mercredi 5 décembre 2018

Kid Kodak Génétique

On a tous besoin d'amour.

On a tous des manières différentes de le réclamer.

Avant le 25 novembre dernier peu de gens connaissaient le nom du recherchiste médical chinois He Jiankui. Je vais vous aider à peut-être l'oublier.
Il est depuis ce jour, au coeur d'une tourmente éthique mondiale. Il aurait apparemment aidé à faire naître des jumelles, Lulu & Nana, les immunisant contre le VIH dont est porteur leur père.
Il aurait fait usage de la CRISPR, une modification génétique controversée.

Après son annonce, très fière, il a aussi dit qu'une seconde femme enceinte vit cette expérience en ce moment avec sa grossesse.

Ce n'est pas encore clair, deux semaines plus tard. si il a vraiment fait ce qu'il prétend avoir fait. Néanmoins, le dégoût a été instantané. Des spécialistes internationaux se sont dits horrifiés, profondément troublé, et on a qualifié son initiative de monstrueuse.

Des tonnes de question sont nées de son annonce. Le concept du bébé qu'on design sur mesure avant sa naissance à refait surface. On se trouvait dans le futur proche de Gattaca.

Plusieurs craques ont terni le vernis. .

1-Il n'a pas créé quelque chose d'absolument nécessaire.
Il s'est concentré sur deux enfants non nés, non atteints du VIH. Son équipe a désactivé des gênes parfaitement normales, non atteintes du VIH, dans le but de réduire un risque, qui se serait contrôlé assez facilement, si jamais les enfants, ou l'une des deux seulement, aurait été porteuse du VIH à sa naissance. Plusieurs médicaments permettent déjà de bien vivre, porteur du VIH, et même de réduire les effets mesquins. En revanche, il les as rendues toutes deux plus vulnérables à l'influenza. Un danger dont elles n'avaient pas plus besoin.

2-Son travail aurait été bâclé.
Selon ses propres pairs, qui ont trouvé ses détails assez vagues et du travail d'amateur. Par exemple, seulement la moitié du gène modifié de Lulu a été trafiqué, sans réelles explications. On parle même qu'il aurait fait de dangereuses déductions sur les gênes de chacune, les ayant peut-être rendues plus vulnérables que prévu.

3-Il n'est pas encore clair ce que ces mutations auront comme effet.
Au moins deux des trois mutations chez les jumelles peuvent provoquer des changements substantiels chez le gêne original. Ce type de test prend des années à faire, et à comprendre et appliquer...sur des animaux. Cet homme l'a fait sur les embryons d'une femme. Prenant sa grossesse comme cobaye.

4-Le consentement de la famille reste vague.
Il a recruté le couple en se présentant dans une clinique soignant les gens atteints du SIDA et se présentant comme le meneur d'un projet de vaccin en développement contre le SIDA. La forme de consentement qu'il a fait signer était très peu professionnelle et se rapprochant du leurre. Il a menti sur la compréhension de ses cobayes  patients de ce en quoi ils s'engageaient. Ce qu'ils ont signé permet aussi à son équipe d'utiliser les images des enfants comme l'équipe du recherchiste médical le souhaite.

5-Tout était si secret...
Il a lui-même admis qu'il a fait tout ça en cachette, sans le consentement de l'institution qui l'engage, l''Université du Sud de la Science et de la Technologie. Il avait pris un congé sans solde pour tricoter ses affaires et l'Université a lancé une enquête sur son éthique dès l'annonce de ce qu'il a fait. Certaines signatures semblent même avoir été forgées.

6-...mais sa campagne de publicité, très en lumière.
Il avait engagé le consultant des États-Unis Ryan Ferell, qui l'a aidé à lancé plusieurs conférences sur Youtube (au moins 5 versions) et ce, avant même que les détails techniques ne soient publiquement dévoilés ailleurs.

7-Très peu de gens savaient ce qu'ils faisait, mais aucun ne l'avait supporté.
Outre le "conseiller" Micheal Deem, de l'Université Rice, qui est sous enquête pour son rôle allégué dans tout ça, ceux qui étaient au courant ont tous tenté de le faire changer d'idée. Sans succès.

