vendredi 24 août 2012

Yukio Mishima

Hiroaka Kimitake est né en janvier 1925.

La grand-mère paternelle le retire à ses parents pour l'élever elle-même. Elle est violente, colérique et morbide. Mishima restera fasciné par la mort en partie en raison de son éducation auprès de sa grand-mère.
Pendant 12 ans, elle lui interdit de jouer avec le garçons (mais le laisse jouer avec les filles) ce qui en fait un adolescent fragile.

Quand il est retourné à ses parents, à 12 ans, son père le découvre "éfféminé". Outré par les lectures de son fils (Oscar Wilde, Rainer Maria Rilke), il déchire les livres. Jusqu'à sa majorité Kimitake écrit, de la prose surtout (du tanka). D'abord pour un magazine scolaire puis, les éditeurs sont si impressionnés par ses écrits qu'ils le proposent à des magazines de littérature.
Comme nous sommes en 1944, en pleine secone guerre, le papier est rationné est ses écrits ne sont pas pulbiés en grande quantité. Quand il est appelé aux armes, il feint la tuberculose afin d'éviter de prendre part au conflit en tant que soldat. Afin de se "cacher" davantage, il prend, pour les restant de ses jours, le pseudonyme de Yukio Mishima.

Son père lui interdit de publier des histoires mais sa mère l'encourage en secret. Il est diplomé de l'université de Tokyo en 1947. Il se déniche tout de suite un poste au gouvernement, au ministère des finances. Il écrit toujours et laisse quitte le job avant même la fin de la première année afin d'écrire à temps plein.

Sa première histoire racontait l'histoire de deux jeunes hommes poussé vers le suicide, sa seconde traitera d'homosexualité (nous sommes en 1949!). Ce livre, Kamen no Kokuhaku (Confessions of a Mask)
 connait un très gros succès et en fait une superstar. Il a 24 ans.

Il publie quelques essais par la suite, puis des écrits inspirés de ses voyages en Grèce. Il devient un incontournable écrivain de son époque. En 1956 dans Kinkaku-ji (the temple of the Golden Pavillion) Il s'inpsire du réel incendie qui a décimé un important temple de Kyoto, en 1960, avec Utage No Ato(After the Banquet)il dresse des parrallèlles si évident avec la campagne politique que vient de faire un gouverneur qu'il est poursuivi pour invasion de l'intimité. Deux ans plus tard il publie une oeuvre d'avant-garde, presque de science-fiction, mal reçue.

Il est quand même considéré trois fois pour le prix Nobel de littérature mais quand son mentor, Yasunari Kawabata le gagne en 1968, les chances qu'un japonais le gagne à nouveau le décourage quelque peu.
Comme il avait déjà fait l'acteur en 1960 et en 1966, il y retourne de temps à autre. Il fait aussi le modèle pour des photos artistique. Grand adepte du culte du corps, il met beaucoup d'emphase sur la culture physique et la bonne condition physique en général. Bien que marié en 1958 et père de deux enfants, il fréquente des bars gays et entretient des liaison homosexuelles.

Il fonde en 1967, une société de forces japonaises d'autodéfense. Ceci lui permet de réunir quelques passions. Le culte du corps en santé et la réunion d'un paquet de jeunes garçons pétant de santé. Il entraine ainsi des soldats afin de protéger l'empereur (bien que celui-ci ne leur ait rien demandé!).

Dans les dix dernières années de sa vie Mishima écrit beaucoup de pièces de théâtre, un film et une tétralogie: Hōjō no Umi(The Sea of Fertility).

En vieillissant, il devient très très nationaliste et soutien que Hirohito aurait dû abdiquer et accepter la pleine responsabilité des morts de la seconde guerre. Il réussit le rare exploit de se mettre à dos à la fois les gauchistes et les nationalistes traditionnels avec ses opinions tranchées.

En Novembre 1970, il a 45 ans, avec 4 complices, il entre sous un faux prétexte dans les quartiers généraux des forces japonaises d'autodéfense gouvernementales et tente un coup d'état afin d'y intégrer ses propres troupes. Il prend en otage un commandant et livre un discours nationaliste souhaitant que l'Empereur retrouve ses pleins pouvoirs au Japon. Les soldats le ridiculisent et se moquent de lui. Après un le court discours, Mishima se suicide en s'ouvrant l'abdomen. On lui tranche la tête par la suite selon la tradition Kaishakunine.

