jeudi 6 avril 2023

Delicieuses Épices

Je vous ai parlé, cette semaine, de Boygenius que je découvrais un peu samedi dernier. 

J'ai plongé dans leur Sounds & Vision, depuis. 

J'ai failli écrire "plongé dans leur cuisine" afin de suivre le thématique épicée, mais je redoutais d'être sexistement genré et mal avisé.

Je vais quand même vous parler épices.

Lucy Dacus, Julien Baker, Phoebe Bridgers. Fameuse chimie.

Pour le dire franchement, christ que je les aimes. Je les ai écoutées/explorées toute la semaine.

Je connaissais de vue Bridget Phoebe que j'avais remarquée amoureusement dans une annonce il y a quelques années jouant les Pixies et entendue (et vue) dans son costume de squelette aussi. Je la trouve encore très très jolie. Mais ma plus agréable des trois reste Julien Baker. Non, ce n'est pas juste pour Lucy Dacus. Je les adores toutes les trois ! Vraiment. je me suis fait une liste de lecture des trois ensemble. Et solo. 

Car elles se sont naturellement réunies aussi, professionnellement. Le 31 mars dernier, elles lançaient leur premier album entier composé ensemble. Quand Lucy, Phoebe & Julien ont remarqué qu'elles étaient toutes réunies sur des listes de Spotify, et toutes liées l'une à l'autre dans les recommandations, elles ont choisi de travailler ensemble, s'admirant les unes, les autres, de toute manière. Julien connaissait Phoebe, mais Lucy depuis plus longtemps encore. Elle a été le lien entre les trois. 

Elles ont donc signé un mini album sous le nom de Boygenius, en 2018 avant celui lancé vendredi dernier. Supergroupe "de filles", même si c'est extraordinairement réducteur de les qualifier ainsi. Elles se trouvent à être des Femmes, oui, mais surtout des auteures compositrices interprètes. Collectionnant les cicatrices. Capable de les recoudre. Harmonisant des sensibilités admirablement. 

Il y a quand même un côté Spice Girls à tout ça puisqu'en studio, elles étaient majoritairement des Femmes. Et se sont mieux comprises ainsi. En gardant les gars dehors. Elle se comprenaient mieux. Sans parfois avoir à se parler. À l'instinct. Et moi l'instinct, c'est un des ingrédients préférés de ma recette de la vie. Voilà entre autre pourquoi ces trois là m'ont peut-être si facilement rejoint. Elles ont du Conor Oberst, un favori à moi, dans l'âme. Une capacité de tendresse avec toujours un volcan en veilleuse prêt à exploser. De l'oeuvre bien épicée.

Le supergroupe est né dans les jours où l'actualité brûlait de ce juge agresseur sexuel, aux États-Unis, qui témoignait aimer la bière et ne pas se rapeller agresseur qu'il était, plus jeune. Ce qui ne l'a pas empêché de devenir juge de la Cour Suprême. 
C'était un agresseur au pouvoir du pays de toute manière, à cette époque. 

Chaque Femme est épicée à sa manière, Julien, 28 ans, est la plus existentialiste, spirituelle, la lesbienne. Elle a trois albums solo à son actif depuis 2015. Lucy a aussi 28 ans, est douce, alto, amicable et sensible. Elle a aussi trois albums solo entre 2016 et 2021. Phoebe a 29 ans, est toujours prête à faire des blagues et dit fuck et ses dérivés 9 fois avant qu'une des deux autres ne le pensent. Bridgers a trois albums depuis 2017.La migonne chante aussi pour les Minions

Boygenius est probablement plus subversif par rapport envers le mot génie qu'envers les genres. Union presqu'accidentelle, mais toute aussi naturelle que près de la combustion spontanée, elles incarnent à trois, à la fois un sain féminisme, et une extrême indépendence; deux ingrédients très présents aussi dans ma recette de vie sur terre. Beaucoup pour me plaire. Elles avalent le chaos des jours, digèrent les tempêtes intérieures, harmonisent les bouleversements. On cite Bowie, Montréal, The Smiths. Wow!

