lundi 12 novembre 2018

La Pire Tâche de Stagiaire au Monde

Les élections de mi-mandat aux États-Unis ont eues lieux la semaine dernière et pourtant, on a l'impression qu'elles ont eues lieux il y a 5 ans.

Dans les 48 heures suivant les résultats, il a viré un homme qui n'a fait que son travail, mais qui représentait la loi, et la loi est toujours un obstacle aux tyrans. Puis, il a banni un journaliste, Jim Acosta, de la Maison-Blanche. Dans une geste, entre ce qu'aurait commis Josef Staline et un autre qu'aurait commis Kim Jong-Un, il a fait retirer l'acréditation et l'accès au journaliste de CNN, à la Maison-Blanche.

Dans le dernier accès de rage point de presse qu'a accordé Donald Trump, qui le mettait face à Acosta, il n'a pas aimé la toute simple et extraordinairement légitime question: "Ne pensez vous pas que vous avez démonisé les nouveaux arrivants?" que lui posait Acosta. Il ne l'a pas aimé comme il n'aurait pas aimé quoi que ce soit que ce dernier lui aurait demandé car il travaille pour CNN et que Trump déteste ce qui est relié à CNN comme un fan de Boston déteste Montréal au hockey.  Sans réfléchir autrement. Parce que c'est dans les pulsions tribales.

Le journaliste a précisé, quand Donald a dit qu'il ne démonisait personne et qu'il voulait que ces gens viennent au pays (mais légalement) que ces gens étaient pourtant tellement loin des États-Unis en ce moment. Ce à quoi Trump a parlé par dessus en disant "Laissez moi mener mon pays, vous vous occuper de CNN et si vous le faisiez mieux, vous auriez de bien meilleures cotes d'écoute." Il a mentalement changé d'interlocuteur et a joint la pensée au geste en dirigeant son attention ailleurs. Acosta a insisté pour lui poser une autre question, ce à quoi Adolf Trump a dit que c'était assez.

Sur ce, la stagiaire, qui ne pouvait pas être bouboule ou même un simple garçon, s'est levée pour enlever le micro à celui qui parlait. Qui n'a pas voulu rendre le micro tout de suite, après tout, il parlait et non seulement on lui coupait la parole en insultant pour rien ceux qui l'engagent, mais en plus, il avait d'autres questions, probablement aussi pertinentes, en banque.

La stagiaire avait la pire tâche au monde.

"Brad tu t'occuperas des cafés"
"Charlie, tu t'occupes des dossiers de presse"
"Kathy, tu détruis le premier amendement publiquement"

"N'oubliez pas, ça vous donnera des crédits collégiaux."

Quand ils ont révoqué sa carte de presse et son accès à la Maison-Blanche, tout le monde a aussitôt pensé: " Oh non! comment n'aura-t-il aucune réponse à ses pertinentes questions maintenant?"
"Il ne pourra jamais plus être inutilement insulté?"

Les gens ont vivement été outré par ce type de censure sans subtilité, mais la représentante de la Maison-Blanche, Sandra Huckabee Sanders, a trouvé du bon, et a pris la défense de la pire tâche de stagiaire au monde.

Usant de la (sale) politique du tweet, elle a dit que le résidu président Trump croyait en une presse libre et s'attend à faire face, lui et son administration, à de dures questions. En revanche, nous ne tolérerons jamais un journaliste plaçant sa main sur une jeune stagiaire essayant simplement de faire son boulot...

On croyait soudainement à un tonnerre ou à un début de tremblement de terre. Mais non, c'était la twitosphère qui huait le gazouillis de Miss Sanders Huckabee en le lisant.

Elle incluait, avec son rot gazoullis, un clip montrant Acosta donner l'impression de faire un coup de karaté au bras de la jeune stagiaire afin de pouvoir continuer à parler.

