dimanche 12 novembre 2017

Le Kidnapping de John Paul Getty III

Ça a tout les éléments d'un thriller psychologique.

Un riche empire familial, un garçon rebelle, un enlèvement, une rançon, de la torture.

L'histoire de John Paul Getty III, dont la famille a fondé la Getty Oil, y faisant fortune, et plus tard, le J.Paul Getty Museum de Los Angeles et les images Getty que nous trouvons sur le net, commence avec le grand-père; John Paul Getty (le premier). Dans les années 40, 50 et 60, J.Paul (le premier) fait des millions, épouse 5 femmes et a 5 fils.

Même si la fortune de John Paul Getty (I) le place au tout premier rang des gens les plus riches en 1957, la réputation du grand-père est celle d'un radin. Installant même un téléphone payant dans sa maison d'invité d'une résidence qu'il avait, à Londres, afin de ne pas payer une ligne téléphonique supplémentaire inutilement.

Avec une telle rigueur économique, pas étonnant que les relations familiales eût été légèrement irritables.

Son fils, John Paul Getty Jr a 4 garçons avec son épouse, Gail Harris. L'aîné est John Paul III, né en 1956. John Paul Jr et Gail divorcent en 1964. John Paul Jr emménage alors à Rome, Italie. Où il choisit d'épouser Talitha Pol. Devenant, à ses côtés, consommateur, puis accro de l'héroïne. John Paul III, grandit aussi, un peu, en Italie, avec papa. Plutôt absent et sur le party. John Paul III va à l'école là-bas, adolescent. Mais pour des raisons de comportement rebelle (inspiré de Charles Manson, il peint de conneries sur les murs des corridors de son école), John Paul III est expulsé de son école. Talitha fait une overdose et John Jr et elle iront se soigner hors du pays. Laissant derrière John Paul Getty III, ado, tout seul. S'occupant comme il le pouvait, à Rome.

Le 10 juillet 1973, l'ado de 16 ans disparaît. Deux jours plus tard, sa mère (Gail) reçoit une note de rançon. On demande 17 millions pour le revoir vivant. Gail Harris n'a pas cet argent. La police doute même que Getty III ait vraiment été kidnappé puisqu'il blaguait souvent sur le sujet, se demandant combien il vaudrait. Maintenant il le sait: 17 millions. Il avait même dit à ses amis, qu'afin de donner une leçon sur l'avarice de son grand-père, il mettrait en scène, peut-être un jour, son propre enlèvement, afin de lui soutirer des sous. La police croit que c'est ce qui se produit.

La rançon reste impayée quelques temps. Une seconde demande de rançon est faite, mais une grève des postiers retardent la livraison du courrier. Les kidnappeurs passeront ensuite par les journaux.

 John Paul III ne se pointe nulle part. Les kidnappeurs font rédiger une note manuscrite par John Paul III disant "chère maman chérie, depuis lundi je suis entre les mains de kidnappeurs. Ne les laissez pas me tuer!". Gail n'a pas l'argent mais la famille Getty l'a absolument. John Paul Senior refuse obstinément de payer. Il sent le piège de partout. Il dit qu'il a 14 autres petits-enfants, si il paie un seul sou, il y aura, selon lui, 14 autres kidnappings. Getty III est gardé captif dans les montagnes calabraises pendant des mois.

Éventuellement, les kidnappeurs coupent une oreille du jeune ado et l'envoie par la poste à la famille, accompagnée d'une mèche des cheveux de Getty IIII. Des photos de Getty III, de lui dans les montagnes, un sac sur la tête, puis de son visage, avec une oreille mal en point, sont aussi envoyées. Par le biais des journaux, les kidnappeurs exigent encore de l'argent. À moins que la famille ne tienne à ravoir John Paul Getty III en pièces détachées.

John Paul Senior finit par accepter de payer la rançon, mais négocie fermement et ne donnera que presque 3 millions. C'était le montant qu'il fallait payer afin qu'il soit déductible d'impôts disent les langues sales. John Paul Junior paie aussi une somme emprunté à son père, à repayer à 4% d'intérêt, parce que tout ça est de sa faute du point de vue du patriarche.

En décembre 1973, John Paul III est retrouvé dans une station service. Ébranlé. Et une oreille en moins. Sa mère suggère à JP III d'appeller son grand-père afin de le remercier de l'avoir sauvé. John Paul Senior a refusé de lui parler.