Les style musicaux de chacune sont différents mais unis d'un même vocabulaire. On traite d'humanité, de maladie mentale, d'Elliot Smith, d'amour, de désir de leurs revers et leur fortune. La Femme n'est pas que distraction, elle peut être prise de conscience et éveil. Ces trois là le sont agréablement. Elles ne sont aucunement en compétition, elles co-éxistent. Elles sont le contraire de La Voix, Star Épidémie ou Whereverfuck's Got Talent. Elles vibrent ensemble et seules. Elles sont modèles de coopération et de travail d'équipe.

Aussi lumineuses que sombre. Intense et douces. Allumées et emo. Sensibles et écorchées. Liées et indépendantes. Uniques.

Belles et inspirées.

Très intéressantes si ce sont les directions musicales de demain. 

Ou vendre le corps, si on arrive pas à vendre la musique, pourrait peut-être ne plus être un besoin. 

Quand on fait de la musique au féminin.

Quand on fait de le musique plutôt bien. 

Bien épicer sa vie, c'est lui donner une saveur. Ce trio épice mon coeur.

mercredi 5 avril 2023

Concerts Rock (1985-2023)

Mon tout premier spectacle de musique rock, sur le parterre, était celui de Bryan Adams, janvier 1985.

 J'avais 12 ans. Comme peu de gens de mon âge allaient assister à de shows rock dans les arénas, mes parents n'étaient pas friands de l'idée. Eux qui m'avaient acheté successivement les cassettes d'Iron Maiden en 1983 et de Twisted Sister l'année suivante, la crainte plein le regard, ils avaient superviser mes deux premiers achats "tout seul", avec mon argent de camelot, soit The Dream of The Blue Turtles de Sting et Reckless, de Bryan Adams. Les deux artistes les avaient rassurés. 

Mais Bryan, plus rock, pas assez pour que je me rendes seul sur le parterre du Colisée de Québec. Ce que je ferai quand même, au final. J'achèterai des billets et mon père en achètera un lui aussi, afin de rester au loin, à l'arrière, et garder un oeil sur moi, à distance. J'étais beaucoup plus loin, ébloui par ce que je vivais. Sur un nuage. J'étais parmi les plus petits ce qui me permettait de me faufiler et parfois d'être tout simplement plus près des cuisses de "jeunes" filles (plus vieilles) qui me faisaient rêver. Ce soir de septembre était une soirée magique où j'étais si aveuglé par ce qui se passait sur scène et autour que j'en avais oublié le père dans le fond du parterre et j'ai eu du mal à le retrouver vers la fin, même si on c'était donné un point de rencontre. Ça voulait aussi dire qu'il m'avait perdu de vue. J'en ferais un sport. Garder le regard de mes parents loin de ce que je fais. 

Après Adams, il y en a eu tout plein. Marillion/Rush, Honeymoon Suite, Maiden (et un mort tombé d'une passerrelle du Colisée), Bob Dylan dans le Vieux-Port (révélation), Billy Idol, The Cult, Rod Stewart, Platinum Blonde, Bon Jovi, Def Leppard, Roger Waters, David Bowie, Duran Duran ça, ce n'était qu'à Québec. À Montréal, travaillant pour un magasin de musique, j'en verrai le triple sur plusieurs années et presque toujours gratuitement. 

C'est peut-être ça qui m'a gâté. Pendant plus de 15 ans, aller au Festival d'Été de Québec était gratuit. Mais la programmation était aussi si peu d'envergure qu'il aurait été honteux de charger quoi que ce soit à quiconque. D'ailleurs, quand le FEQ a commencé à rendre l'accès aux spectacles payants, on était plusieurs à refuser de le faire. Jusqu'à ce que non seulement on le fasse, mais qu'on achète nos passes AVANT de connaître la programmation. Il y a certes une année où on a été béni. En 5 jours on avait des soirées de spectacle qui nous plaisaient à 100%. De mémoire, il y avait Rush, Black Eyed Peas, Arcade Fire, entre autres. 

Dans les plus mémorables, hors festivals, Another Roadside Attarctions, Amnesty International Tour, Midnight Oil, U2 à l'hippodrome, Roger Waters-The Wall sur les plaines d'Abraham, tout à fait en avant, The Cure, Gogol Bordello, Bryan Ferry, Emilie Simon, Ladytron, Luna, Duran Duran again, les Stones, Neil Young, Peter Gabriel, Tribute to Bowie.

