mercredi 6 mai 2026

La Marchandisation de l'Existence

La crise du logement est une horreur. 

Ce qui est lâche, impropre, raciste et faux est de blâmer cette crise sur les immigrants.

 Le prix des logements n'est pas abominablement élevé parce que des immigrants voudraient un toit au dessus de leurs têtes au Québec, au Canada, se loger est devenu un luxe et extraordinairement dispendieux en raison du capitalisme.

Se loger est cher parce que nous avons pris un droit humain fondamental et l'avons transformé en commode marchandise parasite qui gangrène les plus vulnérables et créé un écosystème auto-entretenu de richesse obscène pour quelques France-Élaine Duranceau parasites au prix de la santé mentale d'un peu tout le monde, notoirement, de la jeunesse qui ne demande qu'à déployer ses ailes. Cette triste situation mobilière n'est pas unique au Québec, pas même au Canada, mais partout dans le monde. Quand elle occupait le poste de ministre du logement, France-Élaine Duranceau, c'était absolument le loup dans le bergerie. C'était complètement la Ministre des propriétaires. Ancienne agente immobilière amatrice de flips

Blâmer l'immigrant pour la hausse des loyers est une manoeuvre de diversion vieille comme le monde. C'est la stratégie du "diviser pour régner" Je ne vous apprends rien là-dessus. On pointe du doigt celui qui arrive avec sa valise pour éviter de regarder celui ou celle qui encaisse le chèque. La réalité est que le marché immobilier actuel ne cherche pas à loger des gens, il cherche à engraisser des portefeuilles d'actions. Nous avons laissé des fonds d'investissements massifs (des fiducies de placements immobiliers) racheter des quartiers entiers. Pour ces entités sans visage, un appartement n'est pas un foyer, c'est un colonne de chiffres dans un tableau Excel qu'il faut optimiser. Si le loyer n'augmente pas de 10% par année, c'est considéré comme un échec financier. 

Cette dynamique créé une rareté artificielle. On nous parle de l'offre et de la demande comme si il s'agissait d'une loi de la nature immuable. Alors que c'est une construction politique. En privilégiant la construction de condos de luxe inaccessibles plutôt que des logements sociaux ou coopératifs, l'État démissionne de sa fonction protectrice comme les États-Unis ont démissionné d'être élu POUR le peuple. On a jeté les clés de la ville aux promoteurs, en espérant que leur cupidité finirait, par un miracle de ruissellement, par loger des infirmières, des enseignant(e)s et des étudiant(e)s. Le résultat est sous nos yeux. Les centres-villes sont devenus des parcs d'attractions pour riches et des banlieues s'étirent jusqu'à l'épuisement des terres agricoles. 

Dans ce système, le/la locataire n'est plus citoyen(ne). Il est obstacle au rendement. Ou saucisse à bouchers. La multiplication des évictions forcées, pour rénovations "majeures", souvent appelées à juste titre "rénovictions", sont la manifestation la plus brutale du capitalisme urbain. On expulse des jeunes et des ainés, des vulnérables, et on force le déracinement. Hochelago-Maisonneuve s'est beaucoup gentrifié à coups de trois murs repeints, nouveaux comptoirs, et nouveaux luminaires. 

C'est une violence sociale qui se drape dans la légalité. Quand la sorcière suggère aux locataires de devenir propriétaires pour régler leurs problèmes, c'est l'étalage d'un mépris déconnecté absolu. Elle confirme, comme aux États-Unis en ce moment, que le pouvoir en place occulte systématiquement le bon jugement. Et le droit au logement. On traite le toit comme une action en bourse. On spécule sur la misère humaine et ceux et celles qui n'ont pas les moyens de jouer au casino immobilier.

Alors tant que vous avez cette face de prédatrice derrière n'importe quel(le) chef(fe) de parti.

Ne vous inquiétez pas de milliers de votes. 

Ne venez même pas cogner aux portes. 

Elle est fragile et on l'aime comme ça. Vintage. Sans rénovictions. C'est une génération complète à qui on bloque l'accès au logement en ce moment au Québec. Et la propriété ? Aussi bien ne pas trop vite y rêver.     

Aucun commentaire: