lundi 25 mars 2019

Buffy & La Fin D'un Monde Équilibré

Chronique Cuisine & Civilisation.

Nous sommes dans une ère sombre.

Tout endroit public peut sauter sans préavis. Tous les aspects sociaux ont pris de "drôles" de virages et rarement a-t-on trouvé une relative unanimité à dire que nous trempons dans une époque douloureuse au niveau de nos leaders autant qu'au niveau des tangentes socio-culturelles à peu près dans tous les pays sur terre. Sauf en Scandinavie peut-être. Même l'alimentation, où il ne serait plus surprenant de découvrir un épicier en train de peindre ses poivrons rouges, est un domaine atteint d'absurdités assez lourdes.

Toutefois, quand vient le temps de trouver le confort, le gâteau, tout pays confondu, fait drôlement bien le travail pour rendre heureux. Personnellement, j'en veux un peu à Rose-Anna Vachon, qui a eu l'idée, vers 1932, de couper ses gâteaux avec des bouchons de poudre de pâte, donnant ainsi naissance aux Jo Louis. Puis, aux Vachons en entier, pour à la fois m'avoir fait croire que leur mille-feuilles était le meilleur dessert au monde pendant toute mon enfance jusqu'à mes 17 ans, où je découvrais alors les barres de Nanaïmo et faisait une croix sur le shortening du mille-feuilles Vachon; et à la fois pour avoir mis sur mon chemin une de leur plus ravissante descendante qui partage ma vie depuis bientôt 27 ans.

Je leur en veux, amoureusement.

En anglais on appelle les gâteaux-collations, les mug cakes. Ils sont tendances depuis(pour) au moins une minute. Parlons-en une minute.

Au Québec, nous avons un cuisinier tentant de gagner sa vie en conseil alimentaire par 10 000 citoyens. C'est une véritable business. Parlez-en à Ricardo. L'essor de l'industrie du mug cake a pris son envol à partir du moment où a choisi de ne plus faire cuire le gâteau dans un "mug" (une tasse). Comme Rose-Anna en 1932 ne coupait plus avec son couteau en Beauce.

Des milliers de recettes de mug cakes sont disponibles sur le net de nos jours. Toutes ont encore besoin d'oeufs et de beurre. Toutes ont encore besoin d'eau. Seuls les visages vendant les recettes changent.

Sarah Michelle Gellar, ancienne Buffy the Vampire Slayer,  est une jeune femme très admirable. Rares sont les comédiens en couple, le restant pour toujours. Toujours durant maintenant depuis 17 ans avec son époux, et père de leurs deux enfants, Freddie Pinze Jr. Gellar a atteint des sommets de popularité, inégalée pour elle, entre 1997 et 2003, dans la peau de Buffy, la chasseuse de vampire, au petit écran. C'est ce qui l'a rendue célèbre. Je ne devrais pas aimer les chasseurs de vampires en étant un moi-même , mais bon, je l'aime.
Elle est grandement impliquée dans des causes philantropiques ce qui rend relativement noble.
Et comme bien des personnalités passées (Gwyneth Paltrow, Jessica Alba pour ne nommer que ceux-là), elle s'est redirigée dans sa carrière en devenant le visage de "nouvelles recettes" de mug cakes aux États-Unis.

Toutefois, le Washington Post, journal au coeur de bien des marasmes sociétaires et transmetteur de déceptions sociales suivant les résultats de nombreuses de leurs enquêtes, a probablement un bon tonneau de mépris pour l'ancienne chasseuse de vampires puisque le journal a qualifié son planning alimentaire d'existentiellement triste.

Je trouve que la tristesse s'associe mal aux mugs cakes. But it kinda does.

Un des collaborateurs de Gellar, a dit  "...que la recette de mug cake proposée existait il y a 5 ans, mais les consommateurs n'étaient pas encore prêts pour ça, mais depuis peu, le mug cake prend son envol." Duncan Hines a même lancé, une recette de mug cake qui, en 18 mois seulement, a généré autour de 35 millions de dollars de profit.

(...)

