jeudi 24 septembre 2020

Voix d'Haruki


 Les livres de l'écrivain Japonais Haruki Murakami sont généralement traduit en français directement du japonais. Les Chroniques de L'Oiseau à Ressort a été traduit du japonais par Corinne Atlan et Karine Chesneau. Hélène Morita est généralement celle qui traduit Murakami depuis 2007. 

En anglais, Alfred Birnbaum a longtemps été le traducteur attitré à ses oeuvres. Plus maintenant. 

Les livres ne sont pas des produits comme les autres. Les écrivains, les artistes, ne sont pas des Iphones. Le nouveau ne rend pas l'ancien obsolète. Peu importe la force avec laquelle on peut admirer l'écriture de Sally Rooney, ça ne suggère jamais de ne plus jamais lire Oscar Wilde, Maeve Binchy ou W.B.Yeats. Lire David Goudreault n'efface pas l'oeuvre d'Anne Hébert, Réjean Ducharme ou Michel Tremblay. L'un ne remplace pas l'autre. 


Pourtant c'est un peu ainsi qu'Haruki Murakami nous as été introduit en Amérique du Nord et en France. 

Alfred Birnbaum a été le premier à traduire Murakami en anglais. Il décrit l'oeuvre ainsi: "c'est la totale antithèse de la lourdeur des Kenzaburo Oe, Kobo Abe, Juro Kara ou Kenji Nakagami". Dans le NY Times de 1989, c'était la même chose on disait de son oeuvre qu'elle était audacieuse et moderne dans la fiction internationale et non pas traditionnelle comme Kobo Abe ou Yukio Mishima ou Yasunari Kawabata. Les critiques des États-Unis, de France et du Canada ont presque tous suivi cette direction. Il fallait séparer Murakami de ses collègues Japonais. 


Murakami a toujours dit qu'il a toujours été nettement plus influencé par les écrivains Nord-Américains que par ses contemporains japonais. Mais suggérer que son excellence doit le séparer de ses collègues relève du syndrome de Highlander (le film), où des membres d'une même race ou d'une minorité compétitionnent entre eux pour qu'un seul d'entre eux ne puisse gagner et/ou survivre.


Comment Murakami, dont les livres se vendent dans le monde dans toutes les langues et par millions, et dont le nom est reconnu même si on a jamais lu un de ses livres, est devenu le sujet d'un livre récent appelé Who We're Reading When We're Reading Murakami par David Karashima. Il s'est penché, justement sur la manière dont a été traduit Haruki. 


La couverture du livre, dans sa version japonaise, donne un indice que Murakami, l'homme, et Murakami, l'auteur traduit, n'est pas le même. Le titre est entièrement en symbole japonais, mais pas le nom d'Haruki Murakami qui est en alphabet nord américain. La juxtaposition, non présente sur la couverture de l'édition anglaise, suggère un produit culturel. Les auteurs ne sont pas des Iphones, mais quand ils lancent une nouvelle oeuvre, on les marchandise et on le présente dans le moulinet du marketing. 


La traduction (pardonnez l'intérêt personnel) y est pour beaucoup. 

Avec son 3ème roman,  La Course au Mouton Sauvage, l'histoire surréaliste se déroule dans les années 70. Mais les traducteurs ont eu à l'esprit le lecteur des États-Unis, et ont pensé que celui-ci voulait une histoire plus contemporaine en 1989. Ils ont gommé toute référence aux années 70 et ont même osé faire une allusion à un discours de Ronald Reagan, président des États-Unis, toutes les années 80. Le titre a aussi été changé de An Adventure Surrounding Sheep à A Wild Sheep Chase. 


Pour La Fin des Temps, son livre suivant, on a tout simplement autour de 100 pages. Murakami avait placé volontairement sans son oeuvre, toute une section illogique, un solo jazz dans sa pop, et les traducteurs ont jugé que le lecteur serait égaré et le livre lui tomberait alors des mains. On tombait quand même en territoire de censure. On a critiqué le choix. les vrais admirateurs de Murakami, si ils comprenaient toutes les langues, seraient horrifiés de le lire. Vladimir Nabokov avait connu le même type "d'ajustements". Murakami, comme Nabokov, est aussi traducteur. Semble que ce soit un métier en accompagnant toujours un autre, partout, en tout temps. 


