elle aime cette planète.
Lil' Dicky fait son tour du monde comme Daenerys Targaryen vole sur son dragon.
Il salut la Russie, il appelle l'Asie, il appelle aussi les gens des plaines et du Sahara, ils les adjoints de se regrouper et de vivre tous ensemble.

Une chorale pseudo africaine annonce la suite.

Psy, auteur de Gangman Style, nous parle de son amour pour la terre en Coréen.
Bad Bunny fait la même chose, en espagnol.
Kris Wu fait la même chose en chinois.
Pas de Russes.

Ariana Grande vient poser une question sotte dans l'esprit de son personnage de télé qui l'avait fait connaître à l'époque.
Justin Bieber vient poser une autre question à Lil' Dicky. Qui le fait parler des climatosceptiques.
Ariana revient pour nous chanter qu'on pourrait organiser notre "shit".

Le reste est principalement parlé par Lil' Dicky et Leonardo DiCaprio y met une ligne lui aussi.

Les Backstreet Boys sont le choeur de la fin.

On aurait 12 ans pour sauver notre planète. Et nous-mêmes.

J'aime la chanson, j'aime le clip, j'aime à peu près tout de l'idée.

Mais elle reste assez mal exécutée. Trop axée sur la comédie dispersée dans les propos et vulgaire. Même à la fin, avec DiCaprio, on parle de "fucking it up".

Un gars comme moi peut vivre avec ça, bien des gens se moqueront des f-word. Mais pas la masse. Et Lil' Dicky visait la masse. Avec son clip en animation, il vise aussi les jeunes et les très jeunes.

Mais encore, parler de drogue, de pénis et d'orgasme, ça viserait vraiment jeunes et très jeunes?

Si vous portez attention convenablement, dans le vidéo, vous pouvez constater que le mot "earth", lors de sa première apparition à l'écran, nous fait d'abord lire "Fart" (pet). Ce qui confirme l'effet comique souhaité par Lil' Dicky. Et légèrement puéril. Dur de prendre au sérieux celui qui nous parle des anus de singe et de la marijuana qui nous rendrait fucked up.

Peut-être voulait-il justement choquer comme on devrait tous l'être de l'état de notre planète.

L'ouverture de son clip est ratée aussi. Elle ne fait que nous montrer que Lil' Dicky ne sait pas gagne une confrontation verbale avec des enfants.

Il m'a fait écrire plusieurs lignes là-dessus en tout cas.

Et la chanson, qui me fait rire autant qu'elle me choque, est désormais dans ma liste de lecture.

C'est peu, mais c'est un peu de ma part quand même.

(je travaille quand même dans le recyclage 4 jours semaine, 50 heures).

Pour sa défense, Lil' Dicky voulait à l'origine faire une chanson sur les animaux. Qui s'est travesti en chanson sur notre gestion de la planète.

Voilà pourquoi ça peut paraître désorganisé dans le propos.

Mais une chose reste claire. Sauver la terre, ça nous concerne tous.

Il y a la mention "explicite" sur Spotify si vous prenez la chanson.
Et sa durée rend la chanson vraiment injouable à la radio.
Voilà un sujet qui n'a pas besoin de tels freins.
D'aucun frein.


*C'est vrai qu'elle se présente principalement sous l'angle croquable.

mercredi 15 mai 2019

J.R.R. Tolkien

Né le 3 janvier 1892, John Ronald Reuel Tolkien, en Afrique du Sud, où papa y est banquier, il est le premier enfant de sa famille. (Il aura un frère plus jeune deux ans plus tard).

Papa meurt en Afrique de rhumatisme articulaire aigu, J.R.R. a 3 ans, son frère, 1 an, maman est sans emploi, maintenant en Angleterre. Les enfants seront confiés aux parents, grands-parents et Tolkien découvre, enfant, beaucoup de régions qui le fascineront. Et qu'il extrapolera dans ses fictions. C'est maman qui leur enseigne à la maison. Il devient excellent botaniste. Il dessine aussi très bien. Des arbres et des paysages. Mais il excelle et adore surtout apprendre les langues. (le français, la langue qu'il aimera le moins apprendre). Adulte, il inventera des langues tellement la musique langagière lui plaît.

