Né à Montréal et élevé dans la région de Hudson, celui que l'on appelera Jack avait comme père un ministre du parti progressiste conservateur (deux mots innasociables) élu entre autre sous le régime Mulroney. Le grand-père de Jack Layton était aussi un Duplessiste
Étudiant, il est président du parlement jeunesse. On lui prédit à l'Université McGill, un avenir en politique. À 19 ans, il marie son amoureuse du moment avec laquelle il aura deux enfants. Il parfait son éducation en sciences politiques`en Ontario à York où il deviendra professeur à la Ryerson University. Là, il se fait de nombreux contacts et, éternel activiste optimiste, il est élu au conseil de ville de Toronto.
Il devient vite une voix dominante dans la ville. Il est l'unes des principales voix s'opposant à l'érection du Skydome, il est aussi parmi les premiers à soulever le problème du SIDA. Il devient si public qu'il se fait plus absent de la maisonnée, il divorce de sa femme en 1983.
En 1988, il mariera Olivia Chow, membre important du conseil scolaire du district de Toronto. Ils logent dans une coopérative d'habitation mais lorsque le couple gagne plus de 120, 000, ils paient volontairement 325$ de plus que ce que la coopérative leur exige. Ils déménagent peu de temps après pour s'acheter une maison dans le Chinatown de Toronto.
Portant de grosses lunettes, des jeans et les cheveux toujours en bataille, Layton change son image afin de poser sa candidature comme maire de Toronto en 1991. Comme Layton s'était vivement opposé à la populaire demande de la ville de poser sa candidature pour les jeux olympiques d'été de 1996, il perd les élections mais sa femme Oliva Chow gagne facilement un siège au conseil de ville.
Layton fonde alors le Green Catalyst Group Inc. un groupe conseil pour les entreprises environnementales. Il s'implique dans la chambre des communes du Canada sous la bannière du NPD en 1993. En 1994, il travaille toujours pour le conseil métropolitain de la ville de Toronto. Il devient par la suite leader de la Fédération des Municipalités Canadiennes. Il se présente comme candidat du NPD en 1997 mais perd face au libéral Dennis Mills. En juin 1999, il est instrumental dans les phases préléminaires de la coopérative d'énergie éolienne Windshare.
Jack Layton est élu leader du Nouveau Parti Démocrate le 25 janvier 2003. Tout de suite, sa bouille sympathique, sa capacité à passer d'une langue à l'autre, son accessibilité et sa verve en font un favori des caméras. Il réussit à associer les Libéraux de Paul Martin à la droite canadienne. Avant la fin de l'année 2003, sa première comme leader, le NPD récolte plus de vote selon les sondages que l'Alliance Canadienne et le parti Conservateur-Progressiste.
Toutefois en 2004, Layton est déjoué par son enthousiasme. Lors de la campagne électoral fédérale, il porte une malhabile et douteuse accusation contre Paul Martin qu'il tient responsable de la mort de nombreux sans-abris. Son gouvernement, aux yeux de Layton, n'aurait pas fourni les fonds nécéssaires pour les aider. Le Bloc Québécois fait aussi très mal au NPD qui ne gagne que 19 sièges au fil d'arrivée, ce qui se trouve quand même à être le plus gros score en 16 ans. De plus, majoritairement en raison de la commission Gomery, le résultat final est un résultat de gouvernement minoritaire. Layton et le NPD devient un élément clé pour tous les partis. Layton réussit à faire soutirer 4 millions à Paul Martin à investir dans les logements sociaux. Une coalition est envisagée entre les partis d'oppositions mais quand on propose de mettre Stephen Harper comme chef de la coalition, il se retire. Harper est anti-gays, pro-pétrole, créationiste, conservateur et archaique dans sa vision de la femme, lourdingue, il est complètement à l'opposé du fringant, dynamique et sportif Jack Layton.
Layton fait d'ailleurs énormément de sport, du vélo entre autre, qui lui auront fait retarder sa lune de miel avec Olivia Chow quand il fait un accident en 1988.
Aux élections de 2006, le NPD gagne 29 sièges. Parmi ceux-ci, sa femme Olivia Chow. Son parti est toutefois toujours 4ème. Le Bloc Québécois et les Libéraux sont toutefois devant eux et les affreux conservateurs sont au pouvoir. Et toujours minoritaires. Le NPD reste toujouts intéressant pour tous les partis, leaders comme opposants. Layton n'aime jamais davantage que lorsqu'il est sollicité. Généreux en entrevue, toujours souriant et de bonne humeur, il est au coeur de toutes les négociations entre conservateurs, Libéraux et Bloquistes.
En juin 2008, c'est Layton qui conseille Stephen Harper sur les excuses publiques que son gouvernement fera aux anciens étudiants des premières nations.
Quand Harper relance des élections cette année là, les consrvateurs gagnent à nouveau mais restent minoritaires. Rien ne change vraiment sinon que le NPD rafle 8 nouveaux sièges. Une brève coalliton est formée avec les deux partis d'oppositions mais fonctionnera peu. Principalement grâce à l'instabilité de Michael Ignatieff.
En 2010, son fils Mike est élu au conseil de ville de Toronto. La même année, Layton est diagnostiqué comme étant atteint d'un cancer de la prostate suffisament avancé pour le faire ralentir dans ses activités. Son père a survécu le même cancer 17 ans auparavant et sa femme a aussi dû se battre contre le cancer de la glande thyroïde. Toujours optimiste, fervent batailleur, il promet de vaincre cette épreuve.
Toutefois Layton parait de plus en plus amaigri et une opération à la hanche le fait marcher avec une canne.
Tout de suite après les élections de 2011, dont les résultats donnent un historique 103 sièges au pays, 59 sur les 75 du Québec, et qui placent le NPD comme opposition officielle pour la première fois de son histoire, Layton annonce alors qu'il se retire atteint d'un nouveau cancer.
Nycole Turmel assure l'intérim de son parti.
Jack aura eu le temps de marquer la vie de la demie-tonne de recrue, aujourd'hui orphelines, que le pays a envoyé au parlement cette année.
C'est une étoile dans la nuit de beaucoup de gens qui vient de s'éteindre.
Un lutteur contre le cynisme ambiant.
Un rare politicien facile à aimer.
Un de ceux qu'on aurait imaginé prendre sa guitare pour parler aux journalistes.
mardi 23 août 2011
lundi 22 août 2011
Le Ciel Prenait des Photos
Sommes revenus du New Jersey où nous étions en galère avec des vieux potes de guerre.
Plutôt des chevaliers de la bière.
Une sacrée belle bande de mercenaires.
En suis-je revenu poète?
P'tête.
Dr. Penske , Zsa-Zsa Garcia et leurs trois enfants, McMooch, Franny Patterson et leurs deux marmots, Anaïs et Miguel et leurs trois enfants, Danny Beckett et Ninie O'Neil ainsi que les jumeaux, Nous 4, Punkee, Monkee, Twinling & Jonesy ; 22 à la table quand venait le temps de trinquer, manger, piailler, on a même été 28 durant deux jours!
Pendant que nous revenions tous, séparément dans nos bolides vers nos îles respectives, Courtemanche en a profité pour mourir. Lui qui a eu la vie amère, souhaitons-lui une belle mort.
Pendant ce temps, nous avions la vie belle.
Blotti dans le lit du New Jersey là-bas, j'avais Monkee qui me piquait mon oreiller dans son sommeil aussi profond que le mien était absent. Comme nous avons tous deux le même type de sommeil agité, on fait équipe dans nos nuitées en vacances pendant que les princesses, rêvassent dans le lit voisin. Il faisait tonnerre ce soir-là. Violent tonnerre. Mais tout le monde dormait sauf moi. Le ciel prenait des photos. C'était très beau au travers des rideaux de la fenêtre de chambre.
Je cherchais le sommeil mais ne trouvait que de bons moments à me rappeller entre amis. Un élan d'humour ici, un moment d'esprit ailleurs, un rire contagieux, un geste touchant à l'égard d'un enfant, c'est fou ce que l'on se sent bien quand on est bien entouré. C'est probablement pour ça que je n'arrivais pas à dormir. Je ne voulais pas que cela cesse. J'avais peut-être peur de manquer quelque chose. C'est peut-être ça la clé de mes insomnies, la peur de manquer quelque chose.
L'ivresse de cette dernière semaine entre amis a fait beaucoup de bien à toute la maisonnée. Avec le temps, on n'arrive plus beaucoup à se fréquenter comme à l'époque de Duran Duran (que nous irons voir quand même en octobre!) et là avec les enfants, il y a forcément de l'interférence dans les conversations mais une interférence si saine, si riche, si touchante, les 12 enfants ont joué ensemble comme si ils avaient étés élevés dans la même grange. Et nous avons bu, mangé et rigolé comme si nous avions 20 ans. J'ai presque réussi à faire aimer le jazz à ma douce, Manu Chao et Lhasa de Sela ont aussi été des amis qui chantaient sur la banquette arrière du fond de nos chambres.
Mon fils parlait de deux des enfants sur place, les deux plus vieux de Miguel et Anaïs, et il en parlait en les appellant "cousin, cousine".
"Mais ce ne sont pas tes cousins, cousines, Monkee"
"C'est vrai mais je les ai fréquenté aussi souvent, peut-être plus, que mes cousins, cousines et je m'en sens proche comme si c'était de la famille"
Ma fille aurait pu dire la même chose de la plus vieille de McMooch & Franny, adorable petite fille qui est née deux semaines après Punkee.
C'est du beau souvenir pour enfants qu'on a bâti cet été.
Du beau souvenir pour les plus grands aussi.
Du souvenir de calibre olympique.
Du souvenir en or.
Ce surf, ces dauphins à 25 pieds pendant que nous attendions la "killer wave", cette sauce qui semblait si simple pour Beckett mais qui respirait la gastronomie pour les autres qui mangeaient leur pâtes aux pétoncles, les pièces de monnaie au fond de la piscine, Monkee qui fait 16 fois la piscine* sous l'eau dans la même journée, les mouettes qui nous ont volé deux de nos trois fromages, ces rues étrangement désertes dans notre Crest, cette lune derrière les manèges du Boardwalk ("watch the traincar please"), cette mouche de Glenn Falls piégée dans la voiture et morte éxténuée autour de Longueil, ce bungee à trois et à plat ventre dont la photo nous montre des visages qui valent milles mots.
Les photos ne renderont pas toute justice au bien qu'on s'est tous fait là-bas.
De toutes façons les meilleurs clichés viennent du ciel.
Le seul endroit d'où on aurait pu saisir toute l'équipée dans toute sa splendeur.