Que le mug cake puisse être à la source d'une économie générant 35 millions, ou autour de, est tout simplement flabbergastant. Ça vous fait reconsidérer vos plans de carrière, non?  Mais je disgresse.
Ce qui me titille l'oreille est de penser qu'il y a 5 ans, nous n'y étions pas encore. Peut-être que la Scandinavie y était, elle.

Ceci expliquant cela.

Il y a 5 ans, aux États-Unis, Donald Trump n'était qu'un clown de la télé. Dont les travers pouvaient rester des travers de fils de millionnaire à l'abri des grands enjeux de société. De nos jours, si les mugs cakes peuvent générer 35 millions ou plus, c'est que les États-Unis ont besoin de beaucoup beaucoup beaucoup de réconfort.

Buffy sauve encore le monde.
Je vous l'avait dit que c'était une bonne personne.
Aimable.

Si la fin du monde arrive bientôt, et que tout saute (sauf en Scandinavie), on pourra toujours se consoler à manger un mug cake de Buffy.

Ne serais-ce que pour mourir équilibré.

Ou se réveiller en Scandinavie. Région du bonheur terrestre.


dimanche 24 mars 2019

Ébène Amérique

Vu deux films en l'espace de 24 heures.
(Alerte aux divulgâcheurs)

Vendredi soir chez Jordan Peele,

Je n'avais pas 100% aimé Get Out. Son effort précédent. La première partie du film fonctionnait parfaitement, la chute, le dévoilement, la twist de la fin, pas du tout. Je riais alors que j'aurai dû être tendu ou effrayé. Le message devenait souligné au gros crayon feutre. Les blancs "brainwashent" les noirs".

J'ai étrangement retrouvé le même problème dans Us. Une fin qui fonctionne beaucoup moins que tout ce qui précédait. Qui était assez fameux. Comme si Peele était un extraordinaire créateur d'une première heure, mais ne savait pas comment terminer ce qu'il amorçait. La mise-en-scène est parfaite, le symbolisme intelligent, les idées ingénieuses, mais au niveau de la narration, de la cohérence narrative, ça s'effondre.

Pour la plupart des films, ceux-ci ne sont pas des casse-tête. Ne devraient pas. C'est de l'art, inspiré de la vie. Ils ont des aspects mystérieux qui peuvent mener à des réponses, mais si chaque film devait être solutionnés, le film en soi serait mort aussitôt... solutionné.
Plus intéressant encore sont les films (Mullholland Drive) qui ne demandent pas à être solutionnés, mais qui offre des états sujets à interprétations.
Dans le cas de Us, il est normal que nos pensées rationnelles veuillent vite comprendre comment fonctionnent les doubles dans la vie de la famille assiégée présentée à l'écran. Comment vivent ceux d'en haut et ceux d'en bas. Même Jordan Peele nous offre une sorte d'explication assez tôt dans le film. Mais se questionner sur le "comment" dans son film, c'est négliger le "pourquoi". Beaucoup plus important dans les films de Peele.

L'explication des doubles est insatisfaisante. Ils ont été cloné par le gouvernement, vivent dans des tunnels souterrains afin de contrôler la vie de leur double. Comment ça se devait se passer n'est jamais expliqué. Les doubles se nourrissent de lapins (source de vaste repeuplement) crus et le programme a vite été abandonné. Une nouvelle direction leur a été donnée par l'arrivée de "Red" qui a choisi de devenir leader d'une révolution des doubles, maintenant tous convaincus de tuer leur double sur terre, et de joindre leurs mains à travers l'Amérique, inspiré de Hands across America, événement réel s'étant déroulé en mai 1986.

Ce synopsis ne fait que soulever plus de questions. Comment les lapins sont nourris? Qui influence qui? Comment se sont-ils procurés des vêtements? Pourquoi ont-ils tous des ciseaux et où les ont-ils trouvés? Montent-ils hors de leurs souterrains pour y vivre dans la clandestinité parfois? Même si toutes ces questions avaient une réponse, ça resterait insatisfaisant puisque ça n'amènerait pas une valeur ajoutée au film. Le sous-texte nous semble beaucoup plus intéressant.