Il m'a même semblé que ça deviendrait dur d'accoter l'impact des derniers spectacles vus, entendus et vécus tellement c'était toujours de mieux en mieux. 

Jusqu'aux deux trois dernières années. Où le prix des billets est devenu tout simplement inabordable. Tout est acheté très rapidement, dans la première heure d'ouverture des ventes, très souvent par des revendeurs qui vont revendre le double du prix initial. 

Ça ne fait pas que me choquer, ça irrite aussi certains artistes, comme Robert Smith de The Cure, qui a racheté autour de 700 billets de racheteurs, après les avoir critiqués et donné l'argent à Amnistie International. Acceptant du même coup de jouer devant moins de monde. 

Appeler une entreprise ou un commerce quelque part est quelque chose dont il faille aussi faire le deuil depuis plusieurs années. La deuxième barrière étant maintenant le prix, j'ai du faire le deuil récent de Genesis, Depeche Mode, The Cure. 

On essaie Coldplay depuis longtemps, même à l'étranger, pas faisable. Elton John quelques 10 ans avant, pas possible sans hypothéquer la maison. 

Cette année, on a encore acheté des passes pour le FEQ, à l'aveugle. 3 cette année au lieu de 4 (que nous sommes dans la famille) Je me suis retiré. Car depuis quelques années cette 4ème passe, la mienne, ne sert que 2 fois. Ça fais cher le show.  

Je ne me trompais pas. Quand la programmation a été lancée, sur les presque 100 artistes, il n'y avait RIEN pour la génération X. 5 artistes au total qui ont offert du matériel dans les années 60, 70 ou 80, dont plus de la moitié sont Québécois, dont généralement plus facile d'accès.

C'est quand même 30 ans de musique pas vraiment représentés. Oh bien entendu j'aime de la musique de toute les époques, la direction de la musique dans les années 90, un peu moins, mais mes listes de lecture des années 2000 à nos jours sont généreuses et, outre, 2021, 2022 et 2023, toutes d'au moins une heure et demi.

 Mais voilà, si j'avais acheté j'y aurais été le 14 (pour Alvvays et Dumas) et le 15 (pour Lana Del Ray et les Hay Babies). C'est tout.

Mais cette année, je serais aussi allé voir The Cure et Depeche Mode. 

Mais ce n'est plus pour moi ces portefeuilles gonflés à l'hélium.  

À 51 ans, je me retire un peu contre mon gré du marché des concerts de musique.

mardi 4 avril 2023

Au Nom de l'Amour

"
Every Morning, april 4, shot rings high, in the memphis sky..."

-P.H. 

20 septembre 1958.

Le révérend Martin Luther King a publié son livre Stride Toward Freedom. Il signe des copies de son oeuvre au magasin commercial Blumstein's de Harlem. Parmi ceux qui viennent pour le faire signer, Izola Curry, une femme noire de 42 ans, mentalement instable. S'approchant de lui, elle lui demande si il est bien Martin Luther King ce à quoi il répond par l'affirmative. Elle choisit alors de le poignarder avec l'aide d'un ouvre lettre. Un agent publicitaire la placarde aussitôt au sol et un bon samaritain la garde au sol avec lui. Deux policiers acourrent et comprennent vite qu'il ne faille pas retirer le coupe-papier de MLK. On le sort des lieux délicatement et avec le plus de discrétion possible afin de ne pas créer de mouvements de panique. La lame de l'ouvre lettre touche la aorte de MLK, si il éternue, elle fend et il se noie dans son propre sang. 

En lui ouvrant la poitrine, on opère une délicate chirurgie, avec succès. Sur son lit d'hopital, il pardonne à Curry et se fait à nouveau l'apôtre de la non violence. Il sera révélé qu'Izola Curry a un quotient intellectuel de seulement 70, et, accusée de tentative de meurtre (elle avait aussi un pistolet chargé dans sa brassière) elle sera institutionalisée 14 ans dans une aile psychiatrique. Elle sera suivie le reste de ses jours dans une résidence spécialisée. Meurt à 98 ans, en 2015.

