samedi 2 mai 2026

Journal du Perdant Président à 37 %

L'autoritarisme n'aime personne qui ne leur donne ce qu'il pense devoir recevoir comme dignité. Les auteur(e)s comiques, les artistes, sont anti-autoritarisme dans leur nature. Les gens qui se réclament de l'autoritarisme n'aimeront jamais ceux et celles qui rient d'eux/elles. Le nombre de gens qui ont dit à Stephen Colbert, Jimmy Kimmel , Conan O'Brien, Jon Stewart ou n'importe qui faisant des métiers du genre, (tous les auteurs de SNL, entre autres) le nombre de gens qui leur disent: "God! I wish I could say what you say on air!" est récurrent et quotidien.  PARCE QUE JUSTEMENT, ILS/ELLES LE PEUVENT.

C'est ce qui choque princesse pédoprez. 

C'est fou l'incompétence qui se dévoile jour après jour, aux États-Unis.  Que ce soit demander de retirer des ondes ces animateurs,  que ce soit Pete Hegseth se ridiculisant en témoignage au Congrès, ou encore Kash Patel s'accrochant désespérément à son job en poursuivant une chasse aux sorcières qu'ils sont CERTAINS de perdre reste fascinant. Et si désolant à la fois.

Patel prétend avoir passé 11 mois à étudier une photo des coquillages de James Comey sur une plage. Et il n'a pas une seule minute pour enquêter sur les dossiers Epstein ou encore sur la prétendue tentative d'assassinat de la soirée de chorégraphie groupée, de samedi le 25 avril dernier. Qui fait mordre peu de poissons. Si le ridicule tuait, le parlement des États-Unis serait désert. 

" Probablement, je ne sais pas..." ce sont les mots préférés du pédoprésident qui n'arrive pas à rester éveillé, en public, de jour. Il est si peu agile mentalement, qu'il vient de faire perdre, À NOUVEAU, sa cause contre James Comey. Kaitlan Collins est trop brillante pour lui. Ne sourit pas assez à ses yeux, mais elle lui a fait perdre sa cause contre Comey avant même qu'elle ne commence. Il a verbalisé pour les caméras, du doute raisonnable. Sa chasse aux sorcières ne passera pas l'étape de l'ébauche. Encore une fois.

Comme les deux premières fois contre le même Comey où on avait présenté tout croche aux juges et de manière illégale eux-mêmes, parce qu'incompétence oblige. Leur jeune avocate étant illégalement en charge du dossier.   

Comme la fois où 6 Élus avaient fait une vidéo enjoignant tout membre du corps militaire à ne jamais obéir à des ordres illégaux. Ce qui tombe sur la logique des choses. On ne demande pas aux policiers d'obéir au crime non plus. Mais comme la Maison Blanche est devenue un syndicat du crime, on a essayé de les faire accuser de sédition. Après que le pédoprésident eût suggéré leur pendaison. Raté sur toute la ligne. 

Comme les causes rejetées tout de suite pour insuffisance de preuves, contre Adam Schiff et Eric Swalwell. Ils étaient accusés de fraudes immobilières et de trahison. Imaginaires. Comme en Russie ou en Chine. 

Comme avec Laetitia James, qu'on accusait de fraudes bancaires. Sans fondement, sans succès. 

Parce que le succès ne colle pas aux perdants. Et que tout ce que touche ce perdant, s'effondre. 

À défaut d'avoir eu des gens d'esprit se moquer du pire président de l'histoire moderne des États-Unis, samedi le 25 avril dernier, le Roi Charles s'est présenté au bâton, cette semaine. Et sous son nez, lui a lancé de trop (à peine) intelligentes pointes, il n'en a enregistré probablement aucune. Les journaleux l'ont appelé "jovial" et "candide".

Il était mieux encore. Je ne suis vraiment pas fan du concept de la royauté. Mais quand Chucky III est passé aux États-Unis, oui, oui, oui. J'ai ri.

Chucky grande oreilles s'est présenté à la Maison-Blanche qui lui servait un souper formel, tenue soignée, toast, tout le monde debout, 4 services de repas,  3 sortes de vins des États-Unis puisque personne n'en veut, ailleurs, avant de tenir son discours moqueur.

À propos de l'abominable idée de sa salle de bal à 400 millions, il a dit "Je ne peux que remarquer le projet de salle de bal qui a démoli l'aile gauche de la Maison-Blanche, je suis désolé, M. le Président de vous dire que nous, les Britanniques, avions tenté nos propres rénovations de la Maison-Blanche, en 1814"

Année où les Britanniques (et Canadiens) avaient incendié la Maison-Blanche avec succès, dans la guerre de 1812. 

