...et quand je dis Homme c'est avec un grand H.
Donc qui inclut les femmes.
Et c'est surtout autour des femmes dont je vous causerai.
Le gouvernement Couillard a fait passé la loi 62 qui exigera que l'on favorise le respect de la neutralité religieuse de l'État en se montrant en public le visage découvert.
Christ que c'est normal.
Christ mais christ que c'est normal.
François Cardinal, que j'aime beaucoup, a tort.
Il n'y a rien de mal à exiger de savoir à qui on s'adresse en public.
La bibliothécaire devra-t-elle refuser de prêter un livre à une femme portant le niqab?
OUI!
Pourquoi devrait-elle accepter la femme en Niqab? C'est peut-être un ado en dessous, un mâle, peu importe. Le niqab est une vision inacceptable dans TOUT ce que nous sommes. Pourquoi lui faire une place dans nos vies? Le niqab rappelle la parfaite inégalité entre un homme et une femme. Est-ce que la femme a vraiment besoin de plus d'inégalités en 2017?
Le responsable de la Maison de la culture devra-t-il empêcher l'entrée à une dame portant le voile intégral?
Si ce n'est pas un événement voulant honorer spécifiquement sa culture, l'espace d'un soir : OUI! Son ghetto n'est pas le nôtre.
Le chauffeur devra-t-il expulser de son autobus une femme portant la burqa?
Absolument, si elle ne veut pas montrer son visage, elle ne devrait pas avoir accès au bus.
En quoi doit-on absolument parler à une dame qui veut prendre l'autobus?
Mauvaise foi Frankie, pas besoin d'y parler, la carte OPUS a une photo dessus afin de la rendre unique à son propriétaire et éviter qu'on se passe la même carte à plusieurs mains. La validation est donc nécessaire. Rien à voir avec la communication. De plus, rien ne dira si vous avez moins de 18 ans et pouvez bénéficier du tarif réduit si vous êtes cachée de la tête aux pieds.
Le niqab, le voile intégral, la burqa, sont le contraire de la liberté chez nous et du savoir-vivre. Ce n'est pas le voile. C'est beaucoup plus contraignant. C'est le "eux" au lieu du "nous". C'est le contraire de la liberté.
Si on refuse que certains manifestants fassent leur sport préféré masqué, qu'est-ce qui nous ferait accepter davantage une soumission publique de la sorte, une supression des libertés féminines?
Oh bien sur! certains vous diront que ces femmes choisissent de porter ces choses. Mais elles ne le feraient pas si elles n'avaient pas été endoctrinées très jeunes par des concepts étrangers. Au Québec, on se parle. On se voit. On se montre. On existe.
Une femme en niqab, voile intégral, burqa, se soustrait de l'existence publique. Les gens masqués en manifestation, on les traite de lâches.
Ironiquement, je trouve un gouvernement que je n'aime généralement pas, assez courageux d'aller de l'avant avec cette loi.
Les femmes du Québec ne devraient pas être ainsi avilies.
Elles sont libres.
On a beau hurler que la loi sera inapplicable, c'est aussi ridicule selon moi que de se plaindre qu'un club sportif ne gagnera pas tous les matchs de sa saison.
On a au moins un club.
Un fameux club fleurdelysé d'Amérique.
Et pour aimer ce club, faut en être fier.
Et surtout se parler.
Une mère ne devrait jamais à avoir à dire à sa fillette qui se questionne "Tu ne sera jamais cette femme".
Parce qu'en plus peut-être, elle pourrait peut-être le devenir...
Cessons d'en exposer les modèles.
Oh et Canada, ne nous donne pas plus de raisons de te quitter qu'on en a déjà...
mercredi 25 octobre 2017
mardi 24 octobre 2017
La Révolution Russe (seconde et dernière partie)
Au moment d'entrer dans la Première Guerre Mondiale, tous les partis politiques soviétiques étaient favorables à la participation de la Russie au conflit à l'exception du Parti ouvrier social-démocrate de Russie.
L'armée russe subie des rossées en guerre, les usines ne sont plus assez productives à domicile, les réseau ferroviaire et la logistique sont inefficaces. Le gouvernement provisoire, depuis février, insiste pour que l'engagement dans la guerre continue, mais le vent est plus favorable au programme bolchévique qui a comme slogan la paix (difficile de faire plus anti-guerre), le pain et la terre. La guerre est fort impopulaire chez le peuple Russe. Et c'est la seconde partie du slogan qui fait écho: "...Tout le pouvoir aux Soviets!".
La crise économique n'a fait que plonger le pays dans le rouge depuis l'été. Une intense campagne de propagande en faveur des bolchéviste sévit à Petrograd.
Aleksandr Kerenski est président provisoire. Le général Kornilov, à l'origine de multiples réformes militaires, est soupçonné de vouloir renverser le gouvernement et de mettre en place une dictature militaire. Kerenski, face à la rumeur exige de l'aide de la garde rouge bolchévique. Leur donnant une extrême crédibilité. Le coup d'État n'aura pas lieu mais 7000 partisans et Kornilov seront arrêtés. Le gouvernement de Kerenski a toutefois été fragilisé. La voie aux Bolchéviques se trace dès septembre. Le soulèvement de Kornilov a sapé la confiance de la base de l'armée dans le gouvernement provisoire de Kerenski.
Lénine, dans la clandestinité, saisit immédiatement l'occasion de revenir sur le devant de la scène.
Les Bolchéviques sortent de leur semi-clandestinité. Les prisonniers politiques, dont Trostky sont libérés. Aucun soutien à Kerenski et contre Kornilov dira Lénine. Les masses se radicalisent. Ouvrier, soldats, syndicats, soviets se rangent du côté des Bolchéviques. Fin septembre, Leon Trostky est fait président des Bolchéviques.
Dans les campagnes, la propagande est fameuse. Tous les paysans sont gagné par la cause. Ils s'emparent des terres des seigneurs, sans attendre la réforme agraire promise. Pas toujours violentes, les paysans renouent avec la longue tradition des révoltes spontanées soviétiques.
Apprenant le nouveau partage des terres, les soldats impliqués dans la Première Guerre Mondiale désertent et reviennent en campagne, dont ils sont pour la plupart, originaires. Afin de prendre part aux redistributions. Les tranchées se vident.
Les Bolchéviques, qu'on qualifiait en été comme une insignifiante poignée de démagogues, contrôlent maintenant la majorité du pays. Il faut les prendre au sérieux.

Trotsky veut mettre de l'ordre dans le pouvoir diffus entre gouvernement provisoire, soviets des députés ouvriers et les délégués des soldats de Petrograd. Lénine & Trotsky convainquent leur troupe qu'il faille faire une insurrection. Prendre le contrôle absolu.
