vendredi 6 mai 2022

Drogue Dure

On pouvait sentir venir depuis longtemps les affronts contre Roe vs Wade. Ils ont d'ailleurs toujours existé depuis presque 50 ans. Plus de 1300 fois ont a présenté des lois qui visaient le renversement de cette décision qui permet l'avortement aux États-Unis. L'avortement est un droit.

C'est d'un ridicule et d'un crétinisme absolu. Les 6 juges Républicains contre les 3 Démocrates ont un projet qui a fuité, cette semaine, visant à régresser renverser cette loi et à donner le libre choix à chaque État de légiférer comme il l'entend, en ce qui concerne, l'avortement.

(long soupir)

Existe-t-il une seule loi, aux États-Unis, qui auraient un impact sur le corps masculin ? C'est une question que la brillante Kamala Harris avait posé au triste juge de la Cour Suprême, et agresseur à temps partiel who likes beer, Brett Kavanaugh, avant qu'il ne soit accepté comme tâcheron juge à cette Cour Suprême. Bien entendu le nabot intellectuel n'avais pas su répondre. Cette réponse est non. Aucune loi ne légifère sur le corps humain masculin. Cette seule observation devrait fermer le dossier à jamais.  

Ça ne s'invente tout simplement pas. Si vous avez consulté l'hyperlien plus haut, vous constaterez que la mâlitude dans son plus laid est partout. Regardez encore cette semaine qui étaient réuni, sur l'infâme station de télévision Fox pour parler de la chose. Ce sont les 4 têtes mâles ici à gauche.

C'est une vraie blague de mauvais goût. J'ai posé la question très sérieusement cette semaine: Quelle est la réelle différence entre l'accroc aux drogues dures qui prend toutes ses décisions orientées autour de celles-ci, et ceux et celles qui prennent aussi toutes leurs décisions autour d'une bible ? J'ai obtenu un grand total de 0 réponse. Parce qu'il y en a probablement raisonnablement pas. Ça s'explique peu. Et on en parlera pourtant jusqu'en juin. c'est à dire jusqu'à quand le projet de loi est projeté d'être mis en pratique. La bonne nouvelle c'est que ça a fuité. C'est donc dire qu'à même l'intérieur de la bête, il y en avait qui étaient aussi outrés de la simple idée d'ouvrir ce dossier clôt.


C'est Simone de Beauvoir qui disait, avec intelligence, que les Femmes ont gagné bien des avancées, mais devront rester vigilantes toute leur vie, afin de ne jamais rien perdre ce qui aura été "gagné". Tant que l'homme est
homme, les gains seront toujours à défendre. Et d'ici juin, depuis cette semaine, on, Hommes comme Femmes, entre dans la défense de Roe vs Wade. Qui devrait être INDESTRUCTIBLE.

Déjà plus de la moitié des États du Sud des États-Unis, là où l'ignorance est plus grande, là où la drogue religion est plus intense, mais aussi là où l'inceste sévit le plus fort, ont promis d'appuyer ce projet de loi. Ce serait un retour aux cintres et aux moyens du bord afin de s'avorter soi-même. Souvent fatalement pour la mère aussi. C'est aussi réouvrir la porte aux escrocs qui se pensent médecins et qui s'improviseront avorteurs clandestins. C'est un mortel panier de crabes pour bien des mères. C'est à souhaiter un clivage absolu entre hommes et Femmes, dans le Sud des États-Unis, des États sans Femmes. Ce qui serait pire. Imaginez les filles qui naissent et qui seraient les seules Femelles des États du Sud jusqu'à leurs 21 ans. Elles seraient davantage abusées, plus jeunes.

Le Journal de Montréal a fait quelque de rare hier. Une Une responsable. Elle a affiché les 39 visages des élus conservateurs au Canada clairement et ouvertement anti avortement. Pour nous rappeler que ce type de moyen âgisme existe aussi ici. Pensez y quand vous irez voter. Le corps féminin appartient aux Femmes. C'est une phrase facile à écrire, mais qui reste difficile à appliquer dans les chaumières d'Amérique du Nord.


Si Roe vs Wade est renversé, on, les États-Unis, ne retombe pas dans l'époque pré-Roe, on se dirige vers bien pire. Ce qu'on a travaillé, sur 49 ans, ce sont les pénalités aux Femmes, aux aidants, et aux clandestins. Si une Femme prend des drogues ou tente de suicider lorsqu'enceinte, les châtiments sont plus graves. On est très près de la charia. Brittney Poolaw, autochtone de l'Oklahoma, a souffert d'une fausse couche. Elle prenait de la drogue. Elle a écopé de 4 ans ferme. Pas parce qu'elle prenait de la drogue. Parce que la drogue serait la raison de la fausse couche. Elle a été jugée assassine. Donc le foetus aurait les mêmes droits que madame. Non sens.