Lecteur dès l'âge de 4 ans, il développe son cerveau rapidement. En 1904, JRR a 12 ans, sa mère décède du diabète. Les deux fils sont confiés à une amie de la famille. Il sera excellent étudiant, une fois à l'école secondaire, et un des cadets dans la marche précédent le couronnement du roi George V. JRR vit dans le sillon du Perrot's Folly et du Edgbaston Waterworks, qui influenceront ses décors (les tours sombres entre autre) dans ses ouvrages écrits futurs. Un autre forte influence seront les peintures d'Edward Burne-Jones, et la confrérie pré-Raphaëlite, oeuvres largement exposées au Musée des Arts de Birmingham à la même époque.

Avec ses cousines, adolescent, il invente une langue, le Nevbosh. Puis, seul, il créé le Naffarin, une autre langue. Vers 1909, il apprend aussi l'esperanto. La même année, il compose un livre de 16 pages appelé The Book of Foxrook, écrit en partie avec un alphabet inventé et quelques pages sont aussi rédigées en esperanto. JRR a 17 ans. En 1911, il fonde avec des amis un société secrète de buveurs de thé, une passion commune. Il devient amateur de poésie. Un voyage en Suisse le marquera à jamais, et il en inclura des moments qu'il fera vivre à Bilbo, le Hobbit.
Au Collège, il sera étudiant en langue et littérature.

Il fréquente Edith Mary Bratt, orpheline elle aussi, et de trois ans, son aînée. Ils s'épousent en 1916.

Mais entre temps, la Première Grande Guerre a éclaté depuis deux ans. Tolkien, au grand dam de sa famille, retarde le plus possible son inscription militaire. Il y sera fait second lieutenant, mais déteste à peu près tout, surtout les gens, qui n'ont rien des gentlemans, et qui sont à peine des êtres humains à ses yeux. Marié, il est mandaté d'aller en France où des douzaines de soldats sont tués sous ses yeux, à la minute. Mais pour lui, mourir, c'est d'abord quitter sa femme.
Pour chasser la marasme, dans les tranchées, il compose des poèmes pour sa femme, et afin d'éviter la censure postale, il invente avec elle un système de points indiquant ses déplacements. Il doit diriger des hommes, mais préfère se lier d'amitié avec la classe ouvrière. Il sera de la bataille de la Somme, ses amis de la société secrète sont vite tués à la Guerre et Tolkien s'en tire principalement parce qu'il tombe malade et est envoyé dans les hôpitaux pour y être traité.
En 1918, tous les amis proches de Tolkien, sauf un, sont morts.

Le premier fils du couple est conçu pendant ses congés de maladie en 1917.

Il est démobilisé et quitte l'armée en 1920. Leur second fils naît cette année-là. Il est engagé au bureau du Oxford English Dictionnary et est affecté aux mots d'origine allemande (sa famille est d'origine prussienne) commençant par la lettre W. Il sera, la même année, lecteur à l'université de Leeds, devenant le plus jeune à l'être dans cette université. Il y produit des écrits académiques qui seront des standards nationaux pendant des années. Il sera tuteur et pendant son passage comme professeur au Pembroke College, il écrit The Hobbit et les deux premiers volumes de Lord of the Rings.  Un troisième fils naît en 1924.

Il entreprend une traduction de Beowulf  qu'il termine en 1926 sans jamais la publier (son fils le fera en 2014). Une fille naît en 1929.
En 1936, Tolkien donnait des conférences sur le célèbre poème, directement tirée de son livre alors non publié. Et obtenait de bons succès. C'est cette année là que quelqu'un met les yeux sur The Hobbit et convainc Tolkien de publier. Ce qu'il n'avait pas l'intention de faire.

W.H.Auden sera un de ses élèves et sera grand admirateur de la voix de Gandalf.

