lundi 25 septembre 2017

Deutsche Mutti

Je lisais encore récemment cette phrase formidable:
"Une fois encore, ce furent les femmes qui, au paroxysme de la catastrophe, se montrèrent à la hauteur et firent la preuve de leur calme et de leur sens du sacrifice. Les hommes eux, pleuraient de désespoir."

Ça se passait en 1940, quand la France tombait aux mains des Allemands Nazis dans un livre racontant la Seconde Guerre Mondiale.

Cette phrase m'est restée longtemps en tête. Du point de vue masculin, la retenue magnifique et la maîtrise de soi des femmes est fascinante face à nos énervements grossiers et multiples. Bien qu'elle ait comme source la même sorte de fatalité, la maturité féminine sera toujours supérieure à la nôtre, quoi qu'on en pense.

Hier, Angela Merkel a été réélue pour la quatrième fois chancelière de l'Allemagne.

Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron, elle aura connu autant de Présidents français qu'elle aura fait de mandats jusqu'à présent.

Le journal allemand Der Spiegel l'a qualifiée de "mère courage" suite à sa décision en 2015 d'ouvrir les portes aux migrants. Elle a aussitôt été honnie par une frange de l'Allemagne. Mais elle a aussi été lourdement critiquée pour une fermeté  rationnelle perçue comme de l'indélicatesse.

La beauté et le respect du règne Merkel est l'équilibre absolu que cette femme a su inculquer à son peuple, non seulement à l'intérieur de son propre pays, mais à la surface de toute l'Europe. C'est vers elle que l'on se tourne pour de nombreuses décisions internationales. Pendant que l'imbécile en chef aux États-Unis creuse sa tombe, Manu Macron multiplie les rencontres avec Madame M. car la vraie leader mondiale, c'est elle.

Et pourtant elle n'est à l'origine d'à peu près aucune nouvelle loi. Pendant que la Corée du Nord, le Pakistan, l'Inde, les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine et probablement Israël, jouent au coude à coude dans l'armement nucléaire, l'Allemagne a tout simplement laisser tomber le programme au lendemain de la tragédie de Fukushima.  Après ce grave incident, elle est devenue plus verte que les partis verts.

Malgré son air mutin, elle est une redoutable tacticienne. Elle ne se dit pas vaniteuse, mais au contraire, sait jouer de la vanité de tous les hommes. Les performances économiques du pays, sous on rêgne, ont pris de l'expansion et le chômage, en contrepartie, a chuté.

Merkel n'est pas très excitante pour plusieurs qui pensent qu'elle a divisé le pays en 2015 en accueillant les migrants,  mais elle est solide. Angela a gagné son élection, mais pas avec l'éclat des trois premières fois. Peu importe, une équipe sportive qui gagne de manière moins équivoque que prévu, gagne tout de même.

Alors que le sociopathe des États-Unis créé le désordre absolu dans le monde, mais encore plus dans son propre carré de sable, madame règne dans et sème la paix.

On aurait pas cru cela des Allemands au début du siècle dernier.

Mon admiration pour Merkel ne cesse de grandir. On aura beau essayer de la faire infléchir, elle en a vu d'autres. Ses rivaux politiques sont maintenant l'AfD, un parti de protestation, davantage qu'un parti d'idées.

Le peuple en a aussi vu d'autres.

Et simplement chialer, ça mène où déjà?

In crybabyland.

La phrase d'Antony Beevor me colle encore à l'esprit.
Surtout avec cet extrême droite qui est entrée par la porte d'en arrière.

Rarement n'avons eu besoin, en tant que planète, des femmes autant que maintenant.

dimanche 24 septembre 2017

Têtes Empoisonnées

Étienne Boulay, ancien joueur de football des Alouettes, doit accepter de vivre avec les conséquences des multiples commotion cérébrales qu'il a subies durant sa carrière d'athlète.