Pourquoi sont ils en uniformes orange? Parce qu'ils sont sans individualité. Sans âmes. Leur manque d'individualité se confronte à l'illusion de l'individualité de leur double, hors souterrain. Ce qu'il faut lire de son film est le parallèle entre nos relations interpersonnelles, comment nous présentons une politesse en surface, mais comment profondément (souterrain) dans l'anonymat (uniforme), notre côté sombre refait parfois surface et la violence fait rage. De l'intérieur ou pas. Et plus la violence sévit dans son film, plus la chaîne humaine, à travers les États-Unis prend forme. Unis dans la haine. Telle un réseau social en feu ou une section de commentaires sur la dérape, sans modérateur.

On peut critiquer Peele pour ce qu'il ne fait pas, mais on ne devrait pas manquer ce qu'il nous métaphorise.

Ce qu'il nous dit c'est que nos côtés sombres ne sont pas 100% compris. Ils sont tous existants et une fraction de nous-mêmes. La crainte commence quand elle sort du souterrain où elle devrait rester enfouie.

Us ce sont aussi les U.S., ("We're Americans" explique un double rancunier).
L'ennemi actuel des États-Unis, ce sont eux-mêmes.

C'est l'approche qu'il faut avoir pour apprécier son dernier film. Sans absolument y trouver une cohérence scénaristique 100% pertinente.

Samedi matin chez Spike Lee (et tiens...Jordan Peele à la production!):

En 1978, le jeune policier noir Ron Stallworth est assigné pour infiltrer, au Colorado, le Ku-Klux-Klan et d'approcher David Duke, danger public, fier blanc suprémaciste. Stallworth sera la voix au téléphone, un agent blanc, Flip Zimmerman sera le faux "Ron Stallworth" physique, infiltrant pour vrai le KKK pendant 7 mois et demi.

Lee a accepté de tourner l'adaptation du livre de Stallworth sous la condition qu'il puisse y placer de l'humour (ce qu'il fait très bien) et qu'il puisse aussi y dresser quelques parallèles avec la situation actuelle des États-Unis, à l'égard des noirs.

Son intro est fameuse. Il s'agit du tournage (et de ses ratés) d'un vidéo de propagande raciste de la part d'un suprémaciste blanc incarné par Alec Baldwin (un choix non innocent puisqu'il est celui qui incarne le président actuel à SNL). Tout en subtilité (ce que Lee n'a pas toujours été) une réaction de Baldwin  rappelle beaucoup une autre de Bill O'Reilly, démon déchu de la station haineuse Fox.

Le film est superbement tourné. Pendant le discours de Stokely Carmicheal, en début de film, une série de visage de gens noirs, qu'on appelle à se réveiller. Assez superbe.
Lee est habile à insérer des parallèles de la réalité de 2019 en évoquant les ramifications politiques de David Duke, ami de Donald Trump. Un policier de 1978 parle des possibles dangers de placer un homme comme Duke dans l'appareil politique, ce à quoi répond naïvement notre agent noir "Les gens ne seront jamais assez fou pour voter un gars comme David Duke comme président des États-Unis"

Well, they did.

Le Klan utilisait le film The Birth of a Nation jusqu'en 2002 comme film de propagande haineuse pour divertir leurs membres. Une vision rétrograde de 1915.

Le dernier 5 minutes du film nous amène à Charlottesville, à la mort de la jeune Heater H.Heyer à qui le film est dédié.

1985-2017
Les images sont bouleversantes.

J'en ai versé une larme.

Ce que j'ai vu c'était une fraction de l'Amérique.
C'était bien une partie de nous.
Une part laide et séduisante à la fois.
(qui dans les deux cas faisait aussi rire)


samedi 23 mars 2019

Micheal Nyman

Reconnu pour son style modulaire et axé sur la répétition, le compositeur minimaliste de Stratford, en Angleterre, est aussi admiré pour son côté expérimental et sa longue collaboration avec l'excellent cinéaste Peter Greenaway.

Né en 1944, il a étudié à la Royal Academy of Music and King's College à Londres sous les directions du compositeur communiste Alan Bush et Thurston Dart, un musicologue spécialisé dans la musique baroque anglaise. Sous la tutelle de Dart, Nyman a été introduit aux canons et aux airs anglais du 16ème siècle et du 17ème siècle, leur mélodies répétitives, les hautes lignes de contrepoint qui influenceront ses oeuvres futures.