Avant Roe Vs Wade, les Femmes, aux États-Unis étaient considérés comme des enfants de format adulte qu'il fallait protéger des prédateurs que pouvaient être les avorteurs improvisés et broche à foin qui pouvaient (impunis) tuer les mères qu'ils tentaient d'avorter avec leur crochet de tricot. De nos jours, c'est "la mauvaise décision" qu'on veut prévenir. Mais la mauvaise décision est ailleurs. Elle est dans l'idée de laisser la religion dicter nos vies. 

Lis Le Secret, adapte ta vie autour de ce qui te touche dedans, mais calisse moi patience avec tes ingérences. L'État et la religion doivent être indépendant l'un de l'autre. La justice et la partisanerie politique doivent être indépendantes l'une de l'autre. Rien de tout ça ne s'annonce. Les juges sont de la Cour Suprême sont d'emblée caduque d'être politiquement coloré. 

Prends de la drogue, je m'en contresacre. Mais ne contamine pas la vie des autres. Soit fumeur, mais n'intoxique que tes poumons. Chie comme tout le monde, mais ne vient pas nous en jaser. Les Femmes ont tous les mêmes droits que les hommes. Ils en ont même plus. Un homme ne pourra jamais se faire avorter. Une femme peut choisir de le faire. Elle peut aussi perdre ce qui s'en vient par accident. Elle la porte cette vie en devenir. Qui reste un dessin. Un plan de maison n'est pas la maison encore. 

On veut gérer la planche à dessin des architectes. 


Personne n'est architecte sauf les architectes.

Personne n'est Femmes sauf les Femmes.

Vos gueules, les hommes. 

Les enfants, ce sont vous sur ce dossier.

 Vous manquez de maturité.

 Sévèrement.

On traiterait les Femme en adulte quand viendrait le temps de les punir, mais encore en enfant quand viendra le temps d'accoucher ? 

La religion est ignoble. N'a aucune prise sur les droits humains de ce côté-ci du globe. 

Du moins, pas encore. 

Faudra jamais. 


jeudi 5 mai 2022

Cinema Paradiso*******************Beaumarchais L'insolent d'Edouard Molinaro

Chaque mois, dans ses 10 premiers jours, tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu), je vous parle de l'une des mes trois immenses passions: Le cinéma.

Je l'ai consommé, je l'ai étudié, j'en ai été gradué, y ait travaillé, fût primé au FFM (et au Portugal), en suis sorti, le consomme encore goulûment, mais on ne sort pas le cinéma de moi si facilement. 

Je vous parles d'un film dont j'ai aimé la réalisation, l'histoire, le thème, le ton, la musique, la photographie, les interprètes, l'audace, le montage, bref, je vous parles d'un film dont j'ai aimé pas mal tous les choix.

Je vous parles France, 1773.

BEAUMARCHAIS, L'INSOLENT d'EDOUARD MOLINARO

Fabrice Luchini peut à la fois me repousser d'un film et à la fois m'y attirer comme une fourmi sur du miel. Edouard Molinaro, je ne le connaissais que de La Cage Aux Folles que je n'avais jamais vu. Ce film, qui avait été un énorme succès, en 1978, ne m'a jamais attiré car j'ai toujours senti, époque aidant, qu'on allait y rire sur des clichés contre les homosexuels qui m'auraient paru datés. Peut-être me trompais-je. Je ne sais pas, je ne l'ai toujours pas vu. 

Les deux s'unissent pour cette adaptation d'une pièce de l'excellent Sacha Guitry couvrant une partie de la vie de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, horloger, écrivain, dramaturge, musicien et hommes d'affaires français et premier éditeur des oeuvres de l'unique Voltaire. Il est aussi à l'origine de la toute première loi protégeant les droits d'auteurs et fondateur de la société des auteurs. Il était si intéressant qu'il était aussi espion et marchand d'armes. 

Auteur du Mariage de Figaro, il est considéré comme un des annonciateurs de la Révolution Française. On le prend tout juste avant la création sur scène du Barbier de Séville, un autre chef d'oeuvre signé de sa main. Le parlement est aux trousses de ce fameux beau parleur et, le trouvant trop agile intellectuellement, cherche à le coffrer. On veut purger de la société française Beaumarchais. Une société que Beaumarchais adorait tant que sa qualité d'amuseur public qu'il arrivait, simplement par le verbe, à la mettre de son côté en quelques phrases bien punchées. C'est la grande qualité de ce film, le texte. Livré à merveille par l'insolent Beaumarchais, qui se défend seul contre ceux qui le veulent muet et loin de toutes influences possibles sur le peuple. Qui est sur le point de renverser la royauté. 