Pendant la Seconde Grande Guerre, il sera affecté aux décryptages des codes. Son livre est très populaire auprès des enfants, mais aussi auprès de nombreux adultes. Au point qu'on lui commande une suite. La guerre empêche une publication rapide, mais entre 1954 et 1955 seront publiés trois volumes de Lord of the Rings, qui fait suite à la trame narrative et incluent Bilbo. Cette fois il vise les adultes. C.S.Lewis , grand auteur lui-même, s'en fait un ami et un public admirateur. Un nouveau genre fantaisiste semble naître. Plus sombre, la trilogie installe un univers qui fascine des tas de gens.

Dans les années 60, la trilogie atteint déjà le statut de livres cultes et sera voté jusque dans les années 2000 parmi les livres préférées dans le monde par de nombreux pays. Facilement la trilogie fantastique la plus populaire. Ce qu'il n'avait jamais visé de faire. C.S Lewis travaillera fort pour que Tolkien soit considéré pour le Prix Nobel de Littérature. Sans succès. Tolkien n'est pas féru de l'attention qu'on lui porte. Il n'aime pas son statut d'auteur culte. Il sent qu'on veut lui faire porter un chapeau qui ne lui convient pas. Comme quand il était lieutenant à la Guerre.

Tolkien mandate son plus jeune fils d'être son exécuteur littéraire. Tolkien développe un univers riche et foissonnant, inspiré de la légende de l'Atlantide, et de son amoureuse, Edith, chantant et dansant à l'orée des bois en sa compagnie, pour écrire une esquisse mythologique, qui deviendra les histoires de Beren & Luthien ainsi celle de Turin, puis Quenta Silmarillion , livre qui sera refusé par les éditeurs après les énormes succès des Lord of the Rings.

Tolkien, têtu, réécrira ce livre plusieurs fois. Edith décède, à 82 ans, en 1971. Tolkien ne s'en remettra jamais. Elle était son Yang. Animée, aimant l'attention publique, adorant son rôle d'hôtesse soudaine de fans de partout dans le monde, là où lui souhaitait la discrétion et la modestie.

Il la suit dans la mort 21 mois plus tard, d'un ulcère doublé d'une infection à la poitrine, à 81 ans.

The Silmarillion est publié par son fils trois ans après la mort de papa.

Son fils lancera pas moins de 9 livres, écrits ou commencés par son père, de manière posthume.
You know nothing Hunter Jones

Peter Jackson fera de la magie visuelle de sa magie scriptée.
4 fois.
Et sera Oscarisé pour son troisième effort.

Depuis le 3 mai, un film sur la vie de l'auteur est en salle.

Incarné par un des acteurs principaux de la fameuse série, toute aussi culte, Skins.
Et la phénoménalement jolie Lily Collins.

J'irai peut-être voir.
Ce qui inspire les auteurs, j'aime.
Lily Collins, je l'écouterais me lire le dictionnaire au complet.

mardi 14 mai 2019

Les Nonos

La semaine dernière, Le Petit Larousse rejetait quelques mots, devenus hors d'usage, souvent associés à des métiers devenus inexistants (ex: sablonnier) et en intégrait quelques centaines de nouveau.

Comme l'expression charge mentale et les trois créations québécoises que sont:
divulgâcheur/divulgâchis, Emportiérer/Emportiérage et...nounoune. 

La bêtise...

Le premier mot, bravo, on l'utilise depuis longtemps déjà chez les traducteurs d'ici, c'est la version française pour nous de spoilers. Utilisé quand quelqu'un est en voie de révéler des choses que l'on ne voudrait pas savoir, par exemple par rapport à un film ou la conclusion d'une série télé, souvent utilisé en ouverture de texte: (spoilers alert) maintenant devenu (alerte au divulgâchis). Le divulgâcheur étant celui qui gâche en divulguant.