Diplômé au coeur des années 60, Nyman ne se reconnaît pas du tout dans le British Pop qui envahit la planète. Il ne se reconnaît pas plus dans les compositions modernes de Stockhausen. Il se lance alors dans la critique musicale de 1964 à 1976. Il écrit pour The Listener, le New Stateman, The Spectator. Dans une critique de Cornelius Cardew, il introduit pour une des premières fois un terme qui lui sera parfois attribué, "minimaliste" pour parler musique.

Mais pendant sa période critique, il compose tout de même, et performe avec The Scratch Orchestra, Portsmouth Sinfonia, Steve Reich ou The Flying Lizards. En 1974, il écrit le très influent livre sur la musique expérimentale, Cage & Beyond, une exploration de l'influence de John Cage sur une génération de compositeurs comme la sienne. L'un des impacts importants du livre est plus profond encore puisqu'il opère sur Micheal Nyman lui-même, qui semble alors découvrir, en écrivant son livre, sa propre muse en Cage.
En 1976, il accepte l'invitation de Harrison Birthwistle, directeur musical du National Theater , afin d'être l'arrangeur de plusieurs morceaux populaires vénitiens de chansons du 18ème siècle dans une production de Il Campiello de Goldoni. Ses arrangements comprenaient des instruments médiévaux, des rebecs, des luths, des violes de gambe, des batteries plates, des saxophone sopranos, joués en simultané, toujours plus fort, créant ainsi un son distinct et une couleur qu'il reprendra souvent dans la suite de ses compositions.

Après cette collaboration, il garde les mêmes musiciens et recommence à composer pour lui-même. À l'origine, dans une unité acoustique, mais lorsque les années 80 se pointent, Nyman en fait un orchestre plus amplifié.

C'est le cinéaste Peter Greenaway qui lui offre une splendide vitrine en 1982, en lui confiant la trame sonore de son film The Draughtman's ContractNyman & Greenaway avaient travaillé, deux ans avant sur un autre film. Nyman travaillera sur  9 des films du cinéaste par la suite, dont le film Drowning By Numbers, en 1988, entre autre et dans l'extraordinaire The Cook, The Thief, His Wife & Her Lover, en 1989. C'est avec Memorial, un morceau tiré du film The Cook, The Thief, His Wife & Her Lover, que je le découvre (et obtient un certain succès à l'école en faisant un montage cinématographique sur le morceau dans un cours). Memorial avait été composé en hommage aux victimes des fans du Juventus, tué bêtement et tragiquement en mai 1985.
En 1991, son travail sur Prospero's Book, toujours de Peter Greenaway, lui amène une reconnaissance qui surpasse celle du film.Il travaille compose et offre toujours aussi, alors, de la musique de chambre, de la musique chantée, des opéras et des orchestrations pour films.

Sa signature sonore inclut non seulement de la répétition propulsive, mais aussi une palette de touches instrumentales idiosynchratiques. Piochant assez fort sur les claviers, usant d'une clarinette basse assez lourde et les saxophones barytons, parfois des voix si hautes qu'on soupçonne certains chanteurs castras. Mozart sera une influence importante de ses créations. Shumann sera aussi une inspiration majeure pour l'opéra The Man Who Mistook His Wife for a Hat sur lequel il travaillera. Et Bartok sera aussi fortement inspiré pour son String Quartet #2 en 1988, une commande du danseur et chorégraphe indien Shobana Jeyasingh.

Dans les années 90, il compose un hommage au poèmes de Paul Celan pour la chanteuse allemande Ute Lemper avec laquelle il avait aussi travaillé sur Prospero's Book.  En 1992, il touche à la divinité en gagnant l'Oscar de la meilleure musique de films pour le film de Jane Campion, The Piano. Cette seule oeuvre le rendra multimillionnaire. Il travailler et retravaillera sans cesse la musique ethnique, se gardant des horizons sonores toujours plus larges.

Auteur de multiples opéras, d'opérettes, de concertos, d'oeuvre pour quartet à 5 cordes, de musique de chambre, souvent dans son Micheal Nyman Band, il brille encore jusqu'à nos jours, offrant de son talent sonore sur les trames des films Gattaca, dans l'opéra Facing Goya ou dans la chorale avec orchestre pour Handshake in the Dark.