Merci Beckett & Ninie pour cette idée folle de 22 guignols qui cabriolent.
J'en raffole.
*Pas 16 fois consécutives mais 16 fois de bout en bout de la piscine sous l'eau quand même, je ne faisais pas ça à 12 ans. personnellement.
Plutôt des chevaliers de la bière.
Une sacrée belle bande de mercenaires.
En suis-je revenu poète?
P'tête.
Dr. Penske , Zsa-Zsa Garcia et leurs trois enfants, McMooch, Franny Patterson et leurs deux marmots, Anaïs et Miguel et leurs trois enfants, Danny Beckett et Ninie O'Neil ainsi que les jumeaux, Nous 4, Punkee, Monkee, Twinling & Jonesy ; 22 à la table quand venait le temps de trinquer, manger, piailler, on a même été 28 durant deux jours!
Pendant que nous revenions tous, séparément dans nos bolides vers nos îles respectives, Courtemanche en a profité pour mourir. Lui qui a eu la vie amère, souhaitons-lui une belle mort.
Pendant ce temps, nous avions la vie belle.
Blotti dans le lit du New Jersey là-bas, j'avais Monkee qui me piquait mon oreiller dans son sommeil aussi profond que le mien était absent. Comme nous avons tous deux le même type de sommeil agité, on fait équipe dans nos nuitées en vacances pendant que les princesses, rêvassent dans le lit voisin. Il faisait tonnerre ce soir-là. Violent tonnerre. Mais tout le monde dormait sauf moi. Le ciel prenait des photos. C'était très beau au travers des rideaux de la fenêtre de chambre.
Je cherchais le sommeil mais ne trouvait que de bons moments à me rappeller entre amis. Un élan d'humour ici, un moment d'esprit ailleurs, un rire contagieux, un geste touchant à l'égard d'un enfant, c'est fou ce que l'on se sent bien quand on est bien entouré. C'est probablement pour ça que je n'arrivais pas à dormir. Je ne voulais pas que cela cesse. J'avais peut-être peur de manquer quelque chose. C'est peut-être ça la clé de mes insomnies, la peur de manquer quelque chose.
L'ivresse de cette dernière semaine entre amis a fait beaucoup de bien à toute la maisonnée. Avec le temps, on n'arrive plus beaucoup à se fréquenter comme à l'époque de Duran Duran (que nous irons voir quand même en octobre!) et là avec les enfants, il y a forcément de l'interférence dans les conversations mais une interférence si saine, si riche, si touchante, les 12 enfants ont joué ensemble comme si ils avaient étés élevés dans la même grange. Et nous avons bu, mangé et rigolé comme si nous avions 20 ans. J'ai presque réussi à faire aimer le jazz à ma douce, Manu Chao et Lhasa de Sela ont aussi été des amis qui chantaient sur la banquette arrière du fond de nos chambres.
Mon fils parlait de deux des enfants sur place, les deux plus vieux de Miguel et Anaïs, et il en parlait en les appellant "cousin, cousine".
"Mais ce ne sont pas tes cousins, cousines, Monkee"
"C'est vrai mais je les ai fréquenté aussi souvent, peut-être plus, que mes cousins, cousines et je m'en sens proche comme si c'était de la famille"
Ma fille aurait pu dire la même chose de la plus vieille de McMooch & Franny, adorable petite fille qui est née deux semaines après Punkee.
C'est du beau souvenir pour enfants qu'on a bâti cet été.
Du beau souvenir pour les plus grands aussi.
Du souvenir de calibre olympique.
Du souvenir en or.
Ce surf, ces dauphins à 25 pieds pendant que nous attendions la "killer wave", cette sauce qui semblait si simple pour Beckett mais qui respirait la gastronomie pour les autres qui mangeaient leur pâtes aux pétoncles, les pièces de monnaie au fond de la piscine, Monkee qui fait 16 fois la piscine* sous l'eau dans la même journée, les mouettes qui nous ont volé deux de nos trois fromages, ces rues étrangement désertes dans notre Crest, cette lune derrière les manèges du Boardwalk ("watch the traincar please"), cette mouche de Glenn Falls piégée dans la voiture et morte éxténuée autour de Longueil, ce bungee à trois et à plat ventre dont la photo nous montre des visages qui valent milles mots.
Les photos ne renderont pas toute justice au bien qu'on s'est tous fait là-bas.
De toutes façons les meilleurs clichés viennent du ciel.
Le seul endroit d'où on aurait pu saisir toute l'équipée dans toute sa splendeur.
Merci Beckett & Ninie pour cette idée folle de 22 guignols qui cabriolent.
J'en raffole.
*Pas 16 fois consécutives mais 16 fois de bout en bout de la piscine sous l'eau quand même, je ne faisais pas ça à 12 ans. personnellement.
dimanche 21 août 2011
John Cassavetes
John Cassavetes est né à New York d'un père Grec qui avait migré aux États-Unis à l'âge de 11 ans et d'une mère des États-Unis.
Très jeune et avec son frère, Cassavetes fréquente les salles de cinéma. Peu intéressé par les études supérieures, il choisit de faire partie du grand écran et s'inscrit à l'American Academy of Dramatic Arts de New York.
Le jeu de Cassavetes et les méthodes qu'il utilisera plus tard sont très imprégnées des méthodes de l'Actor's Studio de Lee Strasberg. À la fin de ses études, dans les années 50, il part en tournée sur Broadway et c'est là qu'il rencontre l'actrice Gena Rowlands qui deviendra son épouse en 1954. Ensemble ils auront trois enfants, Nick, Alexandra et Zoe qui seront tous réalisateurs de cinéma eux aussi.
La télévision est en plein essor et Cassavetes saute dans le milieu. Au début, il campe surtout des seconds rôles dans des émissions qui sont parfois des retransmissions en direct de pièce de théâtre, milieu avec lequel il est familier. Très rapidement on tombe dans "l'âge d'or de la télévision" et de vedettes comme Eli Wallach, Grace Kelly ou James Dean y trouvent leurs premiers rôles. Cassavetes apprend beaucoup de ce qui se passe derrière la caméra à cette époque.
Don Siegel le remarque et lui offre un rôle dans Crime in the Streets en 1955, puis il joue dans Edge of the City de Martin Ritt l'année suivante. De ses deux films il garde un expérience tellement vive qu'il veut maintenant passer derrière la caméra. Il a bien gagné quelques sous mais pour en faire davantage il fonde une école de théâtre. En faisant des ateliers d'improvisations à cet atelier il trouve l'idée qui deviendra son premier film, Shadows.
Tout à fait dans l'esprit de la nouvelle-vague en France, le film est majoritairement improvisé. Charles Mingus en fait une trame sonore comme Miles Davis avait fait pour Louis Malle en regardant les rushs du film et en improvisant en direct. Cassavetes tourne cette histoire de jeunes new yorkais de la classe moyenne sur fonds de tensions raciales avec de l'argent gratté à gauche et à droite. Interviewé à la radio il demande l'aumône. Le tournage durera 4 mois. L'impulsion de départ devient un état d'esprit, la spontanéité est la ligne directrice du film. Un état d'esprit, voilà ce que Cassavetes tentera de filmer toute sa vie. Et toujours avec impulsivité. Voilà où je me reconnais tout de suite. Al Ruban n'a pas la moindre expérience comme caméraman mais il sera du service technique pour partiquement tout les films de Cassavetes à venir. Seymour Cassel est improvisé homme à tout faire et sera aussi distributeur du film (et plus tard acteur). Ce sont des étudiants du cinéma et de la vie qui gravitent autour du film qui sortira fin 1958 à New York. Cassavetes trouve la première représentation si catastrophique qu'il reprend le film et en 10 jours tourne de nouvelles scènes, refait le montage visuel et relance le film en salle. Il s'endette dans le processus et accepte "simplement pour se refaire un portefeuille" le rôle du detective Johnny Staccato dans la série télé du même nom. Il déteste mais doit le faire ne serais-ce qu'en prévision de son fils qui naitra bientôt. Il réalise lui-même cinq épisodes et contribue à l'écriture de plusieurs des scénarios.
Grâce au travail de l'improvisé distributeur Seymour Cassel, envoyé en mission en Europe pour vendre le film, Shadows est d'abord projeté au National Film Theater de Londres, puis à la Cinémathèque française, et remporte le prix de la critique Pasinetti au Festival de Venise en 1960. Il trouve finalement un distributeur britannique, la Lion International Films (également distributeur de The Third Man de Carol Reed), qui va lui permettre d'être exploité internationalement.
Son succès outre mer intéresse Hollywood qui lui offre la réalisation de deux films. Nouvellement installé à Beverly Hills, le premier film reprend la thématique du jazz, de la communauté et de la place de l'individu en son sein. Le succès n'est pas au rendez-vous. Cassavetes est déçu.
Il tourne deux épisodes de série pour la télé dans le cadre du Lloyd Bridges Show dont l'un gagnera un Peabody Award.
Le second film est une horreur. Il traite de l'autisme. Après voir recherché son sujet, Cassavetes veut présenter les autistes comme des enfants normaux vivant dans l'ostracisme du regard que la société porte sur eux tandis que le producteur, Stanley Kramer, veut plutôt souligner cette différence exclusivement du point de vue de la société et des efforts qu'elle investit au travers des instituts pour les ramener à elle. Le conflit est si total que Cassavetes frappe un mur et ne le termine pas. Il le renie. Il déteste tant Hollywood qu'il reviendra sur cette haine plus tard en tant que sujet principal de l'un de ses films.
Il décide de définitivement s'affranchir du système pour produire ses propres réalisations. Fermement résolu à ne plus faire appel à des capitaux qui pourraient nuire à sa liberté de création, John Cassavetes décide de produire lui-même ses films comme l’avait été Shadows. Ils seront tournés dans la maison familiale, ou celle de ses parents ou de proches. Les acteurs seront des amis, des membres de la famille ou des amateurs. Après quelques engagements comme comédien, John Cassavetes réunit assez d’argent pour réaliser Faces.
Le film est d'abord une pièce de théâtre de Cassavetes écrite en 1964 qu'il retouche pour en faire un film de 250 pages de textes. Tout est écrit mais les comédiens peuvent jouer autour du texte. Le film suit la dérive d'un couple d'âge mûr en panne dans leur aventure extraconjugale. Superbe direction d'acteurs. La durée des prises de vues elle-même se met au diapason des interprètes. C'est un très bon film. Le montage durera 3 ans et sera fait à même la maison de Cassavetes/Rowlands. Tout est à ses frais. Il prend tout ce qu'on lui offre à la télé afin de payer les coûts de production de Faces.