Certains prétendent que la tentative de coup n'était qu'une mise-en-scène planifiée un an auparavant, afin de mettre en oeuvre son fantasme de suicide.

Il venait tout juste de terminer sa tétralogie.
Ses 40 romans, 18 pièces, 20 essais, recueils de poésie et nouvelles ainsi que son film lui survivent.

Yukio Mishima est encore reconnu comme l'un des plus importants écrivains de l'après-guerre.

Un film de 1985, financé entre autre gens, par George Lucas et Francis Ford Coppola raconte sa vie.

J'ai pensé à lui quand j'ai lu ceci cette semaine.

jeudi 23 août 2012

La Tablée Québécoise en 5 Services

Après un débat et trois face à face, y voyez vous plus clair dans vos intentions de vote?

Les vieux partis ont eu l'air...usés...justement...David a bien fait mais que peut-elle vraiment espérer sinon de mordre perpétuellement le mollet du facteur? On vote pour les 4 prochaines années right?  QS peut-il régner tout de suite? Je ne comprend toujours pas l'absence d'Option Nationale parmi le troupeau alors que les intentions de vote trainent dans les mêmes chiffres que ceux de Québec Solidaire, et il y a Legault, qui a repris du grade car il avait l'air d'un premier ministre et qu'en politique, à la télé, dans la vie, tout tient aujourd'hui dans le paraître.

Legault a surement gagné quelques votes cette semaine. Ce qui n'est pas pour déplaire aux rouges et à Charrogne qui ne comptent que là-dessus pour tenter de se faufiler. David qui va gruger les votes à Pauline et Legault qui va lutter et aussi gruger un tier des votes des désabusés...Qui va alors passer vous croyez?

Je n'ose même pas y penser...

Une parenthèse pour les diffuseurs télés: les commentateurs partisans là...aux chiottes et pour toujours svp...me faire commenter Marois par Bernard Drainville ou Charest par Jean-Marc Fournier ou Legault par Bornardel...tabarnak...d'une vulgarité  et d'une insulte à l'intelligence qui fait oublier mon sacre.

Voici en platée, les plats qui nous sont servis sur la grande table dans la cuisine trop petite.

À vous de choisir.

Le PFK: Les Libéraux.
Il y a quelque chose dans cette croûte farcie...un petit je-ne-sais quoi que voilà 9 ans qu'on y retourne. Mais c'est d'un graisseux... et on doute beaucoup de la méthode de traitement des aliments...
Quand on trempe dans ce type de junk, c'est pratiquement une douche qu'il faille prendre par la suite. Ou encore, si c'est l'été, comme cette année, peut-être serait-il plus simple de se tirer dans la piscine pour garder les mains propres? Toutefois, si la piscine n'a pas été coulée par des italiens...Enfin...Il y a quand même un petit je ne sais trop quoi dans cette croûte...Reste à savoir si on veut tremper encore  dans cette sauce un brin vulgaire...

La Salade du MQDo (sic): La CAQ.
Quoi de mieux comme contrepoids au premier plat qu'une salade-santé présentée aux côtés d'un docteur. Même si celui-ci est déjà pesant dans la balance, il ne faut pas se fier aux apparences. Zavez déjà goûté une choucroute? Pas beau à l'oeil avec cette langue et tout le tralala mais à la bouche...hmm...On ne sait pas toutefois avec ces gens-là si on parle de réèlle salade ou d'impression de salade. Ne pas se fier aux apparences je vous dis. La salade du McDo est officiellement plus lourde en calories qu'une portion de confiture aux fraises. Mais si on ferme les yeux, si on ne regarde pas combien ça a coûté non plus, on n'y goûte que du feu.

La Tourtière: Le PQ
Je sais, je sais y en plein qui sont tannés de la tourtière, on la connait depuis trop longtemps, on la néglige, on la méprise en secret, mais elle tient la route. Avec un peu de ketchup aux bettes, la tourtière nous fait oublier qu'elle se prend aussi parfois pour une quiche aux épinards sophistiquée. Quand on ne sait plus trop vers quel menu se tourner, elle prend sa place, et peut-être sommes nous rendus là? à y goûter? depuis le temps qu'elle veut sa pointe de tarte. Enweye-donc juste un petit coin!