Dans le procès bidon qu'intente quelques nobles à la dignité gonflée, le peuple se range définitivement du côté de Beaumarchais. Si magnifiquement interprété par Fabrice Luchini que je peinerai le reste de ma vie de ne pas y voir Beaumarchais jouant dans d'autres films. Comme la Nouvelle Vague avait bien installé le processus, les éclairages du cinéma français seront presque continuellement naturels. Et le maquillage, malgré l'époque, assez rare. 

Quand l'excellent Michel Serrault (en Louis XV) commence à piquer une colère face à la trop grande popularité de Beaumarchais, c'est aussi le tout aussi excellent Michel Piccoli qui tempère ses humeurs.  Beaumarchais aime les mots, les Femmes et l'argent. 

Une certaine France ne se supporte plus de n'entendre que Beaumarchais, on choisit alors d'en faire un agent secret sous un faux nom. Prenant tous les risques, là où le gouvernement n'en prend aucun. C'est un intellectuel qui dérange. Plus ça change, plus c'est pareil, me direz-vous. Murray Head, Alain Chabat, Sandrine Kimberlain, Pierre Ariditi, Jean Claude Brialy, Jean Yanne, y tiennent des rôles secondaires qui font sourire. Claire Nebout, androgyne, y est aussi très intéressante. 

L'intelligence de Beaumarchais, au service de la plume de l'intelligent Sacha Guitry, dont la pièce ne sera jamais jouée (parce que les gens trop intelligents sont souvent minoritaires), est exposée dans un complexe personnage au coeur et à l'aube d'un des plus grands tourments de l'histoire de la France. 

Beaumarchais était muse et mêche. Jean-Claude Brisville et Édouard Molinaro ont adapté Guitry dans une film que Beaumarchais aurait adoré aussi. Luchini y est si convaincant qu'il en devient un choix de casting tout à fait inspiré. 


Comme Molinaro a principalement oeuvré dans la comédie, ce type de rythme ne se perd pas ici, alors qu'on s'amuse beaucoup. 

Pour reprendre une ligne du film: "J'aurais donné une fortune pour pouvoir écrire cela".

Oui.  

Beaumarchais ne sera jamais reconnu pour son oeuvre car sa vie l'amuse plus que quoi que ce soit disait Voltaire. On le voit dans ce film autant dans la gloire que dans la déchéance. Il est drôle, inspirant et touchant. 

Il ne voulait qu'une seule déclaration, au final, celle du droit au bonheur. Il y est presqu'arrivé. 

mercredi 4 mai 2022

Zest de Banlieue

Dieuducieldutabarnak.

Ma Covid s'est fucking étirée. Nez plein, cramas plein la gorge, toux, raclage de gorge perpétuel. Profondément éoeuré, j'ai choisi de marcher les 45 minutes (aller) et le 45 minutes (retour) jusqu'à la bibliothèque locale pour faire un peu plus d'activités physique et faire le plus grand des fuck you à la Covid. J'avais aussi fait 30 minutes de rameur, le poumon graveleux. 

Dehors, je pouvais aussi me débarrasser de ce masque que je conserve sur mon visage trop longtemps, de jour. J'allais y reporter mes films de Howard Hawks que j'y avais emprunté et y prendre les 3 que j'avais réservé et qui étaient arrivés. Il s'agissait de The Cotton Club, de 1984, de Françis Ford Coppola, Touch of Evil, d'Orson Welles, de 1958 et de Beaumarchais, l'Insolent, de 1996, d'Édouard Molinaro. 

Le premier est un citron, vu adolescent, mais j'avais envie de le revoir avec mes yeux d'adultes. Le second, un chef d'oeuvre du brouillon maitre Welles, que j'avais envie de revoir aussi. Le dernier, je vous en reparles demain. 

À l'aller, je profitais du joli soleil endimanché. Ma montre intelligente y est allé d'une vibration pour me demander si je ne prenais pas une marche pas hasard. C'est toujours un peu bizarre de se sentir épié comme ça. Me demanderais-t-elle aussi "N'êtes vous pas en train de vous secouer le sexe au-dessus du bol de toilette par hasard?" , "Venez vous de manger, si oui, quoi ?" ou "Quand vous toussez comme ça, pensez vous avoir la Covid? Vous avez fait le test?". Je n'active jamais l'enregistrement de la marche que je fais. Pas plus que je ne le faisais quand je joggais. Parce que oui, j'ai cessé de jogger avec ce groupe d'il y a pas si longtemps. Pour plusieurs raisons. 

