lundi 26 novembre 2018

The Cars

Ric Ocasek, guitariste, chanteur, auteur compositeur, remarque Benjamin Orr à Cleveland, dans une émission locale, où celui-ci joue avec son band The Grasshoppers. Orr est aussi guitariste et chanteur. Les deux ont été de multiples groupes, respectivement à Columbus, en Ohio (pour Ocasek) et Ann Arbor, au Michigan (pour Orr).

Ils se relocalisent tous les deux à Boston au début des années 70 et forment, avec Jas Goodkind, aussi guitariste, Milkwood. Leur album de 1973, dans le style folk de Crosby, Stills, Nash & Young, pourtant assez bon, n'attire pas du tout l'attention.

Ocasek & Orr forment alors ensuite, Richard & The Rabbits, un nom suggéré par Jonathan Richman, et qui inclura Greg Hawkes, qui jouait aussi du saxophone sur l'unique album de Milkwood. Hawkes quitte rapidement pour faire partie du projet de Martin Mull & his Fabulous Furniture. Ocasek & Orr se présentent donc sur scène simplement sous le vocable Ocasek & Orr, et jouent acoustique dans les cafés. Plusieurs de leurs morceaux d'alors seront retravaillées en chansons des Cars à leur début.

Ocasek & Orr se joignent au guitariste gaucher Elliot Easton et la formation devient Cap'n Swing. Avec Glenn Evans à la batterie, puis Kevin Robichaud qui prend vite sa place. Et un bassiste de jazz qui ne fait pas long feu car Ocasek vise davantage le rock que le jazz. Orr, ne fait alors que chanter, puisqu' Ocasek et Easton patrouillent les guitares. Les stations de radio s'intéressent soudainement à eux.

Ocasek se débarrasse de Robichaud et le remplace par David Robinson, des Modern Lovers de Jonathan Richman. Robinson sera une grande influence dans le style des Cars. Hawkes revient avec le band, mais cette fois aux claviers. C'est Robinson qui trouve le nom "The Cars" pour Ocasek, Orr, Easton, Hawkes et lui-même. Orr passe à la base.

La veille du jour de l'an 1977, The Cars joue pour la première fois sur scène sur une base militaire du New Hampshire. On passe le début de cette année là à travailler un démo de 9 morceaux. Un single est joué à la radio et obtient un certain succès. En juin 1978, on lance le premier album, éponyme du groupe. Un an, presque jour pour jour, plus tard, on lance le second album, le premier ayant très bien marché. La pochette est réalisée par un designer photo du magazine Playboy et créé des remous. Ils obtiennent un plus gros succès avec leur premier extrait, mais sans plus.

On choisit alors d'être plus expérimental pour le troisième album lancé en 1980. Mais le succès sera encore moindre.  L'année d'après, le groupe achète un studio à Boston, afin de mieux contrôler leur produit. Ils y enregistrent leur album suivant et obtiendront leur plus large succès d'alors. En 1982, ils sont majoritairement en tournée. Après la tournée, Ocasek & Hawkes y vont de projets solo, sans toutefois séparer The Cars.

L'album qui suivra sera le sommet de leur carrière. 5 extraits en seront tirés. Un prix pour un clip et une chanson chantée par Orr (mais écrite par Ocasek), qui, non seulement sera leur plus jouée à vie, mais aussi l'occasion pour Ocasek de faire la rencontre de la top modèle Paulina Paurizkova, sur le tournage du clip, tourné par le comédien Timothy Hutton. Paurizkova sera sa troisième épouse et la mère de ses deux derniers fils (il en aura 6 en trois mariages, 2 de chaque). Le couple se sépare en mai dernier.

Au Live Aid de 1985, David Bowie, au Wembley Stadium, introduit le groupe qui livre Drive (de Philadelphie) sur un montage d'images de la famine en Éthiopie (à Londres) et qui provoque un électrochoc émotif dans l'assistance.

Le groupe lance alors une compilation contenant deux nouveaux morceaux.

Qui dit compilation, dit aussi, on a besoin d'un peu d'air.

  Orr et Easton y vont de leurs premiers (et uniques) projets solos. Orr fait mouche avec un de ses morceaux.
Ocasek lance aussi un second projet solo où tout le monde participe sauf David Robinson. Un morceau fera mouche là aussi. Tony Levin, Steve Stevens (de Generation X et Billy Idol), Roland Orzabal (de Tears for Fears) et Tom Verlaine (de Television) y participent aussi.
Grâce à la visibilité du Live Aid on relance la chanson Drive, qui obtient un plus large rayonnement international et The Cars verseront tous les profits nouvellement engendrés à Live Aid.

En 1987, un dernier album contenant un succès est lancé. En février de l'année suivante, 10 ans après leur premier album, The Cars se séparent.

Ocasek produit 5 albums solos entre 1991 et 2005.
Hawkes fait un hommage sur disque aux Beatles, au ukulélé.
Easton s'amuse avec les Tiki Gods.
Robinson devient proprio d'un resto.
Benjamin Orr décède prématurément du cancer du pancréas en 2000, à l'âge de 53 ans.

Easton & Hawkes se joignent à Todd Rundgren et Prairie Prince et Kasim Sulton, en 2005 pour former sur scène The New Cars qui mélangent tout les répertoires auxquels ces gens ont participé.

En 2011, tous les membres originaux surprennent et lancent un nouvel album de The Cars. Pour nostalgiques. Ils choisissent de ne pas remplacer Orr. Hawkes et le producteur du disque, Jacknife Lee, jouant les parties de base.

Une pub (de voiture quoi d'autres!) a ramené de bons souvenirs à mes oreilles.
Cette année marque le 40ème anniversaire de la sortie de leur tout premier album.

dimanche 25 novembre 2018

À La Recherche du Temps Perdu********************Revolutionary Road de Richard Yates

Chaque mois, dans les 10 derniers jours, tout comme je le fais pour le cinéma (dans les 10 premiers) et pour la musique (vers le milieu), je consacre un texte à la littérature qui m'a marqué.