8-Il a défié le consensus général.
Qui était, en ce qui concerne les mutations génétiques pré-natales: Il n'y a aucune urgence! Beaucoup de recherches restent à faire et rien n'est encore certain.

9-Il a agit à l'encontre de ses propres propos.
En conférence, en juillet 2017, il n'a jamais mentionné ce sur quoi il travaillait. Il a même parlé d'un cas où quelqu'un est mort d'un travail bâclé en 1999. Une adolescente. Il avait alors urgé les gens intéressés par les mutations génétiques de ne rien tenter de faire trop vite. Il voulait en fait probablement freiner la concurrence. Il avait aussi signé un papier sur l'importance de la transparence pour de telles expériences. Ce qu'il viole depuis.

10-Il a demandé des conseils auprès de spécialistes médicaux et les as tous ignorés.
Devinez ce que ceux-ci lui disaient? No go.

11-Il n'y aura pas moyen de tirer des conclusions avant 2036.
Quand Lulu & Nana auront (au moins) 18 ans. Mais encore, elles couraient peu de chances d'être atteintes du VIH. Si elles continuent de ne pas en être atteinte, devrions nous parler de succès?

12- Il ne montre aucun signe de contrition.
Il se dit fier de tout ça. Malgré les nombreuses questions et critiques légitimes.

13-Ça pourrait se reproduire.
L'an dernier, des scientifiques ont réactivé l'orthopoxvirus. Ça a soulevé plusieurs craintes de réactiver des virus nettement plus malsain, dans le but...d'être justement malsain. On sait les scientifique des gens parfois colorés, têtus, déterminés, fêlés?

Oublions le nom de ce chinois tout de suite.

Souhaitons le meilleur pour ces jumelles.
Qui n'ont pas encore été vues.

Tandis que lui...

Pour l'instant, il y a parfum de charlatan.

mardi 4 décembre 2018

Cinema Paradiso***********************Touch of Evil d'Orson Welles

Chaque mois, dans les 10 premiers jours, comme je le fais pour la musique, vers le milieu, et pour la littérature (vers la fin) trois passions qui sont miennes, je vous entretiens d'un film qui m'a beaucoup marqué et tente de vous en qui il m'a été remarquable et en quoi il se rappelle à ma mémoire.

Je vous parle d'un effort qui m'a charmé pas par sa réalisation, sa trame sonore, sa cinématographie, ses comédiens, son scénario, son propos, souvent tout ça en même temps. Je vous parle d'un film dont j'aurai aimé tous les choix. Un film qui m'aura ouvert les sens.

J'ai étudié et travaillé dans la télé et le cinéma, on n'efface pas des passions si fortes comme ça.

Plongée dans le film noir.

TOUCH OF EVIL d'Orson Welles

1957.

Orson Welles, après quelques projets en Europe et un film avec le producteur Albert Zugsmith, roi de séries B, voudrait retravailler avec lui. Il lui demande le pire des projets qu'il a avec lui, pour se donner le défi d'en faire quelque chose de bien. Zugsmith lui propose l'adaptation de la nouvelle Badge of Evil de Whit Materson, que Welles retravaillera massivement avant la production. Il accepte une simple paie de comédien.
Mais Charlton Heston, lié au projet dès le départ, avait compris que Welles réaliserait aussi. Et insistera pour qu'il en soit absolument le réalisateur. Ce que Welles ne refusera certainement pas. Heston sera l'agent mexicain Vargas et Welles l'enquêteur Hank Quinlan.

Le film, qui s'ouvre sur un historique plan sans coupe, tourné à la louma, de plus de 3 minutes 20 secondes, raconte l'histoire de l'agent anti-narcotique Vargas, devant interrompre sa lune de miel afin d'enquêter sur la mort brutale (explosé dans sa voiture), d'un louche contracteur Étatsunien, à la forntière du Mexique et des États-Unis. La bombe a été placée du côté Mexicain et a sauté du côté des États-Unis. Il devra composer avec l'enquêteur Étatsunien Hank Quinlan, aux méthodes douteuses, et qui trouve vite un suspect qui n'a rien à voir avec ce que pense Vargas. Ce dernier, en revisitant les derniers cas sur lesquels Quinlan découvre qu'il aurait planté des preuves afin de conclure ses enquêtes. Et pendant qu'il lui remet sur le nez, la famille de la victime, que soupçonne Vargas, s'occupe de la femme de celui-ci.