Il joue dans Rosemary's Baby mais Polanski le détestera car Cassavetes n'en fait qu'à sa tête et méprise le film. Un an plus tôt il a beaucoup de succès comme comédien dans The Dirty Dozen de Robert Aldrich qui lui vaudra une nomination aux Golden Globes et une autre aux Oscars.
Faces est lancé en 1968 et est aussitôt selectionné à la Mostra de Venise dans les catégories meilleur film et meilleure inteprétation masculine (pour John Marley, récompense qu'il gagnera). Le film est aussi en nomination trois fois aux Oscars ce qui soulève l'ire de la Guilde des Acteurs d'Hollywood, avec à sa tête le déjà ridicule Charlton Heston, puisque le film n'est jamais passé par leur aval, autofinancé, produit et distribué indépendamment. Heston réclamera une cotisation de la part des acteurs du film, cotisation qu'il n'aura bien entendu, jamais.
Le film suivant sera financé par un mécène italien, Bino Cirogna, qui admire le travail de Cassavetes. Ce dernier en fait la connaissance sur le tournage des Untouchables de Giuliano Montaldo à Rome. Le tournage aura lieu à Londres et mettera en vedette trois amis qui le deviendront pour vrai dans la vie. Peter Falk, Ben Gazzara et Cassavetes lui-même. Husbands raconte l'histoire de trois pères de famille partant faire une escapade dans la capitale britannique à la mort de l'un de leurs proches. Un autre merveilleux film à mon humble avis.
Le succès de Cassavetes en reste un succès d'estime et le milieu le craint autant qu'il le respecte. Cassavetes est têtu, frondeur et accepte peu les compromis. Il refait entièrement le montage de Husbands quand Columbia décide de le distribuer. Le film devient un succès de cinémathèque au grand dam de Columbia Pictures.
Le film suivant sera une comédie sur les raisons qui conduisent un homme et une femme au mariage dans l'Amérique contemporaine. Minnie & Moskowitz met en vedette l'ami Seymour Cassel et la femme de Cassavetes, Gena Rowlands. Cette histoire d'amour entre deux individus qui envisagent de se marier sur le tard met aussi en vedette la mère de Gena Rowlands et la mère de John Cassavetes, dans les rôles respectifs de... la mère de Gena Rowlands et celle de Seymour Cassel (à 1:40 dans le lien). Universal accepte de distribuer et laisse carte blanche à Cassavetes. Le film est un petit succès et fait tout juste ses frais.
Cassavetes et Rowlands hypothèquent leur maison pour le tournage de leur prochain film. A Woman Under The Influence est exigeant pour Gena Rowlands et pour le couple. Cette histoire de femme névrosée en chute libre mentalement est ardue. Peter Falk y est brillant mais Rowlands y est encore plus lumineuse. Le film est tourné en 1971, se termine en 1972 et ne sera distribué qu'en 1974, Cassavetes se transformant en control freak par rapport à sa distribution. Il est convaincu d'avoir entre les mains quelque chose de sacré et il a raison.
Le film est un succès commercial, il remporte plusieurs prix, la performance de Gene Rowlands tout particulièrement qui se mérite un Golden Globe et une nomination aux Oscars.
Cassavetes tourne en 1976 avec Gazzara The Killing Of A Chinese Bookie. Une allégorie sur sa haine de Hollywood et sur son éternel combat afin d'avoir le champs libre quand à sa création. Hollywood lui rend bien cette haine, le film, quioque très bon, est un four commercial. Grace à l'Europe qui le reçoit très bien, le film fera ses frais.
L'année suivante Cassavetes tourne Opening Night avec Gazzara et Rowlands. Bien que la performance de Rowlands soit saluée par un Ours d'argent à Berlin, le film, auto-produit, est un échec financier.
Ayant maintenant besoin d'argent, Cassavetes accepte d'écrire sur commande pour la MGM et de tourner (avec Rowlands) le film (atypique pour Cassavetes) Gloria. Le film est un "accident" aux dires de Cassavetes voilà pourquoi il est un énorme succès. Il remporte le Lion d'Or à La Mostra de Venise.
Cassavetes fait ensuite un retour au théâtre. Il dirige son fils sur scène en 1981 dans East/West Games puis écrit un segment de trilogie qu'il dirige aussi, Knives avec Peter Falk. Il dirige The Third Day Comes de Ted Allan mettant à nouveau son fils en vedette et sa femme Gena Rowlands puis Love Streams toujours de Ted Allan avec Rownlands et John Voight.
Il reprendra cette dernière pièce pour en faire son dernier (vrai) film se plaçant lui-même dans le rôle que tenait John Voight et toujours avec Rowlands, fidèle au poste.
Le film réunit pratiquement tous ses thèmes favoris et fait la somme de l'oeuvre Cassavetes. Il parle d'isolement affectif, d'éxutoire dans la fête, de faillite conjugale. Cassavetes boit beaucoup et la cirrhose le gagne. Il est à cette époque très malade.
C'est malade qu'il prend le relais d'Andrew Bergman (à la demande de Peter Falk) pour compléter le tournage du très moyen Big Trouble en 1985.
Deux ans plus tard il dirige sur scène une pièce qu'il avait écrite et voulait tourner en film mais que son entourage lui a forcé à faire au théâtre afin de moins se fatiguer. Il écrit She's So Lovely en 1987 pour Sean Penn mais le film ne sera finalement tourné par son fils Nick (toujours avec Sean Penn)qu'en 1997.
La veille de mon 17ème anniversaire en 1989, sa cirrhose a raison de lui. Il avait 59 ans.
J'ai tenté d'acheter un coffret contenant Shadows, Faces, Minnie & Moskowitz, The Killing of a Chinese Bookie, Opening Night et Love Streams sur Ebay. Le prix était trop beau pour être vrai. Il y avait erreur sur le site et pour me dédommager de ma déception, on m'a envoyé une bête pièce de monnaie d'Asie supposément rare qui a aussitôt pris le chemin de l'égoût.
Me suis quand même acheté Husbands.
Et cet homme, qui me ressemble en bien des points, m'a laissé de trop sérieuses images dans la tête pour que je ne mette pas la main dessus un jour.
Faces, The Killing... et Shadows au minimum.
Parole de tête de mûle.
Merci la vie pour Cassavetes.
Très jeune et avec son frère, Cassavetes fréquente les salles de cinéma. Peu intéressé par les études supérieures, il choisit de faire partie du grand écran et s'inscrit à l'American Academy of Dramatic Arts de New York.
Le jeu de Cassavetes et les méthodes qu'il utilisera plus tard sont très imprégnées des méthodes de l'Actor's Studio de Lee Strasberg. À la fin de ses études, dans les années 50, il part en tournée sur Broadway et c'est là qu'il rencontre l'actrice Gena Rowlands qui deviendra son épouse en 1954. Ensemble ils auront trois enfants, Nick, Alexandra et Zoe qui seront tous réalisateurs de cinéma eux aussi.
La télévision est en plein essor et Cassavetes saute dans le milieu. Au début, il campe surtout des seconds rôles dans des émissions qui sont parfois des retransmissions en direct de pièce de théâtre, milieu avec lequel il est familier. Très rapidement on tombe dans "l'âge d'or de la télévision" et de vedettes comme Eli Wallach, Grace Kelly ou James Dean y trouvent leurs premiers rôles. Cassavetes apprend beaucoup de ce qui se passe derrière la caméra à cette époque.
Don Siegel le remarque et lui offre un rôle dans Crime in the Streets en 1955, puis il joue dans Edge of the City de Martin Ritt l'année suivante. De ses deux films il garde un expérience tellement vive qu'il veut maintenant passer derrière la caméra. Il a bien gagné quelques sous mais pour en faire davantage il fonde une école de théâtre. En faisant des ateliers d'improvisations à cet atelier il trouve l'idée qui deviendra son premier film, Shadows.
Tout à fait dans l'esprit de la nouvelle-vague en France, le film est majoritairement improvisé. Charles Mingus en fait une trame sonore comme Miles Davis avait fait pour Louis Malle en regardant les rushs du film et en improvisant en direct. Cassavetes tourne cette histoire de jeunes new yorkais de la classe moyenne sur fonds de tensions raciales avec de l'argent gratté à gauche et à droite. Interviewé à la radio il demande l'aumône. Le tournage durera 4 mois. L'impulsion de départ devient un état d'esprit, la spontanéité est la ligne directrice du film. Un état d'esprit, voilà ce que Cassavetes tentera de filmer toute sa vie. Et toujours avec impulsivité. Voilà où je me reconnais tout de suite. Al Ruban n'a pas la moindre expérience comme caméraman mais il sera du service technique pour partiquement tout les films de Cassavetes à venir. Seymour Cassel est improvisé homme à tout faire et sera aussi distributeur du film (et plus tard acteur). Ce sont des étudiants du cinéma et de la vie qui gravitent autour du film qui sortira fin 1958 à New York. Cassavetes trouve la première représentation si catastrophique qu'il reprend le film et en 10 jours tourne de nouvelles scènes, refait le montage visuel et relance le film en salle. Il s'endette dans le processus et accepte "simplement pour se refaire un portefeuille" le rôle du detective Johnny Staccato dans la série télé du même nom. Il déteste mais doit le faire ne serais-ce qu'en prévision de son fils qui naitra bientôt. Il réalise lui-même cinq épisodes et contribue à l'écriture de plusieurs des scénarios.
Grâce au travail de l'improvisé distributeur Seymour Cassel, envoyé en mission en Europe pour vendre le film, Shadows est d'abord projeté au National Film Theater de Londres, puis à la Cinémathèque française, et remporte le prix de la critique Pasinetti au Festival de Venise en 1960. Il trouve finalement un distributeur britannique, la Lion International Films (également distributeur de The Third Man de Carol Reed), qui va lui permettre d'être exploité internationalement.
Son succès outre mer intéresse Hollywood qui lui offre la réalisation de deux films. Nouvellement installé à Beverly Hills, le premier film reprend la thématique du jazz, de la communauté et de la place de l'individu en son sein. Le succès n'est pas au rendez-vous. Cassavetes est déçu.
Il tourne deux épisodes de série pour la télé dans le cadre du Lloyd Bridges Show dont l'un gagnera un Peabody Award.
Le second film est une horreur. Il traite de l'autisme. Après voir recherché son sujet, Cassavetes veut présenter les autistes comme des enfants normaux vivant dans l'ostracisme du regard que la société porte sur eux tandis que le producteur, Stanley Kramer, veut plutôt souligner cette différence exclusivement du point de vue de la société et des efforts qu'elle investit au travers des instituts pour les ramener à elle. Le conflit est si total que Cassavetes frappe un mur et ne le termine pas. Il le renie. Il déteste tant Hollywood qu'il reviendra sur cette haine plus tard en tant que sujet principal de l'un de ses films.