Lire c'est un peu beaucoup mon métier (traducteur). Je ne considère jamais que c'est complètement travailler. C'est naturel. Comme marcher ou respirer. C'est explorer les réalités des autres. L'espionner. Y plonger. C'est fréquenter sa/ses visions. C'est vivre certains états, certaines époques. C'est accepter de se laisser transformer.

Ou pas.
Lire, c'est inspirer très fort. Et Vivre avec un grand V.

REVOLUTIONARY ROAD de Richard Yates.

Tous les livres de Richard Yates ont une large part d'autobiographie. Il a 17 ans quand il écrit le personnage de William Grove, qui a cet âge dans A Good School. 29, quand il écrit Frank Wheeler dans Revolutionary Road. Et 36 ans, tout comme Emily Grimes dans The Easter Parade.

Bien qu'il eût été unanimement salué par tous les critiques (et autres écrivains: Kurt Vonnegut, Dorothy Parker, Tennessee Williams, John Cheever, William Styron) de son vivant, jamais il ne vendra plus de 12 000 livres. Ce qui fera en sorte que ces livres ne seront plus réimprimés après sa mort en 1992. Il faudra un essai de Stewart O'Nan, en 1999, pour relancer l'idée de la réimpression de ses oeuvres.

C'est aussi à peu près là que je fais communion avec ses oeuvres.
Revolutionary Road est publié la veille du jour de l'an 1962.

En 1955, le roman se concentre sur les espoirs et les aspirations d'un jeune couple de banlieusards se voyant nettement différents de leurs voisins, dans le quartier de Revolutionary Hill. Le livre ouvre sur une pièce de théâtre où, April Wheeler, femme de Frank, y livre une performance amateure relativement pathétique.
Après la performance, Frank & April ont une importante chicane et Frank commencera une liaison avec sa collègue Maureen. April propose à Frank d'aller s'établir à Paris, le temps qu'il se trouve une meilleur ambition que de rester commis de bureau. Cette idée les rapproche, un temps. Frank cesse même de tromper April avec Maureen. April voit l'exil comme une opportunité de quitter l'ennui de la vie de banlieue, Frank est davantage animé par la vanité.
Le contact du fils d'une voisine fait réaliser à Frank l'abomination de sa vie de banlieue.

Leur plan de quitter les États-Unis est contrecarré et Frank est soudainement stimulé au travail par la possibilité d'une promotion. Frank tentera de manipuler April et de la faire faire appel à de l'aide psychiatrique, April ayant eu une enfance difficile. April succombe à une crise identitaire elle-même et a une liaison avec un voisin. Frank ranime sa liaison avec Maureen.

April prend une initiative malheureuse qui plongera Frank dans l'ultime culpabilité.

Le livre sera adapté en film et tourné par Sam Mendes en 2008, et donnera un Oscar à Kate Winslet dans le rôle d'April, l'année suivante. 

Le livre est formidablement bien écrit, nous traînant dans les corridors d'états d'âmes meurtris. Exposant les petites dignités humaines, défendues férocement par deux jeunes adultes, mais surtout les plus creuses humiliations d'un couple qui aurait pu être n'importe lequel des 100 000 couples des banlieues de New York des années 50.

Ou l'esquisse de bien des couples de banlieues des années 50 à nos jours.

Yates condamne un mode de vie d'alors qui tendait vers la conformité, ou une sorte d'aveuglement désespéré nourri d'une envie de confort et de sécurité, peu importe le prix.

Le 7 novembre dernier marquait le 26ème anniversaire de son décès des suites d'une crise d'emphysème. Il avait alors 66 ans.

samedi 24 novembre 2018

Dans Leurs Têtes à Eux (Tellement Perdus)

La veille, je m'étais fait grand plaisir.
noooooooooon! pas comme ça, bande de pervers!

J'avais écouté le dernier effort des frères Coen. Même si j'avais travaillé trop d'heures en trop peu de temps, j'ai défié ce que mon corps me dictait de faire (dormir) et j'ai écouté, sans efforts, le plus long film de leur part, le premier sur Netflix, tourné en digital, en applaudissant comme un otarie à quelques reprises.

J'aime tout de leurs choix. J'aime ce qui se passe dans leurs têtes. Et ce qui se développe sous nos regards. Je suis certain qu'on leur donnerait la mission de tourner une plante pendant des heures qu'ils trouveraient le moyen de rendre la chose intéressante. J'ai dormi heureux ce soir-là. D'autant plus qu'il faisait dehors un froid polaire et ça, ça me rend en général de bonne humeur.

'Vais réécouter Inside Llewyn Davis, des mêmes frères, qui nous fait sentir l'hiver, je me connais.

Le lendemain matin, ma fille regardait en différé la terrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrible série de téléréalité XoXo.
Terrible terrible terrible émission, où on regarde des jeunes gens regarder leurs téléphones une émission de télé réalité québécoise, hideuse, d'un sexisme formidable. Où les femmes ne choisissent rien, et sont perpétuellement choisies. Toute décision est mâle. Quelqu'un disait que cette émission était un cours sur l'art d'être pimp. C'est EXACTEMENT ça. Les mentors de chaque groupe de jeunes gens décident d'à peu près tout. Chaque 5 minutes de cette horrible émission fait hurler.

Au moment où on trouve une jeune femme jolie et où on se questionne sur son intelligence on l'entend chanter à la caméra:
"I'm in love with the nouveau..."

Ouch! C'est une chose de ne pas savoir parler anglais, mais bon...les gens peuvent choisir to go low.

"En plus, il est entrepreneur, moi c'est ce que je voudrais faire plus tard..."

