samedi 6 octobre 2018

Disney Coincé à MichealJacksoniser

Enfant, il était facile de vite devenir athée.

Marcher sur l'eau?
Un buisson jasant?
Une mère accouchant sans faire couchi-couchi, squick squick?
Une force surnaturelle imposant la confusion des langues?
Le ciel ordonnant à Abraham de tuer sa progéniture?
Ressusciter un ami?
Ressusciter après trois jours?

On était enfant naïf, mais pas enfant idiot.

Ce qui nous faisait franchement rigoler était la version de Franco Zeffirelli de 1977 de la vie (mais enfant, on retenait surtout la mort cloutée) de Jésus qu'il avait tournée. Ça passait à la télé à Pâques tous les ans, et c'est devenu LA référence visuelle catholique en 24 images secondes.
Robert Powell était blanc aux yeux pâles! L'oeil pâle est rare à Nazareth. Il est en général, brun. Et la peau est aussi caramélisée. Un Jésus cohérent aurait dû avoir des traits moyen-orientaux. Tout le monde dans la série de Zeffirelli était blanc comme neige! Powell étant peut-être même le plus pâle d'entre tous.

Les petites madames le trouvaient émouvant et peut-être même érotiquement plaisant à imaginer cloué demi nu dans leur lit, mais pour nous les enfants...comment vouliez vous qu'on croit ses sottises? Ne serais-ce qu'un peu?

Dans les églises, les répliques de Jésus allaient maintenant avoir l'oeil bleu ou vert. À la limite, la couleur de l'oeil pouvait peut-être s'expliquer par le fait qu'il était unique. Fair enough. Mais tout son entourage? À d'autres!
Quand Scorcese allait tourner lui aussi, sa vision du Christ, fin 1986, la fable serait encore plus drôle. Jeez aurait un accent de SoHo, NY, Judas Iscariote aurait un accent de Brooklyn, et Ponce Pilate serait british. Après avoir été absolument débutant, la même année.

Amusant.

On en a pas fait de scandale, personne. On a juste tourné le dos, parents inclus, à ce que votre planète appelle la religion. Et qui provoque tant de guerre partout.

Il y a un an, Disney faisait les manchettes en commençant à tourner une refonte du film d'animation Alladin, de 1993. Mais cette fois, avec de vrais acteurs. Mena Massoud, un arabe, jouera Alladin. Mais Jasmine sera jouée par une actrice britannique d'origine indienne, Naomi Scott. Le Prince Anders sera joué par Billy Magnussen, qui a la tête d'un suédois, blond, aux yeux bleus (il est Étatsunien). Tom Hardy, un autre britannique, était anticipé pour le rôle du vilain Jafar. On a finalement choisi Numan Acar, un Turc-Allemand. Will Smith, un Étatsunien, au moins plutôt foncé, sera le génie Jinn.

Ridicule.

Bien entendu, tout le monde s'est moqué du tournage. "Enfin les enfants blancs auront de bons modèles à l'écran" ironisait-on, alors. Semblerait que le film sera lancé en mai 2019.

Mais Disney a fait encore pire récemment.

Pour la sortie de leur film Ralph Breaks the Internet, (ou Wreck It Ralph 2), deux personnages animés, (un peu comme les personnages humains de Tron, en 1982 entraient dans un jeu vidéo) entrent tout simplement dans l'internet. À un certain moment, la jeune fille atterrit dans l'univers des princesses de Disney. Et on se moque du concept de "princesse" en soi. Ce qui était une excellente idée en cette ère #MeToo. Les jeunes filles ont besoin de se trouver des modèles plus responsables, allumées, voire cyniques, plutôt que passives, demoiselles en détresse ou simple vanité décorative.

Mais la bonne idée à fait diversion. L'attention des gens s'est portée sur une des princesses (ce sont toutes des princesses déjà connues de films de Disney précédents), Princesse Tiana. On l'a tous connu noire aux cheveux noirs en 2009.
8 ans plus tard, aux États-Unis blancs suprémacistes, on a "pâli" le visage de Tiana et on lui a frisé un cheveux soudainement plus châtain. Elle était presque latinisée, presque blanche même. Plus près de Sheryl Crow que de Ashleigh Murray. 