La première, est qu'il y avait beaucoup, dans ce groupe de jogging, de ce que je ne recherche pas du tout. En tête de liste, l'envie de camaraderie. Je ne me cherche pas d'amis. Ces coureurs ont envie de parler en courant. Un groupe impose aussi un rythme, involontairement. Deux fois, je me suis blessé voulant suivre leur rythme. La dernière étant la fatale, après 20 minutes, je n'y suis plus jamais retourné. C'était les mardi 17h30, jeudi 17h30, samedi 9h30 AM. Ça me convenait. Je dis ça, mais non, je n'aurai jamais fait un samedi avec eux. J'étais sois à l'extérieur ou debout depuis 6h00 du matin, donc entamé sur toutes sortes d'affaires 3h30 plus tard, donc jamais en mesure de m'y rendre. De plus, ils aiment beaucoup s'inscrire à des compétitions/marathons/courses. Et se plaisent à se trouver sur les photos du marathons par la suite. Ouf! loin loin loin de mes envies. Pas envie de chrono, pas envie de costumes fluo, pas envies de payer pour faire ce qui est généralement gratuit, pas certain de même en comprendre le concept. J'ai donc choisi de faire le rameur, dans le confort de mon chez moi, aux mêmes moments, la semaine, à la place. 

Et je n'enregistre pas non plus les efforts ailleurs que dans mon corps suintant quand ma montre me demande "Seriez vous en train de faire du rameur en ce moment, souhaitez vous enregistrer votre effort?". Non. Jamais. Je les fais les efforts, je ne le collectionne pas. Faut toujours se méfier des collectionneurs. Zavez vu le film ?.

En revenant de la bibliothèque, une voiture rouge qui arrive de face ralentit à ma hauteur. Je suis en train de faire le montage d'une liste de lecture qui croise les Pretenders, Bishop Briggs et World Party sur une même liste, tout en marchant. J'ai enlevé un de mes air pods pour écouter ce qu'on me voulait:

"Bonjour, pouvez vous nous dire où se trouve la rue de la pointe?". 

Ça ne pouvait qu'être une personne âgée. De nos jours, sur TOUS les téléphones intelligents se trouve réponse rapide à ce type de question. Où était ton téléphone, fille ?  Et ce gars dans l'ombre, sur la banquette arrière ne pouvait pas aider ? J'ai alors vécu plusieurs niveaux de mini paniques. Nous étions sur la beaucoup trop étroite rue des Patriotes, dans le 450. Il s'agit d'une rue ancestrale qui rencontre dans les deux directions et dont le trottoir est si près la rue que si on est pas attentif, un rétroviseur pourrait nous accrocher le bras, à nous, sur le trottoir. Donc faire un dépassement, dans cette rue, en voiture: impossible.  Et il y avait une voiture qui semblait pressée tout juste derrière celle, rouge, qui s'adressait à moi. Largement inintéressé par ma propre région et surtout pas envie de chercher sur mon propre téléphone, pendant que l'autre pouvait s'impatientBIP! ...voilà! il a klaxonné, il s'impatiente déjà. 

Je ne savais aucunement c'était où la rue de la pointe, mais comme au bout de la rue des Patriotes, c'est la Rivière-des-Prairies, j'ai déduis que "la pointe" c'était par là. J'ai pointé, "là-bas, tout droit, vous allez tomber dessus." j'ai menti.

"Et le magasin Langlois?". J'avais un second niveau de panique, j'avais la Covid, et j'étais sans masque, penché près d'une personne âgée, je ne voulais surtout pas l'infecter. Fallait que j'évites de dire des mots avec des "p" et là je terminais, au son d'un second klaxon plus long (que d'hostilité!), en disant "Oh! ça je le sais Pas Par exemPle!". Ce qui était, cette fois, la vérité.  Une fois l'action reprise par tout le monde, j'ai pris le temps de vérifier sur mon télé...CHRIST!  C'était complètement dans l'autre direction, celle par laquelle je revenais, et 20 minutes plus loin, à la marche, ce qui leur donnait amplement le temps, en voiture, de revenir facilement sur leur pas, me recroiser, et m'en vouloir. 

J'ai sué plus que prévu. Je passais mon temps à me retourner afin de voir les voitures qui m'arrivaient dans le dos. Et comme je suis le pire identificateur de voitures sur terre, et que toutes les familiales rouges passaient dans cette rue ce jour-là, arrivant dans mon dos, j'ai angoissé au moins 6 fois pour rien les pensant revenir. 

Ils sont effectivement repassés. Me criant des insultes. Une balle de fusil m'a sifflé aux oreilles. A atteint la borne fontaine derrière moi. J'étais dans une scène de Western d'Howard Hawks. J'ai roulé au sol pour me couvrir et ai tenté de prendre une arme à ma hanche pour une riposte, mais non. Je n'ai jamais eu une arme en ma possession. De ma vie. Qui menaçait d'arriver à terme. J'étais cuit. Mais pas tant non plus. Après avoir tiré, la familiale rouge avait poursuivi sa route. Je venais de passer le cimetière, voulait-on m'y enterrer précocement?  J'étais sous le jet d'eau de la borne fontaine. 