Le renversement se déroulera dans la nuit et se fera presque sans effusion de sang. Les gardes rouges prennent le contrôle des ponts, des gares, de la banque centrale, des centrales postales et téléphoniques avant de prendre d'assaut le palais d'hiver. Les films officiels rendent tout ça fort héroïque, mais la résistance était en vérité nulle. Seuls quelques bataillons. faibles, soutiennent le gouvernement provisoire. On ne dénombre que peu de morts. Rien ne semble changer en ville, les théâtres continuent de présenter leurs pièces, les tramways suivent leur horaire, les magasins sont ouverts, l'un des événements les plus importants du 20ème siècle, avec l'attention internationale sur la Première Guerre Mondiale en plus, se déroule dans une certaine indifférence.
La plupart des soviétiques ne voyait cet événement que comme une péripétie supplémentaire qui ne durerait pas.
Le soulèvement doit maintenant être ratifié par les masses. Le lendemain, Trotsky annonce la dissolution du gouvernement provisoire. Les Soviets ratifient la constitution d'un Conseil de commissaires du peuple intégralement constitué de bolchéviques, comme base du nouveau gouvernement.
Lorsque les bolchéviques prennent le pouvoir à Petrograd, l'État Russe est affaibli et l'armée n'existe pratiquement plus. La population est en proie à de grandes révolutions sociales et la famine et la pauvreté pointent.
Une nouvelle ère Soviétique, auquel on rêve encore là-bas avec un certain romantisme nostalgique et confus, naît.
Le fameux film Reds de Warren Beatty retraçant la vie de l'Étatsunien John Reed, raconte cette période.
Ça se passait dans la nuit d'aujourd'hui à demain, il y a 100 ans.
(dans la nuit du 7 au 8 novembre dans leur calendrier)
Faut pas croire tout ce que racontent les Russes là-dessus. C'était beaucoup moins spectaculaire qu'aujourd'hui raconté.
L'armée russe subie des rossées en guerre, les usines ne sont plus assez productives à domicile, les réseau ferroviaire et la logistique sont inefficaces. Le gouvernement provisoire, depuis février, insiste pour que l'engagement dans la guerre continue, mais le vent est plus favorable au programme bolchévique qui a comme slogan la paix (difficile de faire plus anti-guerre), le pain et la terre. La guerre est fort impopulaire chez le peuple Russe. Et c'est la seconde partie du slogan qui fait écho: "...Tout le pouvoir aux Soviets!".
La crise économique n'a fait que plonger le pays dans le rouge depuis l'été. Une intense campagne de propagande en faveur des bolchéviste sévit à Petrograd.
Aleksandr Kerenski est président provisoire. Le général Kornilov, à l'origine de multiples réformes militaires, est soupçonné de vouloir renverser le gouvernement et de mettre en place une dictature militaire. Kerenski, face à la rumeur exige de l'aide de la garde rouge bolchévique. Leur donnant une extrême crédibilité. Le coup d'État n'aura pas lieu mais 7000 partisans et Kornilov seront arrêtés. Le gouvernement de Kerenski a toutefois été fragilisé. La voie aux Bolchéviques se trace dès septembre. Le soulèvement de Kornilov a sapé la confiance de la base de l'armée dans le gouvernement provisoire de Kerenski.
Lénine, dans la clandestinité, saisit immédiatement l'occasion de revenir sur le devant de la scène.
Les Bolchéviques sortent de leur semi-clandestinité. Les prisonniers politiques, dont Trostky sont libérés. Aucun soutien à Kerenski et contre Kornilov dira Lénine. Les masses se radicalisent. Ouvrier, soldats, syndicats, soviets se rangent du côté des Bolchéviques. Fin septembre, Leon Trostky est fait président des Bolchéviques.
Dans les campagnes, la propagande est fameuse. Tous les paysans sont gagné par la cause. Ils s'emparent des terres des seigneurs, sans attendre la réforme agraire promise. Pas toujours violentes, les paysans renouent avec la longue tradition des révoltes spontanées soviétiques.
Apprenant le nouveau partage des terres, les soldats impliqués dans la Première Guerre Mondiale désertent et reviennent en campagne, dont ils sont pour la plupart, originaires. Afin de prendre part aux redistributions. Les tranchées se vident.
Les Bolchéviques, qu'on qualifiait en été comme une insignifiante poignée de démagogues, contrôlent maintenant la majorité du pays. Il faut les prendre au sérieux.

Trotsky veut mettre de l'ordre dans le pouvoir diffus entre gouvernement provisoire, soviets des députés ouvriers et les délégués des soldats de Petrograd. Lénine & Trotsky convainquent leur troupe qu'il faille faire une insurrection. Prendre le contrôle absolu.
Un comité militaire révolutionnaire créé au sein du soviet de Petrograd est dirigé par Trotsky. Il regroupe ouvrier armés, soldats, marins. La préparation du coup est fait presque au vu et au su de tous. Les plans d'attaques sont même disponibles dans les journaux. Inconsciemment, Kerenski souhaite tout ça.
Le renversement se déroulera dans la nuit et se fera presque sans effusion de sang. Les gardes rouges prennent le contrôle des ponts, des gares, de la banque centrale, des centrales postales et téléphoniques avant de prendre d'assaut le palais d'hiver. Les films officiels rendent tout ça fort héroïque, mais la résistance était en vérité nulle. Seuls quelques bataillons. faibles, soutiennent le gouvernement provisoire. On ne dénombre que peu de morts. Rien ne semble changer en ville, les théâtres continuent de présenter leurs pièces, les tramways suivent leur horaire, les magasins sont ouverts, l'un des événements les plus importants du 20ème siècle, avec l'attention internationale sur la Première Guerre Mondiale en plus, se déroule dans une certaine indifférence.
La plupart des soviétiques ne voyait cet événement que comme une péripétie supplémentaire qui ne durerait pas.
Le soulèvement doit maintenant être ratifié par les masses. Le lendemain, Trotsky annonce la dissolution du gouvernement provisoire. Les Soviets ratifient la constitution d'un Conseil de commissaires du peuple intégralement constitué de bolchéviques, comme base du nouveau gouvernement.
Lorsque les bolchéviques prennent le pouvoir à Petrograd, l'État Russe est affaibli et l'armée n'existe pratiquement plus. La population est en proie à de grandes révolutions sociales et la famine et la pauvreté pointent.
Une nouvelle ère Soviétique, auquel on rêve encore là-bas avec un certain romantisme nostalgique et confus, naît.
Le fameux film Reds de Warren Beatty retraçant la vie de l'Étatsunien John Reed, raconte cette période.
Ça se passait dans la nuit d'aujourd'hui à demain, il y a 100 ans.
(dans la nuit du 7 au 8 novembre dans leur calendrier)
Faut pas croire tout ce que racontent les Russes là-dessus. C'était beaucoup moins spectaculaire qu'aujourd'hui raconté.
lundi 23 octobre 2017
Nos Soeurs Le Font Pour Elles-Mêmes
Pour reprendre les mots de Francine Pelletier, le Québec est au coeur d'une parfaite révolution des moeurs. Les examens de consciences mâles se sont tous faits la semaine dernière dans nos rapports avec les femmes.
Une petite fille de 9 ans disait à sa mère cette semaine avec fatalisme, et ça m'a bouleversé:
"Ouin maman, ben... on est pas à l'abri".