Il décide de définitivement s'affranchir du système pour produire ses propres réalisations. Fermement résolu à ne plus faire appel à des capitaux qui pourraient nuire à sa liberté de création, John Cassavetes décide de produire lui-même ses films comme l’avait été Shadows. Ils seront tournés dans la maison familiale, ou celle de ses parents ou de proches. Les acteurs seront des amis, des membres de la famille ou des amateurs. Après quelques engagements comme comédien, John Cassavetes réunit assez d’argent pour réaliser Faces.
Le film est d'abord une pièce de théâtre de Cassavetes écrite en 1964 qu'il retouche pour en faire un film de 250 pages de textes. Tout est écrit mais les comédiens peuvent jouer autour du texte. Le film suit la dérive d'un couple d'âge mûr en panne dans leur aventure extraconjugale. Superbe direction d'acteurs. La durée des prises de vues elle-même se met au diapason des interprètes. C'est un très bon film. Le montage durera 3 ans et sera fait à même la maison de Cassavetes/Rowlands. Tout est à ses frais. Il prend tout ce qu'on lui offre à la télé afin de payer les coûts de production de Faces.
Il joue dans Rosemary's Baby mais Polanski le détestera car Cassavetes n'en fait qu'à sa tête et méprise le film. Un an plus tôt il a beaucoup de succès comme comédien dans The Dirty Dozen de Robert Aldrich qui lui vaudra une nomination aux Golden Globes et une autre aux Oscars.
Faces est lancé en 1968 et est aussitôt selectionné à la Mostra de Venise dans les catégories meilleur film et meilleure inteprétation masculine (pour John Marley, récompense qu'il gagnera). Le film est aussi en nomination trois fois aux Oscars ce qui soulève l'ire de la Guilde des Acteurs d'Hollywood, avec à sa tête le déjà ridicule Charlton Heston, puisque le film n'est jamais passé par leur aval, autofinancé, produit et distribué indépendamment. Heston réclamera une cotisation de la part des acteurs du film, cotisation qu'il n'aura bien entendu, jamais.
Le film suivant sera financé par un mécène italien, Bino Cirogna, qui admire le travail de Cassavetes. Ce dernier en fait la connaissance sur le tournage des Untouchables de Giuliano Montaldo à Rome. Le tournage aura lieu à Londres et mettera en vedette trois amis qui le deviendront pour vrai dans la vie. Peter Falk, Ben Gazzara et Cassavetes lui-même. Husbands raconte l'histoire de trois pères de famille partant faire une escapade dans la capitale britannique à la mort de l'un de leurs proches. Un autre merveilleux film à mon humble avis.
Le succès de Cassavetes en reste un succès d'estime et le milieu le craint autant qu'il le respecte. Cassavetes est têtu, frondeur et accepte peu les compromis. Il refait entièrement le montage de Husbands quand Columbia décide de le distribuer. Le film devient un succès de cinémathèque au grand dam de Columbia Pictures.
Le film suivant sera une comédie sur les raisons qui conduisent un homme et une femme au mariage dans l'Amérique contemporaine. Minnie & Moskowitz met en vedette l'ami Seymour Cassel et la femme de Cassavetes, Gena Rowlands. Cette histoire d'amour entre deux individus qui envisagent de se marier sur le tard met aussi en vedette la mère de Gena Rowlands et la mère de John Cassavetes, dans les rôles respectifs de... la mère de Gena Rowlands et celle de Seymour Cassel (à 1:40 dans le lien). Universal accepte de distribuer et laisse carte blanche à Cassavetes. Le film est un petit succès et fait tout juste ses frais.
Cassavetes et Rowlands hypothèquent leur maison pour le tournage de leur prochain film. A Woman Under The Influence est exigeant pour Gena Rowlands et pour le couple. Cette histoire de femme névrosée en chute libre mentalement est ardue. Peter Falk y est brillant mais Rowlands y est encore plus lumineuse. Le film est tourné en 1971, se termine en 1972 et ne sera distribué qu'en 1974, Cassavetes se transformant en control freak par rapport à sa distribution. Il est convaincu d'avoir entre les mains quelque chose de sacré et il a raison.
Le film est un succès commercial, il remporte plusieurs prix, la performance de Gene Rowlands tout particulièrement qui se mérite un Golden Globe et une nomination aux Oscars.
Cassavetes tourne en 1976 avec Gazzara The Killing Of A Chinese Bookie. Une allégorie sur sa haine de Hollywood et sur son éternel combat afin d'avoir le champs libre quand à sa création. Hollywood lui rend bien cette haine, le film, quioque très bon, est un four commercial. Grace à l'Europe qui le reçoit très bien, le film fera ses frais.
L'année suivante Cassavetes tourne Opening Night avec Gazzara et Rowlands. Bien que la performance de Rowlands soit saluée par un Ours d'argent à Berlin, le film, auto-produit, est un échec financier.
Ayant maintenant besoin d'argent, Cassavetes accepte d'écrire sur commande pour la MGM et de tourner (avec Rowlands) le film (atypique pour Cassavetes) Gloria. Le film est un "accident" aux dires de Cassavetes voilà pourquoi il est un énorme succès. Il remporte le Lion d'Or à La Mostra de Venise.
Cassavetes fait ensuite un retour au théâtre. Il dirige son fils sur scène en 1981 dans East/West Games puis écrit un segment de trilogie qu'il dirige aussi, Knives avec Peter Falk. Il dirige The Third Day Comes de Ted Allan mettant à nouveau son fils en vedette et sa femme Gena Rowlands puis Love Streams toujours de Ted Allan avec Rownlands et John Voight.
Il reprendra cette dernière pièce pour en faire son dernier (vrai) film se plaçant lui-même dans le rôle que tenait John Voight et toujours avec Rowlands, fidèle au poste.
Le film réunit pratiquement tous ses thèmes favoris et fait la somme de l'oeuvre Cassavetes. Il parle d'isolement affectif, d'éxutoire dans la fête, de faillite conjugale. Cassavetes boit beaucoup et la cirrhose le gagne. Il est à cette époque très malade.
C'est malade qu'il prend le relais d'Andrew Bergman (à la demande de Peter Falk) pour compléter le tournage du très moyen Big Trouble en 1985.
Deux ans plus tard il dirige sur scène une pièce qu'il avait écrite et voulait tourner en film mais que son entourage lui a forcé à faire au théâtre afin de moins se fatiguer. Il écrit She's So Lovely en 1987 pour Sean Penn mais le film ne sera finalement tourné par son fils Nick (toujours avec Sean Penn)qu'en 1997.
La veille de mon 17ème anniversaire en 1989, sa cirrhose a raison de lui. Il avait 59 ans.
J'ai tenté d'acheter un coffret contenant Shadows, Faces, Minnie & Moskowitz, The Killing of a Chinese Bookie, Opening Night et Love Streams sur Ebay. Le prix était trop beau pour être vrai. Il y avait erreur sur le site et pour me dédommager de ma déception, on m'a envoyé une bête pièce de monnaie d'Asie supposément rare qui a aussitôt pris le chemin de l'égoût.
Me suis quand même acheté Husbands.
Et cet homme, qui me ressemble en bien des points, m'a laissé de trop sérieuses images dans la tête pour que je ne mette pas la main dessus un jour.
Faces, The Killing... et Shadows au minimum.
Parole de tête de mûle.
Merci la vie pour Cassavetes.
samedi 20 août 2011
GPS
Ce n'est pas vrai que les hommes n'aiment pas se faire donner de directions quand ils sont au volant.
La belle aime beaucoup le GPS que je lui ai offert à son anniversaire. Moi, moins. Pas parce qu'il me dit où aller mais parce que je m'y fie. On ne devrait jamais compter sur nulle autre que soi-même. Me suis perdu presque toutes les fois en grande partie à cause du GPS.
Vrai que quand on ne sait pas où on s'en va, on doit avoir des directives, mais ces directions, 9.5 fois sur 10 je les prends sur le net avant de partir quelque part et les note sur un bout de papier, Je ne me sers pas du GPS qui est dans la voiture.
Il ne tient jamais compte (de toute évidence) des constructions. Si bien que tout l'été je me suis perdu en me rendant aux différents terrains de soccer de ma fille car les constructions m'envoyaient tout le temps chez le diable. Moi j'aimais bien la voix appellée "Julie", je m'imaginais une belle fille de type Bryce Dallas Howard qui nous jasait ça. Mais la belle préfère la voix dite "Félix" qui prononce les noms de rues, surtout les noms de rues anglophones, de manière toute à fait atroce.
Atlantic Avenue réussit à sonner comme "Ostie d'avenue". Nous étions quatre à l'entendre et chaque fois il y a eu fous rires. Je soupçonne que la belle imagine Brad Pitt en Félix.
Ce qui me plait toutefois c'est l'option "heure d'arrivée" qui se trouve dessus. J'avoue d'ailleurs ne savourer que cette option quand je prends le GPS. La voix qui me parle en conduisant coupe toujours la musique sur laquelle mon cerveau se concentre, cerveau qui est aussi concentré très souvent sur la discussion que j'ai avec un passager et sur la route aussi. Ça fait beaucoup de brain management.
L'heure d'arrivée n'est jamais parfaite mais donne une bonne idée quand même de nos ittinéraires.
Cette fois j'étais avec fiston et nous allions chercher les livres du secondaire qu'une brave jeune fille qui passe au deuxième secondaire nous vendait à moitié prix pour la renteé de l'an prochain. Mais avant fallait bien passer au guichet pour sortir le blé pour la payer. Toutefois j'avais déjà entré l'adresse de chez la jeune fille avant de me rendre au guichet.
"Veuillez prendre la route en surbrillance"
"Non" ai-je dis en riant, fiston a ri aussi.
"Recalcul...Tournez à gauche sur la rue De Callières"
"Non plus" ai-je dis faisant à nouveau rigoler Monkee à mes côtés.
"...tournez à gauche sur De Callières..."
"Y en est pas question"
Le GPS(Félix) n'a pas aimé mon attitude.
"recalcul, tournez à gauche sur de la Visitation puis à droite sur Tremblay"
"Screw you man, I'm going my way!"
Cette fois c'était trop le GPS a perdu la tête:
"TOURNE À GAUCHE MAUDIT TÊTU!"
Monkee et moi sommes restés stupéfaits.
"TOURNE, TOURNE AAAARGH! RECALCUL!"
Monkee et moi se sommes regardés, impuissants devant une situation qui nous échappait complètement.