Ça n'a pas été long que le net s'est mis à grogner. Anika Noni Rose, qui fait sa voix dans le film, et qui ressemble beaucoup au personnage de 2009 elle-même, s'est plainte elle aussi de l'incohérence de lui faire un makeover de latino/blanche pour 2018.

Disney a heureusement vite réagi et on a redessiné le rôle en toute hâte. On lui avait même aminci le nez afin qu'il soit moins négroïde.

Le simple fait d'en avoir eu l'idée, de la changer, devrait avoir coûté bien des jobs.
Je ne sais pas si les bons coups de pieds ont été donné sur les bons culs. Je vous invite à retourner vos dos, consommateurs en salle.

Le meilleur moyen de leur faire sentir leur connerie comme du monde serait de les humilier et de ne pas aller au cinéma avec nos mioches le week-end de novembre où sera lancé le film (l'action de grâce des États-Unis).

Puisque le cinéma, de nos jours, ne se gargarise que des premiers week-ends. Tuons leur premier mois.

Par dignité.
Ça existe encore la dignité humaine sur votre planète?

vendredi 5 octobre 2018

Jefferson Airplane

Marty Balin, en 1962 avait 20 ans. Il enregistre deux singles qui ne feront pas mouches. Il joint alors un groupe de musique appelé les Town Criers et chante pour eux. Les Beatles prennent le monde de la musique d'assaut et Balin se convainc alors que c'est ce qu'il voudra faire pour toujours: de la musique. Inspiré des Byrds et de Simon & Garfunkel, il dirige les sons qu'il préfère dans cette direction. Aidé d"un groupe d'investisseurs, il achète une pizzeria qu'il convertit en club musical. Il commence à recruter pour un band qu'il voudrait monter.

Il fait la rencontre du guitariste/chanteur Paul Kantner qui, dans les jeunes années 60 frayaient avec d'aussi jeunes David Crosby, Jerry Garcia et Janis Joplin à San Francisco. Inspiré des Weavers et du Kingston Trio, il forme un duo avec David Freiberg. Balin recrute de bands jouant à son club. La chanteuse Signe Toly Anderson est recrutée. Elle chantera pour le groupe un an, sera du premier album, mais quitte après la naissance de son premier enfant, en 1966. Kantner recrute un vieil ami, guitariste de blues, Jorma Kaukanen. Le batteur Jerry Peloquin et le bassiste Bob Harvey compléteront la section rythmique. le 13 août 1965, Jefferson Airplane fait son tout premier spectacle sous cette forme.

Déjà la drogue est dans l'entourage du band. Peloquin s'en écoeure et quitte. Même si il n'est pas batteur, (mais plutôt chanteur/guitariste et futur fondateur de Moby Grape) Skip Spence le remplace. Harvey ne suit pas le rythme et est aussi remplacé par Jack Casady, un vieil ami de Kaukanen. Ils se donnent beaucoup en spectacle sur les scènes de San Francisco devenant un band important du San Francisco sound dans une ère psychédélique naissante. Les spectacles leur attirent un public fidèle. Ça attire aussi l'attention de critiques musicaux qui les recommandent partout. La formation The Great Society a comme chanteuse Grace Slick. Kantner la remarque et la retient dans sa tête. Quand Anderson quittera le groupe, Slick prendra sa place à la voix féminine.
Mais avant Slick, le groupe a enregistré un premier album. Spencer Dryden remplace Spence à la batterie.

Le groupe prend vite de l'ampleur. On renvoie le gérant, mais une bataille judiciaire durera 20 ans avec lui. Un ami de Balin le remplace. Le groupe génère beaucoup d'attention, mais presqu'exclusivement sur la côte Ouest. En effet, des 15 000 albums vendus, 10 000 seront vendus dans les environs de San Francisco.

Le dernier spectacle de la nouvelle maman Anderson sera le 15 octobre 1966 au Fillmore, un lieu qui leur sera toujours bon. Slick se joint au groupe et les deux chansons qu'elle importe de son ancien band seront les plus célèbres du groupe. Le premier album avec Slick sera considéré comme un incontournable de l'époque. Le groupe atteint des sommets commerciaux qui n'auront d'équivalents que sous un autre nom dans les années 80. On change encore de gérant afin de mieux maîtriser la large bête qu'ils deviennent. On le voit de plus en plus à la télé. Cet album vendra 13 millions de fois. Un video créé avec des effets psychédéliques tout neufs pour l'époque, les rendra mémorables.

