mardi 6 novembre 2018

Républicains D'Hier

Dans le très troublant film de Paul Greengrass rappelant l'horreur du 22 juillet 2011 en Norvège, on ouvre sur des montages en parallèle de jeunes gens, extrêmement positifs, prêts à parler d'avenir en société et de futur pour la Norvège et on alterne avec l'assassin en devenir, seul sur sa ferme, préparant ses stupidités.

Le premier groupe a beaucoup de plaisir. Ils chantent, échangent, débattent et plus souvent qu'autrement, s'amusent. L'autre est isolé. Encore plus isolé dans sa propre tête. Mais pas complètement non plus.
Quand il aura commis tous ses crimes, ayant envoyé une diahrée politique par courriel, sa propre mère, pendant que l'assassin est en procès, demandera à son avocat "Mais mon fils avait un peu raison, n'est-ce pas?".

Désillusion.

Le film est tout simplement bouleversant. Dur à supporter.
La réalité, imbuvable et indigeste.

Dans les années 80, en 1981 plus précisément, aux États-Unis, Ronald Reagan alors président républicain, avait ceci à dire sur le racisme aux États-Unis.

Quelques groupes isolés, dans les eaux troubles et sombres de la vie américaine, gardent toujours cette notion perverse de ce à quoi devrait ressembler les États-Unis. Récemment, à certains endroits dans la nation, sont survenues de dérangeantes récurrences de racisme et de violence. 

Vous êtes les déphasés de notre société. Vous êtes ceux qui violez volontairement le sens du rêve américain. Et ce pays, pour ce qu'il représente, ne défendra jamais votre conduite.

Mon administration enquêtera vigoureusement et traduira devant les tribunaux tous ceux qui, par la violence ou l'intimidation, tenterons de porter atteinte aux droits constitutionnels des autres.

Le président républicain actuel ne pouvait pas dire une telle chose. Il est un de ces déphasés dont parle Reagan.

Quand un conducteur (blanc suprémaciste) a roulé volontairement avec sa voiture-bélier sur une militante en faveur de la cause des noirs, à Charlottesville, le 12 août 2017, tuant Heather D. Heyer, une assistante juridique de 32 ans,  le procureur général Jeff Sessions a tout de suite parlé d'un acte de terrorisme intérieur.

Son président, en revanche a été infect.

Les manifestations d'alors opposaient des gens qui voulaient que l'on retire les statues honorant les héros racistes de la Guerre de Sécession (beaucoup de noirs, mais bien des blancs équilibrés) et ceux qui insistaient pour que les drapeaux confédérés et les statues restent fièrement en place (Tous des blancs).  Celui qui a foncé sur Heather D.Heyer était aussi sympathisant néonazi.

Après plusieurs jours sans se prononcer sur la chose, on a extirpé du président l'horrible phrase "..il y avait des responsables de chaque côté."

Mais surtout la réponse suivante quand on lui a demandé ce qu'il pensait des suprémacistes blancs :
"...il y a de bonnes personnes parmi ces gens-là..."

Il a aussi refusé de parler à la nation ou faire un discours comme Reagan l'avait fait dans des circonstances semblables, en 1981, devant la Nationale Association for Advanced Colored People (NAACP).

C'est ce gnome mental qu'on validera à nouveau comme président ce soir aux élections de mi-mandat aux États-Unis.

Un homme qui pourrait faire grand cas, et tirer une grande fierté de pisser debout.

Un enfant.

Nous verrons demain matin si la réalité est toujours aussi indigeste et imbuvable qu'elle l'était aujourd'hui.

Où un président blanc défend rarement un citoyen noir, et où il suggère de fusiller du Mexicain à la frontière.

Nous verrons si les États-Unis vivent toujours sous le joug de la désillusion groupale.


  

lundi 5 novembre 2018

Cinema Paradiso**************Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore

Tous les mois (dans les 10 premiers jours) tout comme je le fais pour la littérature (dans les 10 derniers) et la musique (vers le milieu), je vous entretiens de cinéma. Une forte passion chez moi.

Je vous parle d'un film qui m'a charmé, par sa réalisation, sa trame sonore, sa cinématographie, ses comédiens, son scénario, son propos, tout ça en même temps. Je vous parle d'un film dont j'ai aimé pas mal tous les choix. Un film qui a ouvert mes sens.