À propos des commentaires de Davos où le prédateur avait dit que sans les États-Unis, les Britanniques n'auraient pas gagné la Seconde Guerre Mondiale et parleraient allemand,  Chucky III a dit : " oserais-je dire que sans les Britanniques, les É-U parleraient Français ?." 

 Charly Boy l'a regardé dans les yeux pour lui dire "Actually, YOU'RE welcome". 

Tout a semblé échapper à l'égaré mental qui publie sur les réseaux sociaux dans la nuit. Ou menaçait de s'endormir, de jour.

Chucky a aussi noté que "Le repas de la soirée était plus relevé et nettement amélioré que le repas servi lors du Boston Tea Party". Googlez, vous comprendrez la référence que le vieux Canard a feint de comprendre.

Charles III a rappelé les principes fondateurs des gouvernements responsables, des pouvoirs et des contrepoids, de la séparation de la justice et de l'État, avant de donner en cadeau une cloche issue d'un sous-marin anglais de guerre de 1944, une guerre que les États-Unis ont joint sur le tard, forcés par le Japon, mais qui ira vérifier chez ces incultes ?

Le pédoprésident a ensuite menti avec grandguignolesque que Charles était encore plus d'accord que lui-même à propos de ce qui se passe en Iran, ce que Chucky a vite nié. À la caméra de la tête et partout ailleurs, du verbe. Ce dernier a aussi vanté l'OTAN que Sleepy Don a qualifié d'inutile et abandonnable. Chucky a servi de la gausserie aux États-Unis.

Googlez aussi gausserie. C'était exquis.  

Le laquais du président J.D.Vance n'a pas applaudi quand Chucky a dit qu'il fallait prioriser les questions environnementales, ni quand Chucky a réaffirmé qu'il fallait supporter l'Ukraine. 

Car Vance savait que Putin allait appeler son agent Krasnov, aux États-Unis, dès le lendemain, pour le forcer sur des décisions à l'encontre de l'Allemagne. Ce qu'il a vite lancé comme ligne à l'eau, le nigaud, sur les réseaux sociaux.  Exposant ses services aux Russes. Il a beau nié, il est toujours en train de s'exposer. Hegseth confirmait le "Russian asset" disant que l'Ukraine devait encaisser toute la facture du support des É-U. Dur de faire plus vendu à son agenda.        

L'autoritarisme ne tolère pas qu'on lui rie au nez, car là où le ridicule s'installe, la peur disparaît et le pouvoir s'effondre sous le poids de sa propre absurdité. Nous sommes au cirque d'Amérique.  

vendredi 1 mai 2026

Albums d'une Fausse Maturité d'il y a plus de 40 ans

Ok je vous parles encore musique pour clôturer la semaine.

C'est vendredi, dans ce monde si lourd, jour après jour, j'ai envie de léger. 

1985.

J'ai 13 ans. Je passes le journal Le Soleil. Que j'ai lu de bout en bout d'abord, bien entendu, dans notre cuisine familiale. Pendant que mon père et ma mère faisaient la même chose avec deux autres copies. Dans le 418. Dans chaque pile, au moins 3 journaux étaient usés de nos 6 yeux avant livraison. Déjà aux petites heures du matin, j'ai sorti le chien puisque je suis le plus près, dormant au sous-sol, le sortant du garage, pour ses besoins du matin, dehors. Les heures du matin seront toujours les miennes.  J'ai la plus belle "run" possible. J'entre dans un bloc à 4 longs étages qui comprend une vingtaine de logements par plancher et laisse les journaux à des portes précises. Je ne vois donc qu'à peine le jour, circulant presqu'exclusivement à l'intérieur, sans me soucier des intempéries, walkman en tête. 

Walkman ? Il me fallait donc, des cassettes. Si j'avais acheté deux 33 tours de Culture Club, leurs deux premiers, et un autre de Duran Duran, Arena, avec mon argent de poche de ma paie du journal, je n'ai jamais investi sur des cassettes encore. Si j'écoutes le Zoo, à la radio du FM 93, entre 13 et 14 ans, sur mon walkman, je ne m'achèterai mes deux premières cassettes de musique qu'en 1985. 