À partir de maintenant, oui. Faudra. Nous sommes beaucoup plus nombreux dans l'équilibre et les abus de pouvoirs, car c'est la donne qui bourdonne, seront maintenant teintés de chutes (on l'espère) brutales pour ceux qui en font usage.
Pour le moment, on entend les personnalités publiques sur les abus sexuels. Mais j'espère simplement que la caissière au salaire minimum du dépanneur, la fille du backstore, la cliente du gynéco, sauront aussi se faire entendre. Et guérir.
En Islande, en 1975, les femmes ont choisi de créer une brêche. Pas de travail. Pas de cuisine. Pas de responsabilités autour des enfants. Du rien pour vrai. Pendant 24 heures.
90% des femmes d'un même pays (de 220 000 habitants) qui ne faisaient rien. Pour protester sur leurs conditions. Remarquablement, l'Islande a été largement paralysée cette journée-là. Les Nations Unies avaient proclamé 1975 "année de la femme", mais si ce n'était qu'un symbole pour se donner bonne conscience...à quoi bon?
Les femmes voulaient attirer l'attention sur leur propre importance, leur salaire si faible, la valeur de leur apport à la maison et ailleurs. Des choses dévalorisées dans les révélations de la semaine dernières au Québec. Certaines victimes de ces gens de pouvoir, presque toute les victimes de Weinstein, ont dû baisser les bras parce qu'il était les sous qui les feraient vivre. Ces victimes agressées étaient souvent en mode survie professionnelle vis à vis de leur agresseur.
À Reikjavik, en 1975, plus de 25 000 femmes ont "pris une journée de congé" en 1975. On a utilisé ce terme afin de s'épargner des problèmes avec les employeurs qui seraient plus clément face à une journée de congé que face à une grève. Et ils l'ont été.
Les femmes ont alors pris la parole, ont chanté. Elles avaient tous les âges. De l'écolière du primaire à l'arrière grand-mère. C'était une révolution tranquille. Une guerre intelligente. Une affaires de Femmes. Mais d'Hommes aussi. Regardez-nous autrement, leur disaient-elles.
La plupart des employeurs se sont ajustés et ont dû accepter les jeunes enfants qui seraient restés à la maison avec maman, au travail avec papa, ce jour-là. La saucisse, le repas rapide le plus populaire en Islande alors, a manqué dans les supermarchés sur l'heure du souper. Beaucoup de commerce ont dû fermer.
Les bureaux du journal avaient été fermés, ce qui a donné l'idée aux femmes d'alors y entrer et d'offrir dès le lendemain un journal dont tous les articles seraient sur les conditions des femmes Islandaises et couvrant l'actualité de la veille.
5 ans plus tard, la toute première Islandaise, Vigdis Finnbogadottir, devenait présidente d'Islande, démocratiquement élue par le peuple.
Les Islandais avaient, en 5 ans, changé leur vision de leurs femmes.
L'Amérique est capable de faire la même chose à l'égard de ces femmes. Nous ne sommes, déjà pour la plupart, pas excessivement loin de les traiter d'égale à égal.
En tout cas, au Québec.
La révolution des moeurs en Islande avait lieu aujourd'hui, il y a 40 ans.
La nôtre commençait peut-être, la semaine dernière.
Devrait.
Did.
Ne laissons pas s'éteindre nos vigilances.
Une petite fille de 9 ans disait à sa mère cette semaine avec fatalisme, et ça m'a bouleversé:
"Ouin maman, ben... on est pas à l'abri".
À partir de maintenant, oui. Faudra. Nous sommes beaucoup plus nombreux dans l'équilibre et les abus de pouvoirs, car c'est la donne qui bourdonne, seront maintenant teintés de chutes (on l'espère) brutales pour ceux qui en font usage.
Pour le moment, on entend les personnalités publiques sur les abus sexuels. Mais j'espère simplement que la caissière au salaire minimum du dépanneur, la fille du backstore, la cliente du gynéco, sauront aussi se faire entendre. Et guérir.
En Islande, en 1975, les femmes ont choisi de créer une brêche. Pas de travail. Pas de cuisine. Pas de responsabilités autour des enfants. Du rien pour vrai. Pendant 24 heures.
90% des femmes d'un même pays (de 220 000 habitants) qui ne faisaient rien. Pour protester sur leurs conditions. Remarquablement, l'Islande a été largement paralysée cette journée-là. Les Nations Unies avaient proclamé 1975 "année de la femme", mais si ce n'était qu'un symbole pour se donner bonne conscience...à quoi bon?
Les femmes voulaient attirer l'attention sur leur propre importance, leur salaire si faible, la valeur de leur apport à la maison et ailleurs. Des choses dévalorisées dans les révélations de la semaine dernières au Québec. Certaines victimes de ces gens de pouvoir, presque toute les victimes de Weinstein, ont dû baisser les bras parce qu'il était les sous qui les feraient vivre. Ces victimes agressées étaient souvent en mode survie professionnelle vis à vis de leur agresseur.
À Reikjavik, en 1975, plus de 25 000 femmes ont "pris une journée de congé" en 1975. On a utilisé ce terme afin de s'épargner des problèmes avec les employeurs qui seraient plus clément face à une journée de congé que face à une grève. Et ils l'ont été.
Les femmes ont alors pris la parole, ont chanté. Elles avaient tous les âges. De l'écolière du primaire à l'arrière grand-mère. C'était une révolution tranquille. Une guerre intelligente. Une affaires de Femmes. Mais d'Hommes aussi. Regardez-nous autrement, leur disaient-elles.
La plupart des employeurs se sont ajustés et ont dû accepter les jeunes enfants qui seraient restés à la maison avec maman, au travail avec papa, ce jour-là. La saucisse, le repas rapide le plus populaire en Islande alors, a manqué dans les supermarchés sur l'heure du souper. Beaucoup de commerce ont dû fermer.
Les bureaux du journal avaient été fermés, ce qui a donné l'idée aux femmes d'alors y entrer et d'offrir dès le lendemain un journal dont tous les articles seraient sur les conditions des femmes Islandaises et couvrant l'actualité de la veille.
5 ans plus tard, la toute première Islandaise, Vigdis Finnbogadottir, devenait présidente d'Islande, démocratiquement élue par le peuple.
Les Islandais avaient, en 5 ans, changé leur vision de leurs femmes.
L'Amérique est capable de faire la même chose à l'égard de ces femmes. Nous ne sommes, déjà pour la plupart, pas excessivement loin de les traiter d'égale à égal.
En tout cas, au Québec.
La révolution des moeurs en Islande avait lieu aujourd'hui, il y a 40 ans.
La nôtre commençait peut-être, la semaine dernière.
Devrait.
Did.
Ne laissons pas s'éteindre nos vigilances.
dimanche 22 octobre 2017
Indochine
Vous connaissez Ken Burns?
Il s'agit d'un réalisateur/producteur de documentaires des États-Unis, coiffé d'une mauvaise perruque. Il s'intéresse beaucoup à son pays, les États-Unis, et y planche tous ses efforts, ayant tourné plusieurs sujets (La Guerre Civile, Les 5 de Central Park, le Baseball, le Jazz, la Prohibition, les Roosevelts, La Conquête de L'Ouest...). Il prend un sujet et le creuse pendant 9 heures. À coups d'archives et de fort intéressants points de vue, vulgarisé par des intervenants toujours fascinants.