Le second, formidable! on l'utilise exclusivement quand quelqu'un ouvre une porte de voiture, et fauche dans le processus un(e) cycliste ou un(e) patineur/euse à roues alignées. Un sport national à Montréal. "J'ai emportiéré un(e) cycliste" aveu lu sur Facebook, il y a deux semaines. Écrit par une femme d'origine française puisque Montréal n'appartient plus du tout, ou presque aux Québécois d'origine.

Vous me trouvez raciste? Allez y faire un tour! j'y ai habité 10 ans, depuis les 17 dernières années, les prix des loyers et des maisons sur l'Île de Montréal baignent dans la totale indécence. Mais pas pour les Européens et bien des étrangers. Notre piasse leur est une farce. Et les proprios sont justifiés d'appliquer des prix grossiers à leurs logements et leurs maisons, puisque des acheteurs (d'ailleurs) seront preneurs.

Impossible en ce moment de ne pas entendre une pluie d'accents français sur l'avenue Mont-Royal. Même qu'un "Christ a tu vu la patentagosse?" et nettement plus rare qu'un "du coup, c'était en nonante-neuf la dernière fois qu'ils en ont sponsorisé un (prononcé ain)".

Je comprend la France de s'intéresser au Plateau Mont-Royal. Je ne reviendrai pas là-dessus, mais je vis mal la digestion des prix hors de contrôle des habitations sur l'île où j'aurais voulu vivre. Sur l'île où je ne vivrai probablement pas, trop agacé par les moeurs françaises (ou étrangères) qui y sont maintenant pratiquement majoritaires. Et irritantes.

L'un des irritants français est la perception des Femmes. Un pays aussi centenaire que le leur devrait être nettement en avance sur les relations Hommes/Femmes. Mais au contraire, le poids des années a rendu la France plus lourde au point que certaines choses semblent presque indélogeables.

La vision d'une Femme libre et qui a droit à l'égalité des chances, des droits, des opinions et des envies de toutes sortes ne fait pas son chemin là-bas comme ici.

Le Petit Larousse a aussi accepté la création Québécoise nounoune.

Le féminin de nono.

Le problème est que le mot nono, lui, n'est pas accepté dans Le Petit Larousse.

Nono: un peu niais. Simplet, nunuche. Quand il s'agit d'un Homme.

Nounoune: un peu niais. Simplet, nunuche. Quand il s'agit d'une Femme.

Semblerait que le niais ne se conjugue qu'au féminin au pays de Molière.

Nounoune, telle que compris par le Petit Larousse est donc une erreur internationale et inappropriée si non accompagnée de son équivalent masculin: nono.

Puisqu'une incompréhension de notre utilisation du mot, ici.

La bêtise est masculine.

Bande de nonos.

lundi 13 mai 2019

Les Vrais Gens Inspirant Tintin

"Si je vous disais que dans Tintin, j'ai mis toute ma vie" disait Hergé.

Quiconque connaissait sa vie, le savait déjà.
(il a toutefois esquivé toute référence à l'occupation allemande...)

L'auteur Belge avait l'habitude de dessiner ses amis dans ses b.d. et des lieux qu'il avait fréquenté ou connu. Steven Spielberg le savait. Il a caché Hergé dans son adaptation du Secret de la Licorne, en 2011, un croisement animé sur grand écran des trames narratives du Secret de la Licorne, du Trésor de Rakham le Rouge et de du Crabe aux Pinces d'Or (et une scène de beuverie  en apesanteur tirée d'On a Marché Sur la Lune).

Voici les inspirations qui auraient mené aux personnages principaux de sa série.

La Bianca Castafiore

80% Maria Callas
La vraie a bouleversé le monde de l'opéra. La Bianca était un prétendu "rossignol milanais". La Callas était américano-Grecque. Sa version B.D. la met plus ronde et blonde. La Bianca est reconnue pour pourrir la vie de son entourage par son chant lyrique, son penchant pour le drame et sa vanité narcissique. Le Capitaine Haddock en souffre particulièrement, mépris qui semble échapper à la Castafiore qui redouble d'ardeur pour le séduire de sa voix. Hergé puisait du tempéramment de la Callas dans Paris-Match afin de s'inspirer pour la grotesque Bianca.