Les ravages des commotions cérébrales et d'encéphalopathie traumatique chronique (ETC) sont vicieuses car trop souvent elles sont décelées qu'après la mort et suite à une autopsie du cerveau. Les conséquences tragiques de cette maladie (ETC) vont de la fatigue extrême, à l'irritabilité, aux suates d'humeur, à la dépression, à la perte de mémoire à court terme allant jusqu'au long terme, à la perte de vocabulaire, à la démence, au idées suicidaires, aux troubles cognitifs, aux comportements agressifs, aux vertiges.

Etienne Boulay est porte parole de la campagne "cause pour la cause", lancée chaque année par une grande compagnie de téléphone, afin de ramasser des fonds pour lutter contre la maladie mentale. Cette année, Étienne s'est désisté de sa tâche, quelques semaines avant la campagne. Aux prises avec l'une de ses multiples conséquences.

Etienne Boulay et son brave entourage, doivent composer avec ceci pour le restant de leur vie commune.

Etienne se bat tous les jours. Contre et avec lui-même.

Il est un parmi des milliers.
Des milliers.

Empoisonnés d'eux-mêmes.
En dégénération mentale et en perpétuelle reconstruction.
Luttant contre le temps et le vieillissement naturel.

Présentement, aux États-Unis, des joueurs, pour la plupart, noirs, de la NFL et de la NBA, ont choisi de mettre un genou au sol, afin de protester contre le traitement de la police envers les noirs aux États-Unis, il ne se passe pas une seule semaine, sans qu'un policier blanc, ne tue un noir, ou en soit innocenté. C'est la moindre des choses que de manifester, ne serais-ce qu'un maigre genou au sol, afin de faire comprendre que les fils de putes qui se réclament de la suprématie blanche n'ont aucune raison de glousser quand ils pensent à leur service d'autorité.

Le sociopathe narcissique au pouvoir aux États-Unis a une fois de plus pris le crachoir afin de se mettre les deux pieds dans la bouche et l'un d'eux jusqu'au genou.

Il a traité de fils de pute, les joueurs qui se prêtent à ce rituel, en ajoutant qu'ils ruinaient leur sport.

C'est pratiquement irréel. On doit se pincer afin de se demander si une telle réalité se déroule pour vrai. Et devant de tels propos, une foule l'a ovationné en Alabama...

C'est le pire du délire. Une foule l'a soutenu vivement et ovationné.

Et on questionne la Corée du Nord de vouloir les bomber?

Make America hate again, right?
Ça fonctionne.

Trump est une disgrâce ambulante.
L'anti-président parfait.

Fucking fake Prez.

Avec la totale absence d'empathie du narcissiste, il s'en est pris aux joueurs noirs de la NFL et de la NBA, ce qui dans sa tête se résume fort probablement aux mots "the niggers", et les as qualifiés de fils de putes et la foule à hurlé sa joie sadique. Il a aussi proposé que les propriétaires qui ont de joueurs pratiquant la chose, devraient limoger leurs joueurs.

La bêtise humaine a un visage. Un pays. Un territoire à décontaminer.

Si les victimes de commotions cérébrales sont empoisonnées pour toujours, il faut croire que le président actuel des États-Unis, ainsi que beaucoup trop de ses supporteurs, sont extraordinairement empoisonnés aussi.

Le commissaire de la NFL a rendu public un communiqué sur le sujet hier.
"La NFL et ses joueurs sont à leur meilleur lorsqu'ils créent un message d'unité dans leur pays et dans leur culture. Il n'y a pas de meilleurs exemples que la réaction de nos clubs face aux récents désastres naturels auxquels notre pays a dû faire face dans les derniers mots. Des commentaires semant la division comme ceux-là démontre un malencontreux manque de respect envers la NFL, envers notre sport et ses joueurs et une totale incompréhension de notre force en tant que bien pour la communauté en tant que club, organisation et joueurs."

Roger Goodell a répondu avec la classe inexistante du président actuel.

Si quelque chose est complètement ruiné en ce moment, il s'agit très certainement du titre de président des États-Unis.

Ce sombre crétin en appelle maintenant au boycott de la NFL.
Moi, je commencerai à les suivre tous les dimanche, lundi et jeudi.

samedi 23 septembre 2017

À La Recherche Du Temps Perdu****************Les Chroniques Du Plateau Mont-Royal de Michel Tremblay

Chaque mois, vers la fin, comme je le fais pour la musique (vers le milieu) et pour le cinéma (vers la début) je vous entretiens d'un livre qui m'a bouleversé.