Tous les lundis, à RDI, de 20h à 21H, depuis la semaine dernière, on nous présente la version française de La Guerre du Vietnam telle que recherchée et tournée par Ken Burns. Avec les points de vue des deux côtés.
J'ai écouté la première heure et une bombe aurait pu tomber à mes côtés sans que je m'en aperçoive tellement j'étais captivé. Tous les lundis soirs, pendant 8 semaines, ne me cherchez pas. Bien que j'enregistre le tout, je suis rivé à mon écran.
Et qu'est-ce que j'en apprend !
Quand j'ai pensé à la guerre du Vietnam, je n'ai jamais pensé à la France. Je ne l'ai jamais crue impliquée d'une quelconque manière.
Tout le premier épisode nous parle de la genèse de cette guerre.
Et la France y est partout.
En août 1945, la Seconde Grande Guerre tire à sa fin. L'Indochine est française. Très rapidement les Viet Minh communistes d'Ho-Chi-Min et les Français tombent en guerre les uns contre les autres*.
Entre 1946 et 1949, le Viet Minh applique une guerilla meurtrière. On pense alors simple décolonisation française. Mais la conjonction de l'avènement de la Chine Communiste, qui assure une logistique importante aux Viet Minh, le déclenchement de la guerre de Corée, l'aspect ouvertement communiste des Viet Minh et l'hostilité des États-Unis face au monde marxiste-léniniste donnent à la guerre d'Indochine, un aspect de conflit parfaitement ancré dans la guerre froide.
De 1949 à 1954, les États-Unis sont de plus en plus impliqués dans l'aide matérielle et logistique, mais ne sont pas vraiment sur le terrain. Les Français mènent une guerre de plus en plus frontale avec leurs ennemis, dont le soutien de la part des Chinois (communistes) allait leur permettre de mettre sur pied une véritable armée solide et crédible faisant plier les Français.
En mai 1954, les Français font des erreurs graves de stratégie et sont massacrés à Dien Bien Phu. Cette victoire des Viet Minh devient un sacre mythique. Les accords de Genève consacrent que les Français devront quitter le secteur, mais rien n'est complètement terminé. On détermine aussi qu'à partir du 17ème parallèle, le Vietnam sera scindé. Les communistes en haut, au Nord, et au Sud, la République du Vietnam. Le Centre et le Sud seront décidés sous administration française avec élections prévues en 1956 afin de réunifier le pays.
Mais un Coup d'État dès 1955, dans le Sud, organisé par le président Ngo Dinh Nhu, qui ne veut rien entendre des communistes, change les plans.
Les belligérants de la première guerre d'Indochine seront:
-Les Viet Minh, le Lao Issara, le Pathet Lao, les Khmers Issarak, le Front Uni d'Issarak et des volontaires japonnais, soutenus par l'Union Soviétique, la Chine, et l'Allemagne de l'Est, avec comme leaders Ho Chi Minh, Vo Nguyen Giap, Pham Van Dong, Truong Chinh, Souphanouvong et Son Ngoc Minh sous régime communiste.
Contre:
-La France, l'Indonésie Française, le Cambodge, le Laos, la République du Vietnam (tous trois nouvellement créés), supportés par les États-Unis, avec comme leaders, du Corps Français Expéditionnaire, Philippe Leclerc de Hauteclocque, Jean-Étienne Valluy, Roger Blaizot, Marcel Carpentier, Jean de Lattre de Tassigny, Raoul Salan et Henri Navarre; ainsi que Ngo Dinh Diem et Bao Dai de la naissante République du Vietnam.
La France quitte le Sud pour de bon en 1956. Laissant face à face deux belligérants ahuris l'un face à l'autre: les Vietnamiens du Nord soutenus par l'URSS et la Chine et les États-Unis, assez ignorants de l'état des lieux. Cette fois, il prendront le terrain.
Naîtra alors la Seconde Guerre d'Indochine.
Mieux connue sous le nom de Guerre du Vietnam. Qui elle, sera une toute autre histoire d'horreur. Lundi, RDI, 20h à 21H.
Un retentissant échec pour les États-Unis qui se soldera en 1975 par l'annexion complète de la république du Vietnam en Vietnam tout court.
Le Sud, absorbé par le Nord.
J'ignorais que la fuite Française avait initié la Guerre du Vietnam.
Et avait donné des ailes au communisme.
*Le film Oscarisé de Régis Wargnier de 1992 place son intrigue autour du moment où les communistes du Viet Mihn se retournent contre les colonies françaises.
Il s'agit d'un réalisateur/producteur de documentaires des États-Unis, coiffé d'une mauvaise perruque. Il s'intéresse beaucoup à son pays, les États-Unis, et y planche tous ses efforts, ayant tourné plusieurs sujets (La Guerre Civile, Les 5 de Central Park, le Baseball, le Jazz, la Prohibition, les Roosevelts, La Conquête de L'Ouest...). Il prend un sujet et le creuse pendant 9 heures. À coups d'archives et de fort intéressants points de vue, vulgarisé par des intervenants toujours fascinants.
Tous les lundis, à RDI, de 20h à 21H, depuis la semaine dernière, on nous présente la version française de La Guerre du Vietnam telle que recherchée et tournée par Ken Burns. Avec les points de vue des deux côtés.
J'ai écouté la première heure et une bombe aurait pu tomber à mes côtés sans que je m'en aperçoive tellement j'étais captivé. Tous les lundis soirs, pendant 8 semaines, ne me cherchez pas. Bien que j'enregistre le tout, je suis rivé à mon écran.
Et qu'est-ce que j'en apprend !
Quand j'ai pensé à la guerre du Vietnam, je n'ai jamais pensé à la France. Je ne l'ai jamais crue impliquée d'une quelconque manière.
Tout le premier épisode nous parle de la genèse de cette guerre.
Et la France y est partout.
En août 1945, la Seconde Grande Guerre tire à sa fin. L'Indochine est française. Très rapidement les Viet Minh communistes d'Ho-Chi-Min et les Français tombent en guerre les uns contre les autres*.
Entre 1946 et 1949, le Viet Minh applique une guerilla meurtrière. On pense alors simple décolonisation française. Mais la conjonction de l'avènement de la Chine Communiste, qui assure une logistique importante aux Viet Minh, le déclenchement de la guerre de Corée, l'aspect ouvertement communiste des Viet Minh et l'hostilité des États-Unis face au monde marxiste-léniniste donnent à la guerre d'Indochine, un aspect de conflit parfaitement ancré dans la guerre froide.
De 1949 à 1954, les États-Unis sont de plus en plus impliqués dans l'aide matérielle et logistique, mais ne sont pas vraiment sur le terrain. Les Français mènent une guerre de plus en plus frontale avec leurs ennemis, dont le soutien de la part des Chinois (communistes) allait leur permettre de mettre sur pied une véritable armée solide et crédible faisant plier les Français.