J'ai étudié et travaillé dans le cinéma. C'est une passion qui ne s'efface pas comme ça. Je consomme encore régulièrement des films (ou des séries) dès que j'en ai la chance. Quiconque clique sur "J'ai Vu" en haut à droite, le constatera, je vois beaucoup.

Aujourd'hui je vous parle de ce qui a donné le nom à la chronique, un film qui fête cette année ses 30 ans cette année, parfum de magie.

CINEMA PARADISO de Giuseppe Tornatore

Quiconque me connait sait à quel point je suis un grand fan de cinema italien.

En 1988, j'avais 16 ans. Je vivais une première réelle passion amoureuse. Dans le cinéma pyramidale de mon 418, jouait des films qui n'étaient jamais des films hyper populaires. C'était davantage des films européens ou étrangers. Moins grand public, les salles étaient d'ailleurs toute petite. J'y étais abonné et ça s'appelle Le Clap.

Comme le film faisait la Une du magazine mensuel du Clap, il ne faisait aucun doute que j'irais voir ce film. Avec ma douce. Et quel charme!

Giuseppe Tornatore est un jeune prodige italien. À mon âge d'alors (16 ans), il avait monté des pièces de Pirandello et de De Fillipo (Ironiquement, je jouerai celui-là deux ans plus tard, à l'Université). En 1988, il a 32 ans. À 28 ans, il coscénarise et assiste à la réalisation d'un film de Giuseppe Ferrara. À 30 ans, il traite du milieu "napolitain" et fait le saut comme unique réalisateur lui-même.

Le film attire tant l'attention autour du jeune réalisateur que le célèbre producteur italien Franco Cristaldi l'approche et le finance pour son second film.

Pour raconter l'histoire d'une relation entre un projectionniste de cinéma paroissiale d'Italie des années 50, gérant de l'endroit, un peu curé, un peu moralisateur, responsable autoproclamé du comité de censure, et le petit "Toto", que l'on imagine facilement être Tornatore lui-même à cet âge, Giuseppe fera prendre en photo des centaines de petits garçons entre 8 et 10 ans, pour trouver son jeune comédien, qui portait d'ailleurs le même prénom que le personnage qu'il allait incarner: Salvatore.

Le film ouvre à l'époque actuelle où Salvatore, adulte, oeuvrant dans le cinéma à Rome, ce qu'il avait promis de faire au projectionniste Alfredo, 20 ans auparavant, apprend son décès. Salvatore retournera dans son village, et revivra 30 ans plus loin dans ses souvenirs.

Tornatore voulait parler de la fin des salles de cinéma traditionnelles qu'il sentait venir avec le succès des clubs vidéos et de la télé payante. La musique d'Ennio Morricone raflera le David Di Donatello de la meilleure musique et reste encore aujourd'hui de très jolis morceaux de musique à se mettre en oreille.
Les performances de Phillippe Noiret et Salvatore Cascio sont absolument touchantes. Jacques Perrin incarne Salvatore, adulte. Marco Leonardi incarne "Toto" ado. Noiret, grand adepte du cigare fera une exception pour le petit "Toto" qui ne supporte pas l'odeur du cigare, et ne fumera pas sur le tournage. Chose qu'il ne faisait pas pour DeNeuve ou Loren...

Plusieurs versions existent, l'initiale de 2h50, puis, celle raccourcie à 2h35. Finalement, celle auquel l'Amérique a eu droit fût celle de 2h03, n'incluant pas Brigitte Fossey dans le rôle de la belle Maria, adulte.

Cinema Paradiso nous arrache des larmes facilement. Le film a gagné l'Oscar du meilleur film tourné en langue étrangère, le Prix du Jury au Festival de Cannes, Le Golden Globe du meilleur film tourné en langue étrangère, 5 BAFTA en Angleterre: meilleur acteur, meilleur second rôle masculin, meilleur film non anglophone, meilleure bande sonore originale et meilleur scénario original.

Tornatore ne touchera jamais plus cette grâce de la même manière dans le futur.

