(À C.P.)
"I'm Faded...so lost"
- (A.F, G.G.P, A.W., J.B)
J'ai tout de suite aimé ce groupe.
D'abord leur nom: Flotation Toy Warning. À la fois quelque chose d'original, mais aussi une suggestion que le monde musical ne serait qu'un jouet dont il faudrait parfois se méfier. Et que si on lisait une lourdeur dans leur musique (c'est possible avec eux) tout ça ne serait que jeu de leur part.
La suggestion aussi de flottement, comme si on allait planer, ce qui est aussi vrai, sur leur musique.
Ensuite pour le FTW, imaginé dessiné sur la batterie de base du band qui peut plus souvent suggérer Fuck The World. Vous savez comment les rebelles me plaisent.
Finalement, et d'abord et avant tout, pour la musique.
Donald Pleasance, un acteur que seuls les fans de Woody Allen ou de vieux films d'horreur ( je suis des deux) pouvaient connaître en 2016. Ça aussi ça ma rejoint.
2016, c'est l'année que je les ai découverts. Dans le plafond. Oui, oui, dans le plafond. Pas les membres du groupe, leur musique, issue du plafond. Un couple d'amis, avec lesquels nous étions en vacances au Nouveau-Brunswick, avait ce bidule que l'on vissait au plafond, qui devenait aussi un diffuseur de musique, sur lequel on branchait une liste de lecture. Leur liste de lecture comprenait la chanson de FTW qui m'a vite fait faire du surplace entre deux circulations d'alcool.
Mais il y a aussi cette autre chanson, d'un an plus jeune, que j'ai appris à aimer davantage tous les jours depuis 2015. La féminité de la chose. Tenter d'atteindre, amis mâles, le pitch de Iselin Solheim. Impossible. Vous devez être Femme.
Et c'est justement d'une autre femme dont je veux vous parler. Une femme sous la mer. Je prends une longue route pour le faire. Comme elle a dû prendre une très longue route pour elle, nous parler de quelque chose, le 31 décembre dernier, quelques heures avant le décompte final du nouvel an.
Je tourne en rond, je sais. Cette amie a semblé choisir quelques amis triés parmi les siens sur Facebook pour nous parler de son année, de sa terrible année, où elle est passée par toutes les gammes d'émotions, en deuil de son père depuis trois ans maintenant, elle a dû en venir à terme avec plus lourd encore. Une/des agressions de ce même père, sur sa personne, quand elle n'avait que 9 ans.
Elle nous as longuement écrit tout ça, peut-être pas 100% à jeun, sur messenger, et ça m'a bouleversé. Ça arrivait de nulle part. C'était le cri d'une noyée. Alors qu'on se saoûlait entre amis. J'avais été témoin d'une certaine détresse sur le net de sa part, et ce message venait me dire pourquoi.
Elle était cicatrisée. À vie. La première blonde que je n'avais eu de ma vie (et vice-versa). Nous n'avions alors que 12 ans.
J'ai demandé à plusieurs amis communs: "Vous avez reçu un message de Miss P.?".
Non. Nous étions quelques uns, choisis.
Déconcerté, j'ai accroché un bouton émoticône de "pouce par en bas". DAMNATION! Je lui ai tout de suite écrit ma mégarde et lui ai offert tout mon support et mes meilleurs voeux pour 2019.
Elle m'a répondu par un sympathique "hihihi".
Extrêmement contrastant sur son message précédent qui a dû être extraordinairement lourd à livrer.
Mais libérateur aussi.
Lourdeur et jeu, en deux textes. Un très long et un autre de 6 lettres.
J'ai presque cru que c'était la boisson du jour de l'an qui lui faisait écrire l'un et l'autre message. C'est possible. La boisson libère bien des cadenas intérieurs.
Tout ça voulait aussi dire que lorsque que nous avions été "amoureux" à 12 ans, elle vivait avec cette fêlure intérieure. Que lorsqu'on s'est retrouvé, à la même école secondaire, à 16-17 ans, elle avait ce monstre intérieur, toujours dans le coeur. Que lorsqu'elle a travaillé avec ma mère et ma soeur, dans le milieu scolaire, elle cachait ce poids moral et physique.
Que tenant la main de son père mourant, il y a trois ans, elle le maudissait aussi.
Que lorsque je l'ai vue pour la dernière fois, elle était en compagnie de son partenaire de vie, un homme beaucoup plus âgé qu'elle...
Les hommes sont parfois des objets duquel ils faille se méfier.
Je n'ai pas beaucoup cessé de pensé à elle depuis le 31.
La musique ne venait plus du plafond. Mais du fond des mers.
La mer tume.
J'espère qu'elle a maintenant la tête dignement hors de l'eau.
Where are you now?
samedi 5 janvier 2019
vendredi 4 janvier 2019
Cinema Paradiso**********************Inside LLewyn Davis des frères Coen
Chaque mois, dans les 10 premiers jours, tout comme je le fais pour la littérature (dans les 10 derniers) et pour la musique (vers le milieu) je vous entretiens sur une des mes trois massives passions: le cinéma.
Je vous parle d'un effort qui m'a charmé pas sa réalisation, ses images, sa narration, ses interprètes, sa musique, ses cadrages, son audace, son originalité, sa justesse, sa subtilité, sa finesse, bref un film dont j'ai aimé la plupart des choix et je tente de vous expliquer pourquoi il voyage longtemps avec moi, après coup.
Quiconque me connaît sait que j'aime les choix des frères Coen depuis leurs tout début.
INSIDE LLEWYN DAVIS de Joel Coen. (Ethan aussi, lui, produit et co-scénarise).
Joel & Ethan lisent la biographie du chanteur folk Dave Van Ronk. Ils adorent. Ils choisissent alors de s'inspirer de cet univers et d'y mettre du leur. Leurs univers sont disjonctés. Hilarants. Brillants. L'humour y est au rendez-vous, si cet humour n'y est pas noir, il est alors plongé dans un monde de demi-perdant, ce que cette planète compte tout plein.
Humilité et humiliation marchent toujours main dans la main chez les frères Coen. On peut même parfois passer du comique au grotesque en deux trois gestes. L'application au détail est formidable dans leur oeuvre. Et quand je parle de détail, je ne parle pas nécessairement d'accessoire, je parle d'un petit morceau de dialogue qui en dit très long sur quelqu'un où sur un univers entier d'un personnage. Dans Inside LLewyn Davis, John Goodman ne joue que quelques scènes sur la route, mais toutes ses lignes nous en disent long sur le personnage qu'il incarne.