Mais les traducteurs des États-Unis ont beaucoup aidé Murakami en l'amenant à Princeton pour le faire connaître. En favorisant les contacts avec les lecteurs des É-U. Murakami a toujours dit que son auteur préféré était Raymond Carver. Carver lui-même était largement "retravaillé" dans sa propre langue par l''éditeur Gordon Lish. Murakami a parlé de ces traducteurs d'Amérique du Nord comme des passeurs de son oeuvre, moins que comme des méticuleux et précis traducteur. 


Avec son succès, Murakami a aussi pu choisir ses maisons d'éditions. Et en 1992, il passait dans une nouvelle maison d'édition. Mais encore, Les Chroniques de L'Oiseau à Ressort, en anglais, publié en trois livres en Asie, en une seule brique, en Europe et ici, a été amputé de quelques 25 000 mots afin de le rendre moins "chaotique". Ils ont en revanche proposé deux versions du livre. La version abrégée et le version originale. C'est le livre qui l'a lancé par ici et en Europe. Est-ce que le travail d'édition a aidé? Peut-être, on ne le saura jamais. 

La manière dont Murakami est compris est comme la plupart de ses intrigues. Constamment en train de changer. 


En lisant Hiroko Oyamada, et en en parlant avec une amie, celle-ci m'a dit "Dieu merci!, une auteure japonaise autre que Murakami!". Mais c'est aussi un piège. 

Pourquoi le remplacer? Savourer les Rolling Stones devrait-il nous empêcher d'aimer Interpol?

Quand un auteur d'une culture étrangère est célébré, il ne représente pas 100% de cette culture. 

Quand on a plus qu'une voix, on a une conversation. 

Et ça, c'est beaucoup plus excitant. 

mercredi 23 septembre 2020

Ani DiFranco

Née à Buffalo, New York, Ani a commencé sa carrière de guitariste publique à l'âge de 9 ans, aidée de son professeur de guitare. Jouant d'abord des reprises des chansons des Beatles dans des cafés se faisant des amies de Suzanne Vega et Michelle Shocked qui y performent aussi. Elle laisse tomber la musique un temps pour apprendre la ballet.
À 14 ans, elle reprendra la guitare et commencera aussi à composer ses propres chansons.
Aliénée par sa propre famille, elle devient légalement émancipée de celle-ci à 15 ans et part vivre avec des amis en appartement. Faisant le circuit des bars et cafés de Buffalo pour y jouer sa musique.

À 19 ans, elle a déjà plus de 100 chansons de composées. Elle étudie brièvement l'art, mais ses fans des bars et cafés insistent pour qu'elle enregistre certains de ses morceaux. Elle le fera elle-même sur cassette, 500 cassettes, qu'elle distribuera elle-même. Comme ça vend très bien, elle décide qu'elle aime tout ça, et fonde, à 19 ans toujours, sa propre maison de disques, Righteous Babes. D'où elle contrôlera la distribution, les enregistrements et qui lui donnera une liberté de création artistique qui lui vaudra les éloges de Prince qui fonctionne sensiblement de la même manière. Le bouche-à-oreille fait son travail, et quand c'est bon, pas besoin de marketing autour, ça se rend aux bonnes oreilles. Son demo devient son premier album.

En 1991, elle lance son second album. L'intérêt s'y trouve. Elle prend sa volkswagen et part en tournée seule, avec sa guitare, là où on la voudra. Un culte et une horde fans fidèles se dessine autour d'elle. On imite même son style de coiffure et ses tenues vestimentaires dans le public. Tatouée et pleine de body piercing, son public fait de même sur son propre corps. Entre 18 et 20 ans, elle se fera avorter deux fois. Dès ses 20 ans, elle se déclare bisexuelle et vit de la sorte. Ses albums de 1992 et 1993 font prendre de l'expansion à ses ambitions. Elle gagne en exposition publique et les grosses compagnies de disques lui font des offres de contrat d'enregistrement. Elle les refusera tout sa vie. Elle a sa propre compagnie d'enregistrement, elle a tout ce qu'elle veut. Surtout la liberté. Et sa nouvelle exposition publique rend sa compagnie de disque plus lucrative. Elle joue plus de 200 jours par année sur scène.

L'univers pop lui fait de l'espace pour Out of Range et encore plus pour Not a Pretty Girl. CNN et le New York Times soulignent son talent. Résidant maintenant New York, la ville, elle est une saveur qu'on veut tester. Ça fera de son album suivant, un meilleur vendeur encore. Le premier à entrer dans le top 100 des meilleurs vendeurs aux États-Unis. Un album en spectacle sera lancé pour capitaliser sur l'intérêt.