20% Ninie
Hergé aurait eu une tante qui, lorsqu'il était enfant, aimait se faire remarquer par la puissance de ses cordes vocales. Le traumatisant pour la vie, et lui donnant une aversion à vie pour l'opéra.

Le Capitaine Haddock

80% Le Capitaine Craddock
Le personnage préféré d'Hergé était Haddock, qui avait tant de défauts qu'il le reconnaissait comme un ami intime. Coups de gueule, explosion de rage, litanie de jurons, tempérament de feu, maladresses étaient les critères définissant le Capitaine Haddock, plus proche complice de Tintin et Milou. Archibald aurait été inspiré d'un film franco-allemand mettant en vedette Hanss Schwartz et Max de Vaucorbeil ainsi que Jean Murat dans le rôle titre du Capitaine Craddock. Hergé, fan du film, fait même chanter une chanson tirée du film par Haddock dans Le Crabe aux Pinces d'Or.

20% le poisson fumé aiglefin
Selon sa première femme, Haddock (la variété de poisson aiglefin en anglais) n'aurait été qu'un clin d'oeil à ce poisson qu'Hergé trouvait immangeable et qu'il considérait comme un triste poisson anglais.

Tintin

100% Hergé.

16 ans dans sa tête pour toujours, ininterressé par les Femmes, un chien pour seule famille, reporter que personnage n'a jamais vu rédiger un seul article, houpette légendaire au coeur pur, la projection était l'idéal de ce que voulait être Hergé. Il n'était pas Tintin. Mais voulait 100% l'être. Il vivait une extension des voyages de George Rémi. Il était donc, effectivement, un fantasme de lui-même.

Le Professeur Tryphon Tournesol

80% Auguste Piccard
Physiquement il était le professeur Auguste Piccard. Bien que Piccard était plutôt élancé et Tournesol pratiquement nain. Mais Hergé expliquait cette différence par le fait qu'au début, il devait le faire entrer dans les cases aux dimensions trop petites. Il ne pouvait donc pas en faire un géant. En revanche toutefois, La Bianca Castafiore sera toujours grande, à la fois pour marquer la lourdeur de sa présence, mais aussi, inconsciemment, le souvenir de sa tante quand il était enfant. Presque sourd, un peu trivial, portant la moustache et la barbichette, portant aussi lunettes rondes et chapeau melon, il était un mini-Piccard, physicien suisse.
Les deux partagent une fascination pour l'exploration de la verticalité par des moyens hydrocastiques (c'est-à-dire avec l'utilisation des fusées et des sous-marins).

20% Yves Rocard
Les scientifiques utilisant le pendule sont rares. Historiquement, seulement deux ont eu cette fixastion sur le pendule: Yves Rocard et Tryphon Tournesol. Rocard a été professeur au Collège de France et a vécu de 1903 à 1992. Il a été connu pour ses travaux sur la radiesthésie, rendant nécessaire l'utilisation d'un pendule.

Tchang Tchang Jen

100% Zhang Chongren
Hergé est tombé dans une vraie déprime quand il a quitté son ami, un jeune asiatique, rencontre en 1934, qui a lui, quitté sa Chine natale pour étudier les Beaux-Arts en Belgique. Pendant plus d'un an, tous les dimanches, Zhang servira de guide pour qu'Hergé dessine Le Lotus Bleu.  Quand Hergé quitte Zhang, il verse de rares larmes. Il le ramènera en dessin dans Tintin au Tibet et dans Les Bijoux de la Castafiore.  Des rumeurs d'homo-érotisme naisse de cette relation.

Dupond & Dupont

100% Les frères Alexis & Leon Remi
Les jumeaux détectives généralement incapables et prompts à la catastrophe, sont de 20 des 24 albums de Tintin. Sosies parfaits dans la tenue comme dans le propos déductif, sinon que Dupont porte la moustache droite et que Dupond porte la moustache frisée vers l'extérieur, étaient des prolongement du père d'Hergé et de son oncle, tous deux jumeaux identiques et aussi dans les rangs judiciaires. Hergé voulait illustrer un de leurs traits de caractère, aux deux porteurs de moustache, qui s'habillaient de manière identique presque tout le temps, et faisaient toujours passer leur devoir avant leur humanité.