"TOURNE À GAUCHE SUR DU CAP, REVIENS SUR TES PAS, REPREND LA CONCORDE DIRECTION EST PIS VA METTRE DE L'ESSENCE T'EN AURAS PAS ASSEZ..."
"hein? ben non, pas à ce prix là...1,37$ c'est pour les imbéciles..." ai-je répondu à la petite machine en forme de carrée.
"Comment qu'il fait pour voir qu'on a pas beaucoup d'essence?" a dit Monkee. Je ne lui ai pas répondu j'avais déjà filé au guichet. J'étais un peu aigri. Me faire crier après comme ça. En voilà des manières.
"recalcul" a dit Felix avec une meilleure attitude.
"As tu faim Monkee? On a le temps de se prendre un snack avant d'arriver chez la madame."
"Prenez Boulevard de la Concorde sur 3,4 km puis tournez à droite pour prendre la bretelle de la 25 direction Nord"
"Oui" m'a dit Monkee toujours partant pour deux barres de chocolat pour 2,22$.
"TOURNEZ À DROITE, TOURNEZ À DROITE, TABARNAK TOURNEZ À DROITE!!!!!!!!!!!!!!!"
"Ta gueule petit con!" J'ai été forcé de dire à mon tour.
"T'AS VEUX TU MA JOB MON SACRAMENT MOI 'CHU LÀ À TE GUIDER ALORS QUE TU TE SERS JAMAIS DE MOI PIS TU M'ÉCOUTES MÊME P..."
Je lui ai pas laissé le temps de finir, là, devant mon fils, un père devait faire quelque chose d'exmplaire et je lui ai pété la gueule. Pas à mon fils. À Félix/Brad Pitt.
J'ai pêté la gueule à Brad Pitt.
Le GPS gisait là comme une petite télé éventrée.
On ne sait pas peut-être caresse-t-il la cuisse de ma duclinée quand elle est au volant en lui murmurant des mots doux.
En tout cas moi, il me criait après. Ça, c'était interdit dans ma religion.
"It's about fucking time"
"Qui a dit ça?" a dit Monkee
"Ouin? d'où vient cette phrase?" ai-je dit à mon tour.
"It's me, Shields from My Bloody Valentine, You were listening to us but we've stopped playing, you guys just didn't care, you were too busy yelling at each other. Can we play again now?"
"Hein?" J'ai dis
"C'est la radio papa... le disque qui jouait... c'est lui qui nous parle!"
Et la musique a repris.
"Hey Shields! ai-je murmuré après quelques secondes pour processer tout ça, can you hook me with Bilinda B., She there? She there?..."
"Recalcul" J'ai cru entendre faiblement.
La belle aime beaucoup le GPS que je lui ai offert à son anniversaire. Moi, moins. Pas parce qu'il me dit où aller mais parce que je m'y fie. On ne devrait jamais compter sur nulle autre que soi-même. Me suis perdu presque toutes les fois en grande partie à cause du GPS.
Vrai que quand on ne sait pas où on s'en va, on doit avoir des directives, mais ces directions, 9.5 fois sur 10 je les prends sur le net avant de partir quelque part et les note sur un bout de papier, Je ne me sers pas du GPS qui est dans la voiture.
Il ne tient jamais compte (de toute évidence) des constructions. Si bien que tout l'été je me suis perdu en me rendant aux différents terrains de soccer de ma fille car les constructions m'envoyaient tout le temps chez le diable. Moi j'aimais bien la voix appellée "Julie", je m'imaginais une belle fille de type Bryce Dallas Howard qui nous jasait ça. Mais la belle préfère la voix dite "Félix" qui prononce les noms de rues, surtout les noms de rues anglophones, de manière toute à fait atroce.
Atlantic Avenue réussit à sonner comme "Ostie d'avenue". Nous étions quatre à l'entendre et chaque fois il y a eu fous rires. Je soupçonne que la belle imagine Brad Pitt en Félix.
Ce qui me plait toutefois c'est l'option "heure d'arrivée" qui se trouve dessus. J'avoue d'ailleurs ne savourer que cette option quand je prends le GPS. La voix qui me parle en conduisant coupe toujours la musique sur laquelle mon cerveau se concentre, cerveau qui est aussi concentré très souvent sur la discussion que j'ai avec un passager et sur la route aussi. Ça fait beaucoup de brain management.
L'heure d'arrivée n'est jamais parfaite mais donne une bonne idée quand même de nos ittinéraires.
Cette fois j'étais avec fiston et nous allions chercher les livres du secondaire qu'une brave jeune fille qui passe au deuxième secondaire nous vendait à moitié prix pour la renteé de l'an prochain. Mais avant fallait bien passer au guichet pour sortir le blé pour la payer. Toutefois j'avais déjà entré l'adresse de chez la jeune fille avant de me rendre au guichet.
"Veuillez prendre la route en surbrillance"
"Non" ai-je dis en riant, fiston a ri aussi.
"Recalcul...Tournez à gauche sur la rue De Callières"
"Non plus" ai-je dis faisant à nouveau rigoler Monkee à mes côtés.
"...tournez à gauche sur De Callières..."
"Y en est pas question"
Le GPS(Félix) n'a pas aimé mon attitude.
"recalcul, tournez à gauche sur de la Visitation puis à droite sur Tremblay"
"Screw you man, I'm going my way!"
Cette fois c'était trop le GPS a perdu la tête:
"TOURNE À GAUCHE MAUDIT TÊTU!"
Monkee et moi sommes restés stupéfaits.
"TOURNE, TOURNE AAAARGH! RECALCUL!"
Monkee et moi se sommes regardés, impuissants devant une situation qui nous échappait complètement.
"TOURNE À GAUCHE SUR DU CAP, REVIENS SUR TES PAS, REPREND LA CONCORDE DIRECTION EST PIS VA METTRE DE L'ESSENCE T'EN AURAS PAS ASSEZ..."
"hein? ben non, pas à ce prix là...1,37$ c'est pour les imbéciles..." ai-je répondu à la petite machine en forme de carrée.
"Comment qu'il fait pour voir qu'on a pas beaucoup d'essence?" a dit Monkee. Je ne lui ai pas répondu j'avais déjà filé au guichet. J'étais un peu aigri. Me faire crier après comme ça. En voilà des manières.
"recalcul" a dit Felix avec une meilleure attitude.
"As tu faim Monkee? On a le temps de se prendre un snack avant d'arriver chez la madame."
"Prenez Boulevard de la Concorde sur 3,4 km puis tournez à droite pour prendre la bretelle de la 25 direction Nord"
"Oui" m'a dit Monkee toujours partant pour deux barres de chocolat pour 2,22$.
"TOURNEZ À DROITE, TOURNEZ À DROITE, TABARNAK TOURNEZ À DROITE!!!!!!!!!!!!!!!"
"Ta gueule petit con!" J'ai été forcé de dire à mon tour.
"T'AS VEUX TU MA JOB MON SACRAMENT MOI 'CHU LÀ À TE GUIDER ALORS QUE TU TE SERS JAMAIS DE MOI PIS TU M'ÉCOUTES MÊME P..."
Je lui ai pas laissé le temps de finir, là, devant mon fils, un père devait faire quelque chose d'exmplaire et je lui ai pété la gueule. Pas à mon fils. À Félix/Brad Pitt.
J'ai pêté la gueule à Brad Pitt.
Le GPS gisait là comme une petite télé éventrée.
On ne sait pas peut-être caresse-t-il la cuisse de ma duclinée quand elle est au volant en lui murmurant des mots doux.
En tout cas moi, il me criait après. Ça, c'était interdit dans ma religion.
"It's about fucking time"
"Qui a dit ça?" a dit Monkee
"Ouin? d'où vient cette phrase?" ai-je dit à mon tour.
"It's me, Shields from My Bloody Valentine, You were listening to us but we've stopped playing, you guys just didn't care, you were too busy yelling at each other. Can we play again now?"
"Hein?" J'ai dis
"C'est la radio papa... le disque qui jouait... c'est lui qui nous parle!"
Et la musique a repris.
"Hey Shields! ai-je murmuré après quelques secondes pour processer tout ça, can you hook me with Bilinda B., She there? She there?..."
"Recalcul" J'ai cru entendre faiblement.
vendredi 19 août 2011
Le Massacre de Calumet
Au Michigan, le Western Federation of Miners existait depuis 1908 mais ce n'est qu'en 1913 que le regroupement êut suffisament de membres pour faire une grève.
À l'époque, sur 15 000, 9000 étaient syndiqués. Les membres du syndicats avaient convoqué un assemblée afin de discuter des conditions de travail, des heures supplémentaires, des salaires, les mêmes rengaines que depuis toujours. Il fût entendu que la grève débuterait si, comme ils menaçaient de le faire, les membres de l'administration des mines leur faisait la sourde oreille.
Comme l'administration a choisi de mépriser toute demande du syndicat, incluant une rencontre pour en parler, la grève a été décidée pour le 23 juillet 1913. La grève durerait jusqu'en avril 1914. Les mineurs et l'admisnistration demeureraient sur leurs positions pendant 5 mois.
La veille de Noël, plusieurs mineurs grévistes s'étaient réunis pour une fête en compagnie de leurs familles respectives. Une fête de Noël commanditée par les Ladies Auxiliary of the Western Federation of Miners. Il fût estimé que plus de 500 femmes, hommes et enfants étaent réunis au deuxième étage de l'Italian Hall à Calumet au Michigan. Un étroit escalier était le seul accès au deuxième étage. Il y avait bien une porte d'incendie sur le côté mais elle était très mal identifiée. Et pour atteindre les esacliers de secours à l'extérieur, il fallait escalader quelques fenêtres. En terme de conformité légale, tout était tout croche. L'endroit ne devait même pas être en mesure d'accueillir autant de gens.
Afin de foutre le bordel, un homme non identifié, un anti-syndicat voulant semer la panique, est entré dans la pièce et a hurlé avec véhémence "AU FEU!". Il n'y avait pas feu mais il y eut panique. Tout les gens, hommes, femmes et enfants se sont précipités vers l'unique escalier. Dans la cohue qui a suivie, 73 personnes dont 59 enfants ont été piétinés, étouffés et tués.
L'enquête qui a suivi était teintée de corruption. Les gens interviewés sur les évènements étaient souvent des gens qui étaient tout simplement absents de la soirée, d'autres ne parlaient pas du tout anglais et disais "oui" à toutes les questions et ceux qui voulaient témoigner volontairement de la soirée étaient rejetés. Comme si on savait très bien ce qui c'était passé et qu'on voulait mettre en place un scénario improvisé. Après quelques jours d'enquête, le coroner n'a pas statué de cause pour la mort des 73 personnes.