En juin 1967, il sont au sommet de leur carrière sur la scène du Monterey International Pop Festival, puis passeront par l'Exposition Universelle de Montréal avec les Grateful Dead pour deux spectacles extérieurs. Le premier à Place Ville-Marie, le second au Pavillon de la Jeunesse de l'exposition.

Avec les soudaines popularités électriques de Cream et de Jimi Hendrix, leur son devient plus lourd. Plus blues. Leur troisième album suit cette direction en novembre 1967. Kantner et Slick deviennent peu à peu les principaux compositeurs et Balin est tranquillement écarté avec ses propositions plus près des ballades. En 1968, on change encore de gérance et on part en tournée pour l'Europe avec les Doors. Pays-Bas, Angleterre, Allemagne, Suède. Slick et Morrison se frottent les peaux.

Leur quatrième effort sur disque renoue un peu avec le succès. En novembre 1968, dans un geste qui inspirera peut-être les Beatles deux ans plus tard, le band se produit sans s'annoncer sur un toit de New York et sont arrêtés par la police eux aussi.

Des albums enregistrés en spectacle sont lancés très régulièrement à partir de maintenant.
Le band doit prendre une pause quand Slick a des problèmes de gorge. Kaukanen et Casady forment Hot Tuna en parallèle, Balin et Kantner y participent un peu aussi.

Le groupe lance son cinquième disque, plus critique des politiques guerrières des États-Unis. Kantner co-écrit des morceaux avec Stephen Stills et David Crosby. Jefferson Airplane fait un spectacle gratuit à Central Park, puis participe au Festival de Woodstock. En décembre, le groupe se livre en spectacle au fameux concert (mal) organisé des Rolling Stones à Altamont, spectacle où le jeune Meredith Hunter trouvera la mort. La "sécurité" du spectacle est offerte aux Hell's Angels mais ce n'est que de l'huile sur le feu. Les batailles y seront nombreuses et Marty Balin perd connaissance lorsque brutalement frappé au visage par un Hell's. Dryden, à la batterie, ne reviendra plus avec le band.

Joey Covington, batteur de Hot Tuna arrive à la batterie pour Jefferson Airplane. Beaucoup de changements surviennent alors. On ne lance qu'un single. Qui est une charge contre Richard Nixon et son opération interception. La face B du single contient une composition de Kantner, de plus en plus versé vers la science-fiction. Niche qu'il continuera de creuser avec ses projets subséquents. On sent une fêlure quand Kantner lance un album solo au nom de Paul Kantner et Jefferson Starship, et comprend alors comme personnel: David Crosby, Graham Nash, Jerry Garcia, Bill Kreutzman et Mickey Hart des Grateful Dead, Harvey Brooks, David Freiberg, Slick, Covington et Casady. Tout le monde (et plus) sauf Balin.

1971 sera plus rocambolesque. Slick et Kantner ont des liaisons amoureuses. Une fille en naît et une Slick mariée, divorce. Kantner et Slick choisissent de ne PAS se marier. Balin, avec les unités Slick/Kantner, Covington/Kaukanen/Casady (Hot Tuna) devient le corps étranger. Le fondateur du band le quitte. Un mois plus tard, Slick frôle la mort en coursant contre Kaukanen dans la nuit et en écrasant sa voiture contre un tronçon de pont.

Un premier album sans Balin est lancé un mois plus loin, mais comme Slick est à l'hôpital, on ne part pas en tournée pour le promouvoir. On ne remontera plus sur scène avant janvier 1972. Ce qui a tout de même donné un peu de temps de studio pour un dernier album. Même si le band ne survivra pas aux fêlures grandissantes.

Slick & Kantner lancent un album ensemble. Hot Tuna continue de grandir.
Après deux échecs, le premier crédité à Kantner, Slick et Freiberg et le second à Slick, le groupe devient officiellement Jefferson Starship en 1974.

