jeudi 25 octobre 2018

Honduras Blues

En 1502, Christophe Colomb, arrive à Trujillo, en Amérique Centrale.

Une sévère tempête fait rage sur les eaux lors de leur arrivée et Christophe, de son vrai nom Cristòbal Colòn, clame, après avoir survécu à la tempête, en langue espagnole, "Gracias a dios, salimos de estas honduras!" (grâce à dieu, nous sommes sortis de ces eaux profondes). Le cap à l'extrémité orientale du Honduras prendra le nom de Gracias a dios et le pays devient alors le Honduras.

En 1821, il proclame son indépendance tout en faisant partie de l'empire mexicain d'Iturbide. Mais 17 ans plus tard, il fait maintenant partie des Provinces Unies d'Amérique Centrale. En 1839, le Honduras devient un État souverain.

Les politiques néolibérales favorisent le commerce international et les investissements débutent vers 1870. Les intérêts étrangers se manifestent dans les années à venir avec, notamment, l'exportation des fruits tropicaux, des bananes et dans la construction de chemins de fer. En 1888, un projet de chemin de fer en cours, liant la côte des Caraïbes à la capitale , Tegucipalga, tombe à sec quand l'argent ne suffit plus. La ligne doit s'arrêter à San Pedro Sula. Cette ville se développe alors comme la seconde plus importante au pays.

Depuis l'indépendance, près de 330 petites rebellions internes ou des guerres civiles ont miné le pays et fait changer les régimes politiques à bon rythme. La stabilité populaire s'en est trouvée fort affectée.

Vers la fin du 19ème siècle, afin de stimuler l'économie, le Honduras exempte de nombreuses compagnies des États-Unis d'impôts et offre même des terres aux gens des États-Unis voulant venir y faire pousser des fruits. Les bananes sont la vache à lait du pays jusque dans les années 30. Mais la gestion de la présence des États-Unis est déficientes et les retours d'argent se font surtout...aux États-Unis (ou ailleurs) mais l'argent revient peu au Honduras. Sinon chez quelques éléments corrompus.
Des troupes des États-Unis, "venus mettre de l'ordre dans le désordre local", se pointent en 1903, 1907, 1911, 1912, 1919, 1924 et 1925.

En 1904, l'auteur O.Henry, qui y vit au moins 6 mois, invente le terme république de banane pour parler d'un pays dirigé par une petite ploutocratie autoritaire mise en place, aidée par de grandes multinationales de l'agroalimentaire. Par extension, l'expression est utilisée pour qualifier, de manière polémique ou satirique, toute forme de régime politique considéré comme dictatorial et corrompu.
Jusqu'à la réforme sur l'immigration, en 1939, des anglophones des Caraïbes, notamment la Jamaïque et le Belize, introduisent une population d'origine africaine (Retenez le terme africain, noir). Le Honduras se joint aux alliés après l'attaque sur Pearl Harbor en 1941 et signe la déclaration des Nations Unies en compagnie de 15 autres gouvernements, moins d'un mois plus tard.

Des crises constitutionnelles sont une plaie pour le pays dans les années 40. Une réforme dans les années 50, permettant aux travailleurs de s'organiser entre eux, provoque une grève générale qui paralysera le nord du pays pendant plus de deux mois.

En 1960, la partie nord de ce qui était la Mosquito Coast est transférée du Nicaragua au Honduras par la Cour Internationale de Justice. Trois ans plus tard, un coup militaire fait tomber le président élu démocratiquement Ramòn Villeda Morales. En 1969, le Honduras et le Salvador sont en guerre dans ce qu'on appellera la guerra del futbol (ou la guerre des cent heures). On a appelé la guerre ainsi car le Honduras et le Salvador, par le plus grand des hasards s'affrontaient aussi en Coupe du Monde en match préliminaire.

Après la guerre d'une semaine, plus de 130 000 réfugiés illégaux du Salvador furent expulsés du Honduras.

En 1974, l'ouragan Fifi détruit une large partie du Honduras. En 1979 et 1980, le pays retrouve un certain équilibre civil. On réécrit la constitution et on se vote un gouvernement libéral plein d'ambitieux programmes sociaux. Dans ces même années 80, les États-Unis de Ronald Reagan en font des partenaires fantômes des contras.La CIA les soutiennent fermement dans les assassinats extra-judiciaux.

En 1998, l'ouragan Mitch détruit entre 70 et 80% de ce qui faisait la richesse du pays. On estime les pertes à 3 milliards US$.

Dix ans plus tard, des inondations détruisent la moitié des réseaux routiers. Une crise constitutionnelle fait rage l'année suivante et le gouvernement du pays et moins accepté internationalement. La corruption est si lourde que le citoyen moyen en arrive à tenter de survivre avec moins de 2$ par jour de nos jours.

Les gens veulent mieux. Ils choisissent massivement l'exode. Ils sont près de 5000 à marcher en direction des États-Unis depuis 4 jours.

Donald Trump, "grand appréciateur de l'africain, noir" a martelé que ces gens n'entreraient jamais chez lui et qu'ils seraient illégaux.

Plusieurs autres les pensent réfugiés.

"Make America great gain?" ça tombe pourtant bien, le Honduras c'est l'Amérique Centrale.

Une chose est claire, il ne fait pas bon être Hondurien en ce moment. Ils se sentent on ne peut plus rien.

Honduras: eaux profondes.

Ça ressemble à des noyés ignorés par des sauveteurs.

mercredi 24 octobre 2018

Harmonium

George Fiori est chef d'orchestre depuis toujours. Fierté Italo-Québécoise, George ne cessera jamais de faire de la musique et d'y intégrer son fils, Serge. Dans l'orchestre jazz de son père, Serge y chantera dès ses 4 ans.

Serge apprend à jouer de la musique par lui-même et se débrouille sur plusieurs instruments. Des corridors musicaux se dessinent dans sa tête. À 12 ans, il brille à la guitare qui aura bientôt 12 cordes. À 15 ans, il chante pour l'orchestre de son père dans les bars et les restos et paie ses études universitaires en communications avec ce qu'il reçoit en cachet.

En 1972, Michel Normandeau, comédien-journaliste, mais aussi habile guitariste, l'approche pour un projet de musique pour Claude Meunier. Le projet avorte, mais Fiori et Normandeau se lient d'amitié et commencent à composer ensemble. Le bassiste Louis Valois joint le duo et la formation Harmonium naît. Après quelques concerts locaux, à l'été 1973, le trio attire l'attention des gens de Quality Records qui les signent pour leur premier disque.

En avril 1974, la planète musique au Québec est secouée par Harmonium et son album éponyme. Deux morceaux en particulier resteront dans les mémoires longtemps, mais en général, les agréables mélodies sont fort appréciées, et pratiquement tout l'album finira par jouer à la radio. Une tournée en province confirme leur succès, ils remplissent partout.

Fiori est plein d'idées pour la suite. Normandeau et lui veulent plus complexe. Du nouveau monde sera rajouté et l'album, selon moi leur meilleur, sera encore un succès. Plus de 200 spectacles les tiennent occupés. On devient plus métaphysique dans les paroles et on touche au rock planant presque progressif. Les harmonies vocales sont encore magiques et un morceau devient musicalement un véritable chef d'oeuvre de style dixie qui ne manque jamais de me rendre fou au volant. Je vous écris ceci en l'écoutant et les frissons me traversent encore le corps.

Fiori est en pleine ébullition créative et de plus en plus il isole Normandeau de ses compositions. Fiori compose un ambitieux projet autour des 7  états de la conscience. Sa vision musicale est claire et complexe. Il intègre au troisième album le batteur Dennis Farmer, le flûtiste Libert Subirana, le guitariste Robert Stanley (quand Normandeau choisit de quitter), Monique Fauteux aux claviers et aux voix, les jumeaux Marie-Claire et Richard Séguin aux voix et Neil Chotem aux arrangements orchestraux.

L'Heptade sera un album double qui rejoindra moins le grand public que les deux premiers, mais qui sera aussi considéré comme culte. Comme les deux premiers. L'album établit même des standards de qualité d'excellence d'enregistrements jusqu'alors peu atteints. Harmonium fait maintenant une tournée pancanadienne, enregistrant à Vancouver un album du spectacle. En français. la réception est très bonne même si on ne comprend pas les paroles. L'ONF tourne une partie de leur spectacle  au Collège de Berkeley, en Californie. Harmonium sera aussi engagé pour faire la tournée européenne en première partie de Supertramp.

Après quelques essais pour mettre sur papier des idées pour la prochaine création, il devient évident que Fiori a tout donné. Du dernier effort est gardé une amitié avec Richard Seguin et, ensemble, ils feront un album qui sera aussi un fameux album. Un dernier grand coup avant longtemps pour Serge.

On reste amis, et on participe aux projets des autres. À celui de Chotem en 1979, au projet solo de Normandeau la même année. Au projet solo de Louis Valois, un an avant.

Fiori revient dans les cercles plus populaires vers le milieu des années 80, puis verse dans le nouvel âge longtemps. Zone plus discrète et aérienne. Intime.

Il fait un retour remarqué, en solo, en 2014. Il demande alors à son public de collaborer au clip de son premier single. Deux amis à moi y apparaissent vers 4:28, avec le mot "Facebook" en main.

En quelques années seulement, de 1974 à 1978, Harmonium est devenu l'un des groupes Québécois de l'histoire du pays-qui-ne-veut-pas-être.

Le cirque Éloize, pour fêter ses 25 ans de fondation, et probablement inspiré par son grand frère Le Cirque du Soleil, qui avait rendu hommage aux Co-Locs, Beau Dommage et aux Beatles un peu de la même manière, offrira au printemps prochain un spectacle acrobatique mettant en valeur la musique de cet immense formation de chez nous.

mardi 23 octobre 2018

Boucane

Bon, jamais deux sans trois.

C'est la troisième fois que je vous en cause.

Mais ce dossier est si dérangeant qu'il nous place tous dans un lourd soupir universel.
On prend les gens pour de si grandes valises.

Lui ici, en haut à gauche, il est mort.

On a réussi à faire l'unanimité là-dessus.
Même si c'est toujours impossible à prouver sans cadavre découvert.

La menterie choisie par l'Arabie est désormais la suivante:
Le journaliste en exil, qui allait marier une turque, se rendait au consulat arabe pour y prendre des papiers officialisant le divorce de son dernier mariage. L'y attendait pas un, pas deux, pas trois, mais bien entre 15 et 18 "amis" arabes qui ont tenté de le convaincre de revenir vivre en Arabie Saoudite. Désir, qui étrangement n'a jamais été le sien, mais ça, les Arabes n'en parlent pas. Une mésentente serait survenue et, à 18 (très en forme) contre un (lourdeau), on se serait battu.

Au consulat. Quuuuuuuuuuuoi?
C'est tout à fait habituel de se battre dans un consulat non? À 18 jeunes hommes, rompus au combat, contre 1 seul, pas très en forme, c'est encore sportif, non?
Et dans la bataille, ben voilà, le journaliste a fini par perdre conscience. Et ne se serait plus réveillé. Il serait mort. Son corps s'évaporant dans le processus. Et le prince héritier qui n'aurait rien à voir avec ses gens là. On aurait même arrêté les 15 suspects. Enfin, pas ceux que les Turcs avaient clairement identifiés. Pas ceux qui l'on scié fait. On a arrêtés 15 individus. Qu'on tentera de nous faire passer pour les assassins.

LE MENSONGE EST SIIIIIIIIIIII GROS.

Le dictateur arabe nous fait avaler toute une couleuvre. C'est un boa constrictor. Le dictateur turc, Erdogan, ne peut accuser directement son ennami arabe car il a trop besoin de lui. Mais il semble savoir tout de ce qui est arrivé. Il prend un plaisir (retenu) sadique sur tout ce qui se passe. Il ne se peut plus. Il aurait les images et les sons. On veut tout voir et tout entendre. Le dictateur turc nous promet la vérité aujourd'hui.