Ce serait terrible si c'était vrai. Mais le clip qui accompagnait le vomi tweet de Huckabee Sanders était lui-même une fausse nouvelle. En effet, il se trouve que la video qu'elle a tweeté contenait des images trafiquées. On a accéléré le geste d'Acosta, qui était plutôt docile et humain, s'excusant même poliment, pour faire croire à un réel coup de karaté contre l'avant bras de la jeune fille.

C'était du faux.

Le document altéré semble avoir comme origine le site conspirationiste de la droite alternative Infowars.

Si vous n'êtes pas familier avec le site Infowars.com, félicitations, on peut s'échanger nos cerveaux?

Infowars est un site de débilités fondé et piloté par le brasseur de merde, semeur de fiel et saucisse que vous avez oublié de percer avant de la mettre au micro-ondes, Alex Jones (rendez-vous à la 4ème minute: malade!).

C'est LA source fiable du gouvernement des États-Unis.
Vous croyez qu'on va croire CNN alors qu'on peut facilement croire davantage un site qui dit que les familles et les enfants traumatisés du massacre de Sandy Hook étaient des comédiens?

Un site qui dit que les pailles aux États-Unis sont trafiquées afin de faire de nos enfants des homosexuels?

Soyons sérieux! Vous voyez bien qui fait du sens des deux sources! Dit la patiente au docteur. 

Le simple fait qu'une représentante de la Maison Blanche puisse faire la promotion d'un tel vidéo est largement répréhensible, risible, ridicule, et matière à congédiement.

Ou comme on appelle dans l'administration Trump:
Un simple jeudi comme les autres.

dimanche 11 novembre 2018

Une Étoile Née 4 Fois

L'acteur Bradley Cooper a choisi de commencer sa carrière de réalisateur en refaisant, pour la quatrième fois, le film A Star Is Born.

Le film raconte l'ascension d'une jeune femme dans l'univers de la musique (et/ou du cinéma), aidée d'un artiste masculin établi avec lequel elle se lie amoureusement, mais un artiste terriblement auto destructeur. Le prétexte contextuel de la narration est d'offrir de la musique sur grand écran. La comédie musicale étant un phénomène extrêmement populaire des débuts du cinéma jusqu'à la fin des années 50. La musique étant toujours bon vendeur de toute manière.

Le propos du film est principalement de montrer que lorsqu'une étoile commence à briller dans un domaine quelconque, une autre, souvent s'éteint.

Chandelles et longs feux d'artifices.

1937. 
Le film, scénarisé par Dorothy Parker, Alan Campbell, Robert Carson & William A.Wellman, met en vedette Janet Gaynor et Fredric March et est réalisé par Wellman et Jack Conway. La rumeur veut que l'histoire soit inspirée par le mariage de Barbara Stanwyck et Frank Fay. Le personnage de l'alcoolique serait un croisement de John Barrymore, John Gilbert et John Bowers, ce dernier mourant noyé, intoxiqué, l'année de la production.

Eddy Ducchin, la même année, est au sommet de son art. l'élégant pianiste de jazz était pharmacien, mais comme la radio populaire joue beaucoup de ses morceaux, il devient vite l'un des premiers pianistes vedettes des groupes jouant en direct à la radio avec des bands. Quand la guerre éclate. Il est envoyé au front. À son retour, plus jamais il n'aura le même succès. Il sera même une victime de la leucémie.

Perry Como commence une fameuse carrière qui lui fera atteindre les sommets des palmarès 48 fois, entre 1944 et 1958, atteignant la toute première place, 11 fois. En parallèle, il sera aussi, une importante personnalité télé entre 1950 et 1967. Il sera aussi une star de l'animation radio. Une légende.

