samedi 6 mai 2023

Aerosmith

 En 1964, Steven Tyler forme à New York, le band The Strangeurs qui devient vite Chain Reaction. Au même moment, le guitariste Joe Perry et le bassiste Tom Hamilton forment The Jam Band, qui deviendra Joe Perry's Jam Band, un band de blues axé sur l'improvisation. Ces deux-là emménagent ensemble à Boston pour travailler leur musique ensemble. Ils recrutent le batteur Joey Kramer un batteur originaire de Yonkers, NY, où il avait connu Tyler. Kramer est étudiant à la Berklee College of Music quitte les bancs d'école et joint The Jam Band. En 1970, Chain Reaction et The Jam Band jouent dans un même évènement musical et Tyler fraye avec Kramer en adorant ce qu'il entend de The Jam Band. Quand on se recroise dans un autre évènement musical, Tyler, alors batteur et choriste, propose de devenir leur chanteur, ce qui est accepté. On se prend même une maison tous les 4 ensemble, à Boston.

On y écrit de la musique ensemble et on écoute des reprises des 3 Stooges. Kramer suggère Aerosmith comme nom de band, un mot qu'il n'a jamais cessé d'écrire sur ses cahiers d'école après avoir entendu l'album Aerial Ballet d'Harry Nillson, en 1968. Mais les gars comprennent Arrowsmith, titre d'un livre obligatoire à lire de Sinclair Lewis à la petite école et ne sont pas très enthousiasmés. Quand Kramer leur épelle, ils sont davantage d'accord. Ils considèrent The Hookers, Spike Jones et se présentent même sous le nom de Fox Chase, à Noël, sur scène, mais seront Aerosmith dès 1972. Brad Whitford, un autre gradué de la Berklee School of Music, se joint comme guitariste rythmique et cette formation sera celle de 1973 à 1979 et de 1984 à nos jours. 

Le band paie de sa poche une présence au Max's Kansas City de New York pour y jouer sur scène. Ça leur décroche un contrat avec Columbia pour un premier album. Un morceau génère beaucoup d'attention, 2 millions de ventes. Et le band intéresse suffisamment pour qu'on encourage la suite. Un second album est lancé en 1974 et vend encore des millions. 3. Leur 3ème album les place comme stars internationales au même niveau que Led Zeppelin ou les Rolling Stones. Puisque Tyler a des airs de Mick Jagger, il est facile d'en faire de mini-Rolling Stones originaires des États-Unis. Le 3ème album triple les ventes du dernier. Les tournées sont payantes. On achète un entrepôt qui devient leur local de création collective, au Massachussetts. 

En 1976, on lance un album très rock. Des membres de Gun's & Roses, Metallica, Mötley Crüe, Nirvana diront que cet album aura une nette influence sur leurs vies et leur art futur. On commence à faire beaucoup d'excès. Alcool, drogue, débauche, l'album de 1977 en souffrira un peu. Dans la tournée qui suivra, Tyler et Perry seront surnommés The Toxic Twins. On est assez populaires pour être recrutés pour jouer dans le (navet) film Sergeant's Lonely Heart's Club Band, y jouant Come Together, en 1978. 

La tension monte dans le band et les excès perdurent. En tournée et en production de l'album de 1979, les épouses de Perry et Hamilton se chicanent violemment derrière la scène et Perry choisit de quitter le band après une querelle avec Tyler sur l'évènement. Jimmy Crespo est engagé pour le remplacer, compléter l'album et faire la tournée. Mais pendant celle-ci, Tyler s'effondre sur scène, et plus tard, est victime d'un accident de moto. 

On lance une compilation pour cacher l'acrimonie et celle ci vendra pour 12 gros millions.

Un album de 1981 voit Brad Withford quitter à son tour pour des projets ailleurs. Withford joindra même Perry dans ses projets à lui. Rick Dufay le remplace. Sans Perry, Aerosmith peine à remplir des endroits qu'ils remplissaient facilement il n'y a pas si longtemps. Perry maintenant divorcé, en 1984, revient dans le band. Withford fait de même. On fait une tournée de réunion et on lance un album en 1985 qui n'a toutefois pas beaucoup d'échos. 

C'est une improbable association entre Aerosmith et les rappeurs de Run DMC, en 1986, qui ressuscite pleinement leur carrière en reprenant un de leurs vieux morceaux de 1975. Des cures de réhabilitation afin de ne plus être accroc à la drogue obtiennent du succès et Permanent Vacation, lancé à l'été 1987 présente le band à une toute nouvelle génération, avec succès. On fait alors affaire avec des auteur(e)s de l'extérieur. Desmond Child qui écrit pour Bonnie Tyler ou Bon Jovi (parfois la même chanson), Jim Vallance qui écrit pour Bryan Adams pour Holly Knight qui écrit pour Pat Benatar. On part en tournée avec Gun's & Roses où la tentation des rechutes est titanesque. 

L'album de 1989 les ramène aux millions de 1975 (7 millions), et le band gagne toute sortes de prix avec des vidéos qui circulent populairement sur 2-3 ans. On gagne son premier Grammy. On est si populaire qu'on se présente avec les gars de Wayne's World et on fait des vois dans The Simpsons. En 1993, avec le grunge bien en vogue, on lance un autre album qui vend tout autant que Pump. Ce sera suivi par une tournée de plus de 18 mois. On sera de Woodstock 1994, de Beavis & Butthead, on s'achète un bar, the Mama Kin, du nom d'un de leur premier morceau et un favori de leurs fans en spectacle.

L'album suivant fait presque séparer le band, mais produit encore 5 singles. le band obtient son unique #1 avec une chanson pour un film mettant entre autre, en vedette la fille de Steven Tyler, Liv. L'album de 2001 fait dire à certains qu'ils refusent de se comporter de leur âge, mais ils répondent si ces mêmes gens demandent la même chose à Keith Richards ou Mick Jagger ?

On lance deux autres albums en 2004 et en 2012, mais la fortune d'Aerosmith n'est plus à faire. Ils ont accomplis ce qu'ils avaient à accomplir.

Tous passés 70 ans, ils ont annoncé les dates d'une tournée d'adieu pour cette année, la 50ème après la parution de leur premier album.

Assurément leur dernière tournée.  


vendredi 5 mai 2023

Crossplaining

Dommage que l'oppostion politique canadienne ne soit que le médiocre Pierre Polièvre.

Suite au témoignage d'Alexandre Trudeau, frère du premier ministre Justin Trudeau, sur l'ingérence potentielle chinoise, d'avant-hier, il y avait une volée de bois vert à lui envoyer et une réelle opposition n'avait pas besoin de beaucoup de dents pour n'en faire qu'une bouchée. 

Il faut se rappeler de Jody Wilson-Raybould. Vous vous rappelez de Jody Wilson-Raybould ?

Elle a quitté ses fonctions ministérielles en 2019 sous l'administration Trudeau, principalement parce qu'elle est une personne honnête. 

Chez les ri-poux.

On lui demande d'escroquer la justice. Ce qu'elle a refusé, alors affectée au ministère de la justice. Ça va tout à fait de soi. On l'a donc tassé de son poste. Pour faire place aux magouilles. SNC-Lavalin peut toujours avoir des contrats du gouvernement. C'est pas la justice qui ve intérférer. Elle n'a pas tenu la route parce que le côté sale libéral que Trudeau gardait actif ne cadrait aucunement avec sa vision de la vie. Dieu merci, il reste encore quelques Jody.

Mais au pouvoir, c'est du moisi qui y gît. De la toxique vermine.

Pascale Fournier, PDG de la Fondation Trudeau, a trouvé légitimement louche un don de 140 000$ d'hommes d'affaires Chinois, en 2016, donc au tout début de son mandat préministériel. Les irrégularités étaient partout autour du don. Incluant des consignes recues pour l'expédition de documentation...en Chine. Elle a voulu une enquête sur les donateurs, on lui a imposé des adminstrateurs en conflit d'intérêt, des taupes d'Alexandre & Justin afin de contrôler le message, ce qu'elle a refusé, et l'enquête est morte avant de naître. Pascale Fournier est passée de PDG à ex-PDG, et Alexandre s'est occupé de noyer l'affaire.  

Jusqu'à ce qu'elle renaisse dans le Globe & Mail. Parce que les eaux sont fishy, comme disent les anglais. Et nous sommes tous les poissons. Alexandre Trudeau a quitté le comité d'administration de la fondation en 2020. Il n'était aucunement prévu pour témoigner sur les soupçons d'ingérence chinoise. Il avait même été décidé qu'il ne témoignerait pas. Mais Alexandre s'est imposé. Et avec le réservoir d'arrogance familiale bien rempli, il a tirée sur la messagère en attaquant l'ex-PDG, mansplainé que si 8 employé(e)s autour de Fournier ont aussi quitté en même temps qu'elle, ce n'était pas par soutien, mais pour ne pas travailler dans un climat, désormais tendu, et il a donné une définition toute personelle de l'ingérence. Il a dit, sans rire, "que si il y avait eu de l'ingérence, il aurait été le premier à le voir..."

Laissez nous donc tricher en paix
"...et à ne pas intervenir ? à la diriger ?" aurait dû ajouter la personne qui questionnait

Alexandre Trudeau, comme son père d'ailleurs, a écrit un livre sur son expérience personnelle en Chine où il est resté très admiratif du pays de Mao Tsé Tung. À l'origine, les deux même hommes d'affaires voulaient faire un don d'un million de dollars. 

Alors pourquoi seulement 140 000$ si ce n'était pas pour déguiser une ingérence ? La moduler ?

Dans l'affaire We Charity, on a pointé du doigt l'embauche des membres de la famille de Justin qu'on a payé chèrement pour des discours motivationnels discutables. On a d'abord tout nié. Avant d'être forcé de dire la vérité.

Mais la toute première chose qu'on a fait c'est de nier. On avait fait la même chose pour SNC-Lavalin. "On n'a pas ingéré, on a suggéré". Crossplaining. Réflexe de parfait Ri-pou. Alexandre au niveau de nier dans le rituel famial. 

Le témoignage arrogant d'Alexandre de cette semaine attaquait aussi "le maudit journalisme".

Réflexe de dictateur. 

Belle palette de qualités les Trudeau. Depuis toujours. Depuis papa. Vous notez le nombre de fois qu'on s'en prend à des gens qui ne font qu'honnêtement leur travail ? Incluant les journalistes du Globe & Mail ? Être honnête est devenu si subversif. 

Que ça copine avec les gens riches, ça ne dérange pas tant. Les critiques peuvent souvent naître de simple jalousie et d'envie.

Mais que ça s'insurge de ne pas pouvoir tricher tranquille sans projecteurs...

Ça ne fait que pousser des cornes sur les tempes de ses escrocs et engraisser le cynisme populaire envers la classe politique.

Honnête, je me sens rebelle en christ.

jeudi 4 mai 2023

Divertissant Vertige

Pyotr Ilyich Tchaïkovsky était un habile génie Soviétique. 

Il était aussi homosexuel.

Ça l'a peut-être tué, à seulement 53 ans. 

"Officiellement" il est mort du choléra le 6 novembre 1893, 9 jours après la première de sa 6ème Symphonie (La Pathétique) à St-Petersbourg. Mais on le sait, tout ce qui est officiel de la part de l'URSS (et de la présente Russie) baigne toujours dans le très sérieux doute. 

On avait alors rapporté qu'il avait contracté le choléra en buvant, plusieurs jours avant, de l'eau contaminé. Mais les questions autour de sa mort ont été si nombreuses qu'on ne saura jamais pleinement de quoi il est mort. Parce que, comme trop souvent dans les pays où l'information est contrôlée entièrement par l'État, rien ne concorde.

D'abord le temps. On ne peut pas tricher le temps. Les amateurs de chirurgies plastiques ne seraient pas d'accord, mais "ceux qui sachent, sachons" le temps ne se triche aucunement. C'était l'époque du choléra où, tout comme avec le Covid, tout était scrupuleusement contrôlé afin que le virus ne soit pas transmis davantage. Tchaïkosvsky aurait bu cette eau dans un restaurant huppé, où l'eau aurait dû être extrêmement contrôlée, bouillie. Le choléra était "une maladie de pauvres" et il n'était pas question qu'en soient touchés les élites. Pyotr en était. Il était superstar de son pays. Pour pratiquement tout le monde, il était tout simplement inconcevable qu'une "classe supérieure", une star internationale comme Tchaïkovsky, puisse avoir été atteinte de cette maladie de "basse classe" de la société. Les rapports médicaux de 2 médecins ne tenaient pas la route, on les as donc montré une fois, puis, on les as gardé secrets. Da Russian way. La manière de gérer le cadavre n'a aussi suivi aucun des protocoles qu'il y avait en place pour les victimes du choléra. Quand ceci a été soulevé plus d'une fois, on a censuré les documents. 

Le 1er novembre, Pyotr se rend assister à la pièce de théâtre de son camarade Alexander Ostrovsky, puis par la suite, en compagnie de son frère, Modeste Tchaïkovsky, de son neveu Vladimir Davydov qu'il appelait affectueusement "Bob", et du compositeur Alexander Glazunov, se serait rendu au restaurant Leiner's de St-Petersbourg. Pyotr aurait demandé de l'eau qu'on aurait pas pu lui garantir bouillie. Il n'en aurait pas fait de chichi ne craignant aucunement de contracter le choléra avec une eau ordinaire mais le lendemain matin, il aurait eu de la diahrrée et des crampes d'estomac.  

Son frère aurait insisté afin qu'il consulte un docteur, mais il aurait refusé prenant à la place de l'huile de froid de morue. Sans résultat soulageant. Trois jours plus tard, ce qui est contraire au développement du choléra, il aurait montré des signes... de choléra. Passant de la fièvre à mieux, à pire, au délire jusqu'à ce qu'à 3 du matin, il expire. 

Au lieu d'être enfermé dans un cercueil le corps est resté très exposé à tous et tous les amis et les proches étaient invités à venir payer leurs hommages au compositeur décédé. Un d'eux, arrivé saoûl, a même longuement embrassé le cadavre, sur la tête et au visage, ce qui a été censuré par la suite des livres d'histoire. Ses funérailles ont été payées par la famille du Tsar et ont attiré 60 000 personnes dans (et autour) d'une église qui ne pouvait qu'en contenir 6000.

Mais comme trop souvent par là-bas, la pravda (vérité) était fort probablement ailleurs. 

Après sa mort, toute sortes de choses sont nées. On a dit qu'un groupe de proches l'avait confronté sur une homosexualité qu'il gardait cachée, et que comme châtiment, on lui avait ordonné de se suicider quelques jours avant "le soir du restaurant". On a dit qu'on aurait peut-être tout inventé du restaurant afin de cacher un choléra contracté honteusement au lit avec un (e) prostitué(e). Comme l'autopsie a été gardée secrète au gouvernement, on dit que les symptômes et les effets qui lui ont été fatals correspondent assez parfaitement avec un empoisonnement à l'arsenic. Les Soviétiques et post-Soviétiques sont les maitres du monde en terme d'empoisonnement. Il aurait peut-être été "suicidé". Un suicide qui aurait été commandé par le Tsar Alexander III dont un jeune homme de l'entourage aurait été victime du flirt homosexuel de Tchaïkovsky.

Le lyrisme de profundis de sa dernière oeuvre suggère que Tchaïkovsky semblait savoir que la fin de sa vie approchait. Son neveu était plus qu'un neveu. Peut-être un éphèbe qui l'attirait d'un amour inavouable et disgracieux. 

On ne saura jamais complètement ce qui a fauché la vie de ce grand compositeur cette année, il y a 130 ans. Mais on est à 80% certain que c'était forcé et contre volontaire. Sinon pourquoi tout le secret autour de sa mort ?

Bien que fort probablement gay, Pyotr Ilyich Tchaïkovsky sait faire jouir les Femmes, toutefois.

Le Philarmonic de Los Angeles a été le transmetteur, via la musique de Tchaïkovsky, d'un vertige si intense pour une spectatrice qu'elle en a orgasmé bruyamment lors d'un concert récent. 

Fort Amusante griserie.

J'aurais aimé voir ses joues rosées, pas loin ou à côté. Et son regard gêné. 

mercredi 3 mai 2023

Tapis & Coquerelles

Nous avons déménagé (moi, dans la douleur) il y presque 4 ans. Nous sommes désormais à 8 minutes d'un entrepôt Costco.

L'amoureuse dans la candeur, au moment de déménager: "Oooooh tellement cool ! on pourra y aller plus souvent et faire des économies!"

So many wrongs dans cette phrase. "On pourra y aller plus souvent" se classe bien dans la catégorie "contraire de faire une économie". Costco n'est jamais cool non plus. Là où j'habite, c'est irrespirable. Même sans panier, on reste coincé dans les sorties. Donc oui, je finis par y aller plus très très souvent, mais dans le but d'avoir le plus souvent possible, pas de panier. Qui reste quand même plus facile à circuler.  Finalement, payer une carte afin de payer ses achats reste une anomalie mentale grave depuis toujours. Ce n'est pas vrai que c'est toujours une bonne affaire d'acheter là-bas, et tout aussi faux de penser qu'on sauve de l'argent en s'y rendant. Bien au contraire. Combien sommes nous à s'y rendre pour acheter un seul article et en revenons avec une douzaine et une facture de plus de 100$ ?

Oui, on y va désormais plus souvent et "on" c'est presque toujours moi. J'ai donc pu apprendre à en connaître la clientèle. Là où note Costco se trouve, la clientèle y est digne de l'ONU. On y entends franchement toute les langues et on y trouvr absolument toutes les nationalités. Ça ne me déraneg aucunement, je trouve ça au sens propre comme figuré, coloré. Et toujours enrichissant à bien des niveaux. Socialement, j'y observe des comportements amusants. Pour beaucoup beaucoup BEAUCOUP de clients d'origine étrangère mais d'origine Québécoise aussi, "faire son Costco", c'est avoir réussi. 

Dans le film d'Oliver Stone Heaven & Earth de 1993, il y a cette scène mettant en vedette Joan Chen, celle-ci, incarnant une Vietnamienne tombée amoureuse d'un soldat ÉtatsUnien et amenée en Amérique passé le conflit É-U/Vietnam, pour y découvrir un tout autre univers, où elle se rend à l'épicerie pour la première fois. La scène est tournée au ralenti car le personnage est complètement grisée et prise de vertige devant l'abondance de choix de produits offerts dans les allées. Elle en est étourdie et on sent que de là où elle était, plus jeune, c'est du jamais vu et du paradisiaque. On peut voir de ça dans mon Costco. Dans le Costco de Ste-Foy, on y voit du baby boomer à la tonne, à celui de mon 450, de l'origine étrangère qui vient saisir son "rêve amércain" en flambant du dollar.  

On sent que ces gens, légitimement, sont souvent ravis d'une certaine réussite sociale. 

Prompte d'Amérique
Là où je trouve que c'est 100% le contraire, parce que beaucoup plus vide, sont "les tapis rouges". Peu de choses ne me dégoûtes davantage que des tapis rouges. Cette parade d'artificiel s'est empirée avec le temps puisque dorénavant on a de nouvelles face sur les anciennes faces de manière exponentielle et c'est plus souvent qu'autrement asses déplorable. On nomme le/la créateur/créatrice de mode, ce qui est bien car au moins, un(e) auteur(e) est présenté(e) mais c'est du matériel de magazine. Vous voulez savoir ? achetez le magazine. Il y a d'ailleurs des zillions de paparazzzi, ces assassins de l'âme (ce qu'avait compris Réjean Ducharme avant tout le monde) qui prendront des photos pour lesquel(le)s vous prendrez la plastique pose. On nage dans la narcissisme obtu. 

Croisière d'Amérique
J'ai travailllé dans le milieu du cinéma et j'ai eu quelques tapis rouges à fouler, mais chaque fois le confort était absent. Fallait sourire par politesse, mais fallait faire vite. Vous êtes mouches autour de fumier, ne l'oubliez pas. Ces gens sur le tapis sont vos égaux, malgré les légendes sous vos photos.

Légende: Représentation traditionnelle de faits ou de personnages réels, déformée ou amplifiée.

Il n'y a pas beaucoup de réel dans ce folklorique zoo humain

On est dans le très déformé et le démesurément amplifié. Ces gens qui posent sont aussi dans un vertige duquel il/elles la désorientation mentale les guette, mais la désorientation des valeurs sévit fièrement. 

La vanité, le narcissisme, ce sont toujours de défauts. 

Rien n'est plus faux qu'un tapis rouge. L'animalité de l'Homme peut-être intéressante à étudier, mais je trouves qu'en terme de tapis rouge, on se rapproche davantage d'infects insectes.

C'est personnel. Certains adorent les insectes comme mon brave ami Gaet. Qui m'en avait fait manger au miel et au beurre. On avait aimé ma fille et moi. 

 Mais moi, les tapis rouge me frisent le ridicule en l'Homme.

Ma comparaison insectivore n'est pas gratuite.

Cette semaine, dans le cadre du gala du Met, on a voulu faire original, on a déroulé et foulé, un tapis blanc. Une coquerelle désorientée y a paradé par erreur. Parce que la vanité est rare chez les insectes, ca ne pouvait pas être volontaire. On s'est amusé à la photographier comme si c'était un vedette de la soirée puisqu'elle foulait leurs pas. 

On s'est amusé à lui parler, la photographier,commenter sa tenue, lui demander le meilleur angle, lui demander un autographe, un autoportrait, ses prochains projets, la rumeur est-elle vraie que...?

J'espère qu'après le rire, on a un peu pesé le ridicule de ses propres rôles dans ce type de moments. 

Grotesques et absurdes.

On l'a platement écrasée du pieds en fin de rire gras. Comme on devrait écraser nos vanités.

mardi 2 mai 2023

S.O.S. Soudan

 Des batailles intenses entre les militaires soudanais et le corps paramilitaire principal soudanais ont actuellement lieues depuis quelques semaines, tuant des centaines de personnes, forçant des milliers de citoyens ou de représentants diplomates à fuir et à se réfugier ailleurs, provoquant une guerre civile qui déstabilise tout le pays africain.

À la mi avril dernier, une guerre de pouvoir entre factions militaires s'est dessinée dans le régime soudanais. D'un côté les forces armées loyales au général Abdel Fattah al-Burhan, le leader militaire de-facto du pays, de l'autre le groupe paramilitaire Rapid Support Forces (RSF), un regroupement de milices qui ont comme leader le général guerrier Mohammed Hamdan Dagalo appelé plus simplement Hemedti.

Les racines de ce condensé de haine se trouve pré-2019. Quand un soulèvement avait délogé le dictateur Omar al-Bashir, encore à la mi-avril. Ce dernier avait alimenté la haine entre les deux groupes. Malicieusement, il a bâtit des forces de sécurité en parallèle, volontairement dans le but que les deux groupes de chiens se mangent entre eux. Et c'est exactement ce qui se produit. Entrainant des centaines de morts inutiles dans le processus. Quand une ombre de démocratie s'est profilée, la tension nationale n'a fait que progresser. Le Soudan devenait une soupe sur le feu dont personne ne voulait contrôler le feu et qui ne faisait que bouillir. L'implosion semblait inévitable avec les diplomates qui, dès l'an dernier, lançait l'alarme que la violence ne demandait qu'à éclore en ville. 

En 2013, Bashir avait transformé le janjawid en groupe paramilitaire semi organisé. Il leur avait donné des galons plus ou moins mérités avant de les lancer attaquer assez gratuitement le sud du Darfour.

Il enverrait cette nouvelle force se battre aussi au Yemen et plus tard, en Libye.

La RSF d'Hemedti et l'armée régulière de Burhan avaient quand même coopéré ensemble afin de faire leur coup d'État contre Bashir, en 2019. Sans jamais s'entendre sur la suite si ça réussissait.  Quand la RSF a "dispersé" une manifestation pacifique de gens assis en face des bureaux paramilitaires de Khartoum, ce qu'ils ont compris comme  "assassinons des centaines de personnes assises er violons-en une douzaine", un important lien de confiance s'est brisé un peu partout concernant la RSF. 

En octobre 2021, les leaders des mouvements démocratiques post-Bashir, qui devaient assurer la transition ont à leur tour été victime d'un autre Coup d'État. De l'armée de Burhan. L'économie a alors plongé pendant qu'ils étaient en contrôle. Hemedti a alors proposé toute sortes de plan de relance, mais Buhran a trouvé que c'était insultant et que ça questionnait ses habiletés. Les tensions se sont donc accentuées entre les deux hommes. 

Hemedti est assis sur une fortune issue de l'exportation d'or trouvé dans des mines illégales et est chef de dizaines de milliers d'adeptes. Des vétérans de l'armée bien souvent. Qui n'avaient jamais été en position de pouvoir nulle part et qui y voyaient enfin la chance. Depuis 2019, il tente, en vain, d'intégrer sa milice à l'armée régulière. 

La société soudanaise se soucie principalement de l'agriculture qui est au coeur de leur économie et qui est victime des conditions climatiques et de l'instabilité politique qui freine toute forme de subvention gouvernementale. Un point de contention est la gestion de ce milieu agricole. Un autre est aussi la justice chancelante qui tente de trouver des coupables pour les interventions guerrières au Darfour, en 2003. Difficile de prendre au sérieux des gens qui font des Coups d'États contre la démocratie ou qui assassine des manifestants pacifiques. 

La Cour Pénale Internationale exige des accusations contre Bashir et plusieurs collaborateurs soudanais suspects. Des accusations sont aussi attendues contre les meurtres des manifestants pro-démocratie, en 2019, mais ce n'est pas la RSF qui se dénoncera. 125 personnes ont été assassinées dans le Coup d'Etat de Burhan et on demande justice là aussi. 

Rien n'est tellement propre. Tout est volatile. La soupe purjute partout autour de la casserole. La population est coincée dans tout ça.

La région de Sahel, près de la Mer Rouge, est la zone encourageante où des gens d'influence, voulant la paix et la démocratie se rassemblent. Des gens de pays avoisinants aussi comme l'Éthiopie ou le Tchad, qui sont aussi affectés par la guerre civile en cour. 

La bande a Burhan et celle de Hemedti s'entretue. Et le pouvoir est forcément affaibli, en général, au Soudan. Donc que se passe-t-il, pensez vous ? Les vautours rôdent pour en contrôler l'influence.

Russie, les États-Unis, l'Arabie Saoudite, les Émirats des Arabes Unis circulent au Soudan. Les Arabes veulent freiner l'influence Islamiste au Soudan. Avec les États-Unis et les Britanniques ils forment cux qu'on appelle "le Quad". Un groupe de médiation.

Ça fonctionne moyennement. 

Ça ressemble davantage à des investissements politiques qu'à de la stratégie de paix. 

Le Soudan souffre. 

lundi 1 mai 2023

Cinema Paradiso*********************The Hospital d'Arthur Hiller

Chaque mois, dans ses 10 premiers jours, tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu), je vous parles de l'un de mes trois immenses passions: Le cinéma !

Je l'ai surconsommé, le fais toujours, l'ai étudié, en fût diplômé, y ai travaillé, en fût récompensé, me suis retiré du milieu, mais le cinéma ne m'a jamais quitté. 

Je vous parles d'un film qui m'a séduit par sa réalisation, son histoire, ses interprètes, son audace, son montage, ses thèmes, sa musique, son sujet. bref, je vous parles d'un film dont j'ai aimé pas mal tous les choix. 

Je vous parles aujourd'hui d'un film qui n'est pas complètement déconnecté des réalités de nos jours. Et qui a pourtant 53 ans. Plus d'un demi siècle !

THE HOSPITAL de Arthur Hiller.

Je vous parlais tout juste hier de ce brillant scénariste qu'était Paddy Chayefsky. Il est auteur de ce film et a été Oscarisé pour ce film. 

L'Hôpital en question est parfait chaos. Il pourrait donc être facilement un hôpital Montréalais de nos jours. Dès le départ, une voix hors champs (celle de Chayefsky) nous explique en ouverture pourquoi la chambre 806 avait soudainement un lit de disponible. Il s'agit de l'histoire d'un patient entré à l'hôpital qui sera victime d'un absurde cafouillage médical et qui en paiera de sa vie. Un docteur plus jeune est ravi de voir un lit se libérer pour la nuit et en fera usage personnel. Toutefois, le chaos est tel, que les communications ne se font aucunement bien dans cet hôpital et il meurt accidentellement dans ce même lit. Les morts accidentelles pullulent, toujours au nom de l'absurdité, complètement appuyé par l'incompétence. Le Dr. Bock, intensément (comme toujours) incarné par George C. Scott, sera continuellement appelé afin de tenter de colmater les brèches de ce paquebot à odeur de raffiot.

Chayesfky a écrit cette comédie suite à un passage de son épouse dans un hôpital et constatant de ses yeux le chaos qui y régnait. 

Bock, au niveau personnel est en chute libre. Sa femme veut la séparation, ses enfants ne veulent plus fréquenter. C'est 1971, ils sont anti-Vietnam et anti-gouvernement, lui se trouve au coeur de ce qui devrait être la rigueur morale, éthique et professionnelle, mais se trouve soudainement simplement éponge à problèmes. Dont il n'est pas la source. Il considère le suicide et en parle avec un psychologue et collègue des lieux. 

Il est auparavant charmé par la fille d'un patient qui menace de mourir. Il a des rapports très simples et très formel avec elle jusqu'à ce que la famille choisisse de quitter l'hôpital. Contre son avis, mais il n'insiste pas. Rien ne fonctionne comme il le voudrait de toute manière et épuisé mentalement, il se prépare à s'enlever la vie.

C'est à ce moment que le film bascule. Cette femme, incarnée par la toujours-beaucoup-trop-charmante Diana Rigg, mon premier fantasme télé, revient dans on bureau et l'empêche, en quelque sorte de se suicider. Toutefois toute sa présence dans le reste du film, à partir de maintenant, ainsi que celle de son père, qui ne quittera pas l'hôpital finalement, semble relever du fantasme mental du Dr. Bock.

Tout devient soudainement très beau, sain et équilibré entre elle et lui. Ce qui n'empêche pas les erreurs médicales de survenir à nouveau, mais on réagit mieux. On a même des projets impossibles ensemble.

Il est là le génie de Chayefsky. De nous présenter du très réaliste avec sa lourde part d'absurdité. 

Toutes les scènes impliquant Rigg & son père, à partir de ce moment, semble relever du rêve idéal. L'amour parfait. L'éclaircissement des problèmes par A+ B alors que nous sommes témoins aussi de X, Y et Z.     

Hiller, qui était aussi réalisateur de l'immense succès populaire Love Story, réunissait son talent avec le dernier gagnant de l'Oscar du meilleur acteur George C. Scott (pour Patton). Tourner une comédie et diriger des acteurs et des actrices dans une comédie n'est jamais une tâche aussi facile que ce que les gens pensent. La coordination, le texte, le rythme, doivent être parfait. Et Hiller trouve la ton de la comédie, là où il y a aussi pathétisme. Donc une certaine tristesse. Hiller est tout à fait remarquable restant au service de l'histoire avec une habile créativité.

Le film, à sa sortie, en 1971, a été critiqué pour son changement de ton en seconde partie après une première moitié franchement drôle, chaotique et absurde. Mais au contraire, une lecture attentive de qui se déroule sous nos yeux offre une second moitié plus profonde en eaux tout aussi agitées. La proposition de Chayefsky est que les hommes les moins équilibrés peuvent facilement désarticuler toute une micro-société comme l'est un hôpital. 

On a vu, depuis le passage d'un certain clown à la présidence des États-Unis, que ceci est aussi possible à plus grande échelle, et à poste supérieur. Chayefsky a eu l'intelligence de glisser des situations politiques très réalistes aussi. Hors de l'hôpital et au sein de sa gestion. Habilement. 

Les acteurs et actrices sont extraordinairement crédibles, employé(e)s comme patient(e)s et ça ajoute au réalisme qui équilibre le farfelu de ce qui frise parfois la farce.

C'est une satire assez féroce qui ne détonne aucunement des réalités actuelles dans nos hôpitaux locaux qui ne sont pas toujours à la hauteur des situations qui s'offrent à eux.

L'affaire Joyce Echaquan en étant un exemple parmi des tonnes. 

Quand Chayefsky se battra contre le cancer, vers la fin de sa vie, il ne fera aucunement confiance aux médecins qui le traitent, pensant qu'il lui en veuille d'avoir dépeint leur milieu comme un refuge à poules sans têtes. 

Chayefsky n'était qu'à moitié sérieux. Comme dans ce film. Drôle et dérangeant.