Splendide voyage italien. 

dimanche 4 novembre 2018

Black Sabbath

Tommy Iommy, guitariste, et Bill Ward, batteur, sont dans la formation blues rock, Mythology. Gezzer Butler, bassiste et Ozzy Osbourne, chanteur, sont de la formation Rare Breed. Quand les deux bands se scindent, on fait des deux moitiés, un seul band: The Polka Tulk Blues Band. Jimmy Phillips, ami d'enfance d'Ozzy est inclus à la slide guitar et Aker Clarke est rajouté au saxophone. On juge rapidement les présences de Phillips et Clarke superflues dans les compositions de Iommy et les deux gars ne semblent pas prendre la carrière du groupe au sérieux, on demeure alors un quatuor que l'on rebaptisera alors Earth.

Mais après quelques compositions, Iommy quitte son propre band et joint Jethro Tull pour un mois, fin 1968. Le temps d'apparaître avec eux dans le film des Rolling Stones de cette époque, Rock'n Roll Circus. Iommy est le guitariste gaucher, au chapeau blanc. Mais il se tanne vite du leadership de Ian Anderson dans le groupe et retourne au sien dans la formation Earth dès le mois suivant. Comme on confond le groupe avec une autre formation du même nom, on choisit le titre d'un film mettant en vedette Boris Karloff, mais aussi le titre de l'une de leur composition comme nom de band: Black Sabbath.

Le premier album du groupe (lancé un vendredi 13) sera boudé par la critique, mais un grand succès populaire. Iommy, Ozzy et leurs amis réalisent que les gens font la file au cinéma pour voir des films d'horreur et paient beaucoup d'argent pour avoir peur, ils feront donc de la musique épeurante. Ça fonctionne à merveille. Le second album, lancé aussi en 1970, fera aussi mouche auprès du public. Et établira deux classiques d'un genre qui naît: le heavy metal.

Au troisième album, ils sont de plus en plus riches. Ils succombent donc aux charmes de la drogue. Iommy compose pratiquement toute la musique, Butler, toutes les paroles. C'est un autre succès. Depuis trois ans, on est sur scène en tournée ou en studio. On brûle la cuiller chandelle par les deux narines bouts. Le quatrième album, bien que plus expérimental, reflétera cette fatigue mais vendra plus d'un million de fois tout de même. En 1973, on fait le tour de l'Europe et de l'Australie et ses environs en tournée.

C'est dans un donjon, en Angleterre, que Iommy trouve l'inspiration du cinquième album. Pour la première fois, les critiques les prennent maintenant au sérieux et aiment ce qu'ils présentent. On reconnaît leur poids dans le montée du heavy metal et on revisite les albums du passé sous un meilleur angle.

Black Sabbath continue de tourner autour du monde, avec des gros noms cette fois, Deep Purple, les Eagles, Emerson, Lake & Palmer, Rare Earth, Seals & Croft, Black Oak Arkansas ou Earth, Wind & Fire. Un sixième album offre un contre-son au disco qui fait maintenant rage en 1975. On ouvrira pour Kiss en tournée, ce qui les rend encore très riches. Ozzy se rupture un muscle du dos dans un accident de moto et on est forcé d'abréger la tournée. Une compilation est lancée afin de marquer le changement de gérance.

En 1976, on fait plus de place, sur un septième album, au synthétiseur de Gerry Woodruffe qui était aussi subtilement présent sur l'album précédent. On sent que Black Sabbath périclite. Ozzy est interné à la sortie de l'album, dans un institut psychiatrique. Ward chante sur le septième album, pour la première fois. Quand Ozzy quitte l'institut, on ouvre pour Boston, Ted Nugent ou AC/DC.

Ozzy est tanné du band dans lequel il chante, il le quitte temporairement. Il veut en former un nouveau avec des membres de Dirty Trick. Mais il change d'idée. On enregistre le 8ème album difficilement au Canada (en Ontario) majoritairement sous l'influence de la drogue. L'album ne fait pas fureur, mais cette fois ils tournent en spectacle principal en Amérique et Van Halen, groupe qui commence, font leur première partie.