Une jeune femme très en chaleur et toute en cuisses est venue me rejoindre sur le gazon.

"Besoin d'être remis en selle, Cowboy?"  

Non, j'ai rêvé cette partie là.

Ce qui est réellement survenu à ce moment-là est une autre vibration sur ma montre.

"Êtes vous en train de vous faire tirez dessus? Souhaitez vous faire un rapport de police ?"

Non. Ne jamais impliquer la police. C'est toujours là que ça dégénère. 

Trop d'action en banlieue, ce jour-là. Joe Covid devait se reposer. Ce que j'ai fait en arrivant, j'ai dormi aidé du visionnement de The Cotton Club. 

Un vrai citron. 

"êtes-vous en train de dormir? Voulez-vous enregistrer votre sommeil?.



mardi 3 mai 2022

Une Devinette Toxique Maniaque Enveloppée de Mystère Malsain à L'intérieur d'une Énigme


La première fois que j'ai entendu parlé de Marjorie Taylor Greene, c'était par un clip où elle était assise en fond de salle, pendant qu'un transgenre racontait une histoire pour enfants, à des enfants, plus loin en avant. 

Comme un certain narcissisme le commande, elle se filmait, écouter le conte. Pas même, le transgenre qui racontait, une ou deux fois, oui, mais elle était si loin qu'on pouvait penser que soit A) elle filmait de son téléphone illégalement, ce qu'elle n'avait pas le droit de filmer ou B) elle avait peur du transgenre. N'ayant été vraiment Facebook, je n'étais pas familier avec les "live". Maintenant je sais que ce sont ce que font les gens de peu d'envergure quand ils veulent se faire croire qu'ils en ont un peu. Longuement, elle se filmait en train de texter. Je ne comprenais pas trop pourquoi cette femme, au visage agressivement aigri de quelque chose, devait être si intéressante à pitonner sur son téléphone. C'était peut--être juste 3 minutes, mais ça m'a paru une vraie éternité. Qu'est-ce que je faisais à regarder ça ? Un ami m'avait aiguillé sur son nom, et disait ne pas comprendre qu'on ait pu élire une telle chose comme représente de la Georgie. J'ai dû avancer le vidéo beaucoup, vers la fin afin de savoir où menait ce clip. Elle attendait le fin du conte pour aller parler aux organisateurs/organisatrices, et les confronter sur leur choix de conteur. Convaincue qu'elle vivait en direct, quelque chose d'atrroce.

Comme si ça allait de soi. C'est un transgenre Ouh! Ouh! Ça s'attrape ce genre de maladie! On expose ça aux enfants ? J'avais la couleur du personnage. Elle mâchait sauvagement une gomme en plus ce qui lui donnait l'air d'une vache prête à ruer. 

En fouillant un peu, j'ai pu voir à quel point elle était instable. À maintes reprises, elle a pourchassé et harcelé un survivant d'une tuerie scolaire (celle de Parkland) qui gagne aujourd'hui sa vie à tenir des conférences sur les armes à feu et la survie, en général. Elle le pourchasse dans la rue et l'harangue comme le ferait une fillette de 9 ans qui vient de découvrir que l'autre lui a volé sa corde à danser. Elle ne parle pas, elle crie. Agresse. Verbalement. Elle est tout à fait tache d'huile. Elle lui reproche de faire de l'argent avec la tuerie duquel il a survécu. Duh! 

Je l'ai ensuite vue se rendre jusqu'au bureau de la représente Newyorkais Alexandria Ocasio-Cortez et se trouver très drôle de dire des niaiseries à travers de la chute à lettres de sa porte de bureau. 

Si vous cherchez sur le net vous la trouverez faire la promotion d'agressions physiques contre les transgenres, s'entrainer tout croche (son mari et elle sont propriétaires d'un gym), assister à des rassemblements de suprématistes blancs, des rassemblements pro-Putin, demander qu'on applique la Marshall (sic, it's martial) Law, accuser les pro mesures sanitaires d'être de la Gaspacho (sic, gestapo), exiger qu'Anthony Fauci soit limogé, on peut la voir très très supportrice de Matt Gaetz, autour duquel il y a nuage de pédophilie et d'abus sexuel du même ordre, on peut aussi la voir exiger de la population d'inonder le Capitol, en plus d'être chef de file pour la plupart des théories conspiratoires, convaincue des théories de QAnon mais surtout de l'idée que Donald Trump s'est fait voler son élection. Quand Joe Biden a été assermenté, elle était des deux petite connes qui ont crié tout le long pendant que les adultes procédaient en avant. 

Elle est difficilement facile à prendre au sérieux. 