Lire c'est penser, réfléchir, parler à un ami, l'écouter, l'entendre, le comprendre (ou pas), s'immiscer dans une réalité qui n'est pas la nôtre, c'est oser, braver ses préjugés, découvrir un nouvel angle sur les choses, sur la vie, sur les autres, sur soi-même. C'est prêter oreille à des confessions, des fantasmes, c'est avoir l'oeil et la tête sur de nouvelles idées, se prêter à un nouveau regard. C'est généreux, si on le veut. Générateur aussi. C'est forger ses propres idées, les confronter, c'est écouter une musique, un rythme, en développer des nouveaux. C'est découvrir l'écho des moeurs qui ne seront parfois jamais les nôtres. Lire c'est explorer sous une nouvelle lumière, c'est s'ouvrir les sens et s'agrandir les corridors mentaux. C'est se balader sur la plage du monde entier qui le compose. C'est danser sur le cerveau d'un(e) autre. C'est apprendre la vie par les yeux et les mots. Par le moteur de la pensée redessinée. C'est un regard, une inspiration, un souffle.

Lire c'est visiter la vie des autres et souvent la nôtre aussi.

Lire c'est un peu beaucoup mon métier. Pour moi, c'est tout simplement mieux respirer.

LES CHRONIQUES DU PLATEAU MONT-ROYAL de MICHEL TREMBLAY.

Une brique.

Je connaissais Des Nouvelles d'Édouard, que j'avais non seulement en copie toute seule, de poche, mais que j'avais tant aimé, qui m'avait tant fait rire, (encore plus quand j'ai moi-même commencé à faire des croisières) que je l'avais adapté en scénario pour le cinéma. J'ai encore tout ça dans mon sous-sol magique et souhaite de le proposer un jour à Antoine Bertrand qui serait formidable dans le rôle.
Ayant moi-même habité le plateau, y ayant trouvé mon oasis, y ayant tricoté un fils et rêvant de retourner y habiter un jour, Les Chroniques... ne pouvaient que me plaire.

Les Chroniques du Plateau Mont-Royal regroupe 6 livres de Michel Tremblay écrit sur 20 ans, entre 1978 et 1997. Vous aurez compris que toutes les histoires se déroulent sur le plateau Mont-Royal, avec des personnages qui se recoupent, et l'univers de Michel Tremblay qui lui est si cher.

J'avais acheté la brique en fonction d'un voyage à Hawaï, ce qui était une mauvaise idée car le décor et les histoires me ramenaient mentalement continuellement à Montréal. Mais c'était si bon, que j'ai dévoré les 4 premiers livres en 20 jours seulement. Relisant dans le bonheur Des Nouvelles D'Édouard.
Les Chroniques comprennent:
-La Grosse Femme d'à Côté est Enceinte (1978)
-Thérèse et Pierrette à l'École de Saints-Anges (1981)
-La Duchesse et le Roturier (1982)
-Des Nouvelles D'Édouard (1984)
-Le Premier Quartier de la Lune (1989)
-Un Objet de Beauté (1997)

La Grosse Femme...raconte l'action du 2 mai 1942 autour de la grosse femme enceinte, la conjointe de Gabriel, fils de Victoire et frère d'Albertine (qui elle est mère de Marcel et de Thérèse) et d'Édouard, vendeur de chaussure obèse dans un quartier populaire du plateau Mont-Royal. Les prostituées Mercedes et Béatrice côtoient ses gens, tout comme la marchande voisine dont le chat se nomme Duplessis. Trois mystérieux personnages de femmes tricotant en paraissant vieillir sur la destinée de tous ces gens ajoute un réalisme magique assez fascinant. Le roman est un somptueux portrait de la société prolétaire de Montréal dans les années 40. À lui seul, cette seule "chronique" vaut tout le reste.

Thérèse & Pierrette...nous dresse l'univers de sensiblement les mêmes personnages se concentrant davantage sur la fille d'Albertine, Thérèse, et ses amies Pierrette et Simone à l'école des Saint-Anges qui leur ouvre les portes de la connaissance pré-adolescente. En 4 jours, on les suit sous la gouverne hostile de mère Benoite-des-Anges, cruelle directrice, dans les préparations de la Fête-Dieu. Mysticisme, hypocrisie, mensonge, hystérie, toute l'action (très drôle encore) se déroule à peu près un mois après celle de La Grosse Femme...auquel quelques clin d'oeil sont aussi faits.

La Duchesse et le Roturier nous place cette fois en 1947, dans un univers particulièrement rigoureux. Édouard tente d'échapper à son monde de vendeur de soulier, de vivre son homosexualité librement et de vivre de ses imitations d'actrices et de chanteuses populaires. Pendant ce temps, rue Fabre, Marcel, fils d'Albertine a l'imagination qui fleurit. Les personnages de Tremblay se mèlent aux Juliette Pétrie, La Poune et autres Denis Drouin de l'époque pour offrir un portrait vivant de la colonie artistique de l'époque. Compassion et humanité pour des marginaux dotés d'une grande imagination. Comme dans tous les titres précédents, les rêves, la différence, la solitude et la famille sont les thèmes principaux sur lesquels reposent les récits.

Des Nouvelles D'Édouard est un bijou. Tragi-comédie aussi désopilante que crève-coeur, la grande duchesse de Langeais ne régnera plus sur la main. Mais on met la main sur le journal personnel d'Edouard racontant son voyage à Paris, en croisière, en 1947. C'est à sa belle-soeur, la grosse femme, qu'il destine son journal, mais devant tant d'émotions fortes, tant de beautés et d'éblouissements, la solitude pèse bien lourd sur les épaules de la pathétique et désopilante duchesse. Fameux livre qui ferait un fameux film.

Le Premier Quartier de la Lune raconte Montréal, le 20 juin, 1952, jour de la fin des classes et du solstice d'été. Pour le fils de la grosse femme, c'est jour d'initiation. Avec son cousin, le simple d'esprit à l'imagination fertile, Marcel, il verra cette journée fertile en événements devenir un kaléidoscope d'émotions en assistant à la naissance de l'été et de l'amour. Il côtoie sa mère, sa tante (Albertine), ses cousines, le frère Martial qui fait la classe, les amis réels et imaginaires de Marcel, Peter Pan et Duplessis, le chat invisible. C'est aussi la fin d'un monde et le début d'un nouveau.

Mars 1963 à Montréal est le cadre de Un Objet de Beauté alors que l'hiver donne ses derniers assauts. Marcel, et son cerveau d'enfant de 23 ans, apprend que sa tante Nana (la grosse femme) est atteinte d'une grave maladie et que ses jours sont comptés. Comment cet enfant, habité par des visions fantasmiques qui le confronte au monde réel en tout temps dans une lutte dérisoire et perpétuelle, réagit-il à cette déchirante fatalité?

Si les pièces de théâtre de Tremblay sont les poumons de son oeuvre, Les Chroniques... en sont le coeur. Ne serais-ce que pour les 4 premiers livres, plus riches, et calibrés en terme d'humour, de grotesque et de pathétique, que les deux derniers, plus axés sur le réalisme magique.

Si vous ne connaissez pas Michel Tremblay et n'avez qu'une seule oeuvre à vous taper, je vous suggère cette brique de 2000 pages.

Mais peut-être seulement les 779 premières pages...


vendredi 22 septembre 2017

Belles Dames Maudites

"T'as exactement 2 secondes pour me dire la couleur des yeux de Karine Vanasse sur cette photo" (celle à gauche).

J'ai posé cette question à 4 personnes au travail. Seule Annie a réussi. Elle était aussi la seule fille à qui j'ai demandé. En parlant avec un ami, dimanche soir, j'ai complètement perdu le fil de la conversation au téléphone. C'est beau de voir une telle assurance en son corps. Y a pas à dire, elle voulait être désirée. Et je connais peu d'hommes hétérosexuels qui sont restés insensibles à ce qu'elle dévoilait. Ils avaient des problèmes de sons semble-t-il pendant la télédiffusion des Prix Gémeaux. C'est con, les deux présences dont j'ai été témoin de Karinne Vanasse m'ont paru complètement sans son. Et ce n'était pas complètement grave.

Valérie Carpentier aurait été insultée de ce moment. Elle a fait la même chose à un autre événement dont je ne me rappelle plus l'occasion. Et s'était outré de la réaction négative de certains de ses fans qui la trouvait soudainement un peu pute.

On avait tous retenu sa tenue et pas sa chanson.
Une tenue un peu toute nue. Et alors?

On a tous nos manières de réclamer de l'amour, non?

Moi je les trouve intéressantes Vanasse et Carpentier, elles sont assez fières d'elle-mêmes pour se présenter en femmes fatales. La première veut rappeler qu'elle peut encore être désirable dans un métier absolument cruel pour les femmes de son âge (33 ans), la seconde veut plaire et contrôler à la fois notre manière de la désirer.
 Nos femmes croient en elles. C'est mieux que les femmes mal assurées de bien des pays.

Dans mon pays-qui-ne-veut pas être est survenu quelque chose d'assez rare en fin de week-end dernier et dans les jours qui ont suivi. Ce que l'on croyait être des milliers de monarques oranges, étaient plutôt des belles dames. Il s'agit d'une sorte de papillon extrêmement migrateur. Qui vole généralement si haut qu'on le remarque assez peu.
Voilà que des vents contraires en provenance des États-Unis (tout nous arrive in contrario des États-Unis depuis novembre 2016...) nous les as rabattus au niveau de nos têtes et ça a donné de fort impressionnants moments Hitchcock où des centaines de papillons oranges convergeaient en même temps dans la même direction, direction qui était quelques fois le pare-brise de votre voiture.
Comme je conduis des camions quelques fois la semaine, je mange aussi au volant. Voilà que ce lundi-là, une belle dame est entrée dans mon camion. Le papillon volait un peu partout. Visiblement affolé et égaré. J'ai bien essayé de le faire sortir en ouvrant toutes les fenêtres. Non, il était trop con. Venait-il régler mon compte, moi qui en avait assassiné tellllllllllllement durant la journée avec mon camion? Les restes de leurs cadavres témoignaient encore dans mon pare-brise de leur écrasement fatal.

Les seins de Karinne et de Valérie c'est un peu ces papillons, dont certains seront écrasés dans les écrans de nos télés. Ils sont bien beaux ces papillons, mais certains fonceront gauchement dans leur appel à l'attention.

Ce belle dame venait venger ses frères et soeurs. Comme je mangeais un yogourt, en faisant un mouvement pour écarter le papillon de mon visage (il était quand même achalant et trrrrrrrès affolé (et  orange)) j'ai renversé une partie de mon yogourt exactement là où, si j'avais perdu une goutte de mon zizi, aurait apparue une tache.

Shame.

Heureusement j'avais terminé mon parcours et je retournais au bureau. Mais cette tache blanche, là où elle était placée, pouvait évoquer...enfin...

En revenant au boulot, j'ai croisé Brigitte du boulot, duquel je me suis un peu caché d'elle. Je ne voulais pas exposer cette tache que je savais de yogourt, mais que j'étais seul à le savoir.

J'ai fait mon chemin rapidement à la salle de bain. J'ai lavé vivement la tache de yogourt. Longuement. Avec beaucoup d'eau. Puis, on a cogné à la porte.

"OUi? Quoi?"

"Ben là...t'es tu tombé dans le trou? Tu pousses une longue crotte puante?"
C'était Annie.

"Aucun rapport, je n'ai même pas chié!"
Je n'avais tellement pas besoin de dire ça, je me rendais presque coupable du contraire.

J'ai ouvert la porte avec précipitation. Mon téléphone est tombé au sol. Aux pieds d'Annie. La photo, plus haut, de Karine Vanasse, les seins biens portants, était bien en vue sur mon téléphone. Mon pantalon était absolument plein d'eau, là où on s'agiterait pour faire des petits bébés...

Annie s'est contenté de faire un sourire entre l'amusement et le dégoût.
Ce qui est pire que si elle avait dit quoi que ce soit.
Là j'aurais souhaité avoir chié pour que la parfum de mes intestins l'étreigne si fort qu'il l'étouffe à jamais, les yeux tournés vers le Nord, la langue sortie de la gueule, les genoux rammolis et le coeur en vrille.

Qu'est-ce que ça suggérait comme scène?

Maudites Belles Dames.

jeudi 21 septembre 2017

Orphelins

Quoi de plus tragique dans la vie d'un enfant que la perte de ses deux parents?

On se surprend à tout de suite vouloir le prendre sous son aile. Avant même une histoire dans laquelle planter la personne.  Tout un passé, imaginé sans affection, sans tendresse familiale, sans rires et amusement, est tout à fait hors de l'ordinaire.

Louka Fredette, 6 ans, a perdu père et mère la semaine dernière de manière brutale. J'ai peu cessé d'y penser. Maman a été assassinée par papa. Papa a été capturé par la police alors qu'il fuyait avec Louka. Il avait toute les prédispositions pour se suicider par la suite. Il s'est raté, le raté. On ne devrait plus revoir Ugo (pas de h) Fredette. Mais on en entendra trop parler. Louka est maintenant orphelin. Ses deux demis-frères et sa demie-soeur, ados, sont aussi orphelins de leur mère. Tout ça est si affreux.

Et je n'imagine même pas l'effondrement intérieur de la famille Lacasse qui doit questionner les lois du hasard et la fatalité qui a frappé leur brave père de 71 ans.

La fragilité d'un orphelin ajoute à la tendresse que l'on peut avoir à l'égard d'un personnage.

Je ne voudrais pas déprimer quiconque, au contraire, il reste toute une vie à Louka pour se construire une armure d'indestructible.

Voici plusieurs personnages (de fiction, d'abord) duquel il pourrait s'inspirer.

Moïse
Une fille de pharaon découvre sur la rive d'un fleuve, un panier d'osier dans lequel se trouve un bébé. La jeune fille l'amène à sa mère qui l'allaitera et lui remettra, pour l'élever, une fois le bébé sevré. La jeune fille du pharaon le baptise Moïse.

Batman/Bruce Wayne
Bruce Wayne n'est qu'un enfant quand, en compagnie de ses parents, ces derniers sont brutalement assassinés sous ses yeux par un cambrioleur qui les agressent dans une ruelle de Gotham City. Il deviendra le chevalier noir afin de lutter contre toute les formes d'injustices.

James Bond
À 11 ans, James Bond perd ses deux parents dans un accident d'alpinisme dans le massif des Aiguilles Rouges, près de Chamonix-Mont-Blanc.

Némo
La mère de Nemo est sauvagement mangée par un barracuda avant que Nemo ne disparaisse dans un filet de pêche.

Harry Potter
Harry est déposé par Dumbledore sur le pas de la porte du #4, Privet Drive, chez son oncle et sa tante "moldus", quand ses parents meurent, sa mère se sacrifiant pour lui. Ce faisant, ce sacrifice maternelle protégera Harry de Voldemort (qui les as tués) pendant 20 ans.

Superman
Jonathan et Martha Kent sont les (âgés) parents adoptifs de Smallville, Kansas City adoptant le petit enfant issu d'une fusée et alors prénommé Kal-El. Il le rebaptise Clark du nom de jeune fille de Martha. Et leur donne leur propre nom de famille. Et tout l'amour dont un jeune enfant aux supers pouvoirs qui portera une bobette rouge, une cap et un collant moulant bleu en volant poing devant, devrait avoir. Les parents naturels de Superman sont Jor-El et Lara Lor-Van, restés sur Krypton, maintenant détruite.

Blanche Neige
La mère de Blanche-Neige est morte en accouchant de sa fille. Le père de Blanche-Neige est roi et se remarie rapidement, le rendant rarement présent pour sa fille. Et insignifiant.

Frodo
Drogon Sacquet et Primula Brandebouc meurent tous les deux peu après la naissance de leur enfant hobbit sur un bateau voguant sur le Brandevin. Il sera élevé par son oncle Bilbon.

Black Canary
Le père de Dinah Laurel Lance est détective et meurt en devoir. Sa mère est elle-même une héroïne costumée et meurt empoisonnée par des radiations lors d'une furieuse bataille contre Aquarius. Dinah prend la relève afin de lutter contre les injustices. En commençant par celle de la mort de sa mère.

Don Draper
La mère biologique de Richard Whitman meurt en accouchant à l'âge de 22 ans. Élevé par son père, ce dernier meurt sous ses yeux lorsqu'happé au visage par coupe de sabot de cheval effrayé par le tonnerre. Il deviendra Don Draper...je ne vous dis pas comment, vous devrez visionner Mad Men.

Huckleberry Finn
Huck est abandonné par son père ivrogne, vit en vagabond, et sa mère meurt quand il est en bas âge. Il trouvera des amis orphelins dont nous en trouverons un plus loin.

Hansel & Gretel
Les parents d'Hansel et Gretel sont des horreurs. Papa est bûcheron et maman, qui n'est pas la mère naturelle des enfants (la mère naturelle est décédée) est une marâtre. Elle les abandonne dans les bois, de peur qu'ils mangent trop, alors que la famine sévit. Heureusement, les deux enfants sont débrouillards.

Lucky Luke
Ses parents sont tous les deux assassinés par le gang des tricheurs alors qu'il n'a que 10 ans. Il sera pris sous l'aile protectrice d'un ami de la famille qui en fera un cowboy tirant plus vite que son ombre

Mowgli
Les parents indiens Merciris perdent leur bébé dans la jungle lorsqu'attaqués par des tigres. Mowgli sera élevé par des loups. Et fera des animaux de la jungle, une grande bande d'amis.

Tom Sawyer
Les parents de Tom Sawyer meurent d'une maladie non spécifiée alors qu'il n'est qu'enfant. Il sera buddy/buddy avec Huck Finn.

Sarah Jane Smith
Dans Dr Who, les parents de Sarah Jane choisissent de se sacrifier afin de rétablir l'ordre du temps dans un univers post apocalyptique alternatif.

Han Solo
Né sur la planète Corellia, il devient presqu'aussitôt orphelin, survivant en vagabondant dans les rues, y rencontrant Chewbacca, l'indispensable wookie qui sera son meilleur ami.

Arya, Bran, Robb, Rickon & Sansa Stark
Papa est décapité dans un grand moment de trahison et maman (et Robb)est trahie plus affreusement encore, ne voyant rien venir. Les enfants Stark se débrouillent comme ils le peuvent dans Games of Thrones.

Daenerys & Viserys Targaryen
Leur père est le roi fou. 17ème et dernier roi de la dynastie des Targaryen. Il a trois enfants de Rhaella Targaryen, sa soeur. Elle meurt en accouchant de son troisième enfant, sa fille Daenerys. Son aîné, Rhaegar, est tué à la guerre (qu'il a créé avec son père en kidnappant une Stark). Le roi fou est tué par Jamie Lannister dans Games of Thrones. Laissant les deux enfants à leur compte.

Oliver Twist
Né dans les hospices du Royaume-Uni accueillant les bénéficiaires de l'assistance sociale, il est, enfant, vendu comme apprenti à un croque-mort. Il se sauve de son emprise et fuit vers Londres où il joint les bandes de criminels dans les rues et le douteux Fagin.

Dans la vraie vie vraie, la poétesse Maya Angelou, Jules César, Winston Churchill, Truman Capote, Eric Clapton, Bill Clinton, Nat King Cole, Bo Diddley, Gerald Ford, Jamie Foxx, Steve Jobs, Nelson Mandela, Sarah McLachlan, Marilyn Monroe, Edgar Allen Poe, Priscilla Presley, Nancy Reagan, Eleanor Roosevelt, Babe Ruth, Leo Tolstoy ont tous été orphelins.

Et n'ont pas mal fait du tout de leurs vies respectives...