1954. 
Le film, adapté par Moss Hart et réalisé par George Cuckor, met en vedette Judy Garland et James Mason. Cuckor avait approché Marlon Brando sur le tournage de Jules Ceasar et lui avait offert le rôle masculin. Brando avait répondu "pourquoi tu me demandes ça à moi? je suis dans le meilleur de mon âge. Si tu cherches un alcoolique fini, il se trouve juste là!" pointant vers James Mason, qui héritera du rôle.
Brando, Bogart, Montgomery Clift, Gary Cooper, Henry Fonda, Errol Flynn, Cary Grant, Ray Milland, Gregory Peck, Tyrone Power, Frank Sinatra, James Stewart et Robert Taylor avaient tous refusé le rôle avant Mason.

Rosemary Clooney, tante de George, a un #1 pendant un mois et demi en 1951, et un autre pendant la même durée entre novembre et décembre 1954. Elle a épousé José Ferrer avec lequel elle aura 5 enfants. Ils divorcent en 1961, mais se remarient 3 ans plus tard. Pour mieux redivorcer en 1967. Des problèmes d'alcoolisme, de dépendances aux drogues et de dépression torpilleront sa carrière.

Au Nashville Grand Ole Pry, un jeune garçon de 19 ans y fait son unique présence sur scène à vie, la mythique scène où on diffuse en direct les samedis soirs le trouvant "inadéquat" pour leur public.

1976. 
Le film, adapté par John Gregory Dunne, Joan Diddon & Frank Pierson sera tourné par ce dernier. Il met en vedette Barbara Streisand et Kris Kristofferson. Ce dernier ne s'entendra pas avec Pierson qui le traite avec condescendance et mépris (ce qui le fait se saoûler pour vrai plus le film avance) et il dira que de tourner avec Streisand l'aura "guéri" de vouloir refaire des films un jour (elle voulait Presley). Le rôle masculin avait aussi été offert à James Taylor et Neil Diamond.

Bob Dylan ouvre l'année avec un 17ème album. Un dernier raisonnablement intéressant avant 13 ans. Il faudra un autre 8 ans avant qu'on le trouve plutôt intéressant. Il aura été intoxiqué religieusement entre temps. Mais en somme, il devient nettement plus niché chez les fans purs et durs, dès 1976. Après avoir dicté la direction de bien des vents superbement auparavant. Et presque malgré lui.

L'Australienne Olivia Newton-John aura un #1 pendant trois semaines en 1974. Puis trois autres #1 l'année suivante. Trois autres #1, en 1976 l'établissent comme une solide interprète féminine. Elle tournera un film cette année-là qui la rendra mythique.

2018.
Le premier film de Bradley Cooper, en tant que réalisateur, fait beaucoup de clins d'oeil à d'autres films. À Judy Garland, entre autre, et à Pretty Woman, beaucoup.  Cooper y interprète de manière convaincante le musicien auto destructeur et Lady Gaga est tout simplement formidable dans le rôle de l'aspirante artiste voulant vivre son rêve. L'adaptation scénaristique a été faite par Eric Roth, Cooper et Will Fetters. Lukas & Promise of the Real sont non seulement à l'image comme band de soutien au personnage de Bradley Cooper, mais ils ont aussi écrit plusieurs des morceaux joués et entraîné Cooper à la guitare pendant un an.

Le choix de casting de Lady Gaga était plus qu'intéressant.

Stefani Joanne Angelina Germanotta chante sous le pseudonyme de Lady Gaga dans la vraie vie. Plus jeune, après avoir fait partie de plusieurs petits bands et fait des reprises de Queen et de David Bowie sur scène, on l'engage afin qu'elle écrive des chansons pour les New Kids on the Block, Fergie, The Pussycat Dolls ou Britney Spears.

Quand cette dernière refuse ces dernières chansons, que Stefani jugent bonnes, elle se les réserve donc et les enregistera à son tour,  fortement aidée par Akon, qui trouve qu'elle mérite sa chance.

La suite est connue.

Les News Kids n'existent plus depuis 4 ans.
Fergie est inconsistante.
Les Pussycats Dolls se scindent en 2012 et ont fait un retour, alignement changé, en janvier dernier.
Britney Spears a multiplié les visites en désintox et n'est plus au goût du jour musicalement depuis au moins 10 ans.