En Mars 1914, une nouvelle enquête, avec un interprète cette fois, a fait témoigner une vingtaine de grévistes et 8 d'entre eux ont dit que l'homme qui avait crié "AU FEU!" portait un macaron l'identifiant aux Citizen's Alliance, un organisme local reconnu pour ses positions anti-syndicats.
Après une période de deuil face à ce qui était le plus gros massacre de l'époque, après une période de colère face aux administrateurs sourds face aux grévistes a suivi une réèlle haine des membres du Citizen's Group. Ceux-ci ont plaidé qu'ils étaient prêts à offrir toutes les sommes d'argent nécéssaires aux familles éplorées par le massacre. En échange ils demanderaient un discours du leader de la Western Federation of Miners, Charles Moyer, proclamant que la Citizen's Alliance n'avait rien à voir avec la tragédie.
Moyer choisit alors de faire pire. Il a refusé leur demande, repointant le doigt en leur direction et les blâmant directement pour la catastrophe. Des membres de l'Alliance ont alors aggréssé Moyer, lui ont tiré dessus, l'ont kidnappé et l'ont mis à bord d'un train afin qu'il quitte la ville et n'y revienne plus jamais.L'opération fût sans succès. Une fois soignée à Chicago, Moyer est revenu à Calumet pour continuer à y travailler pour la WFM.
Le mystère du fameux cri n'aura jamais été résolu. L'Italian Hall a depuis été démoli mais on a gardé une plaque commémorative à l'endroit du drame en 1987.
Pas de calumet de la paix entre ses gens ce soir de noël épouvantable de 1913.
L'évenement a été immortalisé par Woody Guthrie dans la touchante chanson 1913 Massacre.
À l'époque, sur 15 000, 9000 étaient syndiqués. Les membres du syndicats avaient convoqué un assemblée afin de discuter des conditions de travail, des heures supplémentaires, des salaires, les mêmes rengaines que depuis toujours. Il fût entendu que la grève débuterait si, comme ils menaçaient de le faire, les membres de l'administration des mines leur faisait la sourde oreille.
Comme l'administration a choisi de mépriser toute demande du syndicat, incluant une rencontre pour en parler, la grève a été décidée pour le 23 juillet 1913. La grève durerait jusqu'en avril 1914. Les mineurs et l'admisnistration demeureraient sur leurs positions pendant 5 mois.
La veille de Noël, plusieurs mineurs grévistes s'étaient réunis pour une fête en compagnie de leurs familles respectives. Une fête de Noël commanditée par les Ladies Auxiliary of the Western Federation of Miners. Il fût estimé que plus de 500 femmes, hommes et enfants étaent réunis au deuxième étage de l'Italian Hall à Calumet au Michigan. Un étroit escalier était le seul accès au deuxième étage. Il y avait bien une porte d'incendie sur le côté mais elle était très mal identifiée. Et pour atteindre les esacliers de secours à l'extérieur, il fallait escalader quelques fenêtres. En terme de conformité légale, tout était tout croche. L'endroit ne devait même pas être en mesure d'accueillir autant de gens.
Afin de foutre le bordel, un homme non identifié, un anti-syndicat voulant semer la panique, est entré dans la pièce et a hurlé avec véhémence "AU FEU!". Il n'y avait pas feu mais il y eut panique. Tout les gens, hommes, femmes et enfants se sont précipités vers l'unique escalier. Dans la cohue qui a suivie, 73 personnes dont 59 enfants ont été piétinés, étouffés et tués.
L'enquête qui a suivi était teintée de corruption. Les gens interviewés sur les évènements étaient souvent des gens qui étaient tout simplement absents de la soirée, d'autres ne parlaient pas du tout anglais et disais "oui" à toutes les questions et ceux qui voulaient témoigner volontairement de la soirée étaient rejetés. Comme si on savait très bien ce qui c'était passé et qu'on voulait mettre en place un scénario improvisé. Après quelques jours d'enquête, le coroner n'a pas statué de cause pour la mort des 73 personnes.
En Mars 1914, une nouvelle enquête, avec un interprète cette fois, a fait témoigner une vingtaine de grévistes et 8 d'entre eux ont dit que l'homme qui avait crié "AU FEU!" portait un macaron l'identifiant aux Citizen's Alliance, un organisme local reconnu pour ses positions anti-syndicats.
Après une période de deuil face à ce qui était le plus gros massacre de l'époque, après une période de colère face aux administrateurs sourds face aux grévistes a suivi une réèlle haine des membres du Citizen's Group. Ceux-ci ont plaidé qu'ils étaient prêts à offrir toutes les sommes d'argent nécéssaires aux familles éplorées par le massacre. En échange ils demanderaient un discours du leader de la Western Federation of Miners, Charles Moyer, proclamant que la Citizen's Alliance n'avait rien à voir avec la tragédie.
Moyer choisit alors de faire pire. Il a refusé leur demande, repointant le doigt en leur direction et les blâmant directement pour la catastrophe. Des membres de l'Alliance ont alors aggréssé Moyer, lui ont tiré dessus, l'ont kidnappé et l'ont mis à bord d'un train afin qu'il quitte la ville et n'y revienne plus jamais.L'opération fût sans succès. Une fois soignée à Chicago, Moyer est revenu à Calumet pour continuer à y travailler pour la WFM.
Le mystère du fameux cri n'aura jamais été résolu. L'Italian Hall a depuis été démoli mais on a gardé une plaque commémorative à l'endroit du drame en 1987.
Pas de calumet de la paix entre ses gens ce soir de noël épouvantable de 1913.
L'évenement a été immortalisé par Woody Guthrie dans la touchante chanson 1913 Massacre.
jeudi 18 août 2011
Cette Maladie Passagère Qu'est l'adolescence (en odorama)
Mon fils est dans une école de hockey du 418.
Une école qui se targue d'avoir des jeunes qui viennent la fréquenter de partout dans le monde. C'est vrai que c'est bien organisé. On les prend en charge comme des proffessionnels, leur équipement reste dans le vestiaire toute la semaine à leur place assignée et on lave leur stock sale. Comme parents, on les laisse le matin autour de 8h00 et on les reprends en soirée vers 21h30. Leur journée est 100% hockey. Entrainement hors-glace, jeux sur le site universitaire, repas sur place, tests physiques, cours sur les habitudes de vie du sportif, cours sur l'alimentation, cours sur le hockey, films sur le hockey, entrainements sur glace bien sûr(deux fois par jour) et un match en soirée.
Pour réèls passionnés de ce sport. Comme mon fils.
On comprend que des petits culs d'Israël ou de Finlande aient envie de fréquenter cette école. Les premiers, qui ne voient presque jamais de neige, vivent en Amérique une extraordinaire expérience. Les autres viennent apprendre chez les meilleurs au monde le (parfois)merveilleux monde du hockey.
À cet âge (12) le hockey est merveilleux. Pas chez les plus vieux.
Un camp de vacances entièrement hockey. Il adore. C'est sa seconde année (et demie) donc, au camps de hockey. "Et demie" car il y a deux ans, il s'était cassé le poignet. Il avait bien essayé pendant deux jours de faire le camp avec son plâtre mais en vain. On nous avait fait crédit pour l'année suivante (l'an dernier). Il a tant aimé qu'il a demandé à la refaire cette année.
À 12 ans, Monkee, transpire l'adolescence.
Quand son grand-père maternel lui a souligné qu'il avait les cheveux longs, il a répondu comme si ça allait de soi: "Ben c'est sur, je suis un ado, et j'ai des boutons en plus".
Effectivement il commence à faire de l'acné. Il tient ça du côté de l'amoureuse. Il commence aussi à avoir des comportements qui donnent raison à mon dicton qui dit souvent que "L'adolescence c'est une maladie passagère". La mienne l'était. J'étais un ignoble adolescent, arrogant à souhait, à qui, si je m'étais connu à cette époque, j'aurais pêté la gueule. Je n'ai encore rien vu de celle de mon fils qui a un 12 ans tout neuf et pour qui les filles ne sont que des êtres qui aiment se prendre en photos et qui ne veulent jamais jouer aux mêmes jeux que lui (elles disent la même chose de lui sur ce dernier point). Ça changera dès le mois prochain.
Pour moi ça avait changé dès la 5ème année. Sophie "m'aimait" selon Elizabeth. Je n'ai jamais oublié ce moment. Quelqu'un étudiait mes faits et gestes? Quelle drôle d'idée. S'intéresser à moi? Meuh! Mes gestes n'ont plus jamais été les mêmes, il y avait des témoins.
Mais revenons à mon ado, appel aux parents de jeunes ados, est-ce la guerre pour leur faire prendre une douche? Moi j'ai dû imposer des règles dictatoriales autour de la douche. Je prends 1$ dans son portefeuille chaque fois qu'il se plaint où qu'il négocie ou qu'il réagit négativement quand je lui dit "c'est le moment de prendre ta douche". Il préfèrerait manger les selles d'un chameau que de prendre sa douche.
À l'école de hockey, il ne doit pas être le seul dans cette condition (Car il s'agit bien d'une condition maladive).
Quand le directeur de l'école de hockey a fait la présentation (au "tu", toujours bizarre) aux parents et aux joueurs lors du premier jour, j'étais assis entre mon fils et son cousin. Devant moi se trouvait deux autres petits garçons au niveau de mes genoux dans les gradins plus bas. Les 4 petits bonhommes avaient tous joués deux fois au hockey dans la journée et, visiblement, aucun n'avait choisi de prendre sa douche. Mon fils, crevé, me collait comme il n'aura bientôt plus le droit de le faire au secondaire sans courir le risque de devenir la risée de son grade scolaire. Son cousin était plus distant mais moi, propre, j'étais cerné. Coincé dans Nausée City. Ça puait de partout.
De plus, un des petits gars devant moi passait son temps à monter un verre de liqueur à sa gorge. Ce faisant, il plantait ses cheveux (mouillés) sur l'un de mes genoux en se laissant tomber la tête par en arrière. Ça ne semblait pas l'importuner le moins du monde. À force de boire comme ça il a fini par échapper un rot qui a ajouté aux odeurs ambiantes.
C'est dans ce parfait parfum de merde que je trempais et croyez-moi, j'adore mon fils, mais là je voulais mourir. Pour ajouter l'insulte à l'injure quelqu'un a échapper un pet et là je voulais vraiment fuir à toutes jambes.