Tôt en 1998, Ani lance son 8ème album, qui sera aussi son plus diversifié jusqu'à maintenant. Ce sera encore, un meilleur vendeur que le précédent. Et ça met la table pour Up Up Up Up Up Up dont le titre marque l'intérêt qu'on porte à ce qu'elle fait. Elle est très impliquée socialement, dans les causes politiques ou en faveur des droits LGBTQ+. La même année, elle lance son 10ème album.

C'est en 2001 que m'est révélé l'album que je préfère de la belle Ani, un album double, Revelling/Reckoning. Maceo Parker y joue du sax et y chante. Un nouvel album, double aussi, en spectacle, est aussi lancé.

Son album suivant croise jazz, folk, pop, funk et des éléments de musique latine. En 2004, elle fait son album Educated Guess, complètement seule. Elle a le temps de lancer un 14ème album avant de se déclarer enceinte d'une fille d'avec son amoureux, son producteur Mike Napolitano. Ayant développé une tendinite, et devenant mère, elle prend une pause de sa vie de tournée, d'engagement sociaux et d'enregistrements. Ses 15ème et 16ème albums paraissent en 2006 et en 2008.

C'est en 2012 qu'elle lance un album inspiré de morceaux de son ami et mentor, Pete Seeger, pour lequel elle a chanté pour ses 90 ans. Seeger y prête même sa voix et son banjo. En 2013, c'est d'un garçon qu'elle sera maintenant maman.

En 2014, c'est son 19ème album qui est enregistré et qui fait participer Jenny Scheinman, Ivan Neville, Maceo Parker à nouveau et Justin Vernon de Bon Iver. Binary sera son 20ème album, en 2017.

Elle a aussi fait deux albums avec Utah Phillips.

Elle a publié des mémoires en 2019, No Walls & a Recurring Dream, livre que je me taperai c'est certain.

Inutile de préciser que je l'adore dans toute sa splendeur. L'ai même vue en spectacle au Festival d'Été de Québec quand c'était gratuit et était 100% sous le charme de cette "not pretty girl".

Bien que ses arrangements restent relativement assez minimalistes, sa palette s'est souvent agrandie, incluant des influences jazz, folk, latines, funk et parfois même un peu soul.

Ani a aujourd'hui l'âge de ma conjointe, 50 ans.

Et comme elle, elle est encore belle comme le printemps.

mardi 22 septembre 2020

Trichera Bien Qui Trichera le Dernier


La justice n'existe pas aux États-Unis. Pas depuis au moins 30 ans. Probablement avant. 

Si la Chine a un système de justice au service du gouvernement, il en va absolument de même pour les États-Unis. 

Les juges de la cour suprême ont TOUS une couleur politique très connue. Républicaine ou Démocrate. Ce qui va 100% à l'encontre du principe même d'indépendance d'un juge, qui se doit, de par sa nature, n'être qu'au service de la justice, et non au service partisan d'un parti politique. 


Bien que le bon sens devrait commander généralement même le meilleur des Républicains et aussi le pire des Démocrates, il n'en va plus de soi depuis facilement 30 ans.

Qu'y a -t-il eu il y a 30 ans? enfin, 27? Bill Clinton proposait Ruth Bader Ginsburg comme juge à la Cour Suprême des États-Unis. 

Ruth Bader Ginsburg a été une Femme immense pour les États-Unis. Alors qu'on lui disait, dans les années 50, que le Femmes n'avaient pas d'affaires dans les classes universitaires de Cornwell, elle en graduait avec beaucoup d'éloges, devenait mère avant même de commencer et réussir ses études en droit à Harvard et se classait tout simplement première de sa cohorte, à l'Université Columbia Law School. Parmi les causes qu'elle a aider à faire gagner est l'abolition de cette loi sotte, encore existante dans certains pays, qui voulait qu'un homme devait endosser le chèque d'une Femme pour qu'elle puisse faire quoi que ce soit avec. 