Elle est très forte militante CONTRE la loi qui interdirait la discrimination basée sur le sexe. La femme travaillant dans le bureau en face du sien, a un enfant transgenre et en soutien à cet enfant, elle a posé un drapeau aux couleurs du transgenrisme. Marjorie, en mature jeune fille,  a posé une pancarte à son tout disant qu'il n'existe que deux genres: mâle et femelles, faites confiances à la science. La dernière ligne est particulièrement amusante puisqu'elle porte des masques sur lesquels se trouve le mot useless. Ne fait aucunement confiance à la science. La première portait un masque, pas de danger pour Taylor Greene qu'elle en ait un dans son clip. 

Comme vous voyez, comme les électeur de la Georgie, elle fait pas mal tous les mauvais choix. Presque toujours du mauvais côté du conte de la vie. 

L'histoire racontée par les êtres humains. Elle penche vers l'animalerie. Dans 20 ans, elle sera du cirque passé. Ironiquement, elle est passée en cour la semaine dernière afin de témoigner dans les attaques du 6 janvier au Capitol. Commodément, elle ne se rappelait plus de rien. Amnésique. Jim Acosta, journaliste, l'a accosté dans la rue pour lui demander pourquoi défend-t-elle toujours l'indéfendable. Il l'a demandé calmement, en adulte. Elle a répondu en enfant. Elle a ce ton de l'éternelle confrontation. On l'imagine mal demander le sel sans insulter celui ou celle qui aurait poivré d'abord. Elle a même défendu ce dont "elle ne se rappelait plus, en cour".

Sans vouloir faire rire, elle a accusé Jim Acosta de l'avoir harcelé. Cette fois où il est allé dans la rue pour lui parler. Celle qui ne fait qu'harceler de son vivant accusait d'harcèlement. 

Ça ne s'invente pas. 

Quand je la vois interagir, je revois certaines filles, et certains garçons, de la cour de récréation, vers l'âge de 6 ou 9 ans. Même maturité, même tempérament, même ton. Presque même propos. 

Je ne veux pas vous mettre trop d'hyperliens. Les gens stupides deviennent fameux parce qu'on parle d'eux et ce sont nous qui les rendons célèbres.

Heureusement, ce sont aussi nous qui assassinons leurs carrières publiques. Quel heureux moment la ville de Québec a pu vivre vendredi dernier quand pour la dernière fois, l'animateur radio Jean-François Fillion a tenu le micro pour la toute dernière fois sur les ondes d'une radio qui perdre peut-être, maintenant, une autre étiquette que le mot poubelle.   

Bravo à Sortons les Radios Poubelles, dont la plus belle chose qui pourrait leur arriver, serait aussi de ne plus jamais exister. 

Ça voudrait dire, mission accomplie. 

Le cirque quitte certaines villes. Pour le mieux. Souhaitons que la Georgie soit mieux représentée prochainement. 

lundi 2 mai 2022

Veuillez Contrôler Vos Désirs de Liberté

Les cris se font entendre jour et nuit, mais c'est la nuit que l'imagination fait le plus de chemin. Ce sont de longs cris de douleurs comme si on torturait lentement, mais sûrement. Comme si la maladie mentale gagnait contre la raison. Comme si la folie commençait à vous dominer. Ce ne sont pas les cris des coyotes. Ce sont les lamentations d'êtres humains, trop longtemps prisonniers de leur chez-eux. Trop longtemps prisonniers d'eux-mêmes. Nous sommes à Shangaï, en Chine. Près de là où tout à commencé. 

Et la Chine vous dira que la pandémie n'existe plus chez elle. 

Des cris de rage et de désespoirs de citoyens confinés. La frustration des habitants enfermés chez eux, confinés depuis la fin du mois de mars, menace la ville Chinoise de l'implosion. Les sons de la nuit, à Shangaï sont hantés. À glacer le sang. Les sons de morts vivants. 

    Dans le ciel de Shangaï, la police rappelle la population à l'ordre tous les soirs. Des drones rappellent tous les soirs aux citoyens de respecter les restrictions pendant le confinent obligatoire et on exige de contrôler ses désirs de liberté. C'est tristement ironique et caricatural, en provenance de la Chine.  Quiconque mets un pied dehors peut être aussitôt arrêté. Les gens sont munis de bâtons de métal de 2 mètres pour éloigner les uns des autres, mais aussi pour attaquer les uns et les autres, à bout de patience. Les autorités, en uniforme blanc, protecteur sanitaire, bat régulièrement les plus récalcitrants. À deux et à trois sur le même homme, la même femme. La colère monte et un air de rebellion rôde à Shangaï. 