Un grand nombre de bons comédiens ont alors accepté de jouer dans le film de Welles. L'agent de Janet leigh avait refusé le rôle pour sa cliente, jugeant la paie et le rôle trop maigres, sans même présenter le script à Leigh. Ce qu'elle renversa comme décision disant qu'un film, sous la direction d'Orson Welles ne se refuse pas. Toujours à la recherche de sous toute sa vie, Welles verra tous ses comédiens accepter généreusement des diminutions de paie. Et proposera des réécritures et improvisations de leurs parts sur le tournage.

Dennis Weaver a un petit rôle de commis plutôt simplet et c'est Charlton Heston, qui aimait son travail, qui a insisté pour l'amener à bord du projet. Zsa Zsa Gabor, en patronne de striptease club, n'a qu'une scène et elle l'a jouée par amitié pour le producteur, un ami. Akim Tamiroff incarne le frère de la victime. Joseph Calleia y joue l'associé trahi de Quinlan. Joseph Cotten, très déguisé sous une lourde moustache et Mercedes McCambridge, y font des caméos non crédités, amis de l'Ourson. Orson y apparaît titanesque, lourd et grotesque et a eu l'intelligence de se filmer  en contre-plongée, ce qui le fait paraître plus large encore. Il est aussi lourdement maquillé. Monstreux.

L'implication de Marlène Dietrich était une surprise pour les producteurs, qui, bien qu'elle ne l'ait pas demandé, ont augmenté sa paie afin de pouvoir se donner le droit de publiciser le film en mentionnant son nom. Avec les cheveux noire, elle y est toujours très belle. Et fascinante.  Elle hérite du dernier plan et de la dernière ligne du film.

Le film n'a pourtant pas été grandement mis en marché en 1958. Étant la première partie d'un programme double dont le programme principal mettait en vedette Hedy Lamarr. Le film a fait patate au box office mais avec le temps, et l'affection inconditionnelle de François Truffaut, Peter Bogdanovich et autres passionnés du cinéma, a largement gagné en estime au point d'être, depuis 1993, enregistré dans la librairie des films des États-Unis, culturellement, esthétiquement et historiquement signifiant pour le pays.

Des problèmes à la frontière du Mexique, un homme exigeant d'un enquêteur de laisser tomber une enquête sur sa famille, un acteur de l'Illinois jouant un Mexicain, appropriation culturelle absolue, des abus de pouvoir, une claire agression sexuelle, 60 ans après sa diffusion, ce film me semble extraordinairement 2018.

lundi 3 décembre 2018

Danser Avec Monsieur D. (nu(e))

"...But I know it's name, he's called Mr.D, 
And one of these days, he's going to set you free"
-M.J. 

Charlie Parker, le célèbre saxophoniste qui a inspiré l'ère moderne du jazz, était une drôle de bête.

Et la plupart des bêtes ne vivent pas aussi longtemps que nous.

En 1952, Los Angeles serait l'hôte d'un party mémorable incluant le "Bird". Le saxophoniste new-yorkais était sur la côte Ouest jouant dans quelques bar, entre deux sessions d'injection héroïnale qui auront sa peau trois ans plus tard. Sa santé déclinait à un rythme assez terrifiant. Gras et en tentative de désintox, il "corrigeait" alors ses pulsions en buvant comme un Polonais (mes excuses aux Polonais, c'est bien l'expression).
Décédé d'un ulcère intérieur et d'une grave détérioration du foie, le coroner avait estimé le cadavre étant celui d'un homme entre 50 et 60 ans.

Il en avait 34.

Mais même un animal comme Parker ne pouvait pas anticiper la fête au ranch de Jirayr Zorthian en 1952.