10 ans plus tard. 

29 mars 1968. 

MLK Jr se rend à Memphis, au Tennessee en soutien aux travailleurs noirs du Local 1733 qui sont en grève depuis 17 jours. On veut de meilleurs salaires et de meilleures conditions. Par exemple, ce sont des travailleurs sanitaires, quand des employé(e)s sont renvoyé(e)s chez à la maison en raison des mauvaises conditions météos, l'employé(e) blanc est quand même payé(e) toute sa journée, l'employé(e) noir(e) seulement 2 heures. Injustice raciste. Il y reste quelques jours.

Le 3 avril, son départ en avion est retardé suite à une menace terroriste de bombe. Il ne devra partir que le lendemain. Il livre alors son tout dernier discours:

Et je me suis rendu à Memphis. Certains ont commencé à menacer ou on a commencé à parler de menaces contre ma personne. Que pourrait-il m'arriver de la part de mes frères blancs ? Je ne sais ce qui va se passer maintenant. On a des jours difficile devant nous. Mais ça m'importe peu maintenant. Parce que je me suis rendu au sommet de la montagne. Et ça ne me dérange pas. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a sa place. Mais je ne m'en soucie pas pour l'instant. Je ne veux que faire la volonté de Dieu. Et il m'a permis de me rendre à la montagne. J'ai regardé tout autour. Et j'ai vu la terre promise. Je ne m'y rendrai peut-être pas avec vous. Mais je veux vous dire ce soi, en tant que peuple, nous nous y rendrons à la terre promise. Je suis donc heureux, ce soir. Je ne suis inquiet de rien. Je ne crains personne. Mes yeux ont vu la gloire du passage de Dieu.  

King avait la chambre à l'Hôtel Lorraine. Là où il avait toujours eu ses habitudes, à Memphis. Il avait la chambre 306. Selon Jesse Jackson, qui voulait être Martin Luther King, MLK a dit au musicien Ben Branch, qui devait jouer en soirée, de s'assurer de jouer au moins Take My Hand, Precious Lord. De la plus belle manière possible. Ils étaient alors sur le balcon. 

À 18h01, MLK reçoit une balle de fusil fatale par la joue qui lui arrache la mâchoire, lui longe la colonne cervical avant de terminer sa course dans son épaule. James Earl Ray, un criminel recherché, était dans une chambre de l'hôtel d'en face et réussit à fuir les lieux. MLK ne survivra pas. Jesse Jackson, opportuniste inventera qu'il lui tient la tête pendant son dernier souffle, ce que nie tout le monde niera. Il se ravise afin de dire qu'il était là et est "intervenu" (sans précisions).

James Earl Ray est en fuite jusqu'au 10 mars 1969 où il est rattrapé tentant de se rendre en Angleterre du Canada sous une fausse identité, il confesse et écopera de 99 ans de prison.

L'autopsie sur MLK révèle un coeur de sexagénaire sur un corps de 39 ans. Ben Branch joue ce que MLK lui avait demandé, à ses funérailles. 

MLK est assassiné aujourd'hui, il y a 55 ans. 

Ils ont prix sa vie, mais n'ont jamais pris sa fierté.

Même si le racisme a été ranimé par le 45ème président qui fait face à des accusations aujourd'hui.

 Le rat des rats. 

lundi 3 avril 2023

Saturgay

Avec des enfants de 19 et 23 ans à la maison, il devient pas toujours facile pour la belle et moi de se faufiler et d'avoir le rythme de nos passions sexuelles d'antan. C'est pas les envies qui manquent, c'est l'intimité pour le faire. Ça va bien ces temps-ci car les deux sont souvent en stage et ça nous laisse seuls. 

Le week-end dernier, encore mieux, on partait tous les deux au condo du Nord et les deux jeunes restaient dans notre 450. On était l'un à l'autre dans un resort plein de spas, de bains finlandais and all that jazz...

Samedi matin, il pleuvait beaucoup, la belle et moi, on a beaucoup "jazzé".

La semaine dernière a été très difficile au travail pour tous les deux, ce week-end était fortement nécessaire. De plus, je me suis trouvé à beaucoup défendre les travestis, les trans, les drags queens, les gays, depuis quelques temps, qui semblent les cibles des plus imbéciles des imbéciles. 