Après avoir vu le spectacle de Bryan Adams, au Colisée de Québec, les sons me restent en tête et je devrai avoir son dernier album. Je vois son spectacle en janvier, mais, sans sentiment de grande urgence semble-t-il, je n'achètes pas sa cassette Reckless, avant juin. Le même jour qu'est aussi lancé le premier album solo de Sting, ancien chanteur de The Police, The Dream of the Blue Turtles. Avec un même 20$ (belle époque) j'achètes le même jour mes 2 premières cassettes avec mon propre argent. Si l'album d'Adams est rock et très de mon âge (13 ans), celui de Sting est légèrement plus "adulte" puisque plus jazz, reggae, sophistopop. J'adorerai ces deux albums. Pas assez pour que j'achètes Bring on The Night, de Sting, enregistré en spectacle, lancé en 1986, mais ce n'est pas parce que cet album n'est pas bon. J'adore la chanson d'ouverture. Mais j'ai acheté, peu de temps après mes 2 premières, Under a Blood Red Sky, de U2, en cassette, et je découvre que je ne suis pas du tout fan d'album enregistrés en spectacles. Je ne savais pas qu'Arena, de Duran Duran est à 90% enregistré en spectacle quand je l'ai acheté. la pochette ne le suggérait pas. Une seule chanson restant nouvelle et studio. Celle qui m'avait fait acheter le 33 tours.

Enfin j'écouterai sans relâche ces deux albums. Reckless et The Dream of the Blue Turtles, en 1985. 

Deux ans plus tard, entre mars et octobre, je serai aux aguets pour les nouvelles sorties de ces deux même artistes, Qui lanceront respectivement un 5e album studio et un second, solo. Nous sommes en 1987. Cette année là, j'aurai ma première relation sexuelle. C'est un mouvement fondateur. Une impression majeure pour un mineur. Une expérience forte qui me rendra aussi passionné de la chose. 

Fin mars, Bryan offre un album plus sombre, et un premier single assez sexuel d'un rythme hanté. Son album parle d'une plongée dans le feu. Si Reckless n'était qu'énergie adolescente brute, hymnes immédiat et riffs accrocheurs, on entre dans une certaine finesse du doigté de la guitare, on est plus dense, profond et on parle même d'identité autochtone, ce que je suis. Il y a définitivement quelque chose de plus adulte. Même la pochette offre des tons de gris qui suggèrent la nuance. Adams dira qu'il voulait rupture avec son son du passé et, bien que mal aimé dans sa discographie, puisqu'il en a omis tous les morceaux, en octobre dernier, à Montréal, il reste important pour moi. Pour ma trame sonore de cette époque. 

À l'automne, Sting offre un album double un peu tricheur. Mais si bon, lui aussi. Pour mes oreilles de jeune playboy. Je dis "tricheur" car des 4 "faces" de 33 tours, ce sont 3 morceaux sur chaque portion des 2 galettes, et un seul ne franchit le cap de 7 minutes et ensuite une seule pièce franchit le cap du 5:32. Une seule autre fait plus de 5 minutes. Près de 55 minutes ne justifient pas un album double. Mais à cette époque, sur vinyl, oui.  Peu importe. Je l'ai en cassette et ça ne comprenait qu'une seule cassette. Face A et Face B. De la première jusqu'à Fragile sur la Face A. De We'll Be Together à The Secret Mariage pour la Face B. 

Pop, jazz, musique du monde, acoustique, électrique, sophistopop, cet album me rejoint droit au coeur.

L'adolescence est plus souvent qu'autrement, un ressenti. Où tout change tant, avec des intensités variables, qu'on a pas toujours la tête pour rationaliser tout ça. Mais avec le recul, il semble qu'avec un certain côté précoce, cette relation sexuelle, qui m'a rapprocher de la lumière du soleil, avait une sorte de trame sonore qui comprenait aussi du The Cure, R.E.M., Depeche Mode, U2, Led Zep, Stones, The Smiths, Pink Floyd et du Bowie

J'allais bientôt plonger dans The Who pour comprendre "The Qui" j'étais.  Mais surtout pas sexuellement. J'avais Prince aussi pour ça. Et Duran Duran. Et les belles femmes autour d'eux. 

La musique, encore un peu comme aujourd'hui des fois, me parlait avant que je ne comprenne pourquoi. 

Dans la chaleur de la nuit, pour forger la forteresse autour de mon coeur et me faire réaliser que même si vampire, il n'y a rien comme le soleil. 

Cette fausse maturité soudaine d'alors ne m'empêcherait pas, de nos jours, de simuler une fausse flatulence avec ma bouche, dans la paume de ma main, pour surprendre ma fille qui erre dans le salon, en tranquille chute vers le sommeil. 

C'est la maturité commandée en 2026.