Un autre n'apparaît que lors de la scène finale, et n'aura que moins de 5 lignes (et un élan du poing) mais on comprendra vite toute la couleur du personnage. Dans TOUS leurs films, même les plus petits rôles sont étudiés avec un formidable soin.
Parfois c'est 100% le contraire, moins on en sait sur un personnage, plus on est troublé.
Plus souvent qu'autrement, plus on est aussi amusé.
Au début des années 60, Llewyn Davis, un ancien travailleur des ports de New York, est chansonnier dans les bars. Il a fréquenté la copine d'un ami, et l'aurait, peut-être, mise enceinte. Elle le méprise sévérement pour ça. Llewyn tentera sa chance pour un contrat de disque, à Chicago, auprès d'un très important gérant d'artistes, que l'on devine être inspiré profondément de l'ancien gérant de Bob Dylan, Albert Grossman. Une référence claire au trio Peter, Paul & Mary, alors inexistant dans l'univers de la narration est d'ailleurs faite avec le superbe F.Murray Abraham.
C'est une des choses les plus agréable du film, cette capacité de faire croiser fiction et faits réels.
Llewyn Davis n'est pas le plus chanceux des artistes, Quand un couple d'amis bourgeois, qui le prenne comme leur "copain artiste" (et qu'on soupçonne doit lui remplir les poches un peu, de temps à autres), quand ce couple demande de garder leur chat le temps d'un week-end, une série d'emmerdes s'ensuivent.
C'est aussi typique de l'univers des frères Coen. Un geste tout simple, en début de film, fait souvent boule de neige. Presque toujours dans le délire.
Dans Inside Llewyn Davis, on est plongé non seulement dans l'univers musical de New York de 1962, mais aussi dans son hiver. Et Dieu seul sait à quel point j'aime l'hiver. Leur hiver à l'écran est splendide. La photographie de Bruno Delbonnel est bleutée, ce qui ajoute au charme du film. Film très inspiré de L'Odyssée d'Ulysse.
Le souci du détail dont je vous parlais est bien exposé dans cette scène d'enregistrement de chanson de Llewyn, avec son ami, qui ne se sait pas cocufié. Vers la 36ème seconde, un simple regard d'Oscar Issac fait sourire. 20 secondes plus loin, on rit pour vrai. Mais l'approche mentale du personnage est respectée et crédible. À 0:36 secondes, on le sent inconfortable, 10 secondes plus loin, de plus en plus humilié, puis il lance finalement qu'il est un peu gêné du gig.
La suite du clip placé en hyperlien rappelle tout le pathétisme du personnage principal.
Non seulement on rigole beaucoup dans ce film rempli de clins d'oeil au réel univers folk de 1962, mais on y sent le désespoir, toujours réel, de certains artistes, en plus de découvrir beaucoup de bonne musique.
J'avais acheté le film sans l' avoir vu au préalable, chose que je ne fais jamais. Convaincu que je l'aimerais.
Je me trompais. Je l'adorerais au point de le réécouter deux à trois fois par année. J'ai aussi acheté le livre autobio de Dave Van Ronk, que j'ai dévoré, et la trame sonore.
Un film des frères Coen est toujours un cadeau pour moi. Celui-là, plus que les autres encore.
Un morceau inédit et un clin d'oeil au dernier plan, en référence à Bob Dylan ferme ce très joli film.
Que j'ai réécouté encore cet hiver.
Je vous parle d'un effort qui m'a charmé pas sa réalisation, ses images, sa narration, ses interprètes, sa musique, ses cadrages, son audace, son originalité, sa justesse, sa subtilité, sa finesse, bref un film dont j'ai aimé la plupart des choix et je tente de vous expliquer pourquoi il voyage longtemps avec moi, après coup.
Quiconque me connaît sait que j'aime les choix des frères Coen depuis leurs tout début.
INSIDE LLEWYN DAVIS de Joel Coen. (Ethan aussi, lui, produit et co-scénarise).
Joel & Ethan lisent la biographie du chanteur folk Dave Van Ronk. Ils adorent. Ils choisissent alors de s'inspirer de cet univers et d'y mettre du leur. Leurs univers sont disjonctés. Hilarants. Brillants. L'humour y est au rendez-vous, si cet humour n'y est pas noir, il est alors plongé dans un monde de demi-perdant, ce que cette planète compte tout plein.
Humilité et humiliation marchent toujours main dans la main chez les frères Coen. On peut même parfois passer du comique au grotesque en deux trois gestes. L'application au détail est formidable dans leur oeuvre. Et quand je parle de détail, je ne parle pas nécessairement d'accessoire, je parle d'un petit morceau de dialogue qui en dit très long sur quelqu'un où sur un univers entier d'un personnage. Dans Inside LLewyn Davis, John Goodman ne joue que quelques scènes sur la route, mais toutes ses lignes nous en disent long sur le personnage qu'il incarne.
Un autre n'apparaît que lors de la scène finale, et n'aura que moins de 5 lignes (et un élan du poing) mais on comprendra vite toute la couleur du personnage. Dans TOUS leurs films, même les plus petits rôles sont étudiés avec un formidable soin.
Parfois c'est 100% le contraire, moins on en sait sur un personnage, plus on est troublé.
Plus souvent qu'autrement, plus on est aussi amusé.
Au début des années 60, Llewyn Davis, un ancien travailleur des ports de New York, est chansonnier dans les bars. Il a fréquenté la copine d'un ami, et l'aurait, peut-être, mise enceinte. Elle le méprise sévérement pour ça. Llewyn tentera sa chance pour un contrat de disque, à Chicago, auprès d'un très important gérant d'artistes, que l'on devine être inspiré profondément de l'ancien gérant de Bob Dylan, Albert Grossman. Une référence claire au trio Peter, Paul & Mary, alors inexistant dans l'univers de la narration est d'ailleurs faite avec le superbe F.Murray Abraham.
C'est une des choses les plus agréable du film, cette capacité de faire croiser fiction et faits réels.
Llewyn Davis n'est pas le plus chanceux des artistes, Quand un couple d'amis bourgeois, qui le prenne comme leur "copain artiste" (et qu'on soupçonne doit lui remplir les poches un peu, de temps à autres), quand ce couple demande de garder leur chat le temps d'un week-end, une série d'emmerdes s'ensuivent.
C'est aussi typique de l'univers des frères Coen. Un geste tout simple, en début de film, fait souvent boule de neige. Presque toujours dans le délire.
Dans Inside Llewyn Davis, on est plongé non seulement dans l'univers musical de New York de 1962, mais aussi dans son hiver. Et Dieu seul sait à quel point j'aime l'hiver. Leur hiver à l'écran est splendide. La photographie de Bruno Delbonnel est bleutée, ce qui ajoute au charme du film. Film très inspiré de L'Odyssée d'Ulysse.