L'année où Lady Gaga dominait la planète pop pour la première fois.

samedi 10 novembre 2018

Reichspogromnacht

Le programme raciste du Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands de 1920 stipule que seul peut être citoyen un frère de race (...) aucun Juif ne peut donc être frère de race. 

Dans Mein Kampf, 5 ans plus tard, Hitler parle plusieurs fois de son désir de voir l'Allemagne se libérer des Juifs. Un peu comme les États-Unis veulent actuellement se libérer des immigrants.
Aussitôt que les nazis prennent le pouvoir en 1933, des lois discriminatoires envers les Juifs sont mises en place. Comme les Noirs et les étrangers sont empêché de voter ou envoyer en prison sous de faux prétextes aux États-Unis.

Avril 1933, un boycott officiel des commerces Juifs est lancé, mais n'obtient pas un énorme succès. Aussitôt la communauté internationale condamne l'idée. Mois d'un mois plus tard, les Juifs sont expulsés de tout travail dans la fonction publique.

Le 15 septembre 1935, on adopte les lois de Nuremburg pour la protection du sang et de l'honneur allemand, ainsi que la loi sur la citoyenneté du Reich. On établit un caractère Juif, demi-Juif ou quart de Juif en fonction de l'ascendance. On interdit les relations sexuelles et le mariage entre citoyens de sang allemand ou apparenté de/et Juifs. On leur enlève tous la citoyenneté allemande. On leur retire leurs droits politiques. Ils ne voteront donc plus. On les exclue de professions libérales et de l'enseignement.
La campagne anti-Juifs se durcit en 1937. Notamment avec la diffusion du film propagandiste antisémite Der Ewige Jude (Le Péril Juif). Début 1938, les passeports Juifs sont confisqués. En avril, exigent qu'ils fassent enregistrer tous leurs biens afin de faciliter leur aryanisation. En Août, on réglemente sur les prénoms jugés Juifs, on cible des entreprises jugées Juives, et on leur interdit la profession médicale.

Tout est fait pour qu'il émigre, peu importe le prix.

Et le prix sera énorme.

Le 7 novembre, un jeune Juif de 17 ans, Herschel Grynszpan, dont la famille entière a été expulsée vers la Pologne le 27 octobre précédent, achète un pistolet, se rend à l'Ambassade d'Allemagne à Paris, et tire sur un responsable du bureau du premier secrétaire Ernst Von Rath.  Ce n'était pas la première fois. le 4 février 1936, David Frankrfurter avait été assassiné par un jeune étudiant yougoslave d'origine Juive, à Davos, en Suisse, le responsable du parti Nazi de l'endroit. Mais comme la proximité des Jeux Olympiques de Berlin avait distrait les Allemands, aucune représailles n'avaient été mises en place. Mais une colère sourde certaine grondait.

Ernst Von Rath décède de ses blessures.

Joseph Goebbels, du ministère du Reich à l'éducation du peuple et à la propagande, est livide. Il encourage les pogroms à Hanovre, d'où était originaire Grynszpan, et à Hesse-Cassel ou à Munich. Quand le responsable allemand Von Rath décède, le silence politique confirme la concertation entre Goebbels et Hitler.
Goebbels juge alors  que les Juifs doivent sentir pour une fois la colère du peuple allemand.

Il invente une colère spontanée du peuple allemand, et s'assure que le gouvernement ne pourra pas y être associé aux yeux du peuple. On trouve à la nuit du 9 novembre au 10 novembre 1938, un nom poétique: Kristallnacht (la nuit de cristal).

