vendredi 3 avril 2026

Deux Morts Fortuites

10 août 2019.

Tout va se dérouler non convenablement. Enfin...

Le jour de la mort de Jeffrey Epstein, ainsi que la nuit précédente, seront marquées par une série de dysfonctionnements majeurs et d'anomalies au sein du Metropolitan Correctional Center (MCC) de NY. Bien que l'autopsie officielle ait conclu à un "suicide" par pendaison, les guillemets y resteront toujours. Et à jamais. À moins que des langues, un jour, se délient. Ces irrégularités ont alimenté de nombreux doutes.

Les deux gardiens chargés de sa surveillance n'ont effectué aucune des rondes de contrôle prévues toutes les 30 minutes, durant les 8 heures précédent la découverte de son corps. Il était sous surveillance suicidaire. Ces même gardiens ont admis avoir falsifié les journaux de bord afin de faire croire que les contrôles avaient bel et bien eu lieu. Alors qu'ils dormaient ou erraient sur le net. Contrairement aux recommandations de l'unité de psychologie de la prison, Epstein était seul dans sa cellule après le départ de son codétenu quelques jours plus tôt. Convenablement. 

De plus, le système de vidéosurveillance devant sa cellule était en partie inopérant. Seule une caméra fonctionnait, mais son angle ne couvrait pas l'entrée de la cellule et l'enregistrement présentait des sauts temporels suggérant un montage, sauts complètement inexpliqués. Sinon "effacés épisodiquement par erreur". Des experts ont aussi critiqué le fait que la cellule n'ai pas été traitée immédiatement comme une scène de crime potentielle, le corps a ayant été déplacé avant que des photos de sa position initiale ne soient prises. Contaminant du même coup, la scène de crime. Convenablement. 

L'autopsie a révélé plusieurs fractures au niveau du cou, notamment de l'os hyoïde. Selon d'éminents médecins légistes, ces blessures sont plus caractéristiques d'une strangulation homicide que d'une pendaison. Une silhouette non identifiée habillée en orange de prisonnier a été aperçue sur vidéo de surveillance se dirigeant vers les quartiers d'Epstein quand il s'y trouvait, quelques heures avant son décès.

Cette accumulation de calculs "coïncidences" alimentent des théories suggérant une commande de l'extérieur. Pour la plupart des observateurs, le timing de tout ça, au moment même où Epstein allait peut-être commencer à coopérer avec la justice est trop opportun pour être accidentel. Il venait d'être inculpé pour trafic sexuel de mineures. Un procès public menaçait d'impliquer un déballage de son carnet d'adresses, contenant les noms du Prince Andrew, du président actuel des États-Unis, de Bill Clinton, d'Alan Dershowitz, et de tellement de gens riches et célèbres, issus du monde la politique, de la finance, des arts, des sports ou de la royauté. Et de toutes les nations. Son accord bonbon de 2008, accordée sous une certaine (dumb) Pam Bondi, en (dumb) Floride, et avec l'aide du tordu Alan Dershowitz, le protégeait lui et ses complices présumés commençait aussi à être étudié afin qu'il ne tienne plus. La fin de cette immunité approchait donc. 

Personne n'a été en mesure de dire qui s'était rendu à sa porte le dernier, ni qui était la dernière personne à l'avoir vu vivant...

Sa mort a donc éteint l'action publique contre lui, protégeant ainsi potentiellement ceux qui auraient pu être cités comme complices ou clients de son réseau criminel. 

Convenablement. 

Les noms de Donald Trump, Bill Clinton, du Prince Andrew, Elon Musk, Bill Gates, Reid Hoffman (l'homme derrière le site LinkedIn) et Josh Harris étaient cités, mais sans être liés à des crimes. Du moins pas encore. 6 autres noms d'hommes très impliqués dans l'entourage d'Epstein sont aussi caviardés, je vous les "décaviarde" et en parle lundi prochain. Jour de Pâques. Où des ressuscitations surviennent dans les fictions populaires.  

La gestion de la diffusion publique des dossiers, encore incomplète, est un tel bordel (criminel, ils y sont obligés en totalité, c'est exigé par la cour depuis décembre 2025) et les distractions si volontaires de la part du pédoprésident qu'il a suspendu tout ça "pour des raisons de sécurité nationale en raison de ce qui se passe en Iran".  Ce qu'il provoque lui-même comme écran de fumée, pétrolier. 

Convenablement. 

Juillet 2022. Taco Shitler n'est pas président. 