Et...pourquoi tu ne t'y mets pas maintenant, fille ? Qu'est-ce qui te retiens?
Un gars doit crinquer la clé dans ton dos?

Tout tout tout TOUT dans cette émission parle de retards sociétaires entre hommes et femmes.  C'est d'un rétrograde tellement risible. J'étais très heureux de voir ma fille se moquer de l'émission de bout en bout. Et de passer des commentaires cyniques. Et justes. Elle voyait la même misère humaine sans même que je lui suggère.

Quand une candidate a dit que c'était la première fois de sa vie qu'elle allait dans un spa, j'ai eu le réflexe de dire à voix haute (travaillant tout près de ma fille) "Ouin, Ça a beaucoup vécu ce monde-là". C'était une attaque injuste, je le concède.

Mais j'ai adoré ce que ma fille a répondu:

"Papa! ces filles-là n'existent pas sans être animées par un garçon. Si elle en a jamais fréquenté, elle n'existait pas"

"Les Poupées" aurait dû être le sous-titre de cette mauvaise idée télé.

Ce qui se passe dans les têtes des gens impliqués dans cette triste émission est le contraire de ce qui me plait. On y sent de la servilité. De la principauté autoproclamée en attente de prince qui ne se savent pas prince. Et ne le serons surtout jamais. Tout semble tomber à côté de la cible. Même les réactions et les raisonnements montrés à l'image.
Des valeurs lourdement louches et du soutexte aussi malsain que contemporain. Ça fait deux émissions de téléréalité d'ici où j'entends dans la bouche de concurrents que "l'important c'est de gagner".

On connait un président comme, ça, qui, à force de se fier à ce juvénile instinct, se solidifie, chaque jour, dans le rôle du plus grand perdant dans le rôle qu'il occupe.

Dans leur tête à eux, se dessine des croquis que les jeunes téléspectateurs devraient être en mesure de décoder assez promptement. Et vraiment pas comme la production de l'émission souhaite nécessairement qu'ils le fassent.

C'est la beauté de l'art. Regarder le même objet et y voir, y sentir, des choses différentes.

"ENFIN! les gars décident qui sera éliminée!" a dit ma fille derrière, de son clairon ironique.

Dans XoXo, les femmes sont des articles. Elles sont même des accessoires.

Étrangement le film des Coen, vu la veille, qui déroulait son action dans le far-ouest d'un autre siècle, nous faisait faire un pas en avant.

Et dès le lendemain matin, ma fille en congé à mes côtés, écoutait une émission de 2018, qui se targue d'être l'avenir de la téléréalité, me donnant l'impression de faire une douzaine de pas de reculons. À toute les 5 minutes, pendant 1 heure.

À chacun sa tête.

Il y a cette chanson d'Alan Walker chantée (très haut) par Iselin Solheim*, que j'ai apprise à beaucoup, beaucoup aimer.

Je trouve le décor du video de la chanson aussi formidable. Je m'en fais un nouveau dans ma tête chaque écoute.

J'aime particulièrement le passage des mots "so lost" de la part de Solheim.

Ce sont aussi les deux mots qui me viennent à l'esprit quand je vois les gens impliqués dans XoXo.

*Splendide visage nordique!

vendredi 23 novembre 2018

La Fin des Clinton

Dans la nouvelle série documentaire The Clinton Affair, dans une séquence, présentant Paula Jones, il y a des extraits télé montrant une comédienne parodiant la victime, au Tonight Show en 1997.

Au moment même où Paula Jones accusait Bill Clinton de l'avoir sexuellement agressée. Ce qui fascinait les États-Unis d'alors. Le sketch montrait une Paula Jones fictive, sortant d'une roulotte, la jupe trop courte, les cheveux trop plein de fixatifs et trop 80's, se déplaçant main sur la hanche, comme une escorte en recherche de clients. Un gag visuel avant toute réplique. Une foule qui se tortille de rire. Le plus gros gag étant l'énorme prothèse lui servant de nez, un pic, un cap, une péninsule!

Les médias Étatsuniens se moquaient de celle qui avait accusé le président de harcèlement. Ceci se répéterait des dizaines et des dizaines de fois dans les années qui suivraient. Écorchant Gennifer Flowers, autre victime de Bill l'abuseur découcheur, et Monica Lewinsky, plus célèbre victime de Bill-la-graine-qui-dégaine.
Il y avait des femmes qui accusaient le président des États-Unis d'abus des femmes et d'abus de pouvoir en général, et l'opinion publique versait naturellement sur l'idée que les femmes en étaient elles-mêmes responsables.

Elles étaient traitées un peu partout, dans un soupir exaspéré, comme de petites personnes de faibles envergures, rêvant de grandes publicités, on parlait d'eux comme " de ces femmes là", comme de la honte du canard noir de la trâlée. On se moquait de leur apparence, de leurs coupes de cheveux, de leurs sexualités. Leno dira de Lewinsky, à son public, que Monica avait considéré faire coudre sa mâchoire afin de ne plus jamais parler de l'affaire. Mais elle s'est ravisé, ne voulant pas faire une croix sur sa vie sexuelle. Le public de Leno s'étoufferait de rire.

Ce qui s'est passé en 1980, au début des années 90, en 1996, 1997 et 1998, et depuis, n'a jamais complètement cessé d'exister. Demandez à Donald.
C'est encore très très 2018.
Juannita Broderick est entendue en cour seulement cette année. Monica Lewinsky n'a parlé de son traumatisme que cette année aussi, 20 ans après l'exposition publique. Ken Starr, l'avocat partisan qui mangeait du Clinton au déjeuner, est lui-même maintenant accusé d'impropriétés sexuelles publiques, et l'ignoble Brett Kavanaugh, avec un jugement troublant (un JUGE!), a accusé ceux qui l'accusaient d'inconduite sexuelle, qu'ils étaient des frustrés de l'ère Clinton qui voulaient se venger.