La vérité?

Mais qu'est-ce que c'est de nos jours?

QU'EST-CE QUE C'EST?

La vérité d'Erdogan tenu en laisse par le Prince Héritier?
La vérité de l'agent orange?
La vérité du prince héritier qui a atteint le point zéro (ou moins) de la crédibilité internationale sur le sujet?

C'est ici qu'on fume le cannabis, mais la boucane se trouve ailleurs.

Hâte d'entendre ce que Erdogan, homme de très peu de justice humaine, nous expliquera comme vérité aujourd'hui.

Et si un jour on trouvera les morceaux du journaliste découpé.

lundi 22 octobre 2018

Serge Bouchard

Celui qui va trop vite est impoli.

Traîner de la patte ne fait pas que vous ralentir, cela donne aussi à penser. Avoir ou ne pas avoir le pas, voilà la question. Depuis quelques années, pour cause de vécu, je boîte de plus en plus. Or, le fait d'être lent ne me ralentit aucunement, puisque déjà auparavant j'étais assez tranquille. J'ai mis des années à comprendre le sens des mesures des cadences, et j'avoue ne pas avoir suivi le beat de ma génération, Mauvais danseur, j'ai souvent été de travers sur la piste. J'étais démodé au berceau, déjà. Imaginez le décalage avec le temps présent. Cependant, ne pas suivre la parade a son avantage: on voit mieux le défilé lorsqu'on est pas dedans.

Au royaume des idées, il est recommandé de réfléchir un peu. Penser vite n'est pas un atout quand il s'agit d'exprimer autre chose qu'un réflexe ou une opinion. En ces matières comme en bien d'autres, la vitesse de croisière l'emportera toujours sur la vitesse de pointe. La régularité de la première nous conduit à destination, l'euphorie de la deuxième non seulement nous met à risque, mais nous fait tourner en rond. Modérons nos transports, nos ardeurs, retenons nos attelages, nous ne pouvons rien à la chose, l'espace est d'autant plus vaste que la vitesse n'y existe pas, en tout cas pas vraiment. L'Univers est trop grand pour être seulement pressé. Il est un train de choses et ce train n'est pas un TGV.

L'accélération contemporaine découle de la croissance générale de tout. Plus gros, plus vite que moins, et encore plus qu'avant, toujours battre le chiffre, voilà le hoquet indiscutable du monde actuel. Nous valorisons la rapidité comme nous avons vénéré les dieux, comme nous adorons l'éternelle jeunesse, comme nous prions le temps de de ne plus faire obstacle à notre volonté. Tout doit répondre en une fraction de seconde à notre commande de téléréalité universelle. Ce passage incessant à des vitesses inédites nous conforte dans l'idée simpliste que plus nous allons vite, plus nous sommes civilisés. or rien n'est moins sûr. Nous sommes devenus accros aux contenants, mais rébarbatifs aux contenus. Nous, les adorateurs du veau d'or de nos puissantes technologies, nous surfons à la surface des choses, sans rien savoir de la véritable nature de la vague.

La fameuse proposition "time is money" n'a jamais été démontrée et je crois même qu'il s'agit d'une bêtise sans nom. Toutefois, les temps modernes sont tissés de ces lieux communs qui deviennent des proverbes agressants sortis tout droit des manuels de pop philosophie. Personne ne songerait à mettre en doute les fondements de ces phrases faciles. Le temps, ce n'est surtout pas de l'argent. Le temps c'est de l'espace, et l'espace nous dépasse immensément. Oubliez les piastres,les écus, les dollars et les euros: on ne les emportera pas au paradis. 

(...)

J'imagine qu'il faut choisir son bruit. (...) la rapidité est-elle vraiment une vertu, en tout lieux et circonstances? Il y a certainement beaucoup de sagesse dans la lenteur. il y en a probablement  moins dans l'accélération. La spirale de la crise de nerfs tourne autour d'un grand axe qui tourne d'autant plus vite qu'il vrille dans le vide. Il file, il file, le monde moderne, mais comment lui dire qu'il ne s'en va nulle part? Un show de boucane, vous dirait mon ami camionneur. 