Le souci du détail dont je vous parlais est bien exposé dans cette scène d'enregistrement de chanson de Llewyn, avec son ami, qui ne se sait pas cocufié. Vers la 36ème seconde, un simple regard d'Oscar Issac fait sourire. 20 secondes plus loin, on rit pour vrai. Mais l'approche mentale du personnage est respectée et crédible. À 0:36 secondes, on le sent inconfortable, 10 secondes plus loin, de plus en plus humilié, puis il lance finalement qu'il est un peu gêné du gig.
La suite du clip placé en hyperlien rappelle tout le pathétisme du personnage principal.
Non seulement on rigole beaucoup dans ce film rempli de clins d'oeil au réel univers folk de 1962, mais on y sent le désespoir, toujours réel, de certains artistes, en plus de découvrir beaucoup de bonne musique.
J'avais acheté le film sans l' avoir vu au préalable, chose que je ne fais jamais. Convaincu que je l'aimerais.
Je me trompais. Je l'adorerais au point de le réécouter deux à trois fois par année. J'ai aussi acheté le livre autobio de Dave Van Ronk, que j'ai dévoré, et la trame sonore.
Un film des frères Coen est toujours un cadeau pour moi. Celui-là, plus que les autres encore.
Un morceau inédit et un clin d'oeil au dernier plan, en référence à Bob Dylan ferme ce très joli film.
Que j'ai réécouté encore cet hiver.
jeudi 3 janvier 2019
Mouvements Politiques Chez Les Cols Bleus
C'est une expression que j'ai entendue à la radio dans la bouche d'une artiste de chez nous qui racontait un fossé qui se creusait dans sa famille.
Les différences agaçantes entre individus, les choses qui nous dérangent mais sur lesquelles nous passons l'éponge, souvent par amour, ou souci de la non confrontation, finissent toujours par nous rattraper.
L'artiste à la radio racontait que sa mère adoptive, et son père, avaient suivi l'envie du père quand est venu le temps de l'adopter, elle, bébé. Et que quand le père est décédé, son envie à elle, la mère adoptive, d'avoir une enfant, une envie qui n'avait jamais été vraiment sienne, cessait peu à peu d'exister.
Que vieillissante, elle devenait de plus en plus méchante.
On voit ça beaucoup dans les couples. On tombe en amour avec ce que l'on voit, on déchante dans ce que l'on découvre, on passe par-dessus plein de choses dans une moyenne mesure. Par amour, ou souci de la non confrontation. On est forts là-dessus au Québec. L'évitement de conflits.
Jusqu'à l'incommunication quand on est plus capable de supporter ce qui nous agaçait chez l'autre. Si il n'y a pas rupture, la méchanceté peut aussi s'y glisser.
Le malsain se dessine.
La séparation devient nécessaire.
Tout ça fatigue une tête.
On voit ça dans les familles, comme illustré dans l'exemple plus haut. Mais aussi dans toutes nos relations. Remarquez ces amis avec lesquels vous n'avez plus gardé contact. Souvent, pas toujours, il y avait suffisamment de choses qui vous agaçaient chez l'autre pour vouloir ne plus avoir ou rechercher la présence de cette personne dans votre entourage.
Le fossé dont je veux vous parler est celui qui se creuse entre mon coéquipier au boulot et notre superviseur direct: G.Pawdépôwl.
Je ne vous ai pas parlé souvent de mon coéquipier au boulot: Philibert Belleville. Difficile de trouver plus français comme prénom, mais il est principalement anglophone. Élevé dans cette langue au point d'en avoir gardé un fort accent. PhilBell qu'on l'appelle. Il a 5 ans de plus que moi.
La vie lui a été dure. 5ème enfant d'une famille d'autant de garçons, il a dû faire sa place parmi la fratrie. Il en a gardé un certain esprit de compétition permanent. J'ai cru comprendre que l'argent était difficile à trouver dans la maison qui l'a élevé.
Adulte, il prétend s'être fait coincer par une escroc. Une jeune femme qui aspirait à devenir infirmière, qui l'a été un temps très court, a quitté son boulot, ou "s'est fait démissionner", promettant de retourner y travailler, mais ouvrant la télévision pour ne plus jamais la refermer depuis. Le laissant lui comme unique gagne-pain.
PhilBell m'a raconté ça deux fois, comment il s'est fait coincer. Et qu'il aurait dû écouter les conseils de sa famille sur elle, dont tout le monde se doutait qu'elle serait une "slacker". Et qu'à cause de cela, le fait qu'il trouve le moyen de l'aimer quand même, celle que le reste de la famille n'aime pas, il passe le temps des fêtes relativement séparé de ses frères.
Comme la vie lui a flanqué des coups bas, une fois en logement avec elle et leurs enfants, un défaut électrique, dans leur logement non assuré, un incendie a tout ravagé. Leur faisant tout perdre. Provoquant aussi un choc post-traumatique important puisqu'ils sont sortis du feu in extremis. Du moins, c'est ce qu'il m'a raconté. Deux ou trois fois aussi. PhilBell se répète beaucoup. Il est moins important pour lui d'écouter que de dire. Peu importe qui écoute.
Il a travaillé plus de 20 ans dans un autre entrepôt dont il était le patron. Je ne lui demande pas pourquoi il n'y est plus et qu'il travaille maintenant chez nous, je soupçonne de possibles plaies. Il n'est pas mon supérieur, il est même mon égal, mais on lui accorde l'espace de l'expérience de plus de 20 ans dans un entrepôt et il a toujours des réflexes (qu'il freine, je dois lui accorder) de donner des ordres ici et là.
Je m'amuse parfois à le torturer en ne suivant pas du tout ce qu'il me propose de faire. Simplement pour lui montrer qu'il n'a pas besoin de me diriger. Il me respecte davantage pour ce type de résistance.
Entre nous ça fonctionne bien. Dans la mesure où il a compris qu'il serait peut-être éventuellement superviseur d'entrepôt et moi envoyé vers les bureaux. Il m'appelle d'ailleurs "suit" (me trouvant aussi une ressemblance croisée entre les deux acteurs de la série).
On se rejoint surtout dans un mépris commun de G.Pawdépôwl. Qui prend de très mauvaises décisions, prend le crédit de tout ce qu'on fait, fait de erreurs nombreuses et est généralement jaloux et extrêmement malsain pour nous (et l'entreprise). On soupçonne qu'il sera viré. On a un nouveau directeur de production, qui est son superviseur direct à lui, et qui flaire vite la "bullshit" du "je suis trop occupé pour faire ça"
Depuis la mi-novembre, on déménage l'entrepôt. Inutile de vous dire que nous avons été au coeur de tout le remue-ménage. Et que la fatigue de la tête était lourde. Les irritants se sont exacerbés. J'ai été le plus "civil" de tous et je crois qu'on a appris à m'aimer encore plus au boulot pour mon sens de la diplomatie et mes instincts rassembleurs.