Les trans, les travestis, les drags queens, les gays, sont des êtres humains absolument comme tous les autres. Propices à la flamboyance puisque criminalisé(e)s, opprimé(e)s, discriminé(e)s, méprisé(e)s par une frange de la société, parfois même par les autorités et la loi, depuis presque toujours,

Nous sommes à une époque où ces gens devraient être intégrés partout sans problèmes. Les gens instruits, savent que ces gens sont intégrables absolument partout. Les moins instruits, n'en veulent pas nulle part. C'est déplorable. J'ai envoyé les paroles chantées de Bowie vers la fin d'Under Pressure à quelques sympathiques idiots sur le sujet. Ce sont des paroles d'il y a plus de 40 ans. Les sociétés scolarisées devraient être en mesure d'avoir évolué en 42 ans. Le monde a changé. Il n'y a aucune corrélation entre tout ce que j'ai nommé et pédophilie. 

Samedi matin sous la pluie, après un peu de gymnastique au lit, j'ai à l'ordi, alors un peu traduit. L'amoureuse, passionné de ces émissions que je déteste, les émissions de décorations. À la télé il y avait ce marathon sur HGTV de l'émission Love It Or List It. Un couple de professionnel(le)s, une décoratrice/entrepreneuse et un courtier, rencontre un autre couple qui voudra soir rénover et vendre, et ainsi déménager selon ce que leur a montré le courtier, soit rénover et rester. L'émission qui a attiré notre attention est celle où un couple de lesbienne qui avait trois enfants, était dans ce dilemme. Ça devenait de la houseporn puisque ça nous montrait des budgets entre 2.5 et 3 millions. 

Houseporn. J'haïs ces shows. Ça fait rêver ma blonde et moi ça me fait vivre le stress que de tel types de rénovations/déménagements me font habituellement vivre. 


Regarder la dynamique dans ce couple de lesbienne de Vancouver, peut-être un peu âgées pour avoir des enfants si jeunes, m'a davantage intéressé. J'ai aussi visionné deux clips de Canada's Got Talent récents qui ont tour à tour récompensés d'une finale automatique une stupéfiante Lavalloise qui faisait du bruit et 36 danseuses avec un # extraordinaire. J'en ai eu les larmes aux yeux les 2 fois. Je me suis mentalement passé la réflexion que je devenais gay. 

Me trouvant con et très 1978 d'avoir eu cette pensée, je me suis ensuite fait une liste de lecture de Queen. 

Le groupe de musique Queen ne m'a jamais freiné parce que son chanteur était gay, mais surtout parce qu'un ancien co-loc, autour de 1991-1992, avait surjoué toute l'oeuvre de Queen dans l'appartement, brûlant mon intérêt pour presque toujours. Mais ce toujours cessait samedi. Sur plus de 400 listes de lectures sur mon téléphone, si j'ai des listes des Thompson Twins, France Gall ou The Fixx, d'assez courte durée, je devrais aussi avoir au moins une heure de Queen. D'autant plus que l'amoureuse aime beaucoup ce band. Je nous ai fait 1 heure de Queen appelée Kensington Market Smiles. Under Pressure y brille. J'ai cette chanson  ailleurs sur une liste de lecture de Bowie, mais cette liste a plus de 9h. La chanson est trop bonne, me bouleverse trop pour que je ne l'entende pas plus souvent. Avec une liste de lecture d'une heure, elle reviendra plus souvent. 
Le hasard (et ma curiosité) a fait en sorte que j'ai aussi découvert Boygenius, qui comprend entre autres Julien Baker. Recherhez, elles sont toutes les trois, fort intéressantes, et ensemble tout aussi plaisantes. 

Finalement, en soirée, la belle et moi, après encore un kamasutra réinventé au lit, on a écouté un film.

Toujours un dur pari alors que je verse généralement Wes Anderson, David Lynch, Woody Allen, Paolo Sorrentino, tandis qu'elle préfère ses "films de filles".  Abonné au compte Twitter d'Aubrey Plaza, que j'admire de partout, j'avais lu qu'elle annonçait que Happiest Season II était en tournage. J'avais la mission de ma blonde de nous trouver "un film de filles". J'ai donc trouvé Happiest Season, le premier film. Un film se déroulant dans le temps des fêtes. Très léger. Et très filles. 