Elle s'est battue toute sa vie, gagnant presque toujours face à la Cour Suprême, en faveur de l'égalité des genres et le droit des Femmes. Elle travaillait dignement pour la dignité humaine. L'une des ses dernières batailles honorables aura été, en 2009, l'adoption d'une loi, grâce à elle, facilitant l'accès à des gains dans des causes de discriminations salariales. Particulièrement envers les Femmes. Elle était si aimée et populaire, qu'on l'avait surnommée, en hommage au défunt rappeur Notorious B.I.G.,  The Notorious R.B.G. Ce, avec quoi, elle s'amusait. 

En 1993, Clinton la proposait pour être juge au Sénat et, sur 100 sénateurs, 96 l'appuyaient. C'est dire l'unanimité que sa bonté pouvait rassembler. 


Mais depuis, la Cour Suprême est contaminée. On colore dans le but évident de pouvoir faire pencher la balance en cas de conflit majeur. Quand l'agresseur et amateur de bière Brett Kavanaugh a été grossièrement placé comme juge (républicain), les appuis ont été de 50-48 et 2 abstentions. 

(Et cet homme aura le dernier mot potentiellement dans des cas d'abus du corps féminin...)


Ruth Bader Ginsburg est décédée la semaine dernière du cancer du pancréas à l'âge de 87 ans. Elle était modérée politiquement, mais Démocrate. Il y a 9 juges à la Cour Suprême. Le décompte était de 5-4 en faveur des Républicains. 

Qui pensez vous a jubilé en secret à l'annonce de la mort de R.B.G?


Oui, le danger orange. Lindsay Graham, un valet de pisse républicain buvant au calice de Donald Trump, disait, il y a quelques années, que si un poste de juge à la Cour Suprême avait à être libre avant une élection, il fallait attendre le changement (ou pas) de président pour faire quoi que ce soit. Et ou/attendre au moins 70 jours. Qu'il fallait enregistrer ses mots. Que c'était coulé dans la bonne foi du pays. Mais cette bonne foi se piétine. Quand Graham a dit cela, Barack Obama, un président (Démocrate) qui ne pouvait pas être réélu pour un troisième mandat, projetait de le faire. Il a été refusé par le Sénat majoritairement républicain. 


Donald Trump projette de nommer une nouvelle juge (républicaine) aussi tôt qu'aujourd'hui ou demain. 40 jours avant le soir d'élection. Barack projetait de le faire 11 mois avant...

...qui triche déjà?


Si les résultats de 3 novembre sont archi serrés, si les Démocrates gagnent aussi, peu importe la marge, il est déjà promis qu'on criera à l'illégalité des résultats. 

Et qui a le dernier mot dans ces cas là?

Les juges de la Cour Suprême. 

Donald place ses pions pour répondre à la prétendue tricherie, par la vraie.

 

lundi 21 septembre 2020

22h15, Un Samedi Soir


 J'ai été 4 fois chez Réno-Dépôt ce week-end. 

4 fois!!!!

C'est autant d'ecchymoses sur ma sensibilité.


J'ai donc écrit, lu, écouté de la musique et visionné du film tant que j'ai pu pour me soigner. 

Samedi soir, l'amoureuse, qui s'était levée tôt pour avoir travaillé un jour interdit, était fatiguée et s'est rendue au lit assez tôt. Mon fils se rendait à Québec où se trouve son amoureuse à lui. Ma fille travaillait tôt le lendemain, elle a visé le lit très vite aussi. 


Restait moi et notre chat de nuit. C'était la nuit. Ai sorti notre chat de nuit, me suis parti un film.

J'avais oublié à quel point Jerry Maguire de Cameron Crowe était presque sans fautes.  Drôle, touchant, romantique, fameusement joué, brillamment écrit, habilement tourné, ce film a toutes les raisons de se retrouver dans mes films immortels que je place dans les 10 premiers jours du mois. Mais je vous en promets un autre de Cameron Crowe prochainement. 


J'ai aimé Cameron Crowe assez tôt dans sa filmographie. Je réalise que j'ai ses 4 premiers films tournés de sa main parmi ma collection de films. Tous acheté (ou reçu) petit à petit sur les 5 dernières années. Après Maguire, j'ai eu envie de revoir Say Anything. Me suis couché tard samedi tôt dimanche. 

Me suis demandé pourquoi les films de Cameron Crowe, du moins ses 4 premiers, avaient visé si juste avec moi. Je croyais avoir trouvé en me disant qu'ils avaient merveilleusement saisi leur époque. La fin de l'école secondaire, la vie de jeune adulte sur la côte Ouest américaine, la naïveté idéaliste, la loyauté et l'engagement amoureux, la musique des années 70. 