Peu avant minuit, on avait provoquer des incendies, détruit des commerces, fait progresser des violences à grande échelle. On pille. La Gestapo n'intervient pas pendant les saccages, ils supervisent observent. On envoie en prison le plus de Juifs possible, surtout les plus riches, si possible. On vise entre 20 000 et 30 000 arrestations dans la nuit. On cherchait un prétexte pour le faire depuis longtemps, la mort de Von Rath le devient. Des SS, déguisés en civil, assassinent des Juifs influents à Innsbruck.

Les pompiers sont absents pendant que les synagogues brûlent et qu'on hurle "torchez vous le cul avec!, Juifs!" en brandissant la Torah.
La police a étrangement disparue cette nuit-là. Vers midi, le 10, Goebbels fait arrêter les sévices.

Un faux rapport sur des violences spontanées nées dans la rage du peuple est rédigé.

On comptera 91 morts, près d'une centaient qui se suicident, 267 synagogues qui seront détruites, 7500 entreprises ruinées, plus de 25 000 Juifs envoyés dans des camps de concentration, mais surtout une communauté entière sera traumatisée. Et jusqu'à nos jours.

La communauté internationale voit tous les fils blancs et crie à l'indignation. Puis se conforte dans l'indifférence. Laissant croire à Hitler que tout est maintenant possible au niveau de l'éradication Juive.

La suite est tristement connue.

On appelait cette nuit la nuit de cristal, en référence aux morceaux de vitres qui surpopulaient les rues allemandes dans la nuit du 9 au 10.

Ils ne réalisaient pas que c'était leurs miroirs de citoyen qui étaient brisés.

Ça se passait cette nuit, il y a 80 ans.

Les États-Unis répètent, petit à petit, ce type de réflexe.

En commençant par traiter la loi et l'information comme les ennemis du peuple. Et usant de propagande haineuse éhontée.





vendredi 9 novembre 2018

Boire Avec Hemingway Sur Une Semaine

(écrit sous influence)

C'est connu, Ernest Hemingway aimait bien se taper un triple ou deux.

En effet, il tâtait tant de la bouteille qu'un autre écrivain, Philip Greene celui-là, s'en est inspiré pour écrire un livre complet sur les habitudes de boissons de "papa", un livre appelé habilement To Have & Have Another.

Greene est lui-même grand amateur de cocktail (et d'Hemingway). au point d'avoir co-fondé le Musée du Cocktail Américain.

7 Questions sur les habitudes de consommation de l'auteur du Vieil Homme & La Mer.

Lundi:
Hemingway adorait boire, mais s'empêchait-il de le faire en écrivant?
Non.
Lorsqu'on lui a demandé si la rumeur qu'il prenait un pichet entier de martinis chaque matin afin de se partir sur la machine à écrire, il aurait répondu : "JEEEEESSSSSSSSSUS CHRIST! Qui boit sur la job? Faulkner peut-être, mais encore, je peux dire quand,  exactement, dans la page, il a commencé à boire. De toute manière qui sur terre mélangerait plus d'un martini dans un même pichet?"

Mardi:
Amoureux de Cuba, était-il aussi amoureux du Mojito?
Non.
Hemingway vivait en Havane. Il est donc certain qu'il a goûté au mojito, fierté cubaine. Mais le lien d'affection entre Ernest et le mojito ne peut qu'être tiré de la Bodeguita del Medio (la légende urbaine). Une inscription sur un mur d'un bar cubain, attribuée à Hemingway, confesse un amour démesuré pour le mojito. Assurément une arnaque. Ce qui a été confirmé par des experts en calligraphie. Hemingway était diabétique. Il prenait donc ses drinks (même son absinthe et ses doubles daiquiris) sans sucre. Le mojito, trrrrrrrrrrès sucré, ne devait pas être sa tasse de thé.