Je commencerai à les connaître seulement en 1985, sous l'appellation Starship. Un gros succès commercial, mais qui a maintenant très peu à voir avec le groupe original. Sinon Grace Slick. (Kantner obligeant le groupe, en cours, à retirer les mots Airplane ou Jefferson de toute incarnation future ne mettant pas en vedette au moins 2 des membres des deux premiers groupes).

Paul Kantner décède en janvier 2016, à 74 ans, d'une crise cardiaque, le même jour, au même âge et de la même manière que Signe Anderson première chanteuse du groupe.

Marty Balin, fondateur d'un groupe mythique de la côte Ouest des États-Unis, est décédé il y a une semaine à l'âge de 76 ans.



jeudi 4 octobre 2018

Décollage Raté

Elle gagne près de 300 000$ par année, elle loge dans deux résidences payées par les citoyens, tous ses repas sont payés, elle a des chauffeurs à sa disposition, des assurances et un pension de 55 000$ à vie lorsqu'elle se retirera de son poste, et presqu'un an, jour pour jour, après avoir été nommée gouverneure générale du Canada, elle se dit...inconfortable dans son rôle.

C'est elle qui le dit. Julie Payette.

C'est un sport national au Canada, et au Québec parfois, de critiquer le ou la gouverneur(e) du pays. En 1959, on disait de George Vanier qu'il était trop Canadien-Français. Adrienne Clarkson dépensait aveuglément. Michaëlle Jean était tout aussi dépensière, mais surtout trop émotive, pleurant lors du tremblement de terre Haïtien.

Julie Payette s'est ouverte à plusieurs personnes sur le fait qu'elle n'aimait pas du tout son travail. Elle devait signer la loi sur le cannabis prévue pour le 17 octobre, on a accéléré le processus, elle n'a pas été avisée, ça l'a irrité, elle a demandé si un juge pouvait la remplacer. Il a fallu la convaincre que c'était bien à elle, que c'était l'une de ses tâches de le faire, que c'était même une des tâches principales et qu'elle n'avait aucune prise sur le contenu de la loi qu'elle signait. Facile de comprendre l'irritation.

Elle est brillante, ingénieure, parle 12 langues, a fait au moins deux voyages dans l'espace, elle s'exprime en public sans texte et avec éloquence et humour, mais le rôle de gouverneure générale ne lui correspond pas du tout. Elle voudrait plus de prise sur le contenu des lois. Ce qui n'est PAS son rôle.

Elle veut d'emblée faire la promotion de la science, ce qui est tout à fait naturel pour elle, qui a un passé intéressant à ce niveau et un vaste niveau de connaissance à vouloir partager. Mais elle ne peut modeler les lois scientifiques, ce qu'elle voudrait faire aussi.
Elle voudrait aussi avoir son mot à dire sur qui reçoit l'Ordre du Canada, qui est mené par un conseil dont le/la gouverneur(e) général(e) ne fait pas parti. Elle a épluché de nombreux dossiers à ce sujet, de manière assez têtue, mais a aussi assisté à des délibérations sur certains candidats. Là où elle n'était pas la bienvenue.
Son rôle commande qu'elle donne les médailles, mais pas qu'elle en choisissent les récipiendaires. Elle reporte aux calendes grecques les rencontres prévues avec des organismes de bienfaisance, comme les scouts, la Croix-Rouge, elle remplirait les 2/3 de ce que faisaient ses prédécesseur(e)s. Elle remet en question les avis qu'elle reçoit.

Bref...difficile d'être plus difficile.

Elle refuse à peu près toute la description de tâches.

Elle voudrait remodeler le rôle de gouverneure générale à sa personnalité à elle.

Justin s'est fait prendre dans son propre jeu d'images. Il voulait une superstar. Il en a trouvé une. Sans se demander si elle allait convenir pour ce rôle. Il a court-circuité les propositions des gens qualifiés pour imposer sa propre candidature instinctive.

Ce qui semble être un échec.

Ed Schreyer, ancien Premier Ministre du Manitoba avait été nommé à ce poste par le père de Justin, l'ignoble Pierre Eliott Trudeau (PET) de 1979 à 1984. Il a haï ce poste et l'a dit pendant 5 ans. Sa femme encore plus. Se rendre à Rideau Hall et jouer la plante de jardin la rendait malade.