En mai 1954, les Français font des erreurs graves de stratégie et sont massacrés à Dien Bien Phu. Cette victoire des Viet Minh devient un sacre mythique. Les accords de Genève consacrent que les Français devront quitter le secteur, mais rien n'est complètement terminé. On détermine aussi qu'à partir du 17ème parallèle, le Vietnam sera scindé. Les communistes en haut, au Nord, et au Sud, la République du Vietnam. Le Centre et le Sud seront décidés sous administration française avec élections prévues en 1956 afin de réunifier le pays.
Mais un Coup d'État dès 1955, dans le Sud, organisé par le président Ngo Dinh Nhu, qui ne veut rien entendre des communistes, change les plans.
Les belligérants de la première guerre d'Indochine seront:
-Les Viet Minh, le Lao Issara, le Pathet Lao, les Khmers Issarak, le Front Uni d'Issarak et des volontaires japonnais, soutenus par l'Union Soviétique, la Chine, et l'Allemagne de l'Est, avec comme leaders Ho Chi Minh, Vo Nguyen Giap, Pham Van Dong, Truong Chinh, Souphanouvong et Son Ngoc Minh sous régime communiste.
Contre:
-La France, l'Indonésie Française, le Cambodge, le Laos, la République du Vietnam (tous trois nouvellement créés), supportés par les États-Unis, avec comme leaders, du Corps Français Expéditionnaire, Philippe Leclerc de Hauteclocque, Jean-Étienne Valluy, Roger Blaizot, Marcel Carpentier, Jean de Lattre de Tassigny, Raoul Salan et Henri Navarre; ainsi que Ngo Dinh Diem et Bao Dai de la naissante République du Vietnam.
La France quitte le Sud pour de bon en 1956. Laissant face à face deux belligérants ahuris l'un face à l'autre: les Vietnamiens du Nord soutenus par l'URSS et la Chine et les États-Unis, assez ignorants de l'état des lieux. Cette fois, il prendront le terrain.
Naîtra alors la Seconde Guerre d'Indochine.
Mieux connue sous le nom de Guerre du Vietnam. Qui elle, sera une toute autre histoire d'horreur. Lundi, RDI, 20h à 21H.
Un retentissant échec pour les États-Unis qui se soldera en 1975 par l'annexion complète de la république du Vietnam en Vietnam tout court.
Le Sud, absorbé par le Nord.
J'ignorais que la fuite Française avait initié la Guerre du Vietnam.
Et avait donné des ailes au communisme.
*Le film Oscarisé de Régis Wargnier de 1992 place son intrigue autour du moment où les communistes du Viet Mihn se retournent contre les colonies françaises.
samedi 21 octobre 2017
Mensonges, Mensonges, Mensonges
On dit qu'en guerre, la première victime est toujours la vérité.
C'est totalement vrai.
En 1989, on a déterré de faux charnier à Timisoara en Roumanie pour justifier la guerre.
En 1991, lors de la guerre du Koweit, on a inventé une histoire de vol de bébé en couveuse.
En 1992, on a parlé de faux camps d'extermination en Bosnie.
En 2003, on fabule sur des fausses armes de destruction massive en Irak.
En 2011, on fabrique que Khadafi bombarde son peuple, tuant ou blessant femmes et enfants, civils, des dizaines de milliers, et qu'il aurait ordonné à sa milice de violer les femmes, leur fournissant du Viagra.
Mensonges partout.
La guerre en soi est souvent un mensonge.
Dans le film de Steven Spielberg de 1998, Saving Private Ryan, toute l'intrigue est basée sur la Sole Survivor Law. Une loi que je n'ai pas crue vraie quand j'ai visionné le film à l'époque. J'ai regardé tout le film en salle, avec incrédulité, en attendant qu'on me révèle un punch quelconque où que l'on m'explique tout le côté absurde de la loi. Cette loi, entérinée en 1948, fait écho aux 5 frères Sullivan, tous tués dans la Seconde Grande Guerre. Leur famille avait reçu 5 fois la même lettre de condoléances, et le mal en avait été quintuplé. Ce qui avait été jugé beaucoup trop intense par l'armée...
WUT?
Dans le film de Spielberg, une escouade risque sa vie pour retrouver le 4ème frère Ryan, quand on apprend que les trois autres ont tous trouvé la mort et que trois lettres arriveront à sa famille en même temps. Une escouade ne fait plus que combattre les Allemands, il faut aussi sauver le soldat Ryan. Et le ramener à sa famille. Sinon...sinon quoi? on pleurera trop? Ça fera trop mal? C'EST LA GUERRE!
Bon...je comprends, on veut tout de même atténuer le mal.
Mais la guerre est écho de douleur. Faut pas se conter d'histoires.
La loi du seul survivant stipule que le dernier survivant d'une famille peut être épargné/retiré du service militaire, si tous les membres de sa famille (au combat) ont été tués au préalable.
Je m'en serais inventé des membres de ma famille mes amis!
Dans la construction de mon être, ça fait peu de sens.
Si tu es soldat au combat, tu peux mourir.
Ce n'est pas une probabilité, c'est plus que ça, c'est une forte chance.
Prétendre le contraire, c'est mentir.
Ce n'est pas un travail de bureau, vous êtes un jeune homme/femme en plein conflit armé et qui dit arme, dit aussi balles-qui-peuvent-tuer. Même en tirs amis.
Prétendre
Le
Contraire
EST
SE MENTIR À SOI-MÊME
Je suis incapable de voir cette loi autrement que comme une imposture. On veut épargner la famille? Fallait pas envoyer/laisser partir ses enfants à la guerre! Ça fait partie du "jeu", non?
Mais bon, on veut atténuer la douleur.
Ça l'a été étouffé cette semaine, dans les histoires de Bombardier avalé par Airbus, les révélations d'abus sexuels et Eric Salvail et Gilbert Rozon faisant mauvais usage de leur pénis ici, mais Donald Trump aurait fait preuve d'insensibilité (what's new anyway?) à l'égard de la veuve d'un soldat, mort au front quelque part dans le monde où les États-Unis se chicanent (ça pourrait être partout). Il aurait dit "qu'il savait dans quoi il s'embarquait". La veuve ne l'a pas digéré.
Je ne pensais jamais dire cela un jour, Ô jamais, mais Donald avait raison.
Pour la famille, les proches d'un soldat au front, on doit s'attendre à ce qu'il frenche la mort plus vite que quiconque.
Mais ça prend un vrai coeur de pierre pour le rappeler à une amoureuse éploré. Sur le fond toutefois, Trump ne se trompait pas.
La guerre peut être la mort. C'est un pile ou face.
Ne nous racontons pas de fausses vérités.
Mais atténuer le mal, Trump ne connait pas non plus.
Est-ce que je commence à lui ressembler?...
C'est totalement vrai.
En 1989, on a déterré de faux charnier à Timisoara en Roumanie pour justifier la guerre.
En 1991, lors de la guerre du Koweit, on a inventé une histoire de vol de bébé en couveuse.