C'est à se demander si l'Histoire avec un grand H, est vraiment l'histoire, où encore si ce n'est que le passé, rappel du terrible présent.

Au moins, on parlait alors de l'affaire Lewinsky.
Aujourd'hui le documentaire parle de l'affaire Clinton.

Le scandale national, de la manière dont il a atterri publiquement, alors, contenait de nombreuses vérités embryonnaires sur les réalités de nos jours.
-L'expansion de la polarisation partisane, du simple désaccord idéologique à la guerre de mots sanglante.
-Les nouvelles 24 heures sur 24, offrant nécessairement de l'opinion quand la nouvelle ne se renouvelle pas assez vite.
-La rage publique comme exutoire social.
-Le pouvoir politique de la droite religieuse qui sévit.
-L'émergence des voix conservatrices de la Alt-Right.

On a peu commenté la cristallisation du sexisme en Amérique, un sexisme devenu conscient de lui-même, et fier guide de son président actuel. Même au Québec, pas plus tard qu'hier, un pauvre type en chambre a parlé des connaissances pointues d'une collègue, ce qui était formidable, pour une femme...".
Le sexisme ne cache souvent dans l'innocente comédie. Jay Leno à l'époque disait de Paula Jones:
"...prends mon conseil, trouve toi un job où on ne verra pas ton visage. Son chirurgien plastique lui aurait dit: "C'est moi ou c'est Hooters""

La foule croulait sous les rires, encore, alors.

20 ans après les faits, on commence tout juste à parler de l'abus de pouvoir d'alors. Ceux, beaucoup plus nombreux, et pas seulement sexuels, de Donald Trump, sont devenus, aujourd'hui, de la petite nouvelle ordinaire. De la comédie viré cynisme.

La série documentaire peint Bill Clinton comme le prédateur qu'il aura été.
The man who did what he did, because he could.

C'est aussi son nom que les États-Unis ont refusé aux élections de 2016. Préférant plus grossier encore.

En faisant des blagues comme "je ne voterai pas pour Hillary car elle me rappelle trop ma première femme" ou encore "Je ne voterai jamais pour Hillary car elle me rappelle trop l'avocate de ma première femme".

Donald a gagné, mais Hillary a aussi perdu.

Rodham à moins perdu que Clinton.

Si seulement le sexisme s'éteignait comme les Clinton seront complètement éteint, d'ici 4 ou 5 ans...

On clôt sur les abus de Bill à peu près cette année.

On se reparle de ceux de Donald en 2036.

Puisqu'on ferme doucement les yeux sur ces agissements de nos jours.

Le couple Clinton sera à Montréal la semaine prochaine. Pour conférencer sur leurs...échecs?

jeudi 22 novembre 2018

50 X les Beatles

(À J.L.)

Expliqués sommairement en 50 chansons choisies:

A Day in The Life
Un orchestre de 41 musiciens a été engagé pour ce morceau, mais sur place, bien qu'habillé de manière très formelle, Paul McCartney les as obligé à jouer avec des nez de clowns et des chapeaux de fête. John est le compositeur principal du morceau et s'est inspiré de Tara Browne, un gosse de riche bien connu des cercles cools, tué dans un accident de voiture, et la Une du UK Daily Express qui parlait d'une étude révélant que le matériel pour remplir les 4000 nids-de-poule de la route de Blackburn remplirait probablement le Albert Hall. La partie du milieu de Paul était pensée pour une autre chanson, mais comme il n'arrivait pas à la compléter, il l'a glissée ici. Paul est aussi responsable du passage du "I'd love to turn you on".

A Hard Day's Night
Le groupe vient de terminer un film et à la fin d'une dure journée de travail commencée très tôt le matin, Ringo s'exclame "Boy, that was a hard day's...night!" en voyant qu'il fait noir dehors et qu'on est maintenant le soir. Tout le monde aime. John plus que quiconque puisqu'il a lui-même utilisé l'expression dans son livre In His Own Write avant même que ce ne soit une chanson ou un film. Ler producteur lui dit qu'il doit composer une chanson avec ce titre et on changera le film Beatlemania! en Hard Day's Night. Il pense que John aura une chanson d'ici une semaine. Non, il la compose en moins de 24 heures. 

Across The Universe
John venait de se chicaner avec sa première femme, Cynthia, au lit, quand il ne parvint plus à s'endormir. L'air et surtout les mots, qui sont le contraire de l'hostilité, lui sont venus à l'esprit et il l'a composé en descendant du lit. Jai Guru Deva Om est un mantra en sanskrit voulant remercier le gourou Dev, mentor du Maharishi. Cette chanson cosmique a été enregistrée avec les voix de deux jeunes fans, Lizzie Bravo et Gayleen Pease, quand Paul & John ne s'entendaient plus sur qui faussait le plus. Leur voix sont venues égaliser le tout.

All My Loving
Paul a écrit ce morceau comme un poème d'abord, en se rasant le matin, après avoir été interviewé par Jane Asher, duquel il tombait amoureux. Le même soir, il composait la musique qu'il pensait d'abord country/western. John a toujours adoré sa propre contribution à la guitare sur le morceau. George fait un solo de guitare influencé de Chet Atkins. Admirable guitariste.

All You Need Is Love
Cette chanson est d'une rare construction musicale. Son refrain n'est qu'un seule note et son tempo est en 7/4. Paul McCartney dira que toute la candeur de John Lennon est condensée dans ce morceau, que cette pièce était John tout entier. C'est un de mes morceaux préférés par son apparente simplicité et son message aussi simple que compliqué.