Les Coings Farcis à l'Agneau Dolmeh-e Beh: Québec Solidaire.
Le coing faraci est servi avec du pain, du yogourt et des herbes fraiches. Le temps de cuisson peut toutefois être très long. Le plat n'est peut-être pas prêt tout de suite pour la table. Un agneau devra être sacrifié. Si il peut faire un peu d'ombre à la tourtière, tant mieux. Si il fait carrément oublier d'autres Options, c'est encore mieux. Deux chefs dans la même cuisine, voilà une approche différente. Mais quand on ne sert que les mêmes gens depuis toujours, et pas partout...pas facile...Les gens restent intimidés par l'absence d'envergure et de déploiement régional. Mais encore faut-il peut-être s'y risquer avant de condamner le plat...Ça peut tu faire un repas?

La Poutine Croustillante: Option Nationale.
Peperonni et Bacon...mais c'est presqu'une pizza! À quand la souveraineté de la frite par rapport à la Pizz? Bon ce n'est pas non plus un très gros plat et ça ne ferait pas un grand chef dans l'immédiat. Mais maudit que c'est plaisant une bonne pout. de temps à autre. Pour citer d'érudits clients de la Poutinerie dans le bout de Québec, "leu' poutine 'est malade!"
Trop malade pour en discuter avec d'autres en face à face ou en gang semble-t-il. Aurions nous mal au ventre le lendemain d'y avoir goûté?

Zavez faim?
Servez vous!
'faut 'p'us qu'y en res'e d'ici le 4.
Pré-commande le dimanche 26 août.

Et roter bien fort hors de la cuisine si vous le pouvez
Elle est trop petite pour 5 services.

mercredi 22 août 2012

Le Petit Rien

Je devais dîner avec un ami qui travaille à Ville St-Caviardé.

J'étais passé par l'épicerie un peu avant pour y acheter des fruits. J'étais relativement agacé. À l'épicerie je remarquais que les prix, déjà majoritairement déguisés par le non-affichage des taxes, étaient de plus en plus difficiles à discerner du premier coup d'oeil.
Les fraises que je venais d'acheter donnaient l'impression de ne coûter que 1$. Le 1$ était bien en vue mais il s'aggissait de 1$ de rabais. Les autres chiffres affichés étaient 2 paquets pour 5$. Donc nulle part le réèl prix qui était de 2,50$. Bon ce n'est pas un calcul bien compliqué mais il fallait faire la mathématique mentale quand même.

J'en étais à ruminer cet agacement quand j'ai aperçu le candidat d'un parti politique local, Richard Poirier, se tenir un peu plus loin dans le corridor de l'usine où je rejoignais un ami pour diner.
Homme d'une quarantaine d'années, cheveux généreux, légère barbe rassurante, yeux doux d'un bon père de famille, chic tenue vestimentaire, Poirier discutait en compagnie d'une jeune et jolie assistante, d'une journaliste, d'un caméraman de CTV qui tenait sa caméra fermée au sol. On semblait discuter d'une chose à venir. Par sa manière de bouger je le sentais prêt à être le plus cordial des hommes tout en étant extrèmement impatient. Comme un homme qui se livrerait à un exercice qu'il n'a pas complètement envie de faire.

Et c'est exactement ce qu'il s'apprêtait à faire.

Sa tâche était celle d'un homme qui attend la sortie des employés de l'usine sur l'heure du midi afin de leur serrer la pince. "Un homme près du travailleur moyen" en train de se rapprocher de ceux-ci, mise-en-scène idéalement immortalisée en images par CTV.

La cloche de l'usine a sonné le coup de midi pour annoncer l'heure du dîner. Les employés ont commencé à sortir d'un pas vif. Le caméraman, l'assistante et celle que je croyais être une journaliste (c'était en fait une représentante de l'usine) se sont reculé. Poirier a tendu sa main en s'approchant du flot d'employés qui se dirigeait vers lui.
Il a eu le temps de serrer la pince à une femme, presque par surprise. Toutefois la majorité des employés étaient des hommes. Et ils marchaient vite. N'accordant aucun intérêt au pauvre Poirier la main tendue. Bientôt une bonne trentaine d'employés avaient circulé autour de lui, certains s'étonnant de la présence d'une caméra, mais toujours en évitant soigneusement de saisir cette main tendue du quadragénaire qui disait machinalement "Richard Poirier..." dans le désert.