9 des kidnappeurs, plusieurs liés à la Ndrangheta, un charpentier, un fabricant d'huile d'olive, un repris de justice, un membre de personnel hospitalier, seront épinglés par la police italienne. 2 seulement iront en prison. Et la police italienne, sans couilles, ne coffrera pas ceux liés à la Ndrangheta de la Piazza Farnese de Rome.

L'argent de la rançon ne sera jamais récupérée.

John Paul Getty III aura une reconstruction de l'oreille droite, mais sa vie sera plus tard frappée par une autre fatalité. Lourdement affecté par le kidnapping, père à 18 ans, il sombre rapidement dans la drogue et l'alcool. À 25 ans, il absorbe un cocktail de valium, de méthadone et d'alcool qui atteint directement son foie et provoque un crise cardiaque qui le rendra quadraplégique et à moitié aveugle pour le restant de ses jours. 

Son fils est l'acteur Balthazar Getty.

Un film de Ridley Scott couvrira les jours infects de 1973.

Kevin Spacey y a joué le rôle de l'avare grand-père Getty. Après les révélations sur la pédophilie de Spacey contre l'acteur Anthony Rapp (et plusieurs autres) Scott a effacé la présence de Spacey, le film tourné, pour refilmer et le remplacer par Christopher Plummer.

Ce qui fera, à mon humble avis, un bien meilleur personnage.

Le film s'appelle All The Money In the World.
Ironiquement, tout l'argent du monde ne pourra pas sauver la carrière de Kevin Spacey.

samedi 11 novembre 2017

La Très Sainte Rédemption

On ne réalise pas toujours tout de suite les progrès sociétaires.

Quand j'allais à l'école secondaire, on supposait que X était gay ou que Y était lesbienne. On se lançait assez facilement l'insulte de "gay" si on réagissait de tel ou telle manière.

Nous étions sans réelles manières.
Mais l'homosexualité était absolument tabou.

Avec le temps, presque tous ceux et celles que l'on avait cru homosexuel(le)s se sont révélés de la sorte devenus adultes. On a aussi eu quelques surprises. Personnellement, lors de retrouvailles de secondaire 5, quelques 10 ans après notre graduation, un gars, avec qui j'avais joué au baseball plus jeune, me révélait son homosexualité de manière plutôt grossière. Ça m'avait non seulement surpris, mais j'avais ensuite revisité toutes les années passées, ensemble, et avait tenté de réfléchir à toute ses fois où, entre boys, on pouvait jaser de filles et de fantasmes acrobatiques, et réalisais à quel point N.B. mentait afin de ne pas faire paraître ses propres intérêts.

Quelques 25 ans plus loin, ce qui n'est pas beaucoup dans une société, mon propre fils commençait l'école secondaire. Et dès secondaire 1, un couple féminin était connu de tous. Et respecté. Pendant 5 ans, dans son collège, les deux filles étaient des amoureuses. Et rien ne paraissait plus normal aux yeux de tous. J'étais fabuleusement fier de cette génération. Le suis toujours.
Parfois.
(Pas quand on essaie d'organiser quelque chose et qu'on doit attendre que tous les amis de nos ados se branchent sur Facebook ou InstaSnapchatgram avant de confirmer quelque chose.) 

Ma génération (X) ne l'a pas eue facile. Nos parents n'ont pas vécu de conflits majeurs (comme une guerre) qui auraient pu en sacrifier près de la moitié. Nos parents nous ont donc eu assez jeunes. Et ont travaillé nombreux et longtemps. Travaillent toujours pour beaucoup. Au CEGEP et à l'Université, on nous disait que personne ne nous attendait nulle part. De n'absolument pas se presser pour vouloir atteindre le milieu du travail. On a beaucoup beaucoup beaucoup contingenté des programmes (comme la médecine) afin de ne pas bousculer les boomers déjà en place. (on l'a regretté ensuite)
Quand j'ai été une première fois diplômé universitaire, mes parents avaient respectivement 42 et 43 ans. Vous seriez prêts à céder votre place sur la marché du travail à cet âge? Bien sur que non. C'est la fleur de l'âge. Ma génération a donc, assez massivement, choisi de s'expatrier. Et de travailler là où il y avait du travail. Ailleurs dans le monde. Le Québec s'en est plaint.
Mais contrairement à la génération des baby-boomers, nous étions la première génération où les femmes et les hommes étaient parfaitement de forces égales dans presque tous les niveaux. À l'école, les filles étaient même en général les meilleures. Dans mes cours d'enrichi, la proportion était toujours de 6 ou 7 gars et de 23-24 filles.

