Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ai tant écouté dans ma vie que j'en connais tous les sons, toutes les paroles, tous les airs, tous les tons, toutes les nuances, toutes les chansons. Bref, cette musique est désormais composante de mon ADN.
Par ordre de création:
Blonde on Blonde de Bob Dylan
The Idiot d'Iggy Pop
Low de David Bowie`
The Unforgettable Fire de U2
B.I.B.I. c'est moi. C'est aussi la terminaison de mot habibi voulant dire en langue arabe, je t'aime.
Musique, je t'aime.
PEGGY SUICIDE de JULIAN COPE
Sorti au printemps de 1991, Peggy Suicide marque la renaissance artistique de Julian Cope. Riche de 18 titres, cet ambitieux double album s'articule autour d'un concept mêlant conscience écologique, paganisme et critique politique. Chef d'oeuvre néo-psychédélique, il redéfinit la carrière de l'ancien leader de The Teardrop Explodes.
Au début des années 90, la carrière de Julian Cope est à un tournant. Il a, en solo, 6 albums depuis 1984. Loin de l'éclat pop des ses albums précédents, l'artiste de Liverpool s'est retiré dans la création de disques plus intimes, expérimentaux, et libérés des contraintes des grandes étiquette de distribution de disques. Lorsqu'il entreprend l'écriture de Peggy Suicide, l'air du temps est lourd au Royaume-Uni. Là-bas, l'année 1990 est secouée par les émeutes massives contre la poll tax, "l'impôt par tête", de la triste Margaret Thatcher. Un impôt fixe à tous, peu importe leurs revenus. Un mouvement de contestation en nait et Julian Cope y participera activement.
L'album n'est pas une simple oeuvre de divertissement. C'est un véritable manifeste. "Peggy" est ici une allégorie de la terre-mère (évoquant par ailleurs le Peggy Sue de Buddy Holly et ses Criquets). À travers ses textes, Cope met à nu ses convictions profondes : une haine viscérale de la religion organisée, un engagement farouche pour les droits des femmes et la cause animale, et une fascination grandissante pour le paganisme et l'écologie. Il propose un son néo-psychédélique, hors du temps.
Sur le plan musical, l'album double s'affranchit du carrefour pop/rock traditionnel des années 80. Le son du disque est luxuriant et novateur, naviguant avec fluidité entre le rock alternatif, la néo-psychédélie, le funk et des rythmes influencés par le style musical house et le krautrock allemand (dont Cope deviendra un grand historien quelques années plus tard, confirmant sa passion pour le genre). Dès l'ouverture de l'album on est plongé dans un univers kaleidoscopique. Les guitares à 12 cordes, les effets de wha-wah et les claviers saturés créent un paysage sonore à la fois dense et planant.
Divisé dans le séquençage en 4 phases sur sa version vinyle, l'album regorge de moments de bravoure et de morceaux devenus cultes dans la discographie de l'artiste. Lancé le 22 avril 1991, l'album reçoit un accueil extrêmement chaleureux de la part des critiques musicaux de l'époque. Considéré comme une véritable résurrection artistique pour le Britannique, le disque se détache des productions formatées qui avaient pu freiner la liberté créatrice de l'artiste. Le public répond également présent, enchanté par cette vision à la fois anarchique, spirituelle et profondément mélodique.
Avec le recul cet album est considéré comme un pilier du mouvement alternatif des années 90. Il représente un le point de départ de la phase la plus aventureuse et débridée de Julian Cope. Artiste qui lancera encore 21 albums supplémentaires jusqu'en 2025. Il démontre ici un double album engagé qui n'est pas forcément synonyme de lourdeur ou d'égocentrisme, mais plus près de l'exercice d'une grande richesse, cohérent, poétique et musicalement intemporel.
Les 4 phases sont celles-ci: l'alerte environneme ntale, les crises humaines et intimes, comme la lutte contre le SIDA, la révolte politique ou la colère sociale. Un attaque frontale contre le gouvernement Thatcher, les violences et les abus policiers et les injustices de toutes part. Et finalement, le constat et la désillusion. Post apocalyptique et expérimental.
Pour amateurs de néo-psychédélie, rock alternatif des jeunes années 90, de guitare gorgées d'effets, de Primal Scream (période Screamadelica), les passionné(e)s de krautrock et de rythmiques hypnotiques, de rock conceptuel, engagé et excentrique, de croisé rock/dance/madchester/baggy comme The Charlatans, Happy Mondays ou EMF.
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