La procureure Letitia James fait enquêter sur la famille Trump pour des lourdes rumeurs de fraude fiscale. Les 15 et 22 juillet, Ivana Trump, mère d'Ivanka, Don Jr et Eric, ainsi que Donald lui-même, sont appelés à témoigner ces deux jours là sur les accusations de fraudes alléguées. Vous souvenez du nom de Letitia James ? Oui, oui, c'est la même que le président actuel tente de coincer pour des crimes qu'elle ne commet pas. Chaque fois, les causes n'ont pas pu aller loin contre elle, car sans fondements. Par contre, James réussira a faire condamner Don Jr et Eric à verser plus de 4 millions chacun pour fraudes fiscales confirmées, Ivanka étant vite écartée de tout ça car, retirée des affaires de la famille depuis 2017, comme la loi lui obligeait, alors qu'elle avait un rôle gouvernemental auprès de son père, alors. Père contre lequel, des accusations n'ont pas pu être portées car, avec stupéfaction, il est redevenu président. La revanche au coeur.  

Ivana ? Elle n'a pas pu témoigner quoi que ce soit. Elle est "tombée" dans les escaliers le 14 juillet, tout juste avant de témoigner. Décédant, à 73 ans, des ses blessures. 

Ça a retardé les témoignages le temps de vivre le deuil. 

Elle décède la veille d'une déposition cruciale sous serment. Ce report a offert un répit procédural qui a permis à l'équipe de défense de Trump de gagner du temps afin de mieux étirer les choses, et mieux préparer les auditions suivantes dans l'enquête de fraude financière.  

Convenablement.   

Le timing est parfois si parfait, n'est-ce pas...?

Le congédiement de Pam Bondi, hier remplacé par le sac de merde Todd Blanche, est directement lié au fait qu'elle ne tente pas assez de faire poursuivre "les ennemis " que Trump lui propose. Sans considérer que le pire ennemi des États-Unis, c'est complètement lui. Pour 67% des Étatsuniens, en tout cas. 

Bondi doit aussi témoigner devant le Congrès, le 14 avril prochain, à propos des dossiers Epstein...Ceci expliquant probablement cela. Attention aux escaliers, Pam. 

jeudi 2 avril 2026

L'Horizontale Pédoprotection d'un Pouvoir d'Abuseur

Donc Gilbert Rozon est trouvé fautif de tout ce qu'on l'accusait. 

Quelqu'un en doutait ? Dans la semaine d'avant, il avait réglé à l'amiable avec deux autres accusatrices...Suis-je le seul à toujours trouvé étrange un règlement à l'amiable ? N'est-ce pas toujours un aveu ? Micheal Jackson a été accusé, en 1993, une première fois, d'abus sexuel sur un mineur, il a réglé à l'amiable. Jackson était un des hommes les plus riches sur terre. Difficile de ne pas y voir une manière de taire les secrets. Le pédophile président des États-Unis a maintes fois fait retirer des gros sous par son comptable, pour payer celles dont il abusait et qui menaçaient de peut-être parler. Doutes-t-on de la culpabilité du président des États-Unis sur l'île des horreurs Epstein ?

Doutes-t-on vraiment ?

Rozon n'est pas dans le même type de crime, mais dans le crime quand même. Associé au pouvoir. Dans les trois cas cités plus haut, tout nait du pouvoir. Celui du riche homme d'affaires qui fait ouvrir toutes les portes si vous ouvrez toutes vos jambes. Le pouvoir de l'adulte face aux mineur(e)s dans les deux autres cas. Chaque fois, c'est l'innocence qu'on violait. Des cicatrices pour toujours pour un plaisir éphémère en solo. Il a dit avoir couché avec 200 ou 250 femmes dans sa vie. C'est dire la sensibilité qu'il accorde à la chose. Il pensait que ça l'aiderait de dire une telle chose ? Guy Fournier pour témoigner en sa faveur ? Mais c'est creuser sa tombe ! Sais-t-on la perception collective que Guy Fournier (et Stéphane Venne) ont dans la société Québécoise (et peut-être ailleurs) en ce qui concerne leur vision des Femmes ? 

Le pouvoir est souvent lié à la déconnexion du réel. Le producteur a abusé d'adolescentes, au pluriel, de Femmes qui pensaient obtenir des rôles différents de ce qu'il les as forcé à faire dans ses projets, il a agressé deux soeurs de ses conjointes et la mère de l'une d'elles. Il a miné toutes les confiances. Dont celle de la juge Tremblay qui a dressé un véritable profil du prédateur sexuel en plusieurs pages rendant son verdict.