Et sur le marché du travail et en société, une femme était/est un homme comme les autres.
Pleurant peut-être parfois un peu plus. Mais encore.

Les femmes de la génération des baby-boomers ont connu de très importantes variations entre 1946 et nos jours. Il y a à peine 30 ans, une femme comme présidente des États-Unis aurait été une parfaite lubie.
Montréal a une mairesse. Et ça me semble telllllllllllllllllement normal. Elle est justement de la génération X. Comme Trudeau (wuaaach...) comme Macron.
La génération X conduit enfin quelques trains.

J'ai compris que Valérie Plante serait mairesse pas parce qu'elle était femme. Je l'ai compris quand Gilles Duceppe est venu donner son appui à Denis Coderre. J'ai compris que là, Coderre perdait la course pour de bon. Gilles Duceppe est d'une toute autre génération. Et les derniers calculs de Gilles n'ont pas été bons du tout. Son parti s'était fait lessiver aux élections en faisant, eux aussi, une non-campagne, relativement complaisante, ce qui leur avait pété à la figure. On disait de Coderre l'exacte même chose avant même que Duceppe ne s'affiche avec. En posant avec lui deux jours avant le résultat, il confirmait le côté "ancienne école".

Plante était neuve et rafraîchissante.
Val a deux ans de moins que moi.

Dès l'an prochain, les baby-boomers ne représenteront plus le plus grand groupe d'électeurs éligibles à voter.

Pour les 15 à 20 prochaines années, ma génération aura une part importante de la balance du pouvoir.

Mais là où j'ai été encore plus fier, et qui m'a inspiré tout ça hier, c'est dans l'ancienne Côte Sainte-Madeleine, Bois-Franc et plus familièrement Saint-Rénac devenu aujourd'hui Très Saint Rédempteur.

Très Saint Rédempteur comprend 920 âmes. C'est pas beaucoup. Les gens se connaissent beaucoup quand on est moins que mille dans une ville. On peut même parler de village.

Tout comme le nom de la  région, celle qui a été élue lors des dernières élections a subies de grandes transformations. Julie Lemieux est née un homme. Vers 6 ou 7 ans, le petit garçon se sait fille par en dedans. La transformation se fait quand il a 29 ans. Il devient elle. Sa voix restant toutefois la même, ce qui peut surprendre. Une Julie Lemieux à voix d'homme, ça saisit.

Le taux de participation au vote a été, jour d'élection à Très Saint Rédempteur, de 70%. Et Julie est devenue la première mairesse transgenre à être élue au Québec battant deux autres candidats, dont le maire sortant. Certains ont voté pour elle sans savoir que Julie était née homme.

Julie est aussi une X. Elle a 45 ans, Mon âge exact.   

Aux États-Unis, la démocrate Danica Roem est devenue il y a 4 jours, la première transgenre élue à la chambre des représentants de la Virginie. Le finger le plus fameux à Donald Trump et à ses troupes.

Avec tout le ménage qui se fait en ce moment concernant les allégations d'inconduites sexuelles et les dénonciations d'agressions mondiales à ce sujet, y a pas à dire, on a beau tenté de me faire voir la vie en noir, moi je trouve que ma planète devient de plus en plus belle.

vendredi 10 novembre 2017

Météo Leo

J'appréhendais mon mercredi.

Le dernier m'avait gardé sur la route plus de 13 heures. Et ce mercredi-là (le dernier), je me levais, comme tous les matins, à 5h22, mais cette fois, après n'avoir dormi..que 5h22...

C'est que la veille au soir, j'avais écouté sur Espace Musique (une station radio) la captation de lundi soir du spectacle hommage à Leonard Cohen au Centre Bell.
Selon la tradition juive, un an après le décès d'une personne, on célèbre la mémoire de celle-ci d'une quelconque manière.
Adam l'a fait pour son père en l'honorant (tel que Leonard l'avait aussi souhaité sur son lit de mort)d'un spectacle rendant hommage au géant qu'était Cohen, spectacle auquel prenaient part: Sting, Patrick Watson, Sharon Robinson, Elvis Costello, Lana Del Rey, Feist, deux membres des Lumineers, K.D.Lang, l'acteur Seth Rogen, Damien Rice, Ron Sexsmith, Courtney Love, Chris Martin de Coldplay et Peter Gabriel (virtuellement ces-deux-là) Coeur de Pirate et Adam, bien entendu. Ils ont tous foulé la scène en y allant de leur plus beau talent, chantant Leonard à leur manière. Seth Rogen lisant pour sa part, la poésie de LC.

