mardi 30 juin 2026

5 Fins de Films Parfaites (Divulgâchis Promis)

Une bonne fin de film ne se contente pas de simplement clore l'intrigue. Elle transforme l'expérience du spectateur et détermine la postérité de l'oeuvre. Elle réalise le rêve tous les artistes.

Marquer durablement. 

Par l'effet de mémorisation le public se souvient avant tout des dernières minutes d'un film. C'est ce qui m'est arrivé avec la fin de Jojo Rabbit que j'ai pleuré deux fois. Même si ce n'était que beau. Même si je savais, la seconde fois, ce qui s'en venait. Je pense à ce film, je pense à cette scène. Oubliant même une scène horrifiante dans ce même film. Ma mémoire choisit le beau avec l'âge. Une fin iconique (comme un twist magistral à la Sixth Sense ou The Usual Suspect fait entrer le film dans l'histoire et peut lui donner la statut de film culte. L'impact émotionnel maximisé provoque la catharsis qu'il s'agisse de larmes de soulagement (La Petite et le Vieux) ou de terreur (Requiem For a Dream). 

Quand c'est bien fait, la cohérence narrative révèle le véritable message du réalisateur et unit toutes les scènes précédentes. Un bon dénouement donne envie de revoir le film sous un autre angle pour repérer les indices cachés. La satisfaction de la résolution psychologique peut même changer nos visions de certaines choses. Elle scelle aussi parfois le destin de certaines personnages de manière logique, inévitable, surprenante et renforce une dimension tragico-héroïque.

Je me suis limité à 5 divulgâchis pour ceux et celles qui n'auraient pas vu ces films et souhaiteraient le faire prochainement. 

Humblement vôtre. Par ordre de sortie.

The Godfather. 1972. 

Le cinéma à l'état pur, la découverte par l'oeil. Kay regarde son mari de loin dans son bureau. Elle ne reconnait plus son mari, Coppola étire le moment suffisamment longtemps pour que nous voyions le mariage mourir en direct. Chaque scène qui a précédé entre Kay & Michael parait plus sombre encore. Le film qu'on vient de voir est une saga criminelle. La dernière scène nous rappelle une tragédie sentimentale. On ferme la porte. Elle est coupée de son monde.  

The Truman Show. 1999.

Truman sort par la porte en le film se termine avant d'en relever ce qu'il voit de l'autre côté. Peter Weir avait compris que nous le montrer faisait un film plus faible. Sa liberté n'est pas la destination mais le pas qu'il faisait pour s'y rendre. La blague finale tombe sur le spectacteur qui s'attend à voir quelques chose, mais dans lequel on a assez confiance pour ne pas sentir le besoin de s'expliquer. Comme le contenu de la mallette de Pulp Fiction.

No Country For Old Men, 2007.

Tommy Lee Jones raconte deux de ses rêves et le film se clôt sans résolution inconfortablement. Les frères Coen terminent leur excellent film  avec un vieux shérif qui a échoué à freiner le mal racontant ses 2 rêves à sa femme impliquant son père décédé, le "méchant" non capturé, aucune justice d'honorée, simplement une homme trainant quelque chose qu'il n'arrive pas à nommer. Chaque poursuite et moment où il passait si près menait le film là. 

Inception. 2010.

Le top continue de tourner et le film tombe au noir avant que l'on sache si ça réussit ou pas. Nolan a confirmé ne pas vouloir le révéler. Le détail qu'il voulait important étant que Cobb ne regarde plus le top et jette un regard à ses enfants à la place. Que ça réussisse ou non, il a choisi le moment et non le résultat. L'ambiguïté n'est pas à propos de la réalité, mais à propos de ce que tu choisi de vivre. 

Parasite. 2019. 

Ki-Woo lit la lettre en code morse à son père, et la fantaisie de l'évasion se révèle issue de son imagination. Le réalisateur Coréen Bong Joon-Ho la fin que Ki-Woo s'écrit mentalement. Sauver assez d'argent, acheter la maison et libérer son père. Puis la caméra nous montre Ki-Woo dans les mêmes marches du même sous-sol, plus vieux, rêvant toujours, beau et impossible à la fois. Oscarisé parce que formidable. 

Mentions honorables à The Shawshank Redemption, The Planet of the Apes, The Graduate, Blade Runner, Some Like it Hot, Sunset Boulevard, Casablanca, Field of Dreams, Dead Poet Society, Sinners, Seven, Stand By Me, The Mist, One Flew Over the Cuckoo's Nest, No Way Out, Whiplash.    

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