Dans la nuit du 14 à 15 juillet, Parker devait se produire au party du folklorique sculpteur d'origine arménienne qui était un survivant de l'holocauste, et vivait, depuis 1946, dans une montagne de L.A., à Fort Oaks, endroit dont les fêtes étaient fort courues. Le sculpteur avait d'abord été au préalable un artiste produisant de somptueuses murales, avant que celles-ci ne soient plus complètement en demande. Il s'était reconverti en peintre, puis en maître recycleur qui créait, tel un architecte, des tonnes de choses sur son ranch, à même ce dont les gens se débarrassaient. Réjean Ducharme (Roch Plante) y aurait trouvé un ami. Zorthian s'était lié d'amitié avec plusieurs personnalités, allant d'Andy Warhol au physicien, récipiendaire du prix Nobel, Richard Feynman.

Le lieu, toujours existant et maintenant géré par son fils, est un croisement entre un vieux ranch western et une scène d'Alice Aux Pays des Merveilles.

L'endroit était idéal pour Parker et ses envies de bacchanales. En 1952, le jazz ne se jouait que très tard dans la nuit, et souvent, jusqu'à la levée du jour. 66 ans après cette nuit du 14 au 15 juillet, on jase encore de cette mémorable soirée, à L.A.

Il était déjà minuit quand le camion regroupant les instruments des accompagnateurs arriva. 6 musiciens s'y trouvaient mais pas Parker. Les invités l'anticipaient déjà depuis 21h. Trois heures plus tard, les beatniks et les intellectuels ne s'étonnèrent pas tant de son absence puisque Parker, à trois années de mourir, avait déjà la réputation d'être erratique au point de ne pas se présenter à certains événements où il devait se produire, ou le faire dans un état si lamentable que le spectacle s'en trouvait affecté.
Zorthian avait alors réuni ses invités dans son studio pas plus large que 20 pieds par 50 pieds, où s'y entasseraient aussi, Frank Morgan, 19 ans, au sax alto, Larance Marable, à la batterie, David Bryant, à la basse, Amos Trice, au piano et Don Wilkerson au sax tenor.
Ceux qui ne pouvaient pas entrer dans le petit endroit s'installaient alors sur le toit pour y boire, y fumer, s'y embrasser sous les étoiles en écoutant la musique de ces artistes de la scène jazz de la côte Ouest.

Quand Parker est finalement arrivé, vers 1 h du matin, on l'a chaleureusement accueilli, mais celui-ci préférait ne pas jouer et aller dans la piscine. Dans le pas creux, avec les belles filles en bikini qui y traînaient, verres en main.

Zorthian implora alors Parker de monter sur scène, ce qu'il finit par faire. C'est alors qu'une jolie femme a affirmé à Zorthian que si Parker le demandait gentiment, elle se déshabillerait. Une maladie étrangement féminine quand l'alcool et autres substances s'en mêlent. Parker a fait sa demande à genoux sur scène. Une supplication.

La jeune femme a grimpé sur un cheval, taillé et peint à même la roche par Zorthian, pour faire son strip tease. Parker a joué au sexe saxophone Embraceable You, "perdant" lui-même son propre pantalon sur scène. Zorthian enchaînerait en déchirant sa chemise. Bien assez vite tout le monde commencerait à se dévêtir sans explications.


Bientôt, la piscine serait composée exclusivement de gens nus.
Débordante.

Les 3/4 des convives de la soirée.

La drogue c'est comme un(e) partenaire amoureux. 

Ça deviendra impardonnable si tu dépasses la mesure.

dimanche 2 décembre 2018

Manche Parfaite Pour Mueller

Le baseball est une passion Étatsunienne. Parlons sport.
Politique.

La décision de Micheal Cohen, ancien avocat personnel de Donald Trump, jeudi dernier, de plaider coupable pour avoir menti au congrès est remarquable.

Et fera faire des nuits blanches à D.J.T.