Les citoyens reçoivent des avis par écrit mais refusent de les respecter. Ils ne croient pas que cela puisse venir nécessairement du gouvernement. On chiffonne, on brûle, on nie ce qu'on lit. 

Shangaï est vide.


L'exaspération monte. Elle se lit, se voit et s'entend sur les réseaux sociaux avant que le gouvernement chinois ne les efface. Des scènes d'affrontements se multiplient, et pour cause. Le gouvernement a choisi quelques endroits pour y enfermer tous les cas de Covid, même les asymptomatiques. Et on les force dans une large habitation de condominiums, où les résidents sont évincés, et résistent, à juste titre. Ceux qui restent ne veulent pas non plus inviter des foyers de contamination dans leur building. Le bordel devient physique et absolu. Qui voudrait que son immeuble soit imposé dogmatiquement site de quarantaine de maladie mortelle ? 

Les contaminés sont entassés avec leurs affaires personnelles dans les autobus, parfois plus de 40 dans le même bus avec toutes leurs valises. Les gens paniquent et hurlent leur colère à qui mieux mieux. Qu'est-ce qui est justement mieux ? Qui peut le décider pour nous ? Les gens roulent en bus pendant toute la nuit, sans manger ni boire. C'est de la torture. 

Les tests réguliers sont obligatoires et pour ceux qui ne veulent pas le faire, on entre à 6 ou 7, en combinaison blanche, et on force la chose contre les individus. Parfois en le coinçant sur une galerie comme sur la photo ici à gauche droite. Et en arrêtant ces gens. Pour le confiner ailleurs, en prison.

Le variant Omicron a fait vasciller la stratégie zéro-Covid de Pékin. 45 villes de Chine sont mises sous cloche (mais la pandémie n'existe plus là-bas,  nous disent-ils). Le quart de la population Chinoise est forcée confinée. 386 610 cas ont été recencés en 13 jours d'avril là-bas. La plus forte vague depuis le début de la pandémie. L'absence d'immunité collective et le faible taux de personnes âgées vaccinées, fait des résidents du pays des proies faciles au virus. 

On annonce maintenant le nombre de décès tous les jours. Ce qu'on ne faisait pas avant. On ment, (c'est comme ça que le gouvernement Chinois fonctionne) en disant que 100% des décès se trouvent du côté des non-vacciné(e)s. 

Pékin n'en démord pas. Pas question de changer de stratégie tant que la pandémie n'est pas mieux contrôlée. Mais la population confinée est rationnée et manque de tout. Ravitaillement, biens personnels, médicaments doux, services. Des batailles dans les rues ont comme origine des gens qui ne veulent que survivre. On veut de la nourriture, de l'eau et du gaz. On se sent, on se sait, en guerre. Ils sont à court de vivres et ne peuvent rien acheter. 

À quelques mois du 20ème Congrès du Parti Communiste Chinois, où Xi Jingping y jouera sa réélection, le gouvernement continue de serrer la vis. 

Les scènes surréalistes d'un homme masqué, en combinaison blanche, tenant un petit transistor qui scande "rentre chez toi, rentre chez toi!" sont maintenant scènes courantes, à Shangaï. 

Cauchemar de Covid. Bien réel. 

Et dire qu'ici, les moins calibrés mentalement crient au viol de la liberté...

dimanche 1 mai 2022

Silences & Flûte-Trombone

J'étais sur la route, un lundi soir, à 21h38, une journée commencée très difficilement à 5h00 du matin, refaisant la même route que je fais 5 jours sur 7, dans cette même noirceur en voiture, et avec sensiblement le même absent trafic, direction bureau. 

Porké le bureau à cette heure, un lundi soir ?

"Ben non, ça ressemble beaucoup plus à de l'influenza, je n'ai pas de fièvre, je n'ai que des chats dans la gorge qui me forcent à tousser à l'occasion!". que j'avais dit, avalant un sinutab. 

"Test! Papa!"

TEST! m'ont ordonné mes deux enfants. Le grand parce qu'il craint pour ses sessions d'examens prochaines qu'il ne veut pas manquer, la petite parce qu'elle fête avec sa belle famille la réussite scolaire de son chum, à notre condo du nord, celui-ci tombe sur le marché du travail, dès la semaine prochaine, puisque 2 employeurs s'arrachent ses services. Différentes réalités que les nôtres, au même âge. Les deux insistaient pour que je m'auto-teste pour la Covid et j'ai fini par les écouter parce que les deux étudient/travaillent en santé et savent davantage de quoi ils jasent que Dr. Jones qui parle d'influenza. 


La vérité était aussi que me rentrer une tige dans le nez est une expérience extraordinairement difficile pour moi. Ça peut me prendre une bonne demi-heure à essayer d'en entrer une seule et je pleure toutes les larmes de mon corps pendant le 15 secondes. Une fois la torture passée, je suis aussitôt monté à l'étage, fuyant la cuisine parce que christ...fallait que je soigne la douleur du test. coliss juste cette image à gauche me fait mal à voir.