Le gouverneur précédent, un Monsieur Johnston dont on oublie le prénom tellement il était effacé, était, justement tout à fait dans le bon rôle. Il ne voulait pas prendre de décision. Il ne voulait que faire de l'image.

Justin Trudeau lui-même serait un candidat parfait pour le rôle de gouverneur général. Le poste exige une photo. Pas un .gif.

Facile de ne pas aimer ce job. Vous êtes le représentant d'une Reine sans valeur aucune. C'est un rôle idiot. Plus facile encore de trouver quelqu'un à l'ego moins important. Capable de résister à la forte chance de devenir diva, avec tous les privilèges autour de la fonction, mais aussi capable de faire de l'image et presque du mannequinat.

Johnston, Clarkson et Jean ont tous relativement bien fait à ce niveau.
Who's my doll?

Au niveau de la simple photo.
Julie Payette ne correspond pas du tout à ça.

Des gens en fin de carrière sont de parfaits modèles pour cette fonction.
Payette n'est que dans la jeune cinquantaine.

Trop jeune, donc trop envie de bouleverser le poste.

Ce qui fait que son entourage ne la digère plus.
Pas plus qu'elle ne digère son rôle.


Comme une certaine Maison-Blanche et son imposture présidentielle.

Elle a depuis tenté de rassurer son entourage.

mercredi 3 octobre 2018

Cancer Solidaire & Parti Cruellois

Belle journée pour être seul, que je me suis dit ce lundi-là.

Et je l'ai été.

On a été seulement 17% de voteurs à voter pour le candidat du parti que je voulais voir au pouvoir.

Et dont le chef n'a pas passé dans cette population qui voulait plus conservateur. Qui veut toujours plus conservateur. Ironiquement ce sont justement les conservateurs fédéraux qui se sont précipités les premiers pour féliciter Legault de sa victoire.

Aznavour est mort le même jour. Ça m'a donné une journée de plus pour ruminer mon cafard.

Je ne suis pas intéressé par les Libéraux qui ont fait le pire score de leur histoire. Ils le méritaient. On en a soupé du copinage. Et la perspective de 4 autres années avec ceux qui ont enlevé aux profs pour donner aux médecins...On a pas le droit d'être surpris de leur déconfiture.
Je suis encore moins intéressé par ceux qui ont pris le pouvoir, des conservateurs déguisés en...en...en quoi donc? Qu'avec vous donc vu dans ses gens d'affaires?

On le sait que vous n'avez pas autant vu que vous avez voulu changer. On a pas le droit de jouer les surpris. Ça faisait plus d'un an qu'on sait que 75% des Québécois voulaient un changement. Legault a surfé sur le bonne vague. Il n'y avait que les médias et les sondeurs qui tombaient en bas de leur chaise, mais qui suit le Québécois savait qu'il voulait essayer autre chose.

N'oubliez pas que la CAQ a promis de réformer le mode de scrutin. Rappelez le vous quand ce sera la première chose qu'il laissera tomber comme proposition promise. Ça ne se fera jamais. La CAQ comme Trudeau, comme Charest, comme Couillard, comme tous ceux qui promettent de changer de mode de scrutin, va réaliser qu'ils perdraient plein de comtés et gna gna gna...
Plaie

Youri Chassin.

Youri Chassin est un danger public. Il ne croit pas au bien commun. Ce qui devrait le disqualifier non pas de la CAQ mais de la politique en général. 

Privatise-moi mon Québec, maintenant moneymaker fuck.

Chassin est un danger public. Il n'est pas là pour nous. Il est là pour la pia$$e.

Non, les gens de la CAQ ne m'ont jamais intéressé. Principalement parce qu'ils ne sont pas intéressants. Pour 61% de la population Québécoise, la CAQ n'était pas intéressante.

Il y a du sain dans ce changement de pouvoir toutefois. 42% des élus sont des élues. Par un étrange hasard, les Libéraux, sur 32, ont exactement la moitié de leurs élus étant femmes. 16. 50%.
Calisse Solidaire aussi. 5 sur 10. 50%.
Double parité.
La CAQ a faire élire 28 femmes sur 74 sièges.
Le PQ 3 sur 9. Le tiers.

Legault a beau dire que leur élection est "historique" puisqu'elle a fait gagner un autre parti que les deux vieux depuis 50 ans, vieux partis qui se sont écrasés lamentablement cette fois ci, mais ce type d'histoire se produit toutes les deux trois générations.

Je n'arrive pas à être excité une seule seconde pour Cancer Solidaire. C'est même de la hargne qui m'habite quand je vois Manon Massé ronronner au micro. D'une incohérence parfaite, elle avait été l'auteure de la plus belle ligne des débats en disant que ses adversaires n'étaient aucun des trois, mais plutôt la peur. Hier, elle détruisait cette phrase en quelques syllabes en disant qu'avec la CAQ au pouvoir, les gens commencent à avoir peur. La peur utilisé avec charme, la peur comme une arme. Faudra faire mieux Man.

Le parti présente des choses tellement irréalistes, c'est à faire hurler! Zont pelleté des nuages, promis de la gratuité sans compter, comme des gens n'ayant jamais eu le pouvoir, zont fait que brasser de la marde.

Molle ,chaude et malodorante.

J'ai eu mal à mon Québec pas mal toute la journée d'hier. Même le ciel pleurait. Sur la route, il me semblait ne croiser que des cadavres d'animaux.

J'ai croisé celui de Jean-François Lisée.

Content de voir que Gertrude Bourdon se soit fait crêmer. Si Bourdon revient dans des postes de haute gestion dans le milieu de la santé, aura-t-elle à négocier avec Legault? hihihi...
Plus content encore de voir que les élus ont pas mal tous les âges. On y trouve trois générations.
Et il s'y trouve tant de femmes, ça ne peut qu'être parfaitement sain.

Si on était un pays, ce que vous ne voulez pas (alors pourquoi QS? Ils sont plus souverainistes que le PQ!), on serait le 12ème pays le plus facilitateur de poste de politicienne au monde.

C'est ce qui me console du résultat final.

Ma fille a comme devoir de trouver deux points positifs proposé par le parti qui a gagné.
C'est con, je trouve pas pour l'aider depuis deux jours.

Le changement?

Y a ben du changement,
tout comme dans l'ancien temps.

mardi 2 octobre 2018

Charnough Varinag Aznavourian (1924-2018)

Papa est arménien de Georgie, maman est arménienne de Turquie mais c'est à Paris, et précédé d'une soeur ainée que le petit Charles est né.

Papa est baryton et maman, comédienne. Ils possèdent un restaurant où les parents et les enfants animent de leurs talents. Bien vite, Charles prend son nom de scène et se distingue. De nombreux artistes fréquentent leur petit restaurant arménien. Parmi eux, Edith Piaf qui le remarque et l'associe à Pierre Roche pour l'accompagner en tournée en France et aux États-Unis avec aussi Les Compagnons de la Chanson. Aznavour a 23 ans.

La conquête de l'Amérique prend son ampleur au Québec, terreau francophone dans un océan anglais. Le duo Aznavour/Roche se produit sur scène au Faisan Doré pendant quarante semaines avec 11 concerts hebdomadaires. C'est un an et demi que passent au Québec Aznavour et Roche de 1948 à 1950. Six 78 trous paraissent pendant cette période (6!!!!!!!!)

Le Québec sera toujours amoureux de Charles. Et Charles lui gardera une place dans son coeur et dans ses tournées jusqu'à sa mort.

Si Aznavour écrit avec succès textes et musique pour Gilbert Bécaud jusqu'en 1955, Aznavour l'interpète n'est pas aussi recherché. On lui reproche sa petite taille, sa voix, ses gestes, son manque de culture et d'instruction, sa franchise, son manque de personnalité. Aznavour est le plus simple des hommes. Quand un membre des Compagnons de la Chanson quitte le groupe, Aznavour postule pour prendre sa place et on le refuse. Il est facile de tasser les petits. Aznavour est top bon, il ne leur en tiendra jamais rigueur.

En 1956, il obtient un succès populaire mais sa carrière solo démarre vraiment en 1960.  Année faste où il fait même l'acteur sous la main de Truffaut. Aznavour a 36 ans et trois enfants. Faire l'acteur n'est pas nouveau, en partie grâce à sa mère, il avait déjà 10 rôles dans des films derrière la cravate avant Truffaut, dont un prix d'interprétation de l'Académie du cinéma français pour son rôle de Heurtevent dans La Tête Contre Les Murs, de Franju. Il jouera dans une soixantaine de films durant sa carrière.