Mercredi:
Hemingway avait beaucoup de drinks "pour se partir" favoris mais quel était son préféré?
Le dry martini.
L'auteur pensait globalement mais buvait local. Ses personnages buvaient souvent ce qu'il buvait lui-même en entrant dans une ville, et les martinis sont une constante. Toujours plus dry que le dernier bu. Dans Across The River & Into the Trees, le colonel Richard Cantwell commande un Montgomery Martini: 15 portions de gin pour une de Vermouth. Dans A Farewell to Arms, Frederic Henry anticipe de boire des martinis: "Je n'ai rien goûté de plus cool et de plus propre. Ce drink me fait sentir civilisé".

Jeudi:
Hemingway aimait beaucoup les martinis mais aimait-il aussi beaucoup autre chose?
Oui. Le vermouth.
Quand il récupérait à l'hôpital, blessé, pendant la Première Grande Guerre, il demandait à ses amis de lui glisser illégalement des bouteilles de ce drink dans sa chambre d'hôpital. Fans d'Hemingway, ça vous semble familier? Dans A Farewell to Arms, le protagoniste principal fait la même chose: "J'ai demandé à ce qu'on fasse venir mon porteur,  et lui ai demandé, en italien, de me faire passer des bouteilles de Cinzano, un flasque de Chianti et les journaux de fin de journée." Un de ses drinks préférés, à bord du bateau Pilar, était justement un Vermouth panaché. Un mélange de vermouth dry et d'amertume angostura.

Vendredi:
Comment aimait-il ses drinks?
Glacés.
Dans une lettre adressée à son éditeur, Ernest décrit comment il utilise une boîte de balle de tennis, pour y placer de la glace et en faire un "shaker" en mixant ses martinis. Il ne faisait pas seulement faire congeler ses verres vides, avant déversement et consommation, mais il faisait aussi congeler les oignons de cocktail pour ses cocktails espagnols. Il se vantait de produire les martinis les plus froids au monde. Si froid que lorsqu'on en saisissait les verres, ces verres restait collés quelques secondes à la main.

Samedi:
Hemingway a-t-il inventé le Bloody Mary?
Vraiment pas certain.
Il existe bien des légendes autour du Bloody Mary. L'une d'elle raconte que ce drink aurait été servi une toute première fois dans l'histoire du drink, à Ernest Hemingway à Paris. La légende dit que les médecins lui avaient interdit de boire de l'alcool, et que son épouse, Mary, veillait à ce qu'il respecte cette condition. Un rusé Ernest aurait soudoyé un barman du Ritz afin qu'il lui verse de bonnes doses de Vodka dans ce qui semblait n'être qu'un jus de tomates, orné d'un très santé céleri. Ayant eu le meilleur sur sa "bloody wife", Hemingway et le barman auraient ensuite baptisé le drink tel qu'on le connait. Mais ça relève du mythe.

Dimanche:
Ernest buvait surtout seul, chez lui?
Vers la fin de sa vie, sur un tabouret de bar qu'il avait chez lui. Oui.
Mais dans sa vie extrêmement aventureuse, dans la Première Guerre Mondiale, dans la génération perdue parisienne, dans ses safaris africains, dans ses voyages de pêche dans le Golfe, couvrant le Guerre Civile Espagnole, dans la Seconde Grande Guerre à chasser les sous-marins allemands sur la côte cubaine, Ernest ne se privait surement pas nulle part.

Il vaut mieux aller plus loin avec quelqu'un que nulle part avec tout le monde*


*Ça c'est Pierre Bourgault par exemple...



jeudi 8 novembre 2018

Reste Réveillé(e), Rouchi(e)

La réalité n'est plus importante.

Savoir la reconnaître toutefois...

On sait depuis longtemps que la réalité ne fait pas parti des mots qui sortent de la bouche de Donald Trump. Quand on l'entend dire des choses comme " cette élection de mi-mandat aura marqué l'histoire..." on ne cherche même plus à écouter de quelle manière, ni la suite, on n'écoute plus le délire.  L'homme a de la marmelade en tête.

La réalité compte peu pour Donald Trump.