En 1992, on a parlé de faux camps d'extermination en Bosnie.
En 2003, on fabule sur des fausses armes de destruction massive en Irak.
En 2011, on fabrique que Khadafi bombarde son peuple, tuant ou blessant femmes et enfants, civils, des dizaines de milliers, et qu'il aurait ordonné à sa milice de violer les femmes, leur fournissant du Viagra.
Mensonges partout.
La guerre en soi est souvent un mensonge.
Dans le film de Steven Spielberg de 1998, Saving Private Ryan, toute l'intrigue est basée sur la Sole Survivor Law. Une loi que je n'ai pas crue vraie quand j'ai visionné le film à l'époque. J'ai regardé tout le film en salle, avec incrédulité, en attendant qu'on me révèle un punch quelconque où que l'on m'explique tout le côté absurde de la loi. Cette loi, entérinée en 1948, fait écho aux 5 frères Sullivan, tous tués dans la Seconde Grande Guerre. Leur famille avait reçu 5 fois la même lettre de condoléances, et le mal en avait été quintuplé. Ce qui avait été jugé beaucoup trop intense par l'armée...
WUT?
Dans le film de Spielberg, une escouade risque sa vie pour retrouver le 4ème frère Ryan, quand on apprend que les trois autres ont tous trouvé la mort et que trois lettres arriveront à sa famille en même temps. Une escouade ne fait plus que combattre les Allemands, il faut aussi sauver le soldat Ryan. Et le ramener à sa famille. Sinon...sinon quoi? on pleurera trop? Ça fera trop mal? C'EST LA GUERRE!
Bon...je comprends, on veut tout de même atténuer le mal.
Mais la guerre est écho de douleur. Faut pas se conter d'histoires.
La loi du seul survivant stipule que le dernier survivant d'une famille peut être épargné/retiré du service militaire, si tous les membres de sa famille (au combat) ont été tués au préalable.
Je m'en serais inventé des membres de ma famille mes amis!
Dans la construction de mon être, ça fait peu de sens.
Si tu es soldat au combat, tu peux mourir.
Ce n'est pas une probabilité, c'est plus que ça, c'est une forte chance.
Prétendre le contraire, c'est mentir.
Ce n'est pas un travail de bureau, vous êtes un jeune homme/femme en plein conflit armé et qui dit arme, dit aussi balles-qui-peuvent-tuer. Même en tirs amis.
Prétendre
Le
Contraire
EST
SE MENTIR À SOI-MÊME
Je suis incapable de voir cette loi autrement que comme une imposture. On veut épargner la famille? Fallait pas envoyer/laisser partir ses enfants à la guerre! Ça fait partie du "jeu", non?
Mais bon, on veut atténuer la douleur.
Ça l'a été étouffé cette semaine, dans les histoires de Bombardier avalé par Airbus, les révélations d'abus sexuels et Eric Salvail et Gilbert Rozon faisant mauvais usage de leur pénis ici, mais Donald Trump aurait fait preuve d'insensibilité (what's new anyway?) à l'égard de la veuve d'un soldat, mort au front quelque part dans le monde où les États-Unis se chicanent (ça pourrait être partout). Il aurait dit "qu'il savait dans quoi il s'embarquait". La veuve ne l'a pas digéré.
Je ne pensais jamais dire cela un jour, Ô jamais, mais Donald avait raison.
Pour la famille, les proches d'un soldat au front, on doit s'attendre à ce qu'il frenche la mort plus vite que quiconque.
Mais ça prend un vrai coeur de pierre pour le rappeler à une amoureuse éploré. Sur le fond toutefois, Trump ne se trompait pas.
La guerre peut être la mort. C'est un pile ou face.
Ne nous racontons pas de fausses vérités.
Mais atténuer le mal, Trump ne connait pas non plus.
Est-ce que je commence à lui ressembler?...
vendredi 20 octobre 2017
Gordon Edgar Downie (1964-2017)
Kingston, Ontario.
1982-1983.
Gord et Rob Baker sont bons buddys. Rob est un bon guitariste. Ils fréquentent tous deux le même collège. Rob sera le designer de la plupart des t-shirts du groupe de musique qu'ils formeront bientôt. Ils feront un numéro ensemble pour le show de fin d'année. Gord Sinclair se lie d'amitié avec Baker. Sinclair peut jouer de la base. Johnny Fay se lie d'amitié avec Downie, il est habile à la batterie. Dès 1984, le quatuor se donne en spectacle ensemble au pub Alfie's de la Queen's University.
Le band prendra son nom d'un élément de comédie du très drôle Micheal Nesmith.
En 1986, Paul Langlois se joint comme second guitariste et les Tragically Hip sont complets. Ils se livrent en spectacle dans les bars et c'est là qu'un représentant de MCA les remarquent et les signent. Presqu'aussitôt le band enregistre un mini-album.
Leur album de 1989 fait aussitôt sensation avec ses morceaux riches en guitares. Je découvre leur premier single sur une cassette promo de chez HMV Ste-Foy qu'on me donne tout simplement à l'achat de quelque chose d'autre. Deux ans plus tard, le band fait encore fureur avec leur nouvel effort. C'est là que je les voit en spectacle pour la première fois. Leur son blues rock est fort séduisant. La présence de Downie sur scène est animale. On y va pour rugir, la testostérone dans le tapis.
Leur album de 1992 représente leur apogée. 6 singles en seront issus. Je les reverrai en spectacle pour la dernière fois. Électrisant. Des amis à moi leur seront plus fidèles. Pendant la tournée qui suit, plusieurs morceaux de l'album suivant, qui n'est pas mal non plus, sont pratiqués sur scène. En 1994, Day For Night fait très bonne impression. Deux ans plus loin, Trouble at the Henhouse fera aussi très bien avec 5 singles pour les radios, principalement du Canada d'Amérique. The Tragically Hip est une fierté canadienne. On y explore la géographie canadienne et son histoire. Le son devient moins blues et moins rock. Même la voix de Downie change et devient moins rageuse. Il est plus profond dans ses thèmes. Bien qu'encore plus sombre et énigmatique qu'ensoleillé.
C'est Dan Aykroyd qui forcera auprès des producteurs de Saturday Night Live afin que le band s'y produisent.
Leur album de 1998 fera encore fureur, mais surtout au Canada d'Amérique et chez les mordus du band. Le groupe fera le tout premier spectacle du tout nouveau Air Canada Center qui remplace le vieux Maple Leafs Garden.
L'album de 2000 aura la musicienne néo-brunswickoise Julie Doiron aux voix de support pour l'enregistrement.
Deux ans plus tard, un autre album et une présence dans le film de Paul Gross. Ils auront fait la même chose dans la série télé Corner Gas. Ils seront aussi largement référencé dans Trailer Park Boys.
De 2001 à 2017, Gord Downie lancera 6 albums en solo. Les Hip ne chôment pas pour autant lançant (avec Downie, toujours) 5 albums.
Gordon Downie avait marié une survivante du cancer, avec laquelle il a eu 4 enfants. Peu de temps avant le printemps 2016, le couple s'était séparé. Mais c'est lui qui aura le crabe dans la tête. Un crabe fatal.