Premier retrait:

Micheal Cohen est entré en cour, jeudi dernier, là où personne, mais personne, ne l'attendait. Par pure surprise. Son plaidoyer marque un moment charnière dans le développement de l'enquête de l'inébranlable et incorruptible Robert Mueller. Et le fait que personne n'ait su que Cohen poserait ce geste jeudi dernier démontre une formidable discipline de sa part et de son équipe.

Deuxième retrait:

Mais que ce plaidoyer survienne est en soit aussi formidable. Cohen a déjà plaidé coupable, en août, à 8 chefs d'accusations, dont fraude fiscale, fraude bancaire, et violations financières en campagne électorale. Ce plaidoyer d'août a en somme mis un terme à sa carrière et lui assure un séjour en prison. Son nouveau plaidoyer est pour avoir menti au congrès, une accusation aussi portée contre Micheal Flynn, George Papadopoulos, Rick Gates et Paul Manafort, d'autres insectes autour de Trump. Si Cohen en était trouvé coupable, ça ne le ferait pas durer en prison plus longtemps. En revanche, ça pourrait même réduire sa peine si il accepte ensuite de collaborer afin de rétablir la vérité. (...ou encore être nommé juge à la cour suprême...)
Normalement les procureurs spéciaux ne perdent pas leur temps avec de telles conjectures. Alors pourquoi Mueller y mettrait-il des ressources et du temps?

Parce que ça raconte la campagne électorale de Donald. Ça marque le temps.

Ce n'est pas encore clair que la constitution permetterait à Mueller d'inculper un président en poste. Le département de la justice l'interdit et Mueller est un premier de classe qui suit les règles. Si Mueller trouve Trump coupable de crimes, il ne pourra que suggérer la destitution au procureur général. Celui-ci doit ensuite en parler au Congrès (républicain), qui lui devra décider si le rapport doit de Mueller doit être rendu public. Rêveurs de destitution, calmer vos ardeurs. Vous avez compris les gestes des dernières semaines? C'est maintenant Matthew Whitaker, (et non plus Jeff Sessions) farouche critique de Robert Mueller qui est actuellement procureur général. C'est une créature créée en laboratoire par Trump. Mueller, conscient que son rapport sera à la déchiqueteuse aussitôt dans la main de Whitaker, ne peut maintenant que faire des gestes publics afin d'aviser le monde qu'il y a anguille sous roche. Cohen la semaine dernière avouant avoir menti, allait être cacher par l'administration Trump.
Déjà, la semaine d'avant, Mueller rendait public tous les nouveaux crimes s'ajoutant au dossier de Paul Manafort. Le rapport de Mueller sera maintenant surtout public. Il nous dit : "Voici comment vous devriez lire la campagne et le rapport qui ne seront jamais rendu public autrement". Et force peu à peu Manafort à dire vraiment ce que Trump a fait durant sa campagne.

Le dossier Cohen raconte que l'organisation de Trump a planifié un séjour à l'hôtel en Russie, a communiqué avec des représentants officiels Russes, et a aussi considéré fortement que Trump s'y rende en 2016. Ce qui contredit ce que Cohen avait dit, prétendant qu'on avait tout laisser tomber en janvier 2016. L'importance de ce fait n'est pas que Cohen n'ait que menti au congrès. mais on doit surtout de demander sur quoi a-t-il menti? La réponse semble maintenant être que l'équipe Trump a beaucoup tendu de perches aux Russes pendant toute la campagne. Et dans le dossier Cohen, celui qu'on appelle Individual 1, qui n'est nulle autre que Donald Trump, ne soyons pas dupes, a été informé d'absolument tout, en tout temps.

Troisième retrait:

L'avocat personnel du président a admis avoir menti au congrès sur les activités du président en campagne avec une puissance étrangère et jugée hostile dans le but d'appuyer les recommandations mensongères du président lui-même. 

Dans une société rationnelle et normale, une telle accusation ferait tremble la terre. De nos jours, c'est un tweet. Autour de Cohen, depuis deux ans, on s'est habitué aux titres "L'avocat personnel de Trump accusé de fraude fiscale" ou "L'avocat personnel de Trump paie pour le silence d'une actrice porno ayant eu une liaison avec le président marié". On est immunisé contre ces titres.
C'est une bombe au moyen-orient.
Une augmentation du prix de l'essence.
Un rien.