Entendu parler ce week-end du Temple du Soleil à la radio.
Ce que je croyais pas être un lieu réel en Amérique du Sud.

Ça m'a rappelé la 14ème B.D. d'Hergé qui y plaçait son intrigue.

Et une partie de mon enfance où j'en recréait les intrigues avec des figurines en latex (caoutchouc?).

dimanche 12 mai 2019

Sans Majuscules

C'est la fin d'une autre tradition aux États-Unis.

La traditionnelle visite d'une équipe sportive championne à la Maison Blanche.
La visite INNOCENTE d'une équipe sportive championne à la maison blanche, devrais-je préciser.
Sans majuscules pour la maison blanche qui a perdu presque tout de son lustre, à Washington.
Souillée par les cochons.

Jeudi dernier, les Red Sox de Boston, champions en titre de l'an dernier au Baseball Majeur, ont visité la maison (tellement) blanche. Leur propriétaire a dit qu'il allait faire cette visite avec ses joueurs de manière apolitique, ni bleu, ni rouge, juste une splendide journée qui allait honorer ses champions, sa franchise, au meilleur de ce que ça pouvait être. Les gens écoutant les sports dans le but de s'évader des problèmes du quotidien. Entre les lignes, la maison blanche, sans majuscules, est devenue un problème du quotidien.

On pourrait dire la même chose des politiciens qui gèrent cette visite, année après année. Les politiciens, les vrais, qui doivent composer avec des problèmes de toutes sortes tous les jours, voient cette journée comme une pause, un moment léger, un plaisir comique, une fierté partagée entre athlètes champions et grand manitou d'à peu près tout.

Une opération de charme qui, sans "ennemis du peuple" pour les rapporter, ne serait qu'un party d'entrepôt où une fille sort du gâteau.

Il leur faut un public pour rire leurs folies du jour. Mais le public de cette journée (les journalistes) sont démonifiés par le président lui-même. La journée à la maison blanche sonne de nos jours, tout faux. 

En 1987, Ronald Reagan se faisait verser un barillet de pop corn par un joueur des Giants de New York, néo-champions du dernier Super Bowl.
En 2016, Barack Obama se faisait donner, par l'équipe de basketball féminine universitaire championne de l'Université du Connecticut qu'il recevait, une chaise en bois gravée pour lui afin qu'il se joigne à leur équipe virtuelle de XBox 360, dans le jeu Rock Band.

Léger, léger, léger.

Mais dans l'ère actuelle, depuis Bush fils, je dirais, en passant par Obama, les visites deviennent louuuuuuuuuuurdes.

La journée apolitique souhaitée par le proprio des Red Sox a été 100% le contraire. Ça ne pouvait faire autrement. Plus de 10 joueurs des Red Sox, tous latinos ou afro-Étatsuniens, avaient promis, et honoré leur promesse. Leur gérant, Alex Cora, est originaire de Puerto Rico. Et la (non) gestion de l'ouragan Maria de la part du président l'a profondément dégoûté. David Ortiz, un des joueurs des Red Sox les plus aimé des 50 dernières années à Boston, a aussi choisi de rester chez lui. "not shaking the hand of a guy that treats immigrant like shit". Un seul joueur d'origine étrangère, un cubain, s'est pointé à la maison blanche. Ce qui ne peut que plaire à un suprémaciste blanc. 

Le proprio des Red Sox aura beau penser que la situation n'est pas politique, la photo d'équipe a été 99% blanche.

Et forcément non représentative des champions Red Sox.

Ce qui marque la fin d'une tradition de respect entre champions et élu.

On visite la maison blanche sans lettres majuscules.

Ou on y va pas du tout.

Dans le but de s'évader des problèmes du quotidien.

Qui sont presque tous issus de la maison blanche.