Ozzy est si perpétuellement saoûl que Iommy est contrait de le limoger. C'est Ward qui sera le commissionnaire de la nouvelle en avril 1979. Ironiquement, leur gérant d'alors est Don Arden, dont la fille, Sharon, est maintenant séduite par celui qu'on vient de limoger. La suite est connue, elle prend en main la carrière de son chum, et il sera toujours plus riche.

Ronnie James Dio , alors chanteur de Rainbow, sera le nouveau chanteur de Black Sabbath. On fera deux albums avec Dio comme chanteur. Mais ce n'est plus la même chose. Ward quitte le groupe en 1980.

À la recherche d'un nouveau chanteur, Micheal Bolton auditionnera. Ian Gillian, ancien Deep Purple fera l'album suivant au chant. Et Ward revient à la batterie le temps de cet album. Les réactions ne sont pas bonnes quand au nouveau Black Sabbath. Après la tournée, Gillian quitte et retourne auprès de Deep Purple. En novembre 1984, Butler quitte aussi à son tour.

Ils se réunissent pour le Live Aid de Bob Geldof & Midge Ure en 1985. Ils seront encore tous saoûls sur scène, mais ils se seront saoûlés séparément.

Tommy Iommy enregistrera les 8 derniers albums de Black Sabbath, étant le seul membre à être de tous les albums entre 1970 et 2013.
Geezer Butler revient en 1987, de 1990 à 1994, de 1997 à 2006 et de 2011 à 2017.
Ozzy Osbourne revient de 1997 à 2006 et de 2011 à 2017.

Bill Ward ne reviendra jamais.

Les 5 premiers albums de Black Sabbath sont considérés comme le ciment de ce que deviendrait le heavy metal et les magazines classent encore le groupe au premier rang des influences majeures du genre.

En écoutant The Rover d'Interpol, j'y ai trouvé une parenté à Black Sabbath.

Black Sabbath fête cette année les 50 ans de sa création.

samedi 3 novembre 2018

Donner Cette Chance de Plus à l'Amour

Je n'ai jamais été un grand fan de Queen.

Au CEGEP, avec un ami, on avait même fait chacun de notre côté un top 100 des meilleures chansons de tous les temps (selon notre expérience de 17 ans) que nous avions ensuite comparé pour en faire sortir un nouveau top 100 et j'avais complètement omis le groupe. Je ne me rappelle plus si mon ami avait placé beaucoup de Queen, mais il avait placé assez haut dans le top 100, Bohemian Rhapsody. Que je découvrais probablement. Et que j'aimerais beaucoup. Mais c'est pas mal tout.  Deux ans avant Wayne's World qui nous faisait redécouvrir le band avec ce morceau. Et avant la mort de Freddie Mercury qui allait faire revivre le band un peu plus longtemps.

En appartement, à Montréal, un co-loc allait en faire beaucoup trop jouer dans nos murs, sur deux compilations voulant capitaliser sur la mort de Mercury, et ça finirait pas ne pas me plaire vraiment.

Mais je peux comprendre l'intérêt autour du band. Ils avaient une réelle saveur picaresque théâtrale. Entre 1973 et 1986, ils ont coloré le monde musical de brillante façon à plusieurs reprises. Même si leurs chansons ne me rejoignaient pas souvent.

Mais je ne pourrai jamais cracher sur Queen. Pour 70 secondes.

Même si ce type de musique, le côté hirsute de ses interprètes, la guitare lourde, l'inventivité musicale, le concept de solo, sont toutes des choses de plus en plus absentes dans les constructions musicales de nos jours, il semble que la période de 1970 à 1992, celle qui a couvert les années payantes pour Queen, ait eu son lot de chansons exploratoires, étranges, extravagantes, osées, comme Ziggy Stardust, Stairway To Heaven, Shine On You Crazy Diamond, Rock Lobster, I Ran, Nothing But Flowers, Lovesong,  et avaient toutes ce côté bizarroïde qui plaçait les gens dans des zones d'inconfort musicaux mais qui marquaient aussi l'histoire et l'époque à leur façon. Plaçaient un paquet d'autres gens dans une zone de totale aventure heureuse.

Queen a touché à cette magie avec Bohemian Rhapsody, qui donne le nom au film lancé vendredi dernier sur l'histoire du band. De sa naissance au Live Aid de 1985, où le groupe était au sommet de son art.