Mais les années 60 ne seront que bonnes pour lui à partir de ce moment-là. Il enchaîne les hits en 1960, 1961, 1962, 1963 (deux albums), 1964 (deux autres albums), surtout en 1965, 1967 et 1969.   Les années 70 lui sont bonnes aussi et le Frank Sinatra d'Europe chante dans sa langue le temps de quelques albums. En 1972 il créé quelques vagues suite à un exil fiscal en Suisse et ne raison d'une chanson traitant de la taboue homosexualité. Mais Aznavour est si sympathique, on ne lui en veut pas trop. Il chante aussi pour de nouveaux horizons en chantant certains de ses albums en espagnol et en allemand. Il rafle un Lion d'or au Festival de Venise pour la version italienne de la chanson du film Mourir d'Aimer. Aznavour a trois autres enfants dans les années 70.

Aznavour vend partout dans le monde et les années 80 en font encore foi. Quand l'Arménie est frappé par un important tremblement de terre en 1988, Aznavour met sur pied une fondation pour venir en aide au pays de ses origines. Ce sont plus de 80 artistes qui répondent à l'appel autour de lui. Une statue lui sera érigée à Gyumri, la ville d’Arménie la plus touchée par le séisme.   Dans les années 90, Aznavour a plus de 70 ans, il se réinvente en collaborant avec des plus jeunes, Kerry James, Linda Lemay; il "jazz" plusieurs des ses anciens morceaux. En 1997, il remporte la victoire de la musique pour l'artiste interpète masculin. L'année suivante CNN et le Times Online le déclarent l'artiste de variété du siècle devançant Elvis Presley et Bob Dylan.  

En 2002, il tient le rôle principal de son film le plus personnel  dans Ararat d’Atom Egoyan, qui traite du génocide arménien.   Trois ans plus tard, à 81 ans, il amorce une tournée d'adieu au Québec qui le fait passer au Canada, aux États-Unis et le fait terminer à Erevan en Arménie où il est fait héros national. Il se reproduira sur scène de temps à autre quand même et sera fait représentant permanent de l'Arménie auprès de l'ONU à Genève.   Au printemps 2009, à l'aube de ses 85 ans, Charles Aznavour entreprend une tournée nord-américaine qui lui permet d'explorer des chansons de son répertoire un peu moins connues. Cette mini-tournée le mène notamment à Montréal, New York, Los Angeles et Ottawa.  

Ce sera presque 80 ans de carrière qu'il laisse derrière, Charles Aznavour a joué dans plus de soixante films, a composé plus de mille chansons, chanté dans six langues différentes et a vendu plus de cent millions de disques à travers le monde.  

Encore vendredi, il parlait de ne jamais cesser de faire des tournée, malgré les adieux.

Pourtant les adieux étaient de mise hier. La France, le Québec, l'Arménie, le monde le pleurait.

Ce petit homme, immense, s'est éteint aussi simplement qu'il avec vécu hier à l'âge de 94 ans.  

Immortel, Charles.

lundi 1 octobre 2018

Cinema Paradiso************The Candidate de Micheal Ritchie

Tous les mois, dans les 10 premiers jours, je vous parle cinéma, tout comme je le fais pour la littérature (dans les 10 derniers) et pour la musique (vers le milieu).

Un film qui m'a renversé par son audace, sa réalisation, ses comédiens, ses trouvailles, sa facture, son propos, son originalité, sa cinématographie, souvent, tout ça en même temps. Un film qui m'a ouvert les sens.

J'ai étudié et travaillé dans le cinéma, c'est une passion qui ne mourra pas de sitôt. If ever. Je consomme encore beaucoup de films/séries dès que j'en ai une chance.

Aujourd'hui, jour d'élections au Québec, un choix adéquat.

THE CANDIDATE de Micheal Ritchie.

Je ne me rappelle plus vraiment  les circonstances du visionnement de ce film. Je me rappelle avoir vu la (toujours pénible) version française qui s'appelait Votez McKay à la télé. Mais qu'est-ce que j'ai aimé. Je voudrais revoir et/ou posséder.

Avec le temps, (1972) ce film fait même figure de prophétie.