MacKenzie Davis, Kristen Stewart, Aubrey Plaza, Alisson Brie, Mary Steenburgen, il y avait matière à me plaire. 

Ironiquement, ça racontait l'histoire d'un couple de jeunes lesbiennes qui se rendait dans la famille de l'une d'elle, qui avait caché son homosexualité à ses proches. Certaine lignes d'humour étaient très habiles. L'intrigue restait très légère. 

be afraiiiiiid
Mais au final, ma journée aura été largement placée sous la thématique gay. 

Ce qui, pour certains boomers et quelques ignorants devrait me placer sous leur définition de "woke".

Si seulement ils savaient qu'il n'y a rien d'insultant à se faire traiter de woke

"Les épouvantails sont en vous"
Tout comme il n'y a rien d'insultant à être trans, homosexuel(le), travestis/drag queen.

Ils sont humains comme les autres. Uniques aussi. 

Ça ne dérange que ceux et celles qui en ont une peur irrationnelle. 

Et une incompréhension têtue drapée dans l'ignorance choisie.

Des gens dont la vie intérieure ne peut pas être tellement belle. 

Les épouvantails sont ceux qui craignent ce type de différence. Cette unicité. La jalouse peut-être. 

Jalousie étant toujours le début de la fin morale. 

dimanche 2 avril 2023

Cette Ombre de Violence

Combien de gens seront prêts à sacrifier leur vie pour Donald Trump d'ici mardi ? Après ?

On dit que ce jour-là Donald se fait lire les accusations portées contre lui. Qu'il se présente ou non. (Ne se présentera assurément pas).

Devant la Trump Tower de New York, un mélange de gens qui veulent que Trump soient coffrés et qu'on en perde la clé, (New-Yorkais, j'en serais) et une panoplie de gens moins équilibrés qui crient à l'injustice et à revanche politique.

Mais qui font aussi des rappels à la révolte. Au renversement. Au désordre. Sans réaliser que c'est un autre type de désordre qu'on tente de corriger en politique et au civil en accusant Donald Trump de ce qu'il mérite tant de se faire accuser. 

Ivanka, Junior, Eric, Tiffany, Barron, ton père est un croche. Ton grand-père l'était aussi. En affaires, c'est assez courant. Ça peut durer longtemps loin des radars légaux. L'exposition sociale peut-être plus discrète. La loi vous rattrapera, vous ne pouvez pas vous en sortir tout le temps à tricher. Si la malhonnêteté gagne trop souvent, l'honnêteté, elle, triomphe. Ce que les accusations contre Trump veulent faire passer comme message est que personne, mais absolument personne n'est au-dessus des lois. C'est aussi une sorte de ménage de ce type de gens. Comme on nettoie certains types de comportements dans les sports. Ou entre hommes et Femmes.

Quand il était président, il était protégé. Mais très vite, à même la campagne électorale, on pouvait tracer une ligne assez clair sur ce qu'il faisait de bon et sur ce qu'il faisait d'illégal. Et un côté transparaissait beaucoup plus que l'autre. C'était du bonbon pour les avocats des États-Unis. En plongeant leur intérêt dans tout ce que le nom Trump entrainait avec lui, ils découvraient des dizaines et des dizaines d'infractions de graves à moyennement graves à impardonnables. Pendant sa présidence, 4 ans, il était intouchable. Mais pendant ces 4 ans, on travaillait les cochonneries qu'il avait fait avant. Les dossiers sont vérifiés/contre-vérifiés, à l'épreuve de bien des freins juridiques. 

Le 6 janvier 2021, jour de disgrâce infâme des États-Unis d'Amérique, le président déchu a offert un gros morceau de viande aux avocats des États-Unis. Trump reprenait ses immoralités et, la confiance gonflée de 4 ans d'autorité suprême, poussait le grotesque quelques coches plus haut en suggérant à mots couverts de renverser le résultat final des élections des États-Unis. 

De faire un Coup d'État. Ce qui a été tenté.  