Celui qui va trop vite laisse beaucoup de monde en plan.

Le départ en flèche offense et rabaisse le peloton qui, du meneur, ne voit que le croupion. C'est le syndrome de la F1. Il y a des limites de vitesse qui tiennent au savoir-vivre, à la volonté de vivre et au respect de la vie tout court. À l'inverse des pétarades et hurlements des moteurs de course, il est bon que le souffle s'étire, que le corps s'étale, que l'énergie se dépense à mesure. Car, à la fin, il faut l'admettre: celui qui va trop vite est impoli.

Extrait des PP 101 à 104 de son livre Les Yeux Tristes de Mon Camion.

Voilà quelqu'un pour qui j'aurais voté aux dernières élections.
Au moins comme ministre des transports.

Dans le parti des Loups.

Ou ministre des trains de vie.

Serge Bouchard, mon ministre des trains de vie.


dimanche 21 octobre 2018

Fatigue Mentale Française

République: Forme de gouvernement où le chef de l'État n'est pas seul à détenir le pouvoir qui n'est pas héréditaire.

Manu Macron nous avait fait exploser de rire (du moins, au Québec) et pétant plus haut que le trou face à un jeune garçon qui n'avait commis comme crime, que de l'appeler "Manu", ce qui lui avait valu une leçon de morale du Manu en question, parfaitement ridicule dans son costume de dignitaire humilié.
Ce jeune garçon n'avait pas dit "petit con", il avait contracté ton prénom, Manu.Un Frédéric deviendra un Fred. Une Patricia, une Pat. Une Sophie ou une Sonia, une So. Une Jean-François, un "Dji-Effe" ou un Jeff. Et ainsi de suite. C'est de la familiarité. C'est pas inconvenant du tout. Ça rapproche du peuple. Ça aurait dû être accueilli dans la soie. Avec humour et légèreté. Mais non, fatigue mentale aidant, Manu a cédé à l'orgueil mal placé. Il a sermonné.

"Tu m'appelles le président de la république ou Monsieur" avait-il alors dit, le traitant d'imbécile ce faisant, probablement simplement parce que l'ado avait le cheveu long et l'oeil coquin. Manu en rajoute et lui suggère de se trouver du boulot et de se nourrir soi-même, ce qui nettement hors de son  mandat. "Ta gueule, Manu" était de circonstances, mais le garçon avait baissé son panache. Manu dérive ensuite dans une diahrée toujours inadéquate où "brillant futur" et "idéal de demain" se croisent dans l'algorythmie louche de son cerveau. T'as .été ce marmot, Manu.

Fatigué, je le répète, ça ne pouvait pas être autrement. Ça nous avait fait beaucoup rire. Cette envie d'être placée sur la marche la plus haute face à un garçon de 15 ans, trahissait un égarement dans le choix des batailles du jour.

Depuis, pour nous, c'est Manu pour toujours. Jamais plus Emmanuel.

La semaine dernière a été lourde en événements.
Au Québec, nouvelle investiture de nouveau gouvernement.
Un mystère et trois morts à Yamachiche.
En Turquie, nouvelle imposture de gouvernement meurtrier (qui n'est pas dans ce cas précis, la Turquie).
Au Canada, arrivée du libre accès légal du Cannabis et de ses produits dérivés.

Et en France, du côté d'un Jean-Luc Melanchon, mentalement fort fatigué lui aussi, de l'excès d'ego.

Un moment d'une grossièreté humiliante formidable.

Nicolas Sarkozy, Marine le Pen, même Bernie Sanders, Hillary Clinton et Marc Demers, à une plus petite échelle, en Amérique ont dû faire face aux accusations auxquelles la troupe à Melanchon faisait face. Création d'emplois fictifs et gestion douteuse des comptes de campagne.