Il en faisait extrêmement pitié. On l'évitait comme si c'était un témoin de Jéhovah ou un aggressif quémandeur. D'ailleurs plusieurs devaient le voir pour ce qu'il était: un quêteux de vote. Une chanson de The Smiths m'est spontanément venue en tête.  Pour ajouter à l'absurde, un employé lui a crié quelque chose, quelque chose de pas gentil. Je n'ai pas saisi c'était quoi mais j'avais l'impression que c'était méprisant à son égard. Des rires se sont mis à fuser de la part de ceux qui, comme moi, étaient plus ou moins mobiles et le regardaient la main tendue dans le vide avec toute cette circulation autour.
C'était si gênant que même la caméra avait pris congé, le caméraman rangeant son matériel par pudeur, par respect pour le pauvre Poirier esseulé. Que tout le monde laissait tomber. La jeune et jolie assistante semblait obtenir le monopole de l'intérêt de ses employés majoritairement masculins. J'ai eu un certain respect pour le caméraman qui venait de documenter l'humiliation et qui avait choisi de ne pas l'enregistrer.

Dans le sourire de Poirier se lisait maintenant un agacement. C'était tout juste si il ne forçait pas les gens à s'immobiliser sur leur trajet vers la sortie. 9 personnes sur 10 refusaient son invitation à lui serrer la main. Il y avait un fond de tristesse dans ce rejet public. Je ne sais pas qui avait eu l'idée de cet exercise de relations publiques mais c'était un vibrant échec. Cette personne allait passer un mauvais moment plus tard. Mais pour l'instant c'était Poirier qui nageait dans les sables mouvants.

Une autre chanson de The Smiths m'est venue en tête quand j'ai cru voir une certaine détresse dans ses yeux. Une chanson de générique de film, je trouve. Le générique d'un film raté. D'une mise-en-scène catastrophique.

Mon ami est arrivé, on a discuté un peu de tout et de rien, de rien surtout. Du prix des fraises et de Sandy Horne la bassiste de The Spoons dont nous étions tous deux amoureux en 1984. D'Émmanuelle Béart aussi, un autre fantasme de notre adolescence, qui avait été si désirable avant de passer sous le bistouri.

On a diné au casse-croûte d'en face.

De ma place de table, je voyais Richard Poirier au loin, plus seul que jamais, fixant le vide, appuyé sur le mur extérieur. Comme si il se remettait complètement en question.

Il devait faire des mathématiques mentales.

La pluie s'est mise à tomber légèrement. Tout doucement, c'était très beau.
Poirier n'avait pas de parapluie.
En tout et pour tout, il ne semblait pas équipé pour quoi que ce soit.

J'ai surveillé attentivement dans les jours qui ont suivi si on avait parlé de lui quelque part.
Non. Nulle part.

Richard Poirier cette semaine là était invisible.
Je ne sais pas comment ce sont placés ses pions pour ses élections.

Mais ce jour-là,  pour lui, n'était pas à classer parmi les bons.

mardi 21 août 2012

Le Festival des Montgolfières

Je n'y croyais pas trop. La dernière fois on en avait été quitte pour payer une soixantaine de piasses (2 adultes, 2 enfants) pour quelques jeux gonflables, aucune envolée de ballons, des hots-dogs franchement trop chers et un (bon, quand même) spectacle des Trois Accords.

Mais le but premier avait été l'envolée des montgolfières. Quand il vente trop, on n'ose pas, prudemment je le concède et c'est la chose responsable à faire, mais quand tu as donné 60$, parcouru une centaine kilomètres, c'est un brin décevant.

Cette fois, dès 17h20 on commençait à préparer la foule pour une autre déception en annonçant des craintes météorologiques ici et là. De longues explications qui trahissaient le "je veux pas vous le dire tout de suite mais ça va encore chier".

Et ben non! pendant que Monkee refusait de jouer dans les jeux gonflables (parce que, 13 ans, quand même papa...) et que Punkee regrettait d'avoir mis une jupe dans une glissade qui révélait des fonds de culottes, les ballons se sont mis à peupler le ciel sans crier gare.

Très très très très joli. Féérique je dirais. Relaxant au maximum vu du sol. J'ai des amis qui ont fait l'expérience d'en haut et qui ont trouvé ça paniquant, trop court et exigeant, mais d'en bas c'était franchement beau. De manière innatendue j'en étais presque ému. En totale détente en tout cas. Je ne cessais de filmer, de prendre des photos avec mon téléphone afin de tenter de prolonger le moment. D'y donner un parfum d'éternité.