Si les dossiers juridiques, depuis, sont lourds et largement travaillés, c'est la réaction de millions de déséquilibré(e)s qui est beaucoup plus difficile à contrôler. 

Ils ont plus de 332 millions aux États-Unis. Ils ont aussi plus de 80 millions de citoyens armés "pour le plaisir". 

J'ai un ami ici, au Québec, qui est féru des armes. Le père de l'ancienne blonde à mon fils est aussi représentant Remington. Il y a des amateurs d'armes à feu au Québec comme il y en a partout. Ça se trouve partout absolument partout. Comme aux États-Unis, où ils sont des millions à se dire que le pays s'est gagné à coup de fusil et qu'il est encore prêt à se défendre en cas d'injustice. Qu'il faille être armé pour ça. Mettre la mains sur des armes à feu, aux États-Unis est aussi facile que de s'acheter une pinte de lait, ici. On meurt peu des armes à feu ici, mais aux États-Unis c'est innombrable.

Il n'est pas anormal aux États-Unis de faire une carrière militaire et d'en sortir armé jusqu'aux dents. Parce qu'un militaire est toujours prêt à intervenir et autres pensées merdeuses patriotiques du genre. 

Ils sont combien à vouloir mettre à exécution leurs menaces d'utiliser leurs armes mardi et dans les jours qui suivront en raison de leur sentiment d'injustice commise contre Donald Trump ?


La sécurité newyorkaise sera titanesque mardi prochain avec l'armée sur un pied de guerre (civile). En ont-ils envie ? Surement pas. Plusieurs auront l'impression de n'attendre qu'une balle de fusil. C'est légitime de leur part de le penser. 

La désillusion de certains porteurs d'armes leur fait abandonner la raison et ils promettent même d'y laisser leur propre vie avant que telle injustice contre Trump ne se produise. Ils sont des milliers et des milliers à écouter cette femme qui prétend parler à Dieu tous les jours. Quel est le % de gens qui  écoutent ses livraisons délirantes sur Youtube qui le font par simple divertissement ? Combien le font avec une crédulité enfantine et une triste foi ?

combien respecte ceci ?
Ça c'est dur à prévoir.

Une menace de violence gronde. Mais elle n'est pas complètement sourde. 

L'imprévisible se mesure toujours difficilement. Et si un mot décrit bien D.J.Trump depuis toujours, c'est celui-là: imprévisible. Lui et tout ce qu'il attire.

Les prochains jours menacent d'une certaine imprévisibilité pour les États-Unis. Pour New York. Où TOUT peut arriver. 

C'était récemment l'anniversaire de ce lancer mortel pour un oiseau, du lanceur Randy Johnson qui était un rare lanceur pouvant lancer à plus de 100 km/h, sa balle au marbre. 

Les chances que cet oiseau vole si bas, à ce moment précis, à cet endroit précis, tué par ce particulier lanceur hors pair de presque 7 pieds, étaient minces. Il a simplement explosé dans la stupeur généralisée.

Rien ne pouvait se deviner quelques minutes avant. 

Ce n'est pas le cas pour le sentiment de révolte qui pourrait pulluler d'ici la fin de la semaine. On a le temps de beaucoup prévoir.

La stupeur pourrait encore se présenter.

Et tout pourrait aussi exploser.   `

Aucunement souhaité. Mais soyons préparé(e)s. 

samedi 1 avril 2023

Semaines Astrales Mélancoliques

On dit souvent que créer dans la douleur, c'est souvent créer tellement du coeur qui ça fait du chef d'oeuvre. `

Plusieurs s'entendent pour dire que le second album solo de l'ancien chanteur de la formation Irlandaise Them, Van Morrison, Astral Weeks, est son plus grand chef d'oeuvre. C'est pas loin d'être vrai.

Mais la douleur était elle, très très vraie. 

Parlons de sa conception.