Mais PhilBell a la subtilité d'un boeuf dans une litière à chats.
Il fait venir le directeur de prod simplement pour montrer qu'il avait raison contre une idée originale de G.Pawdépowl et lui monte de nombreux griefs comme un leader syndical tenterait inlassablement de convaincre ses collègues de joindre le syndic. Lui veut convaincre le dir. de prod. d'éventuellement liquider G.Pawdépôwl.
Ce qu'il n'a pas fait.
Encore.
Mais il a largement réduit les tâches de G.Pawdépowl.
L'empêchant maintenant de dire à tout vent:
"je n'ai pas le temps".
Ça bouge au boulot.
Les différences agaçantes entre individus, les choses qui nous dérangent mais sur lesquelles nous passons l'éponge, souvent par amour, ou souci de la non confrontation, finissent toujours par nous rattraper.
L'artiste à la radio racontait que sa mère adoptive, et son père, avaient suivi l'envie du père quand est venu le temps de l'adopter, elle, bébé. Et que quand le père est décédé, son envie à elle, la mère adoptive, d'avoir une enfant, une envie qui n'avait jamais été vraiment sienne, cessait peu à peu d'exister.
Que vieillissante, elle devenait de plus en plus méchante.
On voit ça beaucoup dans les couples. On tombe en amour avec ce que l'on voit, on déchante dans ce que l'on découvre, on passe par-dessus plein de choses dans une moyenne mesure. Par amour, ou souci de la non confrontation. On est forts là-dessus au Québec. L'évitement de conflits.
Jusqu'à l'incommunication quand on est plus capable de supporter ce qui nous agaçait chez l'autre. Si il n'y a pas rupture, la méchanceté peut aussi s'y glisser.
Le malsain se dessine.
La séparation devient nécessaire.
Tout ça fatigue une tête.
On voit ça dans les familles, comme illustré dans l'exemple plus haut. Mais aussi dans toutes nos relations. Remarquez ces amis avec lesquels vous n'avez plus gardé contact. Souvent, pas toujours, il y avait suffisamment de choses qui vous agaçaient chez l'autre pour vouloir ne plus avoir ou rechercher la présence de cette personne dans votre entourage.Le fossé dont je veux vous parler est celui qui se creuse entre mon coéquipier au boulot et notre superviseur direct: G.Pawdépôwl.
Je ne vous ai pas parlé souvent de mon coéquipier au boulot: Philibert Belleville. Difficile de trouver plus français comme prénom, mais il est principalement anglophone. Élevé dans cette langue au point d'en avoir gardé un fort accent. PhilBell qu'on l'appelle. Il a 5 ans de plus que moi.
La vie lui a été dure. 5ème enfant d'une famille d'autant de garçons, il a dû faire sa place parmi la fratrie. Il en a gardé un certain esprit de compétition permanent. J'ai cru comprendre que l'argent était difficile à trouver dans la maison qui l'a élevé.
Adulte, il prétend s'être fait coincer par une escroc. Une jeune femme qui aspirait à devenir infirmière, qui l'a été un temps très court, a quitté son boulot, ou "s'est fait démissionner", promettant de retourner y travailler, mais ouvrant la télévision pour ne plus jamais la refermer depuis. Le laissant lui comme unique gagne-pain.
PhilBell m'a raconté ça deux fois, comment il s'est fait coincer. Et qu'il aurait dû écouter les conseils de sa famille sur elle, dont tout le monde se doutait qu'elle serait une "slacker". Et qu'à cause de cela, le fait qu'il trouve le moyen de l'aimer quand même, celle que le reste de la famille n'aime pas, il passe le temps des fêtes relativement séparé de ses frères.
Comme la vie lui a flanqué des coups bas, une fois en logement avec elle et leurs enfants, un défaut électrique, dans leur logement non assuré, un incendie a tout ravagé. Leur faisant tout perdre. Provoquant aussi un choc post-traumatique important puisqu'ils sont sortis du feu in extremis. Du moins, c'est ce qu'il m'a raconté. Deux ou trois fois aussi. PhilBell se répète beaucoup. Il est moins important pour lui d'écouter que de dire. Peu importe qui écoute.
Il a travaillé plus de 20 ans dans un autre entrepôt dont il était le patron. Je ne lui demande pas pourquoi il n'y est plus et qu'il travaille maintenant chez nous, je soupçonne de possibles plaies. Il n'est pas mon supérieur, il est même mon égal, mais on lui accorde l'espace de l'expérience de plus de 20 ans dans un entrepôt et il a toujours des réflexes (qu'il freine, je dois lui accorder) de donner des ordres ici et là.
Je m'amuse parfois à le torturer en ne suivant pas du tout ce qu'il me propose de faire. Simplement pour lui montrer qu'il n'a pas besoin de me diriger. Il me respecte davantage pour ce type de résistance.
Entre nous ça fonctionne bien. Dans la mesure où il a compris qu'il serait peut-être éventuellement superviseur d'entrepôt et moi envoyé vers les bureaux. Il m'appelle d'ailleurs "suit" (me trouvant aussi une ressemblance croisée entre les deux acteurs de la série).
On se rejoint surtout dans un mépris commun de G.Pawdépôwl. Qui prend de très mauvaises décisions, prend le crédit de tout ce qu'on fait, fait de erreurs nombreuses et est généralement jaloux et extrêmement malsain pour nous (et l'entreprise). On soupçonne qu'il sera viré. On a un nouveau directeur de production, qui est son superviseur direct à lui, et qui flaire vite la "bullshit" du "je suis trop occupé pour faire ça"
Depuis la mi-novembre, on déménage l'entrepôt. Inutile de vous dire que nous avons été au coeur de tout le remue-ménage. Et que la fatigue de la tête était lourde. Les irritants se sont exacerbés. J'ai été le plus "civil" de tous et je crois qu'on a appris à m'aimer encore plus au boulot pour mon sens de la diplomatie et mes instincts rassembleurs.
Mais PhilBell a la subtilité d'un boeuf dans une litière à chats.
Il fait venir le directeur de prod simplement pour montrer qu'il avait raison contre une idée originale de G.Pawdépowl et lui monte de nombreux griefs comme un leader syndical tenterait inlassablement de convaincre ses collègues de joindre le syndic. Lui veut convaincre le dir. de prod. d'éventuellement liquider G.Pawdépôwl.
Ce qu'il n'a pas fait.
Encore.
Mais il a largement réduit les tâches de G.Pawdépowl.
L'empêchant maintenant de dire à tout vent:
"je n'ai pas le temps".
Ça bouge au boulot.
mercredi 2 janvier 2019
12 Films Réalisés par Clint Eastwood
Clint ô Clint.
J'ai un rapport amour/haine avec le vieil homme. Je ne suis jamais certain si il serait mon ami au civil ou si je voudrais lui péter la gueule comme je le ferais avec Donald Trump.
Eastwood adore le jazz tout comme moi. Et je dois avouer que j'ai aimé plusieurs de ses films. Facilement 12 (ne les ayant pas tous vus tout de même).
Clinton Jr est acteur, mais aussi réalisateur. J'ai un faible pour les créateurs à plusieurs chapeaux.
Qui ne sont toutefois pas toujours heureux.
Il est passé de star de la télé à héros de film d'action à cowboy à l'une des têtes les plus populaires du cinéma des États-Unis. Il a lancé l'an dernier un film étrange où tout le monde rejouait/revivait un drame réel. Peu d'acteurs. Surtout ceux qui ont vécu le traumatisme qui s'est passé ce jour-
là à Paris. Faisant les acteurs. Un événement de deux minutes étiré sur plus de 120.
Voici 12 de ses bons coups, selon mon regard à moi.
Honky Tonk Man (1982)
Voilà un héros de Western qui l'était quand c'en était la mode. Puis, dans les années 70, il jouait aussi les détectives aux méthodes dures. Mais là où Clint devient beaucoup plus intéressant pour moi c'est quand il verse dans l'intime. Le "petit". Qui parfois prend des allures de grandiose. Son road-movie, dans lequel il joue avec son fils Kyle, nous montre un chanteur de country tentant un dernier grand coup pour sa carrière. Bien que Clint eût goûté aux immenses succès d'Harry Callahan ou du cavalier du cheval sans nom, il brille beaucoup dans la sentimentalité des gens bien ordinaires, issus de lieux humbles. Il ne cherchait aucunement le large public. Les coeurs de quelques uns suffisaient. Trésor sous estimé des années 80. Humble.
White Hunter, Black Heart (1990)
La critique fréquente (mais juste) dans le talent d'acteur de Clint est de lui attribuer peu d'émotions, peu de variantes, étant plus poseur qu'excentrique, bien qu'il incarne souvent des gens qui ne font pas de sens. Dans ce film, il incarne toutefois le coloré John Huston pendant le tournage de The African Queen en 1951. Il explore les fonds de l'âme de manière habile dans un personnage qu'il ne jouera pas souvent. Et peut-être pour la première fois, il concentre plus d'efforts sur l'homme derrière la caméra que sur celui qui sera à l'image.
The Bridges of Madison County (1995)
Clint tournant l'adaptation du livre qui avait fait pleurer tout le monde? Vous voulez rire? Et bien pari réussi à l'été 1995. Il fait pleurer tout le monde à son tour. Développant son côté tendre et touchant, tout en incarnant le photographe Robert Kincaid auprès de la toujours excellente Meryl Streep. Un joli effort très cinématographique, loin des fusils. Près du coeur.
Letters From Iwo Jima (2006)
Près des fusils cette fois. Et toujours très léché au niveau de l'image. Choisissant sagement de tourner les deux côtés d'un même conflit, les deux fois avec une sorte de sagesse résistant à l'envie de faire de ses protagonistes d'unilatéraux héros binaires. Alors que les Drapeux de Nos Pères fonctionnait en flashback, Les Lettres de Iwo Jima nous plaçait au coeur de la guerre. Ayant lui-même incarné plusieurs formes de violence, il l'explore sauvagement, brutalement, mais avec beaucoup d'élégance et de sensibilité aussi. Renforçant son argument que peu importe la noblesse trouvée pour faire usage de la violence, son tribut est inévitable. Car la violence ne fait pas gagnants. Superbe accomplissement.
Pale Rider (1985)
Un western dans les années 80? Seul Clint pouvait se le permettre. Incarnant un autre cavalier sans nom avec moins de 20 répliques, un hommage à peine voilé au film Shane. Bien que les critiques eût dit alors que le film confirme le fait que le genre (western) devrait rester dans le passé, cet anachronisme de Clint reste aussi agréable qu'une ballade en cheval par un beau jour d'automne.
Million Dollar Baby (2004)
Même avec son curriculum vitae, Clint a eu toute la misère du monde à réussir à intéresser des investisseurs dans le projet qui lui fera faire plus de 220 millions et qui raflera 4 des 7 Oscars pour lesquels il était nommé, dont ceux de la meilleure actrice, du meilleur réalisateur et du meilleur film. Bien que le dernier acte eût choqué bien des groupes de pression pour son apparent défaitisme, le film reste un tour de force à bien des niveaux. Et le jeu des comédiens y est formidable.
High Plain Drifters (1973)
Seulement son second film derrière la caméra et tout un! Il revisite ce qui a fait de lui un héros de Leone ou Siegel, mais avec un cynisme et une violence et un humour dont Tarantino a surement été jaloux. L'ambiguïté morale y est fort intéressante au point que le très conservateur John Wayne lui aurait écrit une lettre colérique au niveau de ses choix.
Mystic River (2003)
Le livre de Lehane était assez formidable, le casting sous la direction de Clint parfait. Les Hommes comme les Femmes. Complexe, émotivement chargé, et réunissant le talent nécessaire pour en faire un thriller humainement mieux joué que la plupart des films issu des États-Unis.
Bird (1988)
C'est en me retapant le film de Clint sur la vie de Charlie Parker que m'est née l'idée de cette chronique. Épousant le jazz qui le passionne, mais aussi le parcours d'une déchéance, le héros qui fonce vers le mur. Un fameux effort et une audace à une époque où le jazz n'est plus au goût du jour.
The Outlaw Josey Wales (1976)
Un expert du révisionisme western, Clint prend la relève de Philipp Kaufman dans ce portrait qui fait de Wales, une innocente victime de soldats maraudeurs de la guerre civile. Kaufman fera entrer dans les contrats de la Guilde des Réalisateurs qu'il sera désormais interdit pour un acteur de passer derrière la caméra, en expulsant son réalisateur. Clint, pendant ce temps, tourne un de ses meilleurs efforts comme réalisateur.
Midnight in the Garden of Good & Evil (1997)
Encore une fois, le casting y est ici exceptionnel. La cinématographie de Jack N.Green, tout autant. L'adaptation du livre non-fictif, de John Berendt, racontant les excentricités autour du collecteur d'art Jim Williams et de son univers homosexuel, ainsi que l'histoire du meurtre de son assistant (un crime dont il sera accusé 4 fois, mais dont on le trouvera pas coupable au final) y est très jolie, en majeure partie grâce au somptueux décor de Savannah, en Georgie.
Unforgiven (1992)
7 ans après avoir traité du cowboy, il revient en force avec peut-être le dernier grand western en provenance des États-Unis. 4 Oscars plus tard, dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur de soutien (Gene Hackman), le film sera enregistré comme culturellement, historiquement et socialement pertinent dans l'histoire des États-Unis. La déconstruction du genre est parfaite, le film est définitivement anti sentimental, le mythe est confondu, sa méditation sur l'âge, les réputations, le courage, la violence, l'héroïsme, au travers de son usé cowboy, présente ses meilleures performances d'acteur et de réalisateur.
Eastwood, mon meilleur ennemi.
Il y a un mois, il lançait un second effort sur grand écran, en 2018.
J'ai un rapport amour/haine avec le vieil homme. Je ne suis jamais certain si il serait mon ami au civil ou si je voudrais lui péter la gueule comme je le ferais avec Donald Trump.
Eastwood adore le jazz tout comme moi. Et je dois avouer que j'ai aimé plusieurs de ses films. Facilement 12 (ne les ayant pas tous vus tout de même).
Clinton Jr est acteur, mais aussi réalisateur. J'ai un faible pour les créateurs à plusieurs chapeaux.
Qui ne sont toutefois pas toujours heureux.
Il est passé de star de la télé à héros de film d'action à cowboy à l'une des têtes les plus populaires du cinéma des États-Unis. Il a lancé l'an dernier un film étrange où tout le monde rejouait/revivait un drame réel. Peu d'acteurs. Surtout ceux qui ont vécu le traumatisme qui s'est passé ce jour-
là à Paris. Faisant les acteurs. Un événement de deux minutes étiré sur plus de 120.
Voici 12 de ses bons coups, selon mon regard à moi.
Honky Tonk Man (1982)
Voilà un héros de Western qui l'était quand c'en était la mode. Puis, dans les années 70, il jouait aussi les détectives aux méthodes dures. Mais là où Clint devient beaucoup plus intéressant pour moi c'est quand il verse dans l'intime. Le "petit". Qui parfois prend des allures de grandiose. Son road-movie, dans lequel il joue avec son fils Kyle, nous montre un chanteur de country tentant un dernier grand coup pour sa carrière. Bien que Clint eût goûté aux immenses succès d'Harry Callahan ou du cavalier du cheval sans nom, il brille beaucoup dans la sentimentalité des gens bien ordinaires, issus de lieux humbles. Il ne cherchait aucunement le large public. Les coeurs de quelques uns suffisaient. Trésor sous estimé des années 80. Humble.
White Hunter, Black Heart (1990)
La critique fréquente (mais juste) dans le talent d'acteur de Clint est de lui attribuer peu d'émotions, peu de variantes, étant plus poseur qu'excentrique, bien qu'il incarne souvent des gens qui ne font pas de sens. Dans ce film, il incarne toutefois le coloré John Huston pendant le tournage de The African Queen en 1951. Il explore les fonds de l'âme de manière habile dans un personnage qu'il ne jouera pas souvent. Et peut-être pour la première fois, il concentre plus d'efforts sur l'homme derrière la caméra que sur celui qui sera à l'image.
The Bridges of Madison County (1995)
Clint tournant l'adaptation du livre qui avait fait pleurer tout le monde? Vous voulez rire? Et bien pari réussi à l'été 1995. Il fait pleurer tout le monde à son tour. Développant son côté tendre et touchant, tout en incarnant le photographe Robert Kincaid auprès de la toujours excellente Meryl Streep. Un joli effort très cinématographique, loin des fusils. Près du coeur.
Letters From Iwo Jima (2006)
Près des fusils cette fois. Et toujours très léché au niveau de l'image. Choisissant sagement de tourner les deux côtés d'un même conflit, les deux fois avec une sorte de sagesse résistant à l'envie de faire de ses protagonistes d'unilatéraux héros binaires. Alors que les Drapeux de Nos Pères fonctionnait en flashback, Les Lettres de Iwo Jima nous plaçait au coeur de la guerre. Ayant lui-même incarné plusieurs formes de violence, il l'explore sauvagement, brutalement, mais avec beaucoup d'élégance et de sensibilité aussi. Renforçant son argument que peu importe la noblesse trouvée pour faire usage de la violence, son tribut est inévitable. Car la violence ne fait pas gagnants. Superbe accomplissement.
Pale Rider (1985)
Un western dans les années 80? Seul Clint pouvait se le permettre. Incarnant un autre cavalier sans nom avec moins de 20 répliques, un hommage à peine voilé au film Shane. Bien que les critiques eût dit alors que le film confirme le fait que le genre (western) devrait rester dans le passé, cet anachronisme de Clint reste aussi agréable qu'une ballade en cheval par un beau jour d'automne.
Million Dollar Baby (2004)
Même avec son curriculum vitae, Clint a eu toute la misère du monde à réussir à intéresser des investisseurs dans le projet qui lui fera faire plus de 220 millions et qui raflera 4 des 7 Oscars pour lesquels il était nommé, dont ceux de la meilleure actrice, du meilleur réalisateur et du meilleur film. Bien que le dernier acte eût choqué bien des groupes de pression pour son apparent défaitisme, le film reste un tour de force à bien des niveaux. Et le jeu des comédiens y est formidable.
High Plain Drifters (1973)
Seulement son second film derrière la caméra et tout un! Il revisite ce qui a fait de lui un héros de Leone ou Siegel, mais avec un cynisme et une violence et un humour dont Tarantino a surement été jaloux. L'ambiguïté morale y est fort intéressante au point que le très conservateur John Wayne lui aurait écrit une lettre colérique au niveau de ses choix.
Mystic River (2003)
Le livre de Lehane était assez formidable, le casting sous la direction de Clint parfait. Les Hommes comme les Femmes. Complexe, émotivement chargé, et réunissant le talent nécessaire pour en faire un thriller humainement mieux joué que la plupart des films issu des États-Unis.
Bird (1988)
C'est en me retapant le film de Clint sur la vie de Charlie Parker que m'est née l'idée de cette chronique. Épousant le jazz qui le passionne, mais aussi le parcours d'une déchéance, le héros qui fonce vers le mur. Un fameux effort et une audace à une époque où le jazz n'est plus au goût du jour.