On veut toujours étirer ce qui nous plait.

Il y avait un spectacle d'une vingtaine de minutes, mis-en-scène par Serge Postigo, avec des ballons pour petits et grands enfants, gonflés mais restés en terre, du feu, du chant, de la musique, un écran amovible et des danseurs. Plutôt raté, en bonne partie par la non-synchronisation, le non fonctionnement de certains feux et notre position qui nous forçait à suivre tout ça comme on suivrait un match de tennis du centre. En tournant la tête de gauche à droite vivement tout le temps.

Toutefois la spectacle des Cowboys Fringants qui a suivi était grandiose. J'oublie chaque fois à quel point ses gens sont géniaux. Marie-Annick Lépine me jette à terre à chaque fois. 4 instruments sur un même morceau...Luv U Girl! Ils sont extraordinaires. La version de Plus Rien en spectacle est à mettre en musée sonore.

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L'amoureuse profitait de ses derniers moments de vacances et écoutant Desperate Housewives en jaquette près de la piscine sur Tou.Tv.

Je passais la tondeuse tout près, vivement.
Revenu de chez le coiffeur, donc le cheveu aussi frais tondu que mon gazon.
Une barbe de trois, quatre jours.

Mes mouvements étaient brusques parce que je pensais à cet imbécile de François Legault qui veut faire de nous des asiatiques. Travailler de 50 à 70 heures...comme si c'était normal!...Probablement payé 37h et demie en plus! ces osties d'hommes d'affaires...
L'amoureuse me regardait de temps à autre. Je voyais dans son oeil que je lui plaisais à jouer "l'homme". En y réfléchissant pleinement, je comprenais aussi qu'elle avait sous les yeux deux Mike Delfino. Celui de sa série télé et celui qui passait la tondeuse sur son terrain. C'est vrai que dans ma tenue, avec ma nouvelle tête, à m'activer comme un gland, j'avais l'air du trophy husband. Je croyais que ma tondeuse avait des ratés mais c'était des ronronnements de la part de la belle que j'entendais. J'ai donc joué le jeu en faisant la pute et je travaillais comme un demeuré. (pas pour toi Legault!)

"T'as fini?" m'a t-elle demandé.
"Oui, pourquoi?"
"Ben non, au bout de la piscine, là,  il y du gazon long sur le monticule près de l'arbre aux feuilles pourries"

On veut toujours étirer ce qui nous plait.
Je faisais un 2 pour 1. Je savais que je lui plaisais et ça me plaisait de lui plaire.

C'est con des fois le désir.

Je pensais à ça en soirée en fumant la cigarette d'après l'amour quand j'ai croisé tard en soirée un groupe de jeunes qui trainait dans le stationnement d'un commerce se montrant l'un et l'autre leur voiture modifiées.

Je ne comprendrai jamais cette passion. Un hobby dans mon 450 sans son auto semble impossible.

Après le festival des montgolfières je baignais dans le festival de fiers mongols.
Puis j'ai vu cette jeune fille dans le groupe qui n'avait de yeux que pour son ami en camisole.

Il bizounait sur une roue de sa voiture trop haute et elle le dévorait du regard. Il semblait ne pas parler mais qu'importe, elle entendait une musique qui ne jouait que pour elle. Son corps penchait même un peu en la direction du jeune homme qui lui tournait le dos. Comme si elle disputait l'attention qu'elle voulait laisser sur le jeune homme à la voiture.
Il y avait espoir d'éternité dans leurs deux jolis corps.
Goûter sur son corps à elle la même main (peut-être) qui tâtait le chassis.

C'était beau.

Comme un ballon s'envolant dans un ciel bleu de Saint-Jean-Sur-Le-Richelieu.

lundi 20 août 2012

Les Sorcières de Salem

En 1692, à Salem Village aux États-Unis, la communauté, assiégée par les Amérindiens et dépourvue de gouvernement légitime, condamne les personnes mises en cause à avouer les faits de sorcellerie ou à être pendues.

18 communautés sont ciblées.