Micheal Nyman a aujourd'hui 75 ans.

vendredi 22 mars 2019

Porno Politique

Vous avez vu comment se comportent les Conservateurs au pays?
Des enfants mal torchés.

On fini par comprendre Maxime Bernier d'avoir quitté leurs rangs.

Andrew Sheer donne une attitude atrocement juvénile au parti d'opposition canadien. Il se cherchait un os depuis que Trudeau est au pouvoir, en ont trouvé un, légitime, mais qui est maintenant si sec, faudrait cesser de mâcher que le gouvernement de Trudeau est "corrompu".

Ça ne goûte plus rien.

Les hommes politiques SONT corrompus. Le parti Conservateur en regorge des tous pleins. Le numéro de la vierge offensée ne tient plus la scène. Sous la gouverne de Stephen Harper, c'est fou ce que la corruption ne leur donnait pas de boutons. Et maintenant il faudrait huer et enterrer l'annonce du budget comme le feraient des élèves de secondaire II dans une classe tenue par un(e) remplaçant(e) ?

Les Conservateurs ont la maturité actuelle de garçons de 14 ans.

Rien n'est plus out en ce moment que l'attitude du parti conservateur canadien. Qui, comme le dit François Cardinal si éloquemment, se rapproche dangeureusement des manières Trump, capable de faire traîner des histoires de Barack-Obama-pas-né-aux-États-Unis qui ne sont que conneries, sur plusieurs années.

Parce que les Conservateurs étirent de l'inutile.

Ce qu'ils reprochent aux Libéraux, ont leur as tous déjà reproché et on l'a tous compris. Ça ne fait plus aucun doute. Ils se sont mis à plusieurs, chez les Libéraux, pour faire de la porno politique en suggérant plus que fortement d'effacer toutes traces d'accusations contre SNC-Lavallin, qui eux, ont assez clairement trempé dans le fort corrompu. Cette tentative de protéger le corrompu, et de se garder des votes issus du pouvoir au Québec pour la prochaine campagne électorale, est en effet un aveux du même type de corruption.

Mais rappelons-le, ce que les Libéraux voulaient faire faire à Judy Wilson-Raybould n'était pas illégal. Méprisable mais pas illégal. Et la tenue de Judy Wilson-Raybould, qui n'a jamais voulu céder à des pressions d'autrui n'en est que plus qu'admirable. Elle restera Libérale, Femme juste parmi les corrompus. C'est tout à son honneur de rester la lumière dans la poussière de filous.
Celina Caesar-Chavannes, députée Libérale de Whitby, en Ontario,  a choisi, mercredi, de démissionner. Avec honneur aussi. Quand l'affaire SNC-Lavallin (classée, on ne peut pas prouver de l'influence) a battu son plein, Caesar-Chavannes avait ouvertement appuyée Wilson-Raybould, en disant entre autre cette brillante chose que peu de gens ont soulevé:

"Quand vous ajoutez des femmes, s'il vous plait, ne vous attendez pas au statu quo. Attendez-vous à ce que nous prenions les bonnes décisions, que nous nous levions pour ce qui est juste et que nous partions quand des valeurs sont compromises"

Relisez ceci lentement en en pesant tous les mots. Ce sont les mots d'une femme honnête voulant travailler honnêtement.

En politique l'honnêteté peut devenir une qualité embêtante pour son propre parti. Comme le prouve ces Femmes en ce moment.

Justin, faux-écologiste, faux-féministe et vrai-prof de théâtre connait les masques. Il les as enseignés.

J'ai toujours souhaité plus de Femmes en politique et dans des rôles de pouvoir. Parce que sans être parfaites, (oh que non), elles forcent une dynamique d'honnêteté et de justice qu'on ne retrouve pas aussi facilement chez les hommes.
Wilson-Raybould, Caesar-Chavannes et Jane Philpott, chez les Libéraux, son actuellement des Robines des bois de l'honnêteté et de la justice.

Ce qui tue le parti Libéral canadien en ce moment, c'est tout simplement l'honnêteté et la justice.
Judy Wilson-Raybould était ministre de la justice. Elle ne servait que la justice. Pas les gens aux poches pleines, les amis du parti ou même ses collègues. Les valeurs d'un peuple juste.