The Outlaw Josey Wales (1976)
Un expert du révisionisme western, Clint prend la relève de Philipp Kaufman dans ce portrait qui fait de Wales, une innocente victime de soldats maraudeurs de la guerre civile. Kaufman fera entrer dans les contrats de la Guilde des Réalisateurs qu'il sera désormais interdit pour un acteur de passer derrière la caméra, en expulsant son réalisateur. Clint, pendant ce temps, tourne un de ses meilleurs efforts comme réalisateur.
Midnight in the Garden of Good & Evil (1997)
Encore une fois, le casting y est ici exceptionnel. La cinématographie de Jack N.Green, tout autant. L'adaptation du livre non-fictif, de John Berendt, racontant les excentricités autour du collecteur d'art Jim Williams et de son univers homosexuel, ainsi que l'histoire du meurtre de son assistant (un crime dont il sera accusé 4 fois, mais dont on le trouvera pas coupable au final) y est très jolie, en majeure partie grâce au somptueux décor de Savannah, en Georgie.
Unforgiven (1992)
7 ans après avoir traité du cowboy, il revient en force avec peut-être le dernier grand western en provenance des États-Unis. 4 Oscars plus tard, dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur de soutien (Gene Hackman), le film sera enregistré comme culturellement, historiquement et socialement pertinent dans l'histoire des États-Unis. La déconstruction du genre est parfaite, le film est définitivement anti sentimental, le mythe est confondu, sa méditation sur l'âge, les réputations, le courage, la violence, l'héroïsme, au travers de son usé cowboy, présente ses meilleures performances d'acteur et de réalisateur.
Eastwood, mon meilleur ennemi.
Il y a un mois, il lançait un second effort sur grand écran, en 2018.
mardi 1 janvier 2019
Nous Ne Sommes PAS Des Guichets
Bonne année quand même.
Payer, d'aussi loin que je suis né, n'est jamais un acte spontanément volontaire là où ne penserait surtout pas dépenser.
Quand mes parents avaient l'âge que j'ai en ce moment, le 24 décembre, on allait skier. Toute la journée. C'était un billet de saison et le 24, il y avait en général moins de gens. Et c'était toujours la journée la plus plaisante de la saison, car la fin de soirée ajoutait à nos rougeurs d'après-ski, des cadeaux qu'on s'échangeaient sous le sapin.
La fin de soirée du 24 n'a pas changée. Mais de jour, christ qu'on court. Et on dépense autre chose que des calories. On est entre Montréal et Québec souvent. La langue au sol. On frise la folie baignés dans la frénésie d'un jour qu'on ne se souhaitait pas tant que ça. En tout cas pas comme ça.
Qu'est ce qui a tellement changé?
J'ai un début d'explications. Les enculeurs de mouches sont plus nombreux.
Et les mouches, ce sont nous, les consommateurs.
À Noël, l'amoureuse m'a donné uneflébite fitbit. Une montre Adidas qui me dis mon pouls, le nombre de pas que j'ai fait dans ma journée, plein de choses sur ma santé et l'heure, bien entendu. Mais l'écran redevient toujours noir. Pas si simple lire l'heure. Je dois appuyer sur un minuscule bouton en haut à droite pour "activer l'écran". Parce qu'il ne semble pas vouloir rester actif en tout temps. Assez étrange pour une montre.
Choquant maintenant, quand j'ai voulu "télécharger" ma montre en synchronisation avec mon téléphone, j'ai dû vagabonder plusieurs longues minutes afin de réinitialiser mon mot indentifiant apple, que je n'utilise pratiquement jamais puisque je ne fréquente pas le apple store. Et quand j'entre le mot de passe que j'utilise toujours, on me le refuse parce que je l'aurais utilisé dans la dernière année. Je ne sais trop quelle logique suit ce raisonnement, mais si je l'applique au quotidien, ça légitimiserait mon envie de coucher avec la fille qui fait les annonces de Trivago.
Bref, après avoir trouvé un mot de passe que j'oublierai aussi vite car je n'utilise jamais ce mot de passe, pas plus que mon identifiant apple, on m'a demandé quelques questions sur moi. Mon âge, ma grandeur (EN CENTIMÈTRES! même si j'ai bien dit que je venais du Canada d'Amérique). Puis, mon poids (EN KILOGRAMMES! ce qu'on a jamais utilisé en 46 ans).
Et finalement, comme 4ème question, QUATRIÈME, celle-ci:
"Entrons maintenant les méthodes de paiements"
(...)
Dois-je rappeler que ce bracelet à la con doit me montrer l'heure?
Qu'il ne le fait pas sans que j'active un bouton en haut à droite?
QUE REGARDEZ L'HEURE EST TABARNAKEMENT GRATUIT PARTOUT SUR TERRE?
JAMAIS je n'achèterai quelque chose de ma montre. Et si je le fais un jour, on pensera alors aux méthodes de paiements. Pas avant.
Je ne sais pas ce qui a tant changé de ce que je vais vous dire.
Enfant, on nous disait que les informations bancaires, les chiffres sur les cartes de crédit, le numéro d'un compte en banque, ce qui étaient tout ce que l'on comprenait du syntagme "informations personnelles", ne devait JAMAIS être divulgué.
Tout le monde connait le # de ma carte de crédit. On me la demande partout. La compagnie d'internet que nous venons de quitter, m'avait demandé, très inexplicablement, mon # de carte de crédit il y a à peu près 2 mois.
"La carte de crédit qu'on a dans nos dossiers pour vous est expirée depuis 2015"
M'a t-on dit.. Je payais depuis 2014, tiré d'une entente de prélèvements bancaires automatiques, et la carte de crédit était un sauf conduit en cas de non paiement. Ce qui n'est jamais arrivé , mais bon, zavaient besoin du sauf conduit, en cas. Je leur ai donc donné ma nouvelle carte depuis. Ce n'est que plusieurs semaines plus tard que l'amoureuse a voulu changer de fournisseur. On sauvait 40$ par mois avec le nouveau, une vraie aubaine.
J'ai donc fait annuler mon abonnement avec l'autre fournisseur. Mais j'ai ensuite reçu, début décembre, un courriel me disant que mon compte tombait en souffrance. J'ai appelé pour dire "nono, compte no more, remember?". On m'a dit de ne pas me soucier, le courriel avait probablement été envoyé avant l'annulation et gnagnagna. Mais par la suite, un second courriel m'a été envoyé avec menace de suspension. Je n'avais que le goût de les rappeler et de leur demander de mettre de l'ordre dans leurs affaires.
Si je suis tellement en non paiement comme non-client, pigerons-t-il dans mon sauf-conduit de carte de crédit? Je suis maintenant forcé de surveiller de plus près ce qui passe sur mon compte VISA. Afin de m'assurer que ceux qui travaillent mal, ne volent pas trop bien.