"Huntyyyyyyy..."  mélodiait l'amoureuse de la cuisine, douloureusement. 


Voilà...j'avais la Covid. C'est ce que le petit bâton disait. Moi qui avait voyagé au Honduras, qui m'était vanté, pas plus tard qu'il y a deux semaines que les 4 chez nous, malgré des vies actives, souvent au coeur des foyers de Covid, n'avions jamais eu la chose. Y en fallait un. Ce serait moi. Celui qui fait les épiceries qui ne se feraient pas. On a manqué de pain trois jours plus tard. N'en avait pas plus au 5ème.

Me rendant au bureau, lundi soir, chercher mon ordinateur portable afin de travailler de la maison, je m'était mis ma liste de lecture Offering de Ravi Shankar dans la voiture pour me relaxer. Oui, ça m'a rendu nerveux. D'abord pour mes enfants, qui étaient soudainement à risque. J'ai lavé avec des petites lingettes la poignée de leurs voitures que j'avais conduites pour les changements de pneus dans les derniers jours. Je veux rien saboter autour de moi. L'amoureuse tousse un peu aussi. Ça dérange. On s'isole. On se construit des murs. On porte des gants, on touche à tout, ganté ou avec une lingette. On se lave les mains ou se les Purel tout le temps. Oh merde! qu'est-ce que ça implique maintenant tout ça ?

Je ne sors plus (faux, j'ai pris des marches tous les soirs), je ne mange plus avec les autres, le lavage ne se fait plus puisque je suis seul en haut dans ma pièce et que c'était toujours moi le lead là-dessus. Ils pensent parfois que ça me plait. C'est faux aussi. Pas à 100% mais faux. Ce qui est vrai est que j'occupe ma maison comme je le ferais en tout temps. En condo. Dans une seule pièce. Où il n'y manque que la douche, mais qui est la pièce suivante. Et "ma prison" contient le rameur, les films, les livres, ouais...ça, c'est vrai que ça me plait comme cellule. Que je marche de longs en large quand ma montre me dit "levez-vous".  

Mais après 6 jours comme ça, les autres me manquent. Ravi me revenait en tête. 

On se parle par téléphone. Au travers des portes. Je parlais moins. Ce qui me faisait moins tousser. Je dois admettre que le silence forcé m'a fait du bien. Habitué au silence du matin et à celui que je meuble de ce qui joue dans mes air pods, parfois longtemps, au travail, j'ai gardé l'habitude de me lever à 5h, mon corps (ou le chat ou les deux) garde l'habitude d'exiger de me lever à 5h, et je n'ai plus les étourdissements du début de ma Covid. La lourdeur du matin du test, c'était aussi les vertiges. C'était la somme de toute sortes de choses qui m'ont forcé au test. 

Étrangement, passé cette journée de test, je n'ai jamais senti que j'étais vraiment malade. 

J'étais même détendu. Léger parce que je perdais du poids en mangeant moins et en ramant. J'écoutais du France Gall sans ironie. Avec envie de danser ou de jouer la guitare sur Musique.   

"What's you doin'? slave"

Le chat, inconscient de tout ce qui déroule dans nos inquiétudes continuait à se comporter comme si la terre et les gens qui la composent ne sont que pour ses envies. Dans le silence matinal, entre 5 et 8- 8h30 on entend parfois uniquement son mauvais miaulement exigeant de l'attention. Généralement répondu par moi, qui le nourrit, lui change son eau, lui mets son grelot, le sort, le rentre. 

Le silence habituel des premières heures de travail était le même, même une heure plus longue puisque je ne me rendais qu'à trois pieds du divan (où je suis forcé de dormir) et pouvais commencer à travailler dès 5h09. 


Dans le silence du samedi matin,  je n'avais pas de raison de me lever à 5h00 mais bon, c'est mon corps qui décide. J'ai eu, sans s'annoncer, un vent aux effets inattendu. Il y avait deux portes d'étanchéité entre la puce, l'amoureuse et moi. Et j'ai réussi, en raison d'un mauvais calcul gastrique qui a catapulter, que dis-je canonner, avec chaleur, un bruyant et fort sonore coup de flûte qui fausse, aussi cousine du trombone. Le plus vulgaire des pets qui a réveillé les deux têtes ensommeillées. C'est mon corps qui décide, j'ai dit.

Elles étaient frustrées. Je les comprends. On ne veut pas d'un klaxon au réveil. J'ai peu souffert pendant ma Covid. Ce n'était qu'achalant et légèrement contraignant.  

Je n'ai rien perdu de mon odorat. Ce matin là, je le savais pleinement.