Il touchait à l'amour, au sport, à la musique, à Bridget Fonda, Zooey, des passions qui sont aussi les miennes. Ça tombait sur le sens, ses intérêts, pouvaient facilement rejoindre les miens. C'est le premier tiers du pourquoi Crowe et moi, ça pouvait communier.

Mais non, en (re) voyant Jerry Maguire, je trouvais absolument tout parfait. Plus que la première fois que je l'avais vu. Je savourais comme si je voyais le film d'un ami. Ce que Crowe n'est pas. Vanilla Sky était raté. Elisabethtown aussi. We Bought a Zoo c'était du Walt Disney des années 80. Aloha, pas sympathique du tout. Outre ses 4 premiers, il ne me parle plus beaucoup. Mais pendant un temps, 10 ans comme le veut la théorie, nos sensibilités calibraient au même diapason. Et le Jerry Maguire de samedi soir, 22h15, était une fontaine de bonheur coulant goutte par goutte dans l'évier cagé de ma vie.


Drip, drip, drip, drip, drip, drip
.

J'ai explosé de rire plusieurs fois. Il faut rire avant d'être heureux, de peur de mourir sans avoir ri. Les rôles secondaires sont parfaitement joués. L'équilibre entre humour, drame, intensité et tendresse était parfaitement dosé. Mais je n'arrivais pas à me dire comme Jean-Pierre Léaud dans Masculin/Feminin, que ça me plaisait tout simplement "pour la tendresse".  Peut-être que je savourais parce que je revoyais Renée Zellweger sans la plastique des années 2000. Mais non, il y avait surement une autre raison pour laquelle le film me touchait partout aux bons endroits.


Moi aussi, j'en suis à une période de ma vie où je remets absolument tout en question. C'est le deuxième tiers de ma réponse.

J'en ai profité pour lire sur Cameron Crowe et là, j'ai compris le dernier tiers.


Comme moi, Crowe a été élevé, unique garçon avec deux soeurs. Il a toutefois perdu une des ses soeurs en bas âge. Reste, qu'être élevé avec des soeurs, sans frères, ça influence largement une sensibilité. Physiquement il ressemble beaucoup à sa mère. Moi, c'est psychologiquement que je ressemble absolument à ma mère. Plus je vieillis, plus je le réalise. Physiquement, je suis absolument mon père, mais j'ai de très nombreux traits psychologiques maternels. Et grandir avec des soeurs (y avait aussi que des filles dans la rue pour jouer et je n'ai quasiment qu'uniquement des cousines) ça peut influencer un niveau de virilité et de "manhood" en un homme. 


J'ai réalisé ça dans un mes 4 voyages au Réno Dépôt. J'étais égaré. Franchement pas dans mon élément. Je voyais les hommes autour de moi trouver des yeux ce qu'ils voulaient ou avoir des étoiles de satisfaction naissante en voyant un outil ou des madriers qui deviendraient une galerie sous leur main agile. Moi j'étais perdu à chercher des semences à gazon, introuvables ailleurs. Je suis chez moi dans une bibliothèque, pas dans un Réno Dépôt.


Cameron est chez lui en parlant de relations amoureuses, de sports et de musique. 

    De ce qu'il connait. De ce, en quoi il a baigné. 

On est pomme de notre arbre. Jamais prune de pommier.

Cameron et moi avons été "bâti" entouré de féminité. 

Ça forme des sensibilités différentes de bien des canevas. 

Je me suis soigné de mes ecchymoses dans la nuit de samedi à dimanche. 

De là les références à The Cure... 


dimanche 20 septembre 2020

Relations Chine-États-Unis


Depuis 1949, les relations entre les États-Unis et la Chine sont passées d'entêtements tendus à un complexe mélange de diplomatie intense, dans une croissante rivalité internationale et suivant une économie entremêlée, et toujours florissante.

Voici un condensé sommaire des relations entre les deux superpuissances mondiales depuis 1949.


Octobre 1949: La République.

Le parti communiste de Mao Tsé-Toung installe la République Populaire de Chine (RPC) après que les communistes, appuyés par les paysans défont les nationalistes de Chang Kaï-Shek. Les troupes de Chang Kaï-Shek, des milliers de gens, se poussent vers Taiwan. Les États-Unis, qui avaient appuyé les nationalistes contre les Japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale, appuient aussi Taiwan. 