Ce qui assassine davantage les Conservateur d'Andrew Shit c'est leur attitude ridicule.

Ils sont en pleine production de pornographie politique.

C'est assez inconfortable pour tout le monde qui ne veut pas voir ça.

Faudra quand même voter un jour. Rendez vous intéressant ne serais-ce qu'un peu bande de ploucs.








jeudi 21 mars 2019

Yé Yorke Ailleurs! (& un peu Björk)

J'entendais hier que la formation Radiohead refusait de se rendre wherever, à leur introduction au temple de la renommée musicale "mondial".

Probablement aux États-Unis, qui aiment de décider de tout en tout temps.
Même de ce qui serait la meilleure musique.

Radiohead s'est élégamment justifié en disant que le temple de la renommée ou les remises de prix étaient des choses qu'ils ne comprenaient pas tellement, que ça leur avait toujours paru comme un grave accident de voiture dans lequel vous n'auriez jamais voulu tremper. Propos qu'ils honorent en refusant de s'y présenter.

Même si David Byrne, chanteur des Talking Heads, à qui le band doit son nom, les introduira dans le dit temple.

J'étais aussi, hier, " en camps d'entrainement musical" avec la chanteuse islandaise Björk. Que j'aime beaucoup. J'ai ses trois premiers albums solos, un album des Sugarcubes, dont j'écoute encore régulièrement toujours trois morceaux de nos jours. J'ai aussi son 6ème album, qui reste mon préféré d'elle, et son album jazz, qui serait en fait son vrai premier.
Quand je dis que j'étais en camp d'entrainement musical, c'est que j'écoutais tout ce que je ne connaissais pas de l'artiste, et me faisait une liste de lecture des morceaux qui me plaisaient le plus sur Spotify. Une pratique courante pour moi.

C'est là que je suis resté surpris de constater que deux de mes artistes préférés avaient auparavant collaboré ensemble. Yorke, chanteur de Radiohead et Björk, ex-Sugarcube, pour la trame sonore du film de Lars Von Trier, Dancer in The Dark, une comédie musicale que j'avais si peu aimé que je n'en avais pas gardé souvenir. Ils avaient pourtant gagné l'Oscar de la meilleure chanson dans un film, et ça, je l'avais surement écouté. Et oublié, aussi.

Je peux comprendre qu'on se tanne de la voix de la jolie islandaise aux yeux bridés. Moi-même, quand je n'aime pas ce qu'elle fait, c'est toujours par sa manière de placer sa voix qu'elle me perd. Yorke, en revanche, me gagne davantage pas sa voix, que j'imite à merveille, d'ailleurs.

La voix de Yorke n'a pas gagné que moi comme fan. Parfois, il a même arraché à l'artiste avec lequel il collaborait, une large part de popularité.

Voici plusieurs fois Thom Yorke, sans Radiohead, sans être solo non plus, bien qu'il ait lancé deux albums solos non négligeables, et participé à un projet parallèle: Atom For Peace.

Avec Sparklehorse sur Wish You Were Here (1997)
La première participation de Yorke sur autre chose que son band était comme discret choriste sur une reprise du classique de Pink Floyd de 1975. Yorke voudra vite se séparer des comparaisons aux formations d'antan, fuyant comme la peste ce qui pourrait ressembler à une copie ou une pâle imitation. Radiohead sera fameux dans la recherche de nouvelles directions musicales. Donnant souvent le ton pour de nouvelles générations.

Avec Drugstore sur El President (1998)
La vraie première collaboration claire est faite l'année suivante, en duo avec Isabel Monteiro, de la formation de Londres qui a tiré son nom de groupe d'un film culte de Gus Van Sant.

Avec Unkle sur Rabbit In Your Headlights (1998)
Plusieurs pensent que le virage électronique est survenu avec cette collaboration qui l'aurait beaucoup inspiré sur de nouvelles avenues. Le dernier 90 secondes est particulièrement extraordinaire au point que des collabo DJ Shadow et Thom Yorke ont beaucoup été fantasmées depuis.