Le même jour, un autre agresseur trouvé coupable en cour et qui y retournera un jour, disait sans rire que "Nous devrons nous forcer contre eux, ce que nous avons le droit de faire" parlant de l'Iran, distraction des dossiers Epstein et appât de gain pétrolier criminel. Corridor mental d'un même type de prédateur. En plus déclin cognitif probable. 

J'ignore vraiment comment Rozon a pensé s'en sortir. Le doute raisonnable ne s'y trouvait tout simplement pas. À une Femme près sur 9. Mais encore, elle n'a juste pas été en mesure de mieux prouver. On sait tous qu'il se force contre elles depuis longtemps. Et sur 200-250, combien de fois non déclarées ? Rozon a essayé de s'innocenter. Aussi gauchement qu'il aurait "aimé" plusieurs Femmes à sa manière. Condamnable. Condamnée. 

Je ne sais trop pourquoi, mais ça m'a fait penser à Kim Philby. Officier du SIS (Secret Intelligence Service) il a été espion toute sa vie pour le compte des Soviétique. Il était responsable de dénicher les taupes en Angleterre, tout en étant agent double pour les Soviétiques, lui-même. Issu d'un milieu où il se pensait lui aussi, intouchable. Il avait accordé une entrevue à la télé où l'intervieweuse lui avait tout de suite demandé si il était espion ce à quoi il avait répondu un bref "No comment". Qui, avec le recul, semble si absurde car au final, oui, il était bel et bien agent double, et s'est tiré de toutes formes d'accusations en étant justement largement protégé pas le KGB. Mais la parapluie du "No comment", où on le voit assez satisfait de sa réponse, me semble tellement le culpabiliser davantage...

Je comprend que si il était sous enquête, il ne devait pas vraiment en parler publiquement, mais alors dans quel but accepter une entrevue à la télé ? Guy Fournier pour disculper Gilbert Rozon, c'est Kim Philby pour parler de contrer les espions. Le loup dans le bergerie.

Et ce type de protection risible "no comment" alors que si on a rien à se reprocher, on a qu'à le dire ainsi, m'a aussi fait penser à ce que le pédoprésident veut faire oublier: Les Dossiers Epstein. Dont la diffusion publique est maintenant suspendue, parce la distraction en Iran "menace la sécurité"... ne cherchez pas un sens, il n'y en a pas. C'est l'horizontale pédoprotection d'un pouvoir d'abuseur.  

Jeffrey Epstein, de son vivant, se cachait aussi sous le parapluie du "I invoke the fifth" aux questions qui ne lui plaisaient pas, mais qui semblaient tellement le culpabiliser davantage. Le 5e amendement garantit le droit au silence si on juge qu'on tente de vous auto incriminer. 


C'était à une époque où la constitution des États-Unis voulait dire quelque chose. 

De nos jours, là-bas, rien n'est respecté, pas plus la constitution que la loi en général ou le congrès, ou le droit humain, aux États-Unis. Pays en total déclin qui fût un jour une grande nation, devenue le sujet de moqueries mondiales quotidiennes. Et de honte surdimensionnée. Jamais on aura eu plus criminel au pouvoir au pays d'en bas. Et ce, très ouvertement. 

Lord Acton disait, jadis naguère, que le pouvoir tend à corrompre, et le pouvoir absolu corrompt absolument. 

Absolument. 

Sa folie s'est encore répandue en ondes en soirée hier, le pédoprésident passera à l'histoire pour les pires raisons possibles. 

mercredi 1 avril 2026

Irène Jacob

Née à Suresnes, Haut-de-Seine, en banlieue ouest de Paris, elle est la plus jeune d'une famille de 4 enfants, unique fille ayant trois frères plus âgés. Elle est élevée dans un milieu hautement intellectuel, avec un père à la reconnaissance internationale physicien. et une mère éminente psychologue. Un de ses frères sera musicien et les deux autres, travailleurs du domaine scientifique, aussi. À l'âge de 3 ans, la famille se relocalise à Genève, en Suisse, où elle commencera à s'intéresser aux arts. Elle est vite charmée par un artiste logeant en Suisse, Charlie Chaplin, et visionne beaucoup ses films. 

Films qui éveillent et stimulent ses sens. 