Fin 1967, le gérant de Morrison, Bert Berns, meurt d'une crise cardiaque le 30 décembre. La tension était grande entre Berns et lui. Avec Berns était lié de nombreux membres du clan mafieux Genovese à New York et Morrison avait été intimidé par eux. Au plus fort de la chicane avec Berns, Morisson tente de s'en séparer légalement et c'est à ce moment qu'un membre du clan Genovese lui casse une guitare acoustique sur la tête pour le faire changer d'idée. De plus, suite au succès de Brown Eyed-Girl, Berns voulait un virage commercial drapé dans le psychédélisme pour son client, alors que Morrison se voulait plus créatif et diversifié. Il est fauché et pratiquement sans le sou. La veuve de Berns lui en veut terriblement, le pointant du doigt pour le stress qui aurait emporté son mari.  

L'album Astral Weeks serait lancé le 11 novembre 1968, alors que Hey Jude des Beatles est #1 sur les palmarès. Van The Man lance un album qui s'inscrit dans la grâce et la beauté, qui plane de manière admirable, mais dont la création restera voilée par la souffrance ultime. 

Trouver un bon musicien est facile.

 Le garder près de soi, plus difficile. Les musiciens sont toujours en mouvement. Van est alors aussi en mouvement, mais pas tant non plus. Il quitte les ondes négatives de New York où la veuve de Berns a tenté de le faire déporter (Morrison est Irlandais) mais Van se marie à une Étatsunienne et fuit à Cambridge, au Massachussetts. La musique de l'album est lyrique, poétique et mélancolique, en constante lutte avec une inertie interne. Astral Weeks parle de bouger et de se déplacer, de rester pris aussi, mais surtout de renaître. Dans toutes les notes acoustiques de guitares, les violons ajoutés, la basse directrice ou la flûte voltige, on sent le besoin de se déplacer quelque part. Par le sol et par les airs. Une idée de mouvement. 

Morrison, 5'5, un peu rond, ne bouge pas tant, caché de la mafia au Massachussetts. Il veut incarner les sons qui naviguent dans sa tête et pour se faire, il se lie d'amitié avec cet étudiant trouvé dans le milieu folk florissant de Cambridge, Rick Philp. Un jeune guitariste local. C'est son bassiste Tom Kielbana qui le met en contact. Phil est guitariste du band The Myddle Class. Band qui se sabordera bientôt par manque de personnel...

Philp, sous le parrainage de Carole King, a joué pour les Monkees sur scène. En jouant avec Morrison, qui vient d'avoir un pas pire hit avec Brown Eyed-Girl, il sait qu'il tient peut-être quelque chose de mieux que The Myddle Class. Van & Rick s'entendent très bien. Ce qui n'est pas peu dire pour Van, qui n'aime généralement assez personne. Ils se lient d'amitié le soir de l'assassinat de Martin Luther King vivant le choc en direct, ensemble. Sans se douter de ce qui s'en vient. Ils ont le temps de mettre sur pied ce qui deviendra Astral Weeks

Mais en privé, assez trop vite. L'appartement de Rick prend feu deux fois. Chaque fois, son co-loc Harvey, s'en tire. Mais tout aussi important, les guitares de Rick aussi. Jusqu'à ce qu'elles disparaissent. Harvey, le co-loc, aime beaucoup, Rick. Il l'aime d'amour et de désir. Harvey est gay. Pas Rick. Et Harvey est mentalement instable. C'est lui qui a mis le feu deux fois pour attirer l'attention. C'est lui qui est jaloux de la blonde de Rick et fait tout pour l'offusquer. C'est lui qui vole (ou vends) les guitares de Rick. Mais ça, Rick prends du temps à le comprendre. 

Et quand il le comprend, il confronte Harvey. Qui pour toute réponse lui confesse sa passion sexuelle pour lui. Rick lui fait vite comprendre qu'il n'est pas gay et veut ses guitares. Harvey perds la tête face à ce rejet et avec une rampe d'escalier le bat à mort. 

Rick Philp meurt battu à mort par son co-loc, il y a 55 ans, cette année. 

Van pond son meilleur album tiré de ses pratiques avec Philp, selon l'avis de plusieurs, encore aujourd'hui. Jay Berliner sera le guitariste de l'album.

Harvey finit ses jours en prison. 

Mais toute la durée de la création d'Astral Weeks, de septembre à octobre 1968, l'atmosphère est teintée de l'âme de Rick Philp, aussi vite arrivé, aussi vite parti.