Caché au sein de Venus In  Furs pour la trame sonore de Velvet Goldmine. (1998)
Le temps de trois chansons, Yorke sera leader d'un quartet comprenant Jonny Greenwood (de Radiohead), Andy MacKay (de Roxy Music) et Bernard Butler (de Suede). Il incarne lui-même une version vampirique de Bryan Ferry, circa Roxy Music, 1972.

Avec P.J. Harvey sur This Mess We`re In, One Line et Beautiful Feeling (2000).
Tous tiré du magnifique album de P.J., il est certain que trois ans, au sommet du monde pop, a aidé Yorke a assurer sur disque dans ses livraisons vocales et musicales. Sur One Line, il émule Bono avec un son soul/crooner en arrière plan, il ne chantera aucun mot, sera plus fantôme, moody. Il est encore plus hanté sur Beautiful Feeling, provoquant des sons se rapprochant de la plainte. Sur This Mess We`re In, il est amant pleinement intégré au morceau. Pleinement intégré au bordel ambiant. Formidable bordel ambiant.

Avec Björk sur I've Seen It All pour le film Dancer in the Dark (2000)
Cette dernière collaboration avant la sortie du fameux Kid A, qui nous ferait connaître un Radiohead nouveau, reste un peu décevante puisque Yorke jase plus qu'il ne chante. Avec une jeune femme qui a beaucoup donné dans la direction avant-gardiste qu'allait justement explorer son groupe par la suite. Et pourtant, ce morceau est plus simple que soigneusement texturé. Oscar pareil. Par réputation.

Avec Modelselektor sur The White Flash (2007)
Entre sa collabo avec PJ Harvey et 2007, tout a changé pour Radiohead. Ils ont troqué la guitare lourde trichant vers le grunge pour les explorations aux synthé. Puis sont revenus aux instruments traditionnels. Et Thom a fait de l'album solo. Cette chanson est meilleure que ses projets solos et si près de ce que Radiohead devenait qu'il devenait difficile de savoir lequel de Radiohead ou Modelselektor était vraiment le band de Yorke.

Avec Björk sur Natura (2008)
Sa présence est nettement plus subtile ici. Il n'y est qu'atmosphérique et il faut vraiment tendre l'oreille pour le deviner ici et là. C'est le show dans le salon de Björk et Thom en est le papier peint.

Avec Flying Lotus sur ...And The World laughs With You (2010)
Voilà un autre morceau qui ferait belle figure sur un album solo de Yorke. Claustrophobique et intense, c'est à se demander pourquoi le band ne l'a pas engagé pour en chanter plus qu'une avec eux.

Avec Burial & Four Tet sur Mirror et Ego (2011)
Ce supergroupe aura été moins que la somme des ses composantes. Ego est principalement dominé par des échantillonages, et garde un son plus ou moins bien produit. Mirror est meilleure, parce que plus urgente dans sa livraison, Yorke utilisant les autres presque comme des instruments à son talent vocal à lui.

Avec Modelselektor sur This et Shipwreck (2011)
Suite au succès de 2007, on a repris la collabo. This frappe fort dès le départ avec l'harmonieuse voix de Thom en lead et en écho. Shipwreck défie les rhytmiques traditionnelles comme le faisait In Rainbows en ouverture avec 15 Steps. Inclassifiable expérimentation électronique.

Avec Flying Lotus sur Electric Candyman (2012)
Après la première jolie collabo, on a voulu recréer la magie. Plus tranquille, plus jazzy, ça sonne un peu comme une version stone d'un morceau non retenu de Massive Attack. Pas aussi catchy que la première collabo, mais pas mauvais non plus.

Avec Mark Pritchard sur Beautiful People (2016)
C'est vrai qu'on écrit pas assez sur la beauté, qu'on jase beaucoup plus de laideur. C'est un peu un retour de faveur de la part de Yorke puisque Pritchard avait collaboré à deux remix de morceaux de Radiohead. Yorke semble baigner dans la solitude sur ce morceau.

Mais on est tous seuls ensemble quand on entend sa si jolie voix.
Je me suis gardé 25 morceaux sur ma liste de lecture de Björk.
Deux avec Thom Yorke.
Et un de Atom For Peace.
Qui n'a rien, mais rien à voir avec Björk.

Ben oui, et puis?
Ce sont MES oreilles.