4 ans avant ce Live Aid, David Bowie, my man, se rendait à Montreux, en Suisse, pour y enregistrer des voix sur le 10ème album de Queen, Hot Space. La session avec Bowie serait difficile puisque trop de chefs seraient capitaines d'un même bateau. Mais ça accoucherait d'un morceau tout à fait formidable.

Phénoménal pour mes oreilles.

Autour de 2:20 dans la chanson que Mercury, Deacon, May, Taylor & Bowie composeraient, se trouvent 70 des secondes les plus extraordinaires de la musique (toujours pour mes oreilles).

Love, love, love, love, love,
Insanity laughs under pressure we're breaking

Can't we give ourselves, one more chance?
Why can't we give love that one more chance?
Why can't we give love, give love, give love, give love, give love, give love,
give love, give love, give love, give love, give love, give love?

Because love's such an old fashioned word,
And love dares you to care for the people on the (people on streets) edge of night
And love (people on streets) dares you to change your way of
Caring about ourselves,
This is our last dance,
This is our last dance,
This is ourselves.

37 ans après sa composition, cette pièce me bouleverse encore et me semble tellement toujours pertinente.

Sur cette planète qui épouse de plus en plus les autocraties et les crapules.

Un film sur l'histoire du band est sorti en salle vendredi dernier. Ça me semble une catastrophe. Académique à en vomir. Je semble toujours tomber sur une bande annonce en français, traduction franchouillarde de France atroce (tout comme Wayne's World avait été une horreur en français-mégateuf? Hein?), bande annonce qui est affreusement tournée.

Mais film que je verrai surement dans 8 mois.

Donnons tous cette chance de plus à l'amour.
Dans la vraie vie.

Même au Brésil.
Qui a élu un haïssable la semaine dernière.



vendredi 2 novembre 2018

C'est Ça La Clé

"Tu devrais "tilter" ta palette par en arrière, c'est ça la clé"

Mon rôle a changé dans la petite compagnie de recyclage qui prend de plus en plus d'expansion. Au début nous étions trois chauffeurs. Maintenant, nous sommes 9. C'était il y a un an et demi. Je suis le troisième plus ancien. Mais comme je vous dis, mon rôle vient de changer. Cette semaine. J'avais demandé d'être retiré de la route si possible, la pénibilité du travail devenant trop lourde. Des journées successives de 12, 13, 11, et 10 heures, ça use.

Mon voeu a été exaucé. On m'a placé à l'entrepôt, à temps plein. Toujours 4 jours de 10 heures, du lundi au jeudi, mais 100% à l'entrepôt. Et presque toujours au volant d'un monte-charge. Ça a ses bons côtés:
Ne plus travailler dans les intempéries. Contrôler ses heures de fin de travail davantage. Pouvoir prendre une journée ou deux de congé. Évitez tout trafic. Diminuer par 1000, les chances d'attraper une contravention ou de faire un accident ou un accrochage. Se sentir moins responsable de brûler autant de pétrole, tout en recyclant la planète.

Mais il y aussi de nombreux désavantages. Je passe de gars qui ne faisait que grignoter all day, à gars forcé de prendre une beaucoup trop longue heure de dîner. Étirant ma journée d'une heure à la fin. Dîner souvent interrompu par un client qui apparaît sur place. Je fais aussi beaucoup moins d'heures supplémentaires, mes paies sont donc plus minces. Et j'ai retrouvé mon statut de "nouveau".

Ce qui, avec deux gars beaucoup trop fiers, devient irritant à la longue.

G.Pawdépowl devient mon superviseur direct. Un vrai crétin. Le type d'homme qui n'a jamais eu beaucoup beaucoup de pouvoir dans la vie et qui a besoin d'une demie tonne de validation dans ce qu'il fait. Il s'est inventé plusieurs talents que personne ne reconnaît vraiment.
"Si c'est bien rangé, c'est parce que c'est moi qui l'ai fait..." a-t-il menti l'autre tantôt.
Faux c'était moi.
"Pourquoi tu penses qu'il ne t'a rien manqué?". Personne n'a trouvé la réponse.
"Parce que c'est moi qui ai préparé ta commande" s'est-il répondu, fendu d'un sourire satisfait.