Marvin Lucas est un stratège politique démocrate. Crocker Jarmon, candidat républicain, est largement favori pour gagner les élections sénatoriales de la Californie. Lucas cherche donc un candidat démocrate pour faire une course ingagnable contre un candidat trop populaire. Un candidat "poteau" comme on dit par chez nous.
Comme personne ne veut se présenter pour se faire écraser par Jarmon, Lucas se voit obligé de se tourner vers Bill McKay, beau, idéaliste, charismatique, et fils de l'ancien gouverneur de la Californie John J.McKay.

La proposition va comme suit. Comme la course est impossible à gagner, McKay aura la chance de dire tout ce qui lui passe par la tête et de suivre son propre agenda autant que possible. Il va perdre de toute manière. McKay campagne donc comme bon lui semble et les sondages le montre perdant. Mais de manière écrasante. Lucas n'aime pas du tout. Ils savent qu'ils vont perdre, mais ne veulent pas être humiliés non plus.  McKay devra parler à un plus grand nombre de gens. Son message devra se rendre ailleurs que dans des niches. Il devient alors plus générique, moins précis. Et comme il avait demandé à son père de ne pas se mêler de sa campagne, celui-ci a gardé le silence. Mais son silence est alors considéré comme un endossement de tout ce qu'il annonce. Comme Bill n'est pas qualifié pour ce qu'il fait, ça a l'air fou par moments pour le nom McKay. Le père sort pour expliquer qu'il ne fait que répondre au souhait de son fils de ne pas s'en mêler mais les rapports restent tendus et inamicaux. McKay devient un nom ridiculisé.
L'écart s'est finalement rétréci. Seulement 9 pts séparent les deux candidats. Jarmon propose un débat télévisé, ce que McKay acceptera. Pendant le débat, il a un moment d'épiphanie. Il sort de ce qu'il avait préparé et choisit de parler avec son coeur. Ils est insulté que les débat n'ait pas parlé de vrais problèmes comme la pauvreté ou le racisme. Lucas est furieux. Les médias veulent confronter McKay sur ses propositions quand son père, ravi de ce que son fils a dit au débat apparaît pour le féliciter et l'encourager sans ménagement. L'angle journalistique devient le retour de John J.McKay et non les bouleversements d'une recrue en politique.

Quand McKay gagnera ses élections, il est catastrophé. "Nous devions perdre! Que ferons nous maintenant?".

...

Ça vous rappelle quelque chose?

Donald Trump a pris une heure à accepter qu'il avait gagné. Il devait perdre. Et rester extrêmement populaire dans les médias. Sa femme le savait. ELLE, elle est restée perdante et ne lui a jamais pardonné cette victoire. Elle sait qu'il n'est pas à sa place. Elle n'est pas à sa place non plus.

J'adore Robert Redford. J'aime tous ses choix. Il est d'une vive intelligence. Il a travaillé au scénario (oscarisé) avec Jeremy Larner, un ancien stratège politique de John V. Tunney. Micheal Ritchie, le réalisateur, avait aussi travaillé sur la campagne sénatoriale de Tunney en 1970. Ritchie, Redford et Larner ont passé l'été 1971 à travailler le script du film. La scène de la salle de bain s'inspire d'un moment qui s'est réellement produit à Eugene McCarthy, dans une de ses nombreuses courses (5) à la candidature présidentielle.

Peter Boyle incarne brillamment Marvin Lucas/Jeremy Larner. Redford, McKay. Melvyn Douglas y joue papa McKay. Don Porter est le candidat républicain convaincu de gagner.

Redford est réuni, dans ce film à Nathalie Wood, qui y fait un caméo dans son propre rôle, s'étant alors retirée du monde du show business. Wood et Redford étaient bons amis et ont joué ensemble à l'écran dans Inside Daisy Clover et This Property is Condemned.

Redford y livre l'une de ses meilleures performances à vie.

Le film avait de réelles ramifications politiques puisque la femme de Melvyn Douglas, Helena Gahagan Douglas, était congressiste dans les années 50, et une candidate au Sénat dans la même enceinte que le film a été tourné.

Un candidat qui devait perdre mais qui se retrouve dans un rôle qui ne lui conviendra jamais.

1972.
Mais très 2018.