vendredi 22 avril 2022

Abercrombie & Fitch: Le Mal Dégourdi

 

La compagnie de linge des États-Unis, existante depuis 1892, est tombé sous la loi de la protection de la faillite, en 1976. D'abord une compagnie vendant du linge pour les activités extérieures, des articles de pêche et de chasse, des armes, des canots, des tentes et de l'équipement sportif de ce genre, a été alors achetée pour l'équivalent de 6 millions, de nos jours, par un homme de Houston, deux ans plus tard. Qui en a fait une compagnie avec laquelle on pouvait acheter par catalogue. 

Abercombie & Fitch avait connu un immense succès alors que l'explorateur de l'Antarctique Richard E.Byrd, le président des États-Unis Théodore Roosevelt, dans un safari, et Ernest Hemingway, aussi dans ses safaris ont tous fièrement posé dans le linge de la compagnie. Leur faisant une publicité énorme.

Quand Hemingway se tire une balle dans la tête, en 1961, ce sera avec un fusil acheté dans ce magasin. Suite à sa mort, l'épouse d'Ernest a placé plusieurs des armes de l'auteur décédé, en consigne, chez Abercrombie & Fitch. Il y avait quelque chose de purement Étatsunien dans l'esprit du magasin. Ce qui ne sera pas toujours bien.

Quand en 1988, on vend à une chaîne de linge de l'Ohio, on prend une dizaine d'années à devenir une des plus importantes compagnies de linge en Amérique du Nord. Pas juste de chasse, mais de mode. Visant plutôt le jeunes adultes. Le malsain Mike Jeffries, dans les années 90, recentre les opérations  autour d'un marketing agressivement sexuel. On l'entend aussi dire, très sérieusement, que leur magasin ne visent que les gens beaux et cools, et personne d'autres. Les employé(e)s sont engagé(e)s selon leur beauté. On les oblige à s'habiller en linge du magasin payé à leurs frais, pour travailler. Les hommes ont une prime si ils travaillent carrément en bedaine. Qui ne seront que des torses fameusement taillés. Pour éviter la critique, les mannequins qu'on engage sont rebaptisé(e)s représentant(e)s de marque. 


Bien qu'on se prétende, très très Étatsunien, les employé(e)s sont 100% blancs. Surtout pas représentatif des États-Unis. Leur publicités extrêmement sexuelles les rends très populaires. Même si de l'intérieur, c'est le calvaire. Une politique du "look" est appliquée et si vous prenez du poids, vous perdez votre emploi. On prend des décisions extraordinairement douteuses dont voici quelques exemples:                       -Des t-shirts sur lequel est inscrit Wong Brothers, Laundry Services-Two Wongs Can Make It White.       -Une petite culotte brésilienne pour pré-adolescente avec les mots "eye candy" ou "wink wink" sur le devant.                                                                                                                                                                 

-Un t-shirt sur lequel est écrit "It's all relative in West Virginia", un État où les cas d'inceste sont fréquents. Un autre sur lequel est inscrit L is for Losers avec une image de gymnaste masculin, aux anneaux. Extraordinairement méprisant pour ces athlètes. D'autres avec l'inscription Who needs brains when you have these? au niveau des seins ou Available for Parties. Un t-shirt pour Femmes disant I had a nightmare, I was a brunette. Un autre pour Femmes disant Show the Twins, Female Streaking Encouraged ou Female Students Wanted For Sexual Research.    

         


On devra verser plus 40 millions et réengager plusieurs jeune issus de la diversité raciale, victime de racisme à l'embauche ou limogé(e) pour port de hijab. Et bien entendu, on trône au sommet des Hall of Shame en ce qui concerne la fabrication du linge, avec tous les abus qu'on connaît dans les usines qui emploient des enfants et/ou sous-paient ses fabricants. 

Ce n'est pas innocent d'habiller le vilain, dans Spider-Man, entièrement en Abercrombie & Fitch, quand l'homme araignée lui botte le cul. 

Parce que voilà des gifles qui se méritent, mon Will.

Tiens, je pourrais en faire un t-shirt de cette dernière phrase...


Et le proposer à Abercrombie & Fitch.

Dans le style "The Rise & Fall of..." un documentaire, offert sur Netflix, raconte la montée et la chute de cette compagnie, aujourd'hui bouffée par H & M ou Forever 21.  Et fait parler des gens qui ont vécu, la fascisme de la beauté au sein de l'entreprise.    


Si vous voulez découvrir le clivage et les ravages de l'argent. 

Abercrombie & Fitch valait 31 milliards, il y a deux ans.                      La compagnie perd entre 47 millions et 114 millions par année depuis la pandémie. 

Mais ils baignent dans le mal l'argent.           

Pour des valeurs de marde: Abercrombie & Fitch. 

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