And I Love Her
Ce fût l'une des premières chansons pop dont le titre commençait par un milieu de phrase. Inspiré par Perry Como, John y compose 35% de la chanson (0:54 à 1:09). Paul compose le plus gros du morceau, pas pour une fille en particulier, et s'impressionne lui-même pour la première fois. John parlera de ce morceau de Paul comme son premier Yesterday

Back In The USSR
Auprès de Mick Love, des Beach Boys, en Inde, en 1968, celui-ci conseille à Paul qui lui fait entendre son morceau musical, croisement entre Ray Charles et Chuck Berry, de parler des villes, ce qui fait le succès des Beach Boys. Paul suivra son conseil, mais en Russie! La chanson est d'abord pensée pour être offerte à la jeune mannequin Twiggy. Paul, en hommage à l'inspiration de Love, insérera un clin d'oeil aux Beach Boys en faisant chanter aux autres les "OU-ha-Ouu" qui rendent les Beach Boys si célèbres. Vives tensions chez les Beatles, Ringo quitte le studio et se sauve dans les îles Sardines pour reconsidérer sa place dans le band. Paul jouera la batterie du morceau.

Because
Quand Yoko joue la sonate à la lune de Beethoven au piano devant John, celui-ci lui demande de la jouer à l'envers. Il vient de trouver un nouveau morceau. Unique chanson où les trois voix (McCartney, Lennon, Harrison) sont chantées toute la chanson, on les réimposent les unes contre les autres 3 fois ce qui crééra 9 voix chantées. George y joue du synthétiseur Moog, ce qui est sa première utilisation enregistrée ever. Il apprend l'instrument en quelques minutes, sans guide. Un autre de mes morceaux préférés.

Birthday
Pressés par l'envie de voir le film The Girl Can't Help It au cinéma, on enregistre la musique, un blues pas trop compliqué. Ils complètent le morceau, inspiré par le film par la suite où y apparaît Little Richard (que les Beatles aiment tous). Ce morceau est l'un des tout derniers où Paul et John travaillent vraiment ensemble, dans une relative harmonie.

Blackbird
Inspiré par Bach pour la musique et par les tensions raciales (à Little Rock entre autre) du moment aux États-Unis, Paul chante tout en symbole la révolution qu'il souhaite à la communauté noire oppressée alors (et aujourd'hui encore). Il n'y a que trois sons sur ce très joli morceau de musique, la voix de Paul, sa guitare acoustique Martin D-28 et un petit tapement qui vient, ou bien d'un métronome, ou bien du pied, ou d'une troisième main frappant l'acoustique. Paul lui-même ne s'en souvient plus.

Come Together
C'est le prêtre du LSD, Timothy Leary, qui commande à Lennon une chanson qui serait le slogan de sa campagne électorale comme gouverneur de la Californie: "Come Together, Join The Party". Lennon compose le morceau mais la campagne de Leary sera si désorganisée que la chanson ne sera jamais plus pour lui. Morris Levy, propriétaire de la chanson de Chuck Berry You Can't Catch Me poursuivra John Lennon pour avoir volé des paroles et l'idée de la chanson (ralentie). John réglera hors cours en promettant de livrer un album de reprises mettant en vedette quelques chanson de Levy. Ce qu'il fera 5-6 ans plus tard.

Dear Prudence
En Inde, Donovan enseigne à Lennon une nouvelle manière de pincer les cordes de sa guitare. Prudence Farrow, soeur de Mia, prend les enseignements du Maharishi très au sérieux, trop. Elle tombe dans une semi-dépression et s'enferme dans sa chambre, pour méditer avec plus d'intensité. Tous ses amis, dont Lennon, s'inquiètent pour elle. Ils chantent à sa porte de sortir de là. Cette chanson y naît pour John. Ringo boude encore. Paul est à la batterie.

Do You Want To Know a Secret
John Lennon s'inspire d'un morceau des Stereos, et écrit ce morceau quand Brian Epstein ne le convainc pas de ne pas se marier avec Cynthia en 1962. Epstein veut vendre 4 jeunes célibataires, et John & Cynthia brisent cette idée. Epstein leur offre son loft afin qu'ils y passent une discrète lune de miel. Lennon y compose ce morceau, dont le secret est qu'il est vraiment en amour. Rare moment où le principal auteur de la chanson ne chante pas le morceau. C'est George qui chante ici

Get Back
Ça devait être la pièce titre de ce qui est devenu Let It Be. Get Back comme un retour aux sources. Mais cet album séparera les Beatles. Billy Preston est amené en studio par George Harrison pour y jouer du piano, ça aidera à calmer les grandes tensions entre les membres pendant l'enregistrement. John, entre autre, sait que Paul chante le refrain à Yoko. Il est insulté. 

Girl
Il y a une intimité dans les chansons de Lennon, une transparente naïveté, un perpétuel candide qui me rappelle continuellement mon propre père. La première ligne de la chanson est chantée très haut et semble sortir de la voix d'une jeune homme sortant de l'ombre jusqu'à ce qu'on réalise qu'il parle, plus loin, directement à cette fille. Paul & George, pour rigoler, y mettent du "grossier déguisé" en chantant derrière "tit-tit-tit-tit-tit-tit-tit-tit-tit-tit-tit-tit-tit-tit-tit whouou, whouou". John aspire son propre désir. Les Beatles deviennent sexuels.

Hello, Goodbye
Un ami de Paul, Alistair Taylor, lui demande un jour comment il compose ses chansons et où prend-il ses idées. Paul lui en fait la démonstration sur son harmonium. Il lui demande de dire le contraire de ce que Paul chante. Noir, Taylor répond blanc. Oui, Taylor répond Non. Et ainsi de suite. La chanson naît. Lennon trouve idiot. Encore plus quand la chanson est choisie pour la Face A d'un single et la sienne, I am the Walrus, pour la face B.

Help!
Chanson titre d'un film qui devait s'appeler Eight Arms to Hold You!, mettant en vedette les Fab Four. Paul aide John a accélérer le rythme car John la propose d'abord en ballade. Personne ne se doute qu'il demande de l'aide pour vrai. En proie à une lente dépression. D'abord sournoise mélancolie. Une autre de mes chansons préférées. Pour les harmonies.