Durant l'hiver glacial de 1691/1692, Betty Parris et Abigail Williams, respectivement fille et nièce du révérend Samuel Parris, se mettent - dit-on - à agir d'une curieuse manière : elles parlent une langue inconnue, se cachent, traînent des pieds en marchant. Les médecins consultés ne parviennent pas à identifier le problème ; l'un d'eux conclut même à une possession satanique. Parris et les autres notables de la ville pressent Betty et Abigail, puis les autres jeunes filles atteintes de manière identique, Ann Putnam, Betty Hubbard, Mercy Lewis, Susannah Sheldon, Mercy Short, et Mary Warren, de nommer ceux qui les ont maudites. Les jeunes filles se décident alors à donner des noms.

Les trois premières femmes accusées sont Sarah Good, Sarah Osburne et Tituba. Sarah Good est une mendiante, fille déshéritée d'une femme qui s'était donné la mort quand Good était adolescente, une femme louche : elle murmure quand on lui donne de la nourriture. Sarah Osburne est une vieille femme, alitée, qui a mérité la réprobation générale en captant l'héritage des enfants de son premier mari pour le remettre à son nouvel époux. Quant à Tituba, c'est l'esclave barbadienne de Samuel Parris.

Les trois femmes sont officiellement accusées de sorcellerie en mars 1692. Aussi accusés et mis en prison seront la fille de 4 ans de Sarah Good, Rebecca Nurse, Abigail et Deliverance Hobbs, Martha Corey ainsi qu'Elizabeth et John Proctor.

Les prisons se remplissent progressivement, il y a entre 150 et 300 accusés de sorcellerie enregistrés et un nouveau problème surgit : sans forme légitime de gouvernement, les accusés ne peuvent pas être jugés. Le gouverneur royal William Phelps met tout de même un comité citoyen sur pied pour les "juger".

Sarah Osbourne meurt en prison tandis que Sarah Good acouche d'un nouvel enfant, ce dernier ne survivra pas.

Tous seront simplement condamnés à mort pour sorcellerie. Une série de quatre exécutions a lieu au cours de l'été, avec la pendaison de 19 personnes, au nombre desquelles : un ministre du culte respecté, un ancien policier qui a refusé d'arrêter davantage de prétendues sorcières, et trois personnes disposant d'une certaine fortune. 6 des 19 victimes sont des hommes ; la plupart des autres sont de vieilles femmes misérables.

Plusieurs théories tentent d'expliquer pourquoi la communauté de Salem Village a explosé dans ce délire de sorcières et de perturbations démoniaques.

La  plus répandue consiste à affirmer que les puritains, qui gouvernèrent la colonie de la baie du Massachusetts pratiquement sans contrôle royal depuis plus de 60, traversèrent une période d'hallucinations massives et hystériques provoquées par l'oppression religieuse.

D'autres pensent que l'ergot de seigle, un champignon répandu dans le village, contenait des propriétés qu'on prête aujourd'hui au LSD.

Certains parlent d'un complot de la famille Putnam pour détruire la famille rivale Porter, ou encore de l'écrasement social des femmes par des gens jaloux.

Toutes les explications évoquées ci-dessus ont probablement joué un rôle important mais il s'y ajoute la circonstance que Salem et le reste de la Nouvelle-Angleterre étaient harcelés par les attaques amérindiennes qui encerclaient la région, ce qui a créé une atmosphère de peur qui contribua beaucoup au développement de l'hystérie collective.

Enfin, une dernière thèse suppose que ces gens étaient tous atteintes de la maladie de Huntington.

Arthur Miller fait une brillante allégorie du McCarthysme aux États-Unis en 1953 en écrivant cette histoire en pièce de théâtre. C'est si fin, subtil et à la limite crasse, que le comité sur les activités antiaméricaines l'interrogera (puis le relâchera) en 1956.

On adapte la pièce en film en 1956 en France. Le film met en vedette Yves Montand et Simone Signoret.
Aux États-Unis, on fait de même 40 ans plus tard, en 1996, avec Daniel-Day Lewis et Wynona Ryder.

26 hommes et femmes seront morts dans la psychose entrourant les Sorcières de Salem entre mars et septembre 1692.

Le révérend George Burroughs, Martha Carrier, Georges Jacobs Sr, John Willard et John Proctor, il y 320 ans aujourd'hui, étaient pendus...dans l'hystérie.

dimanche 19 août 2012

Pussy Riot

Il y a 6 mois jour pour jour, le 21 février dernier, 5 membres du collectif punk-rock féministe russe Pussy Riots se présentaient dans une église pour y créer le chaos.