Mais dans des circonstances "normales", ça mettrait un terme à une présidence.
Ça peut encore arriver.

Cohen a admis avoir menti au congrès afin d'appuyer les versions des événements de son président. Il n'a pas nécessairement dit qu'il l'a fait tel qu'exigé par son président. Ni que celui-ci savait qu'il mentirait au congrès. Mais si il dit maintenant la vérité, la conclusion devient inévitable: Le président, qui suit cette saga trop obsessivement pour ne pas cacher quelque chose, savait que son ex-avocat mentait, et a appuyé ses mensonges.

Alors qui d'autre aurait menti au congrès sur les activités russes?
Donald Trump Jr?
Le président lui-même?
On dit qu'il a répondu les mêmes réponses que Cohen aux questions écrites de Mueller. Et maintenant que Cohen dit avoir menti...

Et même si réserver des chambres en Russie n'est pas criminel (rien ne l'indique non plus) Tout ceux dans l'orbite qui ont appuyé les mensonges de Cohen, sous serment ou face au FBI, sont maintenant en danger de parjure.

Pas seulement de la part de Mueller et de son équipe. Dans quelques semaines, le Sénat s'investit de nouveaux représentants de la chambre. Maintenant majorité démocrate. Le pouvoir y basculera. Les assignations à comparaître seront autant de couteaux aux cerveaux qu'il s'en donne dans Walking Dead.

Chaque nouvelle assignation fera peur aux proches de Trump et les fera peut-être fléchir comme l'ont fait Manafort, Papadopoulos, Flynn, Gates et maintenant Cohen. Du côté des justes.

Trump a recommencé à attaquer Mueller, se sachant de plus en plus coincé.
Je soupçonne que ses agités pets tweets du déjeuner le seront davantage d'ici Noël.

Fin de la manche.

Fin du match? 

samedi 1 décembre 2018

Les Chevaux Sauvages & Le Lombric

Sans même que je formule tout ce que je vous raconte aujourd'hui, j'avais inexplicablement, sans l'avoir entendue nulle part, où qu'on ait parlé de U2, des Rolling Stones ou de leurs chansons, en tête une chanson bien ordinaire de la bande à Bono de 1992 dans le cerveau. Comme un ver d'oreille. 

L'image m'est venue après. 

C'est formidable l'action la semaine et l'intensité qui réside entre 6h30 du matin et 8h30, à l'entrepôt où je bosse.

On peut vider 4 camions de plus de 50 bacs de recyclages (des bacs dans tous les états) et les re-remplir d'autant de matériel, si on a pas eu la chance de le faire la veille. Depuis que je seconde, à l'entrepôt, en tout temps, les choses vont plus rondement. À deux, on opère assez efficacement étant du même moule assez travaillant.  

Les lundis, la route est assez simple. Peu de régions à couvrir, pas beaucoup de bacs, simple, seulement 2 chauffeurs sur 4. Pas compliqué. Un vrai lundi. Mais ce lundi-là, il y avait panique en la demeure. Mot que je ne fréquente presque plus du tout dans mon lent processus de sagesse et de zénitude. 
G.Pawdépôwl, mon superviseur immédiat est un homme ridicule. Toujours prêt à se déresponsabiliser de quelque chose (avec fierté même). Trichant régulièrement dans le rôle de celui qui dit nettement plus souvent "Qu'il a une tonne de choses à faire", mais qu'on ne sent jamais tellement occupé. Et dont on est souvent témoins des "moments de rush" qui ne sont, à nos yeux, rien du tout. 
La compagnie prend une expansion impressionnante et on sent qu'il en est le premier franchement dépassé par la croissance. Il le dit lui-même. Avec ce nouveau gars qu'on a engagé comme directeur des opérations, je sens que le poste de G.Pawdépowl, pourrait être en danger. Sa bullshit, qu'on esquive poliment, ne passera pas avec lui. 