Mes yeux fuyaient comme pour chercher la sortie de secours quand je suis tombé sur cette maman. Une très jolie maman, rousse, aux airs de Laura Prepon. Mes yeux étaient très ravis, mes narines profondément meurtries, elle semblait seule, elle m'a remarqué la remarquer. Elle a rougi.
À la pause, quand les enfants ont quitté pour le vestiaire, je l'ai approché car elle me dévisageait.
"Ton fils est dans le pee-wee?" lui ai-je demandé.
"Oui c'est la première fois ça parait hein? je vous ai vu me regarder, je dois avoir l'air perdue"
"Avez vous envie de faire des petits bébés avec mwé?"
Bon...
Cette dernière ligne, je l'ai inventée mais elle résumait bien ce que mon cerveau brassait.
L'adolescence ça s'attrape même chez les grands.
Une école qui se targue d'avoir des jeunes qui viennent la fréquenter de partout dans le monde. C'est vrai que c'est bien organisé. On les prend en charge comme des proffessionnels, leur équipement reste dans le vestiaire toute la semaine à leur place assignée et on lave leur stock sale. Comme parents, on les laisse le matin autour de 8h00 et on les reprends en soirée vers 21h30. Leur journée est 100% hockey. Entrainement hors-glace, jeux sur le site universitaire, repas sur place, tests physiques, cours sur les habitudes de vie du sportif, cours sur l'alimentation, cours sur le hockey, films sur le hockey, entrainements sur glace bien sûr(deux fois par jour) et un match en soirée.
Pour réèls passionnés de ce sport. Comme mon fils.
On comprend que des petits culs d'Israël ou de Finlande aient envie de fréquenter cette école. Les premiers, qui ne voient presque jamais de neige, vivent en Amérique une extraordinaire expérience. Les autres viennent apprendre chez les meilleurs au monde le (parfois)merveilleux monde du hockey.
À cet âge (12) le hockey est merveilleux. Pas chez les plus vieux.
Un camp de vacances entièrement hockey. Il adore. C'est sa seconde année (et demie) donc, au camps de hockey. "Et demie" car il y a deux ans, il s'était cassé le poignet. Il avait bien essayé pendant deux jours de faire le camp avec son plâtre mais en vain. On nous avait fait crédit pour l'année suivante (l'an dernier). Il a tant aimé qu'il a demandé à la refaire cette année.
À 12 ans, Monkee, transpire l'adolescence.
Quand son grand-père maternel lui a souligné qu'il avait les cheveux longs, il a répondu comme si ça allait de soi: "Ben c'est sur, je suis un ado, et j'ai des boutons en plus".
Effectivement il commence à faire de l'acné. Il tient ça du côté de l'amoureuse. Il commence aussi à avoir des comportements qui donnent raison à mon dicton qui dit souvent que "L'adolescence c'est une maladie passagère". La mienne l'était. J'étais un ignoble adolescent, arrogant à souhait, à qui, si je m'étais connu à cette époque, j'aurais pêté la gueule. Je n'ai encore rien vu de celle de mon fils qui a un 12 ans tout neuf et pour qui les filles ne sont que des êtres qui aiment se prendre en photos et qui ne veulent jamais jouer aux mêmes jeux que lui (elles disent la même chose de lui sur ce dernier point). Ça changera dès le mois prochain.
Pour moi ça avait changé dès la 5ème année. Sophie "m'aimait" selon Elizabeth. Je n'ai jamais oublié ce moment. Quelqu'un étudiait mes faits et gestes? Quelle drôle d'idée. S'intéresser à moi? Meuh! Mes gestes n'ont plus jamais été les mêmes, il y avait des témoins.
Mais revenons à mon ado, appel aux parents de jeunes ados, est-ce la guerre pour leur faire prendre une douche? Moi j'ai dû imposer des règles dictatoriales autour de la douche. Je prends 1$ dans son portefeuille chaque fois qu'il se plaint où qu'il négocie ou qu'il réagit négativement quand je lui dit "c'est le moment de prendre ta douche". Il préfèrerait manger les selles d'un chameau que de prendre sa douche.
À l'école de hockey, il ne doit pas être le seul dans cette condition (Car il s'agit bien d'une condition maladive).
Quand le directeur de l'école de hockey a fait la présentation (au "tu", toujours bizarre) aux parents et aux joueurs lors du premier jour, j'étais assis entre mon fils et son cousin. Devant moi se trouvait deux autres petits garçons au niveau de mes genoux dans les gradins plus bas. Les 4 petits bonhommes avaient tous joués deux fois au hockey dans la journée et, visiblement, aucun n'avait choisi de prendre sa douche. Mon fils, crevé, me collait comme il n'aura bientôt plus le droit de le faire au secondaire sans courir le risque de devenir la risée de son grade scolaire. Son cousin était plus distant mais moi, propre, j'étais cerné. Coincé dans Nausée City. Ça puait de partout.
De plus, un des petits gars devant moi passait son temps à monter un verre de liqueur à sa gorge. Ce faisant, il plantait ses cheveux (mouillés) sur l'un de mes genoux en se laissant tomber la tête par en arrière. Ça ne semblait pas l'importuner le moins du monde. À force de boire comme ça il a fini par échapper un rot qui a ajouté aux odeurs ambiantes.
C'est dans ce parfait parfum de merde que je trempais et croyez-moi, j'adore mon fils, mais là je voulais mourir. Pour ajouter l'insulte à l'injure quelqu'un a échapper un pet et là je voulais vraiment fuir à toutes jambes.
Mes yeux fuyaient comme pour chercher la sortie de secours quand je suis tombé sur cette maman. Une très jolie maman, rousse, aux airs de Laura Prepon. Mes yeux étaient très ravis, mes narines profondément meurtries, elle semblait seule, elle m'a remarqué la remarquer. Elle a rougi.
À la pause, quand les enfants ont quitté pour le vestiaire, je l'ai approché car elle me dévisageait.
"Ton fils est dans le pee-wee?" lui ai-je demandé.
"Oui c'est la première fois ça parait hein? je vous ai vu me regarder, je dois avoir l'air perdue"
"Avez vous envie de faire des petits bébés avec mwé?"
Bon...
Cette dernière ligne, je l'ai inventée mais elle résumait bien ce que mon cerveau brassait.
L'adolescence ça s'attrape même chez les grands.
mercredi 17 août 2011
Blonde et Idiote Bassesse Inoubliable:*********So Red The Rose d'Arcadia
Inspiré par cet album d'Arcade Fire qui selon moi, fait déjà légion et dont je ne me lasse pas encore, je vous propose à partir de maintenant, et ce une fois par mois, un très très TRÈS personnel musée sonore d'incontournables albums qui ont su charmer mes oreilles au travers des années et qui le font toujours malgré le passage des années.
Habitués de ce blogue, vous savez que je suis très très intéressé par la zizik, forme de voyage facilement accessible et à peu de frais.
J'ai baptisé mon musée des albums incontournables de quatre mots tirés d'albums dont je ne causerai pas, conscient d'en avoir déjà assez causé ici.
Ils sont tous les quatres mémorables pour moi en ce sens qu'ils ont tous changé ma vie à leur façon. Ces quatre disques m'habitent complètement. J'en connais chaque son et ils me transportent encore de manière inexplicable dans des endroits toujours nouveaux même si les sons restent les mêmes. Ils atterissent juste à des endroits différents selon la météo mentale et physique.
"Blonde" pour Blonde on Blonde de Bob Dylan
"Idiote" pour The Idiot d'Iggy Pop
"Bassesse" pour Low de David Bowie
"Inoubliable" pour The Unforgettable Fire de U2
Par ordre de parution.
J'aurais pu rajouter The Suburbs d'Arcade Fire mais je m'accorde le droit de recul. Peut-être que dans 10 ans le voyage me paraîtra banal.
(tiens je viens de vous faire un top 5 vite fait sans m'en rendre compte!)
Blonde et Idiote Bassesse Inoubliable, ç'est B.I.B.I., c'est-à-dire, moi.
C'est aussi la terminaison finale du mot "habibi" qui, en Irak, veut dire "mon amour".
Blonde et Idiote Bassesse Inoubliable, c'est également parce que ça pourrait évoquer une maitresse, une erreur commandée par une appendice précise du corps.
Ce que la musique est très souvent.
Quand elle reste inoubliable pour les bonnes raisons.
SO RED THE ROSE d'Arcadia
1985. John, Andy, Roger Taylor, Simon Le Bon et Nick Rhodes connus sour l'épiithète Duran Duran sont au zénith de leur carrière. Toutes les femmes du mondes veulent abuser de leurs corps, des milliers d'hommes (dont moi) voudraient être dans leurs souliers. Ils font danser de Birmingham à Singapour en passant par Tokyo, Melbourne et Seattle.
Leur dernière tournée est documentée dans le fort intéressant documentaire Sing Blue Silver qui les suit. La mort du band s'y lit aussi. Le groupe, originalement formé par John Taylor et Nick Rhodes devient peu à peu le band de Simon Le Bon et Nick Rhodes. Le pouvoir change de mains sous nos yeux, John Taylor devient de plus en plus erratique, bougon, rebelle et non coopératif, Andy Taylor (à juste titre) cherche à faire jouer sa guitare quelque part mais la musique de Duran Duran, principalement composée par Rhodes, n'y laisse pas beaucoup de place. Roger Taylor est, comme toujours, d'une discrétion totale. Quand vient le temps de faire des entrevues dans les différentes villes, les deux porte-paroles du groupe sont Le Bon & Rhodes. Quand la tournée se termine, Andy Taylor et John Taylor se font une longue accolade pleine d'émotions qui dit tout: "Now what are we gonna do? we're obviously no longer a five member band." Bien que l'on entendent pas ce qu'il se racontent, Andy semble triste, John désoeuvré.
L'avenir de Simon Le Bon et Nick Rhodes était déjà en chantier. Arcadia sortira So Red The Rose avant la fin de l'année. Le titre de l'album est presque un palindrome du nom de son principal auteur: Rhodes.
Si Roger Taylor apparaît sur la première photo d'Arcadia, il n'apparaît dans aucun des (merveilleux) clips du band. Il collabore à l'album mais aussi au projet des deux autres Taylor enregistré en parrallèle. D'une timidité presque maladive il se retirera du monde de la musique bientôt.
Election Day est une merveille. Conçue pour Duran Duran, cette chanson vampirique nous fait entendre Nick Rhodes au sommet de son art avec son instrument. Il bidouille toutes sortes de sons et compose un morceau d'une richesse exceptionelle. Le clip est tout à fait parfait. Il me rappelle beaucoup un des mes films préférés L'Année Dernière à Marienbaad. Et me donne envie de plonger dans cet univers gothique, où il est interdit d'être laid (William S. Burroughs de 1:40 à 1:46). Grace Jones y jase avec aplomb. Roger Taylor joue lourdement du bâton.