Ce printemps-là, Downie apprenait qu'il était atteint d'un grave cancer du cerveau qui le condamnait à court terme.
Il aura survécu jusqu'à mardi dernier. Il n'avait que 53 ans. 8 ans de plus que moi.
L'été dernier, les Hip faisait une tournée d'adieu avec Downie comme chanteur.
Un bouleversant concert ultime que j'ai enregistré et que deux de mes amis sont allé voir en Ontario.
J'ai écouté ce concert hier. Ça me semblait approprié.
Bonne nuit, Gordie!
1982-1983.
Gord et Rob Baker sont bons buddys. Rob est un bon guitariste. Ils fréquentent tous deux le même collège. Rob sera le designer de la plupart des t-shirts du groupe de musique qu'ils formeront bientôt. Ils feront un numéro ensemble pour le show de fin d'année. Gord Sinclair se lie d'amitié avec Baker. Sinclair peut jouer de la base. Johnny Fay se lie d'amitié avec Downie, il est habile à la batterie. Dès 1984, le quatuor se donne en spectacle ensemble au pub Alfie's de la Queen's University.
Le band prendra son nom d'un élément de comédie du très drôle Micheal Nesmith.
En 1986, Paul Langlois se joint comme second guitariste et les Tragically Hip sont complets. Ils se livrent en spectacle dans les bars et c'est là qu'un représentant de MCA les remarquent et les signent. Presqu'aussitôt le band enregistre un mini-album.
Leur album de 1989 fait aussitôt sensation avec ses morceaux riches en guitares. Je découvre leur premier single sur une cassette promo de chez HMV Ste-Foy qu'on me donne tout simplement à l'achat de quelque chose d'autre. Deux ans plus tard, le band fait encore fureur avec leur nouvel effort. C'est là que je les voit en spectacle pour la première fois. Leur son blues rock est fort séduisant. La présence de Downie sur scène est animale. On y va pour rugir, la testostérone dans le tapis.
Leur album de 1992 représente leur apogée. 6 singles en seront issus. Je les reverrai en spectacle pour la dernière fois. Électrisant. Des amis à moi leur seront plus fidèles. Pendant la tournée qui suit, plusieurs morceaux de l'album suivant, qui n'est pas mal non plus, sont pratiqués sur scène. En 1994, Day For Night fait très bonne impression. Deux ans plus loin, Trouble at the Henhouse fera aussi très bien avec 5 singles pour les radios, principalement du Canada d'Amérique. The Tragically Hip est une fierté canadienne. On y explore la géographie canadienne et son histoire. Le son devient moins blues et moins rock. Même la voix de Downie change et devient moins rageuse. Il est plus profond dans ses thèmes. Bien qu'encore plus sombre et énigmatique qu'ensoleillé.
C'est Dan Aykroyd qui forcera auprès des producteurs de Saturday Night Live afin que le band s'y produisent.
Leur album de 1998 fera encore fureur, mais surtout au Canada d'Amérique et chez les mordus du band. Le groupe fera le tout premier spectacle du tout nouveau Air Canada Center qui remplace le vieux Maple Leafs Garden.
L'album de 2000 aura la musicienne néo-brunswickoise Julie Doiron aux voix de support pour l'enregistrement.
Deux ans plus tard, un autre album et une présence dans le film de Paul Gross. Ils auront fait la même chose dans la série télé Corner Gas. Ils seront aussi largement référencé dans Trailer Park Boys.
De 2001 à 2017, Gord Downie lancera 6 albums en solo. Les Hip ne chôment pas pour autant lançant (avec Downie, toujours) 5 albums.
Gordon Downie avait marié une survivante du cancer, avec laquelle il a eu 4 enfants. Peu de temps avant le printemps 2016, le couple s'était séparé. Mais c'est lui qui aura le crabe dans la tête. Un crabe fatal.
Ce printemps-là, Downie apprenait qu'il était atteint d'un grave cancer du cerveau qui le condamnait à court terme.
Il aura survécu jusqu'à mardi dernier. Il n'avait que 53 ans. 8 ans de plus que moi.
L'été dernier, les Hip faisait une tournée d'adieu avec Downie comme chanteur.
Un bouleversant concert ultime que j'ai enregistré et que deux de mes amis sont allé voir en Ontario.
J'ai écouté ce concert hier. Ça me semblait approprié.
Bonne nuit, Gordie!
jeudi 19 octobre 2017
Danser Dans le Noir
Maintenant Salvail et Rozon...
Il ne fait aucun doute que les allusions d'agressions sexuelles dont a fait part Björk cette semaine visaient Lars Von Trier.
Tout comme avec Harvey Weinstein, là non plus je ne suis pas tellement surpris. Je ne me souviens pas si j'en avait déjà parlé ici, mais j'ai laissé tombé Von Trier quand j'ai commencé à sentir qu'il se faisait un malin plaisir à filmer la femme en décomposition morale et physique. Breaking the Waves, Dancer in the Dark, Dogville, Manderlay, Antichrist, Melancholia, Nymphomaniac...Je n'ai pas vu les trois derniers, là, je l'avais vraiment abandonné.
Dès Dancer in the Dark, je commençais à grincer des dents. Je me rappelle l'extrême tension entre Björk et Von Trier à Cannes cette année-là.
Dans chaque film, nommé plus haut, une femme, destructrice, auto-destructrice, parfois les deux. Presque toujours, une femme menée vers la déchéance. Pas sain du tout.
J'y sentais une certaine misogynie assumée que je ne tenais en rien à honorer en visionnant ses films.
Peut-être que je me trompe.
Euripide, dans un cocktail lounge babacool avec Aristophane et Socrate, aurait dit, dans un grand moment de lucidité: "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble".
Formidable lucidité.
En 2017, ce que nous savons, tous ensemble, c'est que traiter une femme comme moins que son égal est mauvais. Donc, la forcer à se soumettre à nos, (nous-les hommes) pulsions sexuelles contre son gré est complètement inacceptable. À moins d'être président des États-Unis, je crois comprendre.
Une campagne de guérison est en cours en ce moment, principalement sur les réseaux sociaux. Un véritable tsunami de vannes qui s'ouvrent afin de se libérer de plaies et afin, surtout de freiner la recrudescence de nouvelles victimes féminines au niveau des agressions sexuelles.
Dominique Strauss-Khan ne doit même pas comprendre ce qui se passe.
Des femmes de partout dans le monde dénoncent "leur porc" en France; disent "moi aussi" en Amérique ou ailleurs, et trouvent le courage de crier pour se faire entendre afin d'expier la/les fois où elles n'en ont pas eu la chance, la force, l'oreille pour le faire. Il y a ménage, processus de guérison et je trouve ça merveilleux. Des queues flétrissent entre certaines jambes.
Mais je devine que certaines s'inventent peut-être aussi quelques porcs...
Peut-être que je me trompe là aussi.