L'animation radio était adéquate avec des observations bien étudiées entre les morceaux de la part de deux animateurs qui avaient faits leurs devoirs, dont Catherine Pépin qui elle, m'a beaucoup BEAUCOUP irrité. Le ton caramélisée de la fille trempée dans le miel orgasmique qui roucoulait mais surtout son accent! Je ne sais pas si je la confonds avec Annie Desrochers mais je ne lui avait jamais prêté un tel accent français!!! c'est peut-être le sien, mais si c'est emprunté, c'est absolument pas nécessaire. Mais alors pas du tout. J'ai vraiment souffert son ton et son accent entre tous les morceaux.

Un moment de radio formidable tout de même qui sera rendu en images le 3 janvier prochain (sans animation j'espère) à Radio-Canada. Spectacle que j'enregistrerai sans exception, même si on sera alors au Costa Rica.

Le froid mercredi matin qui a suivi a été drapé de magie. D'abord j'avais peu d'adresses à livrer. Je ne finirais donc pas très tard. J'étais dans un quartier anglophone de Montréal où une connaissance s'était présentée aux élections et avait bien perdue. Largement en raison de la stratégie adoptée par elle et son parti (l'ancien de Mélanie Joly). Le parti n'existe pratiquement plus d'ailleurs, toute les activités les concernant ont été suspendues. C'est le coma artificiel.

La météo me plaisait énormément. Un froid de novembre que je trouvais tout à fait connexe à la musique que j'écoutais dans le camion. Une playlist sur Spotify de 25 titres que j'avais tricoté la veille en écoutant le show radio.
Mon type de météo. Même Altman avait placé Cohen dans la neige en 1971. Cohen, froid (et chaleur) ne font qu'un. J'adore l'automne et l'hiver. Beaucoup plus que le printemps et l'été. J'aime quand la fraîcheur nous garde allumé et nous force à remonter le collet. J'ai une réelle appréciation du froid. J'ai même une playlist, toujours sur Spotify, de 20 morceaux "d'hiver" appelée Hazy Shade of Winter. Où Cohen y brille aussi.

Ce mercredi,  j'étais tout Leonard dans les sons du camion. Bercé par sa poésie. Il m'avait placé dans une zénitude absolue. Quelque chose de particulier bougeait dans l'air. Une chanson précise, sans que je la programme, a débutée au moment même où le GPS me faisait prendre la rue Ste-Suzanne...L'an dernier, quand Cohen est décédé, je lisais déjà depuis quelques semaines un de ses romans. Un livre de 1963. Pas vraiment ce que l'on s'arrachait dans les librairies quand je le le lisais. Et qui serait en rupture de stock la semaine suivante. Les astres des fois... Weird vibe...

J'ai pris la décision d'aller prochainement au MAC (Musée des Arts Contemporains) voir l'expo sur Leo qui s'y tiendra jusqu'en avril 2018. Mais y aller le premier week end est probablement la pire des idées. Ce qui l'est moins c'est de me rendre sur le Mont-Royal, samedi, afin de voir l'effet que fait l'hommage visuel qu'on a fait à Cohen sur une géante murale montréalaise sur Crescent. Je ne sais pas pourquoi on nous le dessine chez nous si vieux. Il était surtout à Montréal, jeune! Je sais que l'on finira notre marche du Mont-Royal sur la rue Mont-Royal. Où je finis toujours par fureter au travers de cds, dvds, livres usagés. Tout en cédant ici et là, dans la "grosse" dépense dépassant rarement 10$ (pour 3 articles!).

Je me suis découvert une nouvelle chanson préférée de LC. La fin, entre autre, qui me fait sourire,où je me reconnais amplement. Dans celui qui siffle, de manière organisée, contrôlée et fiable. Et dans celui qui chante derrière, plus ou moins équilibré, (saoûl?) désespéré.