Si ces gens n'avaient pas mon # de carte de crédit, je dormirais en paix.
Non, je me couche méfiant. Et vérifiant les transactions sur mon compte VISA.
Et ma montre voudrait aussi que je lui ouvre le robinet?
C'est extrêmement choquant de voir qu'on peut ouvrir notre portefeuille à absolument tout le monde en tout temps. Et qu'on le demande aussi mollement, comme si ça allait de soi.
Désolé, j'ai sauté cette étape sur mon téléphone qui ne sera jamais, jamais, jamais complétée.
QU'EST-CE QUI A TELLEMENT CHANGÉ?
Faudra un jour cesser de nous voir comme des guichets.
Dépenser c'est toujours un peu mourir.
Vous êtes pas écoeurés de mourir bandes de caves?
C'est assez!
N'oubliez jamais le titre de ce blogue.
Partout sur terre, pour une vie saine, aucun achat n'est requis.
Que 2019 vous soit sans frais.
Et bonne année quand même.
Payer, d'aussi loin que je suis né, n'est jamais un acte spontanément volontaire là où ne penserait surtout pas dépenser.
Quand mes parents avaient l'âge que j'ai en ce moment, le 24 décembre, on allait skier. Toute la journée. C'était un billet de saison et le 24, il y avait en général moins de gens. Et c'était toujours la journée la plus plaisante de la saison, car la fin de soirée ajoutait à nos rougeurs d'après-ski, des cadeaux qu'on s'échangeaient sous le sapin.
La fin de soirée du 24 n'a pas changée. Mais de jour, christ qu'on court. Et on dépense autre chose que des calories. On est entre Montréal et Québec souvent. La langue au sol. On frise la folie baignés dans la frénésie d'un jour qu'on ne se souhaitait pas tant que ça. En tout cas pas comme ça.
Qu'est ce qui a tellement changé?
J'ai un début d'explications. Les enculeurs de mouches sont plus nombreux.
Et les mouches, ce sont nous, les consommateurs.
À Noël, l'amoureuse m'a donné une
Choquant maintenant, quand j'ai voulu "télécharger" ma montre en synchronisation avec mon téléphone, j'ai dû vagabonder plusieurs longues minutes afin de réinitialiser mon mot indentifiant apple, que je n'utilise pratiquement jamais puisque je ne fréquente pas le apple store. Et quand j'entre le mot de passe que j'utilise toujours, on me le refuse parce que je l'aurais utilisé dans la dernière année. Je ne sais trop quelle logique suit ce raisonnement, mais si je l'applique au quotidien, ça légitimiserait mon envie de coucher avec la fille qui fait les annonces de Trivago.
Bref, après avoir trouvé un mot de passe que j'oublierai aussi vite car je n'utilise jamais ce mot de passe, pas plus que mon identifiant apple, on m'a demandé quelques questions sur moi. Mon âge, ma grandeur (EN CENTIMÈTRES! même si j'ai bien dit que je venais du Canada d'Amérique). Puis, mon poids (EN KILOGRAMMES! ce qu'on a jamais utilisé en 46 ans).
Et finalement, comme 4ème question, QUATRIÈME, celle-ci:
"Entrons maintenant les méthodes de paiements"
(...)
Dois-je rappeler que ce bracelet à la con doit me montrer l'heure?
Qu'il ne le fait pas sans que j'active un bouton en haut à droite?
QUE REGARDEZ L'HEURE EST TABARNAKEMENT GRATUIT PARTOUT SUR TERRE?
JAMAIS je n'achèterai quelque chose de ma montre. Et si je le fais un jour, on pensera alors aux méthodes de paiements. Pas avant.
Je ne sais pas ce qui a tant changé de ce que je vais vous dire.
Enfant, on nous disait que les informations bancaires, les chiffres sur les cartes de crédit, le numéro d'un compte en banque, ce qui étaient tout ce que l'on comprenait du syntagme "informations personnelles", ne devait JAMAIS être divulgué.
Tout le monde connait le # de ma carte de crédit. On me la demande partout. La compagnie d'internet que nous venons de quitter, m'avait demandé, très inexplicablement, mon # de carte de crédit il y a à peu près 2 mois.
"La carte de crédit qu'on a dans nos dossiers pour vous est expirée depuis 2015"
M'a t-on dit.. Je payais depuis 2014, tiré d'une entente de prélèvements bancaires automatiques, et la carte de crédit était un sauf conduit en cas de non paiement. Ce qui n'est jamais arrivé , mais bon, zavaient besoin du sauf conduit, en cas. Je leur ai donc donné ma nouvelle carte depuis. Ce n'est que plusieurs semaines plus tard que l'amoureuse a voulu changer de fournisseur. On sauvait 40$ par mois avec le nouveau, une vraie aubaine.
J'ai donc fait annuler mon abonnement avec l'autre fournisseur. Mais j'ai ensuite reçu, début décembre, un courriel me disant que mon compte tombait en souffrance. J'ai appelé pour dire "nono, compte no more, remember?". On m'a dit de ne pas me soucier, le courriel avait probablement été envoyé avant l'annulation et gnagnagna. Mais par la suite, un second courriel m'a été envoyé avec menace de suspension. Je n'avais que le goût de les rappeler et de leur demander de mettre de l'ordre dans leurs affaires.
Si je suis tellement en non paiement comme non-client, pigerons-t-il dans mon sauf-conduit de carte de crédit? Je suis maintenant forcé de surveiller de plus près ce qui passe sur mon compte VISA. Afin de m'assurer que ceux qui travaillent mal, ne volent pas trop bien.
Si ces gens n'avaient pas mon # de carte de crédit, je dormirais en paix.
Non, je me couche méfiant. Et vérifiant les transactions sur mon compte VISA.
Et ma montre voudrait aussi que je lui ouvre le robinet?
C'est extrêmement choquant de voir qu'on peut ouvrir notre portefeuille à absolument tout le monde en tout temps. Et qu'on le demande aussi mollement, comme si ça allait de soi.
Désolé, j'ai sauté cette étape sur mon téléphone qui ne sera jamais, jamais, jamais complétée.
QU'EST-CE QUI A TELLEMENT CHANGÉ?
Faudra un jour cesser de nous voir comme des guichets.
Dépenser c'est toujours un peu mourir.
Vous êtes pas écoeurés de mourir bandes de caves?
C'est assez!
N'oubliez jamais le titre de ce blogue.
Partout sur terre, pour une vie saine, aucun achat n'est requis.
Que 2019 vous soit sans frais.
Et bonne année quand même.
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