Dans la foulée des dénonciations mondiales sur le harcèlement sexuel, un ministre français, Bruno Le Maire, s'est mis le pied dans la bouche et la bite dans l'oreille. Il a affirmé qu'il ne "...dénoncerait jamais un collègue harceleur parce que la dénonciation n'est pas dans son identité politique". Il faut savoir qu'en France, la délation, en général, a très mauvaise réputation depuis l'occupation, Vichy et la Seconde Guerre Mondiale. Elle a brisé bien des liens et bien des vies. Mais il faut avoir le jugement d'une enclume pour dire une chose du genre dans un contexte comme celui qui suit les révélations sur les comportements douteux d'Harvey Weinstein.
Et de probablement plusieurs autres dans le même moule.
C'est ce moule dont on veut changer le modèle. Et ce ministre, dans sa grande maladresse, nous dit que la recette, il ne la changerait pas. Il regarderait ailleurs.
Bravo.
Il a eu beau s'excuser et dire qu'il avait été maladroit et que ce n'était pas de cette manière qu'il voulait faire paraître son côté imbécile. Il mérite le goulag.
Une personne victime de viol ou d'agression sexuelle est piégée par son traumatisme. Il est extraordinairement courageux de voir toutes ses femmes, meurtries, se libérer de leurs chaînes.
La violence subie par une victime, morale et/ou physique, la paralyse. Le cerveau ne contrôle plus l'intensité du stress intérieur. La sidération est absolue. Le corps se protège naturellement en "éteignant le système". La victime est alors littéralement anesthésiée et se dissocie. Elle est comme déconnectée de son propre corps. C'est ce que l'on appelle l'état dissociatif. En conséquence, le souvenir va rester coincé dans une partie du cerveau et ne va pas être traité et enregistré complètement par le "disque dur".
Le souvenir errera dans le cerveau et ne sera pas rattachable nécessairement à une date. Il peut refaire surface en tout temps, initié par une odeur, une couleur, une scène, un mot, un amalgame de choses.
Vous vous demandez qu'est-ce qu'elles attendaient ces dames pour parler?
Elles attendaient d'être déparalysées de leur traumatisme.
C'est ce qui se produit en ce moment.
Christ que c'est sain.
Exposant le malsain du même coup.
S'avouer victime fait partie de la guérison.
Le drame sort du silence.
Bientôt, plus lumineuse sera la danse.
Peut-être que je me trompe encore.
Mais je ne crois pas.
Il ne fait aucun doute que les allusions d'agressions sexuelles dont a fait part Björk cette semaine visaient Lars Von Trier.
Tout comme avec Harvey Weinstein, là non plus je ne suis pas tellement surpris. Je ne me souviens pas si j'en avait déjà parlé ici, mais j'ai laissé tombé Von Trier quand j'ai commencé à sentir qu'il se faisait un malin plaisir à filmer la femme en décomposition morale et physique. Breaking the Waves, Dancer in the Dark, Dogville, Manderlay, Antichrist, Melancholia, Nymphomaniac...Je n'ai pas vu les trois derniers, là, je l'avais vraiment abandonné.
Dès Dancer in the Dark, je commençais à grincer des dents. Je me rappelle l'extrême tension entre Björk et Von Trier à Cannes cette année-là.
Dans chaque film, nommé plus haut, une femme, destructrice, auto-destructrice, parfois les deux. Presque toujours, une femme menée vers la déchéance. Pas sain du tout.
J'y sentais une certaine misogynie assumée que je ne tenais en rien à honorer en visionnant ses films.
Euripide, dans un cocktail lounge babacool avec Aristophane et Socrate, aurait dit, dans un grand moment de lucidité: "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble".
Formidable lucidité.
En 2017, ce que nous savons, tous ensemble, c'est que traiter une femme comme moins que son égal est mauvais. Donc, la forcer à se soumettre à nos, (nous-les hommes) pulsions sexuelles contre son gré est complètement inacceptable. À moins d'être président des États-Unis, je crois comprendre.
Une campagne de guérison est en cours en ce moment, principalement sur les réseaux sociaux. Un véritable tsunami de vannes qui s'ouvrent afin de se libérer de plaies et afin, surtout de freiner la recrudescence de nouvelles victimes féminines au niveau des agressions sexuelles.
Dominique Strauss-Khan ne doit même pas comprendre ce qui se passe.
Des femmes de partout dans le monde dénoncent "leur porc" en France; disent "moi aussi" en Amérique ou ailleurs, et trouvent le courage de crier pour se faire entendre afin d'expier la/les fois où elles n'en ont pas eu la chance, la force, l'oreille pour le faire. Il y a ménage, processus de guérison et je trouve ça merveilleux. Des queues flétrissent entre certaines jambes.
Mais je devine que certaines s'inventent peut-être aussi quelques porcs...
Peut-être que je me trompe là aussi.
Dans la foulée des dénonciations mondiales sur le harcèlement sexuel, un ministre français, Bruno Le Maire, s'est mis le pied dans la bouche et la bite dans l'oreille. Il a affirmé qu'il ne "...dénoncerait jamais un collègue harceleur parce que la dénonciation n'est pas dans son identité politique". Il faut savoir qu'en France, la délation, en général, a très mauvaise réputation depuis l'occupation, Vichy et la Seconde Guerre Mondiale. Elle a brisé bien des liens et bien des vies. Mais il faut avoir le jugement d'une enclume pour dire une chose du genre dans un contexte comme celui qui suit les révélations sur les comportements douteux d'Harvey Weinstein.
Et de probablement plusieurs autres dans le même moule.
C'est ce moule dont on veut changer le modèle. Et ce ministre, dans sa grande maladresse, nous dit que la recette, il ne la changerait pas. Il regarderait ailleurs.
Bravo.
Il a eu beau s'excuser et dire qu'il avait été maladroit et que ce n'était pas de cette manière qu'il voulait faire paraître son côté imbécile. Il mérite le goulag.
Une personne victime de viol ou d'agression sexuelle est piégée par son traumatisme. Il est extraordinairement courageux de voir toutes ses femmes, meurtries, se libérer de leurs chaînes.
La violence subie par une victime, morale et/ou physique, la paralyse. Le cerveau ne contrôle plus l'intensité du stress intérieur. La sidération est absolue. Le corps se protège naturellement en "éteignant le système". La victime est alors littéralement anesthésiée et se dissocie. Elle est comme déconnectée de son propre corps. C'est ce que l'on appelle l'état dissociatif. En conséquence, le souvenir va rester coincé dans une partie du cerveau et ne va pas être traité et enregistré complètement par le "disque dur".
Le souvenir errera dans le cerveau et ne sera pas rattachable nécessairement à une date. Il peut refaire surface en tout temps, initié par une odeur, une couleur, une scène, un mot, un amalgame de choses.
Vous vous demandez qu'est-ce qu'elles attendaient ces dames pour parler?
Elles attendaient d'être déparalysées de leur traumatisme.
C'est ce qui se produit en ce moment.
Christ que c'est sain.
Exposant le malsain du même coup.
S'avouer victime fait partie de la guérison.
Le drame sort du silence.
Bientôt, plus lumineuse sera la danse.
Peut-être que je me trompe encore.
Mais je ne crois pas.
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