Elle fait ses débuts au théâtre sur scène à l'âge de 11 ans. Adolescente, elle étudiera au conservatoire de musique de Genève y décrochant un diplôme en langue parlant couramment le français, l'anglais, l'allemand et l'italien, 4 langues courantes, en Suisse, outre le flamand. Elle étudiera le théâtre à Londres, avant de se rendre à Paris dans les jeunes années 80 où elle étudie à le prestigieuse École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre de la Rue Blanche, qui aura comme prestigieux élèves, Isabelle Huppert, Michel Serrault, Annie Girardot, Guy Bedos, Cécile de France, Jean Poiret, Jean-Pierre Marielle et Bernard Blier parmi ses élèves passés. 

Encore étudiante, à 21 ans, Louis Malle la recrute pour jouer l'une des uniques femme dans son extraordinaire film, Au Revoir les Enfants.  Elle y joue l'institutrice de musique dans une école pour garçons sous l'occupation, en 1944. Aussi pianiste des films muets de Chaplin présentés aux enfants de la guerre. 

Dans les 4 années qui suivront, elle joue des rôles mineurs à la télévision et dans un film de Jacques Rivette

Elle reste musicale pour le film qui la lancera partout dans le monde. Incarnant à la fois Weronika, une soprano polonaise, et Véronique, son double identique, une française, professeure de musique. Le brillant film de Krzysztof Kieslowski explore les thèmes de l'identité, l'amour, l'intuition humaine, les fruits du hasard et le destin. Mystérieux et très intéressant. Si intéressant que le film gagne 6 prix à travers le monde, et personnellement, elle gagne la palme de la meilleure actrice, à Cannes, est nommée pour le César de la meilleure actrice, et gagne un prix Catalan de la meilleure actrice pour ce film. 

Elle tournera partout dans le monde. Aux États-Unis, dans un film produit par Francis Ford Coppola, en Russie, dont l'URSS est fraichement tombée. Krzysztof Kieslowski la réengage pour son troisième volet de sa trilogie voulant rendre hommage à la France, Bleu/Blanc/Rouge. Et aux valeurs accordées aux trois couleurs du drapeau national. Elle sera nommée pour le César de la meilleure actrice et pour un BAFTA, dans la même catégorie. Elle sera d'un film franco-allemand de Mark Peploe, un autre franco-italien et tourne pour Michelangelo Antonioni. Elle joue dans une adaptation d'un livre de Simone de Beauvoir avec Stephen Rae et dans Othello, d'Oliver Parker, en anglais. Elle joue avec Jason Patric, aux É-U.

Elle joue dans la suite de The Fugitive, toujours aux États-Unis. Elle tourne en France, avec Eddy Mitchell. Elle sera d'un film avec William Hurt, tourne pour Hugh Hudson, puis avec Bill Pullman aux États-Unis

En 2000, elle épouse l'acteur Jérôme Kircher, qu'on a pu voir, entre autre, dans Un Long Dimanche de Fiançailles, de Jean-Pierre Jeunet et Café de Flore, de Jean-Marc Vallée. Ensemble, ils auront deux garçons. qui seront aussi tous deux. acteurs. Elle retourne au théâtre et poursuit une carrière discrète mais exigeante alternant cinéma d'auteur(e), avec Lelouch ou avec Angelopoulos ou Schrader, à la télévision et sur scène de théâtre. Après des années 90 qui lui eurent été si bonnes, elle privilégie des projets internationaux qu'elle choisit, des scénarios intimistes, travaillant avec des réalisateurs européens et Étatsuniens. On la voit notamment dans des films indépendants et des séries, tout en restant très présente sur scène. Reste internationale

Elle participe aussi à des lectures et des projets musicaux. Jamais celle qui aurait voulu capter toute l'attention médiatique, elle conserve une aura singulière qui la garde constamment charmante. Et associée à un jeu sensible et poétique, fidèle à ce qu'elle est et à l'esprit de ses débuts.

Dans 4 mois et 15 jours, cette actrice sans âge aura 60 printemps. 

Elle incarne une rare alchimie entre sensibilité intérieure et présence lumineuse, capable de transmettre des émotions profondes avec une grande délicatesse. Son jeu subtil et grâcieux fait d'elle une actrice mystérieuse et intensément humaine.  

 Rares sont ceux et celles qui ne sont pas charmés par Irène Jacob. 

 Quand Irène apparait sur scène, à l'oreille, ou en pleine lumière, le monde suspend son souffle, comme si chaque silence devenait une confidence.