Sarko, Marine, Bernie, Hillary et Demers ont tous collaboré avec les enquêteurs. On a rien trouvé chez Hillary parce que Donald dit trop n'importe quoi dans n'importe quel sens. Mais Demers,Sarko, Sanders et Le Pen ont tous été punis et mis à l'amende. Dans le cas de Sarkozy, il a aussi été condamné à 5 ans d'inéligibilité. Et on enquête encore sur des liens douteux Lybiens.

Si vous relisez la définition du mot République, plus haut., tiré d'un dictionnaire Français (de France), vous comprendrez vite que le "moi" n'est pas de circonstances. Mais pas du tout. Son théâtral et vocal "La République, c'est moooooooi!" a provoqué des tonnerres de rire par ici. En France aussi j'espère. La République c'est pas toi, c'est eux. Descend du cheval, cavalier.
Quelqu'un qui pousse du bedon en disant "ne me poussez surtout pas" joue toujours au plus con. Et gagne le titre.  Quelqu'un qui crie à quelqu'un qui parle, descends plus bas encore.

De toute évidence, cette équipe peine à collaborer à l'enquête et une invasion des bureaux était maintenant nécessaire. Les policiers paraissent nettement mieux, à faire leur travail (contrairement à ce que croit Jean-Luc), dans la video qui a circulé toute la semaine.

Quand l'émotion prend le dessus, ça devient grotesque. Ça m'a étrangement fait penser à New York-Philadelphie en janvier 1979. Et Boston-New York fans la mème année.

Grand guignolesque.

Le lendemain, ou le même jour, Melanchon a manqué de jugement profondément en se moquant de l'accent d'une journaliste et en la traitant, à mots couverts, de peu intelligente et ne parlant pas français.

Une fois encore, un politicien tentant de se placer au-dessus de la mêlée en rabaissant quelqu'un d'autre, assez inutilement d'ailleurs.

On réagit tous différemment au stress. Melanchon a été mocheton.

Melanchon, si il avait été plongeur, a fait de gros "flat" cette semaine.

On a bien rigolé de ces tentatives de hauteurs, qui était en fait de grandes petitesses.

La république c'est le peuple.

Surtout pas les gros ego gonflé à l'hélium.

Allez zou! du coup, tu cales.




samedi 20 octobre 2018

Brave Client

Non, je n'ai pas de raisons de me réveiller à 5h00 du matin les vendredis.

Mais comme les 4 jours précédents, je me lève à cette heure, hier matin, j'étais bien réveillé à cette heure.

Et, auditeurs de TVA, vous m'avez tous vu, moins d'une heure plus tard.

Je me suis levé et me suis rendu sur le Boulevard de l'Acadie, à 9 minutes de chez moi. Me suis dirigé à la porte du commerce, porte fermée, ça n'ouvrait qu'à 10 heures. J'étais seul dans le froid.

Seul avec le camion de TVA nouvelles devant moi. Un camion vide. Il était si tôt que même l'équipe de tournage était dans un resto pour se sustenter. Moi, je me tirais une chaise d'un resto avoisinant qui, en temps moins froid, aurait offert un service de terrasse. J'avais prévu attendre, j'avais donc un livre, j'ai pu avancer dedans de quelques centaines de pages.

Mais bien vite, la journaliste et son caméraman allaient se repointer. Cette fois, Miss Lapierre viendrait me voir pour me demander si j'attendais bien pour l'ouverture du magasin. Ce serait tout de même une attente de 4 heures. Oui, oui, madame, j'ai un bon livre. Parait qu'il n'y a plus beaucoup de stock, a-t-elle rajouté. Je ne sais pas, je ne suis pas du tout un spécialiste que j'ai menti. Fallait lui montrer assez vite que je ne serais pas matériel à télé.
Elle m'a laissé replonger dans mon livre, un peu gênée de me ne pas me demander ce qu'elle me demanderait plus tard. Pas d'histoires à faire ici, va jouer ailleurs la mouette.