Il est montagne d'orgueil et le rouge lui monte facilement au visage. Il est aussi maladivement jaloux. Vraiment maladivement jaloux. Il est sensiblement le contraire d'un leader. Il y a quelques mois, je me tapais deux soirs de plus de 12 heures et un de mes supérieurs, sans que je lui demande, me disait de retourner chez moi au troisième jour, quand ma tournée sur la route se terminait vers 15h. Entendant la chose, G.Pawdépowl a eu un geste d'une violence stupéfiante, contre une palette qui traînait pas loin. Un geste dangereux. Et inexpliqué sinon qu'il ne digérait pas du tout ce qu'on m'offrait comme fin de journée.
Les exemples d'extrême jalousie pleuvent autour de lui. De jalousie vraiment maladive, je vous dis. Aucune idée n'est bonne si ce n'est née dans sa pauvre tête jalouse. C'est un vrai défi travailler avec lui qui veut bien me conseiller EN TOUT TEMPS puisque je commence à temps plein à l'entrepôt. Mais j'ai 46 ans. 8 de plus que lui. Et je travaille pour cette compagnie depuis 1 an et demi. Je n'ai pas besoin de 85% de ses conseils.

Il prend certaines décisions dogmatiquement, sans réelles raisons, ("Mets pas ça là, mets ça plutôt là") simplement pour dire qu'il a mis son pied par terre sur les choses les plus vaines.

"Tu prends toujours les piles de bac par les poignées d'en arrière, c'est ça la clef".

Il termine chaque conseil par "c'est ça la clé". Je suis maintenant un homme aux milliers de clés. Qu'est-ce que je suis chanceux!

Il a 38 ans. Il vient d'obtenir son permis de conduire. Avant il y a deux mois, il voyageait en autobus. Ça le complexait atrocement. Il quittait pour prendre son bus et nous on partait en voiture. Moi, dans un char de 2019. Qu'est-ce qu'il devait me jalouser! Maintenant, il prend un malin plaisir à tout m'expliquer. Bientôt, il surgira de sous le bol de toilette pour me dire comment me torcher.

On a dû aller chercher un camion qui était en réparation. Il a tenu à conduire. J'ai été assez con pour acquiescer. CHRRRRRRRRRRRRRRRRRISSST! Il a eu deux violents épisodes de rage au volant. Pour un gars qui textait, et contre une fille qui n'avait pas mis son clignotant. J'ai dû le calmer. Il fonçait sur celui qui avait texté, après s'être arrêté à sa hauteur, l'avoir singé au volant en train de texter, et l'avoir ensuite coupé avec fureur. Un vrai crétin fini. Un mauvais film d'horreur dont j'étais l'otage. Plus jamais en voiture avec ce pignouf.

"Stationne jamais de dos, c'est ça la clé"

WHAT DA FUCK?

On a fait lettrer deux camions. Il a tenu à aller sniffer le travail des deux gars qui travaillaient nos camions. Un expert badaud. Je suis le pire des badauds. J'étais près de lui et j'ai tenu à sortir. Dans la pluie. Comme si j'avais eu le mal de mer. J'avais en fait le mal du trop fier. Il tenait à montrer qu'il était un bonze de l'entreprise. Ce qu'il n'est pas du tout.

Dans chaque meeting, il rajoute des phrases inutiles à celles prononcées par ceux qui tiennent les réunions. C'est presque Dwight dans The Office. Au party d'été du grand grand boss, propriétaire de l'entreprise, il a passé la soirée à me demander: "Je te l'avais dit que c'était hot le party au boss hein?".
AU MOINS 5 FOIS! Ne savourant jamais le party pleinement lui-même car trop...loser.

Il a une épouvantable personnalité qui le font rigoler de fierté à chaque fin de ses affirmations qui sont TOUTES ponctuées d'orgueil.

Je ne durerai pas une éternité dans cet entrepôt avec ce guignol qui nous fait tout le temps croire qu'il et "beaucoup trop occupé".

"Moi, j'ai pas le temps" est la deuxième phrase la plus répétée par cet olibrius après "C'est ça la clé".
Et quand on lui dit "occupé à quoi?" il ne sait pas quoi répondre. Où il improvise péniblement.