Pussy riot est un regroupement "anonyme" d'une dizaine d'"artistes" russes composé de femmes à 98%. Si on compte l'équipe technique qui filme les performances et celle qui produit le matériel en studio, ça peut s'étendre à près d'une vingtaine de membres. Elles portent généralement des robes très colorées, des bas nylons tout aussi colorés, et ce, peu importe le froid hivernal. Elles demeurent anonymes en utilisant des pseudonymes lorsqu'interviewées et portent perpétuellement une cagoule afin de masquer leur identité. Elles se présentent comme un groupe de musique punk inspiré des Bikini Kill ou des Riot Grrrl, groupes punks d'Amérique.

Elles carburent à l'affront social, aux propos politiquement chargés, à l'importance du discours féministe et à la propagation de l'image non standard de la femme en Russie.

Suite à leur invasion de la cathéderale orthodoxe du Christ Sauveur où elles se sont moqué de la sainte prière de Notre-Dame-De-Kazan et ont vivement soutenu des slogans anti-Poutine afin d'éviter sa ré-élection, Alexei Nikoforov, un avocat gouvernemental, a réclamé la prison pour trois des activistes féminines pour avoir "abusé de Dieu".

Le 3 mars suivant, Maria Alyhokhina, 24 ans, et Nadezahda Tolokonnikova, 22 ans, toutes deux mères d'un enfant en bas âge, ont été arrêtée et accusée de hooliganisme. Elles ont d'abord nié être membre du collectif et ont entamé un grève de la faim (sans succès) pour être détenues loin de leurs enfants. 13 jours après cette double arrestation, Ekatarina Samoutsevitch, 30 ans,  a été identifiée comme la troisième punk en action dans la cathéderale et a rejoint les deux autres en tôle.

Le 4 juin, un document de 2800 pages d'accusation a été présenté à la cour. On leur a donné deux jours pour préparer une défense, ce qu'elles ont bien entendu refuser de faire (deux jours? pour répondre à 2800 pages? et en prison?) en se soumettant à une nouvelle grève de la faim (sans succès again).

Amnistie Internationale les as nommées "prisonnières de conscience" en raison de la sévérité avec laquelle les autorités russes ont réagi.

Les autorités religieuses ont condamné sans appel les gestes des punks en soulignant que le Diable s'est payé tout un party en les laissant faire et que si il fallait laisser passer une telle chose à nouveau- le blasphême du "sacré"- la Russie serait perdue à jamais.
La population Russe n'est pas complètement de cet avis, soulignant que ses femmes sont victimes de leurs effronteries mais que des travaux communautaires seraient une meilleure punition contre des mères de famille.
Le cinéaste Nikita Mikhalkov a toutefois pour sa part soutenu qu'il signerait n'importe quoi qui garderait les trois femmes au large.

Elles font face à 7 ans de prison pour désordre prémédité performé par un groupe de gens motivé par la haine et l'hostilité religieuse.

Des appuis de l'international en faveur des jeunes femmes sont venus de la part de Kate Nash, Red Hot Chili Peppers, Sting, Peter Gabriel, Cornershop, Faith No More, Franz Ferdinand, les Pet Shop Boys, Patti Smith, les Beastie Boys, Refused, Zola Jesus, Die Antwoord, Jarvis Cocker, Pete Townshend, The Joy Formidable, Peaches, Madonna, Paul McCartney, Genesis, Tegan & Sara, Johnny Maar, Liro Rantala, Propaghandi, Anti-Flag, Corinne Bailey Rae, Kathleen Hanna, Björk, Yoko Ono, l'acteur Stephen Fry et le maire de Reykjavik en Islande Jon Gnarr. Certains versent dans l'excès dans leurs appuis comme cet homme aux lèvres cousues (ouch!).

121 membres du parlement Allemand ont aussi signé une lettre exigeant le pardon aux trois femmes et l'ont envoyé à l'ambassadeur Russe à Berlin.

Quand Vladimir Putin a constaté que 51% de la population soutenait les trois femmes et que seulement 36% souhaitaient leur condamnation, il a demandé à la cour "de ne pas être trop dur envers ses trois chrétiennes"

Elles ont été trouvées coupables vendredi dernier et resteront encagées pour la prochaine année et demie.

Ne serais-ce que pour "crime contre la musique", elles ne savent franchement ni performer, ni chanter...

Pour Poutine, la sentence est contreproductive puisqu'elle a attiré l'attention internationale sur le régime répréssif dont il est la tête dirigeante.