J'étais assis le nez plongé dans mon livre et j'avais remonté ma cagoule sur ma tête, non seulement parce qu'il faisait froid, mais aussi (et surtout) parce que la caméra de TVA pointait, de loin, directement sur moi.

Miss Lapierre a fait un premier pied en direct pour l'émission Salut, Bonjour, faisait encore noir, avec moi derrière, au loin. J'ai relu trois fois le même passage de mon livre, la tête toujours plus basse sous mon capuchon, pour ne pas me faire voir les traits par la caméra. J'ai relu les mêmes passages parce que j'écoutais au loin ce qu'elle disait:

"...Comme vous pouvez le voir, il n'y a qu'un seul brave client qui ai daigné se rendre à la succursale ce matin, alors ce n'est pas la cohue..."

TVA, voir la nouvelle.

Éventuellement, probablement après une heure d'attente, un autre client est arrivé. Un jeune obèse de 35 ans. On a jasé un peu. Il est un réel habitué. Faisant le voyage à Ottawa quelques fois juste pour ça. Le regrettant. Ayant acheté non seulement en ligne, mais aussi dans des boutiques différentes mercredi, jeudi et maintenant aujourd'hui.
Il bullshittait aussi. Disant qu'il était allé à Amsterdam et que là-bas, c'était si légal que l'on fumait absolument partout.
Faux.
C'est légal dans des lieux précis. Comme des café, des pubs, des bars spécialisés sur la chose. Pas ailleurs. C'est resté criminel ailleurs. Seul l'Uruguay, outre nous maintenant, a décriminalisé l'usage du cannabis.

Le concierge du complexe commercial nous as lancé quelques menaces de loin, insulté que cet obèse eût pissé dans une bouteille qu'il avait laissé dans son bac à recyclage. Il réclamait de sa part qu'il revienne la chercher. En vain.

Étrangement, alors qu'il devait faire plus froid à mon arrivée, puisque c'était la nuit, plus le temps passait, plus j'étais gelé. Gelé sans avoir consommé. Et pourtant, les deux dernières heures, j'étais debout. Et bougeait en jasant avec le troisième qui s'était "joint" à nous. On faisait de la buée ou...? Volutes, j'cloue des clous sur des nuages, un marteau au fond du garage. 

Miss Lapierre est venu demander au trio que nous étions si on acceptait de faire un clip avec elle. Fuck no fût le résumé de nos réponses. Surtout l'obèse qui avait tout du revendeur. Même la tenue de pimp. Comme il avait déjà acheté, je lui ai demandé si on nous demandais nos identités ou si on prenait nos noms. Non, m'a-t-il dit. On te demandera ta carte pour valider ton âge, pas plus. Ce fût vrai.

Je ne tenais pas à être identifié de quelque manière que ce soit. Les infos perso, ce sont justement des infos, perso. Je viens acheter comme on achète une brosse à dents. Même détachement. Même indifférence. Même inutilité d'intérêt de la part du vendeur.
Il faudra que je sois privé partout ailleurs avec ça, alors aussi bien commencer par tout de suite., Laissez-moi me placer dans l'ombre tout de suite.

Miss Lapierre est finalement repartie avec son caméraman. Pas d'histoires à voir ici. Ni personne pour la raconter. Erreur. Dix minutes plus tard, j'étais le premier d'une file de 173 (J'ai pris le temps de les compter. Et beaucoup de belles femmes, j'en suis resté surpris.

Quand ils ont ouvert les portes, à 10 h, j'étais content de faire mon achat incognito.

Jusqu'à mon arrivée, le premier, hier, au comptoir de la succursale du Boulevard d'Acadie.

"JONES! HUNTER JONES!"

C'était Bob Bibeau, un pote avec qui j'avais déjà travaillé dans une ancienne vie. J'étais décagoulé.

"Qu'est-ce que tu fais de bon?"

"Je t'achètes un peu de joie de vivre"

"Je ne suis pas supposé mais je peux te demander pourquoi?"

"Vivre, juste au cas"

Brave client de la vie, dans les bois de St-Étienne-de-Lauzon ce soir, entre amis.

Sans échafaudage.