Keep Me In The Dark a toujours été l'une de mes favorites.Nick Rhodes sort tous les sons imaginables sur ce morceau aux brillants arrangements. Je n'ai jamais été un grand fan du synthétiseur mais les sons hantés utilisés par les maitres du clavier sont tout simplement cinématographiques. J'aurais tourné une film entier sur ce morceau. Gothique bien entendu. Dans le style expressioniste allemand.
Goodbye is Forever est assurément le morceau qui le mieux vieilli pour moi. L'ouverture en forme de coup de pied dans la porte vient encore me chercher 25 ans après sa parution. Accompagné d'un autre splendide vidéo (Rhodes et Le Bon en chute libre: délicieusement poche!), cette chanson dirigée par une batterie pesante qui me donnait absolument envie de plonger dans le vidéo à partir de 2:52...
The Flame est très Hitchcockien dans la facture du vidéo. Troisième extrait de l'album (Après Election Day et Goodbye is Forever) cette chanson aurait aussi pu être sur un album de Duran Duran. Le vidéo a été scénarisé par Nick Rhodes et avait pour but de punir Simon Le Bon qui avait presque perdu la vie dans une course de yacht quelques semaines auparavant. John Taylor y fait un caméo qui sert de clin d'oeil aux négociations qui prenaient part avec le duo Le Bon/Rhodes, le départ d'Andy, le retour de John et la suite de Duran Duran. Garce Jones y murmure aussi de la langue de vampire.Les années 80 m'étaient si bonnes quand cette chanson résone...
Missing La richesse sonore, livrant une texture expérimentale à saveur jazzée, tout pour me plaire.
Cette première ballade sur l'album met en vedette à la guitare David Gilmour de Pink Floyd. Ballade oui, dansable, non. Ambiente à souhait. Presque animale par moments. Le clip de Roger Christian est à nouveau, un vrai bijou.
Rose Arcana. Intermède, simple et d'une très courte durée. Passage agréable avant le bijou.
The Promise: Le bijou. Morceau musical parfait avec David Gilmour à la guitare, Pat Metheny aussi, Sting à la basse et à la voix, une compositon au synthé en appui à la voix de Simon Le Bon qui ne sera jamais plus mélodique sur cet album. Roger Taylor y est particulièrement créatif à la batterie. Dernier extrait en amérique de cet album. Le meilleur à mon humble avis. Belle promesse les boys.
El Diablo. Intro au violon, suivie d'un envol de chauve-souris. Nous sommes dans le manoir du compte Lou Garew. Vendu son âme au diable le compte. "I can't stand another howling day, inside this empty skin". Pat Metheny à la guitare à nouveau. Vous connaissez beaucoup de chanson qui font mouche avec de longs bouts de flute à bec? Des tandems de flûte? Cette chanson est un délice.
Lady Ice Un peu de David Sylvian dans ce morceau. Le morceau le plus suggestif de l'album. Pat Metheny aux guitares. Morceau enregistrée en une seule prise! Chanson parfaitement froide pour conclure un album qui n'aura jamais de lendemain.
Carlos Alomar gratte de sa guitare un peu partout sur cet agréable album.
Pour le noir romantisme. La nostalgie des années 80. Le chic gothique mélodique.
Habitués de ce blogue, vous savez que je suis très très intéressé par la zizik, forme de voyage facilement accessible et à peu de frais.
J'ai baptisé mon musée des albums incontournables de quatre mots tirés d'albums dont je ne causerai pas, conscient d'en avoir déjà assez causé ici.
Ils sont tous les quatres mémorables pour moi en ce sens qu'ils ont tous changé ma vie à leur façon. Ces quatre disques m'habitent complètement. J'en connais chaque son et ils me transportent encore de manière inexplicable dans des endroits toujours nouveaux même si les sons restent les mêmes. Ils atterissent juste à des endroits différents selon la météo mentale et physique.
"Blonde" pour Blonde on Blonde de Bob Dylan
"Idiote" pour The Idiot d'Iggy Pop
"Bassesse" pour Low de David Bowie
"Inoubliable" pour The Unforgettable Fire de U2
Par ordre de parution.
J'aurais pu rajouter The Suburbs d'Arcade Fire mais je m'accorde le droit de recul. Peut-être que dans 10 ans le voyage me paraîtra banal.
(tiens je viens de vous faire un top 5 vite fait sans m'en rendre compte!)
Blonde et Idiote Bassesse Inoubliable, ç'est B.I.B.I., c'est-à-dire, moi.
C'est aussi la terminaison finale du mot "habibi" qui, en Irak, veut dire "mon amour".
Blonde et Idiote Bassesse Inoubliable, c'est également parce que ça pourrait évoquer une maitresse, une erreur commandée par une appendice précise du corps.
Ce que la musique est très souvent.
Quand elle reste inoubliable pour les bonnes raisons.
SO RED THE ROSE d'Arcadia
1985. John, Andy, Roger Taylor, Simon Le Bon et Nick Rhodes connus sour l'épiithète Duran Duran sont au zénith de leur carrière. Toutes les femmes du mondes veulent abuser de leurs corps, des milliers d'hommes (dont moi) voudraient être dans leurs souliers. Ils font danser de Birmingham à Singapour en passant par Tokyo, Melbourne et Seattle.
Leur dernière tournée est documentée dans le fort intéressant documentaire Sing Blue Silver qui les suit. La mort du band s'y lit aussi. Le groupe, originalement formé par John Taylor et Nick Rhodes devient peu à peu le band de Simon Le Bon et Nick Rhodes. Le pouvoir change de mains sous nos yeux, John Taylor devient de plus en plus erratique, bougon, rebelle et non coopératif, Andy Taylor (à juste titre) cherche à faire jouer sa guitare quelque part mais la musique de Duran Duran, principalement composée par Rhodes, n'y laisse pas beaucoup de place. Roger Taylor est, comme toujours, d'une discrétion totale. Quand vient le temps de faire des entrevues dans les différentes villes, les deux porte-paroles du groupe sont Le Bon & Rhodes. Quand la tournée se termine, Andy Taylor et John Taylor se font une longue accolade pleine d'émotions qui dit tout: "Now what are we gonna do? we're obviously no longer a five member band." Bien que l'on entendent pas ce qu'il se racontent, Andy semble triste, John désoeuvré.
L'avenir de Simon Le Bon et Nick Rhodes était déjà en chantier. Arcadia sortira So Red The Rose avant la fin de l'année. Le titre de l'album est presque un palindrome du nom de son principal auteur: Rhodes.
Si Roger Taylor apparaît sur la première photo d'Arcadia, il n'apparaît dans aucun des (merveilleux) clips du band. Il collabore à l'album mais aussi au projet des deux autres Taylor enregistré en parrallèle. D'une timidité presque maladive il se retirera du monde de la musique bientôt.
Election Day est une merveille. Conçue pour Duran Duran, cette chanson vampirique nous fait entendre Nick Rhodes au sommet de son art avec son instrument. Il bidouille toutes sortes de sons et compose un morceau d'une richesse exceptionelle. Le clip est tout à fait parfait. Il me rappelle beaucoup un des mes films préférés L'Année Dernière à Marienbaad. Et me donne envie de plonger dans cet univers gothique, où il est interdit d'être laid (William S. Burroughs de 1:40 à 1:46). Grace Jones y jase avec aplomb. Roger Taylor joue lourdement du bâton.
Keep Me In The Dark a toujours été l'une de mes favorites.Nick Rhodes sort tous les sons imaginables sur ce morceau aux brillants arrangements. Je n'ai jamais été un grand fan du synthétiseur mais les sons hantés utilisés par les maitres du clavier sont tout simplement cinématographiques. J'aurais tourné une film entier sur ce morceau. Gothique bien entendu. Dans le style expressioniste allemand.
Goodbye is Forever est assurément le morceau qui le mieux vieilli pour moi. L'ouverture en forme de coup de pied dans la porte vient encore me chercher 25 ans après sa parution. Accompagné d'un autre splendide vidéo (Rhodes et Le Bon en chute libre: délicieusement poche!), cette chanson dirigée par une batterie pesante qui me donnait absolument envie de plonger dans le vidéo à partir de 2:52...
The Flame est très Hitchcockien dans la facture du vidéo. Troisième extrait de l'album (Après Election Day et Goodbye is Forever) cette chanson aurait aussi pu être sur un album de Duran Duran. Le vidéo a été scénarisé par Nick Rhodes et avait pour but de punir Simon Le Bon qui avait presque perdu la vie dans une course de yacht quelques semaines auparavant. John Taylor y fait un caméo qui sert de clin d'oeil aux négociations qui prenaient part avec le duo Le Bon/Rhodes, le départ d'Andy, le retour de John et la suite de Duran Duran. Garce Jones y murmure aussi de la langue de vampire.Les années 80 m'étaient si bonnes quand cette chanson résone...
Missing La richesse sonore, livrant une texture expérimentale à saveur jazzée, tout pour me plaire.
Cette première ballade sur l'album met en vedette à la guitare David Gilmour de Pink Floyd. Ballade oui, dansable, non. Ambiente à souhait. Presque animale par moments. Le clip de Roger Christian est à nouveau, un vrai bijou.
Rose Arcana. Intermède, simple et d'une très courte durée. Passage agréable avant le bijou.
The Promise: Le bijou. Morceau musical parfait avec David Gilmour à la guitare, Pat Metheny aussi, Sting à la basse et à la voix, une compositon au synthé en appui à la voix de Simon Le Bon qui ne sera jamais plus mélodique sur cet album. Roger Taylor y est particulièrement créatif à la batterie. Dernier extrait en amérique de cet album. Le meilleur à mon humble avis. Belle promesse les boys.
El Diablo. Intro au violon, suivie d'un envol de chauve-souris. Nous sommes dans le manoir du compte Lou Garew. Vendu son âme au diable le compte. "I can't stand another howling day, inside this empty skin". Pat Metheny à la guitare à nouveau. Vous connaissez beaucoup de chanson qui font mouche avec de longs bouts de flute à bec? Des tandems de flûte? Cette chanson est un délice.
Lady Ice Un peu de David Sylvian dans ce morceau. Le morceau le plus suggestif de l'album. Pat Metheny aux guitares. Morceau enregistrée en une seule prise! Chanson parfaitement froide pour conclure un album qui n'aura jamais de lendemain.
Carlos Alomar gratte de sa guitare un peu partout sur cet agréable album.
Pour le noir romantisme. La nostalgie des années 80. Le chic gothique mélodique.
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