Juin 1950: La Guerre de Corée. 

Les États-Unis appuient la Corée du Sud et la sauve de la Corée du Nord, communiste.


Août 1954: Crise de Taiwan.

Le président Dwight Eisenhower retire la présence Étatsunienne qui effectuait la barrage protecteur naval de Taiwan en 1953. La RPC choisit alors de bombarder l'île. À l'été 1955, les É-U menace d'attaquer nucléairement la Chine. La Chine négocie que les nationalistes se retirent au moins de l'île Dachen. 


Mars 1959: Le Tibet.

9 ans après que la RPC eût affirmé vouloir prendre le contrôle du Tibet, un mouvement de contestation se dresse à Lhasa. Des milliers en mourront. Le Dalai Lama se sauve en Inde. Les États-Unis condamnent la Chine. La Cia armera secrètement la résistance Tibétaine.


Octobre 1964: Premiers tests nucléaires Chinois.

Suite au croissant conflit dans la Guerre du Vietnam, la Chine joint le club des pays ayant l'arme nucléaire. La Chine rassemble des soldats le long de la frontière Vietnamienne dans l'éventualité d'un envahissement États-Unien. 

Mars 1969: Conflit Sino-soviétique à la frontière.

Un différent à propos de la sécurité, des idéologies, du développement social et économique escalade en escarmouches avec les Russes, à la frontière. Moscou devient la menace aux Chinois et Pékin se rapproche alors des États-Unis, dans le but d'affronter un ennemi commun. 


Avril 1971: Diplomatie Ping-Pong.

L'équipe de Ping-Pong chinoise invite celle des États-Unis. Le secrétaire d'État Henry Kissinger fera un voyage secret en Chine 3 mois plus tard. Peu de temps après, la RPC est acceptée aux Nations Unies dans le siège anciennement tenu par Chang Kaï-Shek. On place la RPC au conseil de sécurité permanent. 

Février 1972: Nixon en Chine.

Le crooked president passe 8 jours en Chine. On signe un traité promettant des meilleures relations entre la Chine et les É-U. On veut entre autre parler Taiwan. Mais les progrès à ce niveau seront rares.


1979: Reconnaissance diplomatique internationale.

Le président Jimmy Carter reconnaît la Chine comme une diplomatie saine quand le nouveau président Deng Xiaoping entame d'importantes réformes. Taiwan reste indépendante et soutenue par les É-U.

Juin 1989: Le massacre de la place Tiananmen. 

Les relations entre É-U et Chine sont suspendues. La brutalité étant trop inacceptable.


Septembre 1993: Libération de dissidents politiques.

Prisonnier politique depuis 1979, Wei Jingsheng est libéré avec l'aide de Bill Clinton qui souhaite un engagement constructif entre les deux pays. Mais quand Pékin perd les jeux Olympiques de 2000, le gouvernement chinois réemprisonne Jingsheng. 4 ans plus tard, Clinton réussi à faire libérer à nouveau Jingsheng et le manifestant étudiant Wang Dang. Les 2 dissidents sont déportés in the land of the free, aux États-Unis.


Mars 1996: Premier vote libre à Taiwan.

Lee Teng-Hui est le premier président élu par le peuple de Taiwan. Malgré les tests militaires faits par la Chine afin de dissuader les voteurs de se rendre aux urnes. 


Mai 1999: Bombardement de l'ambassade chinoise, à Belgrade.

L'OTAN bombarde par erreur l'ambassade chinoise à Belgrade visant les Serbes au Kosovo. Les É-U s'excusent mais la Chine reste outrée. 

Octobre 2000: Boom économique chinois.

Bill Clinton fait signer une entente avec la Chine qui fera engranger des profits fameux aux deux pays. Entre 5 milliards et 231 milliards de dollars seront empilés juste aux É-U. 6 ans plus tard, la Chine dépasse le Mexique comme plus profitable partenaire commercial des É-U, après le Canada.


Avril 2001: L'avion espion Étatsunien.

Un avion "de reconnaissance" des É-U entre en collision avec un pilote militaire chinois au dessus du territoire chinois, tuant le pilote chinois et forçant un atterrissage forcé de l'avion des É-U, en Chine. Celle-ci garde en otage les 24 Étatsuniens à bord de l'avion 12 jours. L'équipe de George W. Bush réussira à négocier une libération.