Il a menti sur le nombre "historique" de votes qu'il a reçu.
Il a exagéré la taille de la foule à son inauguration.
Il a même menti sur la météo de son inauguration en disant qu'il n'avait pas plu.
Ce qui voudrait donc dire que sa femme et tous les gens derrière, étaient à moitié légume de tenir des parapluies ou de tenir leurs capines anti-pluie, plaquées sur leurs têtes.

C'était au jour 1 de sa présidence. Je vous épargne la suite que vous connaissez trop de toute manière.

TOUS les présidents ont menti. Ça fait parti de leur tâche. On a évalué qu'Obama, quand les États-Unis se votaient des vrais présidents adultes, avait menti quelque chose comme 25% du temps aux micros qui se pointaient vers lui. Ce chiffre a gonflé à 70% pour Donald Trump.
Un journaliste a dit, le plus sérieusement du monde,
"...c'est ce qui est le plus difficile dans la couverture de Donald Trump: que veut-il dire au juste quand il utilise des mots pour parler?...."

On ne parle pas d'un dinosaure, ON PARLE DU PRÉSIDENT DES ÉTATS-DÉSUNIS!

Dans une même phrase, Donald Trump peut trafiquer la vérité en un temps record:

"...On dit que le chômage serait autour de 4,9%, la réalité serait plus près de 28, 29%. Moi je pense qu'on serait plus près de 35%, j'ai entendu dire 42,6%..."

Christ...donnez lui sa pilule...

Trump a un bon 40 ans de pratique dans la bullshit. Il a toujours menti sur les cotes d'écoute de son émission de télé, il a aussi menti sur sa propre tour disant que la Trump Tower était haute de 68 étages alors qu'elle est plutôt haute de 58.
Quand il a déliré sur le certificat de naissance de Barack Obama (il était un fervent avocat du "ce noir est né au Kenya"), il a dit de troublantes choses 100% fausses:

a-"Le taux de meurtres aux États-Unis est le pire de toute l'histoire du pays "

b-"Barack Obama veut envoyer 250 000 soldats en Syrie "

c-"Notre produit international brut, un signe de prospérité n'est-ce pas? il est actuellement sous la barre des zéros. Qui l'aurait cru possible?"

a-non
b-non plus
c- c'est tout simplement impossible d'avoir un produit international brut sous la barre des zéros!

Les trois mensonges l'auraient disqualifié de la course à la présidence partout dans le monde. Mais pas aux États-Unis. On voté contre les femmes, et pour le fun. Et Trump est effectivement fascinant.

Trump prétend que le mur à la frontière du Mexique est en train de se faire dessiner en ce moment aux États-Unis. Trump dit la vérité sur les solutions qu'il compte apporter, aux menteries qu'il fabrique.

Il créé de vraies lois sur de faux faits.

Il ressuscite le charbon, calisse.

D'où naissent ses mensonges?
Il l'a dit lui-même, il prend presque toutes ses infos de la télé. Il est si ignorant qu'il accepte de participer à une discussion sur le nucléaire sans jamais savoir de quoi il cause vraiment, rendant les intervenants plutôt impatients, et termine la conversation par des propos assez terribles comme:
"Le simple pouvoir de la dévastation nucléaire est très importante pour moi".

Alex Jones (aucun hostie de lien de parenté), une tête extrêmement dangereuse,  est un ami admiré de Donald Trump. Et ce dernier nous l'a dit le jour de l'Halloween: il essaie très fort (contre quoi? on ne sait trop. Une pulsion de mensonges qui ne demandent qu'à sortir?) de dire la vérité. Mais les choses changent...(duh?).

Jordan Peele nous as fait une impressionnante mais aussi inquiétante démonstration cette semaine.

À Staten Island, on joue avec le concept de la fake news en bronze hommage à de fausses victimes.

Soyons vigilants.
Les plus fake des news sont des phrases de président.

Les images nous bernent. Continuerons de le faire.
Les sculptures aussi.


Ceci n'est pas une pipe.

J'ai essayé de ne pas vous parler de Trump en lisant un livre sur lui.
Échec.

Rajout le jour même: Je vous avais prévenu.

mercredi 7 novembre 2018

Un Marteau Dans Le Cul

Quand les quincailleries RoNa ont été vendues à Lowes, tout le monde, mais vraiment tout le monde, a trouvé franchement dommage de voir le fleuron Québécois celui de Roland & Napoléon, passer  sous contrôle Étatsunien.

Nous étions plusieurs à faire du cynisme, il y a deux ans, en disant que, sous le poids du bon montant d'argent, les putes naissent toutes seules. On a jamais, jamais, jamais, jamais, offert de garanties au Québec. On a "promis". Ce qui ne vaut rien si ce n'est pas écrit quelque part. Et signé, contresigné. On a promis que le bureau chef resterait à Boucherville. Et c'est une promesse qu'on tiendra. Fermant maintenant le bureau de Mississauga.

Ça ne devient plus du cynisme quand la mise en abyme anticipée devient vraie pas longtemps après. C'est simplement du déja vu.

On savait qu'on se faisait mettre un marteau dans le cul.

Lundi, 31 quincaillers canadiens apprenaient à la radio (oui, pas autrement) que les États-Unis mettraient la clé dans la porte de leur commerce. Fermant honteuse seulement 20 des leurs aux États-Unis. OUI, les chiffres ont ralenti dans les magasins spécialistes d'outils, MAIS PAS ICI! AUX ÉTATS-UNIS!

Pas ici.
Pas ici.
Pas ici.

Et c'est ici qu'on fermera 11 quincaillers de plus qu'au pays de l'ennemi Trump. Les États-Unis sont 100 fois plus peuplé que chez nous. Et c'est chez nous qu'on va surtout fermer. Il n'y a pas que Trump qui veuillent grabber by the pussy notre petit pays. Il y a aussi le nouveau proprio de Lowes, aux États-Unis. Celui-ci est le même qui était le patron de JC Penney, qu'il a quitté, et laissé dans un très piètre état, presque mourant. OUI, le ralentissement aux États-Unis est réel. Construire de nouveaux sites n'est pas une chose facile et reste très coûteux. MAIS PAS ICI! ICI TOUT VA BIEN!

J'ai travaillé avec les États-Unis dans une grande compagnie internationale dont je n'honorerai jamais le nom. J'étais à l'approvisionnement pour le Canada, dans un domaine précis. Nos commandes étaient jumelées à celle des États-Unis et produites en Asie. Ce qui était toujours un casse-tête. Car les vendeurs du Canada et ceux des États-Unis ne vendaient pas les mêmes choses du tout. Et l'Asie exigeaient des minimums afin de produire. Si les États-Unis n'achetaient pas la même chose que nous, il fallait essayer de les convaincre de le faire. Sinon, annoncer à ceux qui voulaient nos produits, qu'on avait convaincus d'acheter nos produits, il fallait leur dire que le produit ne se ferait pas. JAMAIS, les États-Unis ne faisaient de concessions pour nous. En revanche, nous étions en perpétuelle position de plier sous leurs demandes, ce qui rendait mon travail insupportable. Nous étions la poussière de l'ombre de la graine de sable sur une plage exclusivement Étatsunienne.

Le plus minuscule des insectes parmi les microbes.

Same shit now.

Le Canada? ce sera toujours un petit chiffre d'affaire pour l'Oncle Sam.

Le mot garantie n'a jamais été du contrat initial. Il n'y avait que des intentions et des voeux pieux.

Doit-on donc être si surpris?

Il y a même pas deux mois, Christian Dubé, actuel ministre du ridicule, disait encore que la vente de RoNa était justifiée.

Oui, si on voulait se faire rentrer un marteau dans le cul.

Jouissez maintenant.

Pendant que les porcs couinent.