You stand there so nice, in your blizzard of ice
Oh please, let me come into the storm.

Leonard me donne envie de toutes les révolutions.

C'était un beau mercredi matin. Il aurait fallu qu'il neige un peu. Des gros flocons auréolés qui auraient aussitôt fondu pour pas faire chier les éternels bougons.

On aurait parti deux ou trois révolutions.
En prenant Manhattan en premier, puis Berlin.

Leonard était si clairvoyant, si fûté qu'il avait tout deviné. Il nous avait dit que le futur serait le meurtre.

Les djihadistes confirment. Leurs dérivés aussi. Les balles errantes des États-Unis aussi.

On ne meurt que lorsqu'oublié Leo.
T'es immortel, mon vieux.

jeudi 9 novembre 2017

Putas

Peu de gens comprennent pour vrai ce que signifie la dignité.

Encore moins comprennent l'extraordinaire impact que la dignité a sur nos vie, nos relations.

Faites le test. Demandez à votre entourage de vous expliquer ce qu'est pour eux, la dignité. Vous verrez, ça deviendra flou.

La réponse la plus populaire devrait contenir le mot "respect". La dignité n'est toutefois jamais le respect. Le respect en est un ingrédient.
La dignité est notre valeur inhérente en tant qu'être humain. Tout le monde sur terre, naît avec. Le respect, en revanche, se gagne. Se mérite. La dignité est le dénominateur le plus commun entre tous les bébés naissants sur terre.

Le désir de dignité partagé transcende toute nos différences, avec nos identités propres au coeur de tout ça. Bien que notre côté unique soit importante, si on ne fait pas le pas vers la reconnaissance de nos identités uniques, partagées, le conflits naîtront.

Ce qui fait prendre la confiture, dans toute nos relations, c'est le désir d'être vu, entendu, écouté, traité équitablement. Être reconnu, compris, afin de se sentir confortable dans la réalité qui se présente à nous. Quand notre identité est acceptée, que l'on se sent inclus, on goûte à une certaine liberté et une indépendance dans une vie pleine d'espoir et de possibilité. Le respect pointe sa fière tête.
Quand quelqu'un s'excuse après vous avoir blessé, on est capable de reconnaître le tort d'autrui en se disant qu'il y a toujours moyen de renouer avec l'autre. "Je m'excuse" sont deux mots qui exigent beaucoup d'humilité en vieillissant. Et épice la dignité.

La dignité a le potentiel de changer le monde. Seulement si tout le monde en comprend la chose. Nous sommes TOUS nés de la même valeur, gratuitement et sommes tous irremplaçables.

Et en respectant la dignité des autres, on renforce souvent la nôtre.

On naît tous avec une dignité, mais il est facile de la perdre. Certains s'appliqueront à vous la faire perdre ou encore à ne jamais vous faire réaliser que vous en avez une.

Parfois, c'est vous-même qui écraserez votre propre dignité avec de très mauvais choix.

Ou des choix douteux.

Deux cas récents Québécois.

Richard Bergeron est un homme formidable. Architecte, auteur du livre noir de l'automobile, urbaniste, ex-enseignant, grand voyageur en Afrique où il y a aussi travaillé et étudié les politiques urbaines; il a été consultant du ministère de la Métropole et auteur d'une dizaine d'études portant sur le potentiel de redéveloppement des espaces vacants situés en périphéries immédiate des stations de métro de Montréal, il a été président des coopératives d'habitations de Montréal, il a été responsable des analyses stratégiques de l'Agences Métropolitaine des Transports (L'AMT) et a aussi fondé son propre parti politique en 2004, a été de la seconde opposition de 2005, puis, troisième encore en 2009. Finalement, en 2014, il a encore terminé troisième derrière Denis Coderre et Mélanie Joly. Lassé, il est passé à l'Ouest et a joint l'équipe de Denis Coderre. Afin qu'enfin, ses idées aient une portée dans les cercles du pouvoir.

Coderre a perdu dimanche dernier.

Bergeron a effacé toute référence aux 4 dernières années sur son fil twitter et sur les réseaux sociaux, toute association au parti de Denis Coderre, et a mis sous son nom "fondateur du Parti Projet Montréal"...

...le parti actuellement au pouvoir. Mais maintenant mené par Valérie Plante. Mairesse de Montréal.

Plutôt gênant de la part de Bergeron.

L'autre cas est plus lourd.