Helter Skelter
Pete Townshend, des Who, raconte à un journal que le groupe vient d'enregistrer la chanson la plus sale  et malsaine de leur histoire, le rock'n roll le plus hostile qui soit. Paul choisit de relever le défi et de faire mieux. La première version est un long jam de 27 minutes. On fait ensuite 21 versions différentes de 5 minutes chacune. La dernière étant celle gardée pour l'album. Ou Ringo hurle pour vrai, écoeuré, "J'ai des ampoules plein les mains!", alors qu'il a les mains en sang. Charles Manson comprend ce morceau fatalement tout de travers.

Here Comes The Sun
Le pont musical rappelle Badge de Cream que George Harrison a aidé à composer pour Clapton. C'est dans un jardin, un beau matin d'avril, qu'il compose la première ligne et les premiers accords face à Clapton, qui ne traîne jamais sa guitare à son premier café. La chanson naît sous ses yeux. Harrison était lumineuse magie.

Hey Jude
Paul écrit ce morceau pour le fils de John, Julian "Jules", car ça lui fend le coeur de le voir abandonné par son père John. Trop narcissique celui-là, il pense que Paul lui parle à lui, la première fois qu'il l'entend: "Go out and get her" ? Ben oui! je quitterai Cynthia pour Yoko! Plus long morceau des Beatles pour les radios. Julian en restera éternellement touché.

I Am The Walrus
Cette chanson est la réponse de John Lennon à ceux qui tentent de déchiffrer les paroles des Beatles. Il y multiplie les fausses pistes en disant à peu près n'importe quoi. Il voulait aussi écrire un peu comme Dylan, qui s'en tirait avec des imageries obscures pour l'auditeur, mais rusées pour le contemporain. Lennon s'inspire de Alice au Pays des Merveilles et y mêle des extraits de King Lear qui joue à la radio au même moment. J'aime tant ce morceau qu'un de mes animal de compagnie s'est appelé KooKooKeChoo.

I Should Have Known Better
Lennon compose ici un morceau où il interprétera le solo d'harmonica. Paul y joue de la guitare 12 cordes. Dans le film A Hard Day's Night, les Beatles chantent ce morceau à un groupe de filles, dont l'une des actrices est Pattie Boyd. Celle-ci deviendra la femme de George Harrison et le quittera pour son meilleur ami, Eric Clapton. Les deux mariages se termineront mal. She should have known better.  

I Will
Voilà un morceau qu'il est fort agréable à chanter en tout temps à son amoureuse. Ce que je fais très souvent à la mienne.Sur le version endisquée, Paul joue les notes qu'il aurait fait à la base (mais qu'il ne fait pas puisque guitare acoustique en main) avec sa bouche. McCartney avait tenté, sans succès, en Inde, avec Donovan, de mettre des paroles sur le morceau instrumental et ne réussira à le faire qu'à son retour, plus amoureux que jamais de Linda Eastman.

I'm So Tired
Lennon est en Inde, crevé, avec Cynthia, mais appelle en cachette Yoko tous les jours. Il ne croit plus au Maharishi, veut revoir Yoko, veut autre chose. La vie lui est lourde. Il compose cet intéressant blues. J'en chante le refrain assez souvent, revenant crevé du boulot. Il invective Sir Walter Raleigh, pour avoir importé le premier, le tabac de l'Amérique au Royaume-Uni, au 16ème siècle, tabac qui a rendu Lennon dépendant de la chose.

In My Life
John s'inspire des Temptations pour ce fort joli morceau, définitivement un de mes préférés. Il compose avec Paul la musique, mais John est responsable des paroles qui sont très personnelles, pour la première fois, et évoque ses amis comme Stu Sutcliffe ou Pete Shotton. On laisse un trou vers le milieu pour que George Martin y inclus quelque chose qui ne vient pas aux auteurs. Martin y jouera du piano, dont il accélèrera le rythme au point qu'on croit y entendre de la harpe.

Julia
John perd sa mère, Julia, tuée par une voiture qui la fauche quand John n'a que 17 ans. C'était sa tante qui l'élevait depuis que son père avait déserté la famille, choisissant se sauver au retour de la guerre. À 17 ans, il commençait tout juste à se rapprocher d'elle, et elle lui avait appris le banjo. Ce sera la seule chanson des Beatles où John fait absolument tout, tout seul.

Love Me Do
Cette chanson est écrite par Paul & John quand ils ont respectivement 16 et 17 ans. Ils avaient écrit ensemble avant, mais c'était le premier morceau qu'ils jugeaient convenable d'enregistrer. La tante de John n'est pas convaincue du succès de leur entreprise. George Martin suggère à John, qui chantait à l'origine beaucoup plus du morceau, d'y inclure un peu de son harmonica. John a volé l'instrument en Allemagne. Paul en a écrit les mots, à propos de sa copine du moment, Iris Caldwell.

Lucy in the Sky with Diamonds
Suffit les niaiseries. John a bien tenté de nous convaincre que ce morceau était inspiré d'un dessin de son fils sur une amie de l'école (une Lucy O'Donnell). Mais on est pas tous des valises. Donovan confirme que John apprend à écrire en utilisant de l'imagerie de peintre, comme des ciels marmelades et des rêves tangerines. Décor que le LSD aime stimuler dans les imaginaires. Autant que les jeunes femmes endiamantées dans le ciel. Passe la pilule, John.