Ceci étant dit, la semaine précédente celle-ci, G.Pawdépowl avait pris congé, le lundi. Avait "travaillé" le mardi suivant. 

On déménage, donc les tâches sont nombreuses. Et Bobby (L'autre buddy de l'entrepôt) et moi, on attend pas toujours ses directives pour déplacer le stock de notre entrepôt, jusqu'au au nouveau. On a beaucoup bossé de nos propres initiatives, même si les ordres devraient venir de lui. (Il en prendra tout le crédit.) Il est lâche comme ça. Mais le mercredi suivant, il ne se pointait pas du tout au bureau. On apprenait que sa grand-mère était décédée. Bonheur pour nous, il ne serait pas dans nos pattes. On a vraiment beaucoup avancé. Le lendemain, toujours endeuillé on suppose, il n'était pas plus là. On a aussi franchement avancé. Les deux gars de l'entrepôt, on est tous deux du même moule, des chevaux sauvages. Indomptables, toujours actifs. On a beaucoup déménagé le matériel ce qui nous as valu de nombreuses éloges de bien des gens. 

Le vendredi G.Pawdépowl s'est pointé au bureau, mais il a quitté plus tôt. Le vendredi il y a assez peu à faire, comme le lundi. J'ai un peu soupçonné qu'il étirait quelques congés volés. Ce serait tout simplement son genre. Ça tombait assez mal dans le calendrier, et le nouveau directeur des opérations l'a remarqué. Mais il a aussi noté à quel point Bobby & moi avons tenu les opérations à bouts de bras et beaucoup sué dans le déroulement de la semaine. Auquel G.P. n'avait pas vraiment participé. 

Quand lundi dernier est arrivé, G.Pawdépowl était en souffrance d'intensité par rapport à nous. Il voulait montrer qu'il avait le contrôle de quelques chose. Mais la situation du jour ne l'exigeait pas. Il a serré la main d'un de nos chauffeurs, qui ne savait même pas que sa grand-mère avait trépassé, et après lui avoir dit "bon matin", il a attendu le "mes condoléances" de circonstances qui n'est jamais venu. Il a donc ajouté un inconfortable "J'ai vécu plein d'émotions..." qui a obligé le chauffeur à se questionner. Il a ensuite dit, avec une inexplicable fierté "Ben ma grand-mère est morte la semaine passée".

 C'est la livraison de cette phrase, et l'enthousiasme avec lequel il nous as dit toute la journée de lundi dernier qu'il ne serait pas là le lendemain (car on y enterrait sa grand-mère) qui m'ont fait encore plus douter de tout ça. Mais bon. À quoi bon y accorder plus d'importance qu'il ne le fallait. Il me donnait tout de même l'impression du gars qui masquait mal la fierté d'avoir trouvé une supercherie habile lui offrant successivement des semaines de 1 jour et demi et de 4 jours. 

Au plus intense de nos jours de déménagements qui, en théorie, devaient être complétés avant le 1er décembre (nous n'y arriveront pas, malgré nos vaillants efforts à Bobby & moi). 

Quand il a vu toute l'importante besogne qu'on avait couché en son absence, il a été épaté, mais comme il n'était à l'origine de rien de tout cela, ça l'a aussi affecté. Il a multiplié des directives plus ou moins utiles pour nous deux, qui voguions sans capitaine depuis une semaine. 

On a même utilisé avec succès, et à plusieurs reprises, la technique utilisée autour de Donald Trump: "Ne lui rappelle pas ce qu'il t'avais demandé, il l'oubliera".   

Il ne pouvait prendre le crédit de nos actes, il y avait maintenant plusieurs témoins. 
Les tricheurs ne s'en tirent jamais.  (je vous en reparle demain).

On a senti qu'il était animé par la panique du gars qui ne fait parti du party. 
(Rôle que je l'ai vu aussi assumer en plein party.)

On a connu une autre phénoménale semaine. Mais pas en raison de lui. En raison de nos initiatives personnelles. Saluées encore par la direction. G.Pawdépowl est le ver dans notre fruit.

Who's gonna ride you're wild horses
Not you, me friend, 
nope.