Sophie Prégent est la présidente de l'Union des Artistes au Québec. Elle est aussi actrice. Elle est une des principale vedettes d'une série à venir, Cheval-Serpent, tournée par Sylvain Archambault. 
Sylvain Archambault est au coeur d'allégations sérieuses d'inconduite sexuelle.

Le milieu culturel Québécois est minuscule. Mais ce n'est pas une raison pour se comporter en nain mental.

Madame Prégent a été incapable de condamner ce qui pointe vers Archambault. Elle a même tenté de d'en atténuer les accusations. De toute évidence, par amitié pour un collègue qui la met en valeur dans une série sur laquelle on mise beaucoup.

Magalie Lépine-Blondeau, Marc-André Grondin, Karine Vanasse, qui ont étrangement presque tous les même âge, et probablement plusieurs autres sont restés outrés de son attitude dans la situation.

Bergeron et Prégent ont tous deux perdu une grande part de leur dignité.

Dignité et désespoir ne devraient jamais boire à la même fontaine.


mercredi 8 novembre 2017

Argumenter du Gun

C'est devenu parfaitement banal.

Live by the gun? why don't you die by it?

Combien de morts? 20? Oh! c'est plus de 20?  26! et 20 blessés. Dans une église. Une douzaine d'enfants. Terroriste? Nooooon! simple wifebeater qui portait une veste pare-balle, ouioui, une veste pare-balle, comme un Lavalois porterait un costume Adidas. Et comme il a utilisé une arme de pointe, on peut qualifier cela de massacre. Oui, un autre massacre ordinaire.

Nous somme devenus complètement immunisés et sommes rendus insensibles aux massacres aux fusils des États-Unis.

Ça nous touche autant qu'une explosion à Beyrouth.

Charles Whitman, en 1966, tuait son père, sa mère, avant de se pointer au sommet d'une tour de l'Université du Texas, à Austin, afin de mieux viser 16 pauvres élèves et enseignants errant autour de l'Université. Il a en quelque sorte inauguré les massacres de l'ère moderne en commettant des assassinats sans sens, tuant des innocents, sans raisons, dans une rage sans nom, qui était alors quelque chose de tout simplement inimaginable.

En 1966. 

Aujourd'hui...bah...

Après 58 morts inutiles, tout aussi lâchement supprimés de la vie des hauteurs d'une chambre d'hôtel, à Las Vegas, 26 de plus, est-ce vraiment si bouleversant?

Si on reste incapable de renverser le lobby pro-fusil aux États-Unis après des massacres comme celui des enfants de Sandy Hook, on peut toujours continuer à s'obstiner avec les pro-fusils. Voici quelques mythes qui vous seront exposés dans les prochains jours concernant les armes à feu aux États-Unis.

"Bannir les armes militaires (ceux utilisés dans les massacres de Vegas et de l'église du Texas et dans tant de massacre from the U.S.) n'aurait aucun effet sur la violence par arme à feu aux États-Unis, puisque celle-ci se concentre surtout dans les suicides et la violence domestique et que dans ces cas, on n'utilise pas des armes militaires ou des armes de pointe. Les armes militaires ne sont pas les plus fatales des armes à feu"
 
Vous savez tout aussi bien que moi que tout ceci est faux, archi-faux, mensonger.
Trumplandien.

"Pourquoi, s'il il y a tant de fusils aux États-Unis, y a-t-il moins de crimes qu'avant? Les gens achètent de plus en plus de fusils et il y a de moins en moins de morts par fusil. N'est-ce pas la preuve que, bien armé, on est nettement plus protégé?"

Les progrès sur la santé mentale y serait davantage pour beaucoup. Contrairement à ce Donald Trump essaie de faire croire, le taux de criminalité aux États-Unis est effectivement en chute libre depuis 10 ans. 8 d'entre elles sous la gouverne de Barack Obama. Dans les arguments des amoureux du fusil vous trouverez celui qui vous dira "comment peut-tu parler des armes à feu alors que tu confonds le M4 avec le AR-15 et que tu ne sais pas ce qu'est une modification Slide Fire? Tu ne sais pas de quoi tu causes, alors tais-toi!". Argument qui vaut celui de l'ado, tombé amoureux de sa guitare, et qui s'offusquerait que quelqu'un confonde sa Stratocaster avec une Telecaster. Même maturité.