Mars 2007: Budget militaire chinois enflé. 

La Chine annonce une augmentation du budget militaire de 18% pour un total de 45% du budget chinois investi dans la défense. C'était une augmentation de 15% en moyenne entre 1990 et 2005 dans le secteur. Aux É-U, on se plaint de l'inconsistance de ce que les Chinois appellent "un soulèvement de paix". 


Août 2010: La Chine devient la seconde plus importante économie mondiale.

D'ici 7 ans, on dit que la Chine dépassera aussi les É-U, première économie mondiale.


Février 2012: Tensions dans les échanges commerciaux.

Le déficit dans les échanges commerciaux aux É-U s'élève à 295,5 milliards. Le travail des usine se fait maintenant beaucoup plus en Chine. Les É-U s'en plaignent. On accuse la Chine de violer les ententes à leur avantage. Quelque chose que les É-U font en tout temps. Avec nous, entre autre, en ce moment même.

Juin 2013: Xi Jinping et Barack Obama se rencontrent.

Se promettant tout les deux de meilleures relations.


Mai 2014: 5 hackers chinois coincés.

Les États-Unis coincent 5 hackers et les envoient en prison. La Chine suspend sa coopération au groupe É-U-Chine sur la cyber sécurité. 22 millions de citoyens des États-Unis, presque tous des employés du gouvernement, sont piratés. 


Mars 2018: La verrue Trump. 

Jaloux du succès de la Chine, D.T. impose des tarifs douaniers de 50 milliards sur les importations. Il avait fait la même chose sur l'acier et l'aluminium chez nous. Cette fois, c'est le linge chinois, les souliers, les produits électroniques. Les É-U restreignent aussi les investissements chinois aux É-U. La Chine réplique de la même manière. En juillet, Trump rajoute 34 milliards de nouveau tarifs. La Chine réplique avec la même chose. Mon pénis est plus gros que le tien se disent-ils. 


Décembre 2018: Les É-U, impuissants, frappent plus faible, le Canada.

Les É-U demandent au Canada d'arrêter la vice présidente de Huawei pour des viols d'ententes commerciaux. Le Canada tombe dans le piège et oblitère. Depuis, la Chine, lâche, attaque le Canada et non les É-U. La chicane autour de la table fait frapper deux adultes sur un enfant qui n'a rien à voir dans le conflit.


Novembre 2019: Les É-U signent un accord favorisant le support aux manifestants de Hong Kong.

Parce que c'est plus naturel pour l'Amérique du Nord de favoriser la démocratie. Ça ne passe évidemment pas pour Xi Jingping.

Janvier 2020: Pandémie.

Avec un président des É-U ouvertement raciste, condamnant tout ce qui arrive de Chine, voulant lier la maladie aux Chinois en tout temps, plusieurs finissent par condamner l'atittude des États-Unis. L'Organisation Mondiale de la Santé, entre autre. Trump choisit alors de couper les fonds de son pays versés à l'OMS. Parce qu'elle ne dit pas ce que le président veut entendre.


Mars 2020: La Chine expulse des journalistes Étatsuniens.

13 journalistes, du New York Times, du Wall Street Journal, du Vice, du Voice of America et du Washington Post sont expulsés de Chine. On dit qu'on fait ça parce que les É-U réduisent la présence de journalistes chinois de 160 à 100 dans 5 États Nord-Américains.


Juillet 2020: Trump annule le statut spécial de Hong Kong. 

Ou si vous préférez, Hong Kong est maintenant plus exposée aux abus de la part du gouvernement chinois. Qui ne se gêne pas pour abuser. Les É-U ferment le consulat chinois à Houston, prétendant que c'est une niche à espion. La Chine ferme le consulat Étatsunien à Chengdu. Washington arrête deux pirates informatiques, prétendus voleurs de recherches sur un vaccin pour éradiquer la Covid-19. 11 compagnies chinoises sont aussi sanctionnées parce que les droits humains, en Chine, sont aussi valides que ceux des noirs aux États-Unis ne sont jamais respectés. 


On ne s'aime pas présentement entre États-Unis et Chine.

Nous aussi, la Chine, on l'a dans le cul.

Le gouvernement Trudeau a abandonné les pourparlers avec une Chine ignoble où la fin justifie toujours tous les moyens. 

Où la vérité n'est jamais gage de justice.

Où le gouvernement ne voit que son carré de sable.