Michelle
Paul et John, étudiants, trouvent de bon goût les soirées entre jeunes où on échange quelques mots en français. Ni l'un ni l'autre ne parle toutefois français. Paul invente même quelques fois des mots pour rigoler (ou charmer). On s'entend qu'on devrait glisser de vrais mots, dans une chanson un jour. Paul demandera à la femme d'un ami de lui écrire quelque chose. On lui propose Michelle, ma belle, ce à quoi Paul répond "Those are words that go together well" qui sera aussi traduit en chanson à un certain moment.  Pour le plus grand bonheur du public francophone mondial. Non Paul ne dit pas Sunday monkey won't play piano song, play piano song.  John introduit la partie "I love you, I Love you, I looooove You...".

No Reply
Inspiré par un morceau de Herman's Hermitt's, John raconte une histoire qui a un début, un milieu et une fin, ce qui lui donne l'impression d'avoir écrit son tout premier morceau de musique complet. La chanson débute par la voix, chose qui n'était plus osée depuis Elvis. George Martin est ici au piano. Ringo est malade pour les versions studios, mais se rétablit à temps pour la version de l'album. Une de mes favorites.

Norwegian Woods (This Bird Has Flown)
John écrit sur une affaire qu'il a eu, durant son mariage avec Cynthia, mais avec assez d'obscurantisme pour que ça ne paraisse pas trop. À la Dylan. D'ailleurs Dylan en fera un pastiche sur le même moule pour Blonde on Blonde. Ringo y joue de la cymbale au doigt et George, de la sitar, pour la première fois.  

Ob-la-di Ob-la-da
Jimmy Scott, dont le band reggae se nomme Jimmy Scott & the Ob-la-do ob-la-da band  se promène partout en disant constamment "ob-la-di ob-la-da life goes on!". Quand McCartney enregistre ce qu'il a écrit, Scott demandera une portion des revenus. McCartney lui répond que ce ne sont que des mots, pas des airs empruntés. Quand Scott est emprisonné et qu'il a besoin d'argent, Pal et un ami (Alistair Taylor) avancent les sous pour le sortir de prison, en échange qu'il cesse ses réclamations. John, Ringo & George détesteront le morceau, réenregistrée trop souvent, trop longtemps. George s'en confesse même sur un morceau du même album (blanc) (2:06).

Octopuss' Garden
Ringo écrit ce morceau quand il boude aux îles Sardines. Là bas, un capitaine de bateau lui offre de la pieuvre, ce qu'il refuse. Il doit toutefois endurer l'histoire des pieuvres racontée par ce capitaine. Ringo apprend qu'il doit être bien et tranquille de vivre au fond des mers. Il a besoin de refuge dans le tumulte Beatlelien. George Harrison l'aide musicalement et c'est Ringo qui fait le solo de "bulles" en soufflant dans un verre d'eau. 

Paperback Writer
Paul écrit ce morceau inspiré de ses amis qu'il a aidé à partir dans l'édition, et la publication de livres. Il pense à John Dunbar et à Martin Amis dont il découvre la littérature qu'il aime beaucoup. Il écrit de leur point de vue tentant de vendre leurs livres aux éditeurs. Vous remarquerez que George & John chantent derrière Frère Jacques (1.03 à 1:32) à un certain moment. 

Penny Lane
La chanson rend justice au génie musical de Paul lorsqu'il écrit, à la station de bus Penny Lane où il attend John, ce magnifique morceau. Il écrit ce qu'il voit. Cet environnement qui est le point commun de Paul, George & John depuis qu'ils sont enfants. (ils ont eu le même coiffeur qui est celui de la chanson). La pretty nurse sera Beth Davidson, qui épousera Pete Shotton, ami de John. Les finger pie et keeps his fire engine clean sont des références sexuelles cachées dans un morceau prétendu familial. L'ajout de trompette est une idée de Paul (et George Martin). Une idée légendaire.

Piggies
Bien qu'alors très riches, les Beatles étaient tous d'origines assez humbles (Paul, moins). George écrit sur les riches, les traitants de porcs. La mère de George sera celle qui suggère la ligne "What they need's a damned good wacking!". Ça fera écho dans la tête dérangée de Charles Manson. Harrison suit la thématique animale de l'album qui parlera aussi de ratons, d'oiseaux noirs et de chasseurs.

Polythene Pam
John s'inspire de deux femmes. Patricia Hodgett, ou Polythene Pat, une fan de la Cavern où se produisait les jeunes Beatles, et qui avait l'habitude, lorsqu'intoxiquée, de manger de l'emballage de polymère. L'autre est Stephanie, copine de son ami poète Royston Ellis, avec lesquels John aurait eu un trip à trois. Dans lequel on s'était costumé en sac de polythène, sur un drap...de polythène.

Rocky Racoon
À l'origine, Paul écrit Rocky Sassoon en Inde, avec John et Donovan. Mais il change Sassoon pour Racoon, qui fait plus cowboy. Pastiche des chansons folk d'Amérique, John y joue de l'harmonica et Paul y glisse quelques notes d'accordéon. George Martin est au piano western. 

Sexy Sadie
Le première version a pour titre Maharishi. Le reste des paroles lui sont toujours adressées. Mais pour éviter des poursuites, John change le titre afin d'en dévier le propos. Sa déception de l'arnaque du Maharishi, qui tentera de violer Mia Farrow, faisant quitter tout le monde, devient une déception amoureuse auprès d'une femme sexy déguisée dans sa chanson. John l'enregistre 52 fois tellement il est dans tous ses états au retour d'Inde. Leur gérant s'est enlevé la vie, son mariage s'effondre, le groupe n'écrit plus ensemble, le Maharishi les as trahis, Lennon est dans un mauvais état d'esprit.

She Came In Through The Bathroom Window
L'amalgame de Polythene Pam fait référence à deux femmes qui avaient été payées 1500$ chacune pour voler les bandes originales de A Day in The Life chez David Crosby et les donner à une station de radio qui les ferait jouer en primeur, deux mois avant l'heure. Sunday's on the phone to Monday, Tuesday's on the phone to me fait référence au détective Sunday, appelant le producteur trahi, Billy Monday, qui lui, avait appelé l'actrice Tuesday Weld, amie de Paul, qui l'avait mis au fait de "l'emprunt". Paul y joue de la guitare et George de la base. Rôles inversés.

She's Leaving Home
Paul écrit ce morceau quand Melanie Coe, une jeune fille de 17 ans, enceinte, fugue de chez elle et fait la une des journaux fin février 1967. John y ajoute une sorte de choeur grec avec des paroles que sa tante Mimi, qui l'a élevé, lui aurait aussi dites, à lui. Aucun Beatle ne joue d'un instrument puisque les arrangements ne sont qu'orchestraux. Un quartet et une harpiste, dirigés par Mike Leander. Qui avait aussi fait les arrangements d'un autre morceau, d'un autre grand band

Something
George est inspiré par la première ligne d'une chanson de James Taylor, George compose ce morceau, attendri par la beauté de sa conjointe (Pattie Boyd) mais dont le mariage est fragile depuis qu'il est revenu d'Inde et devient obsédé par la méditation. Et mélancolique. Ce sera l'une des chansons les plus jouées dans le monde des Beatles. La préférée de Lennon sur Abbey Road. La préférée de Frank Sinatra ever. Un très beau morceau. D'abord composé au piano. Et pensé pour Ray Charles. Mais que Lennon oblige Harrison à reconsidérer son idée.

The Ballad of John & Yoko
Dernier morceau vraiment composé par Paul et John. On y raconte la vie conjugale de John & Yoko depuis un an ou deux. Les lignes Christ it ain't easy et They're gonna crucify me empêchent la chanson de jouer à la radio un peu partout. La pochette du single confirme l'état du groupe. L'obstruction bien en vue. Cette ballade n'en est pas une au sens musical. Mais c'est un bon morceau. Plus Lennon solo que Beatles. George et Ringo n'y sont que sur photos.

The Fool On The Hill
Paul & son ami Alistair Taylor promènent le chien de Paul. Soudainement, ils le perdent de vue. Apparaît, là où il n'y avait personne quelques secondes avant, au sommet d'une colline, un homme, ne disant rien et les regardant. Il finit par leur dire après un temps. "quelle belle vue d'ici". Ce que McCartney et Taylor confirment, mais ils cherchent encore le chien de Paul. Le temps de se retourner, l'homme avait disparu, ce qui était impossible pour Paul & Allistair, bien à jeun. Paul écrit le morceau sur cette vision commune paranormale (et a retrouvé son chien). Il aurait sauté dans le vide? Rien dans les journaux ne le confirme le lendemain. Il n'y aura jamais d'explications sur cette apparition. Simplement une bonne chanson qui en naît. Où la flûte y est fameuse.

We Can Work It Out
Paul écrit ce morceau en référence à sa copine du moment, Jane Asher, avec laquelle il éprouve des difficultés. John y ajoute la section "life is very short..." et la chante. Le tandem McCartney/Lennon est alors très fonctionnel. Et a beaucoup de succès. Si John accepte le leadership de Paul. Plus musical, discipliné et structuré.

When I'm 64
Paul écrit la musique pour ceci quand il a 15 ans. Il n'y met des mots dessus que pour les 64 ans de son père. Ironiquement Paul et Heather Mills se séparent quand Paul a 64 ans. La réponse à la question de son refrain, pour lui, serait donc non. Lennon, impressionné dira "jamais je n'aurais pu écrire un morceau de la sorte". George Martin colore la direction sonore d'un son des années 20. beau morceau.

While My Guitar Gently Weeps
Lisant I, Ching, le livre chinois du changement, George Harrison veut écrire un morceau des deux premiers mots du livre: Gently Weeps. Eric Clapton, ami de George, brille à la Les Paul là-dessus. Bien que ce ne fût jamais un hit, la chanson reste un des morceaux les plus durables du groupe. Certainement l'un des meilleurs de George Harrison.

Yesterday
Paul était d'abord gêné de ce morceau. Il avait été le seul Beatle à l'enregistrer, en compagnie d'un quatuor à cordes. C'était une ballade dont la première ligne avait été Scrambled eggs, oh you've got such lovely legs. Paul la composera en vacances avec Jane Asher. Bruce Welch, des Shadows, se fait emprunter sa guitare pour que Paul essaie quelques notes et comprend plus tard qu'il créait alors la chanson la plus populaire de tous les temps. Quand il s'apprête à la jouer au Ed Sullivan Show, un technicien tenant le rideau avant son entrée en scène lui demande: es tu nerveux? ce à quoi Paul répond Non(mentant). Tu devrais, dit l'homme, ils seront 73 millions à t'écouter en direct

You Never Give Me Your Money
Cette chanson fait référence à la mort de leur gérant Brian Epstein et à tous les problèmes financiers qui en sont nés. C'est la première chanson d'un collage qui en croisera plusieurs autres pendant 15 minutes jusqu'à la fin de l'album Abbey Road, jusqu'au morceau The End. Très joli début. 4 chansons incomplètes y sont intégrées.

You've Got To Hide Your Love Away
On a soupçonné que cette chanson était pour Brian Epstein qui cachait son homosexualité. La réalité était plus cruelle pour le couple Lennon/Cynthia. Lennon est le seul Beatle marié. Et doit le cacher. Dans une gare, Cynthia perd John dans une foule de fan et John (et les autres Beatles) sont poussés dans le métro/train et amenés ailleurs. Elle comprend qu'elle perd son homme pour toujours. John y chante, triste et on entend dans son interprétation, une déchirante mélancolie. Il l'aurait enregistré en une seule prise. Très jolie guitare Dylanesque. Un de mes morceaux préférés.

Pour les 50 ans de la sortie de l'Album Blanc.
Un album de 4 artistes. Et non un groupe.
50 ans, aujourd'hui.