"Peu importe le type de lois qu'on aurait instauré pour rendre inaccessible les armes de pointe ou militaires, un homme fou qui veut tuer réussirait à contourner toutes ses règles."

Toute forme de contrôle autour des armes à feu ne peut que limiter la violence causée par ces fusils. C'est un peu comme la lutte à l'exploitation des enfants dans les usines. Comment l'enrayer? en luttant contre à tout prix. On sait qu'il y en aura quand même. Mais on aura limité au meilleur de ce que nous pouvons faire.

"Et le deuxième amendement hien?"

L'interprétation biaisée du second amendement est le noyau de la guerre au fusil. Une large partie des États-Unis ne sait pas lire et est fière de cela. Elle ne sait pas plus interpréter les écrits et on s'est convaincu que les pères de la constitution voulaient tout le monde armés.
Assassinés pour le deuxième amendement

Si vous saviez toutes les larmes que pleurent les pères de la constitution aux États-Unis depuis 1787...

Comparons dans un pays presque identique, frère, nourri de la même langue, qui accueille autant d'immigrés, même si, disons, plus petit. Appelons le Khanada. Comment expliquer que ce pays réussisse à avoir 7 fois moins de morts par fusils?

Vous savez que celui qui a tué 26 innocents au Texas, a tiré aveuglément parce qu'il en voulait à son ex (tiens...violence domestique...). Qui n'était pas sur les lieux finalement.

Un conseil aux amis Étatsuniens.
Ne vous chicanez jamais.
Ça pourrait se régler the good ol' american way.

À court d'argument,
bang! bang!

Au prochain massacre.

mardi 7 novembre 2017

Il n'y a Plus de Service au Numéro Composé

(à C.A.)

Elle l'aimait , mais ce n'était pas assez.

Elle utilisa alors tous les trucs sociaux que les femmes apprennent afin de se garde l'attention d'un homme. Elle complota et manipula. Elle usa de jeux de pouvoirs. Elle lui offrit le traitement du silence parfois.

Elle flirta avec d'autres hommes afin d'initier la jalousie. Elle se soumit à ses caprices sexuels afin qu'il ne puisse plus s'en passer comme une drogue.

Mais ce n'était pas encore assez. Elle devait s'assurer qu'il la voit toujours comme belle et désirable. Elle portait du linge léger, à la mode, suggestif, des tissus qui révèlent un peu, qui collent à la peau, des g-strings, d'étouffantes brassières doublement gonflées. Elle marchait en talons hauts, défiant le sens de l'équilibre en descendant certaines marches. Elle accessoirisait tout ça avec des bijoux, des colliers, des bracelets aux couleurs concordantes.

Elle portait de faux-cils, avait une fois mis de faux verres de contact pour se colorier l'oeil différemment. Elle avait teint ses cheveux, peinturé son visage de toute les manières, usé de botox et d'aiguilles chasses-rides. Elle se cirait les jambes dans la douleur, exfoliait tout ce qui s'exfoliait.

Mais ce n'était pas encore assez.

Elle devait être drôle, avoir de l'esprit, être toujours nouvelle, rafraîchissante, différente, originale.

Elle discutait alors littérature, philosophie, politique, culture et Donald Trump. Elle a même prétendu aimer les sports. Elle a inventé des milliers de manières pour le faire rire. N'a jamais porté le même habit deux fois. Elle était extrêmement charmante auprès de ses amis, de sa famille à lui, ça le gardait encore plus attentionné à elle.

Elle ne prendrait pas de juste milieu, sans toutefois vouloir de le démesure,
elle s'était inventé une définition à elle de l'amour.

Elle plongeait dans le narcissisme afin de garder le regard de son homme sur elle.

Puis, elle changea d'avis.

Elle voulu passer à la télé, être désirée de bien d'autres. Se présenta pour un projet de télé-réalité, fût choisie. S'exhiba face aux écrans. Se réinventa dans l'abstraction. Devint connue. Pour au moins 6 mois.

Puis fût oubliée.

Même par sa famille, même par ses amis.

Surtout par elle-même.

Elle avait été toute nue. Et même les miroirs ne la reconnaissaient plus.

Mais elle était rassurée. On avait fermé la ligne téléphonique pour dénoncer les agressions sexuelles.
Il n'y en aurait donc plus.

Ça ne pouvait qu'être ça.
Il n'y en aurait donc plus jamais.