Risible comme ça , ça ne s'invente pas.
Plus j'y pense, plus il me fait franchement penser à Dwight Schrute.

Les tricheurs et la jalousie ne triomphent jamais.

C'est ça la vraie clé.

jeudi 1 novembre 2018

L'Halloween au Secondaire

Oh!qu'ils ont peur en cette ère de "montre-moi tes fesses sur Instagram" les écoles secondaire.

C'était probablement moins spectaculaire, mais à l'époque, c'était nos mamans et nos papas qui nous confectionnaient des idées de costume. Pour très peu d'argent. Je me rappelle avoir porté quelque chose en feutre de fabuleux avant mes 13 ans. Un costume de Robin des Bois entièrement fait à la machine à coudre par ma mère. Je me rappelle mes soeurs, sorcières, toujours confectionné par ma mère. Jamais, en fait, avant l'âge adulte, n'avons nous acheté un costume. On l'a toujours tricoté nous-même. L'amoureuse a connu son plus gros succès en maillot de bain jaune, portant un gilet noir à manche longues et un collant noir, et ayant simplement placé des bandes papier collant électrique noir en parallèle sur son maillot, sur le devant comme sur le derrière,  ajouté deux ailes dans son dos et acheté au magasin à 1 $ des antennes...d'abeille.

Mon plus grand succès aura été un épouvantail 100% travaillé par moi-même, prenant un vieux veston aux manches recousues à mon père et ayant ajouté du foin aux manches, aux chevilles, et sortant un peu de sous mon chapeau et de sous mon t-shirt dans le cou (J'avais aussi les cheveux bleachés couleur paille) avec un visage maquillé et une amoureuse d'alors tout à fait séduite puisque j'étais apparemment beaucoup plus cute qu'épeurant.

J'avais tout de même calculé mes affaires pour lui plaire.
(mon costume de punk l'année suivante l'avait aussi séduite, mais c'était pas 100% un costume, c'était aussi 1986).

Revenons au Collège de ma fille.

Une mise au point nous a été envoyée.

Un courriel nous as précisé que seuls les costumes appropriés seraient acceptés.

Les intolérances seront celles-ci:
1-L'indécence, l'humour inapproprié, mettant en valeur, de manière contraire, les règles prônées par l'institution, le corps de l'homme ou de la femme.

2-Les jupes courtes, les shorts trop courts (la longueur réglementaire est de 10 cm au dessus du genou)les bretelles spaghettis, les épaules dénudées, les décolletés, les chandails ou autres vêtements moulants (exemple: leggings) ne seront pas acceptés. 

Ouch! ma fille et trois de ses amies ont choisi ensemble de porter le même costume de squelette portant un chapeau rose et ça inclut un legging...

Une autre de ses amies portera un costume de prof d'aérobie des années 80, puisque sa mère nous l'a dit, elle était elle-même prof d'aérobie dans les années 80 et a ressorti son vieux stock pour sa fille. Je suis curieux de voir la réaction de son école car la jeune fille est jolie comme un coeur, a un amoureux, et plusieurs autres amoureux secrets, et ses beaux yeux sont cerclés par des zillions de cils. Si elle se présente en maillot avec des collants moulants, je devine d'emblée l'hystérie des petites meudames de l'école face au potentiel émoi suscité chez les garçons de 15-16 ans.

3-Les déguisements et accessoires promouvant la haine, le racisme, la discrimination ou la violence, quelle qu'en soit la forme ne seront pas tolérés. 

Je n'ai pas su encore pour l'amie aérobique de ma fille qui violait probablement le point 2. j'ai oublié de lui demander. Ma fille et son trio de squelettes ont eu droit à de gros yeux de la part de certains surveillants, et des yeux beaucoup plus doux de la part de bien des jeunes garçons.

Mais j'ai su pour William, le fils d'un ami qui va aussi à cette école, et qui n'a pas pu y entrer du tout. On l'a tout de suite retourné chez lui.

Son costume violait entièrement, mais alors complètement,  les points 1 et 3.

Indécent, inapproprié, faisant la promotion de la haine, du racisme, de la discrimination et de la violence. 

Il était déguisé en Donald Trump.

On